Épisode 16 L’histoire d’Arnim
Pierre commença l’entretien d’embauche du vieil officier bavarois.
La frontière qu’enfant tu as traversée.
– Arnim, nous avons beaucoup de questions à te poser. Si tu étais des nôtres à la conférence de Nancy, alors tu sais sur quelle démarche repose notre mouvement. Nous voulons briser les interdits sur notre source personnelle spirituelle de Savoir pour l’utiliser à nouveau afin de conduite notre activité humaine fondée sur l’utilisation de notre seconde source intellectuelle rationnelle scientifique de Savoir. Le passage entre nos deux sources de savoir est principalement la voie mystique, l’une des 4 voies de notre développement personnel initiatique.
Notre mouvement s’oppose aux dogmes religieux et aux systèmes de pouvoir. Nous voulons développer une nouvelle civilisation florissante fondée sur la complémentarité entre nos deux sources de Savoir sans systèmes autocratiques de Pouvoir et sans Théocraties. Dans la seconde partie de notre conférence à Nancy, j’ai présenté mon parcours initiatique depuis mes premières méditations dans la Nature et sur les montagnes au dessus de mon village jusqu’au Savoir transmis par la civilisation égyptienne dans le temple de Dendérah et plus tard sauvé et conservé au Mont Cassin par le mouvement bénédictin.
Toi aussi, cette nuit, tu dois faire un effort et prendre du recul avec tous les évènements qui dans ton existence n’ont pas dû être simples à traverser. Mais peut-être allons nous trouver une même trame, un même fil qui pourra se lier au nôtre.
Tu le sais, c’est durant l’enfance que nous sommes appelés à franchir le plus de frontières dans notre vie. Pour un montagnard, la frontière est le plus souvent là-haut, au sommet des crêtes, au milieu du col.
Qu’as-tu cherché à traverser comme frontière lorsque tu étais enfant ?
L’altitude des montagnes a été la première frontière que j’ai dépassée
– J’ai soixante treize ans et suis né au retour de mon père de la grande guerre en 1920. Ma famille habitait un hameau de montagne en Bavière proche de Ramsau et à côté de Berchtesgaden. J’ai connu une enfance joyeuse en pleine nature avant de découvrir les plaisirs de la montagne et du ski, sports traditionnels pour les garçons du village. Nous avions dans les environs un grand lac, le Königsee.
Plus tard, j’ai voulu découvrir les Alpes et leurs sommets au dessus des quatre mille mètres d’altitude. L’altitude a été une des premières frontières que j’ai dépassée. Puis à l’armée et durant la guerre, j’ai été dans d’autres montagnes, en Scandinavie, dans le Caucase, les Carpates. Après la guerre, avec notre groupe du Club alpin de Munich, nous avons été dans les Andes et dans l’Himalaya, au Tibet et au Népal.
La frontière des idées
Il n’y avait pas que la montagne dans mon éducation. Mon père, instituteur, avait choisi la qualité de vie de ce village de montagne sans jamais se couper de la vie estudiantine de sa jeunesse à Munich et à Vienne. Régulièrement il commandait les derniers ouvrages parus et fréquemment durant les vacances, partait seul quelques jours à la rencontre de penseurs, de conférenciers et il assistait à des concerts, des réunions politiques.
J’ai ainsi découvert naturellement les idées auxquelles mon père avait adhéré avant que je parte à la guerre en 1939 : les idées des Naturmenschen, les activités des Wandervögel, l’étude des runes nordiques et de la civilisation aryenne, la colonie de Monte Verita où mon père s’est rendu plusieurs fois. Il me parlait de Hermann Hesse, de Gusto Gräeser, de Mary Wigmann…
– Pourquoi aviez-vous dans votre famille ces centres d’intérêts ?
– L’Allemagne est resté longtemps un assemblage de régions, de duchés, de comtés et la vie locale y était très riche et prospère. Pour reprendre le propos de ta conférence, l’organisation en réseau d’ordres chevaliers et d’ordres monastiques n’a pas disparu brutalement en Allemagne comme ce fut le cas en France. Au contraire cette organisation en réseau prospéra surtout autour de la Baltique à travers la Hanse.
Cette organisation locale en réseaux a été remise en cause à travers le développement des villes provoqué par l’industrialisation de l’Europe. A côté du fait que l’industrialisation a mis en place un système économique qui avait besoin d’un système politique capable de diriger des espaces les plus vastes possibles, le développement des villes et de leurs quartiers ouvriers a marqué une rupture sur le plan culturel.
La ville, vu de la campagne, c’était le repère de la misère, de la débauche et de l’alcool, de la loi de l’argent, le repère des riches qui profitent du travail des autres. Ce fut aussi la concentration des usines, la pollution par les fumées de charbon, les odeurs des produits chimiques, des tanneries.
