L’abandon de tristesse

Hans Baldung Grien La jeune fille et la mort

Et vaille la Tristesse s’oublie
Depuis qu’une fille s’est mise nue là-bas
Au ruisseau qui coule derrière ces bois
Elle a perdu sa face et sa mélancolie

Derrière un arbre elle guettait l’impudique fille
Avec des yeux en sang qui lui mangeaient la face
Seul est resté au coin des lèvres la grimace
Lorsqu’elle vit sortir de l’eau embellie

Depuis elle court par monts et par vaux toujours
Et recherche sans fin sa nymphe fugitive
Son corps frémit devant ses pensées lascives
Où elle s’imagine lui faire l’amour

La lèpre la ronge un peu plus à chaque pas
Elle n’en a cure avance avance toujours
Le moignon s’enfonce dans la boue et le jour
En rougit en la quittant Elle croît là-bas…

(Mais oui voila le profil de sa nymphe nue
Accroupie en écartant les cuisses Tiens!
On pourrait croire qu’elle va faire ses besoins
C’est ça d’après les contractions de son cul!)

…ET s’écroule sur le sol pour n’entendre plus
Que le ahanement rythmé que l’autre fait
Cuiss’ouvertes devant son visage niais
Incommodé par l’odeur du sexe poilu

Elle est là la proie tant désirée…la mort
Qui s’en va en s’essuyant ses fesses très belles
D’ailleurs Elle ne veut pas encore de ton corps
Elle te nargue de sa beauté éternelle

Dans la boue à côté des excréments attends
Elle cherche une dague en son entre c’est tout !
Elle va aussi s’habiller Ce n’est qu’un temps
Tu sais que les filles vont nues sans bijoux

Car elles détestent qu’on les surprenne nues
Lorsqu’elles s’abandonnent à la volupté
De jouer avec leurs seins aux lignes obtues
En poussant des soupirs que nul ne peut capter

Il fallait donc rester sur ton rocher Tristesse
Et pleurer mais ne jamais aller au ruisseau
Tu n’as pas à te prendre pour l’espoir c’est faux !
Des filles tu ne suis que le cadavre Cesse

Cesse donc de les embêter tout le temps !
Elles ne jettent d’un soupir à tes rengaines
Puis toutes rouges s’en vont leurs jupons au vent
Un clin d’œil à n’en plus rien comprendre toi-même

Il fallait donc rester sur ton rocher Tristesse
Et je dois m’apitoyer tant que tu n’es rien
Tant tu tiens à être importante…Faiblesse
Du pleutre destin qui n’aura jamais ma fin

***
Depuis que tu t’es assise à côté de moi
Il m’est venu un rêve profond de bonheur
Profond profond à tout ignorer Et toi ?
As-tu encore des amours la sotte peur ?

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