Partie 3 – L’histoire des conflits

Le mouvement musulman, Mahomet le messager

Vers l’an 600, en Arabie et au Moyen-Orient, se développe le mouvement musulman à partir du message de Mahomet qu’il dit recevoir de l’ange Gabriel. 

L’histoire humaine de ce messager

L’histoire de ce messager est davantage connu sur le plan humain et par la suite, les dirigeants de la religion musulmane n’ont pas cherché à nier sa condition humaine pour l’intégrer dans une trinité divine comme les dogmes des papes chrétiens l’ont fait pour le personnage de Jésus. 

Mohamed lors de ses voyages en conduisant les caravanes de sa patronne puis épouse Khadija à Constantinople, a été en contact avec des chrétiens, des juifs, des sectes chrétiennes qui refusaient la divinité de Jésus et il avait compris que les mœurs et les religions des tribus arabes étaient des freins au progrès et à la paix. 

La transmission du savoir monastique bénédictin

Le moine bénédictin Denis lui transmit ses connaissances et les règles que cet ordre monastique développait à partir des savoirs sauvés des temples d’Égypte, notamment de Dendérah : la source de savoir spirituel pour vivre avec celui qui vit en nous et est le même qu’en chacun d’entre nous, les principes d’organisation politique, économique, social avec la subsidiarité, l’alliance des contraires, la complémentarité entre les trois formes de propriété… 

Le message de Mohamed est très proche du message chrétien au départ et il fera qu’il sera chassé de sa ville natale de la Mecque et il devra se réfugier à Médine. 

La question de l’esclavage resurgit entre lui et les dirigeants politiques des tribus arabes comme cela avait déjà été le cas pour les premiers chrétiens face aux dirigeants de l’empire romain. Ce n’est qu’un sujet de conflits, il y en eu d’autres comme celui sur la soumission ou non des initiés aux dirigeants politiques ou bien le développement d’une société sans dirigeants politiques élus ou désignés puisque l’organisation de l’activité humaine est dirigée par les assemblées locales de l’action politique des tribus.

Mohamed l’initié

C’est par l’emploi des armes qu’il prit le pouvoir dans la région pour instaurer des règles nouvelles. Mohamed est un initié qui pratique la démarche spirituelle avec des retraites dans une grotte jusqu’à trouver un dialogue avec une présence du monde supérieur. 

Au contraire de la religion catholique qui interdit la démarche initiatique individuelle depuis le Concile de Nicée en 320-325, la religion musulmane reste largement un mouvement spirituel qui accepte la démarche initiatique individuelle à travers des communautés qui pratiquent le soufisme ou d’autres approches pour trouver la baraka. 

La dérive vers des théocraties

Mais cette dispersion des mouvements spirituels n’a pas empêché le développement d’une ou plusieurs théocraties musulmanes avec leurs dogmes aussi fallacieux que ceux des papes de Rome et des pratiques fanatiques tout autant criminelles que celles cautionnées par les papes. 

Les règles mises en place par Mohamed constituent un progrès pour son peuple :

  • interdire d’ensevelir vivante sa fille dans le sable du désert, prendre comme épouse la veuve ou une femme afin de lui épargner l’esclavage, racheter les esclaves pour leur accorder la liberté,
  • limiter l’usage de l’alcool qui sous le soleil de ces régions détruit rapidement un être humain, 
  • de même écarter la viande de porc que les échanges commerciaux vers l’extrême-orient et l’Asie peuvent apporter en Arabie car les conditions climatiques ne se prêtent pas à la conservation de cette viande qui transporte facilement des virus et des bactéries capables de déclencher des épidémies dévastatrices ( la peste au moyen-âge viendra en Europe par des bateaux venus depuis l’Asie Mineure et l’Extrême-orient ),
  • bien se couvrir pour éviter les poussières et devoir se laver fréquemment et ainsi gaspiller de l’eau, etc. 