– oui, c’est comme chez Baudelaire » une atmosphère obscure enveloppe la ville, aux uns portant la paix, aux autres le souci, pendant que des mortels, la multitude vile, sous le fouet du plaisir, va cueillir des remords dans la fête servile… »
La frontière entre les pollutions industrielles et la nature
– C’est cela : le lieu de la fête servile qui abrutit les gens. Dans ma Bavière et nos montagnes des Alpes, il n’y avait rien de cela. Au contraire la nature restait magnifique et mon père avait compris que le choix consistait à préserver cette nature, qu’il ne fallait pas que notre famille aille s’avilir en ville comme tant d’autres qui partaient vers la ville pour une vie qu’ils croyaient plus facile. C’est le choix initial et j’ai refait ce choix de rester fidèle à la nature et aux valeurs porteuses de vie sans misère tout au long de ma vie. D’ailleurs de plus en plus de gens des villes venaient dans nos montagnes pour se soigner de la tuberculose et des maladies des poumons provoquées par les pollutions des villes et les fumées de charbon.
– Restons sur ces valeurs de vie, comment les traduisais-tu dans un partage autour de toi capable de faire naître une culture de groupe ?
Les Wandervögel et la réforme de la vie
-A la suite de mon père, j’ai suivi les idées du mouvement des Wandervögel[1].
Favorisé par une enfance passée dans une nature enchanteresse parmi ces montagnes de Bavière, j’ai vite compris les méfaits de la pollution des industries et sans difficulté, j’ai souscrit à cette idée de développer l’autonomie des êtres humains pour qu’ils puissent revivre au milieu de la nature en harmonie avec elle, après avoir abandonné les promesses fallacieuses de l’ère industrielle.
Ce fut une manière concrète de vivre les enseignements spirituels que j’avais reçus
Très jeune, j’ai été partisan d’une réforme de la vie.
Lutter contre le capitalisme signifiait alors rechercher une alternative parmi la civilisation antique des peuples nordiques et de la civilisation aryenne s’étendant de la légendaire Thulé jusqu’au delà de l’Himalaya en Inde. Rama a été le guide de cette migration aryenne vers l’orient.
La staviska, la croix gammée et d’autres symboles venant de ces peuples nordiques étaient fort prisés parmi les Wandervögel. J’avais appris par mon père et ses amis que la Scandinavie après la chute de l’empire romain avait été peuplée par un peuple venu du Caucase et de la mer Caspienne qui lui-même provenait d’un peuple venu d’Inde cinq mille ans avant notre ère. Cette staviska venait d’Inde. Ce sont les vikings descendants d’Odin qui ont influencé les pays européens à la fin de la civilisation celte.
Nous voulions au départ nous inscrire dans le prolongement de cette histoire civilisatrice. Mais nous ne connaissions pas l’histoire de la civilisation atlante puis égyptienne, le dernier grand cataclysme et les survivants du continent englouti.
Pour réaliser cette ambition de réformer la vie, il fallait apprendre à se purifier : se baigner nu parmi les torrents ou les lacs de montagne, faire sa gymnastique nu au soleil sur de grands rochers. Je l’ai spontanément fait dès onze-douze ans avait un camarade et la sœur de ce camarade. Cette fille, avant l’âge de vingt ans, est devenue ma femme.
C’est ainsi que nous nous sommes appris à nous libérer et à accéder au plaisir que tous trois nus, nous nous donnions mutuellement sans honte aucune. Et nous n’étions pas les seuls. Autour de nous, ils y avait plein de petits groupes qui dans les bois, au bord des lacs, faisaient comme nous et souvent un feu de bois nous réunissait dans des groupes plus nombreux. Il suffisait d’être discret.
S’engager plus loin avec mes camarades du mouvement des Wandervögel fut une démarche très naturelle. J’ai aimé participer aux camps parmi les clairières, aux retraites aux flambeaux, aux grands feux de joie autour desquels les danses rythmées me procuraient un sentiment d’extase.
Je savais que les jeunesses communistes faisaient la même chose mais ils étaient très politisés alors que nous voulions suivre une démarche plus spirituelle et naturelle. Plus tard, en Asie et au Japon, j’ai découvert l’animisme, le shintoïsme (ou shintō) du Japon. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l’homme dans l’univers : être un élément du grand Tout. C’est ce que je cherchais durant mon adolescence avec mes camarades.
La contestation de la société industrielle.
J’ai appris à danser. Ce n’était pas n’importe quelles danses ! Mon père, pendant ses études, a suivi une fois à Munich une formation à la danse conduite par Rudolf von Laban, un des plus grands chorégraphes du vingtième siècle et dans le groupe, il y avait aussi Mary Wigmann. Il m’en parlait toujours et il m’encourageait à pratiquer la danse comme exercice spirituel.
A travers ce contact, je me suis intéressé de plus près à tout ce mouvement de contestation de la société industrielle.
J’ai étudié dans les livres de mon père, la théorie des corps et des mouvements selon la méthode de Jacques Dalcroze. Nous raisonnions sur les problèmes économiques en analysant les idées du mouvement des Naturmenschen qui étaient hostiles à la circulation de l’argent.
