NON coupable

mis en ligne le 24 mai 2011, m.a.j. le 27/11/2011, le 23/02/2012, le 15/12/2016.

 

" Le secret d'une autorité, quelle qu'elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu'ils sont coupables". Raoul Vaneigem... le poète ne fera jamais partie de ces gens là et il reste persuadé que les dirigeants de cette autorité là sont des manipulateurs et des criminels.

 

Les grandes manœuvres ont semble-t-il commencé pour déployer cette rigueur inflexible qui doit nous persuader que nous sommes coupables, principalement ces derniers mois, de vivre au dessus de nos moyens ! La crise financière est arrivée à une étape cruciale. La plupart des gens comprennent les causes et les raisons de cette crise dont ils ne sont évidemment pas coupables. Ils ont vu comment les banques d'affaires et les fonds d'investissement, nos nouveaux maîtres du monde parvenus à concrétiser une fois de plus les projets chimériques des illuminati , ont réussi à échapper à une sanction économique et politique pour au contraire continuer à accaparer toujours plus de richesses et d’argent. Bien entendu dans cette affaire de spéculation, ces dirigeants font le pari que les peuples paieront le remboursement des prêts imposés aux politiciens. Les plans drastiques d'économie publique ont pour enjeux l’abandon par les citoyens de leur niveau de protection sociale et de leur niveau de vie pour se contenter d'une plus grande pauvreté. C’est bien le résultat tangible et inacceptable de la doctrine néo libérale qui veut affaiblir les états et supprimer les services publics pour que la satisfaction de l’ensemble des besoins individuels et sociaux revienne aux seules entreprises privées fondées sur la seule propriété individuelle des moyens de production et de distribution des richesses produites par le travail humain. Tant pis pour ceux qui ne pourront pas payer, ils seront une fois de plus exclus de ce système de pouvoir économique. Dans cet affrontement mondial, les dirigeants du système financier resserrent les rangs et utilisent des mesures fortement autocratiques pour renforcer leurs entreprises de soumission des peuples. Comme par magie, les quelques personnes publiques qui ont de hautes responsabilités et qui défendent un autre point de vue pour protéger les peuples, préserver la cohésion de l'Europe ou tout simplement développer la place d'une banque mondiale qui aide véritablement les états, ces quelques rares personnes disparaissent brutalement de la scène, et souvent à travers l'histoire, les motifs les plus infamants sont utilisés à travers des scandales qui pour la plupart n’ont jamais été élucidés clairement ni par la justice ni par l'histoire. Des hommes, des femmes sont utilisés pour être placés au sommet du pouvoir puis sont brutalement éliminés en jouant sur leurs points faibles, tout ceci pour faire croire qu’il y a une justice alors que les dirigeants réels de l’oligarchie financière n’ont jamais été jugés et dans leur système, ne le seront jamais. D’autre part, plusieurs dictateurs qui se maintiennent au pouvoir en ordonnant le massacre de leurs populations, ne sont pas éliminés et profitent de la passivité sinon de la complaisance des institutions internationales. Avant que d'autres morts ne surviennent, le poète qui s'exprime sur ce site, a certainement intérêt à présenter tout de suite sa défense et plaider lui aussi non coupable.

Cette précaution n’a rien d’une argutie littéraire. Nous n’avons probablement pas à redouter de suite un lynchage médiatique, procédé réservé aux puissants de ce monde qui ont particulièrement l’infortune de se faire prendre aux USA, pays spécialiste de ce mauvais genre pour manipuler les foules dont un bon tiers reste illettré. Mais éliminer la voix d’un poète a toujours été très facile dans nos sociétés antiques et modernes pour des miliciens au service des dictateurs. Le poète refusera toujours de se soumettre à une telle culpabilité décidée et organisée par les décideurs de l'autorité qui maîtrise un système de pouvoir. Et face à la rigueur inflexible de ces dirigeants despotiques et criminels, le poète utilise les forces reçues à travers son initiation pour ouvrir une fois de plus les portes de la libération des peuples en opposant à cette rigueur inflexible dans la volonté de culpabiliser et de manipuler les peuples, le souffle de la révolution, de cette évolution qui a été interdite et qu'il faut reprendre dans le partage de nos raisons de vivre. Les écrits des poètes et des initiés, de nos maîtres spirituels, restent et sont sauvés de la destruction pour nourrir d’autres espérances, d’autres résistances et d’autres victoires des peuples sur leurs tyrans. Bien entendu, et nous allons y venir, avec internet, les sites web, les réseaux sociaux, une révolution technologique a eu lieu et offre aux peuples et aux poètes des possibilités de communication et de publication jusqu’alors impossibles. Depuis bientôt dix ans, fileane.com est présent sur le web et nous avons dit l’essentiel. Certains en ont pris considération, d’autres préfèrent encore se taire et ne pas répondre et prendre position. Malgré un certain retard dans notre travail depuis 2 ans, nous allons écrire la suite : comment quitter nos systèmes de pouvoir et nous utiliserons nos capacités poétiques infinies de révolte pour avancer, combattre et vaincre. Donc, avant de poursuivre ce combat, il est certainement temps de démontrer qu’un poète qui agit pour changer la vie n’est et ne sera jamais coupable au regard d’une justice humaine et il est peut-être utile qu’un dossier de presse consigne cette position, surtout que ce dossier ne va pas comporter d'éléments accablants ou particuliers. Rien qu'une vie ordinaire, sur le terrain, parmi ses contemporains... ou plutôt une certaine activité pour mener de front au moins deux sinon trois ou quatre vies, comme d'autres le font avec un même appétit de vivre. Mais ce n'est pas interdit !

D’ordinaire, les foules savent complaire à leurs tyrans pour préférer la libération d’un brigand à celle d’un initié venu leur apporter la bonne nouvelle après être sorti du temple de Dendérah et des communautés des bords de la Mer Morte ainsi que d’autres lieux de haute initiation. Le poète est un semeur de mots et de paroles, comme l’écrivain, il n’écrit pas pour son temps mais pour les temps à venir qui ont été également les temps anciens des jours heureux pour celles et ceux qui ont mis en pratique ce message, ces valeurs, ces combats, ces manières de vivre dans lesquelles notre condition humaine se métamorphose à travers ces moments de vie après la vie humaine, grâce à cette source de vie qui nous anime et dont le poète s’abreuve peut-être un peu plus que les autres mais ici également, il plaide non coupable : il n’enlève pas l’eau à la bouche de ses semblables, il leur indique seulement le chemin qui mène à la source, à notre source de vie. Depuis deux mille ans, ce chemin initiatique reste interdit par les papes et l’église catholique. Les poètes n’ont jamais tenu compte de ces interdictions et demeurent non coupables. Il n’en reste pas moins qu’avant de disparaître de cette Terre pour rejoindre d’où nous venons, établir dans un document les arguments de notre défense n’est pas incongru ni une prémonition funeste. Si nous ne cachons rien ou pas grand chose, peut-être  auront-ils plus de difficulté à nous servir comme de coutume l’amalgame infâme qui veut qu’un poète soit un idiot ou un fou, un imbécile heureux, quelqu’un qui n’a pas les pieds sur terre…. Et pourquoi pas devant tant d’audace, un violeur de conscience, un dissident dont il n’est pas possible de faire taire la voix, le webmaster d’un site révolutionnaire et demain un cyberdissident français enragé à poster quotidiennement ses textes un peu comme Voltaire ne cessait de poster ses lettres pour avertir les grands de son monde en décrépitude que leur royaumes allaient disparaîtres. Nos oreilles ont au début entendu ces quolibets, ils peuvent revenir mais nous ne sommes pas coupables de ces propos orduriers et méprisants. Sans reprendre la critique de la poésie de Paul Eluard, nous pouvons également cracher à l’homme plus petit que nature… et nous n’en serons pas coupables.