Ces règles, notamment celles qui portent l’amélioration des conditions sanitaires de vie sont les mêmes que celles développées dans les monastères et les abbayes chrétiens, mais devant le peu de message spirituel nouveau et différent du message chrétien, la plupart des dirigeants du mouvement musulman pour bien distinguer leur mouvement des autres mouvements religieux, vont transformer la nature de ces règles sur l’amélioration des conditions de vie matérielles et sanitaires pour en faire des dogmes capables de légitimer un système de pouvoir religieux qui utilisera constamment un système de pouvoir militaire pour s’étendre à travers le monde.

L’exemple du Concile de Nicée pour unifier pouvoir religieux et pouvoir politique, militaire dans les mains d’un seul dirigeant politique.

Ils utiliseront l’exemple des chrétiens qui se sont alliés au pouvoir des empereurs romains d’occident et d’orient puis plus tard les guerres de conquêtes coloniales pour lesquelles, les papes donneront l’autorisation de mener des génocides dans les Andes et en Amérique centrale afin de défendre les dogmes de l’église.

Le système de pouvoir religieux catholique romain va porter son effort sur la construction de dogmes religieux qui n’ont pour la plupart aucune relation avec un enseignement spirituel. Le système de pouvoir religieux musulman ne va pas tomber dans le même piège que le système religieux catholique romain mais il va se concentrer sur des règles et des modes de vie qui ont été utiles au temps de Mohamed. 

Cependant ces règles et ces modes de vie ont été transformées dans une tradition aussi invariable que les dogmes de l’église de Rome et cette tradition, également, n’a aucune relation avec un enseignement spirituel universel capable de franchir les siècles. 

Ces modes de vie sont plus proches du fonctionnement des organisations en réseau du mouvement bénédictin que des préceptes de vie recommandées par le Bouddha, Confucius, Lao-Tseu, sans parler des rites initiatiques des temples égyptiens détruits à l’époque de Mohamed, pour suivre une démarche spirituelle capable d’atteindre le samadhi, l’illumination qui éclaire l’évolution d’un être humain. La proximité des pays arabes avec l’Asie, la route de la soie pouvait permettre l’emprunt de certains éléments de la culture asiatique, spécialement sur le plan spirituel et culturel. Il semble que ce ne fut pas le cas. 

L’apport de la culture berbère dans la conquête musulmane de l’Espagne

Par contre lors de la conquête de l’Espagne et notamment de l’Andalousie, l’intervention au Xème siècle des berbères marocains de l’Atlas et du désert du Sahara va apporter un renouveau culturel et spirituel majeur. Les Phéniciens chassés par la conquête de leur région par les douze tribus de Moïse puis de Josué, vinrent s’établir dans le Maghreb, selon l’historien byzantin Procope dans son Histoire secrète rédigée au IV ème siècle.

Au Maroc, nous trouvons aussi des traces de la civilisation Atlante disparue lors du dernier grand cataclysme. Albert Slosman, que nous avons déjà cité, explique que les mandjits des survivants accostèrent sur les rivages du Maroc, dans la région d’Agadir pour ensuite rejoindre les altitudes de 4000 mètres du Haut-Atlas et se réfugier au dessus des nuages toxiques qui stagnaient au dessus des plaines. 

Plus tard, des expéditions partirent du Haut-Atlas marocains pour aller à la rencontre des survivants réfugiés sur les hauts sommets du Caucase et sur les hauts plateaux du Tibet et de l’Himalaya. Plusieurs milliers plus tard, la plus grande partie de la colonie des survivants vinrent s’établir sur les bords du Nil pour fonder la civilisation égyptienne. Le Sahara ne restait plus humide et devenait un désert. Seuls sont restés quelques peuples venus d’Arabie attirés eux aussi par le refuge du Haut Atlas puis par la civilisation des survivants de l’Atlantide.

Dans cette région riche de ses cultures humaines mélangées depuis des millénaires, vers 1060, dans la palmeraie, les premières maisons de la future Marrakech commençaient à se construire autour des tentes de l’émir Youssef. En 1085, en partant de Marrakech, les troupes de Youssef allèrent aider les émirs en Andalousie. La gestion calamiteuse de ces derniers venus du Moyen-Orient, avait fait se révolter les populations et ils avaient demander de l’aide à l’émir du Maroc.