Je me suis intéressé à Otto Gross, prophète de la révolution sexuelle dans le mouvement et il avait admis favorablement le principe que nous sommes gouvernés par nos pulsions, que les mauvaises pulsions proviennent des contraintes sociales, que la purification et la suppression des mauvaises pulsions impliquent la suppression des contraintes sociales principalement de celles nées avec l’ère industrielle.
Le groupe écoutait Arnim sans l’interrompre. Frantz notait les noms des personnages évoqués, les lieux parcourus, les idées citées.
Arnim avait nourri sa relation avec sa femme dans cette purification des pulsions, un peu comme dans le tantrisme. A des périodes de frénésie sexuelle vécues en groupe dans lesquelles tous deux rassasiaient leurs volontés au point de franchir de nouvelles frontières dans la jouissance, le plaisir et le partage de puissantes émotions avec les autres, se succédaient des périodes plus spirituelles nourries de retraites dans des lieux propices comme d’anciens châteaux en ruine de chevaliers moyenâgeux ou dans des abbayes.
Les communautés qu’il traversa avec sa femme et ses amis prônaient la restauration des liens avec la Nature et avec ce qui vit en nous. Arnim insista pour démontrer à ses interlocuteurs que les soirées spéciales que Frantz et Anke ont connues ne furent que pâle copies de ces nuits passées enlacés sous les étoiles durant sa vie de lycéens puis d’étudiants.
– va pour cette culture de groupe, mais comment avez-vous fait pour transformer cette culture de groupe en culture sociale ? Y avez-vous d’ailleurs songé ?
L’échec du passage à la culture humaniste
– Oh, à l’époque personne ne parlait de l’organisation en réseau et des trois niveaux d’activité humaine, de la démocratie directe locale participative dont tu parles tant. Nous n’avions pas également la maîtrise du passé comme actuellement. L’Égypte, le Tibet, les Andes n’étaient point connus comme actuellement et les idées que certains rapportaient des Indes n’étaient pas correctement comprises et ont servi plus à des idéologies racistes et à la volonté de faire naître une nouvelle race d’êtres humains purs qui auraient la charge de diriger le monde qu’à des mouvements humanistes respectueux de la dignité de la vie sur Terre.
Comme vous le savez, le bouddhisme a refusé de contester et de changer l’organisation sociale de l’Inde en castes bien séparées les unes des autres, spécialement la caste des Intouchables.
Aujourd’hui, je sais qu’il y a eu un échec sur ce point. Notre formidable vie communautaire ne s’est pas traduite sur le niveau sociale par une culture humaniste exemplaire et par une société plus juste et fraternelle.
Les personnes les plus stupides qui ne privaient pas de clamer leurs idées erronées ont pris comme souvent le devant et d’autres plus sensées poursuivirent leurs travaux dans le silence de leur retraite. A côté d’eux, la majorité des gens qui s’opposaient à ce système de pouvoir capitaliste et industriel tentaient de définir un autre système de pouvoir plus socialiste ou communiste.
J’ai lu avec attention les écrits de Muhsam, le poète, contre le nazisme qui se développait et comme les autres mouvements de la réforme de la vie, je fus un fervent admirateur de l’opéra Tannhaüser.
Arnim va à Monte Verità
Après avoir ingurgité toutes ces idées, lu tous ces écrits, j’ai profité d’un séjour dans l’Engadine pour me rendre en Italie dans le Tessin, sur les bords du lac Majeur, près d’Ascona, à Monte Verità, une colonie phare de ce mouvement pour la réforme de la vie et un laboratoire pour remonter le temps et rentrer à nouveau dans le paradis perdu.
Mon père y avait fait un séjour avant 1914. Malgré les avertissements de mon père, je fus déçu par cette visite car les animateurs de ce centre sont bien partis dès 1920 pour le Brésil et probablement ensuite pour les Andes et il reste peu de souvenir sur place.
La rencontre de Montagnola.
Ma rencontre non loin de là, à Montagnola près de Lugano avec Hermann Hesse sauva ce séjour.
Sur les conseils de l’écrivain, je suis rentré en Allemagne pour chercher des informations sur la disparition de Muhsam en 1933, ce poète résolument hostile au national-socialisme, et je suis parti à la recherche de Gräeser alors prophète itinérant qui annonçait qu’un sauveur viendra réaliser la grande purification pour débarrasser la société des méfaits de l’ère industrielle.
J’ai retrouvé ce prophète aux pieds nus qui depuis quelques années se cachait car déjà, parmi les nombreux prophètes qui parcoururent l’Allemagne pour parler à la jeunesse, il y en avait un qui depuis la fin de la grande guerre, s’était démarqué par ses propos politiques plus radicaux et enflammés et il venait de conquérir le pouvoir d’une manière absolue.