Non coupable en tant que jeune poète et écrivain :

* D’avoir insisté pour refuser aux éditeurs le droit de modifier mes manuscrits en fonction de leurs intérêts, surtout pour supprimer toutes les lignes qui parlaient de situations surnaturelles, initiatiques, des mystères de la vie. Ce refus sera posé dès mon premier essai écrit à l’âge de 19 ans : Eugène J., responsable du service-manuscrits au Seuil, remarquera ce texte et m’invite à venir à Paris pour discuter des conditions dans lesquelles il peut être publié. Je refuse car je veux que ce texte garde toutes les particularités de sa jeunesse de manière à pouvoir être confronté par la suite à des textes plus matures et montrer ainsi clairement le chemin parcouru dans mon évolution personnelle. Sur le contenu de l'essai, je n'étais pas satisfait : je parlais de la notion de désir et j'expliquais qu'elle était au centre de nos préoccupations et qu'elle représentait la cause de nos déboires et la source de nos problèmes sociaux et politiques. J'ignorais alors les travaux de Bernays sur la propagande et son idée de génie mais malheureuse qu'il regretta plus tard : si l'industrie est capable vers 1925 de produire en masse les biens nécessaires à satisfaire nos besoins, pour éviter la surproduction et le déclin du capitalisme, il s'agit de satisfaire dorénavant non plus les besoins mais les désirs qui seront forcément toujours illimités. Satisfaire les besoins mène à l'abondance, être incapable de satisfaire les désirs illimités mène à la rareté qui légitime la poursuite du capitalisme et à l'inflation régulière des prix ou aux crises économiques chargées toutes deux d'enrichir toujours plus les propriétaires des moyens de productions, les grandes familles de banquiers qui ont pris le pouvoir. J'aurais bien aimé trouver une réponse de ce genre dans cette maison d'édition pour compléter ce manuscrit qu'intuitivement je savais inachevé : il dénonçait mais ne proposait rien de sérieux car la cause n'était pas clairement identifiée. L'éditeur s'intéressait uniquement à ce cris d'un jeune auteur, cela lui suffisait pour me prendre dans son écurie littéraire mais pas pour moi.

 E. J. fera preuve de patience et me confiera successivement à 2 agents littéraires de la maison, tous deux corses et bien connus depuis, messieurs C et C avec lesquels j’aurai une courte correspondance instructive : je dois d’abord définir clairement mon projet, il est certes contenu dans ce premier essai mais le contenu s’inspire trop de la philosophie et il est clair qu’en tant que poète, je trouve la philosophie trop intellectuelle et peu capable de traduire les mystères de la vie et ma source poétique. Quelques années plus tard, après 2 à 3 autres manuscrits envoyés tous les 6 à 9 mois, je présenterai un roman sur les amours de Rimbaud, Verlaine, Mathilde et sur la question cruciale pour moi à ce moment là : après avoir découvert sa source et fréquenté les présences de l’autre vie, un poète peut-il se marier et un amour humain peut-il lui être d’un quelconque intérêt ? C’était mauvais car je n’avais aucune expérience des amours humains et pas encore découvert le tantrisme et la fusion des corps charnels dans l’extase amoureuse, de plus je n'avais pas vécu ma troisième décorporation. Bref, j’ai mis fin et eux aussi, à cette relation avec le Seuil car j’étais un auteur insoumis et indomptable. Il fallait que je poursuive seul mon chemin et je me suis tourné vers le Cherche-Midi et les poètes regroupés autour de Michel et Jean Breton.

* D’avoir trop écouté jusqu’ici le conseil judicieux de mon éditeur en poésie, Michel Breton au Cherche-Midi Editeur de la librairie Saint Germain des Prés. Après une heure d’entretien, 68 rue du Cherche-Midi, Michel Breton, en présence de la maquettiste de la maison, convient que d’ordinaire les poètes ont 25 ans d’avance sur leurs contemporains. Mais moi, j’en ai au moins 50 sinon bien davantage. Je dois donc absolument ne pas chercher les honneurs, les distinctions, les responsabilités car je m’exposerais aux pires ennuis et ma vie n’en vaut pas cette peine. A condition de continuer à écrire, seule la gloire à titre posthume m’attend et pour un poète, c’est la meilleure ! Mais moins de 4 ans plus tard, vers la fin des années 1970, sur les ordres du gouvernement, Hachette mettra en cessation de paiement notre diffuseur et notre maison d’édition suivra elle aussi dans ces faillites en cascade et j’y perdrai mes droits d’auteurs. Nous refuserons cette sanction pour oser vouloir mettre la poésie à 1 Franc à portée de tous, y compris dans les kiosques de gares puisque les NMPP acceptaient de nous diffuser. Nous serons 500 auteurs actionnaires à faire repartir le Cherche-Midi et parmi cette liste de poètes, je serai un des rares sinon le seul à m’engager dans un poste de cadres en entreprises et en usines. Etudiant en Droit et lauréat de ma faculté à 19 ans, j’avais lu P. Legendre et son livre «  Paroles poétiques échappées du texte » paru au Seuil et j’ai retenu cette phrase fameuse «  poètes, ayez le courage de la lâcheté, étudiez l’industrie ». Bref, il fallait couper le nœud de fables mis en place par le management pour soumettre les salariés à leur système économique capitaliste. J’ai achevé des études de gestion pour entrer dans les entreprises et comprendre ce qui s’y passe, préparer la libération des salariés et changer leur vie, toujours avant tout en tant que poète.

  * Non coupable de n’avoir plus publié d’autres recueils de poésie et de faire toujours attendre mes proches sur ce point. Idem pour le fait de ne plus contacter les éditeurs et de songer sérieusement à la microédition avec ma propre maison d’édition.

