Verlaine et le voyant des Ariettes oubliées

La situation : 

1873, après un séjour à Londres avec Rimbaud, Verlaine, le 3 juillet décide de rompre et laisse son ami sans un sou à Londres pour tenter de renouer avec Mathilde. Devant le refus de celle-ci, Verlaine appelle Rimbaud qui arrive à Bruxelles le 8 juillet.

Le 10 juillet, au cours d’une nouvelle violente dispute, Verlaine tire deux coups de feu sur son jeune ami. Rimbaud est blessé au poignet et Verlaine avec sa mère le conduit à l’hôpital. Madame Verlaine persuade son fils de laisser partir Rimbaud.

Sur le trajet de la gare, Verlaine met la main dans la poche où il y a son revolver. Rimbaud prend peur et se réfugie auprès d’un agent de police. Rimbaud refuse de porter plainte mais la police fait juger Verlaine et il est condamné à deux ans de prison. C’est de sa prison qu’il compose ce poème. 

Document :

“Enfin ! Veux-tu que je t’embrasse en crevant ?” La phrase de Verlaine est restée célèbre, qu’il adresse à Rimbaud dans une lettre affirmant qu’il est prêt à se “brûler la gueule”. Son amant – 17 ans à l’époque – accourt à Bruxelles et ici comme à Londres, reprennent les disputes et l’ivresse quasi permanente.

Le 10 juillet 1873, Paul Verlaine entre à 9 heures du matin chez Montigny, une armurerie du centre-ville, où il achète, pour 23 francs, un six coups de marque Lefaucheux, un petit revolver à la crosse en bois comme s’en payaient les bourgeois à l’époque.

Quelques heures plus tard, assez ivre, il retrouve dans leur chambre son jeune amant qui lui annonce qu’il le quitte. Verlaine aurait alors dégainé l’arme et tiré deux balles en criant à Rimbaud : “Voilà pour toi, puisque tu pars.” Le poète est blessé au bras, Verlaine condamné à deux ans de prison . Il faut dire que la pédérastie aggrave encore le crime et qu’il est connu pour s’être engagé auprès des Communards – lui que l’on dit souvent lâche.

autre document : 

L’arme avec laquelle Verlaine a tiré sur Rimbaud vendue aux enchères 434 500 euros

Comment stopper « l’homme aux semelles de vent » ? Paul Verlaine, 29 ans, amoureux transi, amant blessé, n’en peut plus, en ce jour de juillet 1873. La passion pour Rimbaud, de dix ans son cadet, qu’il a rencontré 2 ans plus tôt le consume. Il souhaite renouer avec sa femme Mathilde qu’il a rencontrée en 1870. Rimbaud se montre tout aussi jaloux que Verlaine. Alors l’auteur des Poèmes saturniens s’exile à Belgique. Rimbaud le rejoint. Après une énième dispute, le 10 juillet 1873, Verlaine s’emporte. Il achète une arme et tire sur le jeune poète, qui n’a que 18 ans, dans une chambre d’un hôtel de la rue des Brasseurs, à Bruxelles.

Une querelle qui aura fait couler plus d’encre que de sang

Rimbaud est blessé au poignet, c’est superficiel. Comme l’écrit Le Monde, « cette querelle, heureusement, aura fait couler plus d’encre que de sang. » L’arme avec laquelle Paul Verlaine tira sur son amant Arthur Rimbaud a été mise en vente aux enchères mercredi 30 novembre à Paris, par la célèbre maison Christie’s. Estimée entre 50 000 et 60 000 euros, elle a finalement été adjugée à 434 500 euros. L’acheteur est resté anonyme, ses enchères ayant eu lieu par téléphone. Le revolver vendu est un six coups, un modèle Lefaucheux de calibre 7 millimètres.

Les Ariettes oubliées

« Le ciel est par dessus le toit si bleu si calme 

un arbre par dessus le toit berce sa palme 

la cloche dans le ciel qu’on voit doucement tinte 

un oiseau sur l’arbre qu’on voit chante sa plainte 

mon dieu  la vie est là simple et tranquille 

cette rumeur qui monte vient de la ville 

dis qu’as-tu fait toi que voilà de ta jeunesse ? » 

Verlaine regarde par la fenêtre de sa prison à Mons

Où il purge sa peine de deux ans de prison (libéré pour bonne conduite et expulsé de Belgique le 16 janvier 1875, il ne l’accomplira pas intégralement). 

description simple de ce que Verlaine voit et entend derrière les barreaux de sa fenêtre. Lui voit cela et la vie devient simple et tranquille. 

Il n’y a plus l’autre, le voyant à la vie impossible qui ne cesse de voir autre chose, de voir la vie autrement depuis qu’il a connu ses illuminations et ses rencontres avec le surnaturel qui vit en nous et nous entoure. 

« Toi que voilà », est-ce Paul, est-ce encore Arthur ? Est-ce Paul qui a perdu sa jeunesse pour ne pas être devenu lui aussi un voyant du surnaturel ? Est-ce Arthur dont l’entêtement à suivre sa voie poétique nourrie de dialogues de l’âme pour l’âme le conduit vers une révolte toujours plus forte envers ce monde et ces gens qui ne voient pas, ne veulent pas voir, ont peur de cette lumière qui vit en nous et nous permet de franchir le puits de lumière pour arriver chez nous au pays des voyants, au ciel, ce ciel qui n’est plus si bleu si calme, où il n’y a plus de clocher, plus d’oiseau pour chanter sa plainte et accompagner celle du poète non voyant ?

Le ciel si bleu si calme

Qu’y a-t-il plus haut que ce ciel des oiseaux ? 