 L’armée avait à sa tête le groupe des Sahariens voilés de bleu, puis les contingents berbères descendus de l’Atlas, avec plus de mille dromadaires, au son des sourds tambours africains et du grave martèlement des bendirs de l’Atlas

page 166, Énigmes du Maroc, Jean Mazel, chez Robert Laffont, 1971.

La moitié de l’Espagne devint alors une province marocaine dirigée depuis Marrakech et ce fut un intense courant intellectuel et artistique entre le Maroc et l’Andalousie et ce fut le Maghreb qui put bénéficier d’un âge d’or sans précédent.

De Tripoli à l’Atlantique, de Tolède aux Hamadas régnait la paix almohade. 

page 167 du même livre.

Cet exemple réussi de mariage des cultures par des peuples qui avaient conservé l’histoire de leurs origines communes à travers leurs survies après le dernier grand cataclysme, fut semble-t-il retenu par les dirigeants de l’ordre bénédictin. Nous allons y venir. A Cluny, ils établiront le mariage des cultures de l’Europe médiévale et sera compris le rameau musulman d’Andalousie et d’Espagne.

Au XXème siècle, les puritains anglo-saxons avec leur dogme de la prédestination de leurs élites à gouverner l’ensemble du monde, utiliseront les pays arabes et les théocraties musulmanes pour combattre spécialement le christianisme, tout comme les anglo-saxons l’avaient fait en Grande-Bretagne lors de la première guerre des Communs en massacrant tous les chrétiens, notamment en Irlande et en Écosse. Lors de la seconde guerre des Communs au XVIème siècle, ils déportèrent en masse en esclavage les chrétiens d’Irlande dans les nouvelles colonies des Antilles, bien avant l’arrivée des esclaves d’Afrique. 

Les dirigeants arabes focalisés sur leurs richesses tirées du pétrole ne comprendront pas ce piège et cette manipulation menée depuis New York et serviront de complices dans le terrorisme mené par les sectes fanatiques musulmanes. La mémoire de l’émir Youssef et de la culture spirituelle venue du Sahara tout comme du Haut-Atlas pour développer quelques siècles de paix et d’intenses activités culturelles dont les œuvres nous ont été transmises tout comme celles du temps des cathédrales, cette mémoire a bien été détruite elle aussi dans le monde musulman. Ne restent que des mouvements de résistance, comme toujours puisque notre première source de savoir ne peut pas disparaître.

Pour conclure

Il est évident que le développement d’un système de pouvoir religieux s’accompagne inéluctablement d’un appauvrissement ou d’une perte de la spiritualité, d’un manque de savoir provenant de la première source de savoir qui est interdite. 

Il est tout aussi évident qu’un mouvement spirituel qui se désintéresse de l’organisation de la société sur le plan politique, économique et social pour se réfugier dans la compassion envers les êtres humains prisonniers de leur condition humaine dans l’attente de leur libération et accession à leur dimension d’éternité, n’est pas capable d’assurer le développement de la paix et d’un meilleur niveau de vie pour les populations en venant éliminer les dirigeants des systèmes de pouvoir et leurs entreprises despotiques au service de leurs intérêts personnels.

Comme le système de pouvoir théocratique catholique, le mouvement musulman sera dominé par un système de pouvoir théocratique qui devra s’allier lui aussi à des systèmes de pouvoirs militaires dirigés par des rois et des seigneurs de guerre toujours en quête de nouvelles victoires pour étendre leur domination sur les peuples.

Nous allons y venir car les guerres furent nombreuses de part et d’autre pour défendre et étendre ces deux systèmes de pouvoir religieux, chrétiens et musulmans. A nous aujourd’hui, de part et d’autre, de retrouver les racines spirituelles de notre première source de savoir pour un nouveau mariage des cultures avec de nouveaux siècles de paix, comme nos aînés l’ont réussi.

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