Non coupable en tant que chef du personnel :

*Evidemment pas coupable d’avoir eu le courage de la lâcheté pour passer dans les branches professionnelles de la banque assurance, de la métallurgie, de la chimie, de la production d’armements pour la marine et les activités sous-marines, de la production d’équipements électriques et du transport d’électricité, de la construction automobile au service d'entreprises alsacienne, allemande, américaine, deux grands groupes français et un sous-traitant français.

 * Pas coupable au printemps 1984 d’avoir écouté mon ancien professeur de gestion lors d’une réunion entre notre groupe régional de l’ANDCP et la Secrétaire d’état au Ministère du Travail. Venue pour un bilan des lois Auroux de 1982 sur le droit d’expression des salariés, nous venions de lui montrer que nous n’appliquions plus ces dispositions car nous étions allés plus loin en développant les cercles de qualité dans nos entreprises. Mon ancien professeur d’université avait alors posé la question de savoir pourquoi après ce succès dans le privé, ce droit d’expression n’était pas mis en place aussi dans l’administration publique et dans les Universités. Cette dame s’est alors fâchée pour déclarer brutalement qu’il n’en était pas question. J’ai levé la main pour intervenir mais mon professeur à côté de moi m’a pris la main pour la baisser et m’interdire la parole. Il savait que j’allais répliquer tout aussi durement et que j’allais avoir raison de demander l’application de ce droit d’expression des salariés voire des citoyens immédiatement, au moins en Alsace-Moselle en trouvant bien dans notre droit local une justification quelconque. C’est une manière typique de résister aux inepties parisiennes ou le cas échéant, berlinoises. J’ai regretté de suite cette marque d’obéissance si contraire à ma démarche poétique. Aujourd’hui, je sais qu’il ne faut pas écouter ses anciens professeurs, surtout après avoir obtenu le diplôme préparé ensemble. Il faut que l’élève dépasse le maître, un point c’est tout.

* Pas coupable toujours en ce printemps 1984 d’avoir permis à l’UIMM et au patronat d’éliminer des conventions collectives les articles prévoyant une prime importante de départ à la retraite. Chargé d’informatiser le système de paie avec un nouveau logiciel, ma direction m’avait demandé de bien vérifier que toutes les obligations légales et conventionnelles avaient été paramétrées. Pour l’indemnité conventionnelle de départ à la retraite de la métallurgie du Bas-Rhin, le calcul selon l’ancienneté du salarié, indiquait un versement le plus souvent supérieur à 24 mois de salaire, jusqu’à 36 mois dans certains cas. Il fallait donc créer de suite une provision dans le plan de paie pour ces dépenses exceptionnelles mais régulières dans plusieurs années au vu de la pyramide des âges. Mon directeur, expert-comptable de formation, estima d’abord que mes calculs étaient faux puis il se ravisa de suite car ils étaient justes, du moins l’ordinateur calculait juste. Il téléphona de suite à la chambre patronale pour demander s’il allait falloir verser ces indemnités et donc s’il fallait les provisionner. Cette provision annuelle, d’après mes calculs restait inférieure à 1% de la masse salariale annuelle. Quelques jours plus tard, la réponse nous parvint : ces textes étaient une bêtise des dirigeants au pouvoir lors de la Libération après 1945. Il était hors de question de respecter ces dispositions, il fallait les supprimer. Donc, je n’ai pas créé une provision pour ces indemnités de départ à la retraite. Quelques temps plus tard, dans Liaisons Sociales et dans la presse, il y a eu ce fameux article : « une épée de Damoclès de mille milliards de francs pèse sur les entreprises françaises ». C’était le montant que les entreprises allaient devoir verser pour les départs à la retraite à moyen et long terme. Durant l’année 1985 semble-t-il, le patronat s’est assurément arrangé avec le gouvernement de gauche pour supprimer ces dispositions sur la retraite. Il n’y a eu aucune réaction syndicale, pas une seule minute de grève, aucun commentaire dans les média. J’ai estimé que ce n’était pas grave car un autre arrangement sur les retraites allait compenser le versement de cette prime conséquente lors du départ en retraite. Depuis j’ai compris mon innocence et ma naïveté de jeune cadre dynamique d’alors. J’ai bien été félicité par la direction de la Chambre patronale lors de mon passage suivant dans ses locaux. Un dirigeant fort aimable m’a expliqué que lui et ses services ne pouvaient pas tout savoir et contrôler et que c’était bien que des jeunes comme moi qui étaient sur le terrain, découvrent ces anomalies et les fassent disparaître. J’ai serré la main sans répondre ; j’étais abasourdi car je ne m’étais pas imaginé en collaborateur zélé du patronat et pourtant je venais bien de collaborer et ma collaboration avait pris une tournure nationale. En tous cas, je crois savoir que cette anecdote au résultat élogieux fut versée dans mon dossier, peut-être a-t-elle joué un rôle lors de mes recrutements suivants et l’obtention du statut « confidentiel défense » par le Secrétariat à la Défense Nationale car dans mon dossier, il devait s’y trouver les traces de mon passé de poète-actionnaire et de poète tout court, sinon de lauréat de la faculté de droit pour avoir démontré que l’état, c’est fini, c’est une structure et une entité dépassée et source maintenant de graves problèmes économiques et sociaux ( qui se sont abondamment vérifiés depuis ).

 * Non coupable d’avoir fait le travail des syndicats au cours de mes actions pour développer le dialogue, la communication interne et améliorer les conditions de travail. Pour mon premier poste de chef du personnel dans la métallurgie, le premier problème à résoudre a été un conflit à l’atelier montage portant sur le nettoyage des sanitaires. Les dames refusaient de nettoyer les WC des agents de maîtrise hommes qui s’étaient réservés les WC à cuvette et les fermaient à clés alors que les WC à la turque étaient mixtes et en piteux état. Elles voulaient bien nettoyer leurs WC mais pas ceux de la maîtrise. Bref, j’ai demandé aux agents de maîtrise de laisser tous les WC disponibles pour le personnel. J’ai mis un tour de rôle pour le nettoyage pour l’ensemble de l’atelier, excepté le responsable de production qui allait dans d’autres sanitaires et j’ai demandé à la direction un budget pour refaire à neuf les sanitaires des ateliers en supprimant les WC à la turque. Comme j’étais nouveau et en période d’essai, à moins de recommencer le recrutement depuis le début, la direction a signé le budget et nos sanitaires ont été d’une propreté impeccable au moins jusqu’à mon départ. Il y a eu bien entendu de nombreuses autres occasions pour faire avancer la situation et je ne manquais pas de présenter mes projets aux délégués syndicaux qui du coup ne savaient plus quoi dire et demander en réunion. En quittant ces entreprises, au moins à deux reprises, les délégués syndicaux m’ont pris à part pour me mettre en garde : ici, ils avaient été surpris que le patron m’écoute et suive mes projets mais ailleurs ce ne serait certainement pas possible et je pouvais me heurter à des directions qui allaient me causer des ennuis, voire me virer ! Si j’avais de réelles convictions sociales, je n’étais pas, d’après ces délégués syndicaux, à ma place en tant que Chef du Personnel car les Direction préfèrent des collaborateurs à leurs bottes et pas des esprits indépendants voire rebelles. Je ne les ai pas écoutés mais un jour, j’ai compris que j’avais fait le tour de l’industrie et que j’étais capable de couper le nœud de fables du management.