Mon dieu, la vie des simples gens si tranquille est là et sa rumeur monte de la ville. Aucune voix ne descend du ciel pour Verlaine, c’était probablement plus jeune que son oreille, son cœur aurait pu l’entendre. 

Qu’as-tu fait de ta jeunesse ? 

de cet âge pendant lequel l’être humain cherche sa vie et avec fougue interpelle tout ce qui l’entoure. Tu n’as pas demandé à dieu ? Tu n’as pas forcé la rencontre avec celui qui anime ton âme et qui est à la source de ta poésie ? Tu as écrit des poèmes sans chercher ta source ?

Tu ne sais même pas monter un peu dans le ciel pour chanter ta plainte au moins aussi haut que l’oiseau que voilà ! 

Et puis, il y a cette question lancinante et terrible pour Verlaine, l’adulte face à son ami adolescent qui brûle sa jeunesse : dis, Verlaine, qu’as-tu fait de ta jeunesse pour qu’elle ne soit pas pareille et aussi poétique, aussi pleine d’illuminations que celle d’Arthur Rimbaud ?

Qu’as-tu manqué Verlaine dans ta démarche poétique ? Pourquoi la vie ne t’a-t-elle pas remplie de ces illuminations dont parle ton compagnon de chemin en poésie ? 

Faut-il que cet oubli, cette erreur de jeunesse se paie aujourd’hui par de la prison ? A cause et uniquement à cause de lui, lui qui voit ce que tu ne peux voir ? 

Pourtant depuis la cellule de ta prison, tu voies le ciel par dessus le toit… 

« Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville

 quelle est cette langueur qui pénètre mon cœur… »

Ce poème est la suite de ce dialogue intime du poète.

Verlaine pleurera et ceci exaspérera davantage encore Rimbaud.

Le voyant n’a que faire de ces jérémiades et des plaintes des non voyants.. Arthur répondra : ” ma sagesse est aussi dédaignée que le chaos. Qu’est mon néant, auprès de la stupeur qui vous attend ” le jour de votre mort lorsque vous ne saurez pas traverser le puits de lumière et que l’envoyé des ténèbres vous prendra ?

Chanter les Ariettes oubliées de Verlaine

Les poèmes d’Ariettes oubliées ont été chantés par Pierre à la M.A.L ( maison des arts et loisirs ) de Strasbourg, au Pont Saint-Martin, quartier de la Petite-France lors d’une soirée organisée, il y a longtemps, par André Pomarat et Eric de Dadelsen. Dans la salle il y avait Jean-Paul Klée, Philippe qui créait le théâtre du jeune public au Renard Prêchant et tant d’autres… dont Françoise, la future épouse de Pierre.

Un voyant n’a pas besoin d’armes

Ces poèmes de Verlaine, les Ariettes oubliées, dans le roman “D’Éleusis à Dendérah, l’évolution interdite”  Pierre les chantera à Laurie lors de leur séjour à Paris.

Pour Pierre, ils illustrent magnifiquement le dilemme entre celui qui a reçu l’initiation et qui a été à la rencontre et celui qui ne peut y croire ou qui voudrait y croire mais ne sait pas comment. 

Bon nombre d’internautes qui visitent ce site peuvent se retrouver dans ce dilemme… une chose en attendant : Rimbaud n’avait pas de pistolet ! 

Un voyant n’a pas besoin d’armes mais bien celui qui a peur, qui ne sait plus quoi faire de sa vie, qui récite des chapelets pour demander une aide qu’il est incapable de trouver seul en lui, celui là s’arme de pistolets et traîne les rues la main dessus, même à coté d’un agent de police à proximité d’une gare ! 

Le poète contemporain n’a plus à capituler devant le développement irrésistible de la société industrielle comme Rimbaud, Baudelaire, Nietzsche et tant d’autres durent s’y résoudre avant de sombrer dans la folie et une vie humaine suicidée. 

Au contraire, plus que jamais, nos ardeurs vont enfin nous sortir de l’ère industrielle, de nos systèmes de pouvoir pour retrouver une période florissante organisée en réseau et capable de restaurer un savoir global sachant marier les cultures des peuples de notre humanité…

L’éducation, l’arme la plus puissante pour changer le monde !

Retrouver le fonctionnement des civilisations les plus florissantes dans notre humanité, remettre en place ce droit qu’elles ont utilisé et que les dirigeants des systèmes de pouvoir nous interdisent, restaurer l’utilisation de notre première source de savoir et développer à nouveau les chemins vers notre initiation et rencontre avec les mystères de la vie, pratiquer à nouveau le dialogue de l’âme pou l’âme pour vivre en voyant, plus qu’une affaire de pistolet, de bombes et de missiles, c’est la raison d’être, la mission essentielle de l’éducation, l’arme la plus puissante pour changer le monde !

La publication du recueil « Les Illuminations »

Verlaine s’occupera de faire publier le recueil « Les Illuminations » que Rimbaud lui confiera à Stuttgart en 1875. Ce recueil, amalgama de 46 poèmes en prose et en vers fut publié par Gustave Kahn et Félix Fénéon, qui en fut le maître d’œuvre. Les « Publications de La Vogue » de Léon Vanier éditeur de Paul Verlaine feront paraître en octobre 1886 le recueil complet alors que Rimbaud se trouvait en Abyssinie.

Dès lors ces textes seront disponibles pour les lecteurs avertis chercheurs de Lumière et de Vie, à la suite de « semelles de vent ». Ils font partie de notre éducation à l’écriture poétique, voie directe du dialogue de l’âme pour l’âme vers notre propre illumination et rencontre avec les mystères de la vie.

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