Partie 0 – Préambule : Les choix de civilisations

Conséquences au niveau de l’économie de ces deux conceptions opposées :

Le fondement de l’idéologie libérale actuellement au pouvoir : au commencement, le marché et sa main invisible s’imposent et conduisent l’activité humaine. La société n’existe pas, il n’y a que les marchés

Nous venons de montrer l’origine du choix de civilisation : la reconnaissance ou la négation de la mission d’autorité dévolue à chaque être humain. De cette divergence, l’exercice du pouvoir et du commandement seront tout autre, humaniste ou despotique. Entre marchés et sociétés, le choix de civilisation se poursuit. Commençons par l’idéologie libérale du système de pouvoir capitaliste.

Les élites prédestinées à gouverner le monde.

Le prolongement du dogme catholique romain sur la séparation entre fidèles et celles et ceux qui vivent dans le péché sans connaître et vouloir chercher à atteindre le Bien commun, se retrouve dans les dogmes utilisés par les systèmes de pouvoir qui se sont succédés, notamment dans le monde occidental à travers le dogme de la prédestination utilisé par la secte des puritains anglo-saxons qui ont fait un pacte pour gouverner l’ensemble du monde sur notre planète. 

L’élitisme provenant des dogmes théocratiques chrétiens, s’est naturellement propagé aux nouveaux dogmes économiques de la société industrielle capitaliste. La notion de dieu s’est laïcisée pour pouvoir mieux prendre une dimension universelle par dessus les théocraties et les mouvements religieux. Une main invisible voit le jour, une sorte de conscience supérieure qui conduit finalement les activités humaines vers la réalisation du Bien commun, semblable à celui des dogmes de l’église chrétienne et au service d’une élite savante et dirigeante selon une volonté suprême au dessus de l’humanité.

Les élites sont évidemment les propriétaires individuels des moyens de production, les entrepreneurs privés qui ont le pouvoir économique et influence le pouvoir politique. Les salariés quant à eux ne peuvent pas décemment se voir reprocher de vivre dans le péché, mais vivre plutôt dans la misère et l’alcoolisme qui l’accompagne tant qu’ils ne sont pas devenus de bons employés et ouvriers dans les usines et les commerces de l’ère industrielle. 

La solution la plus présentable pour écarter les salariés de toute participation au pouvoir économique dans le système capitaliste est de masquer leur présence, de ne pas parler d’eux mais uniquement d’heures de travail, de productivité, de salaires. Le plus important dans les dogmes du système capitaliste ce sont les théories sur la liberté des marchés, la rareté, la concurrence, le prix d’échange, l’accumulation du capital technique et financier, le pouvoir des actionnaires et la liberté d’investir, etc. 

Certains économistes donnent également de la voix et de la plume pour dénoncer et mettre à jour l’imposture économique qui gouverne le libéralisme et sa doctrine du libre échange, de la liberté nécessaire des marchés à laquelle les peuples doivent se plier dans une soumission librement consentie, si possible, vu qu’il n’a pas d’autres alternatives selon ces imposteurs et comme le déclarait avec la superbe insolence des ignares et une naïve et stupide obstination coupable, Mme Thatcher à Londres dans les années 1980 : la société n’existe pas, il n’y a que les marchés, donc il n’y a pas d’alternative au libéralisme économique. 

Comment les pays riches sont devenus riches.

Pour mieux montrer ce qu’est l’idéologie libérale et comment fonctionne le capitalisme, nous allons utiliser  la traduction française du livre de l’économiste Erik S. Reinert qui est sortie début mars 2012: « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres », publiée aux éditions du Rocher, 2012. 

L’auteur nous gratifie d’une présentation éclairée de l’histoire de l’économie, les deux écoles, et surtout il met en évidence le processus de création de richesses, le cercle vertueux des rendements croissants ainsi que le cercle vicieux des rendements décroissants qui laisse les pays dans la pauvreté. Nous poursuivrons l’analyse du fonctionnement du système de pouvoir libéral dans la partie 2 des Réseaux de vie mais ici, dans ce choix de civilisation, ce livre nous permet déjà de montrer comment ce système de pouvoir économique libéral écarte, nie, rejette et interdit la place de l’être humain avec les conséquences de nous connaissons et subissons.

L’histoire des auteurs et des faits économiques montrent que depuis l’antiquité, certains savaient comment développer une ville, une région, un pays tout comme d’autres ont su plonger et maintenir des peuples dans la pauvreté, principalement à travers le colonialisme et les rendements décroissants. 

C’est un élément important de l’imposture envers les pays pauvres : nous, pays riches avons développé notre industrie grâce au protectionnisme mais vous, les pays pauvres, nous vous interdisons le protectionnisme et tant pis si vous ne pouvez pas vous industrialiser.

 Ces pays pauvres doivent donc faire comme ont fait les pays riches mais ne surtout pas adopter les discours actuels de ces derniers. 

Le second élément de l’imposture porte sur la maîtrise du processus de création des richesses avec les rendements croissants. Les dirigeants du systèmes de pouvoir économique l’ont toujours connu depuis l’Antiquité mais en fonction de leurs intérêts particuliers, ils l’ont interdit ou manipulé, aménagé à maintes reprises et ceci s’est toujours terminé par des périodes de misère et de révolte de la misère. Or, ils nous cachent que nous sommes aujourd’hui dans une telle période de crise et de retour de la pauvreté justement parce qu’ils ont choisi d’utiliser ces doctrines libérales contraires au cercle vertueux de la croissance, pour défendre leurs rentes et leurs richesses personnelles en sacrifiant une fois de plus les biens communs. 

Nous retenons le cœur du propos de Reinert dans ce livre : le processus de création de richesses qui a réussi hier dans des cités organisées en réseaux, dans des systèmes de pouvoir et que nous utiliserons demain dans le développement des réseaux de vie.

Le livre de Reinert publié en 2007 à Londres repose sur l’histoire de l’économie pour confronter les théories et les situations réelles qui démontrent comment certains pays, certaines villes se sont enrichies et se sont développées alors que d’autres sont restées pauvres ou sont condamnées aujourd’hui à rester pauvres par les pays riches. Avec le livre de Reinert, nous avons les bases économiques qui viennent compléter les bases institutionnelles : comment se construit le cercle vertueux de la croissance économique, comment se sont développées les villes et les campagnes, puis les pays industrialisés, comment fonctionne le cercle vicieux de la pauvreté et de l’absence de croissance économique. 

Reinert part des exemples et des théories depuis la période 1400 environ, il s’attache surtout aux auteurs et réalisations de la Renaissance puis du siècle des Lumières jusqu’à aujourd’hui. Il écrit que ce cercle vertueux de la croissance existait déjà dans l’antiquité mais cet auteur ne prend pas le chemin de l’Égypte et de Dendérah (probablement qu’aucun éditeur ne l’aurait suivi sur ce pourtant si excellent chemin, du moins pour un poète). De même Reinert n’aborde pas le contrôle de l’économie à travers la création de la monnaie par des banques privées, centrales et commerciales et il n’aborde pas la question actuelle du pouvoir de l’oligarchie financière anglo-saxonne. Nous y reviendrons dans la partie 2.

Les deux conceptions de l’être humain.