Les jeunesses hitlériennes reprirent et imposèrent la plupart des valeurs et des symboles des Wandervögel et même si j’ai appris l’assassinat de Muhsam[2], j’ai suivi Laban et les autres derrière Hitler installé au pouvoir début janvier 1933 par la classe politique et économique qui pensait ainsi mieux le museler suite à son succès électoral de juillet 1932. Nommé chancelier le 30 janvier 1933, ce dictateur finira le 1er décembre 1933 par proclamer l’unité entre le parti nazi et l’État allemand réalisant ainsi la dictature nazie.
– tu as donc fait partie des jeunesses hitlériennes ?
– Non mais je me suis préparé pour entrer dans l’armée et devenir officier.
– pourquoi ?
– c’est une histoire un peu compliquée. Il faut se re situer à cette époque et vous présenter les raisons de ce choix risque de prendre du temps.
– Ce n’est pas grave, nous avons toute la nuit. ( Laurie intervint avec fermeté )
Arnim s’engage dans l’armée.
– il y a plusieurs raisons. La première tient dans le constat que pour s’opposer à la société industrielle, à la puissance des machines et de l’argent, il faut utiliser une puissance plus forte : celle des armes.
– et la puissance de l’esprit qui toujours vainc la puissance du sabre ?
– mon père et ses idées pouvait se ranger sous ce que tu nommes la puissance de l’esprit. Ces forces de l’esprit n’ont pas triomphé en 1918 pas plus qu’entre 1910 et 1914. Ce ne sont pas elles qui mirent fin à la Première Guerre mondiale.
Les motivations militaires d’Arnim,
Tôt au tard, les canons allaient à nouveau se mettre à tonner. Mon pays devait cette fois-ci sortir vainqueur de cette épreuve. Non pas pour restaurer un empire germanique mais bien pour imposer un nouvel ordre politique capable de servir les intérêts des peuples.
C’est ma deuxième raison :
participer à l’essor d’un nouvel ordre politique mondial.
Le vieil officier réfléchit un long moment pour mieux clarifier son propos. Il se fit plus savant pour compléter sa vision historique sur ce qu’il avait vécu.
Il débuta par s’expliquer sur ses motivations pour devenir soldat et il se tourna vers Dan. Il parla tantôt en anglais, tantôt en français pour que Pierre puisse bien comprendre aussi ce qu’il avait à dire. Il prit le ton de l’officier expérimenté qu’il était devenu et qui avait compris comment gagner des batailles sans commettre de grossières erreurs.
Il revint sur la défaite de 1918. L’armée allemande n’a pas été vaincue par les armes mais par l’insuffisance de sa production industrielle face à l’arrivée massive des armements et des soldats américains.
Sur le plan de la stratégie, l’armée allemande fut la seule à savoir combiner correctement sur le champ de bataille l’utilisation de l’artillerie lourde puis de l’artillerie légère avec l’infanterie. L’artillerie lourde écrasait les premières lignes adverses puis seulement l’infanterie attaquait. Le problème consista à déplacer suffisamment vite cette artillerie lourde selon la progression de l’infanterie.
Lors de chaque percée du front, sans protection de cette dernière, les armées alliées dans une guerre de mouvement classique purent à nouveau se battre d’égal à égal et repousser les armées allemandes. L’armée française sous le commandement de Joffre ne concevait sa stratégie qu’à travers une guerre offensive qui n’avait donc pas besoin d’artillerie lourde mais seulement d’une bonne artillerie légère avec le canon de 75.
Or les premiers combats de 1914 démontrèrent que la seule montée en ligne des troupes françaises s’achevaient par un massacre loin du front sous les obus de l’artillerie lourde allemande. Les français ne purent même pas se mettre en position pour lancer une offensive. Des colonnes entières de fantassins ou de cavaliers furent ainsi massacrées sans même avoir pu se mettre en position de combat ou en position de protection contre les obus.
Dès lors la logique voulut que la stratégie française bascule en guerre défensive : la première ligne n’était que faiblement défendue et devait reculer sur une deuxième ligne puissamment armée et protégée par des fortifications solides. L’infanterie allemande qui s’était alors avancée hors de portée de son artillerie lourde pouvait maintenant être combattue plus efficacement avec nettement moins de perte et avec l’avantage d’avoir derrière soi sa propre artillerie de campagne, bien installée et protégée.
Cette stratégie défensive fut soutenue principalement par le colonel puis général Pétain. Après le 15 mai 1917, Pétain devint général en chef à part entière.
Cette stratégie de la guerre défensive fut poursuivie jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918 et l’État-major français persista dans cette attitude, dans cette culture, en préférant engloutir des milliards dans la ligne Maginot plutôt qu’en créant une armée fait pour le mouvement et l’offensive.