* Non coupable avec mes camarades d’avoir travaillé au développement des armements français sans avoir dénoncé les manœuvres et l’espionnage de nos partenaires américains. Dès mon arrivée à Sophia-Antipolis fin des années 1980, des films et des photos disparaissaient régulièrement dans le local pourtant protégé du labo photos. L’interrogatoire des photographes ne donnait rien. Un jour, un chef de labo m'a conseillé de ne plus m’occuper de cette question, c’était du temps perdu car nos espions supposés étaient nos partenaires américains qui tôt ou tard allaient prendre connaissance de ces informations à travers nos contrats commerciaux : ils essayaient de prendre un peu d’avance car ils n’avaient pas confiance en nous ou plus certainement, ils n’arrivaient pas à savoir pourquoi nous étions meilleurs qu’eux et ils pouvaient corrompre n’importe qui dans l’établissement pour obtenir ces données, à commencer par les femmes de ménage qui avaient un passe pour accéder à tous les locaux. A ce moment-là, plusieurs occasions se sont présentées pour montrer que nous étions effectivement meilleurs qu'eux. Nos sonars avaient tout d'abord permis de retrouver l'épave du Titanic puis du Bismarck. Lors de la première guerre du Golfe, un entretien téléphonique avec un responsable pakistanais nous avait permis de comprendre que les sous-marins irakiens étaient hors service et n'avaient plus de pièces de rechange ( j’ai assisté par hasard à cette conversation avec un correspondant avec lequel nous étions en négociation pour la vente des sous-marins de type Agosta, contrat qui posera ensuite les problèmes connus de rétro commissions au niveau du gouvernement d'Edouard Balladur. Ce correspondant demandait des pièces de rechanges qui ne sont pas sur les Agosta mais sur les sous-marins irakiens d'alors). Nos sonars pour la chasse mines pouvaient ainsi intervenir sans danger pour déminer le golfe d'Ormuz et démontrer qu'ils étaient bien les meilleurs au monde, ce qu’ils firent très bien. Ensuite nous nous sommes bien amusés devant la démonstration des avions furtifs américains. Sans trop les vexer, nos techniciens leur ont montré sur nos écrans radar Shahine que nous suivions leurs avions furtifs comme n'importe quels autres avions. L'affaire n'en est pas restée là, car nos techniciens ont dû leur avouer que les Irakiens avaient exactement les mêmes radars et que leurs techniciens avaient été formés dans notre société, près d’Orléans ; donc ils avaient la même image radar que la nôtre. À partir de ce moment-là, nos partenaires américains ont changé d'attitude : ils n'étaient pas jaloux mais profondément vexés de ne pas être les meilleurs. Une première réaction a eu lieu lors de la vente de frégates à Taiwan : la direction jubilait, enfin le gouvernement français et nos services secrets s'activaient pour copier les méthodes américaines et obtenir d'importants contrats de vente d'armes à des pays étrangers. Ce contrat dégénéra en crise non seulement avec le Pakistan mais aussi avec nos partenaires américains qui refusaient que nous jouions d'égal à égal avec eux. Lorsque notre compresseur d'ondes acoustiques embarqué sur le satellite Topex-Poséidon permit de mesurer une masse mobile comme les vagues de la mer à 2 cm près, nos partenaires américains s'empressèrent de commander une pré série de ces composants acoustiques à un prix dérisoire qu'il a fallu renégocier durement par la suite. Avec cette pré série, ils ont copié la technologie. Celle-ci a permis notamment de guider les missiles avec une précision de moins de 5 cm. Nous avions confié cette technologie à notre division radars pour équiper le Rafale sans grande conséquence car elle servit davantage aux missiles qui ne pouvaient plus guère manquer leurs cibles, principalement les avions de chasse (dont le Rafale) ; d'où l'obligation de mettre au point les drones. Sans aller trop dans les détails, nous pouvons encore citer cette histoire de la ceinture électronique de défense de l'Irak que nous avions installée à la frontière de l'Irak et de l'Iran. Lors de cette première guerre du Golfe, les Américains firent le forcing pour la détruire : les bombardements ne servaient à rien vu les contre-mesures électroniques et les commandos avec leurs hélicoptères devaient faire sauter les installations les unes après les autres. Le responsable de ce projet que j'aidais à retrouver un autre emploi chez nous, à table chaque midi, nous tenait informé des opérations grâce à ses correspondants irakiens. Il était satisfait de la solidité de cette ceinture électronique de défense mais il ne comprenait pas l'acharnement américain à la détruire : à moins de la remplacer pièce par pièce par un équipement américain, ce qui pouvait se concevoir, il fallait la garder pour l’utiliser contre les ennemis et les terroristes qui allaient inévitablement venir d'Iran pour déstabiliser l’Irak. À ce moment-là, les Américains commettaient une grosse bêtise qu'ils n'ont pas réparée et qui leur a coûté très cher sur le plan politique et militaire. Les Français ont commis aussi une grosse bêtise à la fin de la guerre lorsque pour fêter l'arrêt des combats, un groupe de commandos CRAPS n'a rien trouvé de mieux que de s’isoler dans un fortin irakien miné. Ils ont déminé une partie pour faire la fête mais au cours de la nuit, des soldats ivres sont sortis de cette zone pour pénétrer dans le champ de mines et faire exploser le fortin. Ce furent les seuls tués de l'armée française durant ce conflit : les morts ont été décorés mais les autres commandos qui ne se sont pas enivrés, n’ont eu que l'ordre de se taire et rien d'autre : aucune médaille et encore moins de félicitations alors qu'ils étaient entrés dans Bagdad pour ensuite être les seuls commandos alliés à devoir en ressortir. Ces deux personnes de qui nous tenons directement ces informations, sont devenues Michel et Jacques, des personnages qui dirigent le groupe des chevaliers dans notre roman : « d’Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite ». Depuis la publication de ce roman, aucune remarque ne nous est parvenue pour contredire ces faits. Sur notre site nous avons publié un document sur le cas de Thomson-CSF et nous renvoyons notre lecteur à cette page pour la suite, si cela l’intéresse.