Reinert distingue deux conceptions de l’être humaine à la base des sciences économiques, deux visions de l’humanité qui se résument dans les déclarations d’Adam Smith et celles d’Abraham Lincoln. Nous retrouvons ici nos propos sur le choix de civilisation et le choix de retenir ou non la mission d’autorité de chaque être humain.

Nous reprenons les extraits suivants de ce livre :

« Les différences entre les deux théories de l’économie sont profondes, et sont le résultat de deux idées opposées des caractéristiques les plus fondamentales de l’homme, et de l’activité la plus fondamentale de l’homme. Adam Smith et Abraham Lincoln ont soigneusement défini ces deux points de vue différents de la nature humaine et les théories économiques qui en découlent.

  • La théorie fondée sur le troc a été exposée dans la Richesses des Nations d’Adam Smith : 

La division du travail résulte d’une tendance de la nature humaine à… charger, troquer et échanger une chose pour une autre…C’est commun à tous les hommes, et ne retrouve chez aucune autre espèce animale qui ne semble connaître ni ceci ni aucune autre espèce de contrats… Personne n’a jamais vu un chien échanger équitablement et volontairement un os avec un autre chien.

  • Lincoln a décrit sa théorie fondée sur la production et l’innovation dans un discours de la campagne électorale de 1860 :

Les castors construisent des maisons, mais ils ne les construisent ni différemment ni mieux, ceci depuis près de cinq mille ans… L’homme n’est pas le seul animal qui travaille, mais il est le seul qui améliore son ouvrage. Ces améliorations, il les effectue par des découvertes et des inventions.

Ces deux visions différentes des caractéristiques économiques fondamentales des êtres humains mènent à des théoriques économiques et des propositions de politique économique complètement divergentes. Adam Smith parle bien d’inventions, mais elles viennent d’ailleurs, en dehors du système économique (elles sont exogènes), elles sont libres (information parfaite) et elles ont tendance à affecter toutes les sociétés et toutes les personnes simultanément. De la même façon, les innovations et les nouvelles technologies sont créées automatiquement et gratuitement par une main invisible qui, dans l’idéologie économique actuelle, s’appelle « le marché ».

Les deux théories énonçaient deux origines très différentes pour l’humanité : soit, pour celle d’Abraham Lincoln, au commencement il y avait des relations sociales alors que pour Adam Smith, au commencement, il y avait les marchés….

Le point de vue de Smith, dans la tradition anglaise mène à une économie de troc hédoniste et à un système de valeur et d’incitation.

La croissance économique tend à être considérée comme une addition mécanique du capital au travail.

Dans la tradition continentale, l’essence de l’être humain est un esprit potentiellement noble, avec un cerveau actif qui constamment enregistre et classe le monde autour de lui, selon les schémas définis. L’économie est alors centrée sur la production plutôt que sur le troc, et sur la production, l’assimilation et la diffusion des connaissances et des innovations.

La force motrice de cette économie n’est pas le capital en soi mais l’esprit humain et la volonté.

La première vue de l’humanité rend possible une théorie économique statique, simple, calculable et quantifiable. Le second point de vue, beaucoup plus complexe, a également besoin d’une théorie bien plus complexe et dynamique, dont le noyau ne peut se réduire à des chiffres et à des symboles. Il est important de noter que la « sagesse orthodoxe », dans une théorie peut être considérée sous un jour entièrement différent dans l’autre théorie.

Pour Jeremy Bentham, la « curiosité » était une mauvaise habitude ; pour Thorstein Veblen en 1898, la « curiosité libre » devenait le mécanisme par lequel la société humaine accumule des connaissances.

A la suite d’Adam Smith, quatre des concepts importants pour comprendre le développement économique ont été écartés du modèle dominant :

  • Le concept d’innovation, qui avait joué un rôle important dans les sciences sociales anglaises pendant plus de cent cinquante ans. 
  • L’idée que le développement économique est le résultat d’une synergie et que les personne partageant le même marché du travail composé d’industries innovantes, auront des salaires plus élevés que d’autres, idée présente dans la pensée économique européenne depuis le XVe siècle. 
  • La prise de conscience que différentes activités économiques peuvent être autrement porteuses de développement économique. 
  • La réduction par Adam Smith de la production et du commerce à des heures de travail a ouvert la voie à la théorie ricardienne du commerce, encore dominante aujourd’hui, par laquelle l’économie mondiale est conçue et comprise comme l’exemple du troc d’Adam Smith, lorsque des chiens échangent des heures de travail sans aucune qualité. 

La première fois qu’une théorie de type « troc et échange » a prédominé, ce fut avec les physiocrates en France, dans les années 1760. La seconde fois fut durant les années 1840.

Principalement pour fournir à ses ouvriers d’industrie du pain à bon marché, l’Angleterre arrêta de protéger son agriculture par des barrières tarifaires et, en même temps, chercha à inciter d’autres pays à faire de même avec leur industrie.

On pensait alors que la croissance des inégalités sociales – ce qui pendant un siècle, sera appelé la « question sociale » – disparaîtrait dès que seraient supprimées toutes les restrictions sur l’économie.

En fin de compte, cela a entraîné des troubles sociaux beaucoup plus graves. L’État providence moderne s’est construit pas à pas à partir de ce chaos.

En termes de politique économique, aucune période historique ne ressemble autant aux années 1990 que les années 1840.

Les deux périodes se caractérisent par un optimisme immense et irrationnel basé sur une révolution technologique.

En 1840 l’âge de la vapeur était en plein expansion. En 1971, Intel développa son premier microprocesseur et, dans les années 1990, un nouveau paradigme techno économique se déployait à nouveau.

De tels paradigmes, fondés sur les bons de la productivité de secteurs spécifiques, portent en eux de possibles sauts quantiques de développement. Mais ils portent également en eux une frénésie spéculative et de nombreux projets et pratiques qui voudraient que les industries normales se comportent comme des industries au coeur de ce paradigme. (page 188)

Lors de ces deux périodes, elles ont été encouragées par un marché boursier euphorique qui voulait fermement croire que cela pouvait être réel – et pendant longtemps, ce fut réel – simplement parce que suffisamment de personnes y croyaient.

Mais la plupart des cas ne se sont pas soldés de manière heureuse. (page 189). »

Fin des extraits du livre de Reinert

Ces arguments utilisent uniquement notre seconde source de savoir, la source intellectuelle et rationnelle. Pas question ici de faire appel aux enseignements de notre première source de savoir, celle qui n’a pas besoin de savoir lire et écrire, la source personnelle initiatique et spirituelle. Nous y viendrons dans la partie 1. Pour le moment, nous nous contentons de suivre les propos d’ Erik Reinert et les déclarations des hommes politiques, auteurs économistes qui sont citées dans son livre.

Bien entendu, la vision de Lincoln est dans le droit fil de la conception intelligente et vivante de l’être humain qui existe depuis les origines de l’humanité et elle est très proche de celle que nous développons dans l’organisation des réseaux de vie. Il manque incontestablement un brin de cheminement spirituel mais cette limite n’est pas fâcheuse pour nous du moment que l’orientation est la bonne… et que demander de plus à un économiste qui dans son livre fait beaucoup d’effort pour rester compréhensible des autres économistes orthodoxes qu’il cherche plus à convaincre qu’un poète déjà convaincu depuis la nuit des temps !

Bien plus que cette question de vision de l’être humain, nous trouvons dans le livre de Reinert, l’explication économique claire et nette du processus de la croissance vertueuse vers le développement économique. Ce mécanisme nous le présenterons plus en détail dans la partie 1, le fonctionnement des réseaux. 

Nous prenons comme base de nos propos le développement des villes libres au temps des cathédrales, l’exemple de la Décapole d’Alsace après 1354 soit près de cinquante ans après la destruction de l’ordre du Temple. Nous savions que ces exemples comprennent la solution technique, le processus de développement économique que nous voulons actualiser dans l’organisation des réseaux de vie, une fois quittés nos systèmes de pouvoirs. Avec ce livre de Reinert, nous avons ce processus et nous savons quand et comment il a été utilisé, comment et quand les dirigeants des systèmes de pouvoir ont interdit ce processus de développement pour imposer d’autres théories afin de protéger leurs richesses personnelles et leurs pouvoirs politiques.

Toutes les activités économiques ne se valent pas.

Reinert pose la distinction fondamentale que toutes les activités économiques ne se valent pas pour créer des richesses. Certaines activités contiennent plus d’intelligence que d’autres et certaines situations apportent des gains de productivité et des synergies que d’autres n’auront jamais. Nous devons donc choisir les bonnes activités et les bonnes situations pour assurer le développement des richesses dans nos organisations en système ou en réseaux.

Extraits du livre : 

« Depuis un temps immémorial, la majorité des habitants de la Terre vivent simplement, dans une pauvreté relative, et dans un équilibre souvent fragile entre la taille de la population et des ressources disponibles.

Comme l’exprimait Alfred Marshall, un des fondateurs de l’économie néoclassique, toutes les migrations dans l’histoire ont été créées par une diminution des rendements : une densité de population croissante contrebalancée par une disponibilité des ressources naturelles et une technologie inchangée.

Ce mécanisme est décrit dans la Bible à propos des tribus d’Israël qui ont dû se séparer puisque la terre ne pouvait les porter pour demeurer ensemble.

Dans un tel monde, la richesse et la pauvreté s’apparentaient à un jeu à somme nulle ; la richesse était essentiellement acquise par l’intermédiaire de biens déjà existants qui changent de propriétaire. Cette vision du monde a été codifiée par Aristote.

A la fin de la Renaissance se produit un changement de mentalité : de nombreux facteurs se combinèrent pour causer la disparition progressive du jeu à somme nulle en tant que vision du monde dominante pour dans le même temps introduire un élément de progrès en sus de la nature cyclique de l’histoire. (page 206).

La vision du monde d’Aristote, comme un jeu à somme nulle, a lentement fait place à la compréhension croissante que la nouvelle richesse pouvait être créée – et pas seulement conquise – grâce à l’innovation et à la créativité. (page 208). »

« Vers le XIIIe siècle, les Florentins, les Pisans., les Amalfitains, les Vénitiens et les Génois ont commencé à adopter une politique différente afin d’accroître leur richesse et leur puissance, ayant remarqué que les sciences, la culture de la terre, l’application des arts et de l’industrie, ainsi que l’introduction du commerce extensif, pouvaient leur permettre d’engendrer une population importante, subvenir à leurs innombrables besoins, maintenir un haut niveau de luxe et acquérir d’immenses richesses, sans avoir à conquérir de nouveaux territoires. » Sebastiano Franci, réformateur des Lumières milanaises, 1764. (page 205)

Très tôt, il a été clair, pour les gens, que la plupart des richesses se trouvaient dans les villes, et plus particulièrement dans certaines villes.

Les villes abritaient des citoyens libres ; à la campagne, les gens étaient généralement des serfs qui appartenaient à la terre et au seigneur local. À partir de ces observations, des investigations ont été menées pour parvenir à comprendre quels facteurs rendaient les villes à ce point plus riche que la campagne.

Peu à peu, la richesse des villes a été perçue comme le résultat de synergies : des gens venant de nombreux et divers commerces et professions et formant une communauté.

L’érudit Florentin et hommes d’État, Brunetto Latini (1220 – 1294) a décrit cette synergie comme étant « il ben commune », c’est-à-dire ouvrir ” le bien commun “.

La plupart des premiers économistes, les mercantilistes et leurs homologues allemands – les caméralistes – ont utilisé ces synergies comme élément fondamental pour comprendre la richesse et la pauvreté.

C’est le bien commun qui rend les villes grandes, répète Nicolas Machiavel (1469 – 1527), presque 300 ans après Brunetto Latini. (page 207)

Par le biais de cette compréhension sociale de la richesse qui ne peut être comprise que comme un phénomène collectif, la renaissance a redécouvert et souligné l’importance et la créativité de l’individu.

Si on ne tient pas compte de ces deux perspectives – le bien commun et le rôle de l’individu – on ne peut comprendre ni la vision de la société à la Renaissance ni le phénomène de croissance économique. (page 207). »

Fin des extraits du livre de Reinert.

Le cercle vertueux du développement économique

Nous sommes bien au XIIIème siècle, ce siècle florissant organisé autour des ordres monastiques et chevaliers qui ont répandu le savoir et l’ont défendu contre les rois et les papes. Nous avons montré le rôle de la subsidiarité descendante joué par ce savoir sauvé depuis Dendérah et l’Égypte par Jean, Antoine, Pacôme puis en 500 par Bernard de Nurcie, savoir qui fut transféré à Cluny dans les années 900 pour être mis à l’abri des menaces des papes de Rome. 

Le processus du cercle vertueux du développement économique est une leçon toujours magistrale de management des organisations : rassembler des gens instruits et formés dans de multiples métiers pour créer un projet commun : une ville libre, libérée du système de pouvoir dominant, hier le système féodal, aujourd’hui le système capitaliste libéral. 

Les rendements croissants reposent sur l’effet d’apprentissage (l’élévation des compétences, source toujours possible de gains de productivité), les économies d’échelle qui proviennent des innovations dans la production pour économiser les quantités de facteurs de production et surtout du commerce à longue distance capable d’apporter de nouveaux clients surtout lorsque ce commerce est défendu par des moyens militaires.

Les flottes de commerce protégée par les marines militaires ont été ainsi les instruments du développement des richesses des premiers pays riches tout comme le fût la flotte de l’Ordre du Temple qui commerçait avec les Amériques bien avant 1492. 

L’analyse de l’obtention de ce Bien Commun poursuivie par Erik REINERT met en évidence un cercle vertueux fondé sur un avantage concurrentiel constitué par une triple rente : 

En économie, il s’agit d’obtenir des rentes pour dégager des bénéfices supérieurs afin de financer le développement local. Ceci passe par :

puce rouge un secteur industriel et artisanal très étendu et diversifié  (rente 1)

puce rouge qui maîtrise un important marché de matières premières (rente 2).

puce rouge La richesse créée est protégée derrière de solides barrières à l’entrée sur le marché. Ces barrières à l’entrée étaient des connaissances supérieures, des techniques de fabrication et surtout l’utilisation de puissantes synergies à travers des activités manufacturières diversifiées (rente 3)

En politique, cette production est soutenue par des économies d’échelles obtenues grâce au commerce sécurisé par la puissance militaire. Le commerce sécurisé correspond au commerce à longues distances, essentiellement par voie maritime. Les exportations, une fois le marché intérieur satisfait, apportent des économies d’échelle positives et elles ont lieu dans le cadre de Traité de Paix établis au niveau de la Confédération des Réseaux de Vie.

