Les institutions économiques

La gestion de l’activité humaine, introduction.

Après avoir montré quel est le choix de civilisation, nous venons de décrire les institutions politiques et les principes, les règles qui les organisent. Elles développent l’action politique au niveau de la gestion de l’ensemble de l’activité humaine.

Les institutions économiques assurent la production et la répartition des richesses sur les deux premiers niveaux de l’activité humaine : le travail indispensable à la vie et à la survie ainsi que la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures. L’économie dans les Réseaux de Vie est subordonnée au politique, à l’exercice du pouvoir directement par les citoyens. Les principes et les institutions politiques trouvent ainsi dans le domaine économique un terrain d’application et ceci renforce la cohérence et la clarté de l’action politique par les citoyens qui ne sont pas réduits au statut d’entrepreneur ou de salarié dans le cadre de l’utilisation exclusive de la propriété privée y compris pour les moyens de production.

Par exemple l’alliance des contraires qui permet la définition des objectifs, se décline au niveau de la production, de la répartition et de la consommation des richesses produites par l’activité humaine, par le mécanisme de l’assurance face aux risques matériels. De même la subsidiarité et l’obtention de la solution optimale renforcent cette assurance et permettent la solidarité, le partage de la solution optimale parmi les Réseaux de Vie.

L’activité de production, le développement de l’industrie ont utilisé au départ ces principes d’organisation qui relèvent de l’évidence et nous allons le montrer notamment à travers le cas de la société industrielle de Mulhouse au XIXème siècle. Ce passage de l’assurance à la solidarité a cependant été combattu, écarté, éliminé par l’oligarchie financière anglo-saxonne et depuis les années 1990 par la dictature des actionnaires et des fonds d’investissements qui imposent leur maximisation des profits à court terme. Une fois de plus nous sommes ici face à cette nécessité de briser leurs interdits pour justement utiliser à nouveau ce qu’ils nous interdisent et qui a permis la réalisation ici ou là, pendant une certaine période, d’un développement industriel et social remarquable, certes avec une pratique économique et sociale de l’église protestante et non pas catholique pour ce qui nous concerne dans la culture occidentale.

L’institution de base qui organise l’activité humaine nous est connue. Ce sont les équipes de projets de Vie, institution politique parce que le politique prime sur l’économie. Dans le système de pouvoir capitaliste libéral, l’économie prime sur le politique et c’est bien l’oligarchie financière anglo-saxonne qui développe un gouvernement mondial en éliminant l’influence des gouvernements politiques des pays, élimination qui s’opère par des divisions, des luttes d’influence, des conflits religieux entretenus par des théocraties, par la répétition incessante des crises financières, économiques, militaires pour des questions de conquête de sources d’énergie (pétrole, gaz, etc.), religieuses, et dorénavant sanitaires. Nous y reviendrons dans la partie 2, le fonctionnement des systèmes de pouvoir, l’utilisation du chaos pour faire peur et organiser la peur afin de protéger le pouvoir de la minorité qui domine le système de pouvoir libéral.Le développement des réseaux de vie sociale, de la démocratie directe locale participative, ce choix de civilisation, remet en place la primauté du politique sur l’économique et les équipes de projets de Vie sont des institutions politiques qui organisent la production et la répartition des richesses.

Les institutions économiques viennent compléter le fonctionnement des équipes de projets de Vie, en précisant l’organisation du travail, le développement des compétences et leurs utilisations complémentaires sur les deux niveaux d’activité humaine : travail, réalisation des œuvres. La particularité et l’institution économique fondamentale se situe au niveau de la rémunération du travail et de la répartition des richesses produites par le travail de tous : la banque centrale qui gère la Monnaie Pleine, sans dettes. Le développement et la gestion des Biens communs sont au cœur de l’activité humaine et de l’économie. Ils garantissent une répartition des richesses équitable à travers l’utilisation de la propriété commune en complément de la propriété individuelle et de la propriété collective. Les biens communs, essentiellement immobiliers, sont aussi le résultat de la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures. Après avoir présenté ces différentes institutions économiques, nous terminerons par les centres de gestion des richesses et leurs principales missions, finalités.

Ces institutions économiques vont mettre en place les moyens matériels et les savoirs immatériels qui, au niveau des institutions sociales, serviront à développer une société sans classes sociales et sans luttes des classes comme c’est malheureusement le cas dans les systèmes de pouvoir et en France, à nouveau depuis la mise en place de l’absolutisme royal après le vendredi 13 octobre 1307 et jusqu’à aujourd’hui.

De l’Assurance à la Solidarité.

La mise en pratique de l’alliance des contraires et de la subsidiarité dans les Institutions Économiques.

 

La production de richesses matérielles ou de savoirs, comme l’ensemble de l’activité humaine, repose sur la prise en compte des risques que ce soit dans le rapport espace-temps, dans la vie sociale, la lutte entre systèmes de pouvoirs et organisations en Réseaux de Vie. L’action comporte des risques. Les erreurs de perception, d’interprétation et les difficultés de communication interpersonnelle ou de masse, l’ignorance, l’absence d’une solution optimale en l’état des connaissances actuelles, nombreuses sont les causes des risques.

Le système économique capitaliste et libéral utilise la notion de rareté qui découle de la non satisfaction entre les besoins et l’offre présente sur les marchés, principale risque qui perturbe ce système. Le risque majeur capable de détruire le système, le ruiner reste la surproduction et des capacités de production qui ne servent plus à rien.L’entrepreneur qui satisfait le mieux ces besoins et ainsi minimise la rareté sur son marché, trouve alors la légitimité de maximiser ses profits individuels et également la légitimité pour éliminer ses concurrents pour éliminer ainsi ce risque mortel de surproduction et de se retrouver face à des sur capacités de production. Nous sommes bien ici en présence de la contradiction du système capitaliste : détruire la concurrence pour minimiser son risque de production et maximiser ses profits personnels.

Lorsqu’il s’agit de satisfaire non plus des besoins mais des désirs illimités dans l’esprit des consommateurs, la rareté devient alors une abondance de réponses marketing et le développement d’une société d’hyper consommation et de gaspillage des ressources. Ce fut la réponse apportée par Edward Bernays après 1925. Le neveu de Sigmund Freud et conseiller en relations publiques de John Rockefeller en développant la Propagande sauva ainsi le capitalisme arrivée à son risque majeur, les surcapacités de production des usines qui avaient fourni l’armement de la Première Guerre Mondiale et qui, au même rythme de production, étaient capables rapidement de produire en masse les biens pour satisfaire les besoins des citoyens. Bernays après l’âge de 60 ans reconnaîtra l’erreur de sa jeunesse et dépensera sa fortune dans son Institut pour lutter contre l’idéologie de la société de consommation et ses gaspillages, la montée des inégalités sociales. Il est probable que les dirigeants du système libéral sauront trouver d’autres pratiques pour conserver le pouvoir et soumettre les peuples encore et toujours à coups de crises et de guerres puisqu’ils ne se savent faire que cela. Nous y viendrons dans la présentation des systèmes de pouvoir, en deuxième partie de cet essai Les Réseaux de Vie.

Le principal risque dans le domaine de la production et de la distribution des richesses produites par le travail de tous est né avec la société industrielle et l’utilisation des machines, le développement des technologies aujourd’hui pilotées par les automates programmables, les robots, l’intelligence artificielle. Ces moyens sont utilisés pour leurs performances, leur productivité dans le rendement du capital mais sans prise en compte de leurs nuisances, destructions d’emploi et développement d’un chômage structurel, de la précarité des emplois, des pollutions, des atteintes à l’environnement, à la nature et au climat. A travers les mouvements citoyens pour l’écologie, l’élimination de ces nuisances sont tolérés avec leur droit d’expression mais n’ont guère d’impact sur les décisions politiques, économiques et sociales prises par les dirigeants, le gouvernement mondial du système libéral.

Les Réseaux de Vie, et notre lecteur l’a compris, font exactement l’inverse du système libéral et l’action politique des citoyens décide à travers l’alliance des contraires et la subsidiarité, d’éliminer ces nuisances et atteintes à notre environnement, de supprimer le chômage et ils arrivent à gérer les risques, à minimiser leurs conséquences, voire à les éliminer.

L’alliance des contraires au niveau des institutions politiques et de la prise de décsion, examine les intérêts des parties prenantes à la résolution d’un problème ou à la satisfaction d’un besoin. Il s’agit de définir les finalités, les missions et les objectifs en prenant en compte les risques. Ensuite l’utilisation de la subsidiarité permet de définir la solution optimale en l’état des connaissances actuelles compte-tenu des risques identifiés. Enfin, au niveau de l’action politique locale, les citoyens comparent les objectifs, la solution optimale et les particularités locales, non pas pour trouver un quelconque consensus minimaliste mais pour poser une décision capable d’entraîner l’unanimité à leur niveau local puisque les membres ont compris que cette décision contient la meilleure manière de faire pour répondre à tel problème ou tel besoin tout en minimisant ou en écartant les risques.

Le risque majeur du capitalisme n’existe pas dans les Réseaux de Vie lorsqu’il s’agit de gérer l’ensemble de l’activité humaine en utilisant la complémentarité entre les trois formes de propriété. Lorsqu’il y a risque de surproduction ou risque de laisser au chômage des citoyens au niveau du travail indispensable à la vie et à la survie, le développement des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures prend le relais et le développement des biens communs immobiliers et des infrastructures absorbent les capacités de production et les compétences disponibles. Ce fut le cas sur les bords du Nil : tous travaillent aux champs et produisent trois récoltes en six mois et durant les six mois d’inondations du fleuve, tous travaillent sur les plateaux au dessus du fleuve à la construction des cités, des temples et des monuments. Pareil à la période médiévale avec la construction des villes libres et leurs protections militaires, la construction des cathédrales, des places de marchés, des bâtiments de stockage des biens et denrées, des hôpitaux, écoles et universités, etc.

Bien évidemment, cette décision prise par l’action politique locale des citoyens ne va pas éliminer automatiquement tous les risques liés à une action humaine ou les risques présents dans la nature, la vie de notre planète, du soleil, etc. La décision prise par l’institution politique, ville libre, équipe de projet de vie, garde nationale et défense militaire, confédération, se traduit au niveau économique par le choix d’une solution optimale adaptée aux particularités locales et accompagnée par un système d’assurance contre les risques. Lorsque l’objectif est atteint, la stratégie, l’utilisation judicieuse des ressources, l’organisation du travail et sa rémunération, l’utilisation de la monnaie pleine pour financer ce projet, ses investissements et la rémunération du travail, l’utilisation des biens communs, etc., l’ensemble de cette organisation qui a démontré sa pertinence, son efficience, représente alors l’enjeu de la solidarité, le gain à obtenir à travers le partage de cette pratique, de cette manière d’organiser un projet pour assurer la satisfaction d’un besoin ou l’élimination d’un dysfonctionnement. Ce partage au départ sous forme d’un don de savoir, de connaissances immatérielles, va permettre à un autre réseau local, à l’ensemble des réseaux locaux de résoudre le cas échéant ce même besoin ou ce même dysfonctionnement bien plus rapidement et simplement en transposant directement cette méthode, cette organisation et en ayant juste à l’adapter à leurs propres particularités locales.

Cette pratique, nous l’avons dit, concerne en premier lieu, l’utilisation des technologies, surtout à leurs débuts lorsqu’elles ne sont pas encore totalement maîtrisées. Pour illustrer cette situation, nous utilisons le cas de la société industrielle de Mulhouse, en Alsace, et l’organisation mise en place au XIXème siècle pour lutter contre le risque incendie des usines. Cette organisation évidente dans ses principes a permis un développement industriel rapide et considérable pour transformer la ville, l’ancienne république libre rattachée à la Confédération helvétique des cantons libres jusqu’en 1798 et sa volonté, cette année là, de se rattacher à la nouvelle république française, en un Manchester rhénan. Bien entendu et d’une manière toute aussi évidente, cet exemple de développement industriel a été interdit par les dirigeants du capitalisme et leurs politiciens affidés puisqu’il est contraire, radicalement à l’opposé des intérêts des propriétaires individuels des moyens de production et de leurs actionnaires, des banques commerciales et des banques centrales privées, sans oublier l’état qui ne trouve pas ici matière à ponctionner des impôts et taxes.

Pour illustrer cette démarche d’assurance dans la vie économique, nous pouvons prendre l’exemple du développement industriel de la ville de Mulhouse au 19ème siècle.

La logique de l’assurance veut que les adhérents mènent des efforts de prévention pour limiter la survenance des risques. Par exemple au début du XIXe siècle, les élus d’un département ont pu décider de la création d’une mutuelle de lutte contre l’incendie. Dans chaque village, les volontaires se sont regroupés pour adhérer à la mutuelle et se prêter assistance : lorsqu’un voisin découvrait qu’il y avait encore de la lumière dans une maison tard le soir, il allait vérifier qu’une lampe n’avait pas été oubliée d’être éteinte. Grâce a ces efforts, le nombre de sinistres incendie diminue rapidement et la mutuelle réalise des bénéfices à partir desquels les membres peuvent décider de nouveaux objectifs. Ces excédents et bénéfices peuvent avoir trois utilisations :

permettre une réduction des cotisations pour le nouvel exercice

Permettre l’élargissement des risques couverts : par exemple, en plus de l’incendie, l’assurance couvrira le dégât des eaux, le vol, etc.

Distribuer ces excédents aux adhérents sous forme de prêt à taux zéro selon la pertinence des projets d’investissements présentés et rendre un service bancaire en plus d’un service d’assurance.

Une fois les démarches de prévention mises en place avec succès, l’augmentation des résultats permet une capacité de développement et de maintenance des équipements. Les efforts de toutes les parties prenantes seront d’autant mieux récompensées lorsque cette solidarité repose sur la propriété commune, nous allons y venir.

L’assurance moderne en France est née à Mulhouse vers 1820. Les industriels du textile, de la construction mécanique de cette ville pour mieux soutenir la concurrence des villes comme Bâle, des villes allemandes et hollandaises le long du Rhin, décidèrent de s’associer en une mutuelle. A l’époque, le système d’assurance fonctionnait par répartition : à chaque fin de trimestre, un bilan se faisait entre le montant des sinistres à indemniser et le total des cotisations. La répartition était élémentaire. L’industriel ne pouvait pas se satisfaire de ce système et ceux de Mulhouse décidèrent ainsi de fonder leur propre mutuelle d’assurance. Dès le sinistre, l’indemnité était versée et de nouveaux ateliers étaient construits. L’objectif commun était bien d’avoir le moins d’incendie et régulièrement les mesures de prévention et de lutte contre ce sinistre étaient améliorées. Un corps moderne de sapeurs-pompiers fut mis en commun ; les employeurs financèrent la formation des ouvriers à la lutte contre les incendies et ils financèrent la construction de nouvelles casernes de pompiers équipés des meilleurs matériels. Ces casernes de pompiers furent partagés avec la ville pour le service public de la lutte contre l’incendie et les premiers secours, particulièrement bien entendu dans les nouvelles cités ouvrières. Bientôt, dans ces ateliers neufs aux risques d’incendie devenus minimes, les industriels purent investir les sommes mutualisées pour augmenter la productivité de leurs machines. L’assurance devint, une fois éliminés les dommages causés par les incendies, une banque d’investissement aux conditions fixées par les industriels eux-mêmes : c’est à dire avec un taux nul de crédit indépendant de toute politique monétaire, les frais de gestion étant déjà payés au niveau de l’assurance. Le taux de prêt pour investir fut zéro ! Aucune banque ne pouvait s’aligner sur de telles conditions et cette mutuelle capable de réaliser les services d’une banque et d’une assurance fut le socle de l’essor industriel de la région de Mulhouse.

A partir de 1861, moment où les industriels obtinrent à Biarritz, à force de ténacité, le décret de Napoléon III autorisant publiquement la Mulhousienne à exercer son commerce de banque-assurance, un deuxième phénomène vint amplifier le dynamisme de cette structure financière. Des industriels convaincus du bien fondé de ce système adhérèrent à la mutuelle depuis l’ensemble de l’Europe. Lorsqu’il y avait excédent de recettes sur les sinistres et ce système ne pouvait qu’aboutir à ce résultat car il ne rassemblait que des adhérents qui s’investissaient dans la lutte contre l’incendie, les sommes disponibles furent d’abord utilisées par les fondateurs à Mulhouse pour développer leurs industries. Depuis, ces industriels aux noms de Koechlin, Dollfus, Thierry Mieg, Schlumberger, Hartmann ont donné une dimension nationale et mondiale à leurs activités. La société mutualiste quant à elle, n’a pas atteint ce niveau de développement car ce n’était pas le but de cette société, but tourné vers l’expansion des entreprises industrielles et non pas vers le développement d’une organisation financière capable de se couper de sa source nourricière jusqu’à venir la diriger pour faire primer uniquement ses objectifs de rentabilité financière au détriment de l’avenir des industries ou du secteur tertiaire. Koechlin en 1827 fit construire la plus moderne et la plus grande fonderie de France pour produire des machines et des locomotives à vapeur, berceau de nos actuels TGV. C’est lui le fondateur de la SACM, origine de ce qui fut la CGE; le plus grand groupe industriel privé français des années 1970. Le  » Al » d’Alcatel ou d’Alsthom vient d’Alsacienne, de Mulhouse. Les principaux dirigeants de la société industrielle de Mulhouse étaient protestants et nous retrouvons aussi ici une trace vivante du mouvement protestant et de la dimension sociale que ce mouvement a voulu bâtir en réalisant des productions matérielles pour améliorer la vie des populations.

Il y a ici une suite historique de la subsidiarité pratiquée au temps des cathédrales. Entre cette culture d’entreprise rhénane et protestante qui subsiste sur le site historique de Belfort et le management de la direction générale d’Alsthom à Paris, l’incompréhension et les erreurs de communication vont régulièrement saper l’édifice de l’entreprise. La grève du centenaire, qui éclate le 27 septembre 1979 à Belfort, a forgé un état d’esprit dont on mesurera la pérennité aujourd’hui encore. Elle est née d’une profonde humiliation. Sourde à toute revendication alors que les salaires belfortains sont inférieurs de 30 % à ceux du Bourget depuis la création d’Alsthom-Atlantique trois ans plus tôt, la direction multiplie les erreurs. Elle fait repeindre l’usine, prévoit un banquet et propose à chaque salarié de choisir entre un stylo, une montre, une bouteille de cognac ou une médaille-souvenir. Derrière le slogan « pas de médaille, le treizième mois ! », la réponse de l’intersyndicale est cinglante : l’usine symbole de la puissance ferroviaire et nucléaire de la France de Giscard est occupée pendant 58 jours, au nom de la dignité. De l’ouvrier au cadre, tous se mobilisent avec le soutien de la population. Près de 15 000 personnes défilent lors des opérations « ville morte » des 12 et 24 octobre, au son du célèbre « Chiffon rouge ». La gauche locale, qui est aux manettes, aide financièrement les grévistes, de même que les banques, tandis que la droite appelle au compromis. Jean-Pierre Chevènement, alors député, résume cet incroyable affrontement en une phrase : « A Belfort, on n’a pas l’habitude de courber la tête ». Et le préfet lui emboîte le pas : « Pour les Belfortains, Alsthom est le cœur de la cité ; l’usine leur appartient. » Le préfet connaissait peut-être la culture de la société industrielle de Mulhouse et la façon dont les protestants organisaient leurs entreprises en bien commun regroupant dirigeants et ouvriers. Le premier prototype TGV 001 propulsé par une turbine à gaz, sortit des ateliers Alsthom de Belfort le 25 octobre 1971 avec un peu de retard. Au début de la grève du centenaire, un groupe de salariés en colère fit exploser la cabine de tête de la rame. Des syndicalistes empêchèrent le plasticage de la seconde cabine en intervenant à temps pour enlever les explosifs. Après réparation de la cabine endommagée, la rame put sortir discrètement de l’usine le 25 octobre mais la fête pour l’inauguration officielle de la sortie de ce prototype ne put avoir lieu. C’est cette motrice de tête qui est exposée au bord de l’autoroute à Belfort. Ce plasticage de la cabine du TGV 001 n’ a jamais été pardonné et oublié au siège Avenue Kléber du Groupe Alsthom. Pourtant, mis à part quelques jours de retard, cela n’a pas empêché cette rame de battre le record du monde de vitesse ferroviaire en traction autonome (318 km/h le 8 décembre 1972), record du genre qu’elle détient toujours en 2016. Le conducteur était un cheminot belfortain et le record fut battu sur la ligne des Landes. Cet épisode unique en son genre pour défier une Direction générale parisienne, illustre à lui seul la volonté farouche des salariés de rester maître de leur travail, coûte que coûte. Cette appropriation affective se matérialise également dans la rue en 1994 et 1995, contre les menaces sur l’emploi affectant le consortium GEC-Alsthom. Et de façon plus insidieuse lorsque Alsthom perd son « h » en 1998, suite à une énième restructuration capitalistique. Ce « h » de l’ancienne Thomson alliée à la société alsacienne des débuts, est alors plus qu’une lettre. Pour les « Alsthommes », elle symbolise l’humain dans un empire industriel en déliquescence. Ce coup de « h » vécu comme une amputation donne même naissance à une pièce de théâtre. Ce combat illustre la résistance de citoyens qui ont connu l’assurance solidarité et qui refuse de la voir disparaître sous les diktats de la finance et ses restructurations industrielles pour mieux développer la rentabilité de ses investissements financiers et servir outrageusement ses actionnaires en oubliant les salariés dont les compétences sont reconnues pourtant au niveau mondial.

Cette démarche d’assurance se décline de nombreuses manières aujourd’hui dans la vie des entreprises qui se comportent plus comme des réseaux de compétences que comme des systèmes de pouvoir parfaitement inféodés au système économique capitaliste. L’assurance se met en place lorsque les démarches de prévention sont nombreuses cohérentes et stratégiques. Une société informatique qui vend des solutions à ses clients ( comme par exemple SAS ) a besoin de fidéliser son personnel et pour éviter les départs non souhaités, elle va certes améliorer les conditions de travail mais aussi ménager sa ressource vive : il n’est pas possible d’utiliser les ressources intellectuelles au-delà d’un certain temps. 32 heures par semaine suffisent lorsque le salarié peut aménager son temps de travail en fonction de sa disponibilité et de sa forme physique. Pour qu’il puisse se concentrer sur son travail, il est judicieux de lui supprimer les tâches de la vie courante qui absorbent beaucoup de temps. Dès lors le lieu de travail devient un campus sur lequel se mêlent temps de travail et vie quotidienne, voire vie familiale lorsque des équipements de restauration, de garderie pour jeunes enfants, de sport et de détente se trouvent à proximité. Le salarié sera à son bureau 32 heures mais il sera présent sur le campus près de 50 heures par semaine et il pratiquera avec ses collègues, sa famille, les familles des collègues, un autre niveau de communication et d’échange de nature à préserver sa motivation et sa disponibilité pour la réussite de l’entreprise et de sa vie professionnelle. Cette démarche d’assurance ne se limite pas à la vie d’une entreprise mais elle concerne l’ensemble de l’activité économique. Encore faut-il s’entendre.

Notre système économique fondé sur la propriété individuelle et la maximisation des profits se limite en fait à l’économie marchande. La pratique de la bancassurance mise sur pied par les industriels de Mulhouse est aujourd’hui interdite dans notre système économique capitaliste. Chaque activité doit se gérer isolément : l’assurance doit réaliser son profit et l’industrie de même car à chaque étape l’état prélève des impôts et les banques leurs intérêts. Les bénéfices de la mutuelle d’assurance contre l’incendie ne peuvent plus être utilisés directement par les industriels pour développer leurs entreprises car ceci supprime une partie des impôts que l’état peut prélever. De plus, cette logique n’est pas favorable au développement des banques d’affaires et elle est contraire à la spéculation sur les marchés financiers. Cette logique pourtant très efficace et tout aussi efficiente a le grand tord d’exclure l’état et d’écarter les banques traditionnelles. La collectivité publique doit aussi se méfier de telles pratiques en réseau car le développement rapide et important des entreprises ainsi mises en réseau aboutit à des entités économiques capables de diriger la vie politique locale sans l’aide des politiciens professionnels qui animent le système politique représentatif. Mais il faut remarquer que l’influence de la société industrielle de Mulhouse n’a rien à voir avec les pratiques des barons industriels de la métallurgie, en France comme en Allemagne qui devinrent rapidement des marchands de canons et vinrent soutenir les partis bellicistes dans la conquête du pouvoir politique, nous allons y venir.

Dans notre système de pouvoir, le choix des dirigeants a été d’éliminer autant que faire se peut l’économie non marchande ; l’économie repose avant tout sur l’économie marchande qui crée seule les richesses. L’économie non marchande et les administrations publiques étant financées à partir des prélèvements opérés sur l’économie marchande. L’ouverture de l’économie non marchande créatrice de richesses est toujours refusée et interdite par des décisions de justice récentes, nous y reviendrons. De ce fait, la recherche du profit devient souvent contraire à une logique d’assurance et de prévention. Nous connaissons les lotissements immobiliers construits dans des zones inondables : les terrains ne valaient rien pour les paysans et construire des immeubles à cet endroit ne pouvait qu’apporter des bénéfices importants pour les promoteurs. L’indemnisation des sinistres suites aux inondations répétées représente vite une dépense insupportable pour les assurances et la collectivité. Il y a des centaines d’autres exemples tout aussi calamiteux pour l’économie et la protection sociale. Dans notre quatrième partie nous montrerons comment l’organisation en réseau résout les problèmes de fond de notre société : le chômage, le financement des dépenses de santé et de retraite, le logement, l’éducation et la formation, etc. L’organisation en réseau n’utilise pas la distinction entre public et privé ni la distinction entre économie marchande et non marchande. Elle repose sur un ensemble de projets qui convergent dans la réalisation des réponses apportées lors de la mise en place des valeurs de la culture définie par le groupe et nous savons que parmi ces valeurs, à travers l’alliance des contraires se retrouvent les valeurs de paix et d’amour. Dès lors les groupes de résolutions de problèmes ne se limitent plus à des salariés mais s’étendent à des groupes de citoyens qui prennent en charge la vie de la communauté sur le plan politique économique et social. Les réseaux citoyens de vie s’organisent sur la base de mutuelles qui pratiquent l’assurance contre les risques et la prévention des risques et au-delà mettent en œuvre des processus de solidarité. La logique de l’assurance dans la prévention des risques est simple à comprendre, le passage de l’assurance à la solidarité est tout aussi simple à expliquer mais dans les systèmes de pouvoir, il se heurte aux nombreux murs des intérêts particuliers des dirigeants du système. Ce groupe des dirigeants n’est pas homogène dans un système : les politiciens doivent résister contre les volontés des dirigeants économiques et financiers, les politiciens n’ont pas la même origine sociale, les mêmes ambitions politiques. Ces querelles n’existent pas dans les organisations en réseaux qui se fédèrent autour de projets communs.

L’échec le plus cuisant d’un système d’assurance qui n’a pas réussi à évoluer vers une organisation de solidarité est celui de la sécurité sociale en France Dès 1945, les fondateurs de la Sécurité Sociale, Pierre Laroque et d’autres, indiquaient que très rapidement ces organismes de protection sociale devaient passer de la logique de l’assurance à la logique de la solidarité. Même s’il n’en a rien été à cause de l’opposition des dirigeants économiques et de l’ignorance souvent des représentants des salariés, nous y reviendrons dans notre quatrième partie, nous devons ici comprendre ce qu’apporte une logique de solidarité par rapport à une logique d’assurance.

Nous avons vu comment la logique d’assurance dans l’industrie peut amener des économies capables d’assurer le développement d’un groupe d’entreprises. La réussite de ses efforts s’expliquent par la parfaite maîtrise des technologies de la part de ces ingénieurs qui ont créé leurs usines. Les efforts de prévention ont surtout porté sur des changements d’attitude : employeurs et ouvriers ont trouvé un intérêt commun dans l’élimination du risque d’incendie, du coût de non qualité dans la production, dans le développement du pays. Les ressources utilisées dans cette lutte contre l’incendie étaient connues, il suffisait de les perfectionner et d’utiliser la formation du personnel. La solidarité intervient justement quand ces solutions ne sont pas disponibles dans un environnement donné. Face à un risque qui survient, alors que le groupe n’est pas capable de dégager les moyens de prévention et surtout les solutions pour éliminer les conséquences de ce qui vient de se passer, pour trouver les moyens d’éviter que ce risque ne se reproduise, il faut trouver un savoir, il faut pouvoir disposer de connaissances nouvelles. La solidarité n’est pas une question de moyens financiers mais une question de savoirs. Il s’agit de réaliser un partage de savoir dans des contextes et des environnements différents. La solidarité repose sur l’alliance des contraires. Celui qui travaille la terre est soigné et aidé par celui qui travaille au monastère et l’un nourrit l’autre sur le plan matériel et l’autre procure la nourriture immatérielle.

Pour poursuivre l’exemple de la société industrielle de Mulhouse, nous savons qu’au cours de la guerre de 1870, pour suivre la stratégie militaire alors en vigueur, le 6ème régiment de ligne de Mulhouse se replia sur la place forte de Belfort et les ouvriers de la ville industrielle apportèrent un renfort capital qui tint en échec les assiégeants allemands. Puis la SACM ( la société alsacienne de construction mécanique ) vint s’installer à Belfort à partir de 1879 pour échapper à l’occupant allemand. La solidarité permet le développement des régions et l’éradication de la misère et de la faim, la résistance contre l’oppresseur. Elle a permis à de nombreux peuples de vaincre les crises qui les menaçaient, alors pourquoi n’est-elle pas développer à son optimum en temps de paix, lors des périodes de croissance et de progrès ? Parce que la croissance ne peut être que confisquée, pillée par certains au détriment de tous les autres ?

L’exemple classique de la solidarité est bien connu : je ne te donne pas du poisson ni de l’argent pour en acheter, mais je t’apprends à pêcher. Prêter un bien ou un matériel que l’autre n’a pas et dont il a besoin s’appelle également dans le langage courant, de l’aide ou faire preuve de solidarité. Mais lorsque nous disons que la solidarité doit être la suite logique de l’assurance et de la démarche de prévention, nous mettons en avant une autre question essentielle dans la société, dans les relations entre les groupes sociaux. Un groupe qui arrive à développer son assurance va s’enrichir en gérant nettement mieux ses moyens et en évitant les gaspillages de ses ressources. Dès lors il peut se refermer sur lui-même pour préserver ses acquis. Nous sommes alors en présence du conservatisme et surtout d’un réflexe corporatif. Il est évident que les fondateurs de la sécurité sociale en 1945 connaissaient cette difficulté, ce piège redoutable sur le plan social. Les groupes de salariés ( les mineurs, les ouvriers des usines, les cheminots, les cadres, les fonctionnaires, les instituteurs, les paysans, etc. ) devaient au départ créer leurs propres mutuelles ou sociétés d’assurances sociales. Nous connaissons la mutuelle des instituteurs, etc. Ces mutuelles devaient ensuite se fédérer au niveau national pour faire preuve de solidarité avec les groupes sociaux plus défavorisés de manière à éradiquer la misère, le chômage et ces situations qui empêchent une société de se développer dans un progrès social. Ce que l’un réussit sert ensuite à la réussite des autres car l’objectif est bien d’élever ensemble un niveau de vie, de savoir, de solidifier des relations sociales au sein d’un peuple puis entre les peuples pour éliminer les risques de conflits qui sèment la misère, la mort et la désolation parmi l’humanité. Lutter contre la maladie, le handicap, les accidents du travail, l’absence de formation professionnelle, prendre en compte la maternité, les besoins physiologiques de repos et de vacances, la retraite, sont des objectifs pour tous les groupes sociaux qui utilisent des ressources et des méthodes communes : des hôpitaux, des crèches, des écoles, des maisons de retraite, des centres de formation, des centres de loisirs, etc. Encore faut-il le vouloir sur le plan politique ! Nous reviendrons dans la seconde partie de cet ouvrage sur notre lecture des causes qui en France ont empêché ce passage, cette évolution de l’état assureur de la fin du 19ème siècle vers une république française solidaire. Nous pouvons déjà préciser que ce n’est pas aux salariés ou aux citoyens français de payer les dégâts de ces politiques politiciennes calamiteuses depuis plus d’un siècle. Autant quitter ce système de pouvoir qui refuse la solidarité pour lui préférer le corporatisme et la domination conservatrice des élites issues de la bourgeoisie ancienne afin de préserver ses richesses et sa domination de la société française.

Dans la vie des réseaux, la solidarité est l’aboutissement du processus de production et de répartition des richesses. Ce processus commence sur le plan individuel par l’exercice de la mission d’autorité puis il se poursuit sur le plan du groupe par la gestion de la délégation d’autorité, la mise en place d’un pouvoir qui utilise l’alliance des contraires au niveau de la définition de ses objectifs et du dialogue pouvoir ensuite utiliser le principe de subsidiarité dans l’obtention des solutions optimales nécessaires à la réalisation des politiques mises en œuvre. Les résultats obtenus porte sur la minimisation des violences et la maximisation de la confiance sur le plan relationnel, sur l’élimination des risques et la mise en place d’une mutualisation de la banque et de l’assurance, sur l’élévation du niveau de compétences des membres, sur la production et la répartition des richesses créées à partir des projets menés à bien. La solidarité n’intervient pas uniquement au moment de la répartition des richesses comme dans la conception actuelle retenue dans nos systèmes de pouvoir. Elle n’a rien à voir avec un niveau d’organisation de la charité. La solidarité intervient tout au long du processus, à chaque fois qu’un groupe possède une connaissance ou un savoir-faire qui est capable d’aider un groupe différent dans le besoin. La performance est d’autant excellente que l’apport d’une solution optimale par un autre groupe se réalise lors de la définition des finalités d’un projet à travers l’étape de l’alliance des contraires. Le groupe peut alors passer directement à l’adaptation de cette solution à ses particularités locales. Ce qui représente une économie de temps et de ressources. Les sources de gain de productivité sont alors l’élévation du niveau des compétences et un changement de structure dans l’organisation et la prise de décision, sans oublier la possibilité des synergies puissantes. La solidarité peut être matérielle, intellectuelle, spirituelle, artistique, sportive, financière. Une fois les solidarités mises en place, les normes de vie sont en mesure de gérer les biens communs et une monnaie pleine, sans dettes. Dans notre quatrième partie nous montrerons comment nous entendons mettre en place ces nouvelles solidarités au sein des organisations en réseau.

Nous avons développé ce cas du développement de la société industrielle de Mulhouse et son élimination par les dirigeants du système capitaliste, par le patronat français et les gouvernements à sa solde, se poursuit essentiellement à travers les récentes attaques contre le groupe Alsthom et son site historique de Belfort où subsiste les vestiges de la culture rhénane, humaniste et protestante, de la société industrielle de Mulhouse dont les deux piliers qui en sont issus, Alsthom et Alcatel, seront le socle dans les années 1970, le socle du groupe industriel CGE dont le développement après 1945 a été soutenu par l’utilisation de la monnaie pleine, sans dettes, créée par la Banque de France, nationalisée depuis 1945, monnaie pleine qui a financé la reconstruction puis le développement industriel et économique, social du pays. Nous l’avons évoqué dans le discours du poète à la ville libre de Belfort rédigé au printemps 2019.

Inutile de préciser que cet exemple démontre l’absence totale de solidarité puisque ce développement industriel remarquable à cause de son interdiction, son élimination, n’a pas servi de modèle, de solution optimale pour les autres secteurs industriels et l’économie française dans son ensemble.

 

A côté de ces risques liés au développement des technologies, comme le risque incendie lié à l’explosion des machines à vapeur dans les années 1810-1820, se trouve le risque lié à l’ignorance ou à l’impossibilité d’utiliser un brevet parce que l’innovation est trop en avance par rapport à la technologie disponible. Ce cas est illustré ici par l’utilisation du brevet sur les écrans à cristaux liquides en 1990 chez Thomson-CSF. Comme dans le cas de la société industrielle de Mulhouse, nous retrouvons ici des erreurs de management et des décisions politiques catastrophiques qui aboutiront à la non utilisation de ce brevet dans l’industrie française et la perte d’une réelle opportunité pour développer une production grand public au niveau mondial.

L’exemple de Thomson-CSF et de son brevet sur les écrans à cristaux liquides, ou le risque de l’incompréhension et de l’incompétence des dirigeants politiques français dans les années 1990, exemple d’une erreur immense de management qui accompagne la désindustrialisation du pays et son appauvrissement.

Nous résumons ici le cas Thomson présenté dans la partie Formations de fileane.com que le lecteur voudra bien parcourir pour plus de précisions et d’approfondissements.

Au départ, il y a un brevet sur les écrans à cristaux liquides, écrans plats, mis au point en 1960 par la société japonaise SHARP et la société américaine RCA, leader mondial des télévisions à écrans cathodiques. Des années 1960 jusqu’à l’arrivée des micro ordinateurs équipés de calculateurs avec des microprocesseurs puissants, ce brevet n’a pas pu être utilisé, notamment sur les gros systèmes informatiques IBM ou autres. Le calculateur central même très puissants ne pouvaient pas gérer en même temps les milliards de pixels des milliers d’écrans qui lui étaient connectés. Fin des années 1980, avec l’arrivée des microprocesseurs puissants, il devient possible d’utiliser des écrans plats avec les nouveaux micro ordinateurs. Ceci intéresse les équipes de projets qui développement les systèmes d’armes avec des écrans embarqués sur des avions, des sous-marins ou tous types d’équipements militaires. En France, Thomson-CSF développent notamment les systèmes d’armes pour le Rafale et les nouveaux SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins). Les experts du groupe savent que ce brevet devient indispensable et le développement de la télévision 16/9, l’amélioration de la qualité d’image des écrans de télévision, autres projets du groupe Thomson grand public, tout pousse la Direction Générale à saisir l’opportunité du rachat de RCA, géant industriel de la télévision mais dont les financiers ne veulent pas supporter les coûts énormes de sa mutation technologique ou tout simplement ignorent qu’il possède le fameux brevet sur les écrans à cristaux liquides.

Aussitôt le rachat de RCA conclu en 1988, les premiers écrans à cristaux liquides sont produits dans les salles blanches de Saint-Egrève, près de Grenoble. Nouvelles salles blanches car les anciennes sont envoyées dans d’autres laboratoires du groupe et notamment à Sophia-Antipolis. En 1990, les écrans à cristaux liquides sont utilisés pour le Rafale et la salle de commandes des SNLE. Mais il semble que cette production va s’arrêter là dans le cadre du secret militaire qui entoure ces programmes d’armements ou du moins qu’une version grand public n’ait pas été mise en œuvre.

Il est vrai que le surcoût de ces équipements disposant de ces nouvelles technologies par rapport au cahier des charges plus ancien qui sert de base au financement public a tout de suite posé de sérieux problèmes politiques au gouvernement qui depuis 1973, ne peut plus demander à la Banque de France un financement en monnaie pleine, du moins en Bon du Trésor mis à la disposition du gouvernement sans intérêts. C’est bien sur ce point que se trouve probablement la cause de la non utilisation de ce brevet sur les cristaux liquides dans la production d’écrans plats pour les autres équipements industriels et le grand public. Les gouvernements n’ont pas voulu emprunter pour financer le développement de ces nouvelles technologies, échaudés certainement par la dévaluation du Franc en 1983 et la volonté présidentielle de réussir la mise en place de l’euro avec des politiques de Franc fort durant les années 1990. L’ignorance sur l’évolution des nouvelles technologies a plongé les décideurs politiques dans le scandale que représente l’abandon pour la France de devenir un leader mondial des écrans plats. Est-ce que les dirigeants de la haute-finance étaient au courant et en ont profité pour que notre pays sombre dans ce scandale, que cette production d’écrans plats serve à d’autres groupes industriels privés et qu’ils contrôlaient directement comme Philips au Pays-Bas ? Cette marque fut bien la première en Europe à présenter début des années 2000 des écrans à cristaux liquides en partenariat avec le groupe coréen LG Electronics. Le refus en 1997 du Président de Thomson, Thierry Breton, de lancer une production écrans à critaux liquides pour les CEA et les centrales nucléaires françaises d’EDF, erreur de management monumentale, a certainement alerté les concurrents et notamment SHARP qui possédaient la copropriété de ce brevet, d’où le développement de cette production par les concurrents directs de Thomson… qui eux ont trouvé les sources de financement auprès des banques et de la haute-finance, mais pas le groupe industriel public français dont les dirigeants politiques et le patronat ne souhaitaient que sa disparition et sa vente par appartements à des investisseurs privés.

Ainsi vont les affaires dans le système de pouvoir capitaliste libéral.

Ces deux exemples de ce qui fut les groupes CGE et THOMSON illustrent ce que les institutions politiques des Réseaux de Vie ne vont pas faire et ne pas ordonner de faire à leurs institutions économiques et sociales.

 

La mise en place de l’assurance dans la production des richesses dans le cadre des Réseaux de Vie :

1) à partir de l’alliance des contraires lors de la définition des objectifs dans une équipe de projets de vie, il s’agit de lister les principaux risques et de prévoir une garantie financière en cas de sinistres.

Cette garantie est provisionnée en fonction du travail, des compétences, des ressources nécessaires pour éliminer le risque et/ou réparer les sinistres qui sont survenus. En clair, il s’agit de planifier la charge de travail que devra assurer l’équipe de projet pour éliminer les dommages subis ainsi que les aides extérieures nécessaires. Lorsque ce travail sera le cas échéant réalisé, sa rémunération aura lieu en monnaie pleine. Dans le cas où ces risques auront été évités ou leurs conséquences minimisées, l’équipe de projet réalise une économie sur son budget et ce profit, à la fin du projet, servira de financement pour un autre projet ou la poursuite de ce projet avec des objectifs plus importants, ce qui va limiter le besoin en création monétaire pour financer de nouveaux équipements ou de nouveaux investissements.

2) lorsque le risque est important, grave et qu’il doit être écarté soit définitivement car il constitue une menace sérieuse pour la vie et la survie, soit temporairement car l’innovation ne peut être utilisée par les technologies en fonction des connaissances actuellement disponibles, il s’agit d’évaluer le travail et les ressources nécessaires pour mettre hors d’état de nuire, ce brevet, cette innovation, cette technologie, ces connaissances nuisibles pour la vie et la survie. Ce risque découvert au cours de la réalisation d’un projet dans le cadre d’une production de richesses fait l’objet d’une saisine des institutions politiques des Réseaux de Vie : Garde Nationale et Défense militaire, équipes de projets de vie, villes libres, confédération. Ces institutions politiques à travers l’action politique des citoyens définissent les conditions dans lesquelles ce risque et ces connaissances sont mises au secret et à l’écart ainsi que les moyens juridiques et militaires pour défendre cette mise à l’écart du savoir et ce secret. Nous sommes ici en présence de cette politique fondée sur nos deux sources de savoir pour mettre l’épée sous la garde du sacré, politique déjà pratiquée dans l’Antiquité dans les temples du bords du Nil ou dans les clairières des forêts par les druides celtes. Le travail et les ressources nécessaires pour réaliser cette politique de mise à l’écart des risques que l’on ne peut éliminer et minimiser sont financés par l’utilisation de la monnaie pleine, sans dettes.

 

La mise en place de la solidarité dans la production des richesses dans le cadre des Réseaux de Vie :

 

1) La diffusion de la solution optimale et des connaissances qui la composent, est une des responsabilités des institutions politiques, notamment de la Confédération qui gère la documentation technique et rassemble les décisions prises dans les Réseaux de Vie pour la satisfaction des besoins de leurs membres. Cette documentation comprend la solution optimale et ses adaptations aux particularités locales réalisées jusque là. Cette documentation est gratuite pour les membres de la Confédération des Réseaux de Vie et correspond à l’économie du don. Les demandes adressées à la Confédération par des organisations extérieures sont étudiées et satisfaites en échange de la signature d’un Traité de Paix avec la Confédération et les contreparties participent au développement politique, économique et social de l’ensemble des parties prenantes aux Traités de Paix. La diffusion et l’échange de connaissances mettent en pratique la solidarité développée par les Réseaux de Vie. L’évaluation des économies et des bénéfices apportés par la solidarité est portée au bilan des institutions politiques qui les ont réalisés puis ces évaluations sont consolidées au niveau de la Confédération.

2) La mise à l’écart et hors d’état de nuire d’une innovation, d’un brevet et des connaissances nuisibles pour la vie et la survie, est la mission la plus délicate de la solidarité car elle mobilise des compétences et des ressources nombreuses, diverses, durables pour garantir ces objectifs stratégiques qui mettent en cause la survie de la vie et de la pérennité des Réseaux de Vie. Les risques ont été identifiés lors de la fixation des objectifs à travers l’utilisation de l’alliance des contraires mais lorsque cette innovation et ou ces connaissances ont été développées par des organisations externes et étrangères aux Réseaux de Vie, tout citoyen membre de droit de la Garde Nationale, lorsqu’il découvre cette menace, peut alerter sa ville libre et sa garde nationale, son équipe de projets de vie ou, le cas échéant, directement la confédération.

La pratique locale de l’alliance des contraires et de la subsidiarité tente alors d’évaluer cette menace avec les moyens alloués au niveau local par l’assemblée de l’action politique. Les experts locaux contactent leurs collègues des autres réseaux locaux, ceux de la confédération et la gestion de cette menace est attribuée à l’institution politique la mieux à même d’assurer son évaluation et les mesures pour l’éliminer. Dès la confirmation de cette menace avec les premiers éléments de connaissances disponibles, la garde nationale locale établit une relation avec la Confédération pour mettre en place la démarche d’un traité de paix puis en cas de refus de l’organisation externe, la démarche de déclaration de guerre envers cette organisation externe afin d’éliminer cette menace pour la vie et la survie.

Nous sommes alors ici dans le cas d’une évaluation du coût d’obtention de la solidarité qui rassemble et comptabilise le travail, les compétences et les ressources utilisées, y compris militaires, pour éliminer cette menace. Un solde entre bénéfices de la solidarité réalisés en interne et coût d’obtention de la solidarité en externe est annuellement établi par la Confédération. Il sert à définir les axes de développement des Réseaux de Vie contre les systèmes de pouvoir à travers la planète Terre et son actuelle humanité.

 

Schéma de synthèse

pour présenter l’articulation entre les étapes de la prise de décision,

 les institutions politiques et les institutions économiques.

 

étape de la prise de décision

étape 5 : la mesure des risques

étapes 4 et 6 : la solution optimale

principe d’organisation des institutions politiques

l’alliance des contraires

la subsidiarité

principe d’organisation des institutions économiques

l’assurance

la solidarité

 

L’application de ces principes d’organisation tout au long du processus de production et de distribution des richesses est assurée par la démarche Qualité Totale qui anime le travail et le développement des compétences parmi les équipes de projets de vie.

 

La démarche Qualité Totale.

La pratique de la gouvernance participative dans la production et la répartition des richesses.

Nous venons de présenter les deux principes qui dirigent les institutions économiques : l’assurance contre les risques et la solidarité pour partager la solution optimale afin de produire et répartir les richesses. Leur pratique quotidienne parmi les équipes de projets de vie qui travaillent à travers l’ensemble de l’activité humaine, n’est pas nouvelle et n’est pas à inventer.

La démarche Qualité Totale dans les Réseaux de Vie applique jour après jour l’assurance et la solidarité. Pour montrer son fonctionnement, nous allons commencer par indiquer ce que fût le mouvement Qualité Totale dans l’Industrie durant les années 1980 puis nous élargirons cette démarche pour le situer dans le cadre des équipes de projets de Vie.

La démarche Qualité Totale dans les entreprises industrielles en France et ailleurs, trouve son point de départ au Japon. Mais cette démarche dans le système économique capitaliste et libéral, n’a été que ponctuelle durant quelques années et il n’y a eu ni alliance des contraires ni solidarité pour généraliser cette démarche au secteur tertiaire et surtout aux administrations et établissements publics.

Dans les années 1980, l’industrie a mis en place les automates programmables, les robots, l’informatique industrielle et les débuts de l’Intelligence Artificielle. Cette mise en œuvre a nécessité d’importants efforts de formation et d’élévation du niveau des compétences d’abord pour mettre au point le fonctionnement de cette automatisation des unités de production puis pour éliminer les dysfonctionnements dans l’organisation même de la production. L’organisation du travail avec les automates programmables a utilisé les nouveaux micro ordinateurs de bureau et les progiciels de gestion et de communication, les tables traçantes pour imprimer les statistiques, notamment les nuages de points et leur droite des moindres carrés afin de caractériser les tendances des faits observés et les situations qui posent problèmes.

Au Japon, la culture zen a été un élément essentiel pour élever rapidement et largement le niveau des compétences des salariés. Ailleurs, l’automatisation non maîtrisée dès sa mise en place s’explique par plusieurs causes : le refus de développer un management participatif et les formations qui l’accompagnent, la poursuite d’un management autocratique et paternaliste ainsi que les politiques de restriction des coûts  » improductifs  » comme la sécurité, l’augmentation de la masse salariale suite à l’élévation des compétences, la lutte contre les pollutions, les risques de stockage. Ce management au service des intérêts financiers des actionnaires ou du pouvoir conservateur des propriétaires, a été à l’origine de toutes les catastrophes industrielles depuis Bophal en Inde, Tchernobyl, Sandoz à Bâle, AZF à Toulouse, Lubrizol à Rouen, sans compter celles des autres pays plus éloignés de nous. Ces catastrophes sont les conséquences du refus ou de l’oubli de mettre en place un mouvement Qualité Totale dans ces entreprises.

En France, la Qualité Totale dans les années 1980 va pourtant réussir à réduire des 2/3 le coût de la non qualité dans l’industrie : pannes, pièces mauvaises, pollutions, délais non respectés, gaspillage de ressources…

Cette dernière utilisation d’une démarche Qualité Totale en France repose sur l’expérience des cercles de qualité dans les années 1985 – 1990. L’utilisation des groupes de résolution de problèmes et du principe de subsidiarité dans le fonctionnement des entreprises a permis l’adaptation de l’outil de travail à la révolution technologique des robots et des automates programmables, essentiellement dans les entreprises de dimension internationale et les filiales de groupes étrangers et très peu dans les entreprises familiales. Le résultat de ce management participatif fut la réduction de 300 à 100 milliards de Francs par an de la non qualité principalement dans le secteur industriel. Très rapidement les cercles de qualité ont été fermés en France, une fois la qualité totale obtenue et réalisée l’élimination de plus de 200 milliards de non qualité par an dans l’outil de production industriel. En 1990, le consultant qui a avait animé notre démarche Qualité Totale de 1985 à 1989 m’avait demandé au téléphone si nous avions conscience d’avoir eu le pouvoir entre nos mains. Lui l’avait constaté mais dès 1990 il était désemparé depuis son bureau de Lyon de la manière dont le patronat avait mis fin à cette expérience si riche de promesses d’amélioration de la vie au travail et de la vie sociale en générale.

 Car les Directions en ont eu peur de ce management participatif direct, habituées qu’elles sont toujours depuis plus d’un siècle au management paternaliste voire autocratique. La prédominance des actionnaires depuis les années 1990 ajoutée à cette peur, ont mis fin à ces pratiques de démocratie directe locale au sein des entreprises de production. Présentée sous le terme de gouvernance d’entreprise, l’irruption des actionnaires et surtout des fonds de pension et des fonds d’investissements plus ou moins spéculatifs dans leur stratégie d’achat et de revente d’entreprises s’est traduite par la mise à l’écart des salariés dans le partage de la valeur ajoutée et par les politiques récurrentes de réduction des coûts salariaux, voire de délocalisation massive. L’intervention des nouveaux maîtres du monde financier qui imposent leur doctrine économique libérale se traduit par un retour à des méthodes de management autocratique et le refus du management participatif. Au mieux, les salariés doivent se satisfaire de la poursuite de l’immobilisme dans le management paternaliste des entreprises familiales françaises et s’adapter à la bureaucratie nouvelle du Risk Management : un comité d’expert rédige la charte qui décrit toutes les procédures pour un fonctionnement optimal du système. Dès lors les salariés et les directions doivent respecter scrupuleusement ces procédures, se soumettre à ce code de bonne conduite et oublier leurs initiatives créatrices car seul l’intérêt des actionnaires compte. 

L’occasion d’utiliser cette démarche dans la Fonction Publique a été écartée de suite et nous en avons été témoin au printemps 1984. Lors d’une réunion régionale de l’ANDCP (Association Nationale des Directeurs et Chefs de Personnel) pour faire le point sur l’application du Droit d’expression des salariés mis en place dans les Lois Auroux de 1982, Madame la Secrétaire d’État au Ministère du Travail avait noté avec satisfaction que nous avions appliqué ce droit d’expression puis que nous l’avions fait évoluer vers des cercles de qualité dans le cadre d’un management participatif et la suppression des niveaux hiérarchiques devenus inutiles dans une organisation nouvellement informatisée. Mon voisin que j’avais eu comme professeur de Ressources Humaines et qui présidait l’Institut de formation à la gestion des entreprises, au cours de la discussion, a expressément demandé que ce droit d’expression, devant cette réussite dans les entreprises, soit étendu aux Universités et à son Institut, voire déjà à l’ensemble de la Fonction Publique. Le refus fut ferme et définitif : pas touche à la Fonction Publique… qui en 2020, jusqu’à preuve du contraire, n’a toujours pas ce droit d’expression et n’utilise pas un mouvement Qualité Totale. La crise sanitaire depuis mars 2020 illustre ce conservatisme du pouvoir centralisé  » monarchiste  » voire despotique et la poursuite de la bureaucratie la plus éloignée des réalités du terrain et la plus dévoyée par rapport aux aspirations des citoyens pour prendre part aux décisions qui les concernent.

Le point de départ se situe dans la mise en place d’une autre façon de travailler sans un niveau hiérarchique omniprésent. Une formation sur la gestion du temps permet à chaque salarié de retrouver des plages horaires dans son travail pour réfléchir, analyser les dysfonctionnement et proposer une solution optimale. Le paradoxe au travail réside dans le fait qu’au cours de leurs études, les cadres, techniciens, employés, ouvriers ont passé des examens, des devoirs au cours desquels ils se sont concentrés, ont réfléchi, calculé, rédigé pendant au minimum deux heures sinon quatre, six ou huit heures. Par contre au cours de leur horaire de travail, ils sont le plus souvent dérangés toutes les cinq minutes sinon plusieurs fois par heures. Ils travaillent alors par tranches et pour réfléchir, ils doivent attendre que les autres soient partis, rester tard le soir ou emmener du travail le week-end. Dans ce contexte viennent s’ajouter les fréquentes réunions que les différents chefs hiérarchiques imposent pour parler à leurs équipes… ou seulement s’entendre parler devant un public acquis à leurs propos.

La solution passe par le changement des habitudes de travail et la pratique commune d’une même gestion du temps.

Exemple :

8h-10h : portes ouvertes pour tous : chacun vient saluer et poser les questions qu’il a à celui qui est concerné. Ceci notamment pour prendre un avis, préparer le déroulement d’une réunion, établir une communication informelle, spontanée. C’est valable également pour le Directeur du site à qui il est conseillé de quitter son bureau de travail pour s’installer juste à côté, dans une petite pièce, à une petite table ronde, genre bistrot, avec quelques chaises autour, et une petite machine à café, des tasses, sucre, petites cuillères, gérés par sa secrétaire ou son assistante qui est invitée elle aussi à rester ponctuellement autour de la petite table ronde pour assister aux discussions et se tenir au courant de ce qui se dit, prendre note le cas échéant, informer les présents sur un point précis, vérifier que l’information qu’elle a diffusée a été bien comprise ou tout simplement participer à la bonne ambiance générale du moment. Cette communication horizontale et spontanée participe à renforcer la cohésion et l’esprit d’équipe.

C’est aussi le moment de régler les petites questions qui ne prennent pas beaucoup de temps et qui n’ont pu être réglées le jour d’avant ou depuis plusieurs jours. Ces petits retards vont inéluctablement engendrer des problèmes plus importants ou des insatisfactions chez les collègues de travail. En allant voir ceux-ci directement dans leurs bureaux  » ouverts  » ou le cas échéant à la machine à café du bâtiment où tous peuvent se rencontrer, c’est le moment prévu pour éliminer ces questions et vider la liste d’attente des points à régler. Sinon, c’est le moment pour les informer également que leurs questions seront traitées ce matin ou cet après-midi durant les plages horaires bureaux  » fermés  » et voir avec eux s’il n’a pas du nouveau par rapport à leurs demandes.

10h-12h : portes fermées pour tous : chacun travaille deux heures sans être dérangé sur ses dossiers, projets, études, etc. Le cas échéant ce créneau horaire sert à des réunions internes dans un service ou département selon l’ordre du jour communiqué à chaque participant (nous y reviendrons sur l’organisation des réunions). Cette réunion interne a le plus souvent pour objet un partage des compétences et l’acquisition de nouvelles connaissances. Ce sont des séances de formation sur le tas, à côté des formations en salle de formation interne ou à l’extérieure qui suivent les horaires d’un centre de formation. La réunion interne peut se poursuivre de manière informelle et en communication horizontale, spontanée, sans liens hiérarchiques, au restaurant d’entreprise ou ailleurs.

12h-13h : repas au restaurant d’entreprise. Les cadres et chefs de service alternent chaque jour leur placement pour aller vers leur équipe ou les autres équipes, le plus souvent en fonction des intérêts extra-professionnels pour discuter avec certains de foot, de vélo, de sujets culturels, des nouvelles d’un village, quartier, d’une sortie au cours de laquelle se retrouver le soir, un week-end, etc. Le passage à la cafétéria peut suivre cette discussion ou permettre une nouvelle discussion avec d’autres membres du personnel.

Le repas est aussi l’occasion d’inviter des personnes extérieures dans un salon du restaurant d’entreprise.

14h-16h : portes fermées pour tous ou réunions de travail avec des intervenants extérieurs dans les locaux ou à l’extérieur chez ces intervenants.

16h-17h : portes ouvertes pour tous : chacun peut vérifier des informations, préparer son travail de groupe pour les jours suivants, faire le point avant de quitter son travail et finir sa journée dans l’entreprise et son équipe de projets de vie. C’est le moment d’une communication horizontale, spontanée, de se retrouver auprès des chefs hiérarchiques et comme le matin d’échanger non plus des informations sur le travail mais de discuter sur ces centres d’intérêts, les loisirs, sorties à faire en famille ou avec des amis. Bref, c’est un moment pris en commun pour lâcher la pression rencontrée dans son travail et souder davantage les relations d’équipe. Le lieu et le jour de la semaine pour ces rencontres, est fixe pour bien ancrer ce rituel. C’est l’occasion de  » vider  » ensemble le frigidaire avec des jus de fruits, eau minérale, etc.

16h30 ou 18h au plus tard : fin de la journée de travail pour tous. Après cette heure de fin de travail, celles et ceux qui restent à leur poste peuvent être signalés et avertis pour  » consommer des flux inutilement et venir alourdir indûment les coûts indirects de production… et diminuer d’autant les bénéfices et la participation de l’ensemble des salariés aux résultats.  » Arguments qui doivent être suffisant pour éliminer le présentéisme jusqu’à tard dans la soirée. Demain est un autre jour et chacun a une vie de famille, des loisirs pour se remettre en forme ou tout simplement une vie personnelle, privée.

 

Cet exemple de gestion de la journée de travail, au départ, s’applique surtout à l’encadrement et au personnel de bureau mais il met en avant l’essentiel : chaque poste de travail a une responsabilité directe que le titulaire du poste est seul à assumer, par conséquent chaque titulaire d’un poste de travail, là où il travaille doit trouver un local, un bureau pour s’isoler et travailler sur la gestion de sa responsabilité directe et également sur sa responsabilité participative dans son équipe. Les espaces de travail doivent le permettre.

Cette gestion de la journée de travail élimine d’entrée la réunionite surtout celle qui impose à l’équipe de se réunir à des heures imprévues voire improbables, selon les humeurs des supérieurs hiérarchiques. Les réunions de travail sont planifiées deux semaines à l’avance selon l’avancement des projets et s’y rencontrent des membres permanents qui suivent le projet et des membres ponctuels qui viennent apporter leurs expertises sur un point précis à une heure précise et pour une durée déterminée. Ainsi un expert peut participer à plusieurs prises de décisions et réunions dans une journée après avoir pu préparer auparavant ses interventions durant les horaires  » portes-fermées  » Le secrétariat de la réunion diffusera son compte-rendu dans les 2 jours suivants à l’ensemble des participants.

Cette méthode de gestion du temps et de chasse aux voleurs de temps, en dehors de l’élévation de la productivité du travail de chacun sert d’axe de développement pour le travail d’équipe. L’objectif est d’utiliser la complémentarité entre communication descendante et hiérarchique, communication ascendante et pratique de la subsidiarité, communication horizontale et spontanée sans référence hiérarchique. Au cours d’une semaine de travail ou un cycle de travail posté sur installation de production, viennent se placer les temps de formation, les temps de développement personnel et de séquences de travail pour améliorer, entretenir sa santé physiologique et mentale, les temps de représentation de son équipe de projet auprès d’autres institutions ou d’autres équipes de projets, etc. Dans un environnement de travail de style campus, la famille peut rejoindre le salarié pour des loisirs, des activités culturelles, des repas, ,etc.

 

Une fois le temps de travail synchronisé au sein d’une équipe ou d’un établissement, la démarche Qualité Totale utilise les outils de résolution de problèmes dans le cadre des principes de l’alliance des contraires et de la subsidiarité pour obtenir la solution optimale adaptée aux particularités locales.

Les outils de résolution de problèmes sont connus et accessibles avec un minimum de formation. La difficulté repose dans la connaissance des chiffres, l’évaluation précise de la situation et des risques à éliminer. Pour y parvenir, la solution commence par une observation méticuleuse de la situation à travers un tableau de bord qui comptabilise les dysfonctionnements. Cette mesure quantitative vérifie essentiellement la sincérité et l’exactitude des chiffres. La responsabilité directe du salarié est engagée et il est formé à détecter rapidement les anomalies lorsqu’un capteur ou une machine, un automate est déréglé.

Il s’agit ensuite d’informatiser la remontée des tableaux de bords pour calculer des indicateurs pertinents et avec les éléments de coûts apportés par le service comptable, de valoriser ces dysfonctionnements en terme de pertes ou de résultats d’exploitation, synthèse qui est plus largement compréhensible. Nous sommes alors en face du coût de non qualité brute. Il s’agit alors dans un bilan de cette non qualité d’ajouter les risques pris à cause de ces dysfonctionnements internes : le coût des pollutions, d’un incendie ou d’une explosion, d’une condamnation à des dommages et intérêts pour préjudice sur la santé des salariés, des populations environnantes, etc. Une dernière évaluation a lieu à ce moment là : d’après les connaissances disponibles en l’état du savoir actuel, quels sont les risques sur la santé et l’environnement qui peuvent être réduits ou éliminés et en quelle proportion et quels sont les risques pour lesquels actuellement il n’y a pas de traitement et de minimisation possible.

Nous arrivons alors dans ce bilan au Coût de Non Qualité définitif avec l’évaluation de non qualité réductible et de la non qualité irréductible. Il traduit le risque pris par l’entreprise, l’équipe de projet de vie, l’établissement de production si les dysfonctionnements ne sont pas éliminés et les risques ne sont pas minimisés. Ce bilan est connu de l’ensemble de l’équipe de projet de vie. Comme les salariés sont également membres de droit et le cas échéant volontaires engagés dans la Garde nationale de leur Ville libre, ces deux institutions politiques sont tenues au courant. La non qualité irréductible fait l’objet d’un débat au sein de l’assemblée locale de l’action politique pour évaluer et mettre en place les mesures de survie et d’assistance en cas de survenance d’une catastrophe industrielle ou naturelle qui détruirait les installations de production.

Nous avons vu au niveau du principe de l’assurance et de la solidarité, que lors de la définition de la mission puis des objectifs d’une équipe de projets de vie, les risques graves qui menacent la vie et la survie, sont écartés et des moyens sont mis en place par la fédération des Réseaux de Vie pour mettre hors d’état de nuire quiconque passerait outre cette décision. Cette situation constitue également un cas de déclaration de guerre si la proposition de paix pour éliminer ce risque majeur est rejetée par une institution étrangère soumise à un système de pouvoir.

La non qualité irréductible ne concerne donc qu’une étape du processus de production et la solution repose alors sur un autre mode de production quitte à revoir, le cas échéant, la conception du produit ou du bien d’équipement.

Une fois le Coût de Non Qualité évalué, l’équipe de projets de vie poursuit son travail en évaluant le Coût d’Obtention de la Qualité (COQ). Il s’agit de mettre en place les mesures de préventions des risques et d’élimination des dysfonctionnements. La priorité dans cette démarche est d’éliminer rapidement la non qualité réductible en l’état des connaissances disponibles.

Exemple :

Pour éviter le risque d’un incendie catastrophique d’un stock de produits dangereux, l’usine peut répartir de petites quantités de ce stock dans des entrepôts plus ou moins éloignés et gérés par des sous-traitants. Ceci peut au départ éviter un investissement important pour construire un vaste hangar dans la zone de l’usine et l’équiper des installations les plus adaptées pour éliminer le risque incendie et intervenir de suite pour éteindre le départ de feu. Pourtant un seul incendie dans un seul petit entrepôt chez un sous-traitant peut suffire pour détruire l’image de l’entreprise et la condamner à des dommages-intérêts importants vu qu’une pollution majeure se sera produite et d’autant plus élevés si cet entrepôt se trouve dans une zone urbaine.

Le cercle de qualité, d’une douzaine de membres, qui réalise cette démarche Qualité Totale sur ce risque Logistique, va alors évaluer le projet de construire cet hangar parfaitement sécurisé dans la zone de l’usine et ce projet va nécessairement comporter un bassin de rétention pour recueillir, lors d’un départ de feu, les eaux polluées suite au déversement d’eau par les sprinklers incendie et à l’utilisation des lances incendie par les pompiers. Ces eaux polluées seront ensuite petit à petit traitées par la station d’épuration des eaux usées de l’usine.

La comparaison entre la situation actuelle avec ses risques incendie énormes et l’investissement dans ce hangar sécurisé qui minimise le risque incendie et les pollutions qu’il comporte, va clairement indiquer que cet investissement devient indispensable et reste le plus économique. Le budget d’investissement pour ce hangar est alors présenté à la Direction par les membres de ce Cercle de Qualité et la décision est prise de manière participative pour lancer les travaux.

 

Le COQ comprend ainsi tous les travaux de prévention, les investissements en équipements et machines et toutes les formations à suivre pour éliminer les dysfonctionnements et minimiser les risques. L’amortissement de ces équipements s’impute sur les deux ans qui suivent leurs achats. Il comprend également les formations pour arriver au niveau de compétences prévu.

Cette démarche présentée jusqu’ici correspond à ce qui s’est passé dans l’industrie dans les années 1980. Dans les Réseaux de Vie, cette démarche ne se limite pas à l’industrie mais elle concerne l’ensemble de l’activité humaine : le travail indispensable à la vie et à le survie ainsi que la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures. Les citoyens réunis en assemblées de l’action politique, lors de leurs décisions, connaissent donc cette démarche pour la pratiquer dans leurs équipes de projets de vie et les institutions politiques, économiques, sociales, culturelles dans lesquelles ils se sont engagés.

Nous rappelons que dans l’organisation en Réseaux de Vie, il n’y a pas de distinction entre économie marchande et non marchande car la théorie des marchés en économie est abandonnée. De même il n’y a pas de système fiscal pour transférer des revenus entre la propriété privée et la propriété collective gérée par un gouvernement car la complémentarité entre les 3 formes de propriété permet la répartition directe des richesses entre propriété privée individuelle, propriété commune et gestion participative des biens communs, propriété collective qui gère les ressources immatérielles et les connaissances.

Il y a donc une simplification du fonctionnement économique d’une société. La gestion des risques n’est pas usurpée par une minorité dirigeante qui trouve là le moyen de légitimer la propriété privée des moyens de production. Ce n’est pas parce que le chef d’entreprise veut assumer seul les risques au motif qu’il apporte le capital financier et que pour le protéger et le développer, il doit gérer seul son entreprise et garder pour lui les gains de productivité, qu’il faut sur le plan politique et constitutionnel, sacraliser la propriété privée et interdire la propriété commune. Nous avons vu que ce dogme politique et économique dès 1830 à provoquer la révolte des canuts de Lyon. Une fois ce dogme abandonné, c’est l’utilisation de la monnaie pleine et la gestion des droits sociaux qui rémunère le travail, y compris au départ de ce travail et de la production des richesses, la minimisation des risques et des violences qui trouve son origine dans la mission d’autorité exercée par chaque citoyen. Nous allons y venir.

La démarche Qualité Totale s’applique donc dans les Réseaux de Vie, en dehors des usines et établissement de production de biens et équipements matériels, à la production des services, aux ancien services publics devenus autant d’équipes de projets de vie :santé, éducation et formation, défense, transports, poste et télécommunications, édition, spectacles, restauration, loisirs, voyages, etc. La distinction qui catégorise les activités humaines, nous le rappelons, définit le travail indispensable à la vie et à la survie, la réalisation des œuvres, l’action politique.

En clair, la démarche Qualité Totale n’est qu’une adaptation dans le contexte du travail, de la prise de décision politique ou judiciaire avec l’utilisation d’un système tripartite :

tout d’abord l’évaluation du coût de Non Qualité puis l’évaluation du Coût d’Obtention de la Qualité et enfin l’arbitrage pour déterminer la solution optimale et les priorités de mises en œuvre.

 

Le travail indispensable à la vie et à la survie utilise la démarche Qualité Totale.

 

En abandonnant le système libéral et l’économie de marché, le travail ne manque pas pour les équipes de projets de vie afin d’éliminer les conséquences désastreuses imposées jusque là. Les politiques d’austérité pour favoriser le prélèvements des impôts, la diminution des dépenses publiques, mais aussi celle des investissements afin de poursuivre la désindustrialisation du pays font que tout est à revoir. Ce travail de définition des objectifs à travers l’alliance des contraires ne se résume pas en des débats plus ou moins constructifs, des commissions paritaires obsédées par la trouvaille du consensus le plus minimaliste possible. La définition des objectifs selon le principe de l’alliance des contraire tout comme la recherche de la solution optimale selon le principe de la subsidiarité utilisent les méthodes de la démarche Qualité Totale. Les conséquences des manques d’investissements, des travaux d’entretien, les reports de travaux publics jamais réalisés jusqu’ici vont amener des Coûts d’Obtention de la Qualité très importants. Nous avons précisé que dans les Réseaux de Vie, les limites au développement de la production des richesses sont étroitement liées au niveau des compétences disponibles et surtout pas à des questions financières ou monétaires. Nous présenterons plus loin le fonctionnement d’une Monnaie Pleine au service de la rémunération du travail accompli dans la réalisation des objectifs de production des richesses à travers l’ensemble de l’activité humaine.

La prise en charge des besoins liés à la survie est nouveau dans l’histoire de notre humanité parce que ces objectifs sont rendus possibles avec les technologies de notre village planétaire qui comprend de mieux en mieux les risques apportés par notre univers, la vie du Cosmos et leurs conséquences sur la planète Terre particulièrement instable au niveau de son centre de gravité. Ces risques s’ajoutent évidemment à ceux qui ont pour origine l’activité humaine dans sa production de richesses pour vivre. Les domaines des études à mener pour fixer des objectifs et trouver des solutions optimales sont certes très vastes mais les priorités sont connues. Le dérèglement climatique induit des mouvements de populations à l’échelle des continents. Après le dernier grand cataclysme et la fin de la dernière glaciation qui a suivi, les espèces vivantes avaient été fortement décimées. Aujourd’hui, c’est le contraire et c’est bien plus compliqué mais indispensable d’apporter des solutions viables.

Le seul cas de populations qui ont du accepter la destruction cataclysmique de leurs terres et qui nous a été rapporté par les survivants, est la destruction de l’Atlantide et le récit des survivants qui ont fondé la civilisation égyptienne sur les bords du Nil lorsqu’il fut possible pour les êtres humains et leurs animaux de descendre à nouveau dans les plaines et quitter enfin leurs refuges dans les montagnes à plus de 4000 mètres d’altitude. Cette histoire, nous l’avons vue avec la destruction de la civilisation des Andes par les conquistadores au service de la défense des dogmes de la Bible que les connaissances des Andes contredisaient, conduit à l’élimination des théocraties actuelles sur nos continents et, au contraire, au mariage de nos cultures régionales à travers des connaissances spirituelles et scientifiques universelles, c’est à dire l’utilisation de nos deux sources de savoir pour développer un savoir à nouveau humaniste capable de répondre à nos raisons de vivre, y compris lors d’un nouvel Apocalypse.

Les solutions adoptées par les Atlantes mais aussi les Hyperboréens et d’autres peuples premiers pour favoriser la possibilité qu’une colonie issue de leurs peuples puissent survivre sont connues, encore faut-il les actualiser et développer des connaissances pratiques pour les enseigner à nos générations. La démarche Qualité Totale et le management participatif qu’elle implique sont capables de répondre bien mieux à ces attentes salvatrices que le fonctionnement des systèmes de pouvoir et leurs dogmes au service des seuls intérêts de leurs dirigeants prétendument présentés comme des élites. Ce travail est rémunéré avec la Monnaie Pleine, sans dettes.

La réalisation des moyens à mettre en place pour répondre à ce besoin de survie peut prendre une durée plus longue que le travail pour assurer la vie. De ce fait ces moyens vont être davantage gérés en tant que réalisation des œuvres qui sont transmises aux générations futures.

 

La réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures..

 

La dernière référence historique d’une utilisation de nos deux sources de savoir pour réaliser des œuvres dans le cadre de la complémentarité entre les trois formes de propriété, en Europe, se trouve à la période médiévale avec ses villes libres, ses cathédrales, l’aménagement des campagnes pour une agriculture et un élevage qui ont sorti de la faim et de la malnutrition, les populations en plein essor démographique après les invasions qui ont marqué la chute de l’empire romain. La subsidiarité qui a conduit le travail a permis de trouver les solutions pour conserver la nourriture durant les hivers : lait et fromage, raisins et vin, séchage et fumage des viandes, transport des poissons marinés, etc. C’est au niveau de la réalisation des œuvres que cette période fut la plus remarquable.En un siècle, de 1170 vers 1320, 80 cathédrales et presque 500 abbayes furent construite dans la seule France. Ces constructions représentent plus de travaux de maçonnerie, de terrassements et de taille de pierre que tout ce que réalisa dans ce domaine l’Égypte ancienne en cinq mille ans, construction des pyramides y compris. Ces constructions ont été gérées en biens communs par les groupes sociaux eux-mêmes à travers des œuvres ou des ordres dédiés à ces constructions.La société industrielle à travers l’utilisation exclusive de la propriété privée et l’interdiction des biens communs a certainement plus détruit que construit des œuvres.

Ce qui nous intéresse ici est la manière dont les connaissances et les méthodes ont été acquises au fil du temps pour développer des constructions toujours plus hautes, vastes, essais après essais Cette progression, à l’époque médiévale fut particulièrement rapide et disséminée non seulement en Europe mais partout où les expéditions européennes furent menées.

Le paradoxe aujourd’hui est que nous nous trouvons dans une situation inverse : les connaissances n’ont jamais aussi vite progressé mais elles n’ont pas servi à l’intérêt général parce que la propriété collective de l’état n’y a pas largement pourvu et encore moins la propriété commune et les biens communs. Le travail au niveau de la réalisation des œuvres a donc une urgence manifeste. Cette question de la gestion des priorités entre la répartition du travail sur les trois niveaux de l’activité humaine appartient au niveau de l’action politique. Nous allons y venir. Pour le moment nous abordons seulement la démarche Qualité Totale dans la réalisation des œuvres et principalement dans le développement des biens communs qui servent à élever le niveau de vie.

Pour le Coût de Non Qualité, une estimation grossière peut être évaluée à cause de l’absence d’un bien commun ou de moyens insuffisants. En 2020 et la crise sanitaire, ce coût est particulièrement important et grave au niveau des moyens insuffisants des hôpitaux et des centres de soins. Ajouter le coût économique et social, le coût des atteintes à la santé parmi les citoyens non atteint par le virus, et nous atteignons des chiffres colossaux injustifiables. Mais l’essentiel est bien d’évaluer le coût d’obtention de la Qualité.

Par exemple, dans le contexte de cette crise sanitaire comme dans les crises causées par les autres virus, l’utilisation de la subsidiarité pour obtenir le ou les solutions optimales peut nous mener vers des solutions difficilement accessibles tant que nous restons soumis à ce système économique libéral et à la domination de Big Pharma. Pourtant cette démarche interdite en 2020, il faudra bel et bien la mener dès l’abandon des systèmes de pouvoir et de suite en 2020 le cas échéant à travers nos réseaux de résistance à cet ordre établi. Dans un document intitulé  » Les menaces à la vie sur Terre «  nous avons tenté d’évaluer le coût des gains que nous pouvons obtenir en quittant le systèmes de pouvoir capitaliste libéral, notamment les gains possibles dans le domaine de la Santé en suivant les prescriptions de médecins contre les cancers, médecins interdits d’exercer parce que leurs pratiques étaient contraire aux intérêts de l’industrie pharmaceutique et à ceux des chirurgiens. Ce travail mené dans une démarche Qualité Totale doit apporter des connaissances et des évaluations bien plus complètes et précises.

Par exemple, dans le cas du virus COVID-19, l’utilisation de la démarche Qualité Totale permettrait la mise en place de mesures toutes autres que cette situation créée par le gouvernement et les grandes entreprises mondiales de la pharmacie, depuis les tests jusqu’aux vaccins. Situation qui fin mars 2021 reste toujours aussi inextricable, incompréhensible, scandaleuse à travers ses errements et ses mesures liberticides dans le seul but compris par la majorité des citoyens, de suivre les volontés des dirigeants de Big Pharma et de leurs experts scientifiques et médicaux, une élite nouvelle découverte avec ce virus mais toujours au service de la domination des peuples qui n’ont qu’à obéir, applaudir et surtout pas à participer directement à la résolution de cette crise.

Face à une situation nouvelle et imprévue dans laquelle nos connaissances en l’état actuelle des sciences sont insuffisantes, la méthode de la Qualité Totale indique que nous devons mettre en place des tableaux de bords à chaque niveau de décision pour observer le plus exactement possible ce qui se passe. A partir de ces données du terrain commence l’utilisation des méthodes de résolutions de problèmes et la détermination des objectifs prioritaires avec un QQOQCP, un Pareto, un diagramme causes-effets, etc. De même à partir des données brutes, la méthode de l’échantillonnage permet des calculs d’extrapolation, de corrélation pour estimer le phénomène, le problème au niveau de l’ensemble d’une population.

Dès lors le calcul du pourcentage de cas positifs détectés de Covid peut se comparer à trois estimations de cas positifs dans la population : hypothèse basse, moyenne, élevée. De même une estimation du pourcentage de cas non détectables en l’état actuel de nos connaissances peut être faite selon une hypothèse basse, moyenne, élevée. Ce qui correspond à trois niveaux de risque d’erreur et de dysfonctionnements pour lesquels il s’agit de mettre en place des solutions. Nous sommes alors ici au niveau de la détermination de la non qualité réductible et de la non qualité irréductible, c’est à dire les cas positifs détectés ou pas encore détectés sur lesquels nous pouvons agir et les cas sur lesquels nous ne pouvons pas agir comme ces groupes sociaux qui sont pas ou peu touchés par le virus d’après les données des tableaux de bord sans que nous sachions expliquer scientifiquement cette situation.

Dans la non qualité réductible, la population concernée directement par le virus, lorsque la population des cas positifs détectés augmente, la catégorie des cas positifs non détectés diminue d’autant et l’objectif peut être d’arriver à 80-90% de test pour détecter les cas positifs de manière à approcher le plus près possible la réalité du terrain et vérifier si l’estimation du départ dans cette catégorie de non qualité réductible est correcte ou non.

Dans le cadre des mesures gouvernementales actuelles sans démarche Qualité Totale, les dirigeants disent que l’augmentation des cas positifs détectés est une nouvelle vague avec ses pics et lorsque les cas détectés seront de 80 à 90% de la population de non qualité réductible, de la population concernée par le virus, ils diront qu’il y a explosion de la pandémie et ils confineront tout pendant des mois et des années tant ils auront peur d’une situation et de risques sanitaires qu’ils ne savent pas ou ne veulent pas maîtriser à travers la démarche Qualité Totale. En clair toute avancée dans les tests et toute augmentation des hospitalisations n’est que le signe du développement de la crise sanitaire et ceci provoque chez eux des discours et des mesures anxiogènes néfastes, des errements, des contradictions et l’affichage publique de leurs incompétences et dépendances aux intérêts des dirigeants du système libéral.

La complexité de la situation est certes renforcée par l’observation scientifique que les vaccins n’agissent pas sur la contamination des populations par le virus et la prolifération de ses variants. Mais nous sommes ici au niveau des solutions pour éliminer les risques, au niveau du travail des Cercles de Qualité pour évaluer un COQ (Coût d’Obtention de la Qualité).

Il s’agit à ce stade d’expérimenter sur le terrain plusieurs sortes de solutions, de mesures de prévention contre le virus à l’aide de tout ce qui est connu et peut s’avérer utile. Or les mesures gouvernementales ont été sur ce point le contraire d’une estimation réaliste d’un COQ et elles n’ont fait que suivre les directives de Big Pharma pour utiliser un nouveau procédé de génie génétique pas encore mis au point sur d’autres maladies, l’ARM. Vaccins ou procédés génétiques dont la concentration au niveau mondial de la production dans quelques usines pharmaceutiques pose depuis d’importants problèmes logistiques pour vacciner rapidement une grande partie de la population appartenant à la catégorie de la non qualité réductible, sans oublier au niveau prévention, l’autre catégorie, celle de la non qualité irréductible, pas prioritaire mais qui doit être également protégée contre le virus dans une démarche de précaution sanitaire dans l’attente que les connaissances scientifiques puissent expliquer pourquoi elle n’est pas ou très peu touchée par ce virus.

Nous n’avons pas à prendre le Pouvoir, leur Pouvoir tel qu’ils l’exercent dans l’incompétence, la manipulation des chiffres et des opinions publiques. Nous avons à exercer notre Pouvoir, notre mission d’Autorité pour organiser l’ensemble de l’activité humaine avec la démarche Qualité Totale, celle qui nous permet de fixer des objectifs mesurés, vérifiés et que les citoyens comprennent et auxquels ils adhérent, auxquels ils participent dans l’évaluation des risques et la mise au point des solutions optimales.

Cette crise sanitaire du COVID-19 démontre le conflit entre le management néo libéral et le management participatif direct local des Réseaux de Vie ou au minimum, le management d’un mouvement Qualité Totale venant corriger les dysfonctionnements du système de pouvoir capitaliste libéral. La crise financière de 2008 a trouvé son origine dans l’utilisation de modèles mathématiques comme celui de la copule de Li par Blythe Masters chez JP Morgan pour industrialiser la vente de produits dérivés sur les dettes, les CDS, et minimiser les fonds propres pour garantir cette prise de risque sur les produits nommés depuis  » toxiques « . Or nous savons depuis que ces modèles mathématiques étaient faux et qu’ils manquaient des paramètres. De même depuis 2019 et le début de cette crise sanitaire, les experts de la médecine et d’autres domaines scientifiques sollicités par les gouvernements ne font qu’utiliser des modèles mathématiques dont les conclusions sont régulièrement fausses car le virus combattu dès le départ avec des moyens de prévention connus et peu chers, n’a pas la dangerosité prise en compte dans ces modèles. Sauf que ces modèles, visiblement, écartent ces moyens de prévention interdits par des mesures législatives, notamment en France.

Ce conflit entre des élites et les citoyens, a une origine politique conditionnée par la doctrine néo libérale et les mesures d’austérité prises depuis plus de dix ans pour diminuer les coût de la Santé, réduire les moyens des hôpitaux, abandonner la production pharmaceutique, sa recherche et développement dans notre pays. L’élimination de ce conflit est également d’ordre politique et sa solution réside dans l’abandon de ce système de pouvoir libéral et des autres systèmes de pouvoir. A nous d’exercer à nouveau notre Pouvoir.

 

De même au niveau de la sécurité et de la protection des biens et des richesses. Les victimes d’une infraction pénale ont la possibilité de développer une équipe de projets de vie pour éliminer ou minimiser un ou plusieurs risques. Le point de départ de leur action peut se trouver dans le fait que tout citoyen fait partie de droit de la Garde Nationale. Il n’y a plus besoin d’attendre l’action d’une administration régalienne comme la Justice et ses moyens d’enquêtes de Police et de gendarmerie. L’équipe de projets de vie pour lutter contre des menaces et des infractions pénales va rassembler, recruter des experts de la Garde Nationale ou de la Défense ou former ses membres pour acquérir ces compétences. Ensuite le déroulement du travail suit la démarche Qualité Totale avec l’utilisation de l’alliance des contraires, de la subsidiarité et de l’assurance-solidarité. En cas de cybercriminalité, lorsque les délinquants sont dans des pays étrangers, la Confédération, le cas échéant, intervient avec ses moyens de défense militaire jusqu’à proposer, si nécessaire un plan de Paix à ces pays pour éliminer cette menace et source de délits et crimes, fraudes, réseaux de crimes organisés et de trafics illicites ou immoraux.

Par exemple, il y a le cas de la cybercriminalité qui repose sur le manque de sécurité informatique dans la gestion internationale des numéros de comptes bancaires IBAN et BIC. La réforme bancaire du numéro IBAN est destinée à favoriser la circulation des monnaies et des valeurs entre les comptes bancaires, notamment pour développer l’activité des Bourses et des marchés financiers, mais aussi la spéculation, l’évasion fiscale, etc. L’existence même du numéro IBAN suffit alors. Plus besoin de le relier au titulaire du compte et de changer à chaque fois de titulaire ou de recréer un titulaire lorsque le compte se déplace d’une banque à l’autre, d’un pays à l’autre. Pour les investisseurs et épargnants, les traders et le développement du trading haute-fréquence, cette réforme de l’identification d’un compte bancaire au seul numéro IBAN convient parfaitement dans leur univers de la haute finance ultra sécurisée.

Par contre pour les citoyens, les consommateurs qui se limitent à la gestion d’un compte courant ou de comptes d’épargne, le risque d’escroquerie est réel si le courriel provenant d’une personne de confiance est piraté et falsifié, que la facture à payer comporte la mention : paiement par virement et en dessous un numéro IBAN et BIC, ceux de l’escroc. Dans votre espace personnel de votre banque, même si sa publicité indique qu’elle vous appartient puisque vous êtes sociétaire de cette Mutuelle, lorsque vous entrez le bénéficiaire du virement que vous connaissez bien et les IBAN et BIC, le montant du virement ira directement sur le compte courant de l’escroc et votre compte courant sera débité avec comme bénéficiaire le nom de l’émetteur de la facture que vous connaissez. Le personnel des banques sait que nous sommes ici dans une faille de sécurité qui profite au développement des escroqueries sur Internet.

L’équipe de projets de vie, le cercle de Qualité pour éliminer ce risque et les escroqueries sur Internet, au niveau du COQ va évaluer le coût de la mise en place d’une sécurité au niveau des banques pour tester, contrôler les numéros IBAN saisis par les clients avec l’identité des comptes clients. Les Banques dans leurs bases de données ont les informations complètes pour identifier les comptes de leurs clients. Lorsque quelqu’un demande par courriel de lui faire un virement et lui transmet son RIB ou ses IBAN et BIC, celui qui crée le virement doit bénéficier d’un contrôle de vraisemblance entre l’identité du propriétaire du compte et les numéros IBAN et BIC qu’il saisit. Surtout si les deux parties sont clientes de cette banque, l’absence de ce contrôle est stupéfiant. Est-ce pour des raisons d’économies financières, pour minimiser les coûts des comptes clients à cause de la concurrence entre banques ?

Pour le moment, il est clair que les banques n’ont pas adopté une démarche Qualité Totale. Leur seule réponse invariable est :  » vous avez saisi vous-mêmes les données pour créer le bénéficiaire de votre virement, donc la responsabilité de la Banque ne peut être engagée et il n’y a aucune assurance pour ce risque.  » L’escroc a gagné sur toute la ligne, il n’a plus qu’à fermer aussitôt son compte une fois le virement reçu et disparaître en supprimant son compte et son fameux numéro IBAN. Ce n’est qu’un exemple qu’une victime de ce type d’escroquerie et de cette cybercriminalité peut vous avouer toute penaude et confite pour cette destruction du lien de confiance qui existait entre elle et la personne qui lui adressait la facture avec la mention :  » cette somme sera prélevée sur votre compte le 15 de ce mois « . Oui mais le pirate et escroc avait marqué autre chose et vous n’avez pas appelé la personne qui a envoyé le courriel pour vérifier avec elle qu’elle vous demandait bien un virement avec les numéros exactes de son compte courant.

La démarche Qualité Totale a pour objectif d’éliminer tous ces risques en mettant en place les contrôles nécessaires pour sécuriser de manière optimale les échanges entre clients des banques et… dissuader d’autant les escrocs devant ce manque de failles de sécurité. Nous espérons que ce cas sera réglé rapidement, avant l’abandon de ce système de pouvoir libéral. De toute façon, les Réseaux de Vie n’utilisent pas de marchés financiers, de spéculation et d’évasion fiscale ayant besoin de trading haute fréquence et d’IBAN sans contrôle avec l’identité du propriétaire du compte. Mais ce serait bien que les banques commerciales adoptent une réelle démarche Qualité Totale maintenant pour éliminer ce genre de risques qui favorisent la cybercriminalité.

 

Quittons ces questions de gestion courante des flux économiques et financiers pour nous diriger vers le développement des Bien Communs. Les compétences nécessaires à la réalisation des chefs d’œuvre qui transforment un bien commun en une œuvre d’art capable d’émouvoir et d’appeler à la démarche initiatique spirituelle, s’acquièrent à travers la participation à plusieurs projets sous la direction de maîtres reconnus. C’est toute une filière de formations et d’apprentissages qui pousse l’innovation à son plus haut niveau. Nous retrouvons ici le Coût d’Obtention de la Qualité. Le développement des biens communs ne se limite pas à l’élévation du niveau des compétences, en reprenant l’approche d’Elinor Ostrom, les communs ne sont donc pas des « biens » particuliers, mais également des systèmes de règles pour les actions collectives. Ce qui est alors ouvert au partage n’est pas seulement une ressource, mais bien un agencement social particulier. La démarche Qualité Totale appliquée au développement des Biens Communs va définir la manière ou mieux, l’art de vivre ensemble dans le partage d’environnements, de locaux, de connaissances, de rites sociaux qui élèvent le niveau de vie et seront transmis aux générations futures.

La progression dans l’acquisition de ces compétences débute dans des équipes de projets de vie qui ont pour mission le travail indispensable à la vie puis se poursuit dans des équipes qui développent les Biens Communs. La démarche Qualité Totale s’apprend donc sur le premier niveau d’activité et se perfectionne sur le second niveau d’activité. Les experts en action politique, le troisième niveau d’activité, auront ainsi acquis leurs compétences à travers leurs expériences sur les deux premiers niveaux.

En fait, la démarche Qualité Totale structure l’ensemble de la formation et de l’apprentissage que ce soit dans l’acquisition des connaissances et dans leur application à travers les diverses production de richesses. Nous sommes très loin du système scolaire et universitaire développé dans le système de pouvoir capitaliste libéral avec sa sélection des élites et ses formations de masse à bas niveau de connaissances. Nous y reviendrons.

 

L’action politique utilise la démarche de Qualité Totale.

 

Les missions et les objectifs des équipes de projets de vie des différentes institutions politiques à travers la démarche Qualité Totale se concrétisent à travers une gestion des risques et des solutions optimales pour les éliminer ou les minimiser. La mission d’autorité de chaque citoyen trouve ainsi son prolongement et son développement tout au long de l’activité humaine.

Il ne s’agit plus d’organiser des réunions de concertation au niveau d’une mairie ou d’une administration, encore moins d’être soumis à des mesures de contrôle pour se soumettre à des directives prises au sommet d’une hiérarchie. Plus question d’attendre des aides publiques ou le bon vouloir d’investisseurs privés et des fonds d’investissements, d’attendre une période de croissance économique pour que les richesses ruissellent peu à peu vers le bas de la pyramide. Pas question de se contenter d’un RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) pour orienter le fonctionnement de ce système de pouvoir libéral vers la satisfaction d’un bien ou d’un service particulier. Nous sommes en démocratie directe locale participative, en Réseaux de Vie sociale et nous gérons l’ensemble de l’activité humaine en développant notre Autorité humaine dans le cadre d’une civilisation humaniste et d’un art de vivre selon les valeurs fondamentales de l’Humanité : l’amour et la paix. Et ce n’est plus un idéal, une utopie, des fictions intellectuelles, un mythe pour rêveur solitaire. C’est interdit par les systèmes de pouvoir, c’est la norme de base dans les Réseaux de Vie, une toute autre civilisation florissante.

La préparation des assemblées pour exercer l’action politique au sein des différentes institutions politiques ne nécessite pas des administrations nombreuses et importantes comme dans les systèmes de pouvoir. Ce sont les Centres de Gestion de l’action politique, un centre par institution politique, qui vont préparer les décisions puis suivre leur exécution. Forcément, les projets de vie sont distingués entre civils et militaires. Pour les projets militaires, nous avons présenté l’institution de sécurité et de défense des Réseaux de Vie. Chaque citoyen est membre de droit de la garde Nationale et selon son engagement, il est plus ou moins directement informé des questions militaires, notamment lors des plans de paix et des déclarations de guerre.

Le centre de Gestion d’une institution politique est sollicité par les équipes de projets de vie de son institution pour valider par l’action politique, les budgets d’investissements et de formation mis en place à travers la démarche Qualité Totale. Cette demande de financement vient s’ajouter au budget de fonctionnement décidé lors de la création de ces équipes de projets de vie par cette institution politique. Le centre de Gestion enregistre la demande et diffuse la présentation de cette demande faite par le ou les cercles de qualité. Ensuite, il vérifie que cette demande n’a pas déjà été faite au niveau local ou national ou fédéral. Il s’agit à ce stade à partir d’une initiative locale de savoir si une ou plusieurs synergies sont possibles à travers l’activité des Réseaux de Vie. Cette vérification se réalise essentiellement à travers le réseau des experts des différentes institutions politiques. Lorsque des synergies sont possibles, l’utilisation de la solidarité intervient pour développer de nouveaux gains de productivité, dont principalement des économies d’échelle positives. La vérification des risques retenus et le COQ proposé pour les éliminer ou les minimiser tient compte des particularités locales que rencontrent le Cercle de Qualité et l’équipe de projets de vie.

Lorsque la décision de l’assemblée de l’action politique est prête, la délibération se déroule selon le système tripartite avec l’objectif d’obtenir une décision à l’unanimité ou très proche de l’unanimité. Le système tripartite de décision n’oppose pas les camps du pour et du contre pour qu’un arbitrage tranche. Les citoyens sont répartis en deux groupes qui chacun délibère de son côté pour aménager une décision précise qui valide la demande sans la modifier ou modifie tel ou tel point avant de la valider. Les deux délibérations sont présentées ensuite devant une troisième groupe de citoyens, les arbitres qui le cas échéant, selon les différences entre les deux délibérations peut demander à des experts de reprendre la démarche de subsidiarité pour travailler davantage la solution optimale qui pour cette décision, va réunir l’adhésion à l’unanimité.

La clarté et la transparence des décisions reposent sur des indicateurs pertinents et des évaluations précises faites par les Cercles de Qualité. Avant de se décider, chaque membre peut regarder l’ensemble du projet et le travail de l’équipe qui demande cette validation de la part de l’action politique. La transparence des décisions depuis les Cercles de Qualité d’une équipe de projets de vie se poursuit jusqu’aux décisions des institutions politiques depuis les villes libres, la garde nationale et la confédération. Le cas échéant, ce dossier peut être classé dans la documentation technique auprès de la Confédération de manière à favoriser la solidarité parmi les Réseaux de Vie.

L’action politique est bien un contrôle du travail d’une équipe qui présente son analyse de la situation et sa prévision pour l’améliorer en prévoyant des mesures et des moyens. La mission et les objectifs de ce travail ont été définis par l’action politique de cette institution. Le politique est premier par rapport à l’économie parce que les missions des équipes de projets de vie gèrent la production des richesses qui sont autant d’élimination et de minimisation des risques qui menacent la vie sur Terre. La communication à travers cette démarche est bien ascendante et cohérente avec un management participatif puis une démocratie directe locale participative. Nous sommes ainsi avec la démarche Qualité Totale au cœur de la réalisation quotidienne de la Paix, l’absence des violences et des menaces qui autrement nous entrainent dans les conflits et les inégalités.

Le temps de travail de l’action politique n’est donc pas une simple rémunération d’un temps de présence à une assemblée. Ce travail est rémunéré en Monnaie Pleine tout comme les formations, les investissements et le travail des équipes de projets. De suite nous comprenons que la Monnaie Pleine n’est pas distribuée selon la volonté de quelques dirigeants ou selon une assistance sociale de l’ensemble des citoyens. Avant d’expliquer son utilisation, il fallait commencer par expliquer le fonctionnement du travail, sa gestion, ses missions, objectifs et comment le travail répond à la mission politique individuelle de chaque citoyen : la mission d’autorité qui fait avancer les choses vers la paix et l’amour.

Nous pouvons également, avant d’aborder les Institutions sociales, comprendre que ce temps de l’action politique va faire l’objet de rites sociaux. Sans revenir sur la pratique actuelle de la périodicité du bilan comptable et des assemblées qui suivent pour répartir les bénéfices ou s’occuper des pertes, déterminer la rémunération des parties prenantes internes, les Réseaux de Vie vont fixer un ou plusieurs moments dans une année civile pour se rassembler dans l’action politique des différentes institutions politiques. Au niveau local, régional, national, confédéral, des lieux propices à ces rassemblements sont aménagés par des équipes qui suivent aussi la démarche Qualité Totale. Ces moments sont importants pour la vie sociale des réseaux. Ils sont rythmés par les temps des assemblées, le temps des fêtes. C’est aussi le moment de rencontres entre les membres des équipes de projets et les gestionnaires des Biens communs, les gestionnaires de la banque centrale qui gère la Monnaie pleine et les Droits sociaux. L’action politique peut aller jusqu’à clôturer ces moments par l’annonce de la validation du financement des COQ. Ainsi la validation du travail des équipes de projets est complète et chacun connaît la suite de sa participation au développement des Réseaux de Vie vers moins de violences et de conflits et plus de paix et d’amour, plus d’art de vivre dans une civilisation humaniste.

La Monnaie Pleine.

La création monétaire sans dettes développe les échanges entre les réseaux de vie et rémunère le travail.

sommaire.

les utilisations récentes d’une Monnaie Pleine 

1) Wörgl – 2) le miracle allemand 1933-1937 –  3) en France après 1945 – 4) en Suisse

le fonctionnement d’une Monnaie Pleine (MP)

le Plan rassemble

les volontés des citoyens

le paiement des échanges

les utilisations de la MP

 dans les Réseaux de Vie

la Banque centrale

de la Confédération 

Remarque :

Ce chapitre décrit l’institution économique des Réseaux de Vie qui gère le pouvoir de créer de la monnaie sans dettes, sans être un instrument de soumission des peuples à travers leurs endettements consécutifs à des crédits auxquels ils doivent recourir pour tenter de vivre le plus dignement possible dans le système de pouvoir capitaliste libéral ou les autres systèmes de pouvoir.

Notre rédaction est ici synthétique et va à l’essentiel. Nous utilisons pour les approfondissements, les exemples, les points techniques, le dossier sur l’analyse stratégique d’une nouvelle utilisation de la Monnaie pleine avec le conflit entre les deux cultures qui s’affrontent depuis les débuts de l’ère industrielle, le diagnostic interne avec les forces et faiblesses d’une Monnaie Pleine, le diagnostic externe avec les opportunité et les menaces de l’environnement. Ce dossier présente une rédaction analytique.

Nos lecteurs sont ainsi avertis qu’ils devront utiliser les liens hypertextes, selon leurs souhaits, pour approfondir ce document. Autrement, ce document prenait un volume conséquent et le risque de se noyer dans des détails ou dans les nombreuses illustrations de ce sujet, aurait été important. Ici nous présentons l’essentiel pour comprendre comment les Réseaux de Vie et leurs institutions politiques vont utiliser leurs ressources financières pour assurer leurs investissements et les rémunérations de leurs citoyens membres.

Pour commencer à comprendre ce qu’est une Monnaie Pleine, sans dettes, alors qu’elle reste rigoureusement interdite par l’oligarchie financière anglo-saxonne qui dirige le système de pouvoir capitaliste libéral, nous devons faire l’effort de visualiser un autre monde, une autre civilisation et mener plus loin ce choix de civilisation que nous avons présenté en introduction de cet essai  » Nos Réseaux de Vie « .

Oublions le dédale du système bancaire et de la création monétaire ex nihilo à partir des crédits accordés par les banques commerciales sous le contrôle des banques centrales privées, cette fausse monnaie et ces faux-monnayeurs selon la qualification de Maurice ALLAIS, prix Nobel d’Économie en 1988.

Nous sommes ici dans le fonctionnement des Réseaux de Vie et la monnaie ne sert pas de moyen central pour contrôler l’économie mondiale au profit de l’oligarchie financière anglo-saxonne. Nous avons quitté les systèmes de pouvoir et fait le choix d’une civilisation bien plus florissante, humaine et juste, pacifiée. Nous travaillons en Qualité Totale avec des solutions optimales et un management participatif.

Nous venons de le préciser au niveau de la démarche Qualité Totale qui conduit le travail sur l’ensemble de l’activité humaine : le coût d’obtention de la Qualité Totale évalue les investissements et le travail, les formations pour minimiser et éliminer les risques en l’état de nos connaissances actuelles et selon les solutions optimales obtenues par la pratique de la subsidiarité. Cette évaluation représente un besoin de financement exprimé en monnaie et évidemment, les Réseaux de Vie n’utilisent pas la monnaie comme dans le système de pouvoir capitaliste libéral.

La monnaie a pour fonction de faciliter les échanges, d’être un instrument de mesure au niveau de la valeur accordée à un bien ou un service et c’est tout. L’épargne n’est pas une fonction de la monnaie dans les Réseaux de Vie. Pour se prémunir face à l’avenir, c’est la propriété commune et la gestion des biens communs qui sont utilisées.

La monnaie trouve son origine, son objet et sa cause dans le développement des réseaux de vie et non plus à travers l’affirmation d’un pouvoir exercé dans le cadre d’un système par un roi, un chef, un état, les propriétaires des banques centrales….qui veulent contrôler les échanges commerciaux pour prélever une part des richesses afin d’établir un pouvoir toujours plus puissant et devenir les maîtres du monde.

La cause, l’origine de la monnaie dans les Réseaux de Vie se trouve au niveau des citoyens dans leur volonté de réaliser leurs objectifs définis dans leur démarche Qualité Totale afin d’éliminer les dysfonctionnements et minimiser les risques et menaces. La monnaie pleine va faciliter les échanges économiques et l’utilisation des compétences pour y parvenir et développer les richesses, économiser les ressources, préserver l’environnement, respecter la nature, bref mieux vivre dans une civilisation à nouveau florissante, humaniste, juste, pacifiée où les citoyens apprennent un nouvel art de vivre et trouvent leurs raisons de vivre.

 

Pourquoi une Monnaie Pleine ? Quelles sont ses récentes utilisations dans le système capitaliste libéral ?

 

Les exemples historiques de l’utilisation d’une Monnaie Pleine portent tous sur une solution rapide et efficace pour sortir d’une crise économique  ou pour s’en prémunir dans le cadre du système de pouvoir capitaliste libéral.

Par ordre chronologique, sont présentés ici les cas de Wörgl en Autriche, le cas du redressement allemand et le miracle économique entre 1933 et 1937, le cas de la reconstruction et de la modernisation de la France après 1945, le cas actuel de la monnaie WIR pour les entreprises suisses. Ces 4 exemples sont détaillés dans notre dossier Analyse stratégique pour une nouvelle utilisation d’une Monnaie Pleine. Nous allons ici simplement retenir les éléments essentiels dans chacun de ces 4 exemples pour préciser sa fonction et son utilisation.

 

1) Le miracle de Wörgl.

 

En 1932, M. Unterguggenberger, maire de Wörgl, avait lu les livres et écrits de Silvio Gesell sur l’utilisation d’une monnaie franche, sans dettes.. A partir de ses connaissances sur une monnaie sans dettes, il organisa un Comité d’urgence municipal, afin de créer des emplois.

La ville de Wörgl, dans le Tyrol autrichien met en place une caisse de secours pour éliminer les conséquences de la crise mondiale de 1929. Elle fait imprimer des attestations de travail d’une valeur de 1, 5 et 10 schillings. Et elle paie ainsi les employés et les ouvriers de la municipalité. Ces attestations seront dénommées exactement  » bons de premiers secours de Wörgl, certificat de travail en valeur « .

Seulement 9 000 schillings ont été émis sous forme de bons de travail, mais avec une dynamique intrinsèque.

Les résultats :

  • près de 1 000 personnes embauchées dans les usines de la ville et les fonctionnaires municipaux,

  • réalisation des travaux décidés par la commune : plage au bord de la rivière, pont, routes,

  • la situation financière s’est nettement améliorée : les recettes fiscales passèrent de 93 000 à 121 000 schillings sans augmentation d’impôt. Les lourds arriérés furent en grande partie réglés. Des paiements anticipés d’impôts pour 1933 furent même effectués !

  • la notoriété de cette pratique monétaire aux USA : le professeur d’économie politique Irving Fisher, à l’université de Yale (États-Unis ), avait envoyé en décembre 1932 ses assistants à Wörgl pour étudier cette expérience. Un des assistants de son institut, Hans Cohrssen, prononça le 17 février 1933, à la radio de New-York, une grande conférence pour toute l’Amérique du Nord sur cette expérience de monnaie franche. Il dut la recommencer deux fois. Finalement, sous la direction du professeur Fisher et sur l’exemple de Wörgl, de tels certificats de travail furent émis comme argent de secours dans 22 États des États-Unis, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de villes comptant plusieurs millions d’habitants.

commentaires :

Le miracle de Wörgl est l’exemple d’une Monnaie Pleine utilisée au niveau local dans une ville qui devient ainsi une ville libre par rapport à l’état et sa banque centrale. La prospérité apportée par la caisse de secours municipale et sa monnaie sous forme de  » bons de premiers secours, certificat de travail en valeur « , cette monnaie libre ou franche, a été rapide pour l’ensemble des agents économiques : les entreprises, la commune et l’ensemble des citoyens. Il n’y a pas eu d’endettement, au contraire une diminution des dettes publiques.

Il s’agit d’une politique économique de l’offre de travail qui entraîne l’augmentation de la demande avec les bénéfices et les rémunérations versées dans le cycle de production des richesses.

Pour éviter la thésaurisation de cette monnaie et l’épargne, cette monnaie est fondante. Chaque mois la retenue de 1% était concrétisée à l’aide de timbres collés sur les certificats. Ces timbres étaient vendus par la commune et apportaient donc une recette fiscale nette. De cette manière, bénéfices et rémunérations étaient utilisés de suite pour assurer la croissance économique.

Cette pratique d’une Monnaie Pleine, sans dettes, grâce au professeur Irving Fisher, a été également utilisée aux États-Unis dans près de la moitié des états et dans beaucoup, de villes de plusieurs millions d’habitants.

 

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2) Le miracle allemand entre 1933 et 1937.

 

L’arrivée au pouvoir du nazisme dans le cadre de la préparation de la seconde guerre mondiale décidée et financée par l’oligarchie financière anglo-saxonne est présentée sur le site fileane.com, partie 5, dossier  » Nos chers ennemis « , comment ils organisent les guerres.

L’exemple du redressement de l’économie allemande entre 1933 et 1937 porte essentiellement sur le développement industriel et celui des infrastructures publiques, menés selon les règles définies par Hjalmar SCHACHT avec l’utilisation d’effets de commerce adaptés aux circonstances de cette période. Le fonctionnement en détail de cette création de monnaie est décrit dans le diagnostic interne pour une nouvelle utilisation d’une Monnaie Pleine au niveau de ses ressources physiques, c’est à dire les productions de richesses qu’elle peut réaliser.

Cet exemple est remarquable (en dehors du contexte du nazisme et de la seconde guerre mondiale) parce qu’il porte sur un redressement rapide et général de l’économie d’un pays ruiné et atteint lui aussi par la crise financière de 1929 puis la crise économique mondiale qui en fut la conséquence. En quelques années, passer de la ruine à une production industrielle et à une élimination du chômage, ne s’était jamais produit auparavant et non plus après.

C’est la raison pour laquelle nous utiliserons ce système de création d’une monnaie sans dettes avec ses mécanismes plus loin lorsque nous présenterons le processus de création et d’utilisation d’une Monnaie Pleine.

Le principe repose sur les effets de commerce et la circulation de lettres de change. Lorsque tout est à reconstruire et à mettre au travail, ce sont les collectivités locales qui doivent prendre les initiatives pour lancer des travaux : routes, infrastructures, écoles, hôpitaux, logements sociaux, etc. Elles s’adressent ensuite aux entreprises qui pour réaliser ces objectifs doivent embaucher et acheter des matières premières, des équipements de production et des biens, des consommations intermédiaires qui entrent dans leur production.

Les collectivités locales émettent des effets de commerce sous forme de bons de travaux que Schacht nomme  » mefo » et lorsque le travail est terminé, ces bons de travaux sont escomptés auprès de la banque centrale nationale qui émet alors de la monnaie légale. L’ État allemand ne déboursait ses Deutschemark qu’au fur et à mesure de la « production », et ces Deutschemarks lui revenaient INTÉGRALEMENT dans ses caisses, par le cycle même de la monnaie.

L’État décidait la mise en fabrication d’une production de richesse matérielle nationale (un hôpital, par exemple). Il émettait, à l’entreprise choisie, les « mefo » correspondant au coût total, sans aucun intérêt. Ces « mefo » étaient remboursables par la banque d’État, en Deutschemark (DM), au fur et à mesure de la réalisation. Les « mefo » des différents producteurs de la chaîne, échangés contre les Deutschemarks, servaient ensuite à payer les salaires et les bénéfices, en « monnaie réelle ».

Exemple : la construction de 500 logements en maisons individuelles par la ville  » V  » pour un coût de  » x. DM.

5 entreprises interviennent depuis le terrassement, la construction, les branchements eau-électricité-gaz, les charpentes et toitures, l’aménagement intérieur (plâtres, peintures, menuiseries, mobiliers de cuisine, salon, chambres, etc.).

La ville  » V  » crée des bons de travaux (mefo) pour chacune des entreprise qui intervient dans ce projet: c’est la première signature sur le mefo qu’appose la ville qui commande les travaux et elle commence à le remettre à l’entreprise de terrassement puis aux 4 autres entreprises.

Lorsque la production de l’entreprise de terrassement est achevé, la ville signe le mefo de l’entreprise de terrassement pour indiquer que le travail demandé a été réalisé et accepté et elle transmet ce mefo avec les deux signatures à la banque qui gère le financement de ce projet immobilier pour le compte de la ville, la Banque de dépôts. Cette banque va escompter le mefo.

Cette banque après le contrôle de l’avancement du projet immobilier de la ville va demander à la Banque centrale de l’état un réescompte de ce mefo pour le transformer en monnaie légale, ici en DM. C’est la troisième signature apposée par la banque centrale d’état. Elle crée de la monnaie légale « réelle » en contrepartie des richesses qui ont été produites et des projets dont le contrôle indique qu’ils ont bien été réalisés comme prévus.

La monnaie légale créée par la banque centrale est versée à la Banque de dépôts et l’entreprise de terrassement l’utilise pour rémunérer et payer celles et ceux qui ont participé à la création de sa valeur ajoutée, les salariés, les fournisseurs, les administrations publiques, les actionnaires, etc.

Ceux-ci utilisent la monnaie légale  » réelle  » pour payer à leur tour leurs salaires et la répartition de leurs bénéfices. Cette monnaie réelle à travers son utilisation dans le circuit économique revient tôt ou tard à la Banque d’état car elle permet de nouveaux projets et de nouvelles dépenses d’investissements et de  croissance de l’économie nationale.

 

Pour éviter la surchauffe de l’activité économique et ses conséquences au niveau de l’inflation, Schacht procède avec un bon sens rigoureux. Il savait qu’il suffit de dépenser ASSEZ d’argent pour en retrouver assez : ni trop, ni trop peu. Tout risque d’inflation ou de déflation disparaît spontanément, l’équivalence de la dépense et des ressources résultant d’une constante mathématique.

L’instrument de contrôle est certes rudimentaire mais imparable dans sa logique : il suffit de contrôler le niveau des stocks et des expéditions dans les entreprises puis dans les magasins de la distribution. L’objectif est que la production soit vendue et si le délai de vente est rapide, c’est le signe que l’économie tourne fort et est en croissance. Si ce délai ralentit et que les stocks en usines augmentent, il s’agit de ralentir la production sous peine de se retrouver face à des invendus. Rappel : le risque majeur du système capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production est la surproduction capable de le mener à la ruine. Dans l’Allemagne des années 1930, au vu de la situation critique, un plan méticuleux n’était pas indispensable avant d’agir pour le redressement du pays.

Par contre en Union soviétique, dès 1935 les objectifs du Plan ont été dépassés et la puissance de l’économie soviétique devenait une menace pour l’Allemagne qui n’aurait plus été en mesure d’être la puissance européenne capable de conquérir les richesses de la Russie pour l’oligarchie financière anglo-saxonne dont ce fut le projet central.

Les résultats furent rapides et spectaculaires.

♦ En 1938 l’ Allemagne, pourtant pays au départ le plus touché par la crise avec les États-Unis, était le seul à être vraiment sorti de la crise. Les 7 millions de chômeurs ne le sont plus, il n’y a plus de chômage en Allemagne.

♦ A partir d’une base 100 en 1929, la production en 1938 était de 130 en Allemagne, 104 aux USA, 117 au Royaume-Uni et 93 en France (d’autres facteurs sont évidemment à prendre en compte, notamment la politique de change, désastreuse dans le cas de la France). La croissance revenue dans la Troisième Reich attire les capitalistes du monde entier et surtout américains avec les importants investissements de la famille Rockefeller, de Ford, de General Motors, d’ITT, du groupe suédois SKF. Tous ces investisseurs étrangers financeront l’effort de guerre nazi et produiront eux aussi pour l’armement allemand.

♦ La manière de Hjalmar Schacht utilisée pour redresser l’Allemagne n’a pas du tout été acceptée par les dirigeants de l’oligarchie financière anglo-saxonne et par les dirigeants politiques à son service. L’indépendance d’une monnaie pleine vis à vis des marchés financiers est pour eux totalement inadmissible . Exemple, ces deux citations très claires sur ce point.

 » Le crime impardonnable de l’Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale a été sa tentative de retirer sa puissance économique du système commercial mondial et de créer son propre mécanisme d’échange qui nierait les avantages financiers mondiaux.  » (Churchill, «La deuxième guerre mondiale » Berne 1960) 

 » Les grands banquiers sont alarmés par les succès de la politique financière de l’Allemagne hitlérienne, de la même manière qu’il y a plusieurs générations, leurs familles ont été terrifiées par les succès de l’économie naturelle de Lincoln et de Napoléon. Ce qui aurait été un progrès louable pour l’Allemagne et d’autres pays, était en fait la principale cause de la Seconde Guerre mondiale. La lutte entre la politique monétaire rival était inévitable. (Carnelius Carl Veith, « Citadelle du Chaos »).

 

Commentaires

Le déroulement de cette histoire et le sort réservé par les dirigeants nazis à Schacht sont connus.

Ce que nous retenons, c’est que le redressement allemand entre 1933 et 1937 a surtout profité aux grands industriels qui ont vu leurs bénéfices explosés. Ils purent ainsi par la suite soutenir la production exigée des nazis dans l’armement et la guerre. Les citoyens n’ont plus été au chômage et ont touché des salaires mais l’interdiction des syndicats et la volonté de développer une puissante industrie de l’armement ont fait qu’il n’y a pas eu de politiques sociales réelles.

Très vite, alors que Schacht demandait en vain que sa méthode soit étendue à la production agricole, les citoyens ont été confronté à la pénurie alimentaire et cette situation devint critique. Schacht fut accusé d’entre être le responsable et il fut ainsi évincé. Il exigeait d’autre part, qu’après 5 années de méfos, ceux-ci soient remboursés par l’état nazi car la Banque centrale n’avait fait que prêter des DM à l’état. Hitler et les dirigeants nazis n’ont eu que faire de la rigueur budgétaire de l’expert en Finances qu’était Schacht. La banque centrale fut contrainte par les nazis à financer les dépenses d’armements puis de guerres en utilisant la planche à billets et le pillage des richesses des pays occupés. Plus besoin d’experts en Finances macro économiques !

Hjalmar Schacht, à travers ses relations au plus haut niveau aux USA et en Grande Bretagne,  connaissait les plans secrets de Wall Street pour s’emparer des richesses de la Russie à travers l’organisation d’une guerre menée par l’Allemagne contre l’Union soviétique et le communisme. Il savait tout comme les principaux dirigeants américains que Rockefeller et JP Morgan avaient armé les SA d’Hitler et que le feu vert pour que celui-ci accède au pouvoir, avait été donné dans le salon ovale de la Maison Blanche par le Président américain.

A-t-il fait preuve d’un excès de zèle pour redresser aussi vite et puissamment son pays ? Tous savaient que l’Union soviétique réussissait son développement industriel et économique même au prix de déportations, exterminations par la faim de millions de personnes. Lorsque la victoire nazie sur l’Union soviétique s’échappa en décembre 1941 dans les faubourgs de Moscou, les dirigeants de Wall Street surent que l’Union soviétique ne serait pas vaincue mais ils avaient contre elle leur dossier sur la sélection de l’idéologie marxiste puis communiste en enfin soviétique .

Et cette idéologie communiste fût bel et bien l’opposition officielle à leur idéologie capitaliste libérale qui leur permit de justifier tant de dépenses d’armements et de guerres contre les pays communistes ou de manœuvres politiques et militaires pour imposer ce communisme dans les pays qui sont devenus leurs cibles de conquêtes économiques.

Ils restaient les maîtres du jeu en étant capables de créer les conditions des guerres qui depuis des siècles les enrichissaient si prodigieusement. Mais le redressement allemand de Schacht ne devait pas être connu, reconnu et pris comme exemple pour développer des économies nationales sans s’endetter auprès des banquiers internationaux. En ceci, ils appliquaient la sentence prononcée par leur ancien, Lionel de Rothschild, face au cas d’Abraham Lincoln et de son dollar Greenback.

Il n’en reste pas moins que la méthode et les outils mis en place dans ce redressement allemand ont montré toute leur efficacité, logique et bon sens. Encore faut-il les utiliser pour l’ensemble de l’activité humaine.

Il ne suffit pas de développer une économie en croissance, il faut aussi prévoir le futur autre que la guerre, présenter un avenir de prospérité et de paix. Le bon sens nous indique que les mefo, les effets de commerce, une monnaie pleine n’est certainement pas l’outil le plus indiqué pour y parvenir. Pour le futur, il est nécessaire d’utiliser un autre outil que nous examinerons le moment venu, les Droits sociaux.

 

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3) La reconstruction de la France après 1945.

 

Le mécanisme mis en place est décrit dans le diagnostic interne pour une nouvelle utilisation d’une Monnaie Pleine. Ce fut les Trente Glorieuses fondées sur la reconstruction et la modernisation du pays. Ce mécanisme repose sur les deux étapes bien connues :

la tournée du Trésor auprès des administrations publiques pour connaître leurs grands projets. Ce ne sont plus les collectivités locales qui sont interrogées mais les ministères. Cette démarche favorise la mise en place du Plan qui doit conduire les politiques du gouvernement.

le double escompte : l’escompte des bons du Trésor auprès des Banques commerciales retenues par le gouvernement puis le réescompte auprès de la Banque de France, nationalisée depuis 1945 à aujourd’hui.

 

Résultats :

Durant cette période de reconstruction du pays, la monnaie pleine et l’utilisation pratique des effets de commerce vont développer une gestion des filières de production et une stratégie de concentration des entreprises derrière de grands groupes industriels nationalisés dont la CGE qui regroupe dans les années 1970, Alsthom et Alcatel, sociétés issues de la SACM et de la Société industrielle de Mulhouse dont nous avons vu la démarche de banque-assurance.

Les besoins en investissements, le financement des programmes d’équipements ou de recherche-développement de nouvelles technologies sont présentés à l’administration du Trésor (la tournée du Trésor) et avec le Commissariat Général du Plan, la politique économique du gouvernement est définie. Le Gouvernement demande alors à la Banque de France le financement de ce programme d’investissements pour la part qui ne peut être couverte par la fiscalité. Charge à elle de gérer la monnaie légale et le stock de devises au mieux des intérêts du pays.

Pour créer de la monnaie, le Trésor émet des Bons du Trésor qui sont achetés par les investisseurs institutionnels qui ont besoin de faire fructifier l’épargne dont ils disposent. Pour limiter l’augmentation de la masse monétaire et éviter l’endettement auprès des marchés financiers, la circulation des lettres de change et des effets de commerce entre clients et fournisseurs intervient.

L’escompte auprès de la Banque de France, à la fin du processus de production, crée alors de la monnaie légale en contrepartie des richesses produites mais ce n’est alors qu’un jeu d’écritures comptables au niveau de la Banque centrale sans mettre en circulation de la monnaie fiduciaire ou scripturale. Au contraire, les effets de commerce, une fois escomptés sont détruits. Seul le bilan de la Banque centrale évolue pour correspondre au niveau qui a augmenté avec ces nouvelles richesses produites.

Les résultats de cette modernisation de l’économie française sont spectaculaires et répondent à la volonté du Général de Gaulle de rendre le pays souverain et indépendant vis à vis des deux autres grandes puissances, les USA et l’Union soviétique et certainement également vis à vis de la haute finance de Wall Street dont la conduite durant la seconde guerre mondiale a de quoi choquer plus d’un militaire aussi averti des questions politiques et géo politiques que de Gaulle.

La filière nucléaire se développe sur l’axe militaire de l’arme de dissuasion nucléaire qui garantit la souveraineté du pays et sur l’axe civil des centrales nucléaires pour assurer une indépendance énergétique vis à vis du pétrole, du gaz et du charbon.

La Sécurité Sociale permet de développer des services de santé à la pointe des technologies et des services à la personne qui élèvent d’autant le niveau de vie, de la naissance jusqu’à la vieillesse.

Le développement de la Recherche et des formations élève le niveau de compétences et permet à la jeunesse d’utiliser  » l’ascenseur social  » Cette liste des résultats est loin d’être exhaustive.

 

Commentaires :

Ces développements économiques et sociaux sont cependant confrontés aux difficultés politiques et aux guerres de la fin de la colonisation. Les modes de vie changent rapidement mais les règles et les valeurs de la culture française restent bloquées, d’où les conflits sociaux qui se succèdent.

Le patronat, la bourgeoisie d’affaires qui n’avaient pas été à Londres mais à Berlin selon l’expression gaullienne célèbre, profitent de ce redressement français qui sert en priorité ses intérêts. La cause provient de ce que le gouvernement utilise une quasi Monnaie Pleine qui ne sert que les intérêts des grandes entreprises, comme ce fut le cas avec Schacht en Allemagne entre 1933 et 1937.

Fin des années 1970, dans les Faculté de Droit, en quatrième année de Maîtrise, le cours de Droit Commercial sur les Effets de Commerce et notamment la Lettre de Change représente l’aspect juridique de l’utilisation d’une monnaie pleine pour reconstruire la France après 1945. Pourtant dès 1973 intervient l’interdiction faite à la Banque de France, nationalisée depuis 1945 et aujourd’hui encore, de financer sans dettes les politiques économiques et sociales, militaires, énergétiques… du gouvernement. Ce changement de politique monétaire imposée par l’oligarchie financière anglo-saxonne maintenant que le pays s’était reconstruit, se fit en toute discrétion. Le programme de Droit des Affaires sur les effets de commerce n’avait pas été actualisé fin des années 1970. Cela avait en fait peu de conséquences puisque les juristes professeurs n’indiquaient pas à quoi servaient réellement ces effets de commerce et leur relation directe avec une monnaie sans dettes pour développer une économie nationale. Mais le savaient-ils eux mêmes ?

En réalité ce ne fut qu’une quasi monnaie pleine car réservée aux investissements publics et non pas disponible pour les crédits à la consommation des ménages. Un évènement marquant qui caractérise bien cette politique de reconstruction du pays avec une quasi monnaie pleine date de l’hiver 1954 avec l’intervention de l’abbé Pierre. Pour illustrer cette colère, nous pouvons prendre l’exemple de la région de Rouen où l’abbé Pierre installera ses premières communautés Emmaüs. En 1954, les politiciens de la région s’occupent du projet du pont de Tancarville tout comme le gouvernement mène les grands projets d’infrastructures et d’industrialisation du pays. Mais des millions de français ont froid et nombreux sont les morts de froid. La monnaie pleine sans dettes est uniquement utilisée par le gouvernement et le patronat pour des grands projets et les bénéfices de leurs grandes entreprises. Nous savons depuis que la question du logement social est restée en souffrance et que les promesses politiciennes dans ce domaine n’ont pas été tenues. Nous y reviendrons lorsque nous aborderons les Biens Communs.

 

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4) La monnaie WIR utilisée par les entreprises suisses depuis 1934.

 

Nous revenons ici dans le même contexte économique et social des années qui subissent la crise de 1929 et que nous avons vu avec le cas du miracle de Wörgl dans le Tyrol autrichien. La connaissance monétaire de base utilisée en Suisse est également celle apportée par Silvio Gesell et sa  » monnaie franche « , sans dettes.

 

document : extraits.

La monnaie WIR existe en Suisse depuis 1934. Née dans un contexte de crise économique et monétaire, elle est parvenue à résister aux changements économiques et sociaux et à se développer. Utilisée aujourd’hui par plus de 60 000 entreprises en Suisse, son succès renvoie à un modèle économique et social cohérent que véhicule cette monnaie particulière.

…/…

Zimmermann et Enz ont alors l’idée de créer une coopérative nommée WIR-Cercle économique société coopérative (nom qu’elle a gardé jusqu’en 1998). Il s’agit plus précisément d’une organisation d’entraide pour les entreprises de différents secteurs, permettant à ses membres de renforcer leur coopération tout en stimulant leurs échanges. Le but étant, pour chacun, de mettre son pouvoir d’achat au service des autres afin d’accroître la performance d’ensemble du système. D’où l’idée d’instituer une monnaie permettant de faciliter l’accès au crédit et les échanges, à une époque où l’on estime que 20 % des billets en circulation sont thésaurisés en Suisse (Wüthrich, 2008). Ce programme devient effectif en 1936, avec l’obtention d’une licence officielle de banque. Très critiques à l’égard de la thésaurisation et plus largement du développement du capitalisme financier, Zimmermann et Enz s’inspirent à cet égard des idées de Silvio Gesell, lequel militait pour l’instauration d’une « monnaie franche ». …/… Conformément aux idées de Zimmermann et Enz, le système WIR fonctionne donc avec sa propre monnaie, et ce toujours en l’absence d’intérêts sur les avoirs et les crédits WIR au niveau du taux d’intérêt « pur » cité plus haut. Compte tenu de cette suppression, la banque WIR demande entre 1 et 3 % du montant de chaque transaction afin de couvrir ses frais de fonctionnement et le risque encouru. ( fin du document)

En fait, la coopérative des origines, pour se développer dans le système économique libéral, a du prendre les caractéristiques des banques commerciales et notamment utiliser les crédits pour avoir de nouveaux clients et grandir. Elle aide les entreprises petites et grandes mais n’a pas pour finalité de changer le système libéral. Bien au contraire, elle le renforce tout en restant protégée dans son espace privé. Il s’agit bien d’une monnaie qui fonctionne avec des taux d’intérêts faibles et donc avantageux pour les clients mais la portée de ce mouvement s’est limitée aux seuls intérêts des chefs d’entreprise. Nous sommes loin de la Banque -Assurance de la Mutuelle de la Société industrielle de Mulhouse au 19ème siècle et de la dimension sociale de son développement industriel. Ce qui explique que l’exemple de la Société industrielle de Mulhouse est aujourd’hui interdit par les dirigeants du système libéral et en particulier par le patronat français essentiellement catholique et que cet exemple de la monnaie WIR utilisée par le patronat suisse a pu se développer et est politiquement  » correct  » aujourd’hui dans le système libéral. Mulhouse associait chefs d’entreprises, cadres, ouvriers, municipalités, régions, dans un développement économique et social selon la culture protestante et qui n’avait pas changé depuis la République de Mulhouse dissoute en 1798 lors de son rattachement volontaire à la République française. Il y avait comme une sorte de Plan auquel tous participaient. En Suisse, cette participation des salariés et des citoyens n’est pas prévue. Il n’y a pas de plan d’ensemble à la base de la monnaie WIR… tout comme il n’y en a pas eu un de prêt lors de la votation de l’initiative Monnaie Pleine en 2018.

 

L’initiative suisse Monnaie Pleine de 2014 avec la votation en juin 2018,

comme toute initiative citoyenne, elle ne peut modifier qu’un seul point de la législation. Son but est limité à renforcer la sécurité des comptes bancaires des citoyens pour les protéger contre les crises financières.

L’initiative porte principalement sur la différence entre “bilan” de la banque, et “actifs gérés et administrés” en dehors du bilan de la banque. Un simple regard sur le Baromètre bancaire 2014 de Swissbanking montrera que le bilan des banques représente environ 3000 milliards, quand les banques gèrent plus de 6000 milliards de dépôts en clients en dehors de leur bilan. L’Initiative Monnaie Pleine propose de faire passer  environ 370 milliards de comptes de paiement hors du bilan, soit 6% de plus : et on veut nous faire peur parce que le monde de la banque ne saurait pas faire cela ? Cette petite différence pour les banques fera une grande différence pour les clients : on a bien vu dans la faillite de la Banque Hottinger, que les actifs gérés hors du bilan n’ont subi aucune perte. Pourquoi réserver cet avantage concurrentiel aux seuls “fortunés” ?

Il s’agissait d’un premier pas, d’ouvrir une porte pour qu’après une votation réussie, tout devienne possible !

Les partis politiques et le patronat ont vite compris que le succès de cette initiative et la remise en place de la souveraineté citoyenne sur la création monétaire allait changer le fonctionnement politique, économique, social du pays pour un retour aux valeurs fondatrices des cantons libres et de la Confédération helvétique : une démocratie directe locale participative qu’il s’agissait alors d’actualiser. Mais durant cette Initiative, cette description de la  » société d’après « , cette vision complète et précise de l’utilisation d’une Monnaie Pleine et de tout ce qui va avec, n’a pas pu se dévoiler. Nous avons tous appris à mieux connaître le système bancaire, monétaire mais une proposition globale pour mettre en place une société capable d’utiliser une Monnaie Pleine n’a pas vu le jour. Notre page interface Monnaie Pleine sur ce site web archive la plupart des débats qui ont eu lieu et les textes, les livres qui ont servis de support à nos discussions à Lausanne ou Genève.

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Le fonctionnement opérationnel d’une Monnaie Pleine

 

Le schéma de base de ce fonctionnement a été correctement exposé en 1942 par Francis Delaisi dans son livre  » La Révolution européenne  » où il fait l’éloge du système économique allemand fondé sur le Capital-Travail et non plus sur l’étalon-or ou le dollar.

Nous retenons de ce système économique, son moteur : l’utilisation d’une monnaie sans dettes, une monnaie franche ou une monnaie pleine, expressions qui désignent le même principe de création d’une monnaie qui appartient aux citoyens et sert leurs intérêts. Ce moteur, nous venons de le découvrir à travers les 4 utilisations présentées ici. Son schéma est toujours le même et dans les Réseaux de Vie il sera identique. Après il reste à désigner quels sont les agents économiques qui utilisent son fonctionnement.

Par contre, nous utilisons ici la Monnaie Pleine dans une culture humaniste où le Travail précède le Capital, et non l’inverse.

Le schéma et les étapes dans les Réseaux de Vie.

  

la « traite travail »

à 3 signatures, non escomptable par une banque privée,

qui permet la réalisation des grands projets sans aucune mise de fonds au départ.

Ceci revient à une sorte d’emprunt post travaux,

ce sont des « bons d’offre de travail » 

«Work Supply Bills» WSB…

1ère étape :la signature du Bon d’offre de travail.

Une institution politique avec l’une au moins de ses équipes de projets de vie résout un dysfonctionnement ou veut satisfaire un nouveau besoin. A travers la démarche Qualité Totale, cette équipe de projets évalue le COQ, le coût d’obtention de cette Qualité Totale. Cette évaluation est présentée au Centre de Gestion de l’institution locale, une Ville libre ou le cas échéant directement à la Confédération avec l’appui de sa Ville libre de rattachement.

Le centre de gestion présente ce projet et son financement à l’assemblée de l’action politique de la Ville libre ou de la Confédération. Selon le montant du financement, en dessous d’une certaine limite, la Ville libre émet un Bon d’offre de travail et le signe puis le remet aux entreprises retenues par l’équipe de projets dans son COQ.

Au delà de cette limite et pour ce projet qui requiert des investissements et des travaux importants, la Ville libre en relation avec la Confédération cherche à savoir si un Coût d’Obtention de la Solidarité est possible tout comme des synergies. Entre temps, le financement est inscrit dans le Plan au niveau local et Confédéral.

Le dossier complété, une fois prêt, la Ville libre ou la Confédération émet un Bon d’offre de travail et le signe puis le remet aux entreprises retenues par l’équipe de projets dans son COQ ou aux entreprises retenues avec le concours de la Confédération pour réaliser des économies d’échelle dans la production.

2ème étape : la signature à la réalisation des objectifs du projet de vie.

L’équipe de projet remet son rapport au centre de gestion de la Ville libre qui contrôle et valide le paiement des travaux. Une commission de l’assemblée de l’action politique signe le Bon d’offre de travail et le transmet à la banque locale de la Ville libre pour un premier escompte.

3ème étape : le deuxième escompte auprès de la Banque centrale de la Confédération.

Ce ré escompte permet à la Banque centrale de la Confédération de créer de la monnaie légale pour le montant des travaux et cette monnaie légale est transmise à la banque locale de la Ville libre pour paiement des participants à la création de la Valeur ajoutée du projet.

 

Cette Monnaie Pleine est utilisée pour le fonctionnement des entreprises, le paiement des rémunérations. Une équipe de projets de vie qui se crée ou poursuit son activité vers de nouveaux objectifs utilise d’abord cette Monnaie Pleine et le cas échéant lorsqu’elle a besoin d’un financement supplémentaire, elle demande à la Ville libre et le cas échéant à la Confédération si des disponibilités en Monnaie Pleine existent. Lorsque l’équipe de projet est dissoute et que ses membres créent une nouvelle équipe de projet ou vont rejoindre d’autres équipes de projets, le centre de gestion de la Ville libre procède à la liquidation des comptes de cette équipe de projets et transferts les ressources financières disponibles vers d’autres activités.

En fonction du Plan et de l’avancement des projets de vie, ces disponibilités sont transférées en priorité puis il y a création de nouveaux Bons d’offre de travail. Lorsque les travaux sont différés ou que l’activité baisse, les disponibilités en monnaie pleine sont retirées des centres de gestion ou de la banque locale et transformées en Droits sociaux pour être utilisés plus tard lorsque cela sera nécessaire en tant que Droits sociaux dans la gestion des Biens communs ou de les convertir à nouveau en monnaie pleine pour être utilisés immédiatement. Nous reverrons ce cas lorsque nous aborderons la gestion des Biens communs avec les Droits sociaux.

Sur le plan juridique, lors de la circulation des effets de commerce et de la lettre de change, la responsabilité entre endosseurs et endossataires est in solidum. En cas de défaillance de l’un d’entre eux qui briserait ainsi la chaîne de transmission et la confiance, celui qui subit le dommage peut s’adresser à n’importe lequel des autres signataires de la lettre de change pour être payé. Ce dysfonctionnement fait alors l’objet d’un Cercle de Qualité pour trouver un COQ et éliminer ce dysfonctionnement et s’assurer contre ce risque. Le dommage est compté comme une perte dans le calcul du Coût d’Obtention de la Solidarité.

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La participation de l’ensemble des citoyens a besoin d’un Plan pour se définir et s’exprimer.

 

Nous comprenons que cette gestion d’une Monnaie pleine, sans dettes, a tout intérêt à se dérouler dans le cadre de prévisions précises de l’activité à mener au présent et au futur. Ce fut notamment le cas la dernière fois en France après 1945 lors de la reconstruction et modernisation du pays.

document, source :

la Planification française après 1945, par Pierre Massé :

 

page 88.

 « Les prévisions et programmes à long terme établis à l’échelle nationale dans les pays occidentaux ne sont fondamentalement rien d’autre qu’une transposition et une généralisation de la technique des conventions commerciales de droit privé. » (R. Marjolin et Duquesne de la Vinelle.) L’instrument de ces prévisions et de ces programmes est le tableau économique de François Quesnay, que Mirabeau considérait comme « la grande découverte qui fait la gloire de notre siècle et dont la postérité recueillera les fruits ». La postérité s’est fait longtemps attendre, mais elle est quand même venue, lorsque Leontief a donné au tableau économique sa forme moderne et que Gruson a créé et développé les Comptes de la Nation. Le tableau économique est, initialement, une description des flux matériels circulant entre les principaux secteurs. (fin de l’extrait du document).

…/…

page 93.

La fonction du Plan est de développer ce système économique et financier de production des richesses organisé par le gouvernement.  » Les instructions adressées le 10 janvier 1946 à M. Jean Monnet par le général de Gaulle, président du Gouvernement, s’exprimaient en effet en ces termes : « Puisque l’exécution du Plan exigera la collaboration de tous, il est indispensable que tous les éléments vitaux de la Nation participent à son élaboration. » Un second élément de succès est la cohérence du Plan, le fait qu’il préfigure, si tout le monde joue le jeu, une situation dans laquelle les facteurs et les produits des différentes branches s’échangeront sur des marchés en équilibre. » 

fin du document.

 

L’utilisation de la monnaie pleine par les institutions politiques des Réseaux de Vie n’est donc pas une solution nouvelle et peu connue. Ce qui est radicalement nouveau, c’est la portée de son utilisation et sa généralisation à l’ensemble de l’activité humaine.

Dans l’histoire contemporaine, cette généralisation de son utilisation n’a jamais eu lieu jusqu’ici. L’explication est simple et notre lecteur l’a compris : dans un système de pouvoir qui contrôle l’activité humaine avec de l’argent dettes et avec la généralisation de la soumission des citoyens à l’obligation de s’endetter pour vivre, l’utilisation d’une monnaie pleine ne peut être que partielle et ponctuelle lorsqu’il est nécessaire de remonter rapidement une économie en crise… pour qu’elle puisse faire la guerre tel que les plans des maîtres du monde la prévoient. Ce fut le cas du plan Schacht pour sortir l’Allemagne de la crise de 1929 et de ses problèmes liés au Traité de Versailles et à sa défaite de novembre 1918. Des dirigeants politiques qui ne comprenaient pas ces questions financières et ce pouvoir sur la création de la monnaie, comme Churchill au Royaume-Uni, se sont opposés dès 1936 sur cette utilisation d’une monnaie pleine en Allemagne pour redresser l’économie du pays. D’où leur volonté au cours et après la seconde guerre mondiale d’anéantir totalement l’économie allemande.

Pour la première fois, après avoir quitté les systèmes de pouvoir, l’utilisation d’une monnaie pleine sert à rémunérer le travail à travers l’ensemble de l’activité humaine. La condition de cette rémunération, nous venons de la voir, tient dans la pratique de la démarche Qualité Totale à travers l’ensemble de l’activité humaine. Cette démarche Qualité Totale représente alors la pratique quotidienne et sans fin de la subsidiarité, de l’alliance des contraires, le passage de l’assurance à la solidarité.

La tournée du Trésor utilisée pour faire remonter les projets d’investissements et les besoins en financement dans le système de pouvoir entre 1945 et 1973 n’existe plus et elle est remplacée par l’action politique au niveau des institutions politiques locales puis au niveau de la Confédération des Réseaux de Vie. Préparées par les Centres de Gestion des Réseaux de Vie, les assemblées des institutions politiques décident du financement des Coûts d’obtention de la Qualité pour éliminer ou réduire les risques et les dysfonctionnements. Il n’y a plus de référence à des marchés en équilibre, dogme du système capitaliste et libéral qui n’a jamais été vérifié au niveau de cet idéal trompeur. Le risque mortel et destructeur de surproduction qui existe dans le capitalisme n’existe plus. L’action politique à travers sa gestion de l’ensemble de l’activité humaine, organise la répartition des ressources et des compétences en fonction du niveau de satisfaction des besoins sur les deux niveaux de production des richesses : le travail indispensable à la vie et à la survie d’une part et d’autre part la réalisation des œuvres capables d’élever le niveau de vie et qui sont transmises aux générations futures. Le plein emploi est réalisé à travers cet ajustement décidé par l’action politique des institutions des Réseaux de Vie.

Au niveau du fonctionnement de ce processus de production des richesses et de la rémunération du travail nécessaire à cette production, il y a une difficulté bien répertoriée et classique en économie : autant il est assez facile d’évaluer et de planifier les besoins pour la production de biens matériels ou d’équipements, d’infrastructures, autant il devient très difficile de planifier des services, des richesses immatérielles. Les spécialistes de la planification française après 1945 l’avaient fort bien compris :  » Le domaine des objets courants est beaucoup plus fluide. Il est à peu près impossible de savoir quatre années à l’avance quel nouveau gadget aura la faveur du public. Mais ici la régulation s’opère par l’adaptation des fabrications au moyen de transformations faciles et d’investissements rapides. «   D’où le besoin de développer le Marketing. Et encore, nous sommes ici toujours au niveau des biens matériels. Au niveau des services, par exemple le logement social, nous avons vu qu’en 1954, il y avait un manque total de planification de ces équipements immobiliers. Et aujourd’hui la seule planification qui vaille pour les services publics est celle de la haute finance qui réduit leurs financements à coup de mesures d’austérité avant de pouvoir les privatiser puisqu’ils ne sont plus alors en capacité de rendre un service public de qualité.

Nous pouvons de mémoire citer une autre affirmation connue : si l’Union soviétique dès les années 1930 avait eu des ordinateurs, le communisme aurait réussi. Aujourd’hui nous avons tous des ordinateurs à notre disposition, seulement cette planification est interdite car radicalement opposée à la doctrine des marchés et au système capitaliste dominé par l’oligarchie financière anglo-saxonne. Pourtant la planification qui sert de base pour créer et gérer la Monnaie Pleine tout comme les Droits sociaux permet le développement des Biens communs et la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie.

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La Monnaie Pleine et le paiement des échanges économiques dans les Réseaux de Vie.

 

La circulation de la Monnaie Pleine légale sans dettes est indispensable pour simplifier les échanges destinés à vivre et pour consommer les biens et services courants, habituels. Les paiements se font en monnaie fiduciaire et le plus souvent en monnaie scripturale. Il n’empêche, il s’agit d’éliminer le risque de thésaurisation, c’est à dire que des consommateurs épargnent en mettant de côté de la monnaie pleine et créent ainsi une fuite de monnaie et à moyen terme un risque d’inflation.

Nous avons vu dans les cas historiques d’utilisation d’une monnaie pleine, que Silvio Gesell pour défendre la monnaie franche mettait en place une monnaie fondante pour dissuader les consommateurs de thésauriser cette monnaie. Le Bon d’offre de travail s’il était conservé plus longtemps qu’autorisé devait payer un impôt. Les dates de circulation sur le Bon d’offre de travail apportaient la preuve pour justifier ou non cette imposition dissuasive. Les consommateurs qui conservaient longtemps un Bon payaient beaucoup d’impôts et ceux ci diminuaient d’autant la valeur réelle du Bon.

Dans le cas de Wörgl, ce fut possible car seuls ces Bons circulaient et ce n’est qu’une fois les richesses produites et vendues à des agents économiques externes que de la monnaie légale autrichienne ou des devises étrangères entraient dans les caisses de la ville. Dans le cas du redressement allemand, vu la situation misérable au départ et le fait que les mefo circulaient essentiellement entre les grandes entreprises et leurs sous-traitants, le risque de thésaurisation de la monnaie DM créée après le double escompte des mefo était minime.

Dans les Réseaux de Vie, ce risque de thésaurisation ne peut compromettre le développement durable et la prospérité future.

La possibilité de thésauriser et de vivre de ses rentes n’existe cependant pas car les entreprises commerciales n’ont pas d’actionnaires et d’investisseurs comme dans le capitalisme. L’épargne n’a donc pas cette possibilités de trouver des revenus. Pour financer les investissements, le travail et le développement des projets de Vie, les citoyens et leurs institutions politiques utilisent une Monnaie Pleine et des Droits sociaux, comme nous allons le voir. Donc pas d’endettement pour des crédits, pas de dividendes à verser aux actionnaires ou aux fonds d’investissements, etc. Ce qui représente un avantage concurrentiel important et une élimination totale du surcoût du capital actuel par rapport au système capitaliste libéral.

L’épargne pour préparer le futur est naturelle et permise, seulement elle prend une forme nouvelle qui n’existe pas dans le système de pouvoir capitaliste libéral et pour cause, puisqu’elle y est rigoureusement interdite vu qu’elle utilise la propriété commune : ce sont les Droits sociaux.

La thésaurisation se justifie pour disposer de ressources financières lorsqu’un évènement particulier surviendra dans le futur de manière à pouvoir y faire face. L’autre argument repose sur la volonté de capitaliser ces ressources financières pour se faire plaisir à un moment donné et s’offrir un bien ou un service exceptionnel et sortant de l’ordinaire. La problématique repose donc sur la prévision et l’organisation du futur, avec ses risques et ses possibilités de plaisir.

La planification dans le futur de ces besoins et de ces services est possible et indispensable. Ces évènements futurs vont donc compléter le Plan mis en place pour gérer la Monnaie Pleine qui finance les travaux à court terme.

La planification valorise le travail à réaliser soit en Monnaie Pleine pour le travail immédiat à court terme, soit en Droits sociaux pour le moyen et le long terme.

Par exemple pour un être humain , à la naissance, sont évaluées en Monnaie Pleine les dépenses pour les besoins du bébé et des parents. Puis dès la naissance, sont planifiées en Droits sociaux à l’âge de 3 ans les dépenses en salaires et investissements de l’école maternelle, etc., jusqu’à la planification d’une maison de retraite et des dépenses de fin de vie en salaires et en investissements.

Les citoyens définissent durant leur avancée en âge, leurs projets de vie : suivre ou pas des études supérieurs, vivre en ville ou à la campagne, partir à l’étranger quelques années ou définitivement, se marier, avoir des enfants, etc. A chaque étape, ces données actualisent la planification qui avait été faite à la naissance et la gestion des droits sociaux se met à jour. Le moment venu, les citoyens utilisent directement ces droits sociaux dans les biens communs utilisés ou convertissent une quantité de Droits sociaux en Monnaie pleine pour payer des dépenses devenues immédiates. Bien entendu, le travail des citoyens est rémunéré en Monnaie Pleine et une partie dont la part est laissée au choix de chaque salarié.e, est rémunérée en droits sociaux (comme pour les cotisations sociales actuelles). Les droits sociaux acquis à partir du travail deviennent plus importants que ceux attribués dès la naissance à travers la planification.

Cette gestion qui est centrale au niveau de l’action politique dans les institutions politiques des réseaux de vie sera développée dans le chapitre suivant lorsque nous développerons la gestion des Biens communs. Pour le moment nous présentons les moyens de paiement et la monnaie pleine qui favorisent le développement des échanges entre les réseaux de vie.

Cette planification qui garantit le développement des biens communs qui élèvent le niveau de vie s’ajuste ainsi avec souplesse années après années en fonction de l’évolution des modes de vie et de l’évolution démographique. Cet ajustement fait l’objet de décisions prises par l’action politique au niveau des institutions dans lesquelles évoluent les citoyens.

Nous venons de voir le financement de l’activité présente et future. Il y a aussi l’activité qui utilise le passé, le patrimoine matériel et immatériel transmis par les générations qui nous ont précédés.

Les évènements qui vont survenir volontairement ou inéluctablement dans la vie humaine sont connus et font partie de notre condition humaine depuis notre naissance jusqu’au décès de notre corps charnel. Nos aînés sont passés par là et ont construits des bâtiments et des connaissances pour disposer des solutions les meilleures afin de vivre dignement et en sécurité ces moments et ces choses de la vie. Au niveau local, notamment durant la période médiévale en Europe, ce patrimoine et ce savoir ont été géres en propriété commune sous le statut juridique de Biens communs. Aujourd’hui la propriété collective de l’état-nation gère les services publics, ceux de l’état Providence que l’idéologie néo libérale et ses partisans veulent privatiser et à défaut réduire drastiquement les financements publics à travers le système fiscal.

Ces biens communs gérés en propriété commune n’ont pas besoin d’utiliser une monnaie pleine comme dans le cadre d’une consommation habituelle de biens matériels. L’utilisation des services dépend étroitement des locaux et de leurs équipements mais aussi de leur localisation, de leurs environnements naturels, de leur situation dans des paysages remarquables, des milieux de vie adaptés à l’éducation, à la recherche, au rétablissement de sa santé, à la pratique des loisirs, au partage de ses amours, à la pratique de notre première source de savoir et à notre cheminement spirituel. L’utilisation de ces services et de leurs moyens est davantage un droit d’accès à ces équipements que le paiement d’un bien de consommation.

Ce droit d’accès à un Bien Commun est plus un titre de propriété permettant l’usage d’une chose que le paiement d’un bien avec une monnaie qui permet l’ensemble des éléments d’une propriété : usage, droit d’en tirer des revenus, pouvoir de la détruire ou de la vendre.

En clair, nous revenons à ce stade de l’analyse à la justification d’une monnaie selon le droit de propriété auquel elle se rattache.  Et ce droit de propriété dépend d’un critère temporel: le présent ou le futur ou encore le passé et son patrimoine, ses connaissances que nous avons besoin de conserver.

L’usage du droit de propriété varie donc selon le moment de la consommation d’un bien ou service soit à court terme soit à moyen ou long terme mais aussi selon le mode de financement de cette consommation au présent puis au futur.

Les écritures comptables dans le fonctionnement des Réseaux de Vie sont ainsi exprimées soit en Monnaie pleine soit en Droits sociaux.

La distinction juridique selon l’utilisation souhaitée du droit de propriété :

Droit de propriété complet :

usage, recevoir des fruits, vendre ou détruire

Monnaie Pleine

Biens de Consommation

Produits

uniquement droit d’usage

Droits Sociaux

Biens Communs

Services

La distinction entre le moment de la consommation :

Consommation immédiate de produits matériels pour vivre:

Monnaie Pleine

Consommation

Consommation différée et prévue pour plus tard ou quand c’est nécessaire le moment venu :

éducation, santé, justice, sécurité, voyages et loisirs, retraite, dépendance et fin de vie, etc.

Droits Sociaux

Épargne

Utilisation des moyens de paiement selon le droit de propriété et le niveau de gestion des échanges.

Forme de propriété :

Paiement des échanges et du travail

Niveau de gestion 

Propriété individuelle

comptabilité en partie double, troc, don,

Monnaie Pleine 

Personnes juridiques, citoyens 

Propriété Commune 

Droits sociaux

Institution locale

 qui gère les Biens communs 

Propriété collective

Monnaie Pleine,

Droits sociaux

Banque centrale

de la Confédération

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Les gestions possibles de la Monnaie Pleine dans les Réseaux de Vie.

 

Au niveau de chaque institution politique, l’action politique de ses membres détermine la forme de propriété utilisée dans son fonctionnement et la nature des échanges qui sont réalisés. Nous sommes ici au coeur de l’exercice du Pouvoir et de la mission des assemblées de l’action politique : choisir la forme de propriété la plus judicieuse pour gérer un bien ou un service à court terme ou à moyen et long terme.

Par exemple, une ville libre ou une équipe de projets de vie peut décider d’acheter les véhicules dont elle a besoin pour réaliser ses objectifs. Elle aura le choix entre la propriété commune ou la propriété collective. Comme il s’agit de produits ou de biens matériels, il sera probablement plus simple d’utiliser la Monnaie Pleine et d’utiliser la propriété collective : la gestion des véhicules sera confiée à des représentants du groupe social, certainement un petit groupe de mécaniciens. Pour construire un bâtiment, la gestion sera confiée soit au groupe social soit à un groupe de spécialistes du bâtiment qui rendra compte devant l’assemblée de l’institution. Une fois que le bâtiment est construit, le personnel qui assure les services peut être géré selon un contrat de travail individuel ou selon la propriété collective en tant que représentants désignés par le groupe social selon les compétences nécessaires et la durée de la mission exercée dans l’institution.

Il y a donc une grande souplesse dans le fonctionnement des Réseaux de Vie au niveau de l’utilisation des moyens de paiement et cette souplesse permet d’obtenir une transparence et surtout une bien meilleure sécurité dans les échanges.

Le système de pouvoir communiste n’utilise que la propriété collective gérée par le seul parti communiste ou soviétique et les propriétés individuelles et communes sont interdites, d’où la dérive totalitaire inéluctable. Le communisme décrit par Marx et Engels condamne bien le système de pouvoir capitaliste mais il reste à une analyse historique, philosophique et sociologique et aujourd’hui encore les militants communistes au premier abord, ne comprennent rien à ce droit de la propriété qui nous est interdit par les dirigeants politiques depuis l’absolutisme royal jusqu’à la Constitution de la Vème République. Obnubilés par la lutte des classes à l’intérieur d’un système de pouvoir, ils confondent béatement propriété collective et commune en croyant que collectif et communiste c’est la même chose que commun et la gestion des Biens Communs par le groupe lui-même dans une démocratie locale directe participative ou nommée aujourd’hui à travers le village planétaire d’Internet : Réseaux de Vie politique, économique, sociale, culturelle…

Par contre, le développement des Réseaux de Vie a pour objectif l’utilisation prioritaire des biens communs au niveau des œuvres destinées à élever le niveau de vie et qui sont transmises aux générations futures. La propriété collective, nous le rappelons, a pour objectif prioritaire la gestion des biens ou services immatériels. Parmi les droits sociaux qui garantissent les échanges de savoirs ou de production immatérielle, à côté de l’usage d’un bien ou d’un service matériel ou interpersonnel, il y a également le don ou le troc qui complètent ici les possibilités de paiement d’un échange.

Cet objectif prioritaire qu’est le développement des Biens communs utilise les différents moyens de paiement et ceux-ci reposent sur la distinction entre consommation et épargne, consommation différée. S’il est plus facile de planifier la production des biens matériels ou les biens d’équipements (machines, etc.), si le système capitaliste n’a pas voulu planifier le développement des services publics pour espérer mieux les privatiser, les Réseaux de Vie vont planifier le développement des Biens Communs.

Nous allons y venir dans le chapitre qui suit. Mais avant, il nous reste à présenter l’intervention de la Confédération des Réseaux de Vie dans la gestion de la Monnaie Pleine.

 

L’intervention du collège du Commerce de la Confédération des réseaux de Vie.

 

Cette intervention se précise donc au niveau de la gestion de la Monnaie Pleine et des Droits Sociaux.

La Confédération va travailler la planification pour dégager des synergies sinon des gains de productivité, spécialement en premier lieu des économies d’échelle positives dans l’outil de production.

Nous le répétons, l’utilisation de la lettre de change et des effets de commerce favorise et requiert des stratégies de concentration par filière, le plus souvent verticale. La confédération va animer et contrôler le travail des différents centres de gestion des réseaux de vie chargés de cette recherche des synergies et des gains de productivité. L’exemple repris dans le document sur le Plan français après 1945 présente l’étude de marché du sidérurgiste :

document :

page 88.

Aussi toute firme fait-elle des études de ce type avant d’établir ses programmes d’investissement et de fabrication. Le sidérurgiste assure ses approvisionnements de minerai et de coke, suppute ses débouchés dans les secteurs de l’énergie, de la mécanique et du bâtiment, s’informe des programmes de ses concurrents. Il ne prend ses décisions qu’après une exploration minutieuse de son environnement industriel. Mais, en se limitant à cet environnement, il peut négliger des domaines d’activité qui lui semblent éloignés du sien et qui sont, cependant, susceptibles de réagir sur sa situation. L’évolution des revenus agricoles ou de la recherche pétrolière, par exemple, a des effets qui se transmettent de proche en proche à travers l’économie, et qui, après avoir affecté la production des tracteurs ou des tubes, finissent par influencer les ventes d’acier. L’idée directrice de la planification indicative est d’intégrer tous ces effets d’interdépendance en étendant à l’échelle de la Nation le comportement du sidérurgiste à l’égard de ses approvisionnements et de ses débouchés.

fin de l’extrait du document.

 

La planification est restée indicative en France après 1945 parce que la doctrine libérale l’impose et que la jurisprudence reste établie sur la théorie du chef d’entreprise seul juge de sa gestion, sauf sur la question du licenciement d’une partie ou de l’ensemble du personnel lors de la fermeture partielle ou totale de son usine ou établissement. Cette planification dans les Réseaux de Vie est au minimum incitative sinon impérative de fait mais ceci ne doit pas poser de difficultés puisque les équipes de projets de vie et leurs institutions pratiquent la subsidiarité, la Qualité Totale et les autres méthodes de gestion dans un management participatif. Le résultat attendu est bien la solution optimale compte-tenu des connaissances disponibles, solution optimale qui rencontre en principe une unanimité.

La planification et ses mises à jour dans le tableau économique des Comptes de la Confédération permet également de gérer la masse de Monnaie Pleine en circulation avec les sommes échangées par les lettres de change et les effets de commerce ainsi que pour l’exercice comptable, le montant des conversions des Droits sociaux en Monnaie Pleine et pour finir, avec le stock de Droits sociaux qui serviront dans les années futures pour donner du travail aux citoyens. Les citoyens veulent connaître la charge de travail pour les mois et les années à venir dans une entreprise, après ils savent ce qui va arriver. Le Plan répond à cette attente humaine, ce besoin de sécurité. Le résultat final, nous l’avons dit, se lira dans le Bilan de la Banque de la Confédération et l’augmentation attendue de ses actifs représentants les richesses produites et disponibles pour les citoyens des Réseaux de Vie. Nous comprenons maintenant que la plupart de ces actifs correspondront aux patrimoines des Biens Communs.

Le lecteur comprendra aussi dès à présent que l’utilisation d’une Monnaie Pleine et des Droits sociaux avec toutes les règles et mesures, la planification, qui permettent leur gestion, est de nature à garantir sur le plan social non seulement l’élimination plus ou moins rapide des inégalités de revenus et de patrimoine provoquées par l’absolutisme royal puis le système économique capitaliste, mais aussi l’élimination de la lutte des classes puisque sur le plan social, dans les Réseaux de Vie, il n’y a pas de place pour des classes sociales. Nous verrons que dans la civilisation humaniste portée par les Réseaux de Vie, il n’y a pas de classes sociales, seulement une organisation fonctionnelle de l’activité humaine et qui, durant la période médiévale dans les villes libres où tous étaient bourgeois de la ville, impliquait la répartition des citoyens selon leurs compétences et métiers, en différents ordres ou corporations. Nous allons y venir et actualiser cette organisation au niveau des institutions sociales des Réseaux de Vie.

Pour conclure

 

La Monnaie Pleine et les Droits sociaux sont bel et bien un Bien Commun établi sur un ensemble d’inter relations entre citoyens qui partagent une même vision du monde et une même recherche de leurs raisons de vivre.

Ces échanges sont l’exercice du Pouvoir tel que nous l’avons défini en présentant au tout début, le choix de civilisation et la définition du Pouvoir de Hannah Arendt, définition reprise des exemples des civilisations antiques grecques et égyptiennes : « un rassemblement d’hommes égaux décidés à l’action ». Il correspond à « l’aptitude à agir de façon concertée » et « il jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble. »

Cet exercice en commun du pouvoir, faut-il le rappeler maintenant, est aussi le socle de la confiance déposée dans la Monnaie Pleine.

La Monnaie Pleine appartient à tous parce que tous lui font confiance pour rémunérer leur travail et l’utilisation des biens de consommation et des services dont ils ont besoin pour mieux vivre, élever leur niveau de vie et développer ensemble un nouvel art de vivre dans une civilisation à nouveau florissante.

Dans la partie 5 qui présente la transition entre le système de pouvoir libéral et le développement des Réseaux de Vie nous aborderons les mesures pratiques pour mettre en place la Monnaie Pleine et les Droits sociaux. Nous reprendrons la mesure principale de l’initiative suisse Monnaie Pleine pour mieux sécuriser les comptes des clients des banques commerciales et nous irons plus loin pour mettre en place les principes exposés sur cette page et dans ce chapitre.

Pour approfondir cette question de la création monétaire par les citoyens, l’Analyse stratégique pour l’utilisation d’une Monnaie Pleine dans les Réseaux de Vie, regroupe les documents que nous avons retenus pour montrer qui se sont opposés à une banque centrale privée et comment une Monnaie Pleine a été utilisée lors de crises économiques, notamment durant les années 1930. Ce dossier accompagne cette page web qui a présenté le fonctionnement de l’Institution économique Monnaie Pleine dans les Réseaux de Vie. Ce dossier indispensable pour dégager les axes de développement d’une Monnaie Pleine comprend :

L’Analyse stratégique pour l’utilisation d’une Monnaie Pleine dans les Réseaux de Vie, Introduction

Le conflit entre les deux cultures qui s’affrontent depuis les début de l’ère industrielle, le contexte dans lequel intervient la Monnaie Pleine

Le Diagnostic interne, les forces et faiblesses d’une Monnaie Pleine, analyses des ressources et des compétences.

Le Diagnostic externe, les opportunités et les menaces de l’environnement politique, économique, sociologique, technologique, écologique et légal (PESTEL) et le Bilan de cette Analyse stratégique.

 

Les Biens Communs,

création, gestion.

« La réussite des biens communs repose sur leur adaptation à leur environnement local » Elinor Ostrom.

C’est le résultat de la pratique de la subsidiarité.

sommaire.

Pour une définition

de la gestion des Biens communs

une histoire des biens communs 

l’élimination des biens communs

en France 

l’élimination des biens communs

en Angleterre

la notion de Bien commun 

celle de Pierre Leroux

relation entre le Bien commun et

la gestion des Biens communs

la définition du Bien commun

au XIIIème siècle

l’économie du Bien commun

dans le capitalisme libéral

Elinor ÖSTROM

et la théorie des Communs

la restauration des Biens communs

dans les Réseaux de Vie

caractéristiques des bien communs

l’utilisation des Droits sociaux

la circulation des Droits sociaux

conclusion

  

 

Pour une définition de la gestion des Biens Communs.

 

Nous venons de présenter le fonctionnement d’une Monnaie Pleine pour financer l’ensemble de l’activité humaine. Lorsque le Travail précède le Capital, cette valeur fondamentale de la culture humaniste des Réseaux de Vie, exprime un rapport de temporalité, une chronologie naturelle et logique. Le travail lorsqu’il est aussi  « l’aptitude à agir de façon concertée » devient l’exercice du pouvoir et ce pouvoir,« il jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble. », pour répéter ici la définition du Pouvoir d’Hannah Arendt.

Lorsque le Capital précède le travail, l’argent dettes et le pouvoir de la haute finance contrôlent le système économique libéral et ce pouvoir financier s’exerce au présent mais aussi et surtout sur le futur. C’est la volonté chimérique d’imposer un gouvernement mondial dirigé par l’oligarchie financière anglo-saxonne et comme nous l’avons mentionné, pour un citoyen, c’est No Future, il ne peut que se soumettre à ce qui a été prévu pour lui : travailler toujours plus pour les plus riches ou être exclu s’il ne sert à rien.

Quand le Travail précède le Capital, nous avons quitté le système de pouvoir libéral. Travail et exercice du Pouvoir vont ensemble. Nous l’avons montré à travers la démarche Qualité Totale dont les résultats, les COQ servent de base pour la planification du travail et donc aussi des investissements nécessaires au Travail tout comme pour les rémunérations.

La valeur Travail porte en elle naturellement la dimension temporelle passé-présent-futur. Pour le présent, investissements et rémunérations sont financés par la Monnaie Pleine. Pour le futur nous avons montré l’intérêt d’utiliser les Droits sociaux et ceci est également valable pour le passé. Et à partir des Droits sociaux, nous sommes arrivés à la notion de Biens communs et à leur gestion avec les Droits sociaux.

La gestion des Biens communs organise ainsi les activités futures et celles provenant du passé, prévisions et actualisations qui se réalisent au présent. Cette approche des Biens communs devient plus simple et claire lorsqu’ils se définissent avec la notion de Travail. Il s’agit d’un travail plus long, d’une qualité supérieure pour être utilisé longtemps, un travail durable sur le très long terme et destiné à être transmis aux générations futures. L’activité se situe sur le deuxième niveau, la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures. Cette activité est gérée essentiellement par la propriété commune, le groupe social au niveau local et en démocratie directe participative lors des assemblées communales.

L’exercice du pouvoir pour développer les Biens communs nécessite des compétences élevées pour concevoir et réaliser des biens qui conviendront toujours après plusieurs siècles parce que leur haut niveau de Qualité en feront des œuvres, des chefs d’œuvre. Ces réalisations, ces constructions, ces travaux ne suivent pas le même rythme, les mêmes techniques, elles n’utilisent pas les mêmes ressources que le travail indispensable à la vie et à la survie pour se nourrir, se loger, se mettre en sécurité. Ces connaissances sont des expertises qu’il s’agit de conserver et d’enseigner pour qu’elles soient utilisées par tous à à travers les générations suivantes. Les biens communs regroupent donc des biens et services matériels et des connaissances immatérielles. La combinaison de ces deux éléments à travers le Travail-exercice du Pouvoir donne à la gestion des Biens communs sa place centrale dans le développement des Réseaux de Vie.

Le développement des biens communs constitue alors le pilier de la croissance et d’une civilisation prospère.

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Une histoire des biens communs depuis la période médiévale.

 

A la période médiévale, dernière période florissante en Europe, les biens communs rassemblaient l’utilisation des ressources naturelles (eau, forêt, prairie, minerais), les bâtiments et constructions héritées du passé, les arts nouveaux pour construire des bâtiments plus grands et splendides, les cathédrales, les villes libres, les bains et thermes, les hôpitaux, les maisons du centre ville,les forteresses, les forges, les réserves de nourriture, le système hydraulique des campagnes pour les moulins, les étangs à poissons, les vignes et les caves de vinification, les routes, les ponts, les ports et les flottes commerciales,etc.

Les ordres monastiques ont apporté ces connaissances et techniques de construction, de management aux peuplades venus s’installer en Europe après la chute de l’empire romain. Puis au 12ème siècle les ordres de moines chevaliers, principalement les Templiers, ont défendu ces richesses nouvelles et mis en place leur banque avec circulation des lettres de change et ont menés les expéditions maritimes avec l’aide de la flotte des vikings pour restaurer l’ancienne route de l’Antiquité vers les Andes de Tiahuanaco.

Pour rester ici sur la question des Biens communs et leur gestion à la période médiévale en France, les Bénédictins, Cisterciens puis Templiers, Teutoniques, Hospitaliers, ont rencontré deux difficultés dans leurs entreprises, toutes deux de nature politique.

Les chefs francs une fois installés en Gaule, n’ont cessé de se quereller pour étendre, défendre leurs fiefs à travers des pillages et des guerres de successions. Certes la plupart ont suivi l’enseignement des moines et des évêques mais il n’était pas question pour eux d’abandonner leurs conquêtes, leur pouvoir politique pour s’intégrer dans l’organisation en réseaux des ordres monastiques et participer à la gestion des biens communs en propriété commune. Les bénédictins ne cessèrent de garder leurs distances vis à vis des rois francs toujours prompts à leur demander allégeance et soumission à leurs intérêts. En 1789, l’abbé Sieyès, à la Convention, posa même la question de savoir si le pays devait encore se nommer France tant la monarchie franque fut responsable de tant de guerres et de misère et s’il ne valait pas mieux revenir au nom de la Gaule, comme sous l’empire romain quand après 300, l’empereur devint le chef de l’église chrétienne romaine.

La papauté romaine n’a cessé de vouloir reconquérir la puissance de son pouvoir lorsque l’empereur était également le chef de l’Église. Le développement des richesses par les Bénédictins sur le sol de France leur a permis d’élire régulièrement l’un des leurs sur le siège de la papauté à Rome. Mais l’église ne se limite pas à des ordres monastiques. Ses ordres séculiers établis au milieu des populations et des villes ne disposaient pas des richesses des abbayes et des couvents, tout comme le roi d’ailleurs aussi. Le développement des richesses durant le temps des cathédrales au 13ème siècle aggrava la situation et la convoitise des rois de France en premier et de la papauté romaine en second. Après la destruction des Templiers en 1307, rapidement les Abbayes et leurs propriétés foncières furent diriger par les enfants de la noblesse avant de leur appartenir et de leur verser des rentes conséquentes.

En clair et en utilisant notre analyse de la situation, les ordres monastiques se sont développés dans le système de pouvoir de la monarchie franque et dans celui de la théocratie papale romaine sans finalement pouvoir convertir l’un ou l’autre à sa culture civilisatrice et humaniste et nous connaissons comment cette dernière période florissante fut brisée et suivie jusqu’à nos jours de 7 siècles de guerres, de crises, de pandémies avec deux guerres mondiales en Europe au 20ème siècle.

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L’élimination des Biens communs et leur collectivisation par les monarchies

ou leur privatisation par la bourgeoisie d’affaires à partir du 14ème siècle.

 

Les richesses de la période médiévale apportées par cette prospérité remarquable, furent pillées avec férocité par les dirigeants des systèmes de pouvoir monarchiques et les dirigeants du système capitaliste à l’aube de son essor.

Commençons par le rappel des faits historiques puis nous verrons comment la récupération de cette culture humaniste s’est faite au niveau intellectuel dans les théories et dogmes posées par les dirigeants et du capitalisme et de la théocratie papale.

 

L’élimination des biens communs en France après le vendredi 13 octobre 1307.

 

Il s’agit ici d’un simple rappel des pages de fileane.com qui décrivent l’organisation des ordres bénédictins, cisterciens puis templiers. Suite à la destruction de l’ordre du Temple, la France va connaître une série de malheurs, la peste, la guerre de Cent Ans, les guerres de successions entre monarques. Nous avons indiqué la tentative de Jeanne d’Arc et de son mouvement pour restaurer l’organisation de la période médiévale. Une autre tentative bien plus maladroite et radicale a été la guerre des paysans puis les guerres de religions entre catholiques et protestants. Enfin nous avons montré les erreurs des révolutionnaires de 1789 qui n’ont pas su se souvenir et comprendre la période médiévale et son développement florissant.

Début des années 1300, le roi de France était ruiné car ses revenus ne portaient que sur 10% du sol de la France. 90% du sol était géré par les abbayes, les ordres monastiques et chevaliers sous forme de biens communs. Les moines qui géraient ces richesses avaient fait vœu de pauvreté mais leurs ordres se développaient grâce aux richesses produites. Philippe le Bel ne pouvait pas présenter d’arguments économiques, politiques pour justifier sa volonté d’absolutisme royal. S’il ne détruisait pas les chevaliers templiers, c’était la royauté qui disparaissait au profit d’une organisation sans intermédiaire entre les citoyens chrétiens et Dieu, comme ce fut le cas par exemple, pour la République de Gamala en Galilée avec ses nazoréens.

Le développement des Biens communs gérés par les moines puis les templiers reposait sur les enseignements religieux chrétiens qui eux mêmes provenaient du savoir des temples des bords du Nil et de Grèce dont les savants s’instruisaient dans les temples des bords du Nil. Ce savoir, à la période médiévale, était commun aux chrétiens de Constantinople et aux arabes musulmans notamment d’Espagne et du Maroc. En Europe, les moines bénédictins après l’an 500 s’étaient efforcés d’instruire avec ce savoir, les chefs des peuples venus envahir l’Europe occidentale après la chute de l’empire romain d’Occident. Les Biens communs, pour Philippe le Bel et les chefs francs installés en Gaule, étaient ainsi une règle religieuse édictée par le pape de Rome. Nous savons comment il nomma pape l’évêque de Bordeaux qui lui était soumis et avec ce pape, comment il fit condamner pour hérésie par l’Inquisition les chevaliers templiers.

Cette manœuvre fut facilité par les dissensions séculaires dans l’Église de Rome entre les ordres monastiques et les ordres séculiers plus proches des populations. La gestion des Biens communs passa aux mains des ordres séculiers et les fils et filles de la noblesse franque furent nommés à la tête des abbayes, des monastères et des couvents. Au fil du temps, les rentes de ces domaines fonciers devinrent les propriétés de la noblesse. A la Révolution de 1789, ces biens furent vendus comme biens nationaux à la nouvelle bourgeoisie d’affaires. En 1790, la loi le Chapelier renforça la propriété individuelle en interdisant les corps intermédiaires hérités de la période médiévale et du Moyen Age en général que l’Ancien Régime n’avait pas supprimés. Depuis, la propriété commune est interdite (oubliée) dans les Constitutions républicaines.

Sauf que depuis des dizaines d’années, nombreux sont ceux et celles à nommer bien commun ceci ou cela : l’eau, l’air, les ressources naturelles et dorénavant aussi l’utilisation du savoir et des technologies qui travaillent et développent le savoir dont l’humanité a besoin pour s’organiser.

Pour résumer, l’élimination des biens communs en France a surtout été le fait de l’élimination de ses gestionnaires par le tribunal religieux de l’Inquisition. Ensuite, peu à peu, les biens communs sont passés de la propriété commune médiévale à la propriété collective de la monarchie et de ses dirigeants puis à la propriété privée bourgeoise après 1789.

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L’élimination des biens commun en Angleterre

 

Nous venons de voir qu’Elinor ÖSTROM avait étudié la disparition des communs, la fin des enclosures en Angleterre au cours de deux guerres civiles féroces et dramatiques jusqu’au XVIIème siècle.

Nous sommes ici en contact avec l’histoire de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande et plus particulièrement avec celle des anglo-saxons et depuis au moins deux siècles, avec celle de l’oligarchie financière anglo-saxonne qui interdit l’utilisation d’une Monnaie Pleine et des Droits sociaux mais a financé le développement du régime politique communiste pour en faire son opposition politique et tirer de ce conflit idéologique avec le communisme l‘occasion des nombreuses guerres du XXème siècles, guerres qui sont l’occasion d’autant de profits faramineux impossibles à obtenir sans elles.

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 La notion de Bien commun.

et les mouvements politiques, économiques et théocratiques qui l’utilisent

 

 La capitalisation des Droits sociaux par Pierre LEROUX pendant les années 1840-1871

 

La capitalisation des Droits sociaux est une expression utilisée par Pierre Leroux dans les années 1840-1875 pour revendiquer pour les ouvriers, le droit de devenir associés de leurs entreprises au bout d’une certaine ancienneté dans leurs entreprises. C’était une manière d’éliminer les conséquences sociales désastreuses de la propriété privée des moyens de production provenant de la loi le Chapelier et du décret d’Allarde de 1790, erreur majeure de la révolution de 1789. Nous avons montré comment le mouvement de Pierre Leroux, fondateur du socialisme français d’inspiration chrétienne, a été écarté par le socialisme scientifique allemand qui par la suite permit l’instauration du système de pouvoir communiste avec tous ses excès de tyrannie et ses crimes policiers.

Au même moment, le développement industriel des grandes sociétés commerciales requiert d’importants investissements et donc d’importants financements venant de l’épargne. Les partis de la Droite parlementaire autour d’Adolphe Thiers vont faire voter en 1864 la loi sur les sociétés par actions et l’épargne de la bourgeoisie, des banques va fructifier ainsi à travers l’essor industriel. Contre cette évolution à laquelle les ouvriers sont rejetés, le socialisme chrétien de Pierre Leroux sera écarté par les mouvements socialistes radicaux dont sortira l’idéologie communiste et l’Union soviétique.

Nous utilisons l’expression  » Droits sociaux « avec une portée différente : ce sont des droits de propriété individuelle avec lesquels les citoyens accèdent aux biens sociaux selon leurs besoins ou leurs désirs. Comme nous l’avons montré précédemment, ils remplacent la fonction d’épargne de la monnaie qui pose tant de problèmes lorsque cette monnaie légale est utilisée dans un système de pouvoir pour contrôler une économie nationale ou mondiale. Ces Droits sociaux permettent aux citoyens d’accéder à l’utilisation et à la gestion des biens communs, c’est à dire au droit d’utiliser la propriété commune pour gérer les biens communs. Ils les acquièrent à partir de leur travail et de leurs rémunérations et ils remplacent les cotisations sociales utilisées dans le système capitaliste libéral.

Cette approche n’est pas nouvelle et elle se traduit actuellement au niveau politique par des demandes de Revenus de base universel, des allocations de ressources financières évoluant en fonction des étapes de la vie. Ces demandes sont devenues urgentes face à la montée des nouvelles pauvretés. Depuis la prise de pouvoir des épargnants et des actionnaires durant les années 1990, les politiques gouvernementales ont évolué vers des politiques de l’offre pour aider les entreprises certes durement éprouvées par les ravages de la mondialisation et les délocalisations  » compétitives « . Les politiques pour soutenir la demande se heurtent à la pression exercée par les besoins de financer l’allongement de la durée de vie, les retraites, la dépendance et la fin de vie. Comme rien n’avance dans cette direction avec les politiques d’austérité pour préserver la maximisation des profits des investisseurs et actionnaires, la paupérisation des classes moyennes et celles dites  » populaires  » s’accélère. Tel est l’enjeu, l’espérance de gains et d’une élévation du niveau de vie pour les citoyens à travers le développement des Biens communs.

 Mais pour les partis politiques qui demandent le développement des biens communs, leurs propositions restent dans le cadre du système de pouvoir capitaliste libéral. Elles cherchent à corriger et à améliorer le fonctionnement de ce système libéral pour un capitalisme plus juste et vertueux. Les dirigeants du système libéral ne sont pas en reste mais il avancent eux la notion du Bien commun, un idéal à suivre et qui nous guiderait vers ce Bien commun, nouvelle dénomination de l’intérêt général avancé déjà par Jean-Jacques Rousseau.

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 Les Relations entre le Bien Commun et la gestions des Biens Communs.

 

Le futur redevenu plus juste, équitable et fraternel serait ce Bien commun alors que la gestion des biens communs avec la propriété commune exercée par les citoyens reste strictement interdite. Telle est la situation actuelle, le stade où le conflit entre les deux cultures qui s’affrontent depuis les débuts de l’ère industrielle, nous mène. Nous allons trancher entre le « No Future » et les invocations au « Bien Commun » ou à « l’économie du Bien commun ».

Il s’agit d’approfondir la définition de Bien commun dans la culture humaniste des Réseaux de Vie d’une part et d’autre part, dans la doctrine de l’idéologie capitaliste libérale.

Notre point de départ se situe à la définition du Bien Commun émise à la période médiévale en Europe, dernière période florissante pendant laquelle ce Droit et ces Institutions ont été utilisées avant d’être interdites par l’absolutisme royal puis les républiques au système électoral représentatif et dirigées par l’oligarchie financière anglo-saxonne.

Dans le diagnostic interne d’une nouvelle utilisation d’une monnaie pleine, au niveau des ressources commerciales et de management, nous avons repris les propos d’Erik REINERT dans son livre « Comment les pays riches sont devenus riches Pourquoi les pays pauvres restent pauvres ».

document :

La vision du monde d’Aristote, comme un jeu à somme nulle, a lentement fait place à la compréhension croissante que la nouvelle richesse pouvait être créée – et pas seulement conquise – grâce à l’innovation et à la créativité. (page 208).

« Vers le XIIIe siècle, les Florentins, les Pisans., les Amalfitains, les Vénitiens et les Génois ont commencé à adopter une politique différente afin d’accroître leur richesse et leur puissance, ayant remarqué que les sciences, la culture de la terre, l’application des arts et de l’industrie, ainsi que l’introduction du commerce extensif, pouvaient leur permettre d’engendrer une population importante, subvenir à leurs innombrables besoins, maintenir un haut niveau de luxe et acquérir d’immenses richesses, sans avoir à conquérir de nouveaux territoires. » Sebastiano Franci, réformateur des Lumières milanaises, 1764. (page 205)

Très tôt, il a été clair, pour les gens, que la plupart des richesses se trouvaient dans les villes, et plus particulièrement dans certaines villes. Les villes abritaient des citoyens libres ; à la campagne, les gens étaient généralement des serfs qui appartenaient à la terre et au seigneur local. À partir de ces observations, des investigations ont été menées pour parvenir à comprendre quels facteurs rendaient les villes à ce point plus riche que la campagne. Peu à peu, la richesse des villes a été perçue comme le résultat de synergies : des gens venant de nombreux et divers commerces et professions et formant une communauté. L’érudit Florentin et hommes d’État, Brunetto Latini (1220 – 1294) a décrit cette synergie comme étant « il ben commune », c’est-à-dire ouvrir  » le bien commun « . La plupart des premiers économistes, les mercantilistes et leurs homologues allemands – les caméralistes – ont utilisé ces synergies comme élément fondamental pour comprendre la richesse et la pauvreté. C’est le bien commun qui rend les villes grandes, répète Nicolas Machiavel (1469 – 1527), presque 300 ans après Brunetto Latini. (page 207)

Par le biais de cette compréhension sociale de la richesse qui ne peut être comprise que comme un phénomène collectif, la renaissance a redécouvert et souligné l’importance et la créativité de l’individu. Si on ne tient pas compte de ces deux perspectives – le bien commun et le rôle de l’individu – on ne peut comprendre ni la vision de la société à la Renaissance ni le phénomène de croissance économique. »(page 207).

Fin des extraits du livre de Reinert.

Le Bien Commun se définit comme le résultat de synergies. C’est un rassemblement d’hommes égaux décidés à l’action. Il correspond à « l’aptitude à agir de façon concertée » et « il jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble. »

Nous sommes ici en train de répéter la définition du Pouvoir d’Hannah ARENDT. Sans pousser plus loin une tautologie pas si innocente que cela, évidemment l’exercice du pouvoir par les citoyens ne peut que mener au Bien Commun. Sauf qu’à la période médiévale et ce fameux XIIIème siècle, le temps des cathédrales organisé par les bénédictins, cisterciens et les ordres chevaliers templiers, teutoniques, hospitaliers, dans les cités-états d’Italie du nord, les observateurs avaient remarqué que les relations sociales et le développement des compétences dans les villes réalisaient davantage de richesses qu’à la campagne ou dans les autres régions dominées par des régimes politiques centralisés, par des monarchies qui restaient sur un développement des richesses dans le cadre du pillage de celles de leurs voisins.

L’analyse de l’obtention de ce Bien Commun poursuivie par Erik REINERT met en évidence un cercle vertueux fondé sur un avantage concurrentiel constitué par une triple rente :

En économie, il s’agit d’obtenir des rentes pour dégager des bénéfices supérieurs afin de financer le développement local. Ceci passe par :

un secteur industriel et artisanal très étendu et diversifié  (rente 1)

 qui maîtrise un important marché de matières premières (rente 2).

La richesse créée est protégée derrière de solides barrières à l’entrée sur le marché. Ces barrières à l’entrée étaient des connaissances supérieures, des techniques de fabrication et surtout l’utilisation de puissantes synergies à travers des activités manufacturières diversifiées (rente 3)

En politique, cette production est soutenue par des économies d’échelles obtenues grâce au commerce sécurisé par la puissance militaire. Le commerce sécurisé correspond au commerce à longues distances, essentiellement par voie maritime. Les exportations, une fois le marché intérieur satisfait, apportent des économies d’échelle positives et elles ont lieu dans le cadre de Traité de Paix établis au niveau de la Confédération des Réseaux de Vie.

Au niveau des gains de productivité, sont utilisées : les économies d’échelle positives, l’élévation du niveau des compétences, les technologies et modernisation de l’outil de production, le changement d’organisation et de structure avec les synergies et le commerce à longue distance. Toutes les sources de gains de productivité sont utilisées.

Cette définition du Bien Commun dans le cadre de la culture humaniste de la période médiévale ou de celle d’aujourd’hui dès que nous aurons abandonné les systèmes de pouvoir, s’oppose de manière antinomique à celle utilisée dans la culture libérale.

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L’économie du bien commun dans la doctrine du système capitaliste libéral.

Notre propos part du livre : Économie du bien commun, de Jean Tyrole, Presse Universitaires de France, 2016.

Nous utilisons un article :

L’intérêt général, une affaire d’incitations

À propos de : Jean Tirole, Économie du bien commun, Paris, PUF

par Philippe Steiner , le 27 octobre 2016

source : https://laviedesidees.fr/L-interet-general-une-affaire-d-incitations.html

Document : extraits.

En construisant les marchés, en distribuant les informations et en élaborant les incitations adaptées, la théorie économique moderne se propose de nous conduire vers le bien commun.

…/…

La recherche du bien commun passe en grande partie par la construction d’incitations visant à concilier autant que faire se peut l’intérêt individuel et l’intérêt général. (p. 15)

Le cœur de la méthode de Jean Tirole réside dans l’économie de l’information et des incitations modélisée par la théorie des jeux. L’idée centrale est que les acteurs agissent selon leurs préférences, mais également selon les informations dont ils disposent de manière à ajuster au mieux leurs actions aux possibilités existantes. Malgré son importance centrale dans l’ouvrage, la notion d’information est laissée dans le vague : tout se passe comme si, simple et binaire, elle ne demandait pas à être interprétée, comme le soutiennent les sociologues ou ces économistes français (les « économistes des conventions ») dont Jean Tirole ne veut pas entendre parler. La position de l’auteur apparaît quelque peu naïve lorsqu’il laisse entendre que l’économiste est là pour « dépassionner le débat en établissant les faits » (p. 82) comme si ces derniers pouvaient être saisis sans un travail d’interprétation complexe, y compris de la part des économistes.

…/…Jean Tirole défend l’idée selon laquelle la tâche de l’économiste est de construire les systèmes d’incitation pour conduire les acteurs vers le bien commun. L’économiste devient un constructeur de système d’échange : « l’économiste ne modélise pas l’acteur économique, mais celui-ci fait ce que le théoricien modélise ». Après Eric Maskin, Leonid Hurwicz, Roger Myerson, les théoriciens des nudges, et bien d’autres, Jean Tirole s’engouffre dans une voie qui est au cœur du néo-libéralisme contemporain.

La solution qu’avance Jean Tirole consiste à mettre en place des agences administratives indépendantes, comme la Banque centrale Européenne (BCE) ou la Commission nationale informatique et liberté (CNIL), capables d’élaborer une politique orientée vers l’intérêt général précisément parce qu’elles sont libérées des contraintes électorales auxquelles les pouvoirs publics sont soumis, et parce qu’elles ont les informations et les compétences adéquates pour décider des choix techniques dans un monde économique complexe. La politique a alors des chances de devenir rationnelle car « elle dépend de la qualité des arguments plutôt que de rapports de force » (p. 221).

La solution de l’auteur prend ainsi un caractère technocratique très marqué : les choix « sociétaux » (comme la question des signes religieux, du PACS, etc.) peuvent être laissés aux mains des politiques et des électeurs, mais il n’est pas raisonnable de faire de même pour les choix « techniques » (comme les questions relatives à l’emploi, à la monnaie) car ni les uns ni les autres n’ont les compétences et les incitations adéquates pour régler ces dernières (p. 223). On peut douter du caractère désirable d’une telle conception de la démocratie ; on peut aussi douter du fait que les experts ne soient sensibles qu’au poids des arguments et insensibles aux rapports de force. Et ce d’autant que Jean Tirole attribue bien commodément la crise financière de 2008 aux choix des politiques, soulageant les économistes de toute responsabilité.

fin du document.

Autre document :

Les réflexions de Gérard BÉLANGER Département d’économique Université Laval Québec.

source : https://actualiteeconomique.hec.ca/wp-content/uploads/2017/06/92_4_2016_Belanger_753_759.pdf

extraits :

Le rôle de l’économiste est d’aider à pallier les défaillances du marché. (Jean Tirole, Économie du bien commun : 383)

Car, peut-être plus que les autres sciences humaines et sociales, l’économie se veut normative : elle aspire à « changer le monde ». (ibid. : 123)

fin du document.

Le bien commun dans sa version libérale correspond bien à un idéal, une fiction, une réalité qui ne sera jamais atteinte vers quoi doit conduire nos efforts et l’économiste qu’est Jean Tirole se propose de nous en montrer le chemin. C’est la doctrine néo libérale dans toute sa splendeur et son ignominie.

Seuls les experts rassemblés dans la techno structure peuvent conseiller et diriger les décideurs politiques et les citoyens. Cette techno structure regroupe les institutions indépendantes des états comme les Banques centrales privées, la BCE dans l’union monétaire de la zone euro, la Commission européenne chargée d’utiliser la doctrine du système capitaliste libéral puisqu’il n’y a pas d’autre alternative pour ces hauts fonctionnaires et lobbyistes, etc. .

Nous le répétons, les dirigeants du système libéral rejette la complémentarité entre les trois formes de propriété qui, à notre connaissance, n’est jamais enseignée dans le système scolaire et universitaire (ni par les les Académies nationales). Leur volonté farouche d’éliminer la propriété commune et de privatiser ce qui concerne la propriété collective des états-nations ne supporte l’expression  » bien commun  » que comme un idéal qui ne sera jamais atteint.

Dans la Partie 2 de cet Essai, lorsque nous décrirons le fonctionnement des systèmes de pouvoir, nous montrerons la relation étroite et indissociable entre les racines des théocraties et celles des systèmes de pouvoir économiques, militaires et les autres tyrannies et despotismes. Cette racine, la prédestination de certains élus de droit divin pour diriger les peuples, est au cœur de la doctrine chrétienne actuelle du Bien Commun et également au cœur de la doctrine capitaliste libérale avec sa prétention à instaurer un gouvernement mondial des plus riches et de l’oligarchie financière anglo-saxonne. Cette doctrine accompagne par exemple les idées de Rousseau : l’être humain est naturellement bon et c’est la société qui le corrompt et l’empêche d’atteindre l’intérêt général. Donc la philosophie, la politique, les savants doivent aider le citoyen et son intérêt personnel à se concilier, s’ajuster avec l’intérêt général qui doit rester général et surtout pas devenir une propriété commune ! La solution est alors bien celle de la doctrine libéral et d’une structure technocratique pour guider les citoyens vers cet intérêt général.

Jean Tirole illustre l’exemple parfait du brillant étudiant ébloui par cette doctrine et passé depuis professeur et militant de cette quête du Bien commun au service de la ploutocratie contemporaine.

Restons au niveau des Prix Nobel d’économie et notamment de la première femme à l’obtenir.

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Elinor Ostrom, Prix Nobel d’économie en 2009 pour ses développements sur la théorie des communs.

 

Elinor Ostrom photo

 

Ses travaux portent plus particulièrement sur les nouveaux biens communs que sont les développement de savoir liés à l’informatique, les logiciels libres, le savoir mis en commun.

Elinor Ostrom répondra ultérieurement souvent à ceux qui lui demandent des « recettes » que « chaque commun est un cas particulier », qu’il faut analyser à la fois en lui-même (quelle est le type de ressource offerte en partage) et en regard de la communauté qui en a la charge. Elle a bien vu que la réussite des biens communs repose sur leur adaptation à leur environnement local. La règle de gestion est bien la propriété commune mais cette règle n’est utile et efficiente qu’à travers son adaptation réussie aux particularités locales. Nous retrouvons évidemment ici les principes de base des organisations en réseaux de vie : principe de subsidiarité et alliance des contraires.

Elle a montré que les biens communs hérités du passé pouvaient utilement avoir une autre destinée que la privatisation pour des motifs de productivité ou la nationalisation pour éviter des querelles entre propriétaires. Pour elle, les biens communs ne sont pas qu’une période révolue de l’histoire mais une pratique sociale bénéfique pour le développement des sociétés. L’élimination par le système capitaliste, de cette gestion des biens communs doit donc cesser.

document :

Source :

Elinor Ostrom ou la réinvention des biens communs, vendredi 15 juin 2012, par Hervé Le Crosnier.

http://blog.mondediplo.net/2012-06-15-Elinor-Ostrom-ou-la-reinvention-des-biens-communs.

 

Elinor Ostrom est décédée ce mardi 12 juin 2012, à l’âge de 78 ans. Chercheuse politique infatigable et pédagogue ayant à cœur de transmettre aux jeunes générations ses observations et analyses, elle avait, malgré sa maladie, continué son cycle de conférences et la rencontre avec les jeunes chercheurs du domaine des communs au Mexique et en Inde. Récemment encore, elle exprimait son sentiment d’urgence à propos de la conférence Rio+20 qui se déroule actuellement [2]. Une conférence durant laquelle le terme de « communs » devient un point de ralliement, jusqu’à figurer dans le titre du « Sommet des Peuples pour la justice sociale et environnementale en défense des biens communs ».

La théorie des biens communs, ou plus précisément des « communs », suivant le terme anglais commons, qui est plus général et moins focalisée que la traduction française actuellement utilisée, a connu plusieurs périodes : les études historiques, l’analyse du fonctionnement des communs naturels et la construction des communs du numérique. Elinor Ostrom et l’approche institutionnelle de économie politique des communs est essentielle dans ce parcours pour comprendre le renouveau de l’étude des communs et l’apparition de mouvements sociaux qui se revendiquent de la défense ou de la construction des communs.

L’histoire de l’Angleterre et du mouvement des enclosures, qui opposa très violemment les pauvres des campagnes aux propriétaires terriens entre le XIIIe et XVIIe siècle a été la première incarnation des analyses et des mouvements sur les communs. Les propriétaires voyaient dans la privatisation et la clôture des espaces la garantie d’une meilleure productivité, notamment pour l’élevage des moutons destinés aux filatures. Les pauvres, qui dans les coutumes et les premiers textes législatifs [3] avaient des droits élémentaires sur les communs, y voyaient une expropriation de leur moyens de subsistance : la récolte du miel, le bois de chauffe, les produits de la cueillette. Une expropriation qui les conduisait à rejoindre les villes et accepter les travaux les plus ingrats, notamment l’engagement sur les bateaux de la marine anglaise. Le mouvement politique des Levellers a porté les revendications égalitaires des révoltés des communs lors de la Guerre civile anglaise de 1647. La répression et la terreur qui régnèrent alors dans les campagnes font dire à l’historien Peter Linebaugh que « le mouvement des enclosures en Angleterre fait partie de ces universaux concrets, à l’image du marché triangulaire des esclaves, des sorcières portées au bûcher, de la famine irlandaise ou du massacre des nations indiennes, qui permettent de définir le crime du modernisme, à chaque fois limité dans le temps et l’espace, mais toujours dépassant le particulier et susceptible de revenir au devant de la scène [4]. Aujourd’hui encore, penser les communs ne peut se faire qu’en relation avec les tentatives, les formes et les succès ou échecs des nouvelles enclosures, qui organisent la privatisation de ce qui était auparavant utilisé par tous.[5]

Cependant, à part les historiens et les lecteurs attentifs de Marx ou de Polanyi, tous les économistes semblaient avoir oublié la notion de communs lorsqu’en 1968 paraît l’article de Garrett Hardin, « La tragédie des communs » [6], dans lequel il estime que chacun étant guidé par son avidité va essayer de bénéficier au mieux des communs, sans prendre en charge leur renouvellement. Il en conclut que la gestion optimale des communs passe soit par la privatisation du bien considéré, soit par la nationalisation, et qu’il vaut mieux créer des inégalités que de conduire à la ruine de tous. Cet article va rester longtemps une référence, au point que jusqu’à ces dernières années et la reconnaissance du travail d’Elinor Ostrom, il était impossible dans un lieu public de parler des communs sans que quelqu’un ne pose la question de leur « tragédie ». Mais paradoxalement, comme le signale Christian Laval [7], cet article va également remettre la question des communs à l’ordre du jour. Il aura ainsi poussé Elinor Ostrom et son mari Vincent à approfondir les études sur les communs. Plutôt que de se livrer à des jeux mathématiques comme Hardin, ils vont examiner ce qui se passe réellement dans les communs existants. Et montrer que des formes de gouvernance autres que privation ou étatisation sont possibles, et qu’elles sont concrètement mises en œuvre par des communautés pour protéger et maintenir les ressources partagées qui leurs sont confiées. Ces travaux seront publiés ultérieurement dans son ouvrage le plus connu — et actuellement le seul traduit en français ! —, Governing the commons [8]. Entre temps, les recherches menées au sein du Workshop in Political Theory and Policy Analysis qu’elle a créé avec son mari en 1973, à l’université d’Indiana, avaient connu un développement mondial qui s’est traduit par la constitution de l’International Association for the Study of Common Property (IASCP) au milieu des années 1980 [9]. Dès lors, des chercheurs du monde entier vont aller étudier les modes de gestion des communs dans de nombreux endroits, à la suite et à l’image des premiers travaux d’Elinor Ostrom sur la gestion directe des réseaux d’irrigation par les parties prenantes en Californie du Sud, ou les façons dont des copropriétaires peuvent gérer correctement et collectivement les immeubles. Ils découvriront ainsi que la gestion de ressources partagées passe par la constitution d’arrangements institutionnels, souvent informels, mais néanmoins dotés d’une force de réalisation par l’implication des acteurs directement concernés. Loin du modèle de Hardin, dans lequel les éleveurs pouvaient faire paître leurs animaux dans un même champ sans jamais se parler, au point d’en épuiser la source même de nourriture, les chercheurs découvrent la grande variété et l’inventivité des communautés réelles pour gérer les ressources communes. Elinor Ostrom répondra ultérieurement souvent à ceux qui lui demandent des « recettes » que « chaque commun est un cas particulier », qu’il faut analyser à la fois en lui-même (quelle est le type de ressource offerte en partage) et en regard de la communauté qui en a la charge. Ce qu’elle fit avec pédagogie lors de son dernier séjour en France en juin 2011.

Elinor Ostrom a mis en place un cadre d’analyse et de développement institutionnel destiné à l’observation des communs. De ses observations concrètes elle a tiré huit principes d’agencement que l’on retrouve dans les situations qui assurent réellement la protection des communs dont ces communautés d’acteurs ont la charge :

 des groupes aux frontières définies ;

 des règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux

 la capacité des individus concernés à les modifier

 le respect de ces règles par les autorités extérieures

 le contrôle du respect des règles par la communauté qui dispose d’un système de sanctions graduées

 l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux

 la résolution des conflits

 les activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées.

On voit clairement dans l’approche d’Elinor Ostrom que, à la différence de nombreux économistes, elle ne considère pas les biens pour eux-mêmes, mais dans leur relation avec les groupes sociaux qui participent à leur production ou maintien. Les communs ne sont donc pas des « biens » particuliers, mais également des systèmes de règles pour les actions collectives. Ce qui est alors ouvert au partage n’est pas seulement une ressource, mais bien un agencement social particulier ; en conséquence, la préservation de la ressource passe par la prise de conscience des interactions sociales qui permettent ce partage.

La rencontre entre l’approche économique et politique de la théorie des communs portée par l’Ecole de Bloomington d’Elinor Ostrom et la prise de conscience écologique au cours des années 1970 et 1980 va renforcer ces analyses. La question des communs va s’élargir de ressources principalement locales vers des ressources globales. Les océans, le climat, la diversité biologique, l’antarctique, les forêts sont menacés de dégradation et d’appropriation… notre environnement et les limites mêmes de la terre [10] en font l’équivalent de nouvelles enclosures écologiques. Comment la théorie des communs nous permet d’affronter ces défis qui se posent à l’échelle globale ? Quelles sont les communautés concernées par leur protection, et les règles et agencements qui leur permettent d’exister et d’agir ? Les questions posées autour de la conférence Rio+20 portent bien sur ces sujets, et l’on voit s’y exprimer des tendances à trouver des « solutions globales », souvent mythiques ou au contraire servant de paravent à de nouvelles enclosures. Au-delà du caractère attrape-tout du terme, un des aspect de « l’économie verte », celui qui veut financiariser la nature et étendre les droits de propriété intellectuelle à l’ensemble du vivant, est ainsi une nouvelle enclosure masquée derrière un discours généreux. En se décalant par rapport à la description de la dégradation de ces biens globaux, qui fait souvent le lit du catastrophisme, Elinor Ostrom cherche au contraire à développer les formes de résilience qui résident dans les capacités d’action :« Ce que nous mettons trop souvent de côté est ce que les citoyens peuvent faire et l’importance d’un investissement réel des personnes concernées » déclarait-elle en recevant son Prix Nobel d’économie. Dans son ultime article à propos des négociations de Rio en 2012, elle indique clairement : « Des dizaines d’années de recherche montrent qu’un éventail de mesures évolutives, complémentaires au niveau urbain, régional, national et international a plus de chance de réussir qu’un accord universel et contraignant, car il permettrait de disposer d’un recours en cas d’échec de certaines de ces mesures. »

Les communs du numérique

La troisième incarnation du mouvement et de la théorie des communs viendra des innovations technologiques, et notamment de l’internet et des documents numériques. Réseau universitaire, construit en dehors des systèmes informatiques privés qui s’imposaient dans les années 1980, réseau dont les protocoles et les règles de normalisation sont débattus ouvertement par tous les ingénieurs concernés, l’internet apparaît vite comme un « nouveau commun ». Les acteurs ayant construit ce réseau, et qui en sont également les premiers utilisateurs, vont longtemps défendre son ouverture, son expansion pour tous et sa neutralité [11], au sens d’un réseau qui ne juge pas les contenus ou les protocoles, mais transmet au mieux tous les messages informatiques. Conjugué avec l’émergence du mouvement des logiciels libres, nous avons là une « communauté mondiale » d’informaticiens qui construit collectivement des ressources partageables et ouvertes. Et qui se fixe des règles internes (la licence GPL pour les logiciels libres, le fonctionnement de l’Internet Engineering Task Force, etc.) et les moyens de les faire respecter (normalisation ouverte, forums d’échange et de formation permanente entre informaticiens, surveillance des tentatives de détournement de l’ouverture du réseau…). Comme pour les communs naturels, les communs numériques, même s’il apparaissent reproductibles à l’infini pour un coût marginal tendant vers zéro, sont confrontés à des risques de pollution et de dégradation et à des stratégies d’enclosure. La principale d’entre elles étant l’extension rapide et tous azimuts de la « propriété intellectuelle » que le juriste James Boyle qualifie en 2004 de « second mouvement des enclosures [12]».

Elinor Ostrom ne pouvait rester indifférente à cette conception des réseaux numériques comme des biens communs. D’autant que, sous l’impulsion de divers mouvements sociaux du numérique [13], le concept s’est largement étendu, notamment par les créateurs qui utilisent les licences Creative commons, par les chercheurs qui diffusent leurs travaux en accès libre, par les bibliothécaires qui participent au mouvement pour l’accès au savoir… Elinor Ostrom coordonnera ainsi avec Charlotte Hess le livre fondateur de cette nouvelle approche des communs [14]. Celui-ci est un ouvrage collectif analysant les nouvelles constructions sociales qui se réalisent autour du numérique à la lueur de l’histoire et l’expérience des communs matériels. La connaissance est souvent considérée par les économistes comme un bien public au sens de Paul Samuelson, c’est-à-dire non-excluable (il est difficile d’empêcher le savoir de circuler) et non-rival (ce que je sais ne prive personne du même savoir). Or, le numérique crée de nouvelles conditions d’appropriabilité privée, qui font que la connaissance inscrite dans des documents numériques peut au contraire se trouver empêchée de circuler : DRM [15] sur les fichiers, brevets de logiciels, absence de réelle conservation par des organismes dédiés, censure au niveau du réseau… C’est donc en plaçant la connaissance dans les mains et sous la responsabilité des personnes qui la produisent, qui peuvent par leur pratique rendre les ressources de savoir partageables, que sa circulation restera assurée. Un élément essentiel quand on touche aux domaines de la science et de la santé, et que l’on envisage leur circulation en direction des pays et des chercheurs, innovateurs et professionnels de la santé qui ne peuvent bénéficier du soutien d’organismes publics et de grandes bibliothèques.

Car c’est une des contradictions majeures du numérique : il est un instrument de diffusion d’une puissance encore jamais envisagé, les coûts de reproduction tendant vers zéro et le réseau s’étendant sur toute la planète ; et il est en même temps le moyen d’organiser de nouvelles enclosures, de bloquer le partage, de surveiller les usages. A l’image de ce qu’Elinor Ostrom a observé et promu dans son approche institutionnelle, c’est par une multiplicité d’actions et de niveaux de prise en charge que la connaissance restera libre. Les lois, les principes portés par les pouvoirs publics — notamment l’obligation de diffuser librement les travaux primaires de recherche — cohabitent avec les dynamiques des groupes et mouvements qui desserrent l’étau de la privatisation et les barrières à l’accès de tous aux connaissances, dans tous les domaines.

Continuer de construire une théorie des communs

Le mouvement des communs a besoin de théorie, comme tous les mouvements qui secouent la société. Il n’est cependant nul besoin d’en faire aujourd’hui une panacée, une nouvelle solution « universelle » dont l’échec ou les difficultés signeraient l’absence d’espoir. Au contraire, la principale leçon d’Elinor Ostrom est de cultiver les différences et les synergies. Alors que dans les années 1970 les économistes ne juraient que par des modèles abstraits, convoquant les humains sous leur seule forme d’homo œconomicus dans des calculs d’optimisation, Elinor Ostrom parcourait le monde, en Amérique latine, Asie ou Afrique. Comme le souligne David Bollier, « elle se déplaçait pour observer les réalités de la coopération sur le terrain, dans toutes ses dimensions humaines souveraines, et réunir ainsi les fondations de sa théorie créative sur la façon dont les communs réussissent ou échouent. C’est certainement ce qui fait la longévité du travail d’Elinor Ostrom : il est appuyé sur un travail empirique en profondeur [16]».

La reconnaissance institutionnelle tardive qu’aura connu Elinor Ostrom, notamment l’attribution du Nobel d’économie, va de pair avec des tentatives de récupération de son travail dans des discours qui privilégient les « communautés » sur les peuples, ou qui utilisent « l’amitié » comme valeur d’échange, ou encore qui se targuent de « solutions financières innovantes » et tentent d’intégrer les communs dans une vision économique libertarienne au profit des grands vecteurs de l’internet ou de la finance « verte ». C’est le lot de toute recherche que de se voir reçue différemment par des auditeurs ou lecteurs ayant des buts et des intérêts différents. Pour les gens qui participent au renouveau du mouvement des communs, qui mettent en avant pratiquement et théoriquement le partage, la solidarité, la conception coopérative devant les profits privés ou les rapports de forces militaires, la lecture d’Elinor Ostrom apporte un tout autre éclairage. Fondamentalement, son message est de dire que les gens confrontés jour après jour à la nécessité d’assurer la permanence des communs qui sont le support de leur vie ont bien plus d’imagination et de créativité que les économistes et les théoriciens ne veulent bien l’entendre.

Fidèle à l’image souriante, pédagogue et accueillante d’Elinor Ostrom, sa théorie institutionnelle des communs est avant tout une formidable leçon d’optimisme, de confiance dans les capacités humaines, de valorisation de la débrouillardise et d’admiration devant les agencements improbables que l’humanité sait mettre en œuvre. Notre plus bel hommage sera de continuer à défendre les communs, naturels et numériques, globaux ou locaux, de faire en sorte que chacune et chacun se sente investi d’une responsabilité sur la protection de ce que l’humanité veut proposer en partage, par choix ou par nécessité. Au premier titre évidemment, la défense de notre planète commune.

Rio, le 14 juin 2012. Article diffusé sous licence Creative commons BY.

Notes

[2] Elinor Ostrom, « La politique verte doit être impulsée de la base », Les Echos, 12 juin 2012.

[3] « Tout homme libre peut récolter le miel trouvé dans ses bois » — Article 13 de la Charte des Forêts (1215).

[4]Peter Linebaugh, « Enclosures from the bottom up», Radical History Review, n° 108, automne 2010.

[5]Charlotte Hess, « Inscrire les communs de la connaissance dans les priorités de recherche » ; in Association Vecam (coord.), Libres Savoirs, les biens communs de la connaissance, C & F éditions, 2011.

[6]Garrett Hardin, « The Tragedy of the Commons », Science, 162 (1968) : 1243—48.

[7]Christian Laval, « La nouvelle économie politique des communs : apports et limites », 9 mars 2011.

[8]Elinor Ostrom, Governing the Commons : The Evolution of Institutions for Collective Action (Political Economy of Institutions and Decisions), Cambridge University Press, 1990 ; traduction — de qualité déplorable : La gouvernance des biens communs : Pour une nouvelle approche des ressources naturelles, De Boeck, 2010.

[9]L’association a été renommée International Association for the Study of Commons en 2007. Site internet : www.iasc-commons.org.

[10]Geneviève Azam, Le temps du monde fini : vers l’après-capitalisme, Les liens qui libèrent, 2010.

[11]Valérie Schafer et Hervé Le Crosnier, Neutralité de l’internet : une question de communication, CNRS-Editions, 2011.

[12]« The Second Enclosure Movement and the Construction of the Public Domain », Law and Contemporary Problems, 66 (1 & 2), 2004.

[13]Hervé Le Crosnier, « Leçons d’émancipation : l’exemple du mouvement des logiciels libres », in Libres Savoirs, op. cit.

[14]Charlotte Hess et Elinor Ostrom (dir.), Understanding Knowledge As a Commons : From Theory to Practice, MIT Press, janvier 2007, 381 pages.

[15]Ces outils de Digital Rights Management (« gestion des droits numériques ») interdisent par exemple de recopier ou de partager un livre ou un film.

[16]David Bollier, « Elinor Ostrom Remembered (1933-2012)

fin du document.

 

Ce document à travers les 8 principes d’organisation et de management de l’activité pour arriver au développement d’un bien commun décrit en réalité une démarche Qualité Totale avec ses Cercles de Qualité ou ses groupes de résolution de problème dans le cadre de la subsidiarité ascendante et descendante. Elinor Ostrom a beaucoup observé mais dans son travail intellectuel elle n’a visiblement pas participé ou dirigé un mouvement Qualité Totale en entreprise ou vu cette démarche au Japon après les années 1960 et après. Par contre elle a bien compris comment le capitalisme s’est développé sur la privatisation des communs et des enclosures.

Il s’agit d’approfondir un peu plus ce sujet qui a servi d’études à Elinor Ostrom en apportant des connaissances remises à jour ces dernières années, en Angleterre mais en France aussi puisque chronologiquement, cette élimination des Biens communs a commencé en France dès le vendredi 13 octobre 1307.

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La restauration des Biens communs dans les Réseaux de Vie

 

Après cette histoire de l’élimination des Biens communs en France et en Angleterre, l’opposition résolue entre l’utilisation du Bien commun à la période médiévale et cette théorie néo libérale de l’économie du Bien commun qui est reprise par les média à la solde du gouvernement mondial des plus riches, remettre en place la gestion des Biens communs représente l’élimination de 7 siècles pendant lesquels les dirigeants des systèmes de pouvoir ont pillé le travail des peuples pour arriver aux inégalités actuelles de patrimoine et à la domination de quelques les plus riches du monde, sur le système économique capitaliste libéral et le gouvernement mondial de la ploutocratie anglo-saxonne.

Les fortunes des familles les plus riches de Florence ont commencé dès 1340 en Italie et le sont restées jusqu’à aujourd’hui. Nous savons maintenant comment ces richesses ont été créées et comment elles sont devenues la propriété privée de ces familles les plus riches actuellement. Telle est l’origine des inégalités de patrimoine et telle est également la solution pour les éliminer : remettre en place la gestion de nos biens communs. Un professeur et chercheur en Sciences Sociales peut exhumer cette information des archives, tant qu’il ne voudra pas, n’osera pas expliquer l’origine historique de cette capitalisation des richesses par ces quelques familles, il ne développera pas une connaissance utilise à devenir de notre humanité.

Aujourd’hui, la restauration des biens communs peut aisément commencer à partir de la propriété collective des savoirs développés grâce à l’informatique. Cette révolution technologique présente une opportunité à saisir correctement.

Dans le diagnostic externe pour l’utilisation d’une Monnaie Pleine, au niveau de l’environnement technologique, nous avons vu que la blockchain et notamment la technologie Bitcoin est estimée comme un bien commun parce que ce travail en commun est devenu une alternative crédible au système bancaire et financier qui utilise l’argent dettes pour soumettre les peuples aux intérêts de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

Mais il ne suffit pas de nommer bien commun une pratique de travail en commun, encore faut-il que ce groupe qui travaille en commun soit conscient qu’il exerce le Pouvoir à travers sa mission d’Autorité et sa manière d’assurer le Commandement. C’est en exerçant ce pouvoir directement qu’il garantit son utilisation de la propriété commune pour gérer les biens communs. Nous l’avons montré au début de ce chapitre lors de la définition des notions entourant celle de Bien commun, l’exercice du pouvoir repose sur la création des ressources financières, Monnaie Pleine et Droits sociaux.

 

Les caractéristiques d’un Bien commun dans les Réseaux de Vie.

 

Les Réseaux de Vie sont organisés sous le régime politique de la démocratie directe locale participative. Le statut de bien commun est délivré par une institution politique au niveau local, en principe une ville libre qui rassemble les équipes locales de projets de vie, sa garde nationale…

Finalités, missions :

– élever le niveau de vie et développer la prospérité.

– se transmettre aux générations futures.

Champ d’action :

Le second niveau d’activité, celui de la réalisation des œuvres.

Enjeu, gain à obtenir :

Préparer le futur, l’avenir de chaque être humain en utilisant le passé, c’est à dire le patrimoine et les connaissances, la culture humaniste, les méthodes pour vivre ensemble, le travail en commun, l’exercice du pouvoir, ces éléments qui constituent un bien commun capable de réaliser des œuvres durables.

Un parcours de vie se définit par rapport aux biens communs qu’un citoyen souhaite utiliser pour se former, se soigner, se loger, travailler, disposer de ses loisirs, rencontrer d’autres personnes, voyager, bref trouver ses raisons de vivre.

Ressources :

L’utilisation des ressources se déroule sur une durée bien plus longue que pour le travail indispensable à la vie et à la survie.

La quantité de ressources disponibles allouée à la gestion des Biens communs est déterminée par l’action politique dans le cadre des institutions politiques des Réseaux de Vie. Elle dépend des besoins en ressources du premier niveau d’activité humaine, le travail pour vivre et survivre.

Un citoyen sans travail à un droit d’accès immédiat à un emploi pour la réalisation des œuvres et des biens communs, il est alors en apprentissage avec des compagnons et des experts.

Compétences :

La réalisation d’une œuvre requiert l’emploi de compétences élevées, d’expertises confirmées pour diriger les travaux.

C’est aussi l’opportunité pour de jeunes apprentis de s’initier à des connaissances, savoirs, techniques qui leur permettront de travailler sur l’un ou l’autre des deux premiers niveaux d’activité. Cette mission dévolue aux équipes de projets de vie qui réalisent des œuvres participent à l’élévation du niveau des compétences, objectif majeur dans le développement des Réseaux de Vie.

Les autres caractéristiques sont les mêmes que pour les équipes de projets de vie.

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L’utilisation des Droits sociaux dans la gestion des Biens communs.

 

Tôt ou tard les membres des Réseaux de Vie auront besoin d’utiliser les biens et les services pour vivre dignement et surmonter les aléas de notre condition humaine sur la planète Terre. Ce droit leur est garanti à travers leur capitalisation des Droits sociaux.

L’acquisition des Droits sociaux :

Ils sont liés à l’activité de l’individu depuis sa naissance jusqu’à son décès. Cette activité peut être actuelle ou future.

Au niveau de l’activité actuelle et de la rémunération du travail effectué sur l’un ou l’autre des niveaux d’activité, il s’agit d’une sorte de cotisations sociales créées lors du travail d’un membre et qui sert à une consommation différée d’un bien ou d’un service.

Au niveau de l’activité future, dès la naissance, la remise d’un certain nombre de Droits sociaux correspond à un revenu de base universel. Ces montants sont évalués par tranche d’âge pour permettre l’acquisition, le cas échéant, de biens et de services indispensables à la vie et à la survie durant cette période.

 

La capitalisation des Droits sociaux :

 

Les Droits sociaux sont acquis pour une consommation future et en cela, ils sont une forme d’épargne. L’accumulation des droits sociaux sur un compte personnel est gérée par le centre de gestion de l’institution politique du lieu où il est domicilié, en principe la ville libre où il habite. La Mutuelle de cette ville libre assure cette gestion sous la direction et contrôle du centre de gestion de cette ville libre.

Cette capitalisation est utilisée pour prévoir, planifier le développement des biens communs. Comme pour des actions commerciales qui sont placées dans le capital d’entreprises, les Droits sociaux, s’ils restent dans la Mutuelle de la Ville libre, permettent de préparer les années à venir et la planification de l’utilisation des Biens communs de manière à en optimiser la gestion.

La Mutuelle de Sécurité Sociale gère cette capitalisation non plus comme un système d’assurance contre les risques sociaux : santé, accidents, vieillesse, dépendance mais comme un système de solidarité universelle. Il n’est plus question d’assurer le financement de ces risques comme dans la Sécurité Sociale en France, instaurée en 1945 et qui n’est jamais parvenu à un système de solidarité comme ses fondateurs le voulaient, la faute au patronat en opposition radicale dès 1945 à cette idée folklorique communiste qui ne peut que renchérir le coût du travail et nuire à la concurrence des entreprises ou aux finances publiques pour ce qui concerne les fonctionnaires.

Le développement des Biens communs a sa propre source de financement et ne dépend pas ou plus d’un transfert de richesses prélevées sur la propriété privée des entreprises commerciales ou des services publics.

Par exemple, le choc démographique est prévisible et donc les Réseaux de Vie mettent en place les équipes de projets pour obtenir la solution optimale grâce à l’utilisation de la subsidiarité et de l’alliance des contraires. La démarche Qualité Totale appliquée dans le travail de ces équipes de projets de Vie permet d’évaluer les Coûts d’Obtention de la Qualité (COQ). Ces COQ entrent dans le Plan qui sert de base de travail pour la Gestion de la Monnaie Pleine, c’est à dire les investissements et travaux à réaliser et à payer à court et moyen terme, dans les cinq années à venir. Les investissements et travaux à long terme, au delà de cinq ans font partie également du Plan mais ils ne sont pas évalués en Monnaie Pleine mais en Droits sociaux.

La capitalisation des Droits sociaux dans les Mutuelles de Sécurité Sociale est versée dans le Plan en tant que ressources financières à long terme.

En clair, les citoyens ont la garantie que le moment venu ils pourront utiliser un bien commun pour leur logement, santé, formation, loisirs, dépendance, etc.. Les Réseaux de Vie ont planifié la satisfaction de ces besoins et un financement est prévu. Cette garantie repose d’une part sur leurs souhaits inscrits dans leur projet de vie et pris en compte au niveau du centre de gestion de leur ville libre et d’autre part sur les besoins en financement de ce projet de vie inscrits dans le Plan qui sert à gérer la Monnaie Pleine et les Droits sociaux.

Une ville libre ne s’occupe plus de listes électorales et d’élections plus ou moins trafiquées, d’emprunts et de remboursements bancaires, du rendement des impôts et taxes locaux, des subventions de la région et de l’état, de la Commission européenne. Une ville libre s’occupe de ses citoyens et de leurs projets de vie qui répondent à leurs raisons de vivre sur la planète Terre dans leur condition humaine.

Il n’est plus question comme dans le système capitaliste libéral que les gouvernements aux mains de la haute finance privilégient les intérêts des actionnaires et des rentiers pour réduire et détruire les services publics sous prétexte que ces activités doivent être privatisées. Plus question de réformes du chômage, des retraites, de la Santé pour toujours plus diminuer le financement et les aides de l’état et ainsi appauvrir Plus question de fracture sociale avec deux ou plus de niveaux de citoyens et un gouvernement mondial qui donne tout aux riches et quasiment plus rien aux autres.

La solidarité dans les Réseaux de Vie est radicalement l’inverse de ces politiques criminelles et cupides contre l’humanité.

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La circulation des Droits sociaux :

 

La création d’un Bien commun comme par exemple une école, un bâtiment se finance avec la Monnaie pleine. En fait tout pourrait se financer avec de la Monnaie pleine mais alors autant vivre au jour le jour. Sauf que sans préparation de l’avenir, comme la cigale et la fourmi, cela peut mal se passer quand l’hiver s’en fut venu. L’avenir pourrait aussi se préparer uniquement en Monnaie pleine, comme c’est la cas dans le système capitaliste libéral, même si cette monnaie est gérée hors bilan des banques commerciales.

Nous l’avons montré précédemment, la nature et la portée des Droits sociaux sont des titres de propriété individuelle qui rassemblés dans un projet de vie assurent la gestion d’une propriété commune. Nous sommes ici au cœur de la véritable démocratie du peuple pour le peuple. L’utilisation des Droits sociaux apportés par les citoyens membres des Réseaux de Vie s’organise à travers l’action politique, le troisième niveau de l’activité humaine. Mais à travers cette gestion de la propriété commune, quelle est le degré de liberté que conserve le citoyen ?

En réalité cette question renvoie aux conditions de conversion entre la Monnaie pleine et les Droits sociaux. L’objectif est de limiter la circulation de la monnaie légale créée par l’escompte des Bons de travaux ou Bons d’offre de travail. Dans certains cas, cette conversion peut être immédiate et le centre de gestion de l’institution politique du citoyen, sa ville libre utilise alors sa petite réserve prévue pour ce genre de cas. Dans d’autres cas, il y a un délai de prévenance car il s’agit alors de modifier la prévision de travail faite et répertoriée dans le Plan. C’est la cas notamment lorsqu’une activité va se réaliser dans des pays encore sous le système de pouvoir libéral ou sous une théocratie, une dictature et que cette activité est payée en devises étrangères. Enfin dans d’autres cas encore, cette conversion est interdite pour protéger les citoyens. Exemple: la capitalisation des Droits sociaux prévus pour la retraite ou pour la dépendance en fin de vie n’est pas convertible et d’autre part cette affectation ne peut pas être modifiée pour prendre par exemple plus jeune, des vacances dispendieuses ou d’autres consommations. Au décès du citoyen, s’il y a des Droits sociaux non utilisés, ceux-ci sont transférés chez des citoyens qui n’en ont plus, par exemple parce qu’ils vivent beaucoup plus longtemps que la moyenne prise en compte dans les prévisions. Dans le cas où ils seraient trop nombreux pour être utilisés dans cette répartition entre retraités et personnes en fin de vie, ils sont réaffectés dans les projets de vie en cours de réalisation.

Une utilisation particulière peut être envisagée pour la consommation de biens et services immatériels : une formation, un apprentissage, l’utilisation d’un bien commun numérique. Le paiement en Droits sociaux peut être plus simple et sécurisé qu’avec de la monnaie légale. Ceci a le mérite de s’intégrer dans ce revenu de base inconditionnel qui sert à garantir la validité du projet de vie élaboré par un.e citoyen.ne. Cette solution reste cohérente avec le principe d’une consommation future prévue dont le paiement est déjà financé en Droits sociaux acquis ou à acquérir jusqu’à cette consommation.

La capitalisation des Droits sociaux représente ainsi des montants très importants bien supérieurs à la monnaie légale en circulation et également au volume financier des lettres de change et des Bons d’offre de travail. La Banque centrale de la Confédération gère au quotidien l’évolution de ces 3 masses financières et vérifie que les conversions entre l’une ou l’autre restent souples et efficientes.

L’objectif de la Banque centrale de la Confédération des Réseaux de Vie est de garantir qu’il y ait assez de monnaie légale et de Droits sociaux pour subvenir aux besoins des citoyens. De ce fait, elle peut le cas échéant décider lors de l’escompte des Bons de travail présenté par le Centre de gestion d’une institution politique que la création de richesses financières se fera en Droits sociaux si leur niveau pour préparer le futur l’exige.

Les agents économiques avec leurs Droits sociaux qu’ils viennent d’acquérir, s’ils ne veulent pas les épargner dans la Mutuelle de leur Ville libre, pourront de suite les utiliser dans la consommation de biens et services produits par des Biens communs : formation, santé, loisirs, etc. C’est une manière simple et directe pour pousser au développement des Biens communs. Par exemple, dans le domaine de la Santé, la consommation immédiate d’un bien ou service destiné à la prévention des maladies ou des accidents et réalisée dans un Bien commun, établissement de soins, de cure, station climatique, etc., est cohérente pour minimiser plus tard la consommation de soins plus lourds et coûteux en cas de maladies graves.

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Conclusion

 

La capitalisation des Droits sociaux, comme la Monnaie pleine, est gérée hors bilan des banques commerciales, par le centre de gestion de la ville libre d’appartenance du citoyen.

Comme pour la Monnaie pleine, nous pouvons prendre l’image d’une boîte de chaussures dans laquelle le citoyen dépose ses titres de propriété financière appelés Droits sociaux. Il possède donc deux boîtes de chaussures, la première pour la Monnaie pleine et la seconde pour les Droits sociaux, l’une pour aujourd’hui, l’autre pour demain. Ces deux boîtes sont conservées et gérées par le Centre de gestion de sa Ville libre. La Monnaie pleine par le Centre de gestion et les Droits sociaux par la Mutuelle du Centre de gestion.

Les deux boîtes de chaussures sont donc sécurisées comme les fonds hors bilan d’une banque commerciale dans le système bancaire libéral. En cas de crise ou de malversations dans les affaires d’une Ville libre, les ressources financières des citoyens sont protégées. Actuellement dans le système bancaire, la gestion des comptes ou des fonds hors bilan sont protégés de la même manière en cas de mauvaise gestion des affaires de la banque. Le propriétaire des fonds hors bilan transfère ces comptes dans une autre banque dont les affaires vont mieux, et c’est tout. Dans les Réseaux de Vie avec l’utilisation d’une Monnaie pleine, il en va de même. En cas de gestion par une banque commerciale, les comptes (boîtes à chaussures) en Monnaie Pleine ou en Droits sociaux sont placés en hors bilan de la banque. Dans le cas du Centre de Gestion d’une Institution politique ou de la Mutuelle de la Ville libre, les comptes sont gérés  » en boîte à chaussures  » comme s’ils étaient en hors bilan de l’institution. En cas de problème et de perte de confiance, un citoyen peut quitter une institution locale et rejoindre une autre ailleurs. Il emmènera ses  » deux boîtes à chaussures  » personnelles avec lui.

Le cas échéant, les auteurs des crises et des malversations sont condamnés en justice. L’assemblée de l’action politique décide de l’épuration des comptes et de leur redressement qui passera nécessairement par la création d’équipes de projets de Vie pour produire de nouvelles richesses avec une gestion honnête et sincère, transparente et sans trahison d’un certain nombre de dirigeants ou avec cette fois des compétences en gestion nettement plus élevées.

Leur gestion dépend au niveau individuel du projet de Vie élaboré par un citoyen membre des Réseaux de Vie. Nous allons présenter ce Projet de Vie personnel dans le chapitre suivant relatif aux institutions sociales. Ce projet qui assure les conditions matérielles et immatériels pour avancer dans sa condition humaine et trouver ses raisons de vivre est ainsi financé dès la naissance d’un être humain jusqu’à son décès. Il a tout intérêt à partagé son projet en participant à la vie politique et aux travaux des institutions des Réseaux de Vie de manière à garantir un niveau de financement qui correspond à son projet personnel. En clair, il a tout intérêt à participer à l’exercice en commun du Pouvoir et de sa mission d’Autorité, à rester libre durant son existence humaine. Ce ne sont pas les ressources financières qui lui manqueront. Le Travail précède le Capital, telle est la valeur de la culture humaniste dans laquelle il évolue qui garantit son choix de civilisation.

N’oublions pas cependant la férocité des guerres et des conflits qui ont ravagé l’Europe lors de la destruction et du pillage des richesses de la période médiévale, du temps des cathédrales. Les Réseaux de Vie sont mieux préparés, armés, ont de meilleures et plus complètes connaissances aujourd’hui qu’hier pour vaincre les seigneurs de guerres et les pilleurs, voleurs en tous genres. Nous avons ce qu’il faut pour réussir une nouvelle période de prospérité dans notre humanité après les échecs des guerres des paysans, des guerres de religions et de toutes les guerres pendant lesquelles les résistants, les militants des organisations en réseaux de vie sociale contre les despotes, les tyrans policiers, militaires et aujourd’hui financiers, ont été massacrés, emprisonnés, rejetés et mis dans l’oubli. Nous n’oublierons pas !

 

Les réseaux de production et de distribution des richesses.

L’adaptation des méthodes de gestion aux particularités locales pour produire les richesses.

 

 

Après avoir présenté les 3 éléments qui constituent le mécanisme de la création des richesses :

la Démarche Qualité Totale qui permet l’évaluation du Coût d’Obtention de la Qualité (COQ) et donc des investissements et des heures de travail pour éliminer les dysfonctionnements ou pour réaliser de nouveaux objectifs à travers l’activité des équipes de projets de Vie,

l’utilisation d’une Monnaie Pleine pour financer l’activité à court terme définie à travers le Plan qui regroupe les différents COQ validés par l’assemblée de l’action politique des institutions politiques auxquelles se rattachent les équipes de projets de vie qui ont présenté un COQ,

la gestion des Biens communs avec les Droits sociaux pour préparer l’avenir et payer le moment venu la consommation des biens et services,

nous arrivons maintenant à visualiser l’organisation de l’activité humaine sur ses deux premiers niveaux : travail indispensable à la vie et à la survie, réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures.

A travers ces méthodes et spécialement la pratique de la subsidiarité qui permet l’obtention de la solution optimale dans une équipe de projets de vie, nous arrivons à l’application de ces méthodes sur le terrain et ce dont nous connaissons déjà : l’adaptation aux particularités locales.

Nous connaissons ces méthodes d’organisation et de résolution de problèmes. Il s’agit maintenant de les appliquer dans notre environnement et pas n’importe comment.

Nous avons vu que parmi ces méthodes, il y a un point commun : l’adaptation aux particularités locales. Il ne suffit pas qu’avec la subsidiarité nous découvrons la solution optimale, encore faut-il l’adapter aux particularités locales. De même le développement et la réussite des Biens communs reposent sur leur adaptation à leur environnement local. Nous sommes donc ici à l’étape de notre parcours pour décrire le fonctionnement des Réseaux de Vie où les particularités locales doivent être approfondies, mieux définies pour comprendre leur rôle.

Ensuite le champ d’application de ces méthodes doit être délimité. Les réseaux de production et de distribution des richesses, que ce soient des biens ou des services, s’organisent à partir de notre source de savoir intellectuelle et rationnelle, notre seconde source de savoir et il convient d’établir brièvement ici la relation de complémentarité entre nos deux sources de savoir même si nous présenterons l’utilisation de notre première source spirituelle et initiatique, plus loin dans les institutions sociales des Réseaux de Vie.

Commençons par la délimitation du champ d’application de ces méthodes et l’utilisation de notre seconde source de savoir puis nous analyserons et approfondirons cette indispensable adaptation aux particularités locales.

 

Produire des richesses avec le savoir intellectuel et rationnel.

 

Les réseaux de production de richesses regroupent les richesses matérielles et intellectuelles. Ils se distinguent par l’utilisation de notre seconde source de savoir : la source intellectuelle et rationnelle.

Nos lecteurs savent que notre première source de savoir est interdite dans les systèmes de pouvoir et historiquement, ce fût au départ par les théocraties pour défendre leurs dogmes puis cette interdiction a été reprise par les systèmes politiques, économiques et sociaux pour défendre l’usurpation de l’Autorité et du Pouvoir par la minorité dirigeante. Les systèmes de pouvoir utilise notre seconde source de savoir pour sélectionner les connaissances qui servent les intérêts de leurs dirigeants et qui permettent de dominer, soumettre les populations à leurs idéologies.

Les Réseaux de Vie utilisent notre source de savoir intellectuelle et rationnelle pour servir les intérêts des populations et interdire les systèmes de pouvoir politiques, économiques, sociaux, théocratiques et les dictatures.

Leurs objectifs fondamentaux sont le plein emploi, l’élévation du niveau des compétences et le développement des biens communs. Les moyens pour réaliser ces objectifs, nous les avons vus, sont essentiellement les relations sociales qui permettent les innovations et les synergies en utilisant les particularités locales. Le Travail précède le Capital. Tout le contraire, nous nous répétons, du fonctionnement du système capitaliste libérale dirigé par l’oligarchie financière anglo-saxonne.

L’utilisation de la complémentarité entre nos deux sources de savoir permet un partage d’influences d’une source de savoir sur l’autre.

L’utilisation de notre première source de savoir, la source individuelle initiatique, nous enrichit d’expériences spirituelles, de rencontres avec les mystère de la Vie et cette traduction de l’indicible permet le partage de nos raisons de vivre dans la condition humaine sur la planète Terre. Cette source initiatique nous permet de nous enrichir de nos amours et de partager le don d’Amour absolu obtenu à travers ces moments de la vie après la vie humaine vécus en renaissant dans notre condition humaine avant la mort de notre enveloppe charnelle. Ces enseignements initiatiques se traduisent par une même vision de notre humanité et une même volonté d’agir sur Terre pour des objectifs capables de pratiquer les valeurs d’amour et de paix à travers l’ensemble de nos activités.

Pour le moment, nous commençons à aborder brièvement l’apport de notre source initiatique et spirituelle de savoir pour préciser quelques points fondamentaux.

Au niveau de l’exercice du Pouvoir :

Reprenons sa définition utilisée dans les Réseaux de Vie : un rassemblement d’hommes égaux décidés à l’action. Il correspond à « l’aptitude à agir de façon concertée » et « il jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble. »

Cette dynamique de groupe restreint qui repose sur la concertation des membres pour agir ensemble n’est pas qu’une communauté d’intérêts matériels à très court terme. Pour satisfaire les besoins physiologiques, les intérêts matériels peuvent le cas échéant suffire. Mais pour les besoins sociaux et le développement des relations sociales étroites et dynamiques, l’apport de notre source initiatique et spirituelle de savoir permet de nouer un esprit de groupe solide et sincère à travers une vision identique d’une société dans laquelle le Travail précède le Capital. Cette expression qui associe Travail et Capital permet de clarifier le débat sur les bases de la société industrielle et il est évident que le mot Travail est très réducteur de l’ensemble de l’activité humaine sur ses 3 niveaux telle que nous la définissons dans les Réseaux de Vie.

La volonté de réaliser ensemble un travail se nourrit du partage d’un projet. La validité d’un projet de société réside dans sa capacité à répondre à nos raisons de vivre dans notre condition humaine sur la planète Terre. A ce niveau d’initiation et de rencontre avec les mystères de la vie, nos raisons de vivre se situent dans une universalité et s’identifient dans les deux valeurs fondamentales d’une humanité : l’amour et la paix.

Une équipe de projets de vie qui définit son activité humaine en fonction des valeurs d’amour et de paix met en place une égalité dans sa vision de ce qu’elle entreprend. La concertation entre les membres de cette équipe procède d’une même volonté d’agir selon ces valeurs et ces normes que sont les méthodes de gestion retenues par les Réseaux de Vie. L’exercice du Pouvoir en sera plus cohérent, transparent et productif.

Nous ne sommes plus au niveau de querelles et de palabres pour se mettre d’accord sur les intérêts retenus à partir desquels des objectifs pourront être fixés. Le système capitaliste libéral présente au niveau de sa minorité dirigeante une même culture avec des valeurs et des normes pour établir un gouvernement mondial des plus riches. Pour les autres qui doivent se soumettre à cette idéologie, la concertation demandée est minimale : trouver un consensus, un plus petit dénominateur commun à travers la pratique de la soumission librement consentie si possible qui est plus performante que le simple conformisme bien trop passif. Cette approche minimaliste maintenue pendant des siècles de soumission arrive toutefois à faire oublier aux peuples qu’ils ont une première source de savoir qui n’a pas besoin de savoir lire et écrire et qui leur permet d’obtenir aisément une même vision de la société dans laquelle ils trouveront leurs raisons de vivre.

Au niveau de la concordance entre local, régional, national, continental, mondial, universel.

L’argument, l’objection des serviteurs des systèmes de pouvoir est récurrent : au niveau local certes des expériences limitées d’organisation en réseaux et de démocratie locale directe participative peuvent se développer mais ceci ne peut pas fonctionner sur une plus grande échelle géographique. C’est d’ailleurs la force et l’intérêt d’utiliser des systèmes de pouvoir pour organiser des pays, de vastes régions, des continents ou carrément l’ensemble de la planète.

Cette objection n’utilise que notre source intellectuelle et rationnelle : mettre d’accord, trouver un consensus entre des milliers et millions de gens n’est pas possible. Par contre imposer ou faire en sorte que les gens se soumettent à une idéologie et à ses règles pour vivre en société est possible jusqu’au niveau mondial.

Les serviteurs des systèmes de pouvoir ignorent alors que nous pouvons arriver à l’universalité bien plus facilement en utilisant notre première source de savoir et en trouvant réponses à nos raisons de vivre. L’exercice du Pouvoir exercé dans le cadre des Réseaux de Vie n’a aucune limite géographique. La solution optimale obtenue par une institution politique locale est transmise aux autres réseaux locaux via la Confédération à travers la pratique de la solidarité, le passage de l’assurance à la solidarité et le calcul du coût de la Solidarité. C’est l’économie du don et l’utilisation de la propriété collective pour gérer et développer les connaissances, les biens et services immatériels. Évidemment les serviteurs des systèmes de pouvoir ignorent ou pire, rejettent l’économie du don et la complémentarité entre les 3 formes de propriété, la pratique de la subsidiarité, la démarche Qualité Totale, les Biens communs, la Monnaie pleine, bref tout ce qui permet la solidarité qui relie les différents groupes locaux, nationaux, régionaux, continentaux et mondiaux. Nous avons présenté dans les chapitres précédents ces principes et ces méthodes utilisés par les Réseaux de Vie et qui sont source de prospérité sur des étendues aussi vastes tant que des dirigeants de systèmes de pouvoir ne viennent pas s’y opposer avec leurs armées dressées au pillage des pays riches et des civilisations prospèrent parce qu’humanistes.

Il reste bien le fait que dans notre humanité les civilisations les plus florissantes ont disparu suite à des catastrophes naturelles, des changements climatiques et bien entendu suite à des destructions et pillages par les « barbares ». Mais agiter l’épouvantail des barbares pour tenter de dissuader ses contemporains de développer des civilisations en Réseaux de Vie prospères, n’est qu’une démonstration de la plus mauvaise foi en l’être humain et ses sources de savoir.

Les réseaux de Vie ont une dimension universelle par nature et par objet et ce n’est pas parce qu’ils font reposer le développement des richesses sur la prise en compte des particularités locales que la portée de leur mouvement doit forcément se limiter à un niveau local. Croire ceci démontre une ignorance crasse autant dans l’utilisation de notre source rationnelle de savoir que dans notre source initiatique et spirituelle.

Nous en restons là pour le moment quant à l’apport de notre première source de savoir dans l’organisation de la production et de la distribution des richesses.

Pour le moment nous nous occupons uniquement de l’utilisation du savoir rationnel et intellectuel à travers l’ensemble de l’activité humaine et spécialement sur les deux premiers niveaux d’activité.

 

L’adaptation des méthodes de gestion aux particularités locales.

 

Nous savons

 définir des objectifs avec l’alliance des contraires,

 obtenir la solution optimale avec la pratique de la subsidiarité,

 passer de l’assurance contre les risques à la solidarité,

 mettre en pratique ces principes dans une démarche Qualité Totale pour évaluer les Coûts d’Obtention de la Qualité (COQ),

 financer cette activité en payant les investissements et en rémunérant le travail avec une monnaie pleine,

 développer notre niveau de vie et préparer l’avenir avec nos Biens communs et nos Droits sociaux.

Ce processus de développement des richesses se réalise dans un espace lui aussi logique, rationnel.

Les particularités locales sont une évidence et sont l’œuvre de la nature, de la vie de notre planète tout comme elles sont le résultat bénéfique du travail de nos aînés dans l’aménagement d’un territoire. En tant que telles, elles sont une richesse naturelle qu’il s’agit d’utiliser judicieusement et de préserver pour les générations suivantes.

« Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »Antoine de Saint-Exupéry ».

A travers son expérience de pilote de ligne de la Compagnie Générale Aéropostale et ses contacts avec les peuples d’Afrique de l’ouest puis ceux d’Amérique du sud, des Andes, l’écrivain pilote d’avions avait su écouter ce sage proverbe et nous le transmettre.

Cette préoccupation d’ajuster les activités humaines avec notre environnement est aussi vieille que l’humanité et nous savons que sa perception varie énormément dans les systèmes de pouvoir et les organisations en Réseaux de Vie, tout comme d’un régime politique à l’autre.

 

Quelques leçons pratiques de nos aînés.

 

Reprenons ici quelques exemples réussis pour l’intérêt général des êtres humains et l’intérêt de la vie sur notre planète, même si ces manières de vivre et de faire, ces pratiques, sont interdites ou rejetées par les dirigeants des systèmes de pouvoir actuels et ce depuis des siècles voire des millénaires.

Commençons par revenir à la dernière période de prospérité européenne, la période médiévale puis remontons plus loin dans l’antiquité en retrouvant les pratiques bénéfiques utilisées sur les bords du Nil.

1) Le développement rapide des villes libres au XIII et XIVème siècle en Alsace :

Extrait du livre « Belfort 1307-2007 » de G.Bischoff et Y Pagnot, Editions Coprur 2007.

« Contrairement à ce qu’on pense, l’écologie politique n’est pas une invention récente. On en faisait déjà au Moyen Âge et l’on en percevait assez bien les enjeux. On en veut pour preuve le bilan du XIIIe siècle brossé par un dominicain de Colmar contemporain de Renault de Bourgogne. Donnons lui la parole : « peu de temps auparavant le Rhin avait séparé Brisach de l’Alsace. Ce fleuve n’avait point de ponts et les gens le traversaient au moyen de bateaux. On dit que vers l’an 1200, on comptait 1500 pêcheurs sur la rivière de l’Ill. L’Alsace était couverte de forêts nombreuses qui la rendaient stérile en blé et en vin. On y voyait que peu de forts et de châteaux ; quelques-uns furent convertis en places fortes et en petites villes. On ne se servait que rarement pour leur construction, de pierres de quelques prix. Les torrents et les rivières étaient moins fort qu’aujourd’hui, parce que les racines des arbres retenaient pendant un certain temps dans les montagnes les eaux des pluies et des neiges. On trouvait des arbres immenses ayant de neuf à dix pieds de diamètre. On ne connaissait pas alors, en Alsace, l’usage du plâtre dans la construction des maisons. »

Pour notre dominicain, comment le voit ici, il est hors de doute que la déforestation est la cause de ces nouveautés. N’avait-il pas cité, quelques pages plus haut, la frénésie de construction qui s’était emparée de ses contemporains au point que, dans la seule ville de Colmar, on avait élevé 600 maisons en l’espace d’un an, c’est-à-dire qu’on avait abattu, au bas mot, 7200 grands arbres pour en faire la structure ? À la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe, l’explosion démographique – la population de l’Europe a doublé, peut-être triplé, en deux siècles – et la surchauffe économique sont tels qu’on commence à ressentir une terrible pénurie de bois. Dans nos régions, la disparition des cheminées à foyer ouvert « sauf dans les cuisines » et leur remplacement par des poêles en céramique permet d’économiser deux tiers de combustible. »

fin du document.

Nous constatons ici les conséquences du développement rapide des villes libres et de l’explosion démographiques. Le savoir apporté par les ordres monastiques et chevaliers permet d’organiser ce développement : préservation de la forêt, entretien des cours d’eau pour l’énergie hydraulique, techniques artisanales pour l’économie de combustible, etc.

 

2) La pratique des cités-états européennes :

Autre extrait du livre de Reinert « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres »

« La richesse d’une nation semblait, assez paradoxalement, être inversement proportionnelle à sa richesse naturelle. Les régions les plus importantes, comme la Hollande et Venise, possédaient peu de terres arables. Elles avaient ainsi été contraintes de se spécialiser dans l’industrie manufacturière et dans le commerce extérieur. À Florence, la plus importante cité État européenne qui ne soit pas située sur une côte, on avait empêché des siècles durant les grands propriétaires terriens d’avoir le moindre pouvoir politique. Par conséquent, comme dans les états côtiers, la vie de la ville était dominée par les intérêts des artisans, des constructeurs et des commerçants et Florence comprit très vite les mécanismes de base de la création de la richesse et de la pauvreté. Durant des siècles, les propriétaires terriens ont constitué une crainte permanente planant sur les Florentins parce qu’ils étaient de potentiels alliés des ennemis de l’État. Le fait de tenir les propriétaires terriens éloignés du pouvoir avait une double finalité pour les citoyens de Florence : sécuriser à la fois le pouvoir économique et la richesse, grâce à l’établissement de l’industrie manufacturière et du pouvoir politique. Afin d’éviter la spéculation et prévenir les pénuries alimentaires, Florence interdit avec véhémence le transport de nourriture à l’extérieur des lieux de stockage de la ville. Le pouvoir économique et le patronage se combinèrent pour faire de l’épanouissement des arts une caractéristique des société non féodale. »

fin du document.

Reinert reste au niveau d’une analyse économique. L’analyse politique et sociale montre qu’il y a un risque de conflit entre la propriété individuelle des possédants de la terre et la propriété commune qui est le coeur du développement des villes avec leurs biens communs avant que ce développement n’amène l’utilisation de la propriété collective avec l’exercice du pouvoir délégué aux représentants des citoyens. Le principe fondamental en économie d’assurer la complémentarité entre les rendements décroissants de l’agriculture et les rendements croissants de l’artisanat, de l’industrie et du commerce, se double d’un possible conflit politique majeur entre les partisans du droit de propriété individuelle et ceux des droits de propriété commune et collective. Nous sommes bien ici au poste d’aiguillage entre les systèmes de pouvoir avec l’exclusivité de la propriété individuelle d’une part et d’autre part les Réseaux de Vie avec les propriété commune et collective. Laissons de côté le cas des tyrannies qui utilisent la propriété collective pour les seuls intérêts de la minorité au pouvoir ou d’un parti politique fasciste, nazi ou soviétique.

La prospérité d’une économie repose bel et bien sur la complémentarité entre rendements décroissants et rendements croissant et celle-ci ne peut pas être entravée par des conflits politiques sur la forme du droit de propriété à utiliser. La solution optimale qui a été pratiquée selon les enseignements des ordres monastiques, repose sur le développement de la propriété commune dans les villes libres et avec leurs richesses, les villes libres participent au développement de la propriété commune dans les campagnes gérée par les abbayes et les monastères, couvents puis par les ordres chevaliers templiers, teutoniques.

L’exemple de Florence cité par Reinert est très instructif avec le rôle de l’Art, c’est à dire la réalisation des œuvres dans le développement d’une ville qui ne peut pas utiliser la commerce maritime pour distribuer la production de ses artisans ou paysans et qui doit composer avec les propriétaires terriens établis depuis des siècles sous l’empire romain.

 

3) la pratique des cités de la civilisation égyptienne :

Nous trouvons dans cet extrait du livre de Reinert, l’application du principe utilisé déjà par les Égyptiens : séparer dans deux environnements géographiques différents les activités de production.

L’Égypte a utilisé les berges du Nil pour l’agriculture et les cités et les plateaux désertiques pour les temples, les pyramides, les mausolées. C’est évident : il s’agit de respecter les particularités locales : les terrains fertiles doivent rester à l’agriculture, construire une ville dans un endroit plus difficile comme un marais, une colline a également l’avantage d’utiliser le terrain hostile pour la défense de la ville. La complémentarité entre ville et agriculture est indissociable et représente l’optimisation des ressources naturelles par le travail humain.

Au bord du Nil, cette solution fût optimale car en plus de cette séparation territoriale des activités agricoles et artisanales, le travail était lui aussi séparé selon cette même nature de l’activité. En effet, les crues du Nil apportaient le limon et fertilisaient les champs pendant environ six mois durant lesquels le travail agricole n’était pas possible. Tous travaillaient alors sur les plateaux à la construction des bâtiments et à leurs décorations. Pendant les six mois où le travail des champs étaient possibles, tous s’y rendaient pour obtenir 3 récoltes. La complémentarité entre rendements décroissants de l’agriculture et rendements croissants de l’artisanat et du commerce, se trouvait ainsi maximale.

A travers ses livres sur les survivants du dernier grand cataclysme, Albert Slosman, indique que le choix de la vallée du Nil reposa sur ces qualités exceptionnelles des particularités locales, tant au niveau de l’agriculture qu’au niveau des constructions des villes et des temples car sur ce point, le sable du désert est le meilleur au monde pour conserver durant des millénaires des bâtiments enfouis sous cette protection exceptionnelle elle aussi. Le message de cette civilisation des survivants du dernier grand cataclysme put ainsi nous parvenir quasiment intact.

Cette organisation est avant tout locale et suppose une démocratie directe locale participative, donc une organisation en réseaux de vie. Dès que les besoins vitaux sont satisfaits, la ville peut se mettre à développer les sciences et les arts qui sont le prolongement des innovations et des savoir faire déjà utilisés dans la production de biens et services élémentaires à la vie quotidienne. Nous retrouvons ici la complémentarité entre production domestique et travail indispensable à la survie et la réalisation des œuvres pour l’élévation du niveau de vie. Le résultat est connu : forte croissance économique et plein emploi. Résultat fort honorable tant que la guerre, les épidémies et les catastrophes naturelles ne viennent pas s’en mêler…

Cette approche historique nous permet de conclure que les méthodes, le mécanisme pour créer des richesses et développer des régions, des populations est toujours le même depuis l’Antiquité. A nous de l’utiliser dans nos organisations en réseaux citoyens de vie.

« La diversité en soi vint à être comprise comme un ingrédient clé de la croissance économique ».

 

Des exemples actuels qui appliquent ces principes politiques, économiques et sociaux.

 

Nous sommes bien à l’opposé de la pratique du système de pouvoir capitaliste libéral et de sa volonté d’uniformiser les cultures sinon de les éliminer pour imposer sa doctrine de la liberté des marchés. Nous avons montré ce conflit entre les deux cultures depuis les débuts de l’ère industrielle et nous avons indiqué dans quel camp nous nous situons. La liberté des marchés est un rendez-vous de propriétaires de moyens de production qui entendent disposer de toutes les libertés possibles et inimaginables pour développer leur propriété privée et spécialement celle des actionnaires, des investisseurs, des rentiers.

La concentration du pouvoir financier est connue à travers les 9 plus grands fonds du monde (BlackRock, The Vanguard Group, Charles Schwab, J. P. Morgan Chase, State Street, FIDELITY, Allianz, BNY Mellon, Amundi). Les huit plus grandes banques américaines (J. P. Morgan, Wells Fargo, Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley, US Bancorp, Bank of New York Mellon) sont contrôlées par une poignée d’actionnaires parmi lesquels quatre fonds : BlackRock, State Street, Vanguard et Fidelity. Ensemble, ces fonds sont actionnaires majoritaires dans 90 % des 500 plus grandes entreprises américaines d’après le documentaire d’Arte : «Ces financiers qui dirigent le monde – BlackRock».

Ce pouvoir financier dicte aujourd’hui au niveau mondial la manière de créer les richesses afin de servir ses intérêts. Il impose l’idéologie et la doctrine néo libérale avec ses mythes et ses fictions. La croissance de l’économie libérale est une fiction, un dogme qui utilisent diverses recettes de management ou de manipulation des agents économiques pour maximiser les profits des plus riches qui ont pris le pouvoir,  et en aucun cas, elle repose sur la « diversité en soi » et elle se moque cyniquement des particularités locales, surtout de celles qui s’opposeraient à l’oligarchie financière anglo-saxonne.

1) Les théories des sciences économiques pour refuser la « diversité en soi » et légitimer le pouvoir mondial de l’oligarchie financière.

Sans simplifier exagérément la doctrine capitaliste libérale, Adam Smith a posé la théorie du marché et de la concurrence. Le cynisme de l’épicier le pousse à vouloir s’enrichir en éliminant ses concurrents et pour y parvenir, il va travailler mieux que ces derniers. Les clients passeront ainsi des mauvais épiciers vers les meilleurs. Le capitalisme est donc destructeur des mauvais producteurs et renforce les meilleurs. De cette théorie va suivre celle de la spécialisation des activités fondée également sur la théorie de la division du travail : pour être performant il faut diviser le travail puis diviser et spécialiser les tâches. Ce sera la méthode de Taylor, l’organisation scientifique du travail OST. Tout ce qui est scientifique va donc dans le sens de la division pour mieux contrôler. Nous sommes à l’opposé de la réunion de diverses compétences pour agir ensemble dans l’exercice du Pouvoir afin de réaliser des objectifs partagés en commun.

David Ricardo a donné une dimension internationale à cette théorie et évidemment il n’est pas question à ce niveau de parler de mauvais pays ou états. Par contre chaque pays a un environnement particulier qui est favorable pour telle ou telle production et il doit se spécialiser dans la production la plus favorable. En sorte, il y a bien une diversité de situation de production : le Portugal se spécialise dans le vin de Porto et l’Angleterre dans l’industrie textile. Mais cette théorie, nous l’avons vue, ne tient pas compte des rendements croissants et décroissants et de la nécessaire complémentarité entre les deux pour permettre un développement économique capable de croissance et de prospérité. Ricardo légitime clairement l’économie coloniale en faveur des pays industrialisés et riches et aujourd’hui le pouvoir du gouvernement mondial de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

Pour lutter contre les inégalités et les conséquences funestes du libre-échange à travers le monde, certains économistes ont défendu la théorie du protectionnisme. Revenons ici une fois de plus au livre de Reinert :  » Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres. »

extraits du livre de Reinert :

C’est pourquoi les plus fervents défenseurs de l’industrialisation (pour la protection tarifaire) comme Friedrich List (1789-1846), étaient également les plus fervents défenseurs du libre-échange de la mondialisation, une fois que tous les pays seront industrialisés. Dès les années 1840, Friedrich List formula une recette de la « bonne mondialisation » : si le libre-échange se développait après que tous les pays du monde s’étaient industrialisés, le libre-échange serait ce qu’il y a de mieux pour tout le monde. Le seul point de divergence est le calendrier établi pour adopter le libre-échange et la séquence géographique structurelle dans laquelle se déroule le développement vers le libre-échange (page 226)

Fin de l’extrait du livre.

Le protectionnisme des industries naissantes a été utilisé au début de l’industrialisation aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Il était indispensable pour protéger les entreprises avant qu’elles n’atteignent leur taille critique et deviennent rentables. Or la mondialisation et l’utilisation du libre échange en application des thèses de Ricardo, reviennent à interdire ce protectionnisme aux pays émergents ou en voie de développement, tout comme il interdit à l’ Europe de protéger ses nouvelles industries qui utilisent les innovations qu’elles ont mises au point. Les multinationales et les firmes transnationales peuvent alors étendre leur domination sur les marchés mondiaux.

Cette impossibilité réelle d’attendre que tous les pays se sont industrialisés et ont satisfait les besoins de leurs citoyens avant qu’ils aillent échanger des productions supplémentaires sur les marchés en libre échange a donné lieu à de nouvelles théories dont celle de Keynes.

KEYNES lui-même nous mettait en garde :  » Le capitalisme, c’est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires hommes vont faire les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde »(années 30)

Il s’adresse aux vertus du cynisme que doivent avoir les producteurs dans la théorie d’Adam Smith pour arriver à satisfaire l’intérêt général. Keynes est surtout préocuppé par le plein emploi et en ce sens il défend une culture humaniste dans laquelle le Travail précède le Capital. De ce fait, il va admettre que la production doit rester locale.

« J’ai de la sympathie pour ceux qui veulent minimiser plutôt que maximiser l’imbrication économique entre les nations. Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages : autant de choses qui sont, par nature, internationales. Mais que les marchandises soient de fabrication nationale chaque fois que c’est possible et commode. Et, surtout, que la finance soit avant tout nationale » John – Maynard Keynes. Cité par Herman E. Daly, ancien économiste en chef au département de l’environnement de la Banque mondiale, dans un article lumineux sur les méfaits du libre- échange : « The perils of free trade », Scientific American, novembre 1993.

Au niveau de la dimension temporelle de l’activité de production, il utilise la monnaie même si sa fonction d’épargne lui pose problème.

« La monnaie est un lien entre le présent et l’avenir » John – Maynard Keynes (1930),

Il se méfie aussi des arguments des dirigeants du système économique capitaliste qui pour légitimer leur volonté de maximiser leurs profits à court terme, ignore les théories et les modèles, les principes d’organisation d’une activité économique pour en rester au pragmatisme et à des décisions pratiques.

« Les esprits pratiques, qui se croient totalement à l’abri de toute influence intellectuelle, sont généralement les esclaves de quelque économiste défunt ». John Maynard Keynes dans sa Théorie générale,

Ces propos de Keynes affirment la nécessité d’organiser l’activité de production des richesses selon des règles, celles que nous avons présentées jusqu’ici : complémentarité entre rendements croissants et décroissants, complémentarité entre les trois formes de propriété, pratique de la subsidiarité, monnaie nationale en relation avec les projets de développement des citoyens de ce pays… Bref, il a horreur du capitalisme sauvage guidé par la seule obtention d’un maximum de profits et qui sélectionne des théories anciennes pour orienter les sciences économiques selon ses intérêts privés.

Keynes affirmait que la production reste nationale autant que possible, ceci pour assurer le plein emploi et éliminer le chômage. Keynes affirmait que la monnaie devait rester impérativement nationale pour financer seulement la production et non pas servir de moyen de spéculation à travers une thésaurisation incontrôlable par les états. Keynes indiquait qu’en l’an 2000 il faudrait travailler 20 heures par semaines pour que tous aient les revenus minimaux pour obtenir les biens et services indispensables à la survie. Par contre Keynes n’a jamais expliqué ce que les citoyens pourraient faire avec le reste du temps de travail disponible, notamment dans l’économie non marchande ou pour utiliser la première source de savoir.

Aujourd’hui le débat se focalise sur le protectionnisme intelligent : le protectionnisme offensif pour défendre une jeune industrie européenne comme celle des technologies des énergies renouvelables contre les importations à bas coûts de Chine. Protectionnisme défensif pour protéger l’agriculture et ses rendements décroissants. Protectionnisme intelligent pour défendre l’économie de l ’Union européenne contre les méfaits de la mondialisation et la dérégulation des marchés.

Dans ce débat politique, Reinert reprend les propos de Gunnar Myrdal (prix Nobel 1974) pour dénoncer l’imposture : 

« l’ignorance opportuniste » repose sur le fait que nous sommes ouverts à un monde où les hypothèses des « sciences » économiques sont manipulées pour atteindre des objectifs politiques. La technologie et les rendements croissants, qui sont les principales sources de pouvoir économique, créent des barrières à l’entrée. En oubliant ceci, les économistes servent les intérêts acquis des nations qui sont au pouvoir.»

Nous trouvons ici la limite de ces théories économiques : les rendements décroissants et le libre échange de Ricardo sont utiles pour laisser les populations dans la pauvreté ou pour détruire l’industrie et l’artisanat dans un pays afin de l’appauvrir. Mais les rendements croissants utilisés comme barrière à l’entrée sur les marchés sont aussi une arme économique sinon politique pour appauvrir des pays.

Une population plus pauvre aura moins les moyens de se révolter car elle sera privée surtout de savoir et de technologies. Elle sera mise à l’écart du cercle vertueux des rendements croissants et sera plus faible dans le rapport de force avec les pays les plus riches. Les dirigeants de l’oligarchie financière utilisent le dogme du libre échange totalement déconnecté des réalités justement pour casser les systèmes éducatifs, les formations, les services publics et les services de santé pour affaiblir une société et la rendre incapable de s’opposer au pillage de ses marchés par le néo colonialisme. Lorsqu’une période de grandes innovations se présente, les richesses doivent normalement augmenter toutes seules à cause de ces innovations, donc, comme le chalut du pêcheur en mer, les dirigeants de la finance mondiale doivent s’armer pour capter le plus possible ces richesses et donc demander aux populations de payer davantage de taxes, d’impôts, de payer plus pour les biens et services de consommation. 

Le mécanisme financier est simple et il est utilisé d’une manière cycliquedepuis le XVIIIème siècle : les banques centrales privées tirent prétexte des innovations pour vendre des crédits à profusion puis soudainement, elles demandent à l’occasion d’une crise financière qu’elles ont organisée, le remboursement immédiat de ces crédits ou bien elles organisent l’insolvabilité de leurs créanciers pour les obliger à vendre à bas prix les biens qu’ils ont achetés, principalement les biens immobiliers. Ces dernières années, ce mécanisme a également concerné les états qui se sont endettés auprès des banques centrales privées et nous sommes dans la crise des dettes souveraines que les citoyens doivent rembourser en sacrifiant leur niveau de vie. Pour l’oligarchie financière anglo-saxonne, les maîtres actuels du monde, l’utilisation des rendements décroissants vis à vis des pays exportateurs de matières premières et l’utilisation du libre échange pour justifier la dérégulation des marchés financiers sont les deux piliers de leur puissance dans la domination du système économique capitaliste.

Comme l’écrit Reinert, à la suite des auteurs de l’autre école, celle de l’intelligence et du savoir, les rendements croissants sont en effet "une patate chaude" entre les mains des politiciens. Il n’est pas difficile de créer un cercle vertueux de création de richesses et de développement, mais pour une minorité dirigeante dans un système de pouvoir qui veut s’enrichir au détriment des autres, la difficulté insurmontable apparaît lorsqu’il s’agit de répartir les richesses produites. Comment subitement expliquer que les richesses produites par des êtres humains bien formés, éduqués, intelligents et créatifs, capable de gérer et de trouver des synergies, comment expliquer que ces richesses produites en abondance reviennent quasi exclusivement à une minorité dirigeante et pas au reste du groupe social ? C’est absurde ! Personne ne peut accepter un tel vol, une telle spoliation des richesses, sauf si le groupe social est dominé par un régime politique qui légitime et cache cette spoliation et maintient sa domination à travers un rapport de force garantit par l’armée et masqué à travers le conformisme social envers cette domination d’une minorité dirigeante.

Pour éviter cette  » patate chaude « , les rendements croissants sont utilisés comme barrière à l’entrée sur les marchés et deviennent ainsi source d’exclusion et de creusement des inégalités en condamnant des pays à la pauvreté et ceci peut aller très vite.

Une dernière preuve de la redoutable efficacité de cette méthode remonte à 1945 lorsqu’avec le plan Morgenthau décidé par les Anglais et les conservateurs américains, il s’est agi d’appauvrir durablement l’ Allemagne à titre de sanction de guerre. Les alliés occidentaux comme soviétiques commencèrent par détruire et récupérer les machines des usines allemandes afin de transformer l’ Allemagne en un pays essentiellement agricole avec des rendements décroissants. Dès 1947, les résultats furent désastreux et il y avait 25 millions d’ Allemands en trop par rapport aux capacités agricoles du pays à ce moment là. Avant même d’envisager leur mort de faim comme Staline l’avait fait pour quatre millions d’ Ukrainiens en 1930 à travers sa réforme agraire pour collectiviser les terres, les dirigeants anglo-saxons ont compris que ces allemands allaient préférer rejoindre l’Allemagne de l’Est qui servait alors de vitrine du communisme face à l’Occident. Très vite le plan Marshall à partir de 1947, allait réindustrialiser tous les pays limitrophes du bloc soviétique afin de les développer pour pouvoir contrer la menace de l’ Union soviétique. Ce plan Marshall ne fit que reprendre les recettes du passé et que les USA avaient également adoptées après leur indépendance.

La construction du marché commun européen repose sur le même fondement, celui des rendements croissants.« Le marché commun a été présenté aux électeurs sur le postulat de rendements croissants qui augmenteraient la richesse (rapport Cecchini, 1988) » (page 171). Dès lors, il devient évident que le développement d’une structure centrale à Bruxelles qui sert de relais à la doctrine libérale du libre échange ne peut être qu’en contradiction avec les racines historiques européennes et rend impossible l’achèvement de la construction européenne en union politique. Les institutions européennes sont davantage occupées à se refiler la patate chaude ou à profiter de barrières à l’entrée sur des marchés nationaux qui expliquent la fracture entre pays du nord et du sud de l’Union Européenne, le tout sous la direction et le contrôle de l’oligarchie financière anglo-saxonne avec ses banquiers d’affaires comme Goldman Sachs et autres. Une politique européenne sérieuse commence par assurer la complémentarité entre rendements croissants et décroissants comme c’est la mission de la Confédération des Réseaux européens de Vie que nous présentons sur fileane.com.

Le livre de Reinert représente une contribution remarquable à cette démystification du libre échange et à une condamnation implacable des théories orthodoxes développées principalement par Adam Smith et David Ricardo alors qu’une autre école défendue principalement par Schumpeter et Keynes poursuit la vision de l’être humain intelligent, innovateur et créateur qui ne doit pas être dominé par le capital et des calculs mathématiques abstraits qui fondent des théories et des modèles qui ne tiennent absolument pas compte des réalités et encore moins des expériences et des leçons de l’histoire.

La « patate chaude » n’existe que parce que le meilleur moyen juridique de produire et de répartir les richesses est interdit dans le système capitaliste libéral : la propriété commune qui par nature est locale, apte à s’adapter aux particularités locales.

Le processus de développement économique, sans patate chaude et inégalités, injustices en tous genres, est toujours le même, il suppose innovation, compétences, gains de productivité, créativité, synergies entre les activités économiques. Pour que les populations adhèrent à ce projet de développement, à s’enrichir de leurs différences, de leur diversité, la communauté doit partager un bien commun, une propriété commune. C’est notre propos sur fileane.com lorsque nous décrivons le fonctionnement des Réseaux de Vie.

 

2) Les expériences actuelles pour développer les richesses à partir de nos diversités et de nos particularités locales.

« La diversité en soi vint à être comprise comme un ingrédient clé de la croissance économique ».

 

Rappelons d’abord que la diversité en soi fait partie des principes d’organisation des institutions politiques que sont l’alliance des contraires au niveau de la définition des objectifs et la pratique de la subsidiarité au niveau de l’obtention de la solution optimale adaptée ensuite aux particularités locales.

Reprenons brièvement nos propos qui illustrent cette diversité en soi. Nous l’avons trouvée au niveau des synergies qui accroissent les richesses et l’exemple de la ville de Delft. Nous l’avons vue également dans ces communes qui développent une économie solidaire et la transition énergétique mais aussi politique, économie et sociale, culturelle comme à Ungersheim près de Mulhouse en Alsace, à Marinaleda en Andalousie, à Levigliani en Toscane. La production de richesses repose sur des coopératives, des SCOP ( sociétés coopératives de production), un management participatif, des communes gérées en démocratie directe locale participative, le plus souvent avec une monnaie locale même si pas encore avec une monnaie pleine.

Cette diversité repose sur un socle indispensable : les relations sociales dans le cadre d’une culture de groupe, d’une culture humaniste.

C’est l’une des conclusions du document sur le paternalisme à partir du livre de Thomas Phillipon  » Le capitalisme d’héritiers  »

Les pays où les relations sociales dans le travail sont constructives sont en moyenne plus riches que les autres. Ce surplus de richesse serait dû en partie à l’augmentation du taux d’emploi et en partie à des gains d’efficacité au niveau des entreprises. Améliorer la coopération au sein des entreprises peut être chiffré à plusieurs points de PIB 

Ajoutons quelques autres exemples de cet ingrédient clé de la croissance économique vers une période de prospérité dans une civilisation à la culture humaniste rassemblant ses Réseaux de Vie.

 

La SCOP Ferme des Volonteux

 est créée en 2011. Elle fait aujourd’hui vivre 20 personnes sur une vingtaine d’ha, qui fourmillent pour produire, transformer, acheminer et commercialiser fruits et légumes biologiques naturellement de saison. Plus qu’une cohabitation forcée par la mutualisation des moyens de production, c’est un partage quotidien des réalités agricoles en une véritable synergie humaine où personne n’est livré à lui même tout en étant libre de ses choix professionnels. Ce lieu est un modèle unique en France et la ferme regroupe aujourd’hui une diversité exceptionnelle de types de maraichages (bio-intensif petite surface, planche permanente, surfaces légumières), d’arboriculture, de transformation des produits et de circuits de commercialisation (gros, demi-gros, magasin à la ferme, marché, livraisons de repas cuisinés, livraison d’amap…).

document :

Et pourtant, ils nous nourrissent. Rémy, gelé mais pas coulé,

Marianne du 23 au 29 avril 2021, pages 10 et 11, par Géraldine Meignan.

extraits :

Malgré le gel de la nuit du 7 au 8 avril 2021 qui a ravagé plusieurs hectares d’arbres fruitiers, soit une perte sèche de 100 000 euros, la Ferme des Volonteux, près de Valence, tient bon grâce à la diversification de ses cultures.

 …/…Tous les experts l’affirment, ces événements extrêmes sont amenés à se multiplier. La faute au dérèglement climatique.

…/…C’est cette culture maraîchère de permettre à Rémy Léger et à ses huit associés d’encaisser le choc. Et de ne pas mettre en danger la vingtaine de salariés employés par la coopérative.Au fil des années, la ferme des Volonteux à développer la vente directe, qui absorbe une grosse moitié de la production agricole, les marchés de plein vent et la vente de paniers. Mais elle a aussi accueilli une friperie, une boulangerie et une herboristerie. Résultat:« La structure affiche en moyenne un chiffre d’affaires en progression de 20 % par an, à hauteur de 1,3 million d’euros », assure Rémy Léger. Malgré le gel, il sera bénéficiaire cette année.

Ce ne sera vraisemblablement pas le cas des arboriculteurs des Baronnies, dans le sud du département, qui ne font que des abricots. Eux ont perdu la quasi-totalité de leur récolte. Il ne leur reste plus que leurs yeux pour pleurer. « L’industrialisation de l’agriculture a incité le monde paysan à se spécialiser pour être rentable. Mais, on le voit aujourd’hui, c’est irresponsable de lier le sort d’une exploitation à une seule récolte. Une ferme, c’est un organisme vivant », plaide Rémy Léger. La ferme des Volonteux ne se contente pas de mixer maraîchage et arboriculture.Elle a acquis des vaches, des poules et des brebis pour débroussailler et apporter du fumier sur les pâturages. Au sein même des parcelles d’arbres fruitiers, les variétés ont été mélangées. « Elles ne se comportent pas de la même façon face aux maladies. Et elles ont des floraisons plus étalées. Ça permet de limiter la casse en cas de problème », confie l’agriculteur.

…/…Ensuite, la nature n’a pas dit son dernier mot. Rémy Léger et ses associés en font la démonstration tous les jours. L’agroécologie – et sa rotation des cultures, sa couverture permanente des sols, son agroforesterie, sa polyculture – élevage – est en train de prouver qu’elle peut tout à la fois nourrir la planète, produire de la biodiversité et atténuer les effets du réchauffement. En fait, l’urgence climatique oblige à opérer un retour à la « naturalité ». Le propos ici, n’est pas de sombrer dans la nostalgie d’un passé idéalisé. Ni de balayer d’un revers de la main tous les développements scientifiques et technologiques. Mais de bâtir une agriculture qui travaille avec la nature. Et non pas contre elle. Car, dans tous les cas, c’est elle qui aura le dessus.

 

La vallée des Aldudes au pays basque et son développement économique.

 

Elle est l’exemple de l’utilisation d’une particularité locale, l’élevage des porcs basques, pour développer une filière de production d’excellence capable d’exporter une partie de sa production. Les emplois locaux permettent aux jeunes de rester au pays tout comme le charme des paysages et l’isolement de la vallée attirent les touristes en recherche de nature, de calme et de qualité de vie et qui sont autant de clients et consommateurs des produits locaux.

L’élevage du porc basque est bien adapté aux particularités locales de la vallée et de ses montagnes de moyenne altitude. Les porcs vivent en liberté et donnent une viande pour des produits d’exception.

extraits du document :

Pourtant, alors que le débat sur la marque territoriale Pays Basque dure depuis des années, c’est bien une marque « Aldudes » qui est en train de se développer, une marque synonyme de qualité et de garantie d’une production locale.

Le cercle vertueux s’est enclenché dans la vallée. Des emplois sont créés, des gens s’installent, ce qui amènera des besoins (écoles, commerces, médecins…) qui créeront d’autres emplois. Un exemple observé de près, et pas seulement dans la montagne basque.

fin du document.

Les coopératives de fermiers mettent en place la vente directe de leurs produits et aident l’installation de jeunes éleveurs.

Une association travaille au développement d’une démocratie participative pour déterminer des pistes d’actions économiques, sociales et culturelles.

A partir d’une démarche marketing fondée sur un produit d’exception, la vallée cherche ainsi à s’échapper du système de pouvoir libéral et trouver un art de vivre avec cette nature encore préservée.

 

source :  La diversité, moteur de l’entreprise. Et si diversité rimait avec productivité et innovation ?

document, extraits :

C’est en tout cas la conclusion de plusieurs études récentes. Le principe est simple : plus un groupe est homogène, moins il est susceptible d’innover. Plus les travailleurs sont d’âges, compétences, et origines variées, plus ils s’attaquent aux problèmes avec des angles de vus différents. Ils aboutissent alors plus souvent à des solutions innovantes.

Selon une étude du Massachussets Institute of Technology (2014), les entreprises comptant plus de 10 % de femmes parmi leurs cadres ont des revenus 40 % supérieurs à celles qui n’en comptent que 5 %. La présence de femmes à des postes de direction est source de plus de performance. Elle permet d’améliorer les pratiques managériales, de mieux comprendre les consommateurs, et ainsi d’augmenter le revenu global de l’entreprise

Selon une étude McKinsey portant sur 366 entreprises multinationales, celles comptant la plus forte diversité dans l’origine ethnique et culturelle de leurs employés avaient une performance plus élevée de 35% en moyenne. Pourquoi un tel succès ? Tout simplement car les collaborateurs étrangers ou d’autres milieux amènent avec eux des réseaux et des manières de penser différentes. Ce sont autant d’opportunités pour l’entreprise d’améliorer ses pratiques.

 

3) Inclusion et innovation, la gestion actuelle des salariés dans les entreprises.

Cette volonté d’utiliser la diversité en soi pour améliorer la production des richesses est reconnue par les entreprises. Elles tentent de développer cette utilisation de la diversité mais sans remettre en cause le fonctionnement du système libéral. Cet opportunisme se décline en terme d’influence sociale par la volonté d’étendre parmi les populations la soumission librement consentie. Nous sommes ici en plein fonctionnement du système de pouvoir libéral, néo libéral sur le plan social.

 

Approche au niveau macro économique : inclure les plus pauvres dans le système capitaliste libéral.

document, extraits : De l’inclusion à l’innovation, proposé par HEC Paris Executive Education

Les entreprises comprennent qu’il existe des raisons éthiques et stratégiques derrière la conception et le développement de business models inclusifs.

« L’économie inclusive consiste à donner aux communautés pauvres un accès aux biens de consommation, mais aussi au travail, et donc de les considérer à la fois comme des consommateurs potentiels, et des producteurs ; et les aider à développer leurs capacités de production », suggère le professeur Faivre-Tavignot.

Pour les entreprises, l’économie inclusive consiste aussi à identifier les possibilités de créer des produits rentables et abordables pour les communautés pauvres, dans les pays développés et en développement.

« Travailler sur l’accès aux biens et aux services pour les plus pauvres peut être source de croissance et d’innovation pour les entreprises, explique le professeur Faivre-Tavignot. La majorité de la population des pays émergents se situe soit en bas, soit au milieu de la pyramide sociale. Développer des biens et services innovants et abordables pour ces populations peut ainsi créer de grandes opportunités pour les entreprises. »

fin du document.

Approche micro économique au niveau du groupe social :

A la lecture de différents articles de presse, nous retenons qu’il y a deux axes de développement pour des politiques inclusives au service de l’innovation.

Premier axe :pour bien refléter la clientèle, l’entreprise doit adapter son environnement à l’inclusion de personnes et non plus seulement leur demander de s’intégrer. L’intégration consiste à demander aux membres du groupe de respecter des normes et des règles pré établies. L’inclusion va au delà et avec un management participatif, cherche à faire en sorte que tous les membres du groupe définissent leurs normes de vie en commun en fonction de leur sexe, culture, âge, handicap, etc. Probablement en cherchant un consensus qui satisfait la Direction puisqu’elle est déchargée d’un problème épineux. A moins qu’elle joue le jeu dans un réelle démarche Qualité Totale au niveau de son management et que le groupe exerce alors directement le Pouvoir… et abandonne le statut d’entreprise dirigé par les seuls actionnaires pour créer une entreprise coopérative où tous sont actionnaires et décident de la stratégie à mener.

L’objectif pour arriver à une sorte de consensus est de faire en sorte que les membres du groupe pensent la même chose et interprètent la situation  de la même manière en éliminant les biais cognitifs qui nuisent à la rationalité. Au départ il y a l’élimination des clichés et des préjugés qui induisent en erreur notre interprétation puis il s’agit d’éliminer les dissonances cognitives et nos contradictions internes en changeant nos convictions puis nos comportements ou en utilisant la post-rationalisation comme moyen de défense. Bref la psychologie intervient pour arriver à une standardisation des pensées et des comportements dans une situation donnée.

Afin de tirer parti de la diversité, de nombreuses entreprises ont maintenant mis en place une formation aux préjugés inconscients afin de développer une mentalité plus inclusive parmi leurs collaborateurs. C’est le cas lorsque la haute direction apporte son soutien à la création d’un environnement de travail inclusif et encourage les collaborateurs individuels à prendre conscience de leurs biais potentiels et à développer leur complexité cognitive. »

Deuxième axe : pour éviter justement cette remise en cause de la culture managériale pyramidale, il s’agit de développer des technologies innovantes qui permettront aux exclus de participer aux échanges sur un marché. Par exemple développer les ventes en ligne pour des clients éloignés des magasins de ventes, développer des formations en ligne pour les enfants en longue maladie dans les établissements de soins, pareil pour des sites de rencontre, etc. Le télétravail peut s’inscrire également sur cet axe tant il permet le contrôle électronique de l’activité des salariés. Sans oublier les innovations technologiques pour permettre aux handicapés de vivre quasiment comme les non handicapés.

En conclusion, l’innovation appartient bien à l’entreprise et pour la favoriser, les salariés doivent utiliser le mieux possible leur rationalité sans tous les éléments liés à leur personnalité ou identité. Leurs histoires personnelles ne peuvent que nuire au développement de l’innovation et leurs contradictions, leurs peurs sont à éliminer pour qu’ils puissent travailler ensemble avec toutes leurs facultés mentales et leurs savoirs. L’inclusion est à ranger sur l’étagère de la standardisation de la raison, de la rationalité dont les salariés doivent faire preuve. Nous restons bien alors au niveau de l’utilisation de la seule seconde source de savoir, la source intellectuelle et rationnelle. Cohérent certes pour le système mais peut-on réellement espérer un développement des innovations et une croissance dans la production des richesses ?

Il n’en reste pas moins que l’être humain a un esprit créatif qui, d’après les dernières études, repose sur une série de gènes.

document :

La créativité, l’atout de l’Homo sapiens qui lui a permis d’éviter l’extinction.

Une étude révèle que c’est grâce à une série de gènes liés à la créativité que l’Homo sapiens est parvenu à éviter l’extinction. Ces gènes auraient permis à l’homme moderne de mieux résister au vieillissement, aux blessures et aux maladies.

Face à l’homme de Néandertal, l’Homo sapiens avait un avantage significatif : des gènes de la créativité. Une « arme secrète » qui lui a permis, contrairement à son ancêtre, d’éviter l’extinction.

 C’est ce qu’indiquent les résultats d’une étude réalisée par une équipe de recherche internationale, et publiée mercredi 21 avril 2021 dans la revue Nature Molecular Psychiatry. Les gènes de la créativité auraient permis à l’homme moderne de mieux résister au vieillissement, aux blessures et aux maladies. Un avantage indéniable face aux hominidés aujourd’hui éteints.

Une meilleure coopération entre individus

D’après les auteurs de l’étude, dirigés par l’université de Grenade en Espagne, la créativité a encouragé la coopération entre individus, préparant le terrain à l’innovation technologique, la flexibilité comportementale et l’ouverture à l’exploration.

Les 267 gènes uniques liés à la créativité chez Homo sapiens, présents dans des régions du cerveau, ont été identifiés grâce à des marqueurs génétiques, des données sur l’expression génétique et des techniques d’IRM. « Ces régions du cerveau sont impliquées dans la conscience de soi et la créativité de l’homme, et comprennent les régions qui sont fortement associées au bien-être humain et qui sont apparues relativement récemment », peut-on lire dans l’étude.

Trois réseaux cérébraux

Un ensemble de 972 gènes organisés en trois réseaux cérébraux avaient été identifié par le passé chez Homo sapiens. Le plus ancien, qui date d’il y a 40 millions d’années, concerne les habitudes d’apprentissage, l’attachement social et la résolution des conflits. Le deuxième réseau est apparu il y a 2 millions d’années et concerne la maîtrise intentionnelle de soi. Le plus récent régit la conscience créative de soi et est apparu il y a 100 000 ans.

source :

 https://c.dna.fr/magazine-lifestyle/2021/05/04/la-creativite-l-atout-de-l-homo-sapiens-qui-lui-a-permis-d-eviter-l-extinction

 

 

conclusion

 

La diversité en soi comme ingrédient majeur d’une croissance économique est une réalité qui confine à l’évidence. La production des richesses doit donc indiquer clairement quelles sont les diversités qui se combinent dans son processus de développement pour garantir au départ la complémentarité entre les rendements croissants et décroissants.

Ce contrôle d’un niveau satisfaisant de diversité capable de créer des richesses est une mission des centres de gestion et la validation de ce niveau de diversité a lieu au niveau des assemblées de l’action politique dans les institutions politiques des Réseaux de Vie.

Pour la production des richesses,

  • le premier niveau de diversité comprend les particularités locales,

  • le second porte sur la réunion d’une diversité de compétences,

  • le troisième développe les synergies.

Pour la distribution des richesses,

  • le premier niveau de distribution assure la complémentarité entre rendements croissants et décroissants,

  • le second garantit la complémentarité entre les trois formes de propriété et l’utilisation de la propriété commune, moyen optimale pour distribuer les richesses produites par le travail de tous.

  • Le troisième niveau de distribution des richesses assure le développement de la solidarité et la distribution des richesses immatérielles : les expériences, les connaissances et les savoirs entre un réseau qui a réussi à le mettre au point et les autres qui en besoin.

Dans les Réseaux de Vie, l’adaptation de la solution optimale aux particularités locales est une expérience qui se partage en passant de l’assurance contre les risques à la solidarité, c’est à dire en créant des connaissances et un savoir qui appartiennent à tous les membres du groupe social, sinon à l’humanité. C’est le développement des biens communs et de la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures.

S’il faut chercher une source d’inclusion, alors c’est au niveau du partage de ce savoir obtenu par la solidarité qu’elle se trouve… la solidarité est inclusive mais en toute logique, en dehors des systèmes de pouvoir.

 

Les centres de gestion des Réseaux de Vie.

S’enrichir de nos différences dans la pratique de la solidarité.

 

 

Nous venons de présenter les méthodes et principes qui conduisent la production et la distribution des richesses par les équipes de projets de vie et les autres institutions politiques. La Démarche Qualité Totale met en pratique la subsidiarité et le COQ (Coût d’Obtention de la Qualité) précise l’adaptation aux particularités locales de la solution optimale. L’organisation des réseaux de production des richesses, nous venons de le voir, généralise cette Démarche Qualité Totale pour optimiser la mise en place des synergies en développant l’utilisation des différences, des particularités locales, de la diversité en soi. S’enrichir de nos différences, certes, mais en développant la solidarité entre personnes différentes.

Ce développement de la solidarité, ce passage de l’assurance à la solidarité, s’exerce dans une institution économique et politique précise : les centres de gestion.

Nous avons montré qu’au départ de l’activité humaine, qu’au commencement de la démarche de résolution de problème ou de projet de vie, la définition des objectifs utilise le principe de l’alliance des contraires, principe que nous avons défini comme étant un état d’esprit résultat de l’utilisation de nos deux sources de savoir, initiatique et spirituelle d’un côté et intellectuelle et rationnelle de l’autre. Nous avons illustrer ce principe avec la pratique de la prise de décision et de la résolution des litiges dans la Grande Loi qui lie les nations iroquoises, pratique mise en place par les moines bénédictins en Europe à la période médiévale et qui a fait partie du savoir ancien préservé depuis les temples des bords du Nil et des bords du Tigre et de l’Euphrate voire plus loin, des fleuves descendus des Himalayas en Asie et en Inde. Ce savoir, nous le rappelons, a été transmis aux Iroquois de la baie du Saint Laurent par les moines soldats templiers et vikings de la flotte templière normande qui se rendait dans les Andes de Tiahuanaco et le Mexique avec sa plus grande mine d’argent du monde.

A la fin de la démarche de résolution de problème, les équipes de projets de vie vont valider leurs COQ et COS devant l’assemblée de l’action politique de leur institution locale politique, leur ville libre avec sa garde nationale, ses équipes de projets de vie, sa banque qui gère la monnaie pleine, etc. Cette validation politique, nous l’avons montrée, a pour conséquence l’inscription de ces besoins en financement et en investissements matériels et immatériels dans le Plan établi par la Confédération des Réseaux de Vie qui participe alors également à la recherche de puissantes synergies dans une dimension spatiale plus vaste qui peut le cas échéant, à l’aide de Traités de Paix, associer des nations d’une autre Confédération des Réseaux de Vie ou des nations encore soumises à des systèmes de pouvoir. De même lors de la réalisation des objectifs d’une équipe de projets de vie, cette équipe avec son centre de gestion revient devant l’assemblée de l’action politique de son institution pour demander un quitus. Ensuite cette production de richesses et ce développement de la solidarité sont enregistrés dans les différents bilans, y compris celui de la banque qui gère la monnaie pleine utilisée lors de cette activité humaine.

Nous sommes ici au niveau de la portée de la décision politique prise dans une démocratie locale directe participative pour développer l’activité humaine sur ces trois niveaux : indispensable à la vie et à la survie, la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures, l’action politique. Ce sont les centres de gestion qui vont préparer les décisions de l’action politique pour piloter et gérer, contrôler l’activité des Réseaux de Vie.

Une fois de plus commençons par montrer ce qui n’est plus admissible dans le fonctionnement du système capitaliste libéral et le fonctionnement du système politique démocratique représentatif qu’il soutient. Dans les Réseaux de Vie, ici également, c’est l’inverse, l’opposé, tout le contraire qu’il s’agit d’utiliser.

Reprenons en nous limitant au cas français, deux exemples de cette gestion publique et économique que nous avons déjà critiquée.

Cas 1 : dans le scandale de la pollution à la dioxine en Savoie dans les années 1990, l’incinérateur de Gilly-sur-Isère avait fait l’objet d’une fermeture administrative en octobre 2001 car ses émissions dépassaient les normes en vigueur, jusqu’à 750 fois pour la dioxine. Les procès se sont achevés sans aucune condamnation ni des élus locaux gestionnaires de l’incinérateur ni des responsables publiques et de la préfecture. Cette affaire montre qu’un préfet et ses services qui disposent des résultats des analyses de la pollution a le droit de ne pas les rendre publiques au motif que la préservation de l’ordre public est prioritaire. La révélation des chiffres de la pollution et de la gestion calamiteuse de cet incinérateur ont en effet de quoi agiter les citoyens et exposer l’état à des indemnisations colossales pour les préjudices subis pendant de nombreuses années par des milliers de citoyens. En vertu du principe de la séparation des pouvoirs, les juges ne peuvent pas intervenir dans la gestion du gouvernement. Le préfet a fait son travail : il a fermé l’usine, certes il aurait du le faire plus tôt…

Nous l’avons indiqué, ce principe de la séparation des pouvoirs n’existe pas dans le fonctionnement des Réseaux de Vie, dans une démocratie directe locale participative. La démarche qualité totale, l’utilisation de la subsidiarité pour trouver la solution optimale face à un problème fonctionnent à travers un travail de groupe et un management participatif. Il n’y a rien à cacher au niveau des dirigeants pour conforter l’exercice de leur pouvoir, nous ne sommes plus dans un système de pouvoir dont la mission est de soumettre les populations à la minorité dirigeante.

 

Cas 2 : la gestion de la crise du COVID-19 en France va figurer, si ce n’est pas déjà fait, dans les cas d’école pour montrer comment arriver à un scandale sanitaire et politique. Après des années d’application du downsizing dans le domaine de la Santé comme dans les autres autres services publics sous la pression de la Commission Européenne chargée d’appliquer les dogmes de l’économie néo libérale anglo-saxonne, les moyens médicaux sont absents ou en nombre très insuffisants lorsqu’après deux à trois mois de diffusion du virus non détectée comme nouveau coronavirus, la pandémie se développe. De suite éclatent des querelles personnelles entre experts infectiologues et virologues sur les soins à prodiguer aux malades et se dévoile la politique du gouvernement pour imposer un centralisme des décisions et un tâtonnement, des errements et des contradictions dans les mesures à suivre. La bureaucratie affiche ses coups d’éclat au niveau des commandes des masques, des tests, au niveau des habilitations pour tester et en refusant d’abord la capacité de tester aux laboratoires vétérinaires ainsi que les tests sérologiques, les autotests pour finalement les accepter un an plus tard.

La solution des dirigeants est indiquée : attendre l’arrivée des vaccins et vacciner tout le monde pour arriver à l’immunité générale de la population et stopper la pandémie. Des médicaments sont interdits alors que des essais thérapeutiques avec d’autres sont financés puis abandonnés. L’État français devant cette situation tragique ne peut pas faire plus. Dépistage massif et masque obligatoire en Ehpad ? Le Conseil d’État dit non. La haute juridiction a rejeté la demande de plusieurs syndicats qui demandaient davantage de mesures sanitaires systématiques en Ehpad en raison du coronavirus. http://www.leparisien.fr/societe/depistage-massif-et-masque-obligatoire-en-ehpad-le-conseil-d-etat-dit-non-16-04-2020-8300742.php#xtor=AD-1481423553 Par Nicolas Berrod Le 16 avril 2020 à 14h59.« L’État fait déjà beaucoup et n’aurait pas les moyens de faire plus. » C’est en résumé la décision du Conseil d’État concernant les Ehpad rendue publique ce jeudi. La haute juridiction administrative a rejeté le recours déposé par plusieurs syndicats. Ceux-ci demandaient au gouvernement de renforcer les mesures sanitaires dans ces résidences où au moins 6524 personnes sont décédées du Covid-19.

A l’ignorance s’ajoute rapidement la peur du fait des évènements tragiques en EHPAD. La vaccination comme prévue provoque le développement de variants avec autant de vagues et d’épuisement du personnel médical. Les citoyens comprennent que les mesures de confinement et de restrictions des libertés publiques n’ont pour raison que de ménager les hôpitaux en manque de lits et de personnel pour soigner les malades. Dès l’été 2021 et l’imposition du passe sanitaire, une grande partie des citoyens comprend que la vaccination n’arrête pas la propagation du virus. Le seul bénéfice affiché par les dirigeants est que le vaccin réduit fortement le risque d’une infection grave et des soins hospitaliers lourds et de longue durée. Le passe sanitaire correspond à un public désireux de maintenir son style de vie sociale ou obligé de se vacciner pour conserver son travail. Les études de scientifiques dissidents se multiplient et démontrent le contraire du discours officiel.

La peur ajoutée à l’ignorance constitue le terreau de la haine, arme fatale pour diviser une population et surtout pour permettre au gouvernement d’imposer des mesures autocratiques. Comme dans toutes crises organisées par les dirigeants capitalistes néo libéraux, les auteurs des erreurs et les coupables des mesures qui ont provoqué volontairement ou non, cette crise, ces politiciens et financiers retournent la situation et créent des boucs émissaires, des groupes sociaux hostiles à ces mesures autocratiques. Le groupe des non vaccinés ou des vaccinés qui refusent le passe sanitaire deviennent ainsi le centre des regards et des reproches voire de la haine du groupe des conformistes soumis aux ordres des gouvernants.

Oubliées les causes, les politiques malsaines de downsizing pour privatiser les services publics, mettre à mal la Sécurité Sociale héritée du Conseil National de la Résistance et de la Libération après 1945. Oubliée la recherche du laboratoire qui en 2012 aux USA a prouvé qu’un coronavirus, qu’un virus peut dorénavant passer de l’animal à l’être humain.

Le contrôle autocratique des peuples qui scelle quasi définitivement l’établissement du gouvernement mondial de l’oligarchie financière anglo-saxonne et qui était réclamé au début des années 2010 notamment par JP Morgan en Europe, est enfin mis en place et justifié par ces nouveaux dissidents, celles et ceux qui refusent un simple passe sanitaire qui sur le plan médical ne sert pas à stopper la diffusion du virus mais à éviter les formes graves qui encombrent les hôpitaux et perturbent la prise en charge notamment des cancers. Cancers qui auraient du être soignés d’une manière préventive dès les années 1960 si quelques médecins qui avaient trouvé les traitements pour les éliminer n’avaient pas été éliminés en premier par les décisions judiciaires exigées par le Conseil de l’Ordre des Médecins créé après 1940 sous Vichy et jamais épuré ou transformé depuis.

Sur le plan économique, l’urgence pour le gouvernement est la sauvegarde du taux de croissance retrouvé depuis la fin des confinements. Le passe sanitaire, mesure typiquement bureaucratique et policière, a pour but de ne plus chercher à réfléchir sur comment lutter contre ce virus et encore moins sur comment le soigner préventivement en développant notre niveau d’immunité naturel avec les vitamines et minéraux indiqués. Tous au travail ou à l’école sauf les non vaccinés qui n’ont pas leur passe sanitaire et pour lesquels le président Macron déclare vouloir leur pourrir la vie sociale…

Pourtant il y a eu des solutions empiriques qui ont sauvé des gens mais elles n’ont pas été reprises et diffusées sous prétexte que la vaccination allait les rendre inutiles. La pratique généralisée de la démarche Qualité Totale dans le domaine de la Santé aurait pris en compte par exemple cette découverte. Les Pr Wenzhong Liu et Hualan Li, deux chercheurs de l’Université de Sichuan en Chine ont en effet mis en évidence le fait que le Coronavirus ne serait pas un virus qui s’attaque au système respiratoire comme on le pensait jusqu’à présent, mais au système sanguin. Au même moment, en Alsace, à Masevaux, un médecin gériatre dans une maison de retraite a utilisé sa logique face aux pensionnaires atteints par le Covid. Quand un patient présentait un symptôme du Covid, il lui prescrivait un traitement d’anticoagulants s’il n’en avait pas déjà, pour éviter les thromboses, c’est-à-dire la formation d’un caillot obstruant un vaisseau sanguin. Utiliser des ventilateurs à oxygène ne faisait qu’endommager les poumons et accélérer le décès. Ces réussites ont été rejetées par les experts scientifiques car elles n’étaient pas significatives et pas mentionnées dans les protocoles académiques. En clair, il y a eu aucune pratique de la subsidiarité ascendante chez les médecins et leurs dirigeants. Il s’agit d’enfermer, d’exclure, de pourrir la vie sociale des non vaccinés avec des contrôles policiers et des sanctions pénales destinées à faire peur et mieux soumettre les populations.

De même pour l’utilisation des chiffres et des statistiques, notamment le nombre de décès causés par le virus. Des médecins l’avouent, parmi les chiffres officiels des décès, les deux tiers au moins ne concernent pas le virus mais comme personne ne peut le prouver puisqu’il n’y a pas eu d’autopsie… De même à propos du silence, de la censure des résultats obtenus par l’Inde en utilisant rapidement l’ivermectine pour prévenir les conséquences graves de ce virus. Dans une démarche Qualité Totale face à un dysfonctionnement inconnu, le réflexe est d’observer et de tout noter dans un tableau de bord. Ensuite une analyse avec les outils de résolution de problèmes devient possible et les actions se précisent à travers un diagramme causes-effet. Non, nous avons eu droit à des prédictions alarmistes suite à des études et des simulations informatiques pratiquées dans des cabinets d’études suivies par des mesures sanitaires dictées par McKinsey au gouvernement français via la Commission européenne de Bruxelles, spécialement pour la vaccination de la population. Bref encore du dogmatisme néo libéral pour imposer des intérêts de multinationales anglo-saxonnes avec la complicité des politiciens et des professionnels de la santé payés par elles.

Arrêtons là ces exemples de gestion condamnable des gouvernements français, il y en a tant d’autres ! Leur point commun réside dans la défense du pouvoir des dirigeants à travers des manipulations politiciennes, des mensonges, des mises au secret sur des chiffres compromettant pour eux, des communications infantilisantes pour les citoyens, du mépris, de la violence des riches. A force de faire, ces dirigeants veules et incompétents dans la direction d’une nation autrement qu’en suivant les dogmes et directives de leurs commanditaires anglo-saxon, ces dirigeants placent le pays dans une situation de guerre civile larvée prête à tout moment à exploser. Leur seul secours repose sur le niveau profond d’ignorance des citoyens sur la manière de quitter, d’abandonner leur système de pouvoir économique capitaliste libéral ainsi que sur leur censure et mise à l’écart des dissidents qui savent justement vivre sans eux dans un tout autre choix de civilisation.

Les centres de gestion des réseaux de production des richesses font exactement l’inverse, le contraire de ces pratiques gouvernementales actuelles dictées par les dirigeants du système néo libéral. Dans les systèmes de pouvoir, les états utilisent des administrations plus ou moins centralisées avec un corps de fonctionnaires de la Fonction publique. Ce n’est pas le cas dans les Réseaux de Vie. Nous l’avons déjà vu pour la Garde Nationale : tous les citoyens d’une ville libre sont membres de droit. Ce qui a pour conséquence que chaque membre d’un Réseau de Vie va travailler au cours de son parcours professionnel une ou plusieurs périodes dans au moins un centre de gestion. Nous le verrons, il va y trouver l’occasion d’apprendre et d’élever ses compétences ainsi que la maîtrise du fonctionnement des Réseaux de Vie pour accéder à des niveaux de responsabilités supérieurs. Les centres de gestion ne sont donc pas une administration au service d’un système de pouvoir centralisé, hiérarchisé dans le cadre d’un régime politique en démocratie représentative ou pire, en tyrannie exercée par la minorité dirigeante qui a usurpé le fonctionnement du Pouvoir et la délégation de la mission d’Autorité appartenant à chaque citoyen.

Les centres de gestion des Réseaux de Vie sont au cœur de la vie des équipes de projets pour les suivre du départ du projet jusqu’à la réalisation de ses objectifs. Cette pratique, cette histoire vont accumuler des connaissances, des expériences, des liens sociaux et culturels, la mise en place de synergies qui vont se poursuivre après la fin du projet de vie. Ces richesses matérielles et immatérielles produites vont servir à de nouveaux projets de vie, ces biens communs obtenus vont pouvoir être utilisés par d’autres que les membres de cette équipe de projets de vie. Nous allons donc préciser l’enjeu des réseaux de vie dans chacun de ces deux moments de l’activité humaine : premièrement pendant la réalisation des objectifs de l’équipe de projets puis deuxièmement après la fin de l’équipe de projets de vie.

 

L’équipe de projets réalise ses objectifs avec l’appui du centre de gestion.

 

Finalités des centres de gestion :

Il sont chargés de la mission du contrôle au niveau des pouvoirs de Direction : définir les objectifs, animer les équipes, contrôler, représenter l’organisation.

Tout au long de notre présentation des Institutions politiques et économiques des Réseaux de Vie, nous avons mentionné le rôle des centres de gestion. Chaque institution politique, avant de prendre des décisions dans ses assemblées politiques et d’exercer l’action politique, troisième niveau d’activité humaine (ou premier, peu importe), utilise les données et les documents gérés par son centre de contrôle et de gestion. Ce contrôle a pour but de vérifier que la décision est prête pour sa validation politique et obtenir un vote à l’unanimité ou selon le cas, à la majorité prévue.

Objectifs :

Rassembler des données venant des équipes de projets de vie, des villes libres, de la Garde Nationale, de l’Armée, de la Banque de la Confédération et vérifier qu’ils sont prêts pour soutenir un débat lors de l’action politique dans l’institution politique qui a la compétence d’attribution pour décider sur une question ou la mise en place d’une solution à un problème.

A partir de ces analyses des données d’ensemble, le centre de gestion a le pouvoir d’émettre des propositions à l’institution politique pour améliorer sa décision, spécialement au niveau de la solidarité, c’est à dire le partage de la décision prise par cette institution politique locale avec d’autres institutions locales situées dans la Confédération. Dans ce cadre il travaille en relation avec la Confédération et le Plan.

Vérifier le niveau de compétences utilisées dans la réalisation des objectifs et vérifier l’élévation des compétences obtenue à la fin d’un projet de vie.

Vérifier le calcul du Coût d’Obtention de la Solidarité dans une équipe de projets de vie et en faire un bilan annuel pour l’institution politique à laquelle sont rattachées ces équipes de projet de vie.

Le domaine d’activité :

concerne l’ensemble des trois niveaux de l’activité humaine. Par exemple le centre de gestion qui prépare une décision pour l’activité indispensable à la vie humaine, à travers son pouvoir de propositions peut de suite envisager que cette décision soit transposée, complétée, améliorée pour le travail au niveau de la survie et/ou de la réalisation des œuvres. Dans ce cas il s’adresse aux experts de la Confédération et du Plan qui examinerons ces propositions.

Le champ d’action :

est local et comme pour les institutions politiques, les centres de gestion sont rattachées à une ville libre sinon directement à la Confédération des Réseaux de Vie. Les centres de gestion ne sont pas un niveau de centralisation du pouvoir rattaché, par exemple, à la Confédération. Nous avons vu que la Confédération a des compétences d’attribution spécifiques et son propre mode de gestion de ses activités.

Les ressources :

sont apportées par les institutions politiques et économiques et elles sont variables selon le niveau d’activité des équipes de projets de vie qui travaillent pour l’une ou plusieurs de ces institutions. C’est notamment le cas pour les ressources humaines qui sont rattachées aux équipes de projets de vie. La fonction de centre de gestion n’est pas indépendante de l’activité des équipes de projets de vie ou de celle des institutions des Réseaux de Vie. Les centres de gestion ne sont pas une administration comme dans un système de pouvoir hiérarchisé et centralisé.

Fonctionnement :

Les équipes de projets à travers la démarche Qualité Totale à la fin de leur travail présente le COQ, le coût d’obtention de la Qualité, c’est à dire les investissement et le travail à réaliser pour éliminer les risques ou les dysfonctionnements qui ont été l’objet de leur travail de résolution de problème et d’amélioration de la Qualité.

Cette demande de travail et ce besoin en financement sont financés avec la monnaie pleine, c’est à dire des bons de travaux qui sont adressés à des fournisseurs ou à des actions de formation pour élever le niveau des compétences afin d’éliminer ou de mieux maîtriser les risques. Ces devis permettent de déterminer le COQ.

Pour arriver à ce résultat, l’équipe a commencé par utiliser l’alliance des contraires pour définir son objectif puis la subsidiarité pour obtenir la solution optimale avec d’autres équipes confrontées à ces risques ou dysfonctionnements. Cette solution optimale validée par ce groupe d’experts a été ensuite adaptée aux particularités locales d’une équipe de projet.

Le contrôle de ces activités dans la démarche Qualité Totale se déroule étape par étape et les décisions sont prises d’une manière collégiale par les membres de l’équipe. C’est un contrôle à priori. Les centres de gestion ne vont donc pas remettre en cause ce contrôle à priori ni exercer un contrôle à postériori capable de remettre en cause le contrôle exercé par les équipes de projet. En clair, le COQ présenté par une équipe de projet n’est pas remis en cause, ni son financement garanti par l’utilisation de la monnaie pleine.

Le centre de gestion prend simplement le relais pour poursuivre ce travail en faire en sorte que la réalisation du COQ se déroule pour le mieux et c’est cette démonstration qui sera présentée à l’assemblée de l’action politique de l’institution politique qui a la compétence d’attribution pour prendre cette décision de réaliser le COQ avec les moyens dont elle dispose ou en cherchant ces moyens auprès d’autres Réseaux de Vie, sinon auprès de la Confédération.

Pour préparer l’assemblée de l’action politique de l’institution politique à laquelle les équipes de projets de vie sont rattachés, les différents centres de gestion de ces équipes de projets qui ont fini leur travail et demandent le quitus ou qui sollicitent une décision de l’assemblée de l’action politique pour modifier les objectifs ou les ressources attribuées à une équipe de projets, se rassemblent pour mettre au point leur rapport commun. C’est le moment propice pour envisager l’amélioration du Coût d’Obtention de la Solidarité et la mise en place de nouvelles synergies. C’est aussi le moment pour préparer la suite de l’activité et à partir de cette production de richesses, définir de nouveaux objectifs et de nouveaux projets. Les délibérations de l’assemblée de l’action politique de cette institution politique n’en seront que plus construites et éclairées.

Dans les systèmes de pouvoir, l’organisation hiérarchique et le principe de division du travail pour mieux le contrôler font que le travail d’une équipe est remis à un niveau hiérarchique supérieur qui apporte ses compétences puis celui-ci le remet le cas échéant à son niveau hiérarchique supérieur. Il arrive ainsi que l’équipe de départ ne sache même pas à quoi sert son travail si un secret commercial ou militaire entoure cette activité.

Il n’en va pas du tout ainsi dans les équipes de projets des Réseaux de Vie.

L’équipe de projet après avoir présenté son COQ n’est pas écartée, dépossédée de son travail mais elle va se renforcer avec des experts qui lui apporteront les compétences nécessaires, avec des délégués de l’action politique nommés pour participer à cette catégorie de décisions politiques. Ces membres ponctuels qui renforcent l’équipe de projet vont l’accompagner jusqu’à la décision finale. Un.e porte-parole du groupe ou une délégation peut rencontrer la commission nommée par l’assemblée générale de l’action politique. Les membres permanents de l’équipe de projet sont eux mêmes membres de l’assemblée locale de l’action politique tout comme ils sont membres de la Garde Nationale et peuvent agir le cas échéant à ce titre pour la réussite de leur projet de Vie. Il n’y a donc pas en principe perte de temps à cause de procédures administratives ou de prise de décision hiérarchique.

La répartition des tâches dans le projet de vie s’opère donc entre les membres permanents et les membres ponctuels de l’équipe de projet. A un moment donné, chacun va avoir la responsabilité dévolue au centre de gestion et au final, tous seront occupés à des tâches relevant d’un centre de gestion. Ils ne seront plus uniquement une équipe de projet mais exerceront les attributions d’un centre de gestion pour préparer la décision de l’action politique avec les membres ponctuels venus les aider à finaliser la réalisation du projet de Vie. Ils participeront évidemment à la décision prise par l’assemblée ou sa délégation de l’action politique. Assurer la mission d’un centre de gestion est donc essentiellement une compétence qui s’ajoute aux autres et vient renforcer la polyvalence des membres des Réseaux de Vie. Cette compétence peut aussi se renforcer pour devenir une expertise.

Dans le système de pouvoir hiérarchisé du système capitaliste et des décisions prises par les actionnaires, les Cercles de Qualité des années 1980 en France ont préparé les décisions de la Direction, ils ont pu co signer les demandes d’investissements et de formation au niveau de leur établissement mais la décision de leur poursuite ou non de ce management participatif local a bien été prise par les actionnaires début des années 1990 qui ont stoppé ce mouvement Qualité Totale en France et ailleurs lorsqu’ils se sont rendus compte que les  » ouvriers  » avaient le pouvoir de fait dans les entreprises et qu’ils pouvaient de suite prendre le pouvoir réel, juridique, politique. Mais les  » ouvriers  » et les membres des Cercles de Qualité ne se sont pas rendus compte de ces questions politiques tant ils étaient occupés à réussir l’automatisation et l’informatisation de leurs entreprises.

De manière plus précise, nous pouvons illustrer nos propos avec l’expérience que nous avons menée entre 1985 et 1990 dans cette usine chimique le long du Rhin pour automatiser les 5 sites de production avec la démarche Qualité Totale afin d’accompagner les nouvelles technologies avec une remise à plat de l’organisation et du management de cet établissement de production. L’aide du cabinet de consultant pour piloter cette modernisation du site fut bien évidemment essentielle. Le petit groupe de consultants était composé d’anciens responsables qui avaient eux mêmes automatisé leurs unités de production. Leur chef avait été le premier dans l’Est de la France a avoir conduit avec succès l’automatisation de l’ensemble de son unité de production dont le process de fabrication était similaire à celui d’une usine en chimie fine organique : l’usine Kronenbourg d’Obernai. D’autres avaient automatisé la chaîne de montage de la Peugeot 205 à Mulhouse avec des automates programmables et des robots de manutention. Cette équipe de consultants a partagé son expérience et ensemble nous avons pratiqué sans savoir la nommer à ce moment là, la subsidiarité pour obtenir la solution optimale non plus dans le domaine de la brasserie de bière ou la construction automobile mais dans la chimie puis à travers notre Démarche Qualité Totale nous avons adapté cette solution optimale à nos particularités locales. Cette démarche a été étendue aux fonctions administratives et logistiques avec l’informatisation de tous les services de l’établissement. Le service du Personnel a été le premier de l’Est de la France à utiliser une liaison Transpac pour alimenter son progiciel de Gestion des Ressources Humaines sur micro ordinateur avec des données provenant du logiciel de paie situé au siège à Paris.

Les membres ponctuels qui viennent renforcer l’équipe de projet sont donc des experts qui partagent leurs expériences au sein d’une équipe de projet de vie. L’expertise se situe au niveau des technologies et des machines, des équipements utilisés mais aussi au niveau de l’élévation du niveau des compétences des membres permanents de l’équipe de projet. Nous avons présenté le COQ (coût d’obtention de la qualité) mais aussi le COS (coût d’obtention de la solidarité). Les experts vont aussi conduire leur participation au projet de vie en développant son COS. Ce sont eux qui vont apporter la solidarité, c’est à dire le partage gratuit de la solution optimale, gratuit parce qu’ils sont payés en monnaie pleine ou en droits sociaux directement dans le budget de l’équipe de projet et qu’ils sont le statut d’associés au projet. Ils ne sont pas salariés d’une entreprise de prestataires de services ou de conseils qui suit le fonctionnement d’une économie fondée sur la seule propriété privée des moyens de production. Les équipes de projets de vie comme les autres institutions des Réseaux de Vie, nous le répétons, utilisent la complémentarité entre les trois formes de propriété privée, commune, collective selon la pertinence de chacune d’entre elles.

La prise de décision politique

est collégiale lors de l’assemblée de l’action politique de l’institution locale.

La gestion de cette prise de décision est définie par l’assemblée locale de l’institution politique à laquelle se rattache l’équipe de projets de vie.

Les objectifs, les ressources utilisées sont budgétés et les moyens de financement : droits sociaux pour utiliser des biens communs et monnaie pleine pour les rémunérations ont été validés lors du vote de l’assemblée locale de l’action politique pour accepter de projet de vie et l’inscrire dans le Plan géré par la Confédération.

Le suivi comptable et financier de la réalisation du projet de vie est mené par un membre permanent de l’équipe qui le cas échéant se fait aider par un expert membre ponctuel et associé à l’équipe de projet.

L’ensemble de l’équipe de projet a décidé au départ de sa manière à elle d’organiser les délégations de pouvoir ou de compétences pour mener à bien la réalisation de ses objectifs.

Lors de la fin de l’équipe de projet, l’assemblée locale de l’action politique examine les résultats de l’équipe de projet de vie, analyse les écarts entre la prévision et la réalisation. Elle donne Quitus à l’équipe de projet de vie.

Au niveau du formalisme de cette prise de décision, il y a deux étapes, deux moments : celui du Quitus donné par l’assemblée locale lors d’une de ses réunions en cours d’année puis une fois dans l’année, lors de la grande fête citoyenne, toutes les équipes de projet de vie qui ont obtenu leur Quitus, sont célébrées et félicitées. La communication publique des résultats détaillés est faite avant cette fête annuelle pour en informer l’assemblée locale des citoyens de l’institution politique, de la ville libre de rattachement. Une fête annuelle est également prévue au niveau de la Confédération avec la communication des résultats d’ensemble du Plan et la célébration des réussites majeures des équipes de projets de vie durant l’année.

 

Les centres de gestion partagent leurs expériences avec les membres des Réseaux de Vie 

 

A la fin de son projet de vie, l’équipe soit reste ensemble pour poursuivre son activité dans de nouveaux projets complémentaires du précédent, soit se sépare pour aller rejoindre d’autres projets de vie. Pour les experts qui sont venus ponctuellement s’associer à l’équipe, cette évolution professionnelle les mène vers de nouveaux projets mais aussi vers le partage de leurs expertises auprès d’étudiants, d’apprentis, de membres intéressés par l’acquisition de ces connaissances. Cette évolution peut également être choisie par les membres de l’équipe de projet pour partager leurs connaissances à temps plein ou temps partiel avec d’autres équipes de projets de vie et à titre d’expert ou à titre d’enseignant et de formateur dans un centre de formation. Il s’agit alors d’une mission qui participe au développement de la Solidarité.

 

1) le développement des réseaux d’expertise

 

Nous avons abordé à plusieurs reprises le développement et la transmission des compétences, le développement des synergies. La solidarité, le COS (Coût d’Obtention de la Solidarité) sont bien le résultat du partage de la solution optimale obtenue par la pratique de la subsidiarité. L’élévation du niveau des compétences, le partage des expériences requiert nécessairement la participation du groupe des experts dans la réalisation des projets de vie. Cependant cet effort de management, de communication, de formation, dans la pratique rencontre inévitablement des obstacles à surmonter, des verrous à faire sauter, des intérêts particuliers à éliminer. Les experts, en plus de leurs compétences scientifiques, technologiques, en sciences humaines, management, ont besoin de développer leur propre réseau d’échange et de partage d’expériences pour devenir plus encore des facilitateurs, des intervenants qui aident les équipes de projets de vie à se développer et à éliminer les obstacles et difficultés qu’elles peuvent rencontrer surtout lorsqu’elles n’ont pas été prévues.

Dans le cas de la transmission des compétences sur l’intégration systèmes chez Thomson-CSF en 1990, nous avons présenté une de ces difficultés qui dans le cas présent, s’était bien terminée. Cette transmission de l’expérience entre ingénieurs et cadres responsables de la direction des projets développés par le Groupe Thomson, aujourd’hui Thalès, a été le but principal du Campus construit à Jouy en Josas, vallée de la Bièvre près de Versailles.

Nous retenons ici une conférence-débat que notre groupe de jeunes ingénieurs et cadres dirigeants a suivi dans ce Campus, avec en face de nous un dirigeant plus âgé et expérimenté travaillant à ce moment là dans une société multinationale du pétrole au Pays-Bas. Il avait voulu partager avec nous une expérience qui l’avait beaucoup marqué au début de sa carrière et avait été en réalité un échec. Un échec qu’il avait vu arriver et compris mais contre lequel il ne pouvait rien car sa Direction Générale avec son Président ne l’avaient pas écouté et n’étaient pas sorti d’un conformisme néfaste sinon d’une position hautaine et stupide pour ne pas accepter la nouvelle technologie qui bouleversait de fond en comble leur métier et leur marché. Cette usine venait de fermer en 1990 et cette actualité l’avait poussé à venir nous parler de son expérience de jeune dirigeant quelques quinze ou vingt années plus tôt, lorsqu’il avait à peu près le même âge que nous

Le but de son intervention fut de nous mettre en garde pour que nous ne vivions pas ce même échec mais que nous réussissions à surmonter ce genre d’écueils pour faire évoluer notre entreprise, nos projets dans une utilisation judicieuse des nouvelles technologies qui se développaient fortement au début des années 1990. Avec le recul, sur fileane.com, nous pouvons préciser que ce problème d’adaptation et d’ouverture aux nouvelles technologies est certes au départ une question d’élévation des compétences mais ce sont à ce niveau des compétences techniques, scientifiques. Le plus important une fois ayant acquis ces nouvelles compétences dans les nouvelles technologies est de réussir la transformation de la culture de l’entreprise et surtout la mise en place d’un nouveau management adapté à cette nouvelle organisation de la production et du métier pour retrouver un nouvel avantage concurrentiel source de gains de productivité et de richesses. A ce niveau nous sommes en face de la question du commandement par rapport à l’autorité et au pouvoir. Il s’agit d’appliquer le nouveau savoir et ses conséquences à travers toute l’organisation de l’entreprise en facilitant l’adoption d’un nouveau cadre de référence apporté par cette nouvelle technologie. Le commandement à travers l’utilisation de la démarche Qualité Totale développe un management participatif et pour y parvenir, il doit éliminer l’ancien management hiérarchique, autocratique, voire l’ancienne culture d’entreprise fondée sur un métier qui a fait le succès de l’entreprise mais qui est totalement chamboulé par une nouvelle technologie. Nous sommes bien ici dans la dimension stratégique de la prise de décision : en cas d’échec, c’est la survie de l’entreprise qui est menacée ou carrément la fin de celle-ci.

C’est que qu’avait vécu le consultant qui vint ce jour là partager avec nous l’échec de la société d’horlogerie Jaz dans l’évolution de son métier vers la technologie du quartz. Il nous présenta son vécu dans l’usine de Wintzenheim, près de Colmar, en Alsace. En 1975 le groupe a commercialisé plus de 5 millions de modèles et de mécanismes d’horlogerie; il s’affirme comme la première société horlogère française. Son chiffre d’affaires est d’environ 150 millions de francs. L’horlogerie électrique et électronique à pile est passée de 44 à 83% au cours des cinq dernières années, tous ces modèles étant fabriqués dans l’usine principale de Colmar, quoique les réveils mécaniques Jaz se vendent encore très bien : plus d’un million d’unités chaque année en France. Parmi les 150 modèles représentant environ 250 références, et figurant au catalogue, on dénombre 50 modèles mécaniques, 92 modèles électriques et électroniques, 8 modèles à quartz.

Le , une opération de fusion-absorption est réalisée par JAZ SA sur la S.A.P et son usine de Wintzenheim. Selon les promesses faites en novembre dernier par M. Félix Moch, président, d’importants investissements sont prévus en ce début de 1976 : plus de 10 millions de francs pour la conquête du premier rang dans le domaine du réveil électronique ! C’est à ce moment là que commence le récit de notre intervenant. La Direction Générale parisienne décide de recruter un groupe de jeunes ingénieurs Supelec formés aux nouvelles technologies à base de cristaux de quartz et d’envoyer ce groupe au bureau d’études de l’usine de Colmar Wintzenheim (route qui mène de Colmar à Munster et au col de la Schlucht puis à Gérardmer). La Direction de l’usine et du Bureau d’études ne trouvent rien de mieux à faire pour ces jeunes diplômés Supelec que de leur imposer pendant 6 mois un stage pour acquérir la maîtrise des mouvements de l’horlogerie traditionnelle, domaine où jusqu’ici la société dispose d’une expertise de premier rang au niveau mondial. Malgré les charmes de la région, au bout des six mois, quasiment tous les jeunes diplômés Supelec sont partis. En recruter d’autres s’avère quasi impossible vu la réputation que ces premiers stagiaires ont faite de l’usine auprès du bureau de l’amicale de leur grande école d’ingénieurs.

La société JAZ, déjà largement en retard dans l’utilisation du quartz, suite à cet échec, va perdre progressivement son marché de l’horlogerie et des montres. Dans la partie électronique de l’activité de JAZ, le plan de développement de cette nouvelle activité suit son cours et les ouvrières sont formées à la soudure des cartes électroniques et au montage des sous-ensembles et ensembles. Le groupe MATRA qui reprendra l’activité de l’usine abandonnera la partie horlogerie qui utilisera dorénavant des mécanismes japonais à quartz pour ces horloges et montres. A partir de 1981, l’usine ayant divisé par deux ses effectifs depuis 1975 en passant de mille à cinq cents salariés, l’usine Jaz loue une partie de ses locaux à la société Matra-Tandy-Électronique, à laquelle une soixantaine de personnes de son effectif ont été mutées, et qui produit un millier d’ordinateurs par mois. Entre 1981 et la fermeture en 1990, ce sont les ouvrières formées aux métiers de la construction d’ordinateurs qui s’en sont le mieux sortie sur le plan professionnel, les anciens experts en horlogerie ayant quittés l’usine depuis quelques années. La production française d’ordinateurs ne dépassera pas le début des années 1990, supplantée évidemment par l’industrie informatique américaine ou asiatique.

Notre intervenant pour conclure revint sur ce choc des cultures dans l’horlogerie lors de l’arrivée du quartz. Les anciens experts en horlogerie avaient autour d’eux des murs d’honneurs et de réussites, un statut social reconnu et solidement établi. Bon nombre d’entre eux avaient commencé par le statut d’ouvrier horloger puis grâce à des formations étaient passés ingénieurs. Les dirigeants de l’usine animaient le Rotary local. Aucun n’avait compris que leur salut se tenait entre les mains de ce groupe de jeunes diplômés de Supélec. L’intervenant n’avait pas de pitié pour eux, sinon le regret qu’ils n’aient pas été sanctionnés d’une manière ou d’une autre pour avoir ainsi laissé se détruire un pan entier de notre industrie horlogère. Il était plus chaleureux et reconnaissant vis à vis du groupe des ouvrières qui s’étaient lancé dans l’électronique et l’informatique. C’est à elles qu’il pensait maintenant que l’usine venait de fermer. Ce cas n’avait été qu’un parmi de nombreux autres dans la perte de notre industrie consécutive à cette révolution technologique de l’informatique et de la robotique puis suite à la stratégie libérale d’utiliser le dumping social permis par la mondialisation de l’économie et la délocalisation de nos activités de production.

Son message était clair : nous ne devions pas reculer devant le conservatisme, l’immobilisme de nos dirigeants. Il restait toutefois la question de l’intervention politique : pourquoi les gouvernements laissaient eux aussi se perdre notre industrie ? Pour lui, dans notre cas, la rencontre entre politiciens et dirigeants d’entreprise avait eu un lieu, un nom : le Rotary en ce qui concerne la région de Colmar. Comme tout haut dirigeant, son planning était serré et il devait déjà repartir. Nous aurions bien aimé l’interroger sur ces relations entre politiciens et industriels, surtout dans le cas de notre Groupe Thomson, mais il avait certainement senti venir le coup et avait préféré filer… à l’anglaise. Lui et nous, étions d’accord sur cette conclusion : notre Campus était l’outil le meilleur pour échanger, partager nos expertises et nos cultures d’établissements, de filiales et éliminer les pièges du conservatisme et de l’immobilisme. Nous avions reçu la plaquette de présentation des membres de notre groupe, elle aussi avait pour objectif d’échanger nos coordonnées pour rester en contact. Tout comme nous le faisions dans nos groupes régionaux de l’ANDCP entre Directeurs et Chefs du Personnel.

 

2) le développement des réseaux de formation et d’éducation

Nous venons d’aborder les nécessaires moments de rencontres, d’échanges et de partage entre experts. La généralisation de ces pratiques qui garantissent le développement de la Solidarité parmi un groupe social et spécialement nos Réseaux de Vie, se traduit par le développement des réseaux de formation et d’éducation.

Lorsque nous aborderons les Institutions Sociales, il sera question de présenter ce qui remplacera le système scolaire et universitaire français mis en place dans le système de pouvoir capitaliste libéral. Pour le moment, ici, nous prolongeons la présentation des centres de gestion et observant leurs missions et leurs objectifs dans les domaines de l’éducation et de la formation pour les compte de nos Réseaux de Vie.

Cette mission de développer la Solidarité, les centres de gestion de l’activité humaine vont aussi l’assumer vis à vis de la jeunesse qui se prépare à prendre ses responsabilités dans une vie d’adulte. L’équipe de projets de vie et les entreprises qui la composent sont une structure apprenante et leur mission de solidarité s’exerce également vers les futurs membres d’équipes de projets de vie de l’une ou l’autre des institutions politiques, économiques, sociales, culturelles, de sécurité et de défense ou encore de la Confédération.

Il y a deux niveau de participation des centres de gestion : le partage des connaissances et des compétences, c’est le niveau immatériel, le partage des moyens matériels et immobiliers, c’est le niveau matériel. Nous savons que dans les Réseaux de Vie, les savoirs sont gérés selon la propriété collective et les moyens matériels et immobiliers, selon la propriété commune et les biens communs.

Il y a également deux moments propices à la participation des centres de gestion à l’éducation et à la formation : le moment où la jeunesse peut s’intégrer ponctuellement ou plus durablement dans l’activité d’une équipe de projets de vie, le moment où la jeunesse doit acquérir des connaissances et des compétences en dehors des équipes de projets de vie et dans des réseaux spécifiques pour acquérir telle ou telle expérience.

Les centres de gestion, à côté de leurs implications dans le développement des équipes de projets de vie, vont donc être responsables de certains réseaux dont la mission porte sur l’éducation et les formations destinées à l’acquisition de connaissances fondamentales pour être ensuite capable de se former dans d’autres domaines.

Les institutions sociales d’éducation et de formation vont préciser cette organisation. Pour le moment, retenons ce point essentiel : les connaissances, expériences, les moyens matériels vont provenir des équipes de projets de vie des différentes institutions politiques et économiques. En clair, les jeunes sont étroitement mêlés à l’activité des adultes et ne se retrouvent qu’entre eux qu’à des moments bien particuliers et précis pour vivre certaines expériences et développer certaines compétences. Nous pouvons de suite préciser qu’il va s’agir de moments liés au développement de la démarche initiatique et spirituelle alors que le développement de la source de savoir intellectuelle et rationnelle va se réaliser plus aisément parmi les équipes de projets de vie et l’activité des adultes.

Pour illustrer ces relations étroites entre les équipes de projets de vie qui produisent et répartissent les richesses et les réseaux d’éducation et de formation nous avons à notre disposition plusieurs exemples de pratiques adoptées par nos voisins et que nos gouvernements continuent d’ignorer superbement. Ces pratiques sont utilisées par les centre de gestion dans les Réseaux de Vie.

 

2.1 la gestion des ressources matérielles entre équipes de projets de vie et centres de formation professionnelle.

Les équipements de production se regroupent en plusieurs catégories selon leur vétusté et l’utilisation des amortissements prend en compte ces catégories pour favoriser la transmission de ces équipements entre entreprises et centres de formation. C’est l’exemple allemand.

  • les équipements et les matériels les plus modernes et qui utilisent les innovations les plus récentes.

    Ils sont utilisés par des groupes d’experts et ils servent à obtenir rapidement des économies d’échelle positives. Il n’est pas question que ces matériels performants soient utilisés par des équipes peu compétentes et mal formées. Ce problème du manque de compétence technologique en France, nous l’avons vu, est récurrent et il a été crucial dans les années 1980 à 2000 lorsque l’outil de production français n’a pas été capable d’utiliser rapidement les automates programmables, les robots, les machines à commandes numériques par manque de formation d’une part et d’autre part par incompétence du management et de la structure hiérarchique dans les ateliers. Les équipements de production les plus innovants représentent entre le quart et le tiers de l’ensemble du parc matériel. L’objectif est d’arriver au bout de 2 à 3 ans à ce que les premiers équipements modernes bien maitrisés partent dans d’autres usines, centres de production ou centres de formation ou autres réseaux. Avec leur remplacement par des équipements innovants, le parc des équipements productifs possède des matériels âgés de 4 à 5 ans dans une proportion de 50 à 60% voire plus. L’objectif d’arriver à 90% du parc avec des équipements de moins de 5 ans d’âge est alors largement accessible.

  • les matériels et équipement amortis et âgés de 2 à 5 ans :

    ils servent en priorité à la formation des futures équipes de production et en second lieu, aux production dont le rendement est moins croissant ou décroissant et qui ont donc un niveau de rentabilité plus difficile à trouver ou alors dans le cas où ces productions de biens et services ne peuvent pas être rentables mais elles peuvent seulement couvrir en toute ou partie leur cout de revient. C’est à travers l’essaimage et le partenariat entre les groupes de production que les équipements amortis à travers les productions les plus rentables vont vers les productions moins rentables ou vers les réseaux locaux qui ne peuvent pas arriver à des rentabilités élevées dans leurs équipes de production, compte tenu de leurs particularités locales.

  • les matériels de plus de 5 ans d’âge :

    Ils sont maintenus en activité pour leurs qualités de longévité, de simplicité d’utilisation et d’économies. Ils servent dans les activités annexes à la production pour réduire le plus possible le cout de ces activités. Une partie de ces équipements est rassemblée dans les centres de formation et de conservation des technologies pour servir d’exemples et de témoignages sur l’histoire des savoirs, des technologies et des métiers. le centre de gestion de production et de distribution des richesses gère la propriété commune des moyens de production : usines et ateliers, machines, maintenance, achats et revente, moyens logistiques.

    Donc les centres de formation disposent d’équipements amortis après 2 ans dans les entreprises et ils vont les conserver pendant trois à cinq ans pour les remplacer par de nouveaux équipements amortis après 2 ans dans les entreprises. Sachant qu’un équipement amorti a une valeur comptable nulle, les centres de formation n’ont à leur charge que le coût de l’installation de ces équipements dans leurs locaux. Au bout de cinq ans, ils peuvent le cas échéant les revendre sur le marché des équipements d’occasion dans un pays voisin qui en aurait besoin.

2.2 la gestion des ressources Informatiques et Technologiques

Les ressources informatiques sont le socle de cette organisation de la production. La révolution technologique de l’ordinateur et des télécommunications est utilisée en priorité pour déterminer les niveaux de production et de consommation des biens indispensables à la vie des membres des réseaux. Ces équipements informatiques, ces data centers, les supercalculateurs, sont utilisés actuellement par les géants de la distribution mondiale, comme l’américain Wall Mart et d’autres. Dans les Réseaux de Vie, ils sont utilisés non pas pour maximiser les profits d’une société commerciale ou financière comme dans le système de pouvoir capitaliste, mais pour minimiser les prix de vente et garantir une économie dont les objectifs dans l’utilisation des ressources sont d’éviter les gaspillages et les productions inutiles.

Le travail des données numérisées porte essentiellement sur la détermination de la demande et surtout sur la demande quotidienne de nourriture et de biens de consommation courante. Par exemple, les membres des réseaux de vie ont la possibilité de s’abonner à des listes de repas en fonction de la nature de leurs activités ( travail soutenu, loisirs, santé, sports, découvertes culinaires, repas de fêtes, etc.). Ces services à la personne sont assurés par l’utilisation des biens communs et leur paiement en monnaie pleine ou en droits sociaux, nous y reviendrons en présentant les institutions sociales des Réseaux de Vie.

Ces propositions ne se limitent plus à un livre de recettes de cuisine à réaliser chez soi alors que le rythme de la vie quotidienne ne le permet pas comme c’est la cas actuellement pour la plupart des salariés du système de pouvoir économique libéral. Le consommateur peut choisir entre une formule pour cuire ses repas chez lui, participer à la réalisation des repas dans une cuisine commune dans son environnement local où il pourra réaliser des repas avec une productivité meilleure et des normes d’hygiène, des conseils de professionnels tout en étant rémunéré en droits sociaux pour son travail qui profite aux autres, rémunération qui peut être déduite immédiatement du cout de ses repas. Les possibilités sont diverses pour garantir une alimentation régulière et de qualité capable de préserver la santé, la convivialité des repas et le plaisir gustatif. C’est à travers l’utilisation des échanges sur de véritables réseaux sociaux informatisés qui dynamisent les groupes de projet de vie et de production, de consommation, que cette définition et quantification de la demande s’effectue.

Mettre en place un programme de production à partir d’une demande et réaliser cette production dans un délai court ou en juste à temps ne présente plus de difficultés techniques depuis les années 1980 et la mise en œuvre de ces méthodes informatisées de management de l’outil de production.

Cette découverte de l’utilisation des outils informatiques de gestion et de prévision fait partie de la mission de formation des centres de gestion vis à vis de la jeunesse. L’apprentissage va se réaliser non seulement sur des équipements amortis dans les équipes de projets mais aussi, le cas échéant, avec les logiciels de gestion, de télécommunication, de simulation utilisés par ces équipes de projets, voire avec certaines données utilisées par ces équipes.

Cette approche formative se rattache à la méthode d’apprentissage de la gestion à travers l’étude de cas, méthode initiée au départ à l’Université d’Harvard aux USA mais qui se confronte aujourd’hui à l’évolution des sciences en ne pouvant plus se contenter d’une dimension fonctionnaliste adaptée à un cas précis mais qui doit prendre en considération la structure. Cette évolution entre le fonctionnalisme et le structuralisme est ainsi prise en compte dans les Réseaux de Vie par le fait que l’apprentissage porte directement sur « le vivant » et que les étudiants sont parties prenantes dans les équipes de projets de vie. Ce qui est rendu possible puisque l’entreprise n’est plus tournée uniquement vers la satisfaction des intérêts des actionnaires comme dans le capitalisme.

2.3 le développement des relations entre jeunes et adultes dans la cadre de l’activité humaine.

A partir de l’exemple du Danemark.

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La formation tout au long de la vie est aussi un des piliers du modèle de « société de bien-être », qui intime de « travailler plus longtemps et de travailler mieux », selon Sylvain Briens, spécialiste des civilisations scandinaves. Le Danemark s’enorgueillit d’avoir créé le premier système scolaire obligatoire d’Europe en 1814, et développé une culture fondée sur l’éducation populaire (les folkehøjskole de Grundtvig) avec la possibilité de suivre des cours du soir depuis 1850. Grâce à la Haute Ecole populaire fondée en 1870, un Danois a accès à l’enseignement scolaire ou universitaire quelque soit son âge et son origine sociale. A l’époque, il s’agissait de faciliter la transition du modèle économique agricole à l’industriel.

Aujourd’hui, les 2,8 millions de salariés danois ont la possibilité de suivre 14 jours de formation par an. Le Danemark ne cache pas sa fierté. Il est le premier pays d’Europe pour la proportion d’adultes formés. En 2011, 21% des adultes sont passés par le système de formation professionnelle (source Ministère). La moyenne européenne atteint les 9% et la France seulement 3% (Eurostat).

https://www.metiseurope.eu/2012/12/06/danemark-derrire-les-succs-du-systme-de-formation-continue/

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Au Danemark, une recette éprouvée pour l’emploi des jeunes

Dans les entreprises, les moins de 25 ans bénéficient de généreuses aides déconnectées du revenu parental, favorisant leur autonomisation et leur insertion professionnelle.

Journal Le Monde par publié le 25 août 2021, extrait :

Petits boulots dès la fin du collège, autonomie précoce : voilà l’un des ingrédients expliquant la bonne insertion professionnelle des moins de 25 ans au Danemark. Comme dans l’ensemble des pays nordiques, la proportion des 15-29 ans ni en emploi, ni en éducation, ni en formation (les « NEET », en anglais) est plus basse que dans le reste de l’Europe. Au premier trimestre 2021, elle était de 7 % en Suède et 9,5 % au Danemark, contre 13,2 % en France, 15 % en Espagne et 24,2 % en Italie, selon Eurostat.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/08/25/au-danemark-une-recette-eprouvee-pour-l-emploi-des-jeunes_6092344_3234.html

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Nous avons vu à travers le Mal de l’économie française, notre incapacité à créer de nouveaux emplois, spécialement pour suivre notre évolution démographique. De même l’analyse de notre immigration montre que notre pays se caractérise par l’arrivée de migrants peu qualifiés qui ensuite n’entrent pas dans un une formation ou un apprentissage et restent ainsi dans la précarité et la non intégration.

Les Réseaux de Vie, nous venons de le voir, utilisent les centres de gestion et leurs compétences pour développer ces relations entre centres de formation et d’éducation et les différentes équipes de projets de vie. Nous présentons plus loin les Institutions Sociales des Réseaux de Vie et cette mission sera essentielle spécialement pour aider les jeunes à établir leur projet personnel de vie avec une formation tout au long de la vie. C’est une manière d’aller encore plus loin et mieux que ne le pratique le Danemark dont la politique reste dans le cadre du système de pouvoir capitaliste libéral.

De même pour les étudiants. Au Danemark la culture danoise pousse à l’autonomie et le salaire universel étudiant favorise cette indépendance vis-à-vis des parents. Être étudiant au Danemark est bel et bien le premier statut en tant qu’actif. Un étudiant paie des impôts (même si son revenu est faible). Le Statens Uddannelsesstøtte (soutien éducatif de l’État) est la rémunération octroyée par l’État danois. Pour les 18-20 ans, elle varie de un peu plus de 4055 DKK (environ 600€) à 6321 DKK (environ 1000€) par mois en fonction des revenus des parents. A partir de 20 ans, elle est de 6321 DKK par mois pour tous. Les conditions sont d’avoir plus de 18 ans, d’être inscrit dans une formation approuvée par l’État et de ne plus vivre chez ses parents (une allocation moindre est versée dans ce cas). Un plafond de ressources de 9069 DKK (équivalent à 1400€ environ) par mois existe, au-delà duquel l’allocation est diminuée ou supprimée. La durée maximale de cette rémunération est de 70 mois prorogeable de 6 à 12 mois en cas de maternité ou de maladie.

Dans les Réseaux de Vie, nous le préciserons dans leurs Institutions Sociales, le Revenu de base universel et inconditionnel est financé par la remise d’un montant de Droits sociaux à utiliser dans les Biens communs. Les centres de formation dont les Universités sont gérés et développés en Biens communs sur le deuxième niveau d’activité humaine : la réalisation des œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures. Ici également, nous allons mieux et plus loin que ces pratiques des pays scandinaves dont la limite se trouve dans l’allongement de la durée des études : les étudiants mettent souvent 6 à 7 ans pour obtenir un diplôme prévu en trois ans du fait qu’ils travaillent à côté en temps partiel pour subvenir à leur niveau de vie. Cet handicap n’existe pas avec l’utilisation des biens communs et leur gestion avec la monnaie pleine et les droits sociaux.

 

En conclusion

Les centres de gestion des institutions des Réseaux de Vie représentent une fonction qui s’exerce dans le cadre du développement des équipes de projets de vie, organisation de base dont la finalité est la production et la répartition des richesses. Cette fonction n’est pas assurée que par la polyvalence ou l’expertise des membres des Réseaux de Vie. Elle est aussi le lieu et le moment de rencontre avec les jeunes et futurs adultes membres à leur tour des équipes de projets de vie.

Ces jeunes ont la possibilité de se confronter au travail dans des entreprises ou des services mais ils ont également la possibilité d’être rémunérés en assurant certaines tâches administratives ou de gestion que les centres de gestion leur proposent après une première formation. Ils sont ainsi rémunérés tout en poursuivant leurs études et leurs apprentissages et en économisant ainsi les Droits sociaux qu’ils ont acquis lors du versement de leur Revenu de base en Droits sociaux. Ils ont alors un choix à faire, un choix de nature politique qui exprime leur participation au développement des Réseaux de Vie.

C’est une manière concrète également d’exercer leur appartenance de droit à un ou plusieurs centres de gestion tout au long de leur vie comme c’est également le cas pour une autre institution politique : la Garde Nationale. Centres de gestion et Garde Nationale sont ainsi deux missions qui garantissent la participation citoyenne de chaque membre au développement de ses Réseaux de Vie.