le 10 avril 2026
L’Alsace est une terre de démocratie qui a du se soumettre depuis Louis XIV au système de pouvoir centralisé de l’absolutisme royal, pouvoir centralisé repris par les Républiques depuis 1790 avec leur système de pouvoir représentatif.
Le projet de loi pour permettre à l’Alsace de sortir de la région Grand Est est voté en première lecture à l’Assemblée Nationale
Le vote du mercredi 8 avril 2026, ouvre également une vive discussion dans les médias soutenue par la position de 10 Présidents de Grand Région hostile à une telle mesure. Les arguments les plus jacobins sont de sortie avec des appels à la peur de voir le pays perdre son unité et triompher le séparatisme avec la victoire prochaine des partis régionaux extrémistes soutenus par le Rassemblement National. D’autres réactions plus constructives soutiennent cette loi pour demander plus de simplification administrative, moins de centralisation du pouvoir, un développement de la subsidiarité ascendante dans le respect des particularités locales.
Nous soutenons cette volonté politique de sortir de la Région Grand Est pour en Alsace n’avoir que la structure administrative de la Région sans le niveau subalterne des deux départements déjà fusionnés dans la CEA, la Collectivité européenne d’Alsace qui deviendrait ainsi la Région Alsace sans départements. Ce qui est une réelle simplification administrative locale et qui correspond mieux à l’histoire de cette région particulière. L’Alsace veut retrouver ainsi ses pratiques historiques de démocratie locale.
Depuis 1307 et la mise en place de l’absolutisme royal avec la centralisation du pouvoir, les règles de vie de la période médiévale, la dernière période florissante en Europe, ont été interdites dans le royaume de France puis les Républiques représentatives :
- les assemblées communales et la démocratie directe locale participative dans le cadre des villes libres,
- la propriété commune pour gérer les biens communs,
- la pratique de la subsidiarité ascendante pour obtenir la solution optimale appliquée selon les particularités locales,
- une monnaie sans dettes à travers l’utilisation des lettres de change et des effets de commerce,
- une pratique concertée des religions, etc.
Ces règles médiévales ont été conservées par les villes libres d’Alsace
fédérées dans la Décapole jusqu’en 1789 après l’annexion de l’Alsace par Louis XIV. Plus tard Napoléon Bonaparte fera de même en Allemagne en supprimant les centaines de villes libres et Bismarck remerciera Napoléon pour lui avoir facilité l’instauration d’un empire allemand unifié.
Dans les villes libres, les richesses produites par le travail de tous restent sur place. Celles d’Alsace les conservaient moyennant un accord avec l’empire romain germanique qui prévoyait que les villes d’Alsace devaient entretenir des fortifications et des troupes locales pour défendre la frontière en cas de besoin. C’est tout. Pas d’impôts ni de mise en gage pour que les nobles captent ces richesses.
Ces pratiques ont été conservées plus longtemps dans la République de Mulhouse qui avait adhéré à la Confédération des cantons suisses jusqu’en 1793 lorsqu’un vote des citoyens choisit de rejoindre la République française.
La culture alsacienne a été dépouillée de ces règles et de ces normes de vie mais elle a conservé, parfois en secret, les valeurs et surtout les modes de vie de cette période faste où les richesses produites par le travail de tous restaient sur place et étaient organisées en démocratie locale. La réussite de la société industrielle de Mulhouse fondée sur la propriété commune et la culture protestante rhénane est un modèle de développement technologique, économique social reconnu dans l’Europe entière mais finalement interdit par Paris.
Une seule structure politique, la région, suffit
sans départements ou même sans un seul département qui fusionnent les deux. La vie démocratique locale peut à nouveau revenir et la gestion en commun des villes libres selon les particularités locales et la subsidiarité ascendante, à nouveau remplacer le fonctionnement d’un pouvoir centralisé et son contrôles des populations par des préfets et sous-préfets.
La France est le seul pays d’Europe a se payer le luxe de deux administrations locales : les collectivités territoriales de l’état gérées par les préfets et les collectivités locales élues par les citoyens. Une région en démocratie n’est plus contrôlée par les préfets mis en place par Philippe le Bel après 1307 pour supprimer les assemblées locales des villes et communes libres vis à vis du pouvoir royal. L’Alsace peut justifier sa prétention à devenir la première région de la République française sans structure administrative territoriale et donc sans préfet.
C’est une simplification administrative pour revenir à la situation historique sans centralisation ailleurs du pouvoir politique.
Et celle-ci intéresse bien entendu toutes les régions de la République puisqu’elles aussi ont connu ces règles et ces normes de vie avant l’absolutisme royal et la centralisation du pouvoir repris sans changement par la Convention en 1790 puis toutes les Constitutions depuis, celle de 1958 ne faisant pas exception à cette règle… et à cette erreur de la révolution française en 1789 provoquée par l’abbé Sieyès et jamais corrigée depuis. Sauf dans une nouvelle région Alsace redevenue une démocratie. puis dans les autres régions qui voudront elles aussi redevenir une démocratie.
Le discours de Sieyès de 1789 à l’Assemblée nationale constituante écarte la démocratie au profit du pouvoir centralisé avec un gouvernement représentatif :
« Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-même la Loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer,
S’ils dictaient des volonté, la France ne serait plus cet état représentatif ; ce serait un état démocratique.
Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants.» Sieyès, père fondateur du gouvernement représentatif en France.
Or l’Alsace comme les autres régions européennes ont été des démocraties avant la mise en place de l’absolutisme royal puis des empires au pouvoir centralisé autocratique et ensuite avant le développement des républiques représentatives gouvernées par les minorités les plus riches.
Les richesses des villes libres sont toujours présentes dans leurs rues et autour de leurs places. Les touristes les admirent puis s’en vont sans chercher le plus souvent à connaître leur histoire. A Paris, cette histoire n’a guère été comprise et encore moins acceptée tant elle est contraire à la centralisation jacobine du pouvoir politique.
Mais cette histoire ne demande que notre confiance pour retrouver toute sa place de démocratie locale pour une nouvelle période florissante en Europe, ici et ailleurs dans nos régions.
Les réactions politiques à la Loi Alsace adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale le 9 avril 2026.


- Les erreurs de 1789
- les villes libres
- la subsidiarité
- Les Équipes de projets de vie
- La Confédération des Réseaux de Vie
- La Sécurité et la Défense des Réseaux de Vie
- De l’Assurance à la Solidarité
- La Monnaie Pleine
- Les Biens Communs, définition et gestion de hier à aujourd’hui
- Les réseaux de production et de distribution des richesses
- Les centres de gestion des Réseaux de Vie
- Les Institutions sociales, introduction