Au niveau des gains de productivité, sont utilisées : les économies d’échelle positives, l’élévation du niveau des compétences, les technologies et modernisation de l’outil de production, le changement d’organisation et de structure avec les synergies et le commerce à longue distance. Toutes les sources de gains de productivité sont utilisées.

Cette définition du Bien Commun dans le cadre de la culture humaniste de la période médiévale ou de celle d’aujourd’hui dès que nous aurons abandonné les systèmes de pouvoir, s’oppose de manière antinomique à celle utilisée dans la culture libérale.

Les rendements décroissants sont tout le contraire et s’appliquent surtout à l’agriculture : rendements décroissants extensifs lorsqu’il s’agit d’utiliser toujours plus de terres pour nourrir une population ou le bétail. Rendements décroissants intensifs lorsqu’il faut toujours plus de travail pour cultiver une terre ou que les terres ne suffisent plus à nourrir une population toujours plus grande sans trouver la moindre synergie.

Les synergies.

Définition de la notion de synergie : 

la synergie reflète communément un phénomène par lequel plusieurs acteurs, facteurs ou influences agissant ensemble créent un effet plus grand que la somme des effets attendus s’ils avaient opéré indépendamment, ou créent un effet que chacun d’entre eux n’aurait pas pu obtenir en agissant isolément. 

Dans le langage courant, le mot est plutôt connoté positivement, et il est utilisé pour désigner un résultat plus favorable lorsque plusieurs éléments d’un système ou d’une organisation agissent de concert. Plus prosaïquement, il y a synergie positive quand le résultat d’une action ou d’un élément est supérieur à la somme des résultats des parties. Ceci est résumé très simplement par l’aphorisme un et un font trois. 

Les synergies à la période médiévale

Les travailleurs des champs, les serfs qui quittent le système féodal, sont formés au départ par les moines de l’abbaye. Ils deviennent forgerons, maçons, charpentiers, musiciens, médecins, pêcheurs, tisserands ou restent agriculteurs, éleveurs. 

Ensemble ils vont bâtir la ville et ses remparts, ses fortifications. Lorsqu’un seigneur féodal veut venir récupérer quelques familles qui ont abandonné sa terre, même avec une cinquantaine d’hommes d’armes, il doit s’arrêter devant les murailles de la ville et si ce seigneur insiste, ce sont des centaines ou quelques milliers d’hommes en armes qui montent sur les remparts ou vont faire une sortie pour le chasser. 

Ce nouveau rapport de forces est aussi le résultat d’une synergie développée dans le cadre de la nouvelle ville libre. Cette puissance aussi bien économique, culturelle que politique cimente ce bien commun, cette propriété commune à la communauté citadine. Mais le processus du développement ne se limite pas à la ville. 

Comme Reinert le montre, il y a complémentarité entre le développement de la ville et de la campagne proche de la ville. Les citadins pour se nourrir vont utiliser leurs revenus d’artisans, commerçants, fonctionnaires, artistes, professeurs pour acheter les récoltes des paysans aux alentours. Les paysans vont produire plus, réaliser des économies d’échelles et avec l’aide des artisans de la ville, ils vont perfectionner leurs outils, leurs méthodes agricoles. Les récoltes vont être mises à l’abri dans des greniers derrière les remparts, dans l’enceinte des abbayes. Les moines qui font vœu de pauvreté, garantissent le partage équitable des réserves lors des disettes ou des périodes de mauvaises récoltes. La confiance se développe partout et les surplus font l’objet de commerce avec les villes voisines. Le constat est simple durant cette période historique : la complémentarité ville-campagne fait naître le développement local.

Une campagne qui n’a pas à proximité une ville reste pauvre. Une ville construite sans terres agricoles va se développer car les richesses qu’elle crée vont lui permettre de développer l’agriculture dans la région voisine. Les exemples sont connues : Venise, les ports italiens, les villes de Hollande n’ont pas de terres agricoles chez elles donc elles ne peuvent compter que sur leurs artisans, leurs marins, leurs commerçants. Les villes maritimes vont se développer plus vite car elles utilisent des milliers d’artisans, charpentiers, ouvriers pour construire leurs flottes commerciales et de guerre. 

La ville de Delft, exemple d’une synergie.

L’exemple du développement de la ville de Delft en Hollande est un cas d’école : à partir de la taille et du polissage du verre pour fabriquer des lentilles, la ville produit des longue-vues pour la marine de guerre et la marine commerciale.

Elle attire les savants qui mettent au point et utilisent les premiers microscopes. Les peintres se mettent à utiliser la loupe pour réaliser des tableaux extrêmement précis et minutieux en restituant d’une manière parfaite les jeux de lumières, les détails d’un portrait comme une photo avant l’heure. Les lentilles servent également aux artistes pour confectionner des chambres noires et des lanternes magiques bien avant le cinéma.

Commerce, armement, sciences, artistes entraînent une élévation des connaissances et des revenus tout autour de la ville..

 

Une leçon politique se dégage de ces expériences réussies de développement économique

Les villes doivent écarter du pouvoir les grands propriétaires terriens qui raisonnent différemment et sont des partisans logiques du conservatisme et des traditions ancestrales et dont les intérêts particuliers menacent les intérêts des villes.

La gestion de la propriété commune, du bien commun dans une ville est une leçon de démocratie locale participative comme jadis dans les cités grecques ou égyptiennes. 

Rien à voir avec le pouvoir despotique et féodal du seigneur de la terre. Florence, située dans une région agricole, interdira l’accès au pouvoir des propriétaires terriens et ce seront les commerçants, les artisans, les artistes qui vont gérer le développement de la ville. 

La recherche de l’innovation, l’exercice de la créativité passe par le principe de la subsidiarité enseigné par les moines et qui trouvera son application la plus visible encore aujourd’hui dans les plans des constructions des cathédrales, une fois que le développement des villes permettra un surplus de travailleurs qu’il va falloir occuper dans la réalisation d’œuvres sur plusieurs générations.  

Le mécanisme logique du développement économique.

Cette logique, ce mécanisme de développement va se reproduire au départ de l’industrialisation des pays.

Extraits du livre de Reinert avec notre résumé et reformulation : 

L’avantage concurrentiel en management procure temporairement une rente, un surplus de bénéfices par rapport aux autres, ce qui assure une place de leader sur un marché.

La minorité de cités-États les plus riches, à Venise et en Hollande, possédaient une position dominante sur le marché dans trois domaines : en économie, elles bénéficiaient de rentes qui généraient des bénéfices croissants capables de supporter de vrais salaires et des impôts importants pour financer leur structure étatique (police, armée, justice, enseignement).

Ces cités-états avaient un secteur industriel et artisanal très étendu et diversifié qui maîtrisait un important marché de matières premières : le sel à Venise, le poisson en Hollande.

Enfin ces cités-états ont développé un commerce extérieur très fructueux. (Venise fut longtemps la capitale du commerce des esclaves entre l’Asie et le Moyen-Orient « grand consommateur d’esclaves » (même si vers 600, le messager prophète Mohammed rachetait les esclaves autour de lui pour les affranchir), ndrl). Les villes de Hollande commerçaient à partir de leur production manufacturière dans le textile, la taille des pierres précieuses, les lentilles de verre et le hareng salé et mariné…

La richesse  créée était protégée derrière de solides barrières à l’entrée sur le marché.

Ces barrières à l’entrée étaient des connaissances supérieures, des techniques de fabrication et surtout l’utilisation de puissantes synergies à travers des activités manufacturières diversifiées. Cette production était soutenue par des économies d’échelles obtenues grâce au commerce sécurisé par la puissance militaire. 

Exemples historiques de ce mécanisme du développement économique :

Après 1485, l’Angleterre 

imita la structure de la triple rente créée par les cités -États d’Europe. Au moyen d’une intervention économique très autoritaire, l’Angleterre créa son propre système de triple rente : l’industrie manufacturière, le commerce à longue distance et une rente de matière première basée sur la laine. Le succès de l’Angleterre allait finalement conduire à la mort des cités-États et au développement des États-nations, les synergies trouvées dans les cités-états étant étendues à une plus large zone géographique. (page 214). 

En Angleterre après 1485, l’absolutisme royal et le management autocratique ont remplacé l’organisation en réseau défendue par l’ordre du Temple et la tentative de restauration du temps des cathédrales par Jeanne d’Arc a été écartée et détruite par la papauté et le roi de France allié pour la circonstance avec les troupes anglaises. Ce n’est pas le plus important. L’essentiel est que le processus vertueux de développement fonctionne. 

En France durant la période médiévale

la flotte templière faisait le commerce à longue distance avec les Amériques : les indiens iroquois au nord, le Mexique et les Andes au centre et au sud. La rente de l’ordre du Temple au niveau des matières premières reposait sur la gestion de 90% des propriétés foncières du sol de France, ce qui ruina le roi de France qui n’avait plus que 10% des terres pour vivre et payer une armée forcément insignifiante. Il a fallu les crimes de Philippe le Bel à partir d’octobre 1307 pour détruire les templiers, l’organisation en réseaux de la France et fonder l’absolutisme royal. Le système de pouvoir industriel va rester sur ce mécanisme, ce processus de création de richesses sauf que dans ce système, dans ce processus, l’intérêt commun, le bien commun, la propriété commune gérée par les moines et défendue par les templiers, va être interdite et va disparaître. Restaurer les biens communs, la propriété commune dans le processus de création de richesses et de développement politique, économique et social représente une des missions fondamentales du mouvement exprimé sur fileane.com. 

Le développement industriel, du protectionnisme au colonialisme :

Dès lors, l’histoire du développement industriel dans le système de pouvoir capitaliste peut se résumer clairement et brièvement à travers les moyens mis en œuvre par les propriétaires des capitaux investis dans les usines et le commerce. Les pays d’Europe ont compris qu’ils devaient développer une industrie diversifiée et pour garantir la confiance des investisseurs dans le capital des sociétés industrielles, les pouvoirs publics ont protégé leur industrie naissante par des barrières douanières. 

Le but originel était de saturer le marché intérieur de biens matériels produits en masse afin de vaincre la misère (point de vue des états) et afin d’atteindre une taille critique pour pouvoir réaliser des économies d’échelle sur d’autres marchés (point de vue des capitalistes). Lorsque le marché intérieur fut saturé, la solution du colonialisme vis à vis des pays qui fournissaient les matières premières s’imposa. 

L’explication devient limpide à travers le livre de Reinert : le colonialisme est le prolongement international du protectionnisme que les états ont mis en place pour protéger leurs industries et utiliser le cercle vertueux de la croissance économique. En clair, le colonialisme interdit aux pays exportateurs de matières premières de s’industrialiser eux-mêmes. Évidemment car sinon, imparablement et logiquement ces pays viendraient ruiner ou tout au moins freiner le développement des pays industrialisés en premier. 

Il y eut peu de pays qui s’opposèrent à ce colonialisme. Le premier et le plus important fut les États-Unis d’Amérique qui se révoltèrent contre le colonialisme anglais à la fin du XVIIIème siècle. Dès les années 1800, les USA développèrent leur industrie selon le processus bien connu et en utilisant évidemment le protectionnisme pour favoriser leur jeune économie. L’interdiction faite aux pays colonisés de s’industrialiser les laisse forcément dans la non industrialisation, c’est à dire ostensiblement dans la pauvreté et le non développement économique. 

Pourquoi les pays pauvres restent pauvres et des classes sociales s’appauvrissent.

L’idéologie néo libérale utilise le dogme des puritains anglo-saxons et la doctrine capitaliste, ce qui la rend redoutable et criminelle.

Sans simplifier exagérément la doctrine capitaliste libérale, Adam Smith a posé la théorie du marché et de la concurrence. Le cynisme de l’épicier le pousse à vouloir s’enrichir en éliminant ses concurrents et pour y parvenir, il va travailler mieux que ces derniers. Les clients passeront ainsi des mauvais épiciers vers les meilleurs. Le capitalisme est donc destructeur des mauvais producteurs et renforce les meilleurs. Dans cette théorie, il est logique de certains s’enrichissent et que d’autres s’appauvrissent car il sont exclus des marchés.

Sans trop nous répéter ici car nous y reviendrons plus tard au niveau culturel, n’oublions pas que derrière cette doctrine capitaliste se cache le dogme de la prédestination des puritains anglo-saxons et des élites qui leur sont affidés. Lorsque nous nous opposons à eux, nos ennemis, nous devons additionner le dogme religieux puritain et la doctrine capitaliste, ce qui constitue une idéologie redoutable et par nature criminelle, mafieuse. Son but est de s’enrichir en exploitant les autres et en les rendant plus pauvres.

De cette théorie capitaliste va suivre celle de la spécialisation des activités fondée également sur la théorie de la division du travail : pour être performant il faut diviser le travail puis diviser et spécialiser les tâches. Ce sera la méthode de Taylor, l’organisation scientifique du travail OST. Tout ce qui est scientifique va donc dans le sens de la division pour mieux contrôler. Nous sommes à l’opposé de la réunion de diverses compétences pour agir ensemble dans l’exercice du Pouvoir afin de réaliser des objectifs partagés en commun.

David Ricardo a donné une dimension internationale à cette théorie et évidemment il n’est pas question à ce niveau de parler de mauvais pays ou états. Par contre chaque pays a un environnement particulier qui est favorable pour telle ou telle production et il doit se spécialiser dans la production la plus favorable. En sorte, il y a bien une diversité de situation de production : le Portugal se spécialise dans le vin de Porto et l’Angleterre dans l’industrie textile. Mais cette théorie, nous l’avons vue, ne tient pas compte des rendements croissants et décroissants et de la nécessaire complémentarité entre les deux pour permettre un développement économique capable de croissance et de prospérité. Ricardo légitime clairement l’économie coloniale en faveur des pays industrialisés et riches ainsi qu’aujourd’hui le pouvoir du gouvernement mondial de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

La théorie libérale du protectionnisme

Pour lutter contre les inégalités et les conséquences funestes du libre-échange à travers le monde, certains économistes ont défendu la théorie du protectionnisme. Revenons ici une fois de plus au livre de Reinert :  » Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres. »

extraits du livre de Reinert : 

« C’est pourquoi les plus fervents défenseurs de l’industrialisation (pour la protection tarifaire) comme Friedrich List (1789-1846), étaient également les plus fervents défenseurs du libre-échange de la mondialisation, une fois que tous les pays seront industrialisés.

Dès les années 1840, Friedrich List formula une recette de la « bonne mondialisation » : si le libre-échange se développait après que tous les pays du monde s’étaient industrialisés, le libre-échange serait ce qu’il y a de mieux pour tout le monde.

Le seul point de divergence est le calendrier établi pour adopter le libre-échange et la séquence géographique structurelle dans laquelle se déroule le développement vers le libre-échange » (page 226)

Reinert

Le protectionnisme des industries naissantes a été utilisé au début de l’industrialisation aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Il était indispensable pour protéger les entreprises avant qu’elles n’atteignent leur taille critique et deviennent rentables.

Or la mondialisation et l’utilisation du libre échange en application des thèses de Ricardo, reviennent à interdire ce protectionnisme aux pays émergents ou en voie de développement, tout comme aujourd’hui il interdit à l’Europe de protéger ses nouvelles industries qui utilisent les innovations qu’elles ont mises au point. Les multinationales et les firmes transnationales peuvent alors étendre leur domination sur les marchés mondiaux.

Keynes défend l’économie nationale pour garantir le plein emploi.

Cette impossibilité réelle d’attendre que tous les pays se sont industrialisés et ont satisfait les besoins de leurs citoyens avant qu’ils aillent échanger des productions supplémentaires sur les marchés en libre échange a donné lieu à de nouvelles théories dont celle de Keynes. 

KEYNES lui-même nous mettait en garde : « Le capitalisme, c’est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires hommes vont faire les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde »(années 30). 

Le capitalisme s’adresse aux vertus du cynisme que doivent avoir les producteurs dans la théorie d’Adam Smith pour arriver à satisfaire l’intérêt général. Keynes est surtout préoccupé par le plein emploi et en ce sens il défend une culture humaniste dans laquelle le Travail précède le Capital. De ce fait, il va admettre que la production doit rester locale.

J’ai de la sympathie pour ceux qui veulent minimiser plutôt que maximiser l’imbrication économique entre les nations. Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages : autant de choses qui sont, par nature, internationales. Mais que les marchandises soient de fabrication nationale chaque fois que c’est possible et commode. Et, surtout, que la finance soit avant tout nationale

John – Maynard Keynes

Cité par Herman E. Daly, ancien économiste en chef au département de l’environnement de la Banque mondiale, dans un article lumineux sur les méfaits du libre- échange : « The perils of free trade », Scientific American, novembre 1993.

Au niveau de la dimension temporelle de l’activité de production, il utilise la monnaie même si sa fonction d’épargne lui pose problème.

La monnaie est un lien entre le présent et l’avenir

John – Maynard Keynes (1930)

Il se méfie aussi des arguments des dirigeants du système économique capitaliste qui pour légitimer leur volonté de maximiser leurs profits à court terme, ignore les théories et les modèles, les principes d’organisation d’une activité économique pour en rester au pragmatisme et à des décisions pratiques.

Les esprits pratiques, qui se croient totalement à l’abri de toute influence intellectuelle, sont généralement les esclaves de quelque économiste défunt

John Maynard Keynes dans sa Théorie générale. 

Ces propos de Keynes affirment la nécessité d’organiser l’activité de production des richesses selon des règles, celles que nous avons présentées jusqu’ici : complémentarité entre rendements croissants et décroissants, complémentarité entre les trois formes de propriété, pratique de la subsidiarité, monnaie nationale en relation avec les projets de développement des citoyens de ce pays… Bref, il a horreur du capitalisme sauvage guidé par la seule obtention d’un maximum de profits et qui sélectionne des théories anciennes pour orienter les sciences économiques selon ses intérêts privés.

Keynes affirmait que la production reste nationale autant que possible, ceci pour assurer le plein emploi et éliminer le chômage. Keynes affirmait que la monnaie devait rester impérativement nationale pour financer seulement la production et non pas servir de moyen de spéculation à travers une thésaurisation incontrôlable par les états. 

Il indiquait qu’en l’an 2000 il faudrait travailler 20 heures par semaines pour que tous aient les revenus minimaux pour obtenir les biens et services indispensables à la survie. Par contre il n’a jamais expliqué ce que les citoyens pourraient faire avec le reste du temps de travail disponible, notamment dans l’économie non marchande ou pour utiliser la première source de savoir.

Aujourd’hui le débat se focalise sur le protectionnisme intelligent : 

le protectionnisme offensif pour défendre une jeune industrie européenne comme celle des technologies des énergies renouvelables contre les importations à bas coûts de Chine. Protectionnisme défensif pour protéger l’agriculture et ses rendements décroissants. Protectionnisme intelligent pour défendre l’économie de l ’Union européenne contre les méfaits de la mondialisation et la dérégulation des marchés.

Dans ce débat politique, Reinert reprend les propos de Gunnar Myrdal (prix Nobel 1974) pour dénoncer l’imposture : 

« l’ignorance opportuniste » repose sur le fait que nous sommes ouverts à un monde où les hypothèses des « sciences » économiques sont manipulées pour atteindre des objectifs politiques.

La technologie et les rendements croissants, qui sont les principales sources de pouvoir économique, créent des barrières à l’entrée.

En oubliant ceci, les économistes servent les intérêts acquis des nations qui sont au pouvoir.»

Gunnar Myrdal (prix Nobel 1974)

Nous trouvons ici la limite de ces théories économiques : les rendements décroissants et le libre échange de Ricardo sont utiles pour laisser les populations dans la pauvreté ou pour détruire l’industrie et l’artisanat dans un pays afin de l’appauvrir. Mais les rendements croissants utilisés comme barrière à l’entrée sur les marchés sont aussi une arme économique sinon politique pour appauvrir des pays.

Appauvrir les pays pour mieux les dominer.

Une population plus pauvre aura moins les moyens de se révolter car elle sera privée surtout de savoir et de technologies. Elle sera mise à l’écart du cercle vertueux des rendements croissants et sera plus faible dans le rapport de force avec les pays les plus riches. 

Les dirigeants de l’oligarchie financière utilisent le dogme du libre échange totalement déconnecté des réalités justement pour casser les systèmes éducatifs, les formations, les services publics et les services de santé pour affaiblir une société et la rendre incapable de s’opposer au pillage de ses marchés par le néo colonialisme. 

Lorsqu’une période de grandes innovations se présente, les richesses doivent normalement augmenter toutes seules à cause de ces innovations, donc, comme le chalut du pêcheur en mer, les dirigeants de la finance mondiale doivent s’armer pour capter le plus possible ces richesses et donc demander aux populations de payer davantage de taxes, d’impôts, de payer plus pour les biens et services de consommation. 

Le mécanisme financier est simple et il est utilisé d’une manière cyclique depuis le XVIIIème siècle : les banques centrales privées tirent prétexte des innovations pour vendre des crédits à profusion puis soudainement, elles demandent à l’occasion d’une crise financière qu’elles ont organisée, le remboursement immédiat de ces crédits ou bien elles organisent l’insolvabilité de leurs créanciers pour les obliger à vendre à bas prix les biens qu’ils ont achetés, principalement les biens immobiliers.

 Ces dernières années, ce mécanisme a également concerné les états qui se sont endettés auprès des banques centrales privées et nous sommes dans la crise des dettes souveraines que les citoyens doivent rembourser en sacrifiant leur niveau de vie. Pour l’oligarchie financière anglo-saxonne, les maîtres actuels du monde, l’utilisation des rendements décroissants vis à vis des pays exportateurs de matières premières et l’utilisation du libre échange pour justifier la dérégulation des marchés financiers sont les deux piliers de leur puissance dans la domination du système économique capitaliste.

La « patate chaude » entre les mains des politiciens du système néo libéral.

Comme l’écrit Reinert, à la suite des auteurs de l’autre école, celle de l’intelligence et du savoir, les rendements croissants sont en effet “une patate chaude” entre les mains des politiciens

Il n’est pas difficile de créer un cercle vertueux de création de richesses et de développement, mais pour une minorité dirigeante dans un système de pouvoir qui veut s’enrichir au détriment des autres, la difficulté insurmontable apparaît lorsqu’il s’agit de répartir les richesses produites. 

Comment subitement expliquer que les richesses produites par des êtres humains bien formés, éduqués, intelligents et créatifs, capable de gérer et de trouver des synergies, comment expliquer que ces richesses produites en abondance reviennent quasi exclusivement à une minorité dirigeante et pas au reste du groupe social ? C’est absurde ! 

Personne ne peut accepter un tel vol, une telle spoliation des richesses, sauf si le groupe social est dominé par un régime politique qui légitime et cache cette spoliation et maintient sa domination à travers un rapport de force garantit par l’armée et masqué à travers le conformisme social envers cette domination d’une minorité dirigeante.

Pour éviter cette « patate chaude » , les rendements croissants sont utilisés comme barrière à l’entrée sur les marchés et deviennent ainsi source d’exclusion et de creusement des inégalités en condamnant des pays à la pauvreté et ceci peut aller très vite, exemple l’Allemagne en 1945.

Jodie Foster les riches sont la cause de la pauvreté

Le plan Morgenthau en 1945 pour l’Allemagne vaincue :

Une dernière preuve de la redoutable efficacité de cette méthode remonte à 1945 lorsqu’avec le plan Morgenthau décidé par les Anglais et les conservateurs américains, il s’est agi d’appauvrir durablement l’Allemagne à titre de sanction de guerre. 

Les alliés occidentaux comme soviétiques commencèrent par détruire et récupérer les machines des usines allemandes afin de transformer l’Allemagne en un pays essentiellement agricole avec des rendements décroissants. Dès 1947, les résultats furent désastreux et il y avait 25 millions d’Allemands en trop par rapport aux capacités agricoles du pays à ce moment là. 

Avant même d’envisager leur mort de faim comme Staline l’avait fait pour quatre millions d’Ukrainiens en 1930 à travers sa réforme agraire pour collectiviser les terres alors qu’une catastrophe naturelle et une sécheresse frappaient le pays, les dirigeants anglo-saxons ont compris que ces allemands allaient préférer rejoindre l’Allemagne de l’Est qui servait alors de vitrine du communisme face à l’Occident. 

Le plan Marshall à partir de 1947 pour l’Europe.

Très vite le plan Marshall à partir de 1947, allait réindustrialiser tous les pays limitrophes du bloc soviétique afin de les développer pour pouvoir contrer la menace de l’Union soviétique. Ce plan Marshall ne fit que reprendre les recettes du passé et que les USA avaient également adoptées après leur indépendance. La construction du marché commun européen repose sur le même fondement, celui des rendements croissants. « Le marché commun a été présenté aux électeurs sur le postulat de rendements croissants qui augmenteraient la richesse (rapport Cecchini, 1988) » (page 171). 

Dès lors, il devient évident que le développement d’une structure centrale à Bruxelles qui sert de relais à la doctrine libérale du libre échange ne peut être qu’en contradiction avec les racines européennes et rend impossible l’achèvement de la construction européenne, construction européenne dont l’achèvement peut bien mieux se réaliser à travers des organisations en réseaux réunies en confédération. Reste qu’aujourd’hui le neo colonialisme interdit toujours aux pays pauvres exportateurs de matières premières de s’industrialiser eux-mêmes pour se développer. La seule différence avec le passé, c’est que cette politique est camouflée, cachée sous les théories du libre-échange et du libéralisme économique. 

L’échec des politiques libérales et le développement de la pauvreté

A chaque fois l’histoire démontre l’échec de ces politiques libérales et les révolutions qui suivirent ces années de développement rapide et scandaleux de la misère sociale. 

Les révolutions de 1789, de 1848 furent les conséquences de ces erreurs économiques monumentales. Les guerres de 1870 à 1945 succédèrent à ces révolutions comme si les dirigeants de l’oligarchie financière anglo-saxonne avaient compris qu’ils valaient mieux organiser eux-mêmes les désastres humains pour en tirer profit plutôt que voir une révolution ouvrière finalement mal tournée pour leurs intérêts privés. 

La fin de la guerre froide et la révolution technologie de l’informatique et des télécommunications sont deux évènements majeurs qui expliquent cette croyance débridée et irréfléchie dans le succès des affaires et l’avènement d’un gouvernement mondial établi par les puissances financières de l’oligarchie dirigeante. La spéculation contre l’euro depuis février 2010 a été freinée par les achats d’euros de la banque centrale chinoise mais ce n’est pas suffisant pour écarter la menace d’une aggravation de la crise financière et de l’utilisation des politiques d’austérité et d’appauvrissement des populations occidentales. 

La reprise de la guerre froide et de la guerre tout court de la Russie contre l’Ukraine en février 2022 et ses conséquences en Europe, pour ce qui nous concerne, implique que l’Union européenne sorte enfin du piège concocté par les dirigeants de l’oligarchie financière anglo-saxonne, la secte des puritains prédestinés à gouverner le monde, et qu’elle s’active enfin pour devenir une union politique réelle capable d’assurer l’indépendance des pays membres ainsi que les politiques nécessaires pour contrer et éliminer les menaces externes que sont les trois systèmes d’Empire qui rivalisent pour savoir lequel d’entre eux dirigera l’économie de notre planète, rivalité compliquée depuis le développement des armes nucléaires et qui est une menace grave d’une troisième guerre mondiale capable de détruire l’humanité et la diversité de la vie sur Terre.

Les démocraties sont le régime politique qui a permis jusqu’ici le meilleur développement possible sans pouvoir éviter le creusement des inégalités et l’enrichissement scandaleux de leurs dirigeants. Elles reposent sur des mythes, des idéaux, des fictions. En France, l’idéal républicain Liberté Égalité Fraternité est célèbre dans le monde entier mais le fait que nous y croyons encore

Les peuples ne croient plus aux mérites des démocraties et ils commencent à s’instruire, à découvrir le savoir, les connaissances qui leur sont cachés sous les impostures des dirigeants de nos systèmes de pouvoir. Comme Reinert l’indique et le montre à travers son livre : les connaissances dont nous avons besoin pour sortir de nos crises économiques et financières organisées par l’oligarchie financière, se trouvent dans l’histoire, dans les faits de l’histoire politique, économique et sociale qui nous montrent comment des cités, des peuples, des nations se sont développées.

Et l’histoire des peuples premiers, les Moso, la confédération des nations iroquoises, les indigènes des îles Trobriands en Mélanésie, ceux d’Amazonie, des Himalayas ne sont pas les derniers à nous montrer comment vivre mieux, comment développer la paix et nos amours. 

En effet, qu’avons-nous à gagner en sauvant ce système de pouvoir économique ? Pouvons nous enfin placer dans ce système la propriété commune, le bien commun qui inspire tellement confiance et répartit si bien les richesses produites à travers les synergies des différents métiers et des activités humaines économiques diversifiées ? Pouvons attendre que tous les pays arrivent à se développer sur le plan industriel pour enfin savoir si le modèle du libre échange peut ou non fonctionner sur le plan mondial ? Le pouvoir capable d’organiser une humanité plus développée et durablement en progrès passe-t-il obligatoirement et uniquement par le stade industriel de tous les pays ? La vision d’un économiste peut se limiter à cette perspective pour des questions de rationalité, de logique, pas la vision d’un poète qui utilise les deux sources de savoir. 

La transition entre l’abandon du capitalisme et le développement des réseaux de vie.

Nous présenterons dans la cinquième partie de cet essai, la transition entre l’abandon de nos systèmes de pouvoir et le développement des réseaux de vie en utilisant ce processus de production réaliste et efficient mis en évidence par Reinert, List, Schumpeter, Keynes et tant d’autres depuis l’antiquité. Comme List, nous sommes partisans d’une progression raisonnée et maîtrisée dans ce changement de paradigme, de vision du monde. L’industrialisation des états est bel et bien nécessaire pour développer des réseaux locaux de vie et garantir la démocratie directe participative au niveau local. 

Ceci suppose l’élimination des oligopoles et l’élimination du pouvoir transnational des groupes mondiaux de production, la restauration de l’action politique des citoyens parmi tous les pays. Nous y viendrons. Mais il ne s’agit pas de rester à Keynes, de rejoindre les économistes atterrés, les indignés ou les révoltés contre le capitalisme. 

Sont-ils devenus capables depuis 2002 et cette première fois où nous avons posé cette question sur le net, de dire clairement ce qu’ils veulent ? Rester dans un système de pouvoir : améliorer celui-ci ou un instaurer un autre, ou bien quitter nos systèmes de pouvoir pour l’alternative de l’organisation en réseau, ce qui est bien davantage qu’un « autre canon », une autre école hétérodoxe d’économistes plus ou moins sérieux et lucides dans leur vision de l’être humain.

 Certes après 1400, les Cité-Etats les plus riches se faisaient concurrence bien davantage qu’au XIIIème siècle mais elles n’étaient plus dans une organisation en réseau qui garantit une régulation au service de la propriété commune. Dès 1350, il y a eu la crise financière en Europe à cause des politiques monétaires menées par Venise qui capitalisait l’argent apporté du Mexique par les templiers et que Venise soutirait en échange de crédits royaux aux rois et aux princes. Florence de son côté capitalisait l’or encore disponible autour de la Méditerranée et dont l’origine remontait à l’Égypte antique quand il suffisait de se baisser pour ramasser l’or de Nubie.

Reinert parle du XIIIème siècle sans parler une seule fois de l’ordre du Temple, il est vrai que sur la place financière de Londres ou dans le bureau d’un éditeur tant soit peu préoccupé par le développement et la croissance de son activité, ce tabou n’est pas prêt de tomber et n’est pas poète qui veut. Nous ne lui en faisons aucunement reproche, chacun sa part de travail et sur le plan économique, son livre nous est très utile, à nous autres qui défendons cette vision d’un être humain qui bien mieux que les castors et leurs ingénieux barrages de bois sur les rivières ont su pendant quelques siècles bâtirent nos cathédrales et retrouver le savoir des plus vieux temples des bords du Nil comme le savoir des temples blottis au cœur des plus hautes montagnes de la Terre.

Sur fileane.com, nous utilisons l’apport de Hannah Arendt pour structurer et donner forme à l’action. Arendt s’est fondée sur l’organisation des citée grecques, elles mêmes copiées sur le fonctionnement des villes du bord du Nil pour mettre en évidence les 3 niveaux d’activité dans une organisation où l’être humain occupe la place centrale : le travail indispensable à la survie, la réalisation d’oeuvres capable d’assurer le développement, l’action politique directe en démocratie locale participative. 

Avec l’apport du livre de Reinert, nous complétons cette forme par son contenu : l’utilisation judicieuse des rendements croissants et des rendements décroissants pour créer les richesses et assurer le développement économique. C’est le moteur sous le capot du véhicule ; ce sont les braquets que le cycliste va utiliser sur son vélo… Nous avons l’ensemble des savoirs capable de développer une société, une nouvelle civilisation… et nous n’avons plus aucune raison de supporter ces impostures venant des dirigeants de nos systèmes de pouvoir et des politiciens à leurs services pour nous soumettre à leurs entreprises maléfiques.

 Nous reprenons cette phrase du Mahatma Gandhi : 

Un homme conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix mille individus endormis et soumis

Mahatma Gandhi

Le poète qui voit plus loin que l’horizon terrestre,

 une fois l’imposture des tyrans brisée, répète sans se lasser que demain sera beau comme sont magnifiques les moments de la vie d’après la vie humaine qu’il porte en lui, dans son regard, à travers les mots qu’il choisit dans sa liberté de créer des richesses de vie sans limites et qui n’ont pas de prix, sur aucun marché humain parce que ces mots des poètes servent les liens sociaux depuis les enfants jusqu’aux femmes et hommes jusqu’au fond de leurs âges, depuis des siècles et des siècles bien avant que les marchés ne soient utilisés pour permettre à certains d’accaparer la production de peuples entiers et les laisser dans la pauvreté. 

Avec ce livre de Reinert, nous le savons bien davantage pour le vouloir encore plus fort car comme hier nos aïeuls ont connu un fort développement économique, nous le pouvons à nouveau. 

Demain sera beau et il fera bon vivre nos jours heureux, avec le vol des oies sauvages au Japon ou ici, les chiens, les castors sans oublier les chats et tous celles et ceux que nous aimons pour partager leur existence terrestre. 

Et parce que nous préférons de loin l’aube et l’aurore aux doigts de rose, les matinées qui se lèvent plutôt que les grand soirs, nous chantonnons entre poètes à la suite de Jean Ferrat

Le monde sera beau, je l’affirme, je signe.

Jean Ferrat

Les sages le déclarent également :

Nous avons à réaliser maintenant le plus beau défi que notre humanité ait jamais eu à relever au cour de son histoire: arrêter nos propres programmes d’autodestruction , et transformer la société par une évolution de l’art de vivre..

Mahatma Gandhi

Dès lors, nous pouvons revenir à notre poète et à l’exercice de sa mission d’autorité dans nos réseaux de vie sociale.

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