Partie 2 – Les systèmes de pouvoirs

 L’élimination de la propriété commune

et la confiscation de la propriété individuelle par les plus riches. 

La fable 1 : L’oubli de la complémentarité entre propriété individuelle, commune et collective. 

Une révolution a toujours une dimension culturelle qui, si elle est prise en compte correctement, peut transformer une société en changeant les modes de vie, les règles et les normes ainsi que les valeurs. D’ordinaire une révolution survient lorsque deux modes de vie contradictoires se heurtent parce qu’une majorité du groupe social ne peut plus supporter qu’une minorité l’écrase. Ce fut le cas lors du déclenchement de la Révolution française de 1789

1789 la révolution mal faite

Sans revenir ici sur toutes les causes qui expliquent la révolution de 1789 en France, nous pouvons trouver une illustration de ces modes de vie qui se heurtent dans les événements d’avril 1789 à Paris. Deux mondes commencent à s’affronter : le monde des ouvriers et des artisans qui reste organisé sur les corporations héritées du Moyen Âge et de l’ancienne organisation en réseau d’une part et d’autre part les nouveaux industriels qui utilisent les nouvelles technologies pour s’enrichir rapidement.

Les origines de la révolution française de 1789

Jean-Baptiste Réveillon et sa Folie-Titon

Jean-Baptiste Réveillon est un fabricant de papier employant 300 travailleurs à la Folie-Titon. Au carrefour de la rue Montreuil et du Faubourg, en face de la manufacture des Glaces, le Sieur Réveillon avait fait construire la Folie-Titon, une magnifique demeure.

Au milieu de 40 000 ouvriers de pauvre condition, il donnait des fêtes somptueuses et le 19 octobre 1783 faisait même élever une montgolfière de son ami d’Annonay. Avec la montée du chômage et de la misère, les habitants du quartier ont la tête près du bonnet et ils fomentent des troubles dans tout le faubourg.

En avril 1789 Réveillon propose l’augmentation d’une taxe qui toucherait surtout les ouvriers et les gens les plus pauvres. Le 27 avril ont lieu des heurts entre ouvriers et bourgeois lors de la rédaction de cahiers dans la fabrique. Le tiers état appelle à la mort de Réveillon. Son effigie est portée jusqu’à la place de Grève où elle est exécutée. Tout au long de la nuit les émeutiers crient dans la ville.

Le 28 avril la poudrière s’enflamme. Aidés des ouvriers de la Manufacture des Glaces de Saint Gobain, les habitants saccagent et pillent la demeure du fabricant de papiers peints et, suprême horreur, dérobent la médaille que lui avait décerné le Roi pour services rendu à l’art de la papeterie. Le 28 avril, la foule lance des pierres sur les troupes, ainsi que des tuiles et des meubles depuis les toits des maisons. Les troupes tirent. Du côté de soldats, 12 tués et 80 blessés ; de celui du peuple, 200 tués et 300 blessés. Les ouvriers transportent les corps des civils tués dans les rues.

Quelques jours plus tard, entre 500 et 600 hommes, après s’être réunis à Villejuif, tentent de forcer la prison de Bicêtre. Les révoltes de la population de Paris seront nourries également par le manque de blé et de ravitaillement consécutif à un hiver particulièrement rigoureux qui a entraîné de mauvaises récoltes.

Les racines du conflit social

 Mais la racine du conflit social est bien d’ordre économique : la mécanisation du travail, les progrès du machinisme et la naissance des premières industries permettent à une partie de la bourgeoisie d’entrevoir des possibilités rapides d’enrichissement à la condition de briser le carcan de l’ancienne économie et principalement les organisations des ouvriers et des artisans au niveau de la fonction économique de production ainsi que l’organisation des foires agricoles et des foires commerciales au niveau de la distribution.

À côté de ces préoccupations économiques et de cette nouvelle source d’enrichissement pour les bourgeois, la pensée économique politique et sociale, notamment celle des physiocrates, est entièrement tournée vers la nécessité de supprimer les carcans de l’ancien régime pour créer des espaces de liberté au-delà des anciens privilèges de la noblesse et de la monarchie.

L’ignorance de l’histoire et de la période médiévale

Dans la méconnaissance la plus totale de l’histoire et notamment des civilisations florissantes jadis organisées en réseau à cause des interdits posés depuis des siècles par l’église et les papes, dans l’ignorance fortement entretenue par le pouvoir royal sur l’exemple ancien de l’organisation en réseau de l’ordre du Temple et du temps des cathédrales ainsi que sur l’exemple contemporain de la confédération des nations iroquoises décrites à partir de 1730 par les futurs pères de la Constitution des États-Unis d’Amérique, les philosophes et les physiocrates fondent leur pensée sur l’exemple de la nature pour tenter de démontrer que les êtres humains doivent se conformer aux lois de la nature bien plus harmonieuses que les lois humaines défendues par les dirigeants des systèmes de pouvoir. 

Mais ces théories souvent incongrues et fallacieuses n’ont pas la force intellectuelle et encore moins spirituelle d’une alternative à l’absolutisme royal. 

Trois groupes sociaux doivent négocier la conduite de la Révolution

Trois groupes sociaux vont ainsi devoir négocier pour gérer les premiers événements révolutionnaires.

La population de Paris poursuivra ses émeutes

 pour assurer sa survie et dénoncer les privilèges. Peu à peu elle sera rejoint par une partie de la garnison de Paris qui refusera de tirer sur la foule. L’événement majeur sera la prise de la Bastille le 14 juillet. Pour éviter la répression des nobles, l’assemblée nationale votera durant la nuit du quatre août la suppression des privilèges afin que les seigneurs n’aient plus aucun droit pour organiser une contre-révolution et mâter les troubles à travers le pays. 

Une fois cette première vague des événements passée, à partir de 1790, le vrai visage de l’équipe dirigeante de la révolution se dévoile. Le conflit politique économique et sociale déclenché par l’affrontement des modes de vie entre celui des nouveaux riches bourgeois de l’industrie et celui de la population de Paris, s’est ainsi porté sur le plan des règles et des normes politiques.

Les physiocrates apportent leur notion de liberté.

Pour empêcher la répression, l’abolition des privilèges des nobles représente une mesure logique immédiate et efficace. Avec le recul cette abolition des privilèges représente également la première étape de la mise en oeuvre des idées des physiocrates pour développer la notion de liberté.

Cette liberté tant réclamée est l’expression d’une révolte contre l’absolutisme royal et la domination des classes privilégiées. C’est une notion philosophique qui ne correspond à aucune base juridique et qui ne repose sur aucune connaissance de management des organisations.

C’est une notion morale qui ne peut pas entrer dans le domaine juridique car le droit n’a que faire de la morale.

La volonté d’éliminer l’absolutisme royal et la domination de la noblesse ne peut pas suffire à modifier le cours des évènements car les révolutionnaires sont incapables de proposer un choix de société et un changement de régime politique autre que la domination d’une classe par une autre dans le même système de pouvoir. 

La bourgeoisie, nouvelle classe dirigeante

En 1789, la plupart se contentait de limiter les pouvoirs du roi dans une monarchie constitutionnelle et ce sont les erreurs du roi qui provoquèrent l’obligation de mettre en place la république. 

Dès lors une logique de domination se développe au profit de la nouvelle classe dirigeante : la bourgeoisie qui s’ouvre grand les perspectives d’enrichissement à travers le nouvel outil industriel. L’obstacle des privilèges de la noblesse étant éliminé, il reste l’obstacle des corporations et des organisations ouvrières et artisanales. 

À la fin de l’ancien régime, toutes les organisations sociales sont figées dans des conservatismes qui protègent des abus et des excès au profit d’une petite minorité dirigeante. Il en va de même au niveau des corporations. Elles n’ont plus rien à voir avec le temps des cathédrales et de l’organisation en réseau.

Pour favoriser les artisans, seuls les enfants d’artisans peuvent ouvrir un commerce. Le meilleur des compagnons d’ouvriers s’il n’est pas fils d’artisan n’aura jamais le droit de se mettre à son compte et de créer sa propre entreprise. Il y a de nombreux autres excès de ce genre. Il s’agit alors d’éliminer ses excès pour retrouver le socle fondamental de l’organisation des corporations : l’ esprit d’entraide et de solidarité pour développer des métiers et concourir ainsi au développement de la société. Mais la volonté politique des nouveaux industriels issus de la bourgeoisie va en décider autrement. 

L’élimination des corps intermédiaires de l’Ancien Régime

Le décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791 puis la Loi Le Chapelier, promulguée en France le 14 juin 1791, sont des lois proscrivant les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, mais également les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage.

Connue sous le nom de l’avocat au parlement de Bretagne, puis député patriote aux États généraux Isaac Le Chapelier, cette loi proscrit le régime général d’exercice collectif des métiers ouvriers (les corporations), avec toutes les réglementations sociales particulières, et par conséquent le régime de dérogation des manufactures privilégiées et d’une façon générale tous les marchés paysans.

Rejetant les corps intermédiaires chers à Montesquieu, dans l’esprit de la nuit du 4 août 1789 et la suppression des privilèges, son préambule affirme qu’il ” n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de coopération ” . 

Dans le droit fil des principes de la physiocratie, cette loi vise à favoriser la libre entreprise, conçue comme le moyen d’assurer l’enrichissement de la nation et le progrès.

La loi Le Chapelier

Supprimant toutes les communautés d’exercice collectif des professions, la loi Le Chapelier eut pour effet de détruire les guildes, corporations et groupement d’intérêts particuliers, détruisant du même coup les usages et coutumes de ces corps. Elle provoque, dès 1800 chez les ouvriers charpentiers, la formation de ligues privées de défense, appelées syndicats, et des grèves, qu’elle permet de réprimer pendant presque tout le XIXe siècle.

Bien qu’ils soient également interdits, la loi ne parvient pas à empêcher la formation de véritables syndicats patronaux. De même, la loi ne peut empêcher l’organisation de sociétés de compagnonnage. Par ailleurs, les coopératives ouvrières, développées à partir de 1834, sont considérées, hormis une brève période sous la Deuxième République, en 1848, comme des coalitions jusqu’à la loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés, qui leur reconnaît un statut légal, comportant un chapitre dit « des Sociétés à Personnel et Capital Variables ». 

La Loi Le Chapelier a été abrogée en deux temps le 25 mai 1864 par la loi Ollivier, qui abolit le délit de coalition, et le 21 mars 1884 par la loi Waldeck-Rousseau, qui légalise les syndicats. ( source wikipédia, voir également les livres sur cette question ). 

Cette volonté d’éliminer tous les groupes de pressions issus de l’absolutisme royal et de la domination intellectuelle de l’église catholique romaine reste un réflexe politique pour s’affranchir d’un despotisme mais cette volonté est creuse, voire vide sur le plan intellectuel et culturel car elle repose sur aucune source de connaissances éprouvées. 

L’oubli en 1789 de modifier le droit de propriété

Ainsi ce désir de liberté n’examine pas la question de la forme de propriété : en interdisant les corporations, les décideurs révolutionnaires ne remarquent pas qu’ils interdisent une forme de propriété commune à moins qu’aveuglés par leur prétendu désir de liberté, en profitant des théories philosophiques de Jean-Jacques Rousseau, ils ont compris qu’ils avaient l’occasion en sacralisant la liberté de la propriété individuelle d’ouvrir les portes de la maximisation de leur profit personnel en tant que nouveau propriétaire des moyens de production.

Depuis Turgot, les entrepreneurs cherchaient le moyen d’acquérir les pouvoirs indispensables à leur essor économique. La loi le Chapelier a ainsi répondu exactement à leurs préoccupations. 

Nous avons donc dès 1790 un montage de règles juridiques contradictoires pour assurer la suprématie de la nouvelle bourgeoisie industrielle : les règles économiques qui assurent la suprématie de la nouvelle classe dirigeante sont camouflées derrière des idées philosophiques qui représentent un idéal et une utopie certes philanthropiques mais également antinomiques avec les réalités économiques et cette prodigieuse possibilité d’enrichissement pour la nouvelle classe dirigeante.

La trahison des dirigeants révolutionnaires de 1790 envers le peuple français

Il y a ici plus qu’un mensonge, une véritable trahison de la part des nouveaux dirigeants envers la population du pays. 

Des conflits inévitables qui vont naître, il faudra attendre vers 1860 le pacte républicain pour qu’une entreprise politique d’apaisement de cette guerre civile toujours possible soit enfin mise sur pied. La révolution de 1789 fut donc une révolution inachevée avant d’être rapidement une révolution dévoyée qui trahit les intérêts des citoyens.

Elle ne servit qu’à remplacer une classe dirigeante par une nouvelle qui dès 1790 a pu disposer de règles juridiques à son service. Sous prétexte de liberté républicaine individuelle, cette minorité dirigeante a réussi à éliminer tous les corps intermédiaires qui pouvaient servir de contre-pouvoir et freiner son expansion. Le cadre général des inégalités républicaines fut mis en place en 1790 et il n’a jamais été éliminé jusqu’à présent. Parmi les dispositions de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, deux articles sont fondamentaux pour assurer la prédominance de la propriété individuelle et interdire le retour de la propriété commune.

La sacralisation de la propriété privée en 1789, ses conséquences politiques.

L’article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 reconnaît que la propriété est un droit naturel et imprescriptible de l’homme, comme la liberté, la sûreté et la résistance à l’oppression.

 Comme nous l’avons vu précédemment, le problème est que le mot propriété ne veut rien dire tant que nous n’avons pas précisé la forme de propriété que nous retenons. Il est certain qu’en 1789, dans l’esprit de Rousseau, il s’agit de la propriété individuelle.

Cet article a été utilisé en fonction de deux intérêts.

Premier intérêt : le développement de la propriété privée au profit de la classe de la bourgeoisie qui a remplacé l’ancienne aristocratie à partir de 1789.

Deuxième intérêt : la résistance à l’oppression a été utilisée dans le cadre du pouvoir militaire qui l’a confisqué au profit des dirigeants : en dehors de la soumission au groupe des dirigeants, le droit à la résistance n’est pas admis par ces dirigeants.

Dans l’Ancien régime, il y avait une disposition qui permettait au peuple d’intervenir pour obliger la monarchie à l’écouter et à négocier. Lorsque les caisses du royaume étaient vides, le roi avait l’obligation de réunir les États Généraux. Ce fut le cas pour la réunion des États Généraux en 1789. Or cette possibilité n’existe plus dans la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789.

La résistance a l’oppression ne veut rien dire tant que l’oppresseur n’est pas nommément désigné. Des insurgés qui réclament la tenue de nouveaux états généraux sont maintenant des oppresseurs pour les dirigeants d’un gouvernement.

Ainsi depuis 1789, toutes les Constitutions républicaines sont dites « fermées » car elles ne prévoient pas les cas où leur modification à la demande des citoyens, sont possibles. Pour les citoyens, il ne reste que passer par la rue et l’insurrection. En effet chaque changement de constitution depuis 1790 a eu lieu suite à des guerres militaires ou civiles, des troubles civils et la Constitution de 1958 n’échappe pas à cette coutume républicaine avec les évènements d’Alger.

La propriété privée et la vente des biens nationaux pour financer la guerre

La révolution française reprend purement et simplement le fonctionnement de l’administration centralisée de la monarchie pour ajouter des valeurs idéalistes de liberté d’égalité et de fraternité et surtout le droit pragmatique de la propriété individuelle dans l’article 17 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen.

Dès le départ, il y a une erreur, un oubli, un choix contestable qui sera la cause de l’échec de cette révolution de 1789 et qui précipitera la révolution dans les années de Terreur,Terreur qui assassinera des poètes et assassinera Lavoisier pour s’emparer de ses richesses qu’il avait pu gagner en tant que fermier général au service du roi… 

Les dirigeants révolutionnaires avaient déjà besoin d’argent pour financer les guerres contre les rois étrangers, signe évident qu’ils n’avaient aucune idée valable pour convaincre les peuples étrangers de changer eux aussi de régime politique afin de développer des mouvements démocratiques.

Ce besoin d’argent pour financer la révolution et la guerre contre les rois justifiera la vente des biens nationaux après la confiscation des biens du clergé et de la noblesse. 

Le juriste qui connaît la gestion de la propriété enseigne qu’il s’agit ici de passer de la propriété collective gérée par la monarchie à la propriété privée individuelle gérée par les propriétaires. Les dirigeants révolutionnaires ne savent pas que ces biens nationaux avant d’être usurpés par le roi, ont été gérés en propriété commune lors des assemblées communales de la période médiévale, la dernière période florissante en Europe.

Les abbayes seront vendues et leurs bâtiments serviront à développer des granges, des petites industries, leurs ruines seront utilisées comme carrière de pierre. Ce sera la fin des derniers vestiges de la propriété commune. 

Tout ceci après que durant la nuit du août 1789, les bibliothèques, les papiers administratifs auront été brûlés avec toutes les archives de l’époque du temps des cathédrales et de l’organisation en réseau sur le sol de France, destruction commises par des bandes d’insurgés incultes qui ne pouvaient pas comprendre qu’ils brûlaient les derniers vestiges de la solution qui pouvait transformer radicalement leur sort et mettre en place cette civilisation humaniste à laquelle ils aspiraient.

Les acquéreurs de ces biens nationaux sont les entrepreneurs de la nouvelle bourgeoisie d’affaires. Ils s’opposeront résolument à toute initiative qui voudrait restaurer la propriété commune dans le fonctionnement des institutions républicaines et rien n’a changé depuis.

Les citoyens ignorent encore ce qu’est la propriété commune et depuis Marx et Engels, les communistes défendent la propriété collective du parti communiste, soviétique, chinois ou autre en pensant fermement qu’il s’agit de la propriété commune tant ils ignorent la possibilité de gérer directement eux-même la production et la répartition des richesses produites par leur travail.

Dans notre partie 1 de cet essai nous avons montré comment remettre en place la complémentarité entre propriété privée, commune et collective avec tout ce qui va avec, la monnaie pleine et les droits sociaux, la subsidiarité, etc. 

Le droit à la résistance à l’oppression ne sert qu’à défendre les intérêts de la bourgeoisie

La reconnaissance du droit à la résistance à l’oppression a servi aux citoyens de cadre juridique pour s’opposer et éliminer les partisans de la monarchie ainsi que les armées des rois et des empereurs qui combattaient la révolution française.

Les mouvements de résistance entre 1939 et 1945, tout comme les insurgés de la commune de 1871 n’ont pas eu le droit d’utiliser cet article 2 pour légitimer leur résistance à l’oppression: la résistance au pouvoir en place s’est réalisée à travers des combats militaires et civils et c’est le sort des armes qui a décidé de la victoire ou de la défaite.

Alors que les citoyens au cours du XXe siècle ont dû subir à travers le monde les guerres entre les systèmes de pouvoir communiste, fascistes et nazis et les systèmes de pouvoir des démocraties occidentales, maintenant qu’il ne reste plus que le système de pouvoir capitaliste et libérale, cet article 2 pose problème.

En énumérant ces quatre droits fondamentaux placés sur un même niveau hiérarchique, nous retrouvons bien ici les insuffisances et les erreurs des révolutionnaires de 1789. Ils n’ont pas vu qu’il n’y a pas égalité entre ces quatre droits fondamentaux et que le droit de propriété aussi mal défini devient très rapidement la source de toutes les contradictions dans le fonctionnement d’un tel système de pouvoir républicain.

Le contrat social de Rousseau est une ineptie intellectuelle monumentale

L’idée de Rousseau est fausse sur le plan politique, économique et social.

Les citoyens devenus propriétaires, en cherchant à développer leur patrimoine ne concourent pas au développement de l’intérêt général. C’est une fable qui ne tient pas la route sur le plan social et les théories économiques qui se rattachent à cette idée sont tout aussi fausses car les résultats sont toujours contraires à ces modèles rationnels idéalisés.

L’égalité des droits reconnus à chaque personnalité juridique demeure une utopie sinon une fiction juridique incapable d’aboutir à une égalité des droits dans le fonctionnement politique et économique, social du système de pouvoir républicain.

L’institution judiciaire se chargera de l’application des lois mises en place par les dirigeants du système, elle n’aura pas une indépendance pour chercher d’autres solutions tirées principalement de la prise en compte d’une organisation en réseau, de même pour l’institution de l’éducation nationale.

Comme nous le verrons plus tard, pour corriger ces erreurs de 1789 et redéfinir ce droit de propriété, nous allons utiliser le droit à la résistance à l’oppression pour légitimer la mise en place de nos organisations en réseaux. 

La Révolution française de 1789 à refaire nettement mieux

Associer les citoyens à la gestion de l’activité humaine

En 1789, la révolution française a choisi de privilégier la propriété individuelle. C’est le grand acquis de la révolution inscrit dans l’article 17 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il faudra attendre 1864 pour la reconnaissance du droit de grève et 1884 pour l’autorisation des syndicats. En 1901, l’autorisation des associations viendra compléter ce dispositif. Et depuis plus rien de significatif.

Les syndicats et des associations sont les seules organisations intermédiaires reconnues par la république pour permettre aux citoyens de s’organiser. Ces organisations sociales n’ont pas le droit de développer librement des propriétés communes. 

Les limites des syndicats français

Les syndicats français n’ont pas de financement suffisant pour peser sur le plan social.

Nous rappelons qu’en Allemagne, les syndicats gèrent le logement social et la bonne gestion de ce logement social leur permet d’obtenir une caisse de réserve pour payer les salariés qui font grève à la demande de leurs syndicats, ce qui explique en autre un taux élevé de syndicalisation et la réelle pratique d’une solidarité dans la relation qui existe entre loyers d’habitations sociales et versement des indemnités de grève par les syndicats.

Nous reviendrons sur les très mauvaises relations sociales en France et la faiblesse très importante des syndicats au niveau de leur représentativité parmi les salariés. Pour le moment nous soulignons ici le fait que ces corps intermédiaires de citoyens n’ont pas le droit d’accéder à la propriété commune comme peut l’être la gestion du logement social des salariés en Allemagne. 

Le financement des syndicats ne peut provenir que des cotisations individuelles librement consenties. Ceci peut se comprendre surtout lorsqu’il s’agit d’assurer l’indépendance d’un syndicat. Le paternalisme, style de management dominant dans les entreprises françaises essentiellement de type familial, dès 1790, a toujours fait la chasse aux syndicalistes pour empêcher la multiplication des adhésions. 

Le pacte républicain après 1860 va ménager les syndicats en assurant la prise en charge implicite de la formation et de la rémunération des dirigeants syndicalistes à travers des emplois de la fonction publique, surtout après 1945 lorsque les administrations de Sécurité Sociales sont devenues de véritables centres de formation pour les élites syndicalistes dirigeantes.

Le constat actuel reste affligeant à travers le détachement, la séparation, la coupure qui existe entre syndicats confédéraux et leur absence de base. Cette situation existe en France grâce à un financement réel des syndicats via des institutions publiques ou des entreprises et non pas par leurs adhérents.

Réformer les syndicats pour leur donner accès à des moyens financiers à travers la gestion d’une propriété commune n’est absolument pas prévu ni revendiqué par la classe politique et par les syndicats qui se tiennent dans le cadre strict de notre système de pouvoir et soit sont aveugles, soit ne veulent pas admettre qu’il est possible de quitter nos systèmes de pouvoir pour développer une fois de plus des organisations florissantes en réseau.

Renforcer les syndicats, ceci reviendrait à reprendre l’esprit de la Charte d’Amiens de 1906. Financer quelqu’un qui n’a pas les moyens de son autonomie, c’est toujours le contrôler de quelque façon, pourquoi se priver alors de ce levier d’action? 

Le peu d’influence politique des associations

On pourrait d’ailleurs dire la même chose de la plus grande partie du monde associatif en général qui n’a pas accès à la gestion de la propriété commune.

Les associations sont généralement très pauvres et pour se développer, elles n’ont que la solution de la déclaration d’utilité publique qui leur permet de recevoir les subventions des administrations pour devenir sur le terrain social, les auxiliaires des administrations centrales ou régionales.

Le financement des partis politiques et des syndicats maisons

Elles sont à la merci des changements de gouvernement. Les partis politiques sont alors une catégorie spéciale d’associations dont le financement a longtemps été émaillé de scandales et de délits dont certains ont finalement été punis par les juridictions pénales. La solution de leur financement par l’impôt est critiquable car cela revient à créer de fait une nouvelle catégorie de fonctionnaires : les politiciens de métier.

La possibilité de créer un micro parti politique pour financer ses campagnes électorales sans utiliser les caisses de son parti illustre cette esprit d’entreprise politicienne. Les subventions occultes et les chèques, les billets remis dans les fameuses enveloppes de la main des familles les plus riches à la main des politiciens prêts à défendre la cause des plus riches font également partie de cette collection de mesures illégales destinées à sauvegarder les intérêts personnels de la minorité qui dirige le système de pouvoir.

Il en va de même du financement des syndicats “maisons” et des syndicats officiels par le syndicat patronal. Ces pratiques assurent aussi le conservatisme des partis et les manœuvres les plus viles pour trafiquer le code électoral afin d’assurer l’élection coûte que coûte des candidats du parti au pouvoir. 

Éliminer les inégalités dans la république française

L’interdiction, l’élimination de la propriété commune présente de nombreux autres inconvénients sur lesquels nous reviendrons. 

La sacralisation de la propriété individuelle en 1789 reste bien à l’origine de la montée des inégalités dans la république française et nous sommes un des pays développés les plus inégalitaires au monde chez qui la concentration de la richesse du patrimoine atteint un niveau exceptionnel : 5% de la population détient 45% de la valeur du patrimoine national et les 5% suivant 10% de cette valeur ; 10% de la population possède donc 55% de la valeur du patrimoine et 90% de la population en possède 45%. 

La structure de l’économie française reste dominée par les 250 familles arrivées au pouvoir pour la plupart il y a plus d’un siècle. Les conseils d’administration des entreprises françaises du CAC 40 sont dirigés par une cercle fermé d’une centaine de membres qui se cooptent les uns les autres pour s’arroger des rémunérations et des retraites qui font scandale. Avec le fort accroissement des inégalités depuis les années 2000, ce mouvement d’enrichissement de la minorité qui dirige l’économie s’est encore amplifié. 

Dans la partie 1 de l’essai Nos Réseaux de Vie, nous précisons comment mettre en place des institutions politiques, économiques, sociales et culturelles qui vont éliminer ces inégalités de revenus et de patrimoine. Notre lecteur après avoir lu cette partie 1 dispose des réponses actuelles sur cette question. Mais en 1789, les révolutionnaires pouvaient-ils utiliser un exemple de révolution réussie ? La réponse est oui même si l’enseignement français écarte ce sujet des programmes scolaires et universitaires. 

Le dédain des intellectuels français en 1789 pour la Constitution des USA

Pourquoi l’exemple de la Constitution des États-Unis d’Amérique du Nord n’a pas été utilisé en 1790.

Pouvait-il en être autrement en 1789 ? Nous répondons par l’affirmative en prenant connaissance des informations qui étaient disponibles à ce moment-là, du moins pour les intellectuels, les écrivains et les savants.

La légende littéraire et patriotique française insiste parfois lourdement sur la filiation directe entre le siècle des Lumières et la révolution de 1789. Cette manœuvre cherche à légitimer et à glorifier les évènements de 1789 pour prétendre que cette révolution fut une réussite qu’il ne faudrait surtout pas remettre en cause.

 Notre lecteur l’a compris : les choix de 1789 ne remettent pas en cause le système centralisé des institutions : la source hiérarchique change : l’autorité royale est remplacée par celle de la nation républicaine après juillet 1790. Il n’est pas question d’un choix entre un système de pouvoir et une organisation en réseau.

A l’intérieur du système de pouvoir, le système de pouvoir religieux est éliminé et interdit pour ne garder qu’un système de pouvoir civil dirigé par la toute jeune bourgeoisie et qui d’ailleurs aura bien du mal à subsister car les guerres contre les ennemis de la république donneront finalement le pouvoir à des militaires et à un brillant mathématicien militaire doué dans l’utilisation de l’artillerie et les manœuvres rapides savamment calculées.

Victor Hugo, plus tard, à l’occasion d’une autre révolution elle aussi gâchée et perdue, mettra dans la bouche de Gavroche, au pied de la barricade, cette chanson célèbre : c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau.

Incontestablement, ces deux écrivains comme ceux des Lumières n’ont pas réussi à retrouver le temps des cathédrales, l’organisation des villes libres fédérées dans le réseau de l’ordre du Temple, les exemples des cités de la Grèce et de l’Égypte antique, l’exemple des cités républiques de l’Italie du nord qui après la disparition de l’ordre du Temple en France, portèrent le flambeau de cette manière d’organiser la vie de la cité dans une renaissance du temps des cathédrales.

Pourtant, si les archives et le souvenir des chevaliers du temple et des moines bénédictins qui utilisèrent le savoir sauvé de la Grèce et surtout de l’Égypte, d’Alexandrie et de Dendérah, furent perdus ou n’étaient pas encore retrouvées en 1789, cette solution venait d’être retrouvée intacte dès les années 1720 par des érudits installés de l’autre côté de l’Atlantique qui avaient compris tout l’intérêt de la Confédération des nations iroquoise et de la grande Loi qui lie.

L’enseignement des chefs iroquois transmis aux pères fondateurs de l’indépendance américaine.

Les chefs iroquois enseignèrent la manière d’établir la nouvelle confédération des États-Unis d’Amérique, celle-ci devait servir de modèle et d’essai pour instaurer en France puis en Europe une nouvelle organisation en réseau. Ce ne fut pas le cas, l’histoire nous raconte pourquoi, à cause de quelles erreurs. C’est pourquoi nous devons aujourd’hui reprendre 1789 pour corriger également ces erreurs néfastes. 

Voltaire snobe Benjamin Franklin présent à Paris pendant dix ans !

Le siècle des Lumières en France n’a pas réussi à influencer les débuts de la Révolution de 1789. Les discussions de salon, même si elles contestaient l’autorité royale et les dogmes de l’église catholique, avaient peu de prise sur l’éducation des populations. Il est également probable que les intérêts militaires dans la guerre contre l’Angleterre ont occulté les opportunités qu’ont représentées à ce moment-là le développement de la Nouvelle-France au Canada et la naissance des États-Unis à travers sa nouvelle constitution fédérale. Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire. Mais nous pouvons tout de même poser cette question troublante : comment se fait-il que la constitution fédérale des nations iroquoises, la grande loi qui lie, n’a pas été transmise par Benjamin Franklin à Voltaire, à Diderot et aux autres

Benjamin Franklin, le diplomate à qui revient l’initiative d’avoir proposé aux treize colonies de se constituer en fédération, s’intéresse en premier chef aux Indiens, et plus particulièrement, à partir de 1744, aux Iroquois.

 Son ami, Cadwallader Colden, en 1727, a publié la première étude systématique sur la société iroquoise : History of the Five Indian Nations Depending on the Province of New York in America. Dans cet ouvrage, Colden affirme qu’en matière d’organisation politique et sociale, les Iroquois “ont surpassé les Romains”.

Benjamin Franklin est imprimeur, il publie en 1744 un traité que les colonies de Pennsylvanie, de Virginie et de Maryland signent à Lancaster avec les chefs de la confédération des Six Nations. Et ce conseil du chef onondaga, Canasatego, aux envoyés des trois colonies ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd : 

“Nous sommes une Confédération puissante et en observant des méthodes semblables à celles élaborées par nos sages ancêtres, vous acquerrez beaucoup de force et de pouvoir”. 

La Déclaration d’Indépendance des colonies américaines

Quand en 1776, Thomas Jefferson, aidé de John Adams et dans l’ombre du grand Benjamin Franklin, s’attelle à la rédaction de la Déclaration d’Indépendance, l’exemple iroquois guide sa plume. 

En 1787, Jefferson déclarait :

 “Je suis convaincu que les sociétés indiennes qui vivent sans gouvernement jouissent globalement d’un degré de bonheur bien supérieur à ceux qui vivent sous les régimes européens”.

Alors pourquoi cette solution politique n’a-t-elle pas été transmise à Voltaire et aux penseurs des Lumières ? 

Franklin, ambassadeur à Paris de la nouvelle confédération des États-Unis d’Amérique a surtout cherché l’appuie des troupes royales pour contrer l’armée anglaise. Pour la France, c’est aussi une occasion de revanche après la guerre de Sept Ans (1756-1763) qui a vu la perte des colonies américaines et notamment du Canada (“quelques arpents de terre gelée” disait fielleusement Voltaire…). 

Après les premières victoires des insurgés américains, les troupes anglaises s’étaient repliées au Canada. Une bonne partie des nations iroquoises suivront d’ailleurs les anglais au Canada car ces nations savaient que les colons américains allaient développer une immigration qui condamnait rapidement les peuples indiens sur le sol nord américain et le Canada présente d’immenses territoires proches des Grands Lacs sans peuplement important où un refuge est possible 

Voltaire rencontre Franklin qui sera son maître franc-maçon

La transmission de la solution iroquoise n’a pas été transmise aux intellectuels français, c’est un fait et c’est une occasion manquée. Franklin a bien rencontré Voltaire mais tardivement. Benjamin Franklin avait déjà visité la France entre août et octobre 1767. En décembre 1776, c’est en tant que représentant de la toute nouvelle république des États-Unis d’Amérique qu’il arrive à Paris. Les rencontres entre Benjamin Franklin et Voltaire ont eu lieu dans des salons et à l’académie française en 1778, peu de temps avant la mort de Voltaire le 30 mai 1778, âgé de 84 ans. 

C’est la loge des Noeuf Soeurs qui initie franc-maçon Voltaire au grade d’apprenti le 7 avril 1778, un peu moins de deux mois avant la mort du vieux philosophe (30 mai). Voltaire entre dans le Temple ceint du tablier d’Helvétius, au bras de Franklin. Unique concession faite au grand homme: on ne lui met pas de bandeau. 

Benjamin Franklin sera même le Vénérable Maître de la Loge des Noeufs Soeurs, entre 1779 et 1781. Sous son impulsion des sociétés savantes seront créées comme la société Opollonienne, future Société Musée de Paris. Il fait surtout de la Loge des Noeufs Soeurs un foyer ardent de propagande en faveur de la Révolution américaine. Ce sont les idées de Liberté, d’Égalité, de Fraternité qui sont largement développées. Ceci avec une facilité d’autant plus grande que George Washington, mais aussi La Fayette, Rochambeau, Noailles, Ségur, Beaumarchais, Philippe d’Orléans, Choderlos de Laclos et bien d’autres sont tous francs-maçons. 

Mais il semble que leurs échanges aient contenu forces amabilités plutôt que des discussions sérieuses pour mettre en place un régime politique démocratique en Europe. 

En 1789, Benjamin Franklin est reparti aux USA peu avant sa mort.

Benjamin Franklin repartira de Paris en 1788 pour assister à la première élection  présidentielle aux États-Unis le 7 janvier 1789 qui désignera un mois plus tard George Washington Président de l’Union. La constitution américaine entrera en vigueur le 4 mars 1789 et le 30 avril se déroulera à New York la cérémonie d’investiture de George Washington, premier président des États-Unis.

L’impossibilité d’une monarchie constitutionnelle en France

En France, les maladresses grossières du roi et de la reine vont précipiter le mouvement parlementaire en faveur d’une monarchie constitutionnelle dans la mise en place de la république à partir de l’été 1790 et ceci, dans l’impréparation la plus totale.

Il y a une fracture profonde entre la colère populaire contre l’absolutisme royal, l’aristocratie d’une part et les idées des Lumières d’autre part. Le chimiste Lavoisier, par ailleurs un fermier général au service du roi, a regretté cette absence d’un dirigeant expérimenté et raisonnable capable de diriger cette mutation du régime politique. Benjamin Franklin vient de repartir aux États-Unis. C’est l’absence de l’homme mesuré, pondéré, qui se fait sentir dans cette période révolutionnaire, comme en témoigne cette lettre de Lavoisier à Franklin : 

« Que nous regrettons votre absence de France en ce moment, écrit le célèbre chimiste. Vous auriez été notre guide et vous nous auriez montré les limites qu’il ne fallait pas dépasser ». Cette lettre est écrite en février 1790, deux mois avant la mort de Benjamin Franklin. 

Lavoisier

La recherche de la Raison et l’ignorance de la démarche personnelle spirituelle

Cette solution, cet exemple, cette alternative était dans l’organisation de la confédération des 5 nations iroquoises que les colons de la Nouvelle France connaissaient très bien pour commercer et vivre avec les nations iroquoises mais les auteurs des Lumières cherchaient le progrès à travers la raison et le développement de la source rationnelle de savoir qu’ils voulaient imposer pour éliminer l’influence despotique de la papauté romaine et de l’église dirigée par la noblesse et cette domination de l’église se fondait sur des savoirs jugés irrationnels.

La première source de savoir, la source spirituelle et initiatique était largement méconnue sinon ignorée du fait des tabous imposés par l’église. Rousseau avait donné un rôle majeur à la nature vis-à-vis de la culture mais le philosophe avait été incapable de découvrir derrière la nature, la première source de savoir donnée à tout être humain, la source initiatique trouvée par le cheminement spirituel vers le rencontre avec les mystères de la vie. Dans la nature il n’avait fait que des rêveries lors de ses promenades solitaires. Il n’était absolument pas poète pour un sous.

Les penseurs des Lumières avaient pressenti que des connaissances fondamentales proviendraient d’orient mais ils n’avaient pas cherché à enlever la couche protectrice de sable des temples des bords du Nil et la lecture des hiéroglyphes n’avait pas été découverte. 

Depuis longtemps, le travail réalisé à Cluny avec les savants juifs, celtes, grecs, arabes et musulmans avait été condamné et perdu, sauf l’usage des chiffres arabes. 

Les philosophes du 18ème siècle comme leurs collègues érudits n’étaient pas des voyants, ils n’avaient pas utilisé le chemin direct de la démarche poétique pour découvrir en eux et parmi tous les autres, la première source de savoir, la source personnelle et initiatique qui leur aurait attirée les foudres de l’ Église même si le temps des bûchers était révolu. 

Le progrès technologique était la seule avancée majeure

 car il était neutre sur les plans politique et religieux. 

Ces nouvelles technologies étaient mises en œuvre par les nouveaux entrepreneurs, autant leur laisser les mains libres pour développer leurs industries et sortir les peuples de la misère matérielle et sanitaire, alimentaire. 

Nous verrons que ce sera le recours à ce progrès technologique qui scellera définitivement le pacte républicain car au niveau des idées, des valeurs, aucune force morale ne surgira de la révolution de 1789 pour cimenter un régime politique réellement démocratique associant le peuple à la marche de la nation. Et nous en sommes toujours là sur le plan culturel : les valeurs concrètes de la république et celles du pacte républicain reposent toujours sur la croyance que le progrès matérialiste permet l’enrichissement de l’ensemble des citoyens, enrichissement qui va convaincre les citoyens d’oublier leurs querelles politiques et religieuses. 

D’autres causes possibles pour n’avoir pris en compte l’exemple de la Confédération iroquoise

Alors pourquoi l’exemple de la confédération iroquoise qui avait permis la naissance des États-Unis d’Amérique tout comme l’exemple de la confédération des États-Unis n’ont-t-ils pas pu servir de modèle pour conduire la révolution de 1789 ? 

Nous avons vu que Benjamin Franklin n’a pas fait d’efforts particuliers dans ce sens pour former un groupe de militants français lors de son séjour de 10 ans à Paris. Une fois le succès de la confédération américaine, l’exemple de la confédération iroquoise devint certes plutôt secondaire et peut-être gênant pour les pères de l’indépendance : il n’est jamais facile d’avouer que l’on a copié sa solution sur un exemple présent depuis plusieurs siècles et surtout que cette solution provient des peuples que l’on est en train d’éliminer.

La question d’une banque centrale privée est explosive dès les années 1789

Une autre explication historique est connue et bien plus dangereuse. Benjamin Franklin et Thomas Jefferson étaient opposés à l’idée d’une banque centrale privée qui contrôlerait la monnaie américaine et à travers cette position, ils sont restés fidèles aux enseignements des chefs iroquois et ils n’ont pas voulu admettre l’intervention des banquiers, surtout des banquiers qui développaient l’entreprise d’un gouvernement mondial dominé par une élite d’illuminés, les puritains anglo-saxons bien connus depuis leur débarquement en 1620 du Mayflower.

Ils avaient pour destination le Cape Cod dans le Massachusetts, afin d’y établir leur colonie. En partant, les puritains prennent le nom de “pilgrims fathers” soit “pères pèlerins”. Ils seront les premiers anglo-saxons à s’installer en Amérique du nord. A leur arrivée, le 21 novembre 1620, les “pilgrims fathers” fondent la colonie de Plymouth. Ils signent alors le “Pacte du Mayflower” ou “Mayflower Compact”, l’un des textes fondateurs ayant inspiré la “Constitution des États-Unis”. Ils ne savent cependant pas que la terre qu’ils prennent appartient déjà à la tribu des Indiens, les “Wampanoag”. 

L’histoire des USA prend bien soin de retenir ce pacte des criminels anglo-saxons chassés d’Angleterre pour leur rôle funeste dans la seconde guerre des Communs avec notamment Cromwell, et elle oublie volontiers le véritable rôle de la Grande Loi qui lie les nations iroquoises. Ce n’est pas pour rien.

Après la mort de Benjamin Franklin en 1790, les agents de Rothschild, banquier au coeur du mouvement des illuminati, promurent Alexander Hamilton au poste de ministre des Finances. Celui-ci créa la First National Bank of the United States, la première banque centrale américaine.. Elle était structurée comme la Banque d’Angleterre et contrôlée par les Illuminati/Rothschild. 

Le Ministre favorisa de gros endettements envers cette banque, de sorte qu‘elle put devenir la Federal Reserve Bank et aujourd’hui la banque centrale américaine. Cette période marque la concrétisation du pouvoir des sociétés franc-maçonnes de part et d’autre de l’Atlantique or celles-ci n’avaient plus rien à voir avec la culture des Templiers et des moines bénédictins du temps des cathédrales. 

Le conflit politique entre les francs-maçons et les autres dirigeants opposés à la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie avait été récupérée par les réseaux des banquiers qui avaient conquis leur puissance depuis la destruction de l’ordre du Temple, en finançant les rois et les princes et ces banquiers rêvaient maintenant de diriger directement un pays, un empire nouveau, celui des États-Unis d’Amérique. Ces dirigeants de la finance comme plus tard les dirigeants des grandes entreprises industrielles durent faire allégeance au pacte du Mayflower, c’est à dire se soumettre à la volonté des puritains anglo-saxons et à leur dogme de la prédestination des élites à gouverner l’ensemble des peuples sur Terre. 

L’instrument le plus judicieux pour contrôler l’économie et surtout la création de la monnaie est évidemment une banque centrale privée. Cette question qui faisait controverse sinon conflit politique majeur sur la côte est des USA était connue des dirigeants de Londres et de Paris et ce n’était pas une mince affaire… hier comme aujourd’hui toujours.

En 1789, Alexandre Hamilton devint le premier secrétaire au trésor (NdT: ministre des finances) des États-Unis d’Amérique. Hamilton était un des nombreux pères fondateurs qui étaient franc-maçons. Il avait des relations étroites avec la famille Rothschild, qui était propriétaire de la Banque d’Angleterre et était le leader du mouvement franc-maçon européen.

 Georges Washington, Benjamin Franklin, John Jay, Ethan Allen, Samuel Adams, Patrick Henry, John Brown, et Roger Sherman étaient tous franc-maçons. Roger Livingstone aida Sherman et Franklin a écrire la déclaration d’indépendance des États-Unis. Il donna à George Washington ses vœux de prises de fonction alors qu’il était le grand maître de la grande loge maçonnique de New York. Washington lui-même était le grand maître de la loge de Virginie.

Les pères fondateurs populistes emmenés par John Adams, Thomas Jefferson, James Madison et Thomas Paine, dont aucun d’entre eux n’était franc-maçon, voulaient couper complètement les ponts avec la couronne britannique, mais furent subjugués par la faction maçonnique emmenée par Washington, Hamilton et le grand maître de la loge St Andrews de Boston, le général Joseph Warren. 

Nous sommes ici au cœur de l’explication historique : 

Franklin et Jefferson contre Hamilton et sa banque centrale privée

Franklin est un imprimeur qui réussit mais est accaparé très tôt par de nombreuses autres activités scientifiques, culturelles, politiques et franc-maçonnes. Sa relation directe avec la confédération iroquoise est avant tout politique et doit servir ses propres intérêts, elle n’aura guère d’influence dans sa vie, juste une leçon qu’il n’oubliera pas lorsqu’il s’opposera fermement à l’instauration d’une banque centrale privée parmi les institutions de la république des États-Unis d’Amérique.

Jefferson participera directement à la tâche de rédiger la Déclaration d’Indépendance puis il participera avec moins d’influence certes, à celle de la Constitution. Sa volonté farouche de s’opposer à Hamilton et à la banque centrale privée ne faiblira pas.

« je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée ennemie ».

Jefferson

Les banquiers Rothschild sont vainqueurs du conflit politique aux USA

Mais les pères fondateurs populistes qu’il représentait, seront démocratiquement vaincus par les pères fondateurs franc-maçons sous la coupe de la famille des banquiers Rothschild.

Que pouvait bien peser la sagesse de la constitution de la confédération iroquoise face à la volonté des familles de banquiers de prendre le pouvoir dans le nouveau monde sans l’intermédiaire des rois et des empereurs ? Le poids d’une plume d’une colombe, voire le poids d’une plume d’aigle ? 

Lors de la guerre de sécession, la banque Rothschild de Londres a tout simplement financé les États du Nord, celle de Paris, les États du Sud.

Résultat: les Rothschild sortirent seuls vainqueurs de la guerre et les américains du sud et du nord vaincus et dépouillés à jamais d’un pouvoir qu’ils n’ont jamais retrouvé depuis !

La question douloureuse de l’esclavage aux USA

Une autre explication de la séparation entre la confédération iroquoise (qui existe toujours et a sa place à l’ONU) et le nouveau gouvernement des États-Unis d’Amérique repose sur le fait que pour publier leur première constitution, Washington et les fondateurs de l’Indépendance instruits pourtant par les chefs iroquois, durent accepter de reconnaître le droit à l’esclavage des Noirs pour satisfaire aux désirs de la majorité et principalement des financiers qui avaient besoin de cette main d’œuvre gratuite pour exploiter les terres nouvellement conquises et développer l’industrie du coton.

La constitution des États-Unis d’Amérique utilise bel et bien la structure confédérale héritée de la grande loi qui lie des nations iroquoises, mais cette filiation s’arrête là : dès la constitution des États-Unis, il faut intégrer dans le système électoral américain la réalité de l’esclavage : l’une de ses dispositions permet aux propriétaires d’esclaves de calculer le nombre de suffrages à partir de l’équation : 1 noir = 3/5 d’un blanc. C’est totalement inadapté et choquant pour un pays européen.

La confédération iroquoise ne pouvait pas accepter cette vision des rapports humains fondés sur l’esclavage et la plupart des nations iroquoises décidèrent de rejeter majoritairement ces colons anglais pour rejoindre les territoires actuels du Canada ou d’autres colons anglais les rejetèrent ensuite car ils étaient des obstacles au développement de la soif de richesses matérielles organisés par les financiers qui travaillent toujours à la conquête d’un gouvernement mondial despotique par des moyens criminels et bellicistes, que ce soit aux USA ou au Canada contrôlé par les anglais. 

L’échec de la solution Confédérale aux USA comme en France depuis 1789

Parce que les dirigeants de ces pays ne se sont pas inspirés des principes de la Grande Loi qui lie.

Les romains admirèrent la culture grecque et la culture égyptienne, comme la culture celte. Les colons anglais, écossais, irlandais qui quittaient la misère en Europe pour une vie meilleure en Amérique, n’avaient semble-t-il pas ce niveau de culture pour admirer et respecter celle des nations iroquoises. 

Le manque de connaissances sur l’histoire de nos pays

à cause des dirigeants des systèmes de pouvoir qui utilisent l’ignorance des peuples pour mieux les soumettre à leurs intérêts.

Pourtant la solution confédérale existait et représentait l’exemple d’une organisation en réseau capable de remplacer les monarchies européennes plus ou moins despotiques. Des livres avaient été imprimés. Qui n’a pas voulu partager ou qui n’a pas compris ? 

Cette question illustre notre propos : 1789 est non seulement une révolution inachevée qui s’est soldée par le remplacement d’une classe sociale par une autre dans l’organisation du système de pouvoir : la bourgeoisie remplaçant l’aristocratie et la noblesse, mais 1789 est aussi une erreur par manque de connaissances, par oubli ou par incapacité à retrouver l’organisation en réseau du temps des cathédrales détruite en 1307, soit environ cinq siècles plus tôt et qui avait subsisté dans la confédération des nations iroquoises développée vers 1350 à partir de l’enseignement d’un moine chevalier faisant partie des colonies templières venues se réfugier sur le continent américain, au nord comme au centre et au sud, nous y reviendrons dans notre troisième partie dans le chapitre sur les ordres monastiques et les Templiers.

Les banquiers sont les premiers responsables de cet échec politique

Les responsables de ces échecs sont les banquiers qui prirent le pouvoir sur les rois et les princes grâce à la destruction de l’ordre du Temple et de l’organisation en réseaux des villes libres et des commanderies templières, des abbayes du temps des cathédrales. Ces banquiers savaient qu’ils devaient tout faire pour effacer le souvenir de cette période durant laquelle seule la banque des templiers au service des populations avait existé en application de la culture chrétienne sociale héritière du savoir des temples des bords du Nil. 

L’erreur commise par Marx et Engels vers 1860

La seconde cause du peu d’intérêt pour l’exemple des nations iroquoises est également compréhensible. Nous connaissons l’erreur commise par Marx et Engels vers 1860 lorsqu’ils découvrirent l’exemple iroquois : face à l’ignorance des peuples, les élites intellectuelles progressistes devaient saisir l’occasion de prendre le pouvoir avec sa structure centralisée héritée de la monarchie ou de l’État républicain pour tout de suite mettre en œuvre les idées révolutionnaires et en ce qui concerne Marx, les idées communistes.

L’appareil de l’état, la structure du pouvoir devait servir de moyens immédiats pour répandre la nouvelle idéologie dans le système de pouvoir en écartant les risques de conflits civils car il ne s’agissait pas de supprimer les systèmes de pouvoir mais d’utiliser leurs structures afin de contourner la difficulté majeure : l’ignorance des peuples et le travail indispensable d’éducation et de formation à la gestion participative de la société qui prendrait plusieurs générations.

Nous savons que les ordres bénédictins mirent plusieurs générations pour développer l’organisation en réseau du temps des cathédrales avec les chevaliers du Temple. Il faudra attendre le milieu du XXème siècle pour admettre que la structure, que le choix d’une structure n’est pas neutre mais influence largement le fonctionnement du système de pouvoir.

Jean-Jacques Rousseau, un siècle auparavant, s’est bien occupé de la question de l’éducation des peuples même si son exemple se limite au dénommé Émile. Mais éduquer un individu pour qu’il participe à un contrat social fondé sur la participation des citoyens à la démocratie en vertu de la souveraineté du peuple, était à cette époque soit incompréhensible car trop en avance sur son temps soit une erreur grossière car l’auteur confondait système de pouvoir et réseaux citoyens de vie ou plutôt n’y voyait là aucune différence.

L’erreur de Marx date des années 1860. Il choisit de conserver la structure du pouvoir centralisé que permet l’état pour imposer plus rapidement la doctrine communiste aux peuples. Il écarte ou oublie la solution de la démocratie directe locale participative et la propriété commune pour produire et distribuer les richesses produites par le travail de tous. Dès lors l’utilisation exclusive de la propriété collective par le parti communiste ne peut que nourrir de nouvelles tyrannies avec leurs cortèges de crimes contre l’humanité.

Pour conclure sur les erreurs commises depuis 1789 dans le gouvernement de la France.

La révolution de 1789 n’a pas sorti le pays de son drame principal : elle n’a jamais été refermée la plaie ouverte par Philippe le Bel lors de la destruction de l’ordre du Temple et du temps des cathédrales.

Seule la remise en place d’une nouvelle organisation en réseau fondée sur la complémentarité entre les trois formes de propriété est capable d’ouvrir à nouveau une période florissante pour la société française, européenne et évidemment aujourd’hui mondiale. Nous l’avons montré dans la partie 1 de cet essai Nos Réseaux de Vie.

Faute de maîtriser le passé, les révolutionnaires de 1789 ont certes pris le pouvoir mais ils ont été incapables de fonder une culture républicaine avec d’autres valeurs, d’autres normes de vie que celles empruntées à Jean-Jacques Rousseau et au Siècle des Lumières.

Affirmer la place de l’individu face à l’absolutisme royal fut indispensable mais insuffisant. Pourtant les connaissances nécessaires existaient. 

La culture médiévale, les normes de vie templières avaient survécu en Amérique du Nord à travers la Grande Loi qui lie les nations iroquoises. 

Plus désolant encore, Benjamin Franklin qui maîtrisait ce savoir résida à Paris pendant 10 ans juste avant 1789 mais ni Voltaire ni les auteurs du Siècle des Lumières, tous épris d’individualisme et de rationalisme, ne surent pas retrouver cette culture des nations iroquoises et grâce à elle, retrouver la culture médiévale fondée en l’an 500 au Mont Cassin à partir des vestiges des connaissances égyptiennes et grecques puis plus tard, celtes et musulmanes avec ses apports de Perse, du Moyen-Orient et d’Asie.

Ne commettons plus ce genre d’erreur et soyons capables de prendre dans notre passé ce qui a fondé les civilisations les plus florissantes même si cela est interdit depuis des siècles par les maîtres du système de pouvoir économique libéral.

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