* Non coupable d'avoir participé à la mise en place d'un plan social chez un équipementier automobile. Nous avons raconté ce cas dans notre page : « la fonderie d'aluminium ». Pas coupable d'avoir licencié au préalable le directeur de l'usine dont le management paternaliste et son cortège de favoritisme était un obstacle au bon déroulement de cette nécessaire restructuration d'usine. Je m'en suis expliqué par la suite avec l'ancien directeur du site de Mulhouse puis de Sochaux qui intervenait chez nous en tant que consultant et au bout d'un quart d'heure, il ne pouvait que me donner raison. De ma formation aux cercles de qualité, j’avais retenu la leçon : en l’absence d’un management participatif et d’une démarche qualité totale, la direction est bien seule  responsable de 80% des problèmes de l’entreprise et ici, c’était flagrant ! Ce qui permit à la chambre patronale de compléter mon dossier avec la mention « dangereux ». Cette mention a probablement été portée également dans mon dossier parvenu à la préfecture. C'est le lieutenant des renseignements généraux qui suivait notre entreprise qui me l’a confirmé pour exiger de moi plus d'obéissance à ses demandes d'informations alors que j'avais une nette tendance à le négliger sur ce point, voire à résister. Pas coupable également d’avoir participé au creusement du déficit de la Sécurité sociale en participant au moratoire des charges sociales puisque la doctrine politique et économique était qu’il fallait utiliser les déficits publics et sociaux en temps de crise pour profiter du cycle de croissance qui allait inévitablement suivre afin de combler ces déficits. Un poète combat régulièrement ce genre de doctrine maléfique et affabulatrice : la croissance n’est pas anonyme, encore moins une incantation frénétique.

* Non coupable de me retrouver dans une situation délicate sur le plan professionnel et pour avoir refusé un poste intéressant en région parisienne afin de préserver les conditions de vie de ma famille. Car après ce plan social réussi dans son déroulement responsable et équitable, les cabinets de recrutement ont refusé de présenter mon dossier aux chefs d'entreprise : je faisais peur car j'en savais trop. Un consultant m'a clairement avoué que je devais changer de voie car j'étais en mesure de diriger les entreprises bien mieux que ces patrons et ceux-ci le savaient parfaitement au vu de ma dernière démonstration. C'était probablement vrai, mais ils n'avaient certainement pas découvert le poète qui chemine en moi.

Non coupable comme auteur du roman «  D’Eleusis à Dendérah, l’évolution interdite ».

* Non coupable de n’avoir pas fait un réel travail de romancier, c’est à dire n’avoir fait que décrire la réalité d’une époque. Balzac estimait que ses romans sont un travail d’historien, qu’il était et reste un grand historien. Rédigé de 1991 à 1994, ce roman décrit un futur possible dans les contextes de ces années là. La réalité est bien mieux décrite avec des images, des films, des reportages. Nous ne sommes plus au temps de Balzac ou de Hugo : sans radio ni télévision. Par contre, écrire un roman reste un des meilleurs moyens, à travers la complexité des personnages, la minutie des descriptions, pour créer une image qui n’appartient pas au réel ou pas encore. Ce fut notre but : montrer qu’à partir d’un petit groupe social, des êtres humains sont capables de changer la vie et le monde à travers une nouvelle organisation politique, économique et sociale, spirituelle et militaire.

* Non coupable d’avoir fait un travail de romancier en croquant parmi l’actualité, mes proches, mes collègues de travail, la matière de cette histoire.

 * Non coupable d’avoir utilisé comme trame du roman, l’histoire de Jésus selon la version de R. Ambelain dans son livre : « Jésus ou le mortel secret des Templiers ». A cette trame, j’ai ajouté le fait que le temple de Dendérah venait d’être restauré par l’empereur Auguste qui y a été initié comme, selon moi et d’autres, Jésus puis Jean et d’autres envoyés des communautés spirituelles du Moyen-Orient comme des bords de Méditerranée.

* Non coupable d’avoir dérangé dans mon travail d’écriture, plusieurs esprits défunts qui se sont montrés de suite coopératifs, principalement pour vérifier certains points que j’avais retenu du livre « Le roi de la théocratie Pharaonique » de René Schwaller de Lubicz. Cet auteur utilise trop une interprétation rationnelle, mathématique et géométrique pour élaborer une traduction symbolique. Ses lacunes sur le plan spirituel et dans la connaissance de la démarche initiatique freinaient ma progression. Je remercie ces deux pharaons pour m’avoir aidé à surmonter ces difficultés en m’indiquant le chemin à suivre. Un écrivain et a fortiori un poète n'écrit jamais seul.

* Non coupable pour avoir rédigé des pages (certes impubliables pour un éditeur) sur la vie après la vie humaine des 4 personnages principaux. Pierre, le poète et Laurie vont obtenir les pouvoirs surnaturels après la transfiguration de leur couple. Dans aucun livre, encore moins dans les Evangiles, il n’y a une description de ces moments de transfiguration. Un internaute féru de spiritualité et de savoirs hindouistes, bouddhiques, m’a tout de suite envoyé un mail après la mise en ligne de cet épisode du roman : il n’avait jamais rien lu de pareil, d’où pouvais-je tirer un tel texte ? Bien entendu de mon vécu. Un romancier invente très peu ! Avec ces pouvoirs surnaturels, les combats des chevaliers seront vainqueurs, bien mieux que celui des druides contre les légions romaines ou celui de Perceval ou de Lancelot.

* Non coupable d’organiser le développement d’une nouvelle armée de chevaliers et l’utilisation de centres de guerre électronique pour assurer la victoire dans la guerre du renseignement et de l’information. L’épisode le plus lu ces dernières années est l’épisode 32. L’explication est délicate : il y a 3 thèmes : le plus important est la justification de l’utilisation des armes pour mener le combat, l’illustration est l’exercice de l’attaque du camp de concentration du Struthof avant de partir en Bosnie attaquer un camp de prisonniers dirigés par les Serbes ; ensuite il y a le thème du sport et du ski, puis le thème rapidement abordé de l’école d’amour au service des handicapés et le déplacement de Laurie et des membres de cette école d’amour au Pays-Bas puisque l’aide à la sexualité des handicapés vient d’être légalisée dans ce pays. Il semble que ce soit le thème de la justification de l’utilisation des armes qui rassemble le plus les internautes sur cet épisode 32. Nous n’allons pas refaire ici ce débat, il suffit de lire ce texte. Le point de départ est la volonté de Jésus que ses disciples et ceux qui le suivent portent une épée à la ceinture, sinon ils doivent vendre leur manteau pour s’acheter une épée. C’est une position typiquement « pharaonique » largement étudiée à Dendérah pour la plus haute initiation. La question est simple : comment voulez-vous enlever les armes des mains des criminels de guerre et des délinquants si vous même n’avez-pas d’armes ? Le but est bien de mettre les armes sous la garde du sacré et les initiés sont capables de pénétrer dans les centres de commandement ennemis avec leur corps dématérialisés. C’est ce qui est décrit dans notre roman. Il n’est donc pas question d’un pacifisme plus ou moins romantique ou idéaliste. Bien entendu, il n’est pas question de sombrer également dans les crimes de guerre lorsque nous utilisons les armes mais le but d’un pacifiste reste invariablement le même : éliminer l’utilisation des armes. Le peuple Moso y arrive très bien depuis au moins deux mille ans, il est vrai qu’il a choisi de vivre à l’écart des autres peuples plus belliqueux que lui et moins cultivés sur le plan spirituel au point d’être incapables de concevoir la possibilité des amours libres et l’absence de chômage et de misère.