Puis il y a eu le choc en 1919 lors de la Conférence de Versailles, nos dirigeants allemands ont compris pourquoi et comment les États-Unis sont entrés en guerre contre nous. C’est l’affaire de la déclaration Balfour et l’accord entre l’Angleterre et les sionistes pour qu’après la victoire apportée par les USA, les sionistes disposent enfin d’un état souverain en Palestine. Oh j’ai appris ceci bien plus tard et il n’y a pas si longtemps ! Plus jeune, nous ignorions tous ces négociations secrètes et cette conduite du monde par l’oligarchie anglo-saxonne dirigée par le mouvement sioniste et par les puritains, ces protestants vigoureux qui avaient formé au départ des groupes de juifs pour leur faire croire en une nouvelle Jérusalem sioniste en Palestine.
Après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, l’armée allemande remit sur pied une armée faite pour l’offensive en combinant cette fois les deux nouvelles armes technologiques du champ de bataille : l’aviation et les divisions blindées. Dès 1939, cette supériorité sur le champ de bataille provint de la parfaite combinaison entre l’avion et le char dans la guerre de mouvement. Le blitzkrieg permit de parcourir l’Europe entière et le nord de l’Afrique.
Les nouvelles technologies utiles pour nos armées, les réseaux radio, les moteurs avec des huiles spéciales, les premières machines mécanographiques qui utilisent des cartes perforées pour trier, compter et calculer des informations pour les entreprises et les administrations jusqu’aux années 1960, provenaient de brevets américains et d’usines américaines construites en Allemagne. Le miracle économique allemand dirigé par Schacht entre 1933 et 1937, nous avait redonné une confiance inébranlable. Nous savions que nous allions gagner la guerre et prendre notre revanche.
Les partisans de la guerre défensive après la surprise furent défaits en quelques semaines. En s’engageant dans l’armée allemande, Arnim répéta qu’il avait eu foi dans cette stratégie offensive. Sa vie ne serait pas gaspillée par des ordres erronés et une doctrine militaire désuète. Son combat serait relayé par l’emploi le plus judicieux des armes les plus modernes dans un esprit de conquête le plus total.
La victoire ne pouvait être qu’au bout du chemin.
Dan confirma les propos d’Arnim. Il précisa qu’en 1940, l’armée française avait une puissance guère différente de l’armée allemande, le nombre des blindés et des avions était à peu près égal mais c’est bien dans l’utilisation de ces moyens sur le champ de bataille qu’il y avait un fossé et c’est bien là la cause de la déroute brutale de l’armée française en 1940. L’état-major français n’avait pas changé sa culture héritée de 1917, il s’était conforté dans un immobilisme et un conservatisme coupable.
Le commandement et les élites sont le responsable de la défaite. Les causes sont d’abord culturelles. Après les pertes humaines énormes de cette première guerre mondiale et l’horreur des combats dans les tranchées sous le feu de l’artillerie, tous ont voulu que ce fut la dernière guerre et le slogan fut « plus jamais ça ! ». Les politiciens français en ont fait leur dogme pour rassurer les citoyens et leurs électeurs. Le mouvement du pacifisme fut essentiellement français.
Après dans les années 1930, les responsables de la défaite de mai-juin 1940 ont été au pouvoir : Daladier et le chef d’état-major Gamelin. Ils ont fait cause commune pour maintenir cette stratégie défensive et ils ont suivi le jeu politique des Anglais qui eux aussi ont voulu éviter une nouvelle guerre quitte à s’entendre avec Hitler et les nazis.
Au niveau de la stratégie militaire, les démarches du colonel de Gaulle pour créer des divisions blindées pour mener avec l’aviation une guerre de mouvement ont été écartées alors que Guderian et Rommel les ont utilisées en Allemagne. En 1936, Blum a également rejeté les divisions blindées car il y voyait un outil militaire pour écraser les mouvements ouvriers socialistes et communistes.
Dan, en tant qu’officier américain, ne s’arrêta pas là. Brièvement il expliqua le rôle de la haute finance et de l’oligarchie anglo-saxonne qui dès 1919, organisa la seconde guerre mondiale pour que l’Allemagne arrive à conquérir les richesses de l’Union soviétique au profit des familles propriétaires de la Réserve Fédérale qui veulent établir un gouvernement mondial.
Mais la campagne de France de mai à juin 1940 ne se passa pas comme espéré par les dirigeants nazis. Malgré l’incompétence flagrante et coupable du commandement politique et militaire français, les soldats français et anglais avec leur artillerie et leur aviation, durant ces six semaines de combats acharnés, ont détruit 30 % des chars et 50 % de l’aviation de l’armée allemande. Mieux, en résistant pendant quatre semaines autour de Dunkerque, ils ont permis à l’armée professionnelle anglaise de retourner chez elle pour poursuivre la guerre. Hitler n’a pas réussi à vaincre les anglais en dispersant ses divisions blindées dans le nord de la France au lieu de les concentrer sur la capture de l’armée anglaise. Ensuite son aviation a été trop faible pour préparer un débarquement en Angleterre.
Tous les membres de leur petit groupe saluèrent chaleureusement l’intervention de Dan et cette leçon de stratégie politique et militaire. Il n’était pas question d’accabler Arnim en tant qu’ancien officier de l’armée allemande au service du nazisme. Entre eux, cette nuit, ils n’avaient aucun compte à régler mais tous voulaient préparer le développement de leur mouvement spirituel et humaniste dans une nouvelle civilisation sans les systèmes de pouvoir… et sans guerres menées par les tyrans !
Les motivations politiques et économiques d’Arnim
Arnim passa sur un plan plus économique et politique. Il précisa qu’il s’exprimait en fonction de ses connaissances actuelles et non pas en fonction de celles qu’il avait à l’époque. Si sur le plan militaire, les chances de victoire étaient grandes, il n’en allait pas forcément de la même manière sur le plan économique et politique.
Il pouvait rassembler ses propos sur deux grandes périodes.
La première, au lendemain de 1918, vit le peuple allemand trouver les premiers motifs de révolte à travers la politique que les alliées lui imposèrent.
Le gouvernement des États-Unis et Wilson plus précisément, n’a pas compris que ce conflit typiquement européen marqua la fin d’un empire austro-hongrois soutenu par un pouvoir allemand et prussien lui aussi toujours en quête d’empire.
L’époque était changeante : la France avait eu beaucoup de mal à rester républicaine et elle a connu une restauration de la monarchie puis un Second Empire. l’Allemagne ne put s’affranchir de son organisation monarchiste qu’à la suite de l’écroulement de l’empire austro-hongrois en 1918.
Arnim expliqua cette carence à ne pas moderniser sa structure politique, par la nature foncièrement fédérale de son pays, survivance des comtés et des milliers de villes libres de l’ancien empire romain germanique qu’aucun centralisme ou absolutisme royale ne surent effacer. La dispersion des pouvoirs avait permis un certain temps le maintient des chevaliers de l’ordre teutonique, ordre affilié au Temple dont le souvenir n’avait pas été interdit en Allemagne comme ce fut le cas en France.
Cette dispersion des pouvoirs avait permis également le développement florissant des villes libres rhénanes et hanséatiques mais elle n’avait pas permis d’actualiser la notion sclérosée d’empire monarchiste qui coiffa cette organisation étatique. C’est Napoléon en 1803 qui supprima la plupart des villes libres en Allemagne pour pouvoir mieux gouverner ce pays.
Le rôle des alliés en 1918 était de laisser le peuple allemand opérer cette mutation arrivée à maturité et ce toujours dans les vieilles et naturelles structures fédérales. L’imposition par le président américain Wilson de la république centralisée fut une erreur monumentale. Ce diktat ajouté aux conséquences du Traité de Versailles ne pouvait que pousser le peuple allemand dans une solution extrême : une concentration anormale des pouvoirs dans le cadre d’un empire nouveau non monarchiste mais dirigé par une expression populaire concentrée en un tyran.
Un espoir avait été mis au panier de l’histoire et les vainqueurs s’étaient comportés comme tous vainqueurs depuis des millénaires, c’est à dire d’après Arnim, tout aussi stupidement.
Pierre intervint dans le monologue pour déclarer qu’en français, l’anagramme de stupide est dispute et que les deux vont donc bien ensemble ! Laurie lui fit signe de se taire.
Arnim prit par l’épaule l’officier américain. N’était-il pas d’accord en tant que soldat que c’était bien eux qui gagnaient les guerres et qu’aussitôt après, les autres : politiques, économistes, commerçants, religieux ou ouvriers, par leurs dissensions idéologiques, les perdaient pour vingt ans plus tard devoir ramener les soldats sur le front ?
La deuxième période entre 1925 et 1935 fut marquée par les affrontements économiques.
Arnim prit du recul pour montrer que ce type de conflit n’était pas à l’époque nouveau et que les connaissances historiques de son adolescence lui permettaient de les analyser convenablement.
Son père lui avait appris à se méfier de l’ère industrielle et du capitalisme. Son étude des marchés monétaires et financiers le laissa perplexe. Alors que les autres pays s’accrochaient à une monnaie forte convertible en or, il vécu douloureusement la crise financière de 1922 et l’hyper inflation qui dévalorisa la monnaie allemande. Les trop forts dédommagements de guerre à payer en furent une des causes mais en Bavière, ce qu’il vécut plus personnellement, c’est la ruine des paysans vaincus par les importations de produits agricoles et de viandes des nouveaux pays producteurs comme les pays d’Amérique du Sud.
Dans sa province de Bavière, les paysans et le monde rural se regroupèrent rapidement en mouvement pour contester cette ouverture mondiale des marchés agricoles et militer pour une organisation plus nationaliste des échanges économiques. L’internationalisation de l’économie profitait à des commerçants irresponsables qui pour s’enrichir rejetaient leurs anciens fournisseurs allemands.
Arnim évoqua le fait que parmi ces commerçants, il y ait eu un certain nombre d’hommes d’affaires juifs.
Lors de la crise boursière de Wall Street en octobre 1929, les dirigeants américains comme occidentaux ont commis deux erreurs qui firent de cette simple crise boursière une crise économique mondiale. Tout d’abord ils poursuivirent leurs doctrines conservatrices vouées à la défense de leurs monnaies et refusèrent de soutenir l’activité économique en instaurant le déficit des finances publiques. Sans aucune intervention publique, la faillite des entreprises privées sema la misère parmi la population.
La deuxième erreur fut de recourir au protectionnisme pour défendre son économie contre la crise existant chez les voisins. Ce protectionnisme instauré d’abord par les États-Unis répandit rapidement la crise à travers le monde.
Keynes avant la crise critiquait déjà vertement cette défense déraisonnée de la monnaie qui durant les années 1920 au Royaume-Uni avait condamné plus de 20% de la population active au chômage et à la misère. Dès 1930, cet économiste préconisa l’intervention de l’état pour relancer l’économie à travers le creusement des déficits publics, déficits remboursés une fois l’économie sortie de la crise et la croissance retrouvée. En 1931, la politique américaine abandonne le dogmatisme monétaire ruineux et adopte les idées de Keynes à travers l’instauration d’un New Deal.
Arnim ne voulut pas poursuivre trop loin son propos et en venir aux obstacles qui dès 1935 vinrent freiner ce retour à la croissance : la surproduction de biens matériels difficiles à vendre vu que la majorité des gens n’avait pas vu croître ses revenus de la même manière, l’incapacité des autres pays encore en crise à acheter le surplus de production américain.
C’est bien la deuxième guerre mondiale qui mettra malheureusement fin à ce problème de l’ajustement de la production aux revenus distribués.
Arnim en revint à son sujet. Le premier pays qui en Europe adopta fermement les idées de Keynes pour sortir de la crise mondiale fut bel et bien l’Allemagne lorsque le nouveau chancelier Hitler fit appel au meilleur spécialiste allemand des questions économiques et nomma Schacht Ministre de l’économie. La France n’adopta que partiellement les idées de Keynes seulement en 1936 à travers les gouvernements du Front Populaire. Le redressement de l’économie allemande fut rapide et spectaculaire. L’état sortit l’économie allemande de l’impasse mondiale grâce à ce bouleversement culturel radical et à l’abandon des vieux dogmatismes monétaires. L’utilisation d’une monnaie pleine avec le système des bons de travaux et des effets de commerce donna des résultats spectaculaires au niveau industriel avec la baisse du chômage et la construction des infrastructures de transport et des logements sociaux.
Arnim avoua avoir cru dans les idées de Keynes et il fut satisfait de la politique économique d’Hitler de 1933 à 1937. En réalité, il comprit ce qui s’était passé durant cette période en étudiant la politique financière menée par Hjalmar Schacht. L’utilisation d’une monnaie pleine, sans dettes, avec la circulation des lettres de change modifiées en bons de travail, a permis d’éliminer le chômage en quatre ans et la réalisation non seulement d’une production industrielle en forte augmentation mais aussi la réalisation d’autoroutes, de logements sociaux. Après la guerre, Schacht a essayé de refaire cette stratégie de développement économique avec une monnaie pleine dans les pays en voie de développement. Avait-il compris que sa méthode est contraire aux intérêts de l’oligarchie financière anglo-saxonne qui a organisé les deux conflits mondiaux pour imposer son gouvernement mondial du système capitaliste neo libéral ?
Gérard intervint pour donner son accord sur les propos tenus par Arnim. Il souligna que ce rôle directeur de l’état contre les intérêts conservateurs des dirigeants économiques se retrouva encore en France en 1960 lorsque le Général de Gaulle somma les maîtres de forges de se réunir pour trouver entre eux les moyens financiers pour investir enfin dans l’acquisition de laminoirs à froid.
L’Allemagne grâce au plan Marshall et à l’aide américaine avait pu installer de tels laminoirs à froid dès 1948. Il est évident que sans de tels outils performants et productifs, les maîtres de forges français ne pouvaient pas lutter contre la concurrence allemande et il était hors de question que l’état français viennent soutenir d’une manière ou d’une autre la sidérurgie française même à travers un lobby de plusieurs centaines d’hommes politiques. La mise en demeure présidentielle restée vaine, De Gaulle nationalisa aussitôt l’ensemble de la sidérurgie pour confier son sort aux corps des ingénieurs d’état afin qu’une activité sidérurgique subsiste à terme en France.
Gérard n’arrivait pas à garder son calme et sa voix devenait de plus en plus virulente. Il regretta que malgré les nationalisations successives, l’esprit d’entreprise brisé au XVIII ème siècle, n’ait toujours pas retrouvé une adhésion commune nécessaire à la création et surtout au partage des richesses économiques à travers l’emploi.
Gérard posa le constat qu’Arnim apportait une vision de l’histoire qui correspondait à la leur.
Leur mouvement, certes, commençait par développer l’utilisation de la spiritualité mais dans le but cette fois-ci qu’elle conduise l’activité humaine dans une civilisation nouvelle, sans guerres et conflits financiers, économiques et encore moins religieux ! Dan approuva l’intervention de Gérard. Il expliqua que les guerriers ne combattent qu’avec un plan de paix dans leur tête et surtout avec une idéologie. Ce plan de paix repose prioritairement sur la mise hors d’état de nuire des tyrans, des seigneurs de guerre, des financiers qui organisent les guerres pour obtenir des profits mirifiques impossibles en temps de paix.
Le groupe était satisfait de la qualité des échanges. Arnim n’était pas un cas particulier avec un vécu de fanatique nazi. Il avait compris ce qu’il était en train de vivre année après année et ses connaissances rejoignaient celles de leur groupe. Eux aussi menaient une réforme de la vie et forcément ils allaient devoir affronter les questions politiques, économiques et sociales pour mettre en place de nouvelles institutions dans leurs réseaux de Vie.
Arnim prit la relève et poursuivit pour en arriver au point crucial.
Arnim expliqua que son choix avait été réfléchi.
Il n’avait pas cru que la société allemande fût prête pour le communisme.
La loi du plus fort démontrée à la fin du premier conflit mondial a fait recette dans cette course et les nationalistes, en Europe, ont réussi à rejeter les communistes dans l’opposition.
Au niveau de ces peuples européens politiquement évolués, le principe de sécurité a joué à plein dans la motivation des citoyens au détriment d’une aventure communiste jugée trop utopique.
D’autre part, le mouvement communiste se résumait à une doctrine simpliste par rapport à la démarche d’un mouvement comme celui de la réforme de la vie.
Pierre, en tant que juriste intervint pour souligner que le communisme choisit la propriété collective et interdit la propriété commune gérée par le groupe social et la propriété privée. Le parti communiste est le seul à gérer la propriété collective et ceci correspond réellement à la dictature du Parti. Cette bonne idée au départ ne peut que sombrer dans la tyrannie la plus féroce et criminelle. La solution développée dans leur mouvement est la complémentarité entre les trois formes de propriété : privée, commune, collective gérée par les représentants des citoyens.
L’utopie communiste n’était pas cohérente par rapport aux aspirations d’Arnim.
Il ne pouvait pas abandonner et renier son cheminement spirituel durant sa jeunesse parmi les montagnes, les lacs et les torrents de sa Bavière. Il croyait au renouveau spirituel et le rationalisme scientifique socialiste puis communiste n’était pour lui qu’une erreur monstrueuse. Arnim n’avait fait que se ranger dans le choix de son époque pour conserver une culture religieuse certes de loin pas au niveau de ses aspirations spirituelles.
N’était-il pas revenu le temps de discuter à nouveau de l’alternative de l’organisation sociale en réseaux
de démocraties directes locales participatives avec leurs Confédérations nationales, continentales, mondiales ?
Arnim plongea son regard dans celui du poète.
Le vieil officier voyait lui aussi les forces des tenants actuels du pouvoir financier capitaliste écraser dans le sang la minorité de leur mouvement pour tenter de sauver son paradigme de la liberté du marché et de l’enrichissement illimité des propriétaires du capital.
Tant que le capitalisme vivra, il nourrira son opposition farouchement nationaliste et tous les discours socialistes et humanistes n’y pourront rien ! D’ailleurs le plus souvent le système de pouvoir communiste pour rester en place s’est nourri abondamment de nationalisme, de fascisme et de tyrannie !
Mais comme le poète, Arnim voyait aussi ce sang nourrir les peuples pour les amener à libérer leurs destinées humaines de la tyrannie des dirigeants des systèmes de pouvoir, capitaliste, communiste, théocratique, militaire et policier. Arnim voulait dorénavant vivre libre sans systèmes autocratiques de Pouvoir et sans Théocraties avec leurs dogmes religieux criminels.
Arnim apportait un vécu riche d’expériences spirituelles, militaires, politiques et sociales. Il venait d’exprimer ses idées, ses valeurs, ses raisons de vivre. Tout ceci correspondait aux valeurs que leur groupe défendait pour développer leur mouvement humaniste.
Mais en tant que soldat et officier, durant la seconde guerre mondiale, comment Arnim avait-il concilier ses idées avec ses actes. Qu’avait-il vécu durant les batailles auxquelles il avait participé ?
Laurie lui demanda de raconter son vécu de guerrier et ses blessures de guerres.
Elle lui rappela que lors de la Conférence de Nancy, elle avait parlé de son activité auprès des vétérans américains de guerre. En tant que vétéran allemand de guerre, Arnim, comment se débrouillait-il avec tous ces souvenirs de combats ? Quelles leçons pouvait-il apporter à leur mouvement ?
La suite dans le prochain épisode
[1] les Wandervögel ou les oiseaux migrateurs
[2] Muhsam sera déporté et torturé au camp de concentration d’Orianenbourg où il sera assassiné le 10 juillet 1934. Son meurtre sera maquillé en suicide.