* Non coupable de démontrer les lacunes et la méconnaissance de la spiritualité par la Bible et le nouveau Testament dans la religion chrétienne. Certes pour fonder les dogmes de la doctrine et ainsi développer un système de pouvoir religieux chrétien, le pouvoir de Rome a éliminé les récits anciens favorables à une organisation en réseau des premières communautés spirituelles chrétiennes qui parlaient surtout du Christ et pas encore d’un personnage au nom de Jésus dont l’histoire emprunte à toutes sortes de mythe et récits antiques, principalement égyptiens. Pour un initié sortant de Dendérah et autorisé à porter le titre de fils de Dieu, capable de parler du mystère de l’Apocalypse, ne retenir que la rencontre avec celui qui vit en nous et nous fait franchir les limites de la mort de notre corps charnel, est une décision majeure qui libère les peuples de leurs traditions liées en principe aux évènements du dernier grand cataclysme ainsi qu’à l’origine de l’espèce humaine parmi les créatures vivant sur la planète Terre. Certes nos propos sont de nature à effaroucher plus d’un ignare spirituel ou plus d’un fanatique religieux manipulé par les dogmes absconds du pouvoir théocratique auquel il veut bien se soumettre. Mais c’est le travail d’un maître spirituel, d’un poète qui poursuit son évolution après ses rencontres au delà du puits de lumière. Ce travail a eu lieu, il reste nécessaire car les systèmes de pouvoir religieux cherchent toujours à éliminer les mouvements spirituels et cette autre manière de vivre plus libre dans notre condition humaine.

* Non coupable de montrer comment développer l’organisation en réseau… même s’il nous reste encore un peu de travail pour achever cette démonstration.

* Non coupable de présenter parmi les 4 voies qui mènent à la rencontre des mystères de la vie, la voie de l’extase amoureuse et l’utilisation de notre dimension sexuelle dans une démarche initiatique et spirituelle. L’école d’amour fait partie intégrante du mouvement développé par les personnages du roman tout comme, sous une forme similaire, elle existait dans l’environnement des temples d’Egypte, dans la maison commune pour les adolescents en Océanie, etc. Bien entendu les mineurs de moins de 15 ans ne sont pas exclus de cette école, ils ont droit d’y entrer si telle est leur motivation. Pour la suite, lire le roman. Lorsque les personnages reviennent d’une mission, qu’ils sont fatigués et ont besoin de se détendre, les membres diplômés de l’école d’amour s’occupent d’eux. Il n’y a aucune possibilité de violences et si un membre du mouvement venait à songer à commettre une tentative de viol ou de harcèlement sexuel ou tout simplement à être jaloux envers un partenaire potentiel, ce serait l’individu le plus condamnable du groupe et visiblement le plus idiot comme chez les Moso. Personnellement, des dizaines de milliers de femmes plus ou moins jeunes ont eu l’occasion de voir mon corps et la réciproque est également vraie puisque nous étions dans le même contexte naturel. En principe, elles ne sont pas attardées sur mon anatomie et la réciproque à quelques exceptions près est toute aussi vraie. En principe, il n’y a pas de photos ni de vidéos, donc pas besoin de chercher pour monter un élément d’accusation à mon encontre. D’ordinaire je ne fais pas volontairement la bise aux dames, je sers la main à distance respectueuse. Certaines ont essayé de me faire la bise puis devant une maladresse plus ou moins feinte, se sont découragées. Il est vrai qu’au départ, j’ai assisté à des échanges de bises hypocrites entre demoiselles ou dames qui sitôt après se critiquaient les une plus perfidement que les autres en ayant parfois l’outrecuidance de me demander d’arbitrer entre elles ou de me ranger auprès d’elles. Elles sont très loin du niveau des personnages féminins du roman : Laurie, Anke, Barbara, Dominique, Françoise, Sandra, Carine, Maud, et les autres. Ces héroïnes ne sont pas des féministes mais des femmes capables d’amours à en vivre infiniment  et capables de partage d’amours à en changer la vie. Cela va au delà d’une simple question de rétablir certains éléments d’une culture matriarcale, finalement admise par Freud après 1936 à Londres.

* Non coupable du rôle donné au poète dans le commandement du mouvement politique, économique, social, culturel, spirituel, militaire organisé en réseaux citoyens de vie dans une démocratie directe participative locale. A dix ans, mes camarades m’avaient donné le surnom de « commandant » car j’étais leur commandant à travers prés, vergers, forêt, ruisseaux et rivière. A l’armée, j’ai eu le grade de chef d’équipe et de cordée à la section de reconnaissance puis en compagnie de combat. Après avoir été recruté pour remplacer un ancien colonel du Génie qui avait fait Saint-Cyr et l’école des Ponts et Chaussées, avant de nous quitter, l’air embêté, il me demanda à quoi correspond le grade de chef d’équipe et de cordée. Il avait compris que j’avais été chasseur alpin ce qui était cohérent avec mon passé de compétiteur en ski de fond mais il ignorait ce grade qui pour lui est un des plus beaux grades de l’armée, ou possède le titre le plus évocateur. Lorsqu’il su qu’il correspond à caporal, il ne fut pas déçu. J’ai retenu son commentaire : tous les grands soldats et les meilleurs chefs de guerre ont commencé un jour par être caporal, certains ont bien fini, pour d’autres ce fut le désastre mais pour un chef d’équipe et de cordée, en principe cela doit bien finir. Pierre, le poète sera le chef du mouvement comme Jésus et il aura la même fin, la fin humaine de celles et ceux qui sont morts déjà une fois durant leur condition charnelle.

Non coupable pour ce qu’il me reste à écrire

* le roman a été une démarche itérative : je ne savais pas jusqu’où j’irais en le commençant un soir dans ma chambre du campus de l’entreprise à Jouy en Josas. En 1994, une fois rédigé mais pas encore mis au point, je l’ai envoyé à Christian Bourgois. Je savais que cet éditeur pouvait s’intéresser à cette politique pas si fiction que cela et à cette manière de changer la vie et le pouvoir dans les groupes sociaux. Il était connu pour ses engagements et son respect des auteurs. Surtout, il avait publié « le roi des fées » de Marc Cholodenko qui avait été censuré lors de sa sortie, livre et c’est l’un des rares que je n’ai pas pu finir tant il m’a effrayé, que j’ai donné à une copine dont le sourire ravageur me captivait mais qui après l’avoir certainement lu, n’a plus cherché à me rencontrer ( en quoi le test était concluant et il m’a évité bien des déboires sentimentaux avec cette jeune personne bien légère et futile). Bref, je voulais avoir l’avis de cet éditeur pour savoir si je devais passer encore de longs moments à le mettre au point avant d’envisager une publication. Il m’a répondu amicalement de sa main que mon entreprise en valait la peine, que je ne devais pas craindre l’originalité de mon écriture et que je devais aller jusqu’au bout de mon travail car ce manuscrit avait un contenu prometteur. En 2002, un responsable d’Ubi Soft venu jeter un coup d’œil sur le site fileane.com me dira que ce site a beaucoup de potentiel. Au même moment, un correspondant du réseau Voltaire qualifiera le site, de site révolutionnaire mais je n’ai pas voulu rallumer la guerre intellectuelle pas si innocente que cela entre poètes et philosophes ou économistes, sociologues attardés. L’ouverture du site web a évidemment marqué un tournant en procurant une liberté inespérée : celle de dialoguer sur les forums avec d’autres poètes, chercheurs, initiés, responsables ou tout simplement curieux. Celle aussi de voir que certains de mes propos sont repris sur d’autres sites, sur les médias par des personnes publiques qui sont venus me lire. Tout ceci m’a poussé à entreprendre ce que je n’avais pas prévu à la fin de la rédaction du roman : tirer de cette histoire un nouvel essai ou plutôt une sorte de manuel pour quitter nos systèmes de pouvoir et développer de nouvelles organisations en réseaux. Bref, mobiliser mes connaissances en droit, en économie, en management, en dynamique de groupe, en histoire pour les associer à ma démarche poétique et à mon évolution pour montrer que l’alternative non seulement est possible mais qu’elle n’est pas compliquée à mettre en place. Par contre, elle est inéluctablement de nature à ruiner les systèmes de pouvoir, tout aussi puissamment que l’organisation en réseau du temps des cathédrales dirigée par les bénédictins et les Templiers avait ruiné les rois de France et rendue inutile la présence d’un pape à Rome, même si durant une longue période ces papes furent au départ des dirigeants bénédictins venant de Cluny ou de France et non plus de l’aristocratie italienne et romaine.

* Non coupable pour les textes à venir sur la résistance des peuples face à la dictature du système financier néo libéral et conservateur des richesses accaparées par les dirigeants de la finance mondiale. Idem pour les textes sur l’élimination de la Vème République en France, la fin du système représentatif, la suppression des textes fondateurs de la République qui sont soient obsolètes, incomplets ou présentent des erreurs grossières sur le choix de la sacralisation d’une forme de propriété en écartant les deux autres formes de propriété. Nous rédigerons les discours pour la fermeture du Sénat, de l’Assemblée Nationale, de l’Académie, pour l’ouverture d’une assemblée constituante, la mise en place des premiers réseaux citoyens de vie avec leurs projets. Nous rédigerons le fonctionnement des institutions capables d’utiliser les deux sources de savoir dans le cadre des réseaux d’éducation et de formation et d’une nouvelle académie au service du savoir global et du mariage des cultures. Nous décrirons l’organisation de l’armée qui franchira les limites des états pour que les criminels et les réseaux criminels ne puissent plus s’y abriter en toute impunité et nous montrerons comment mettre les armes sous la garde du sacré et des forces de l’esprit, y compris l’arme atomique, n’en déplaise aux disciples de Bertrand Russel et à leurs comités de gouvernance mondiale. Nous montrerons comment changer les mentalités, principalement celles des opposants ou des ignares ou des corrompus et corrupteurs incapables pour le moment de changer d’attitude et de vision des êtres humains et de l’univers.

 

Non coupable pour avoir passé une partie de notre jeunesse au fond des bois

« Nos jeunes années courent dans la montagne, courent dans les sentiers pleins d’oiseaux et de fleurs ». Trenet s’intéressait probablement aux oiseaux et aux fleurs. Il n’y avait probablement que cela d’intéressant dans sa montagne. Le lecteur de fileane.com sait que dans notre montagne, il y a la Porte des pierres et le jardin des fées et d’autres promontoires sur la vallée et sur la plaine. Dans ce paysage vient se coller l’un à côté de l’autre, un temple celte reconstruit par les romains, un observatoire celte, un camp celte entouré d’un mur mégalithique avec sur son promontoire un couvent reliant le savoir bénédictin depuis le Mont Cassin jusqu’au temple de Dendérah, dans la plaine la flèche d’une cathédrale, et directement en face à face le monument et l’enceinte d’un camp de concentration et d’extermination nazi. Avant de découvrir les relations entre ces lieux, ces monuments, ces civilisations, ces évènements historiques, le jeune poète a été attiré par les habitants de sa forêt : les sorcières et les fées certes mais un jeune poète qui a trouvé sa source n’a pas besoin d’elles, et les animaux qui savent profiter des sources, des clairières, des herbes hautes et de la mousse si particulière sous la ligne de crête, cette herbe appelée si justement l’herbe des fées dans laquelle un peu plus grand il fait si bon se coucher avec ses amours.

Sans nous complaire parmi de très nombreux exemples, nous présentons, en notre faveur, les rencontres suivantes au fond ou à la lisière des bois. Près du chêne de la Vierge sur lequel les habitants du village accrochaient des couronnes de fleurs pour se protéger des sorcières qui ne devaient pas descendre plus bas dans la vallée, au sommet du chemin de schlitte, juste avant le plateau, nous avons rattrapé un cerf de 6 à 8 cornes et sa biche. Arrêté à découvert derrière eux, ils ont continué leur conversation, le cerf précédant  d’une encolure sa biche comme pour lui ouvrir poliment le chemin. Lorsque j’ai voulu faire quelque pas pour les suivre, il s’est retourné pour me fixer dans les yeux et me faire comprendre qu’ils ne voulaient pas être dérangés, que je devais les respecter. Après quelques minutes d’immobilité et alors qu’ils allaient disparaître derrière la crête, j’ai repris la marche sur le chemin. La biche poursuivait son chemin sur le plateau parmi les jeunes sapins vers les petites clairières de mousse que je connaissais bien. Le cerf m’attendait, tourné vers moi. Immobile à nouveau, je lui ai fait face, peut-être un peu effrontément, au bout de quelques minutes, sans s’énerver il a émis son cri puissant qui a défoncé mes oreilles, quelque chose comme le cri guttural et mal dégrossi d’un chien qui n’avait rien à voir avec le bramement majestueux qu’il avait durant la saison des amours, puis il a rejoint sa biche et ils ont disparu dans la sapinière. Que m’avait-il dit ? Il n’était pas fâché, cela se comprenait mais il m’imposait des limites : même en temps que jeune poète qui n’avait pas peur des sorcières et des fées, je devais respecter l’intimité d’un cerf et de sa biche et leur intimité, leurs amours étaient magnifiques d’élégance, de simplicité et de complicité. Depuis j’ai rarement vu ces caractéristiques parmi des amours d’humains. Parmi les amoureux que j’ai croisés, ils gardent la première place, peut-être ai-je encore à découvrir des amoureux, au pays Moso, chez les indigènes des îles Trobriands, près de chez moi ? Bien entendu je garde pour moi mes amours et elles ne comptent pas dans ce classement : il n’est pas possible d’être juge et partie en même temps.

La seconde rencontre remonte à quelques années plus tard. Adolescent, j’étais coureur cycliste puis l’hiver, je faisais des courses de ski de fond. Le matin, avant d’aller au lycée, à partir du mois de mai, j’ai pris l’habitude de faire une heure de cross entre six heures et sept heures, au lever du jour au dessus du village, à la lisière des bois. Les lapins de garenne étaient des compagnons fidèles qui courraient sur la route avant de disparaître. Puis un jour, au débouché du sentier qui mène à une source et où la vue sur le village et la vallée est la meilleure, il y eu une jeune biche qui se tenait là à contempler le paysage avant de regagner la profondeur de la forêt. Nous nous sommes croisés pendant plusieurs semaines, elle n’était pas craintive. Elle ne bougeait pas, j’étais à une quinzaine de mètres d’elle lorsque je passais en marchant délicatement devant elle. Nous nous regardions avec respect et j’essayais avec le langage de mes yeux de lui dire combien je la trouvais belle, élégante, comme j’appréciais également de boire de temps à autre à la source, comme j’aimais ce paysage que nous partagions au lever du soleil alors que mes camarades étaient encore au fond de leur lit. Elle n’ignorait certainement pas que je savais où se trouvait son refuge plus haut dans la montagne, peut-être m’avait-elle guetté lorsque je courrais dans les bois jusqu’au sommet, sur les rochers où m’attendait mon travail de poète, réellement entre ciel et terre comme l’a admis Freud. Durant les vacances, mon entraînement était autre et c’est vers 5 heures du matin que j’allais parcourir à la fraîche les routes de montagne et les cols environnants. A l’automne, je l’ai revue une fois ou deux, puis un jour derrière elle, caché par un bosquet, il y eu une autre biche ou un cerf, je n’ai pas bien vu, ce fut notre dernière rencontre.

Non coupable de vous associer à cet exemple de vie familiale d'un temps probablement perdu pour longtemps.

Un seul moment. Un repas de famille durant l’hiver lorsqu’il n’est pas possible de faire quoi que ce soit dehors. Près du poêle en céramique, la grande table est mise. Le repas utilise les ressources domestiques : lapin, poule, conserve des fruits et légumes de l’année. La famille mange le travail réalisé par la plupart des membres présents autour de la table. Un souvenir précis : ce dessert mémorable et mémorisé jusqu’à la fin de mes jours : un Schwartzwald (un gâteau Forêt-Noire) d’anthologie réalisée par grand-mère. Elle savait en faire d’excellent mais ce dimanche là, ce fut la stupéfaction générale, nous n’en avions jamais goûté de pareil. Très vite, tous, nous avions compris ce qui se passait : le kirsch de la génoise au chocolat répondait au Kirsch de la crème fouettée. Grand-mère savait doser le kirsch pour en mettre partout et le parfum de l’alcool n’est pas le même avec du chocolat ou avec de la crème fraîche. Lorsque ces deux parfums se suivent dans le palais et sur la langue et lorsqu’une cerise au kirsch vient s’en mêler, l’assemblage des sensations va crescendo jusqu’à une ivresse fugace mais puissante. Encore faut-il avoir un kirsch à la hauteur ou au bon degré d’alcool. Et là, grand-père a été immédiatement au diapason. Il a quitté la table en jurant qu’elle avait utilisé la bouteille de sa réserve spéciale qu’il sirotait en cachette ces derniers temps. Il revint de la cave, sa bouteille s’y trouvait toujours mais le niveau avait considérablement baissé. En riant, grand-mère avoua qu’elle avait voulu faire profiter toute la famille de ces quelques bouteilles de kirsch exceptionnelles. Non seulement ce kirsch avait un âge respectable mais il faisait partie d’une année exceptionnelle pour les cerises. Moyennant quoi, à la distillation, les anciens qui dirigeaient cette cérémonie avaient décidé de mettre à part la première coulée de la seconde distillation. Le feu avait été poussé un peu pour une sortie du cylindre de refroidissement à 24 ou 25 et non pas à 22 ou 23. Ce sont des degrés d’alcool comptés selon le barème allemand, pour le barème français, il faut rajouter 50 degrés. D’habitude cette première coulée forte sert à mettre au point un mélange de l’ensemble de la coulée à une moyenne de 21 degrés, ce qui permet d’obtenir davantage de litre de schnaps, encore faut-il ne pas laisser trop longtemps couler en dessous de 18 ou 17. Un kirsch vieux et qui conserve 24 ou 25 degrés, il faut le vouloir et sacrifier d’autres litres à 21 mais le choix en vaut la chandelle, en tout cas, il permet de hausser le goût d’un Schwarzwald à un niveau inoubliable.

 

Mise à jour du 15/12/2016 : ce jeudi, de passage seul à Colmar , pour midi j'ai voulu revenir au JY'S chez Jean-Yves Schillinger et ma foi, une table restait libre, en face de la cuisine et du Chef et du personnel de service. Sans reprendre d'anciennes habitudes de Chef... du Personnel et analyser l'organisation du travail et le niveau de compétences présenté, je reviens uniquement sur mon choix de dessert : une Forêt-Noire revisitée. Plus rien à voir avec le gâteau de 60 à 80 cm de ma grand mère, le biscuit au chocolat imbibé du meilleur kirsch de la famille, les cerises au kirsch maison, la crème montée à partir du lait entier d'une ferme voisine, les oeufs maison, etc... Et pourtant le goût y était, en petite dose certes mais présent et puissant, notamment avec la glace à la cerise et au kirsch. Après avoir fini la veille chez mes parents, une mirabelle très ancienne et ouvert une bouteille de Quetsch de 1977, ce kirsch du JY'S et les saveurs de ce dessert furent du même niveau : un capital gustatif préservé et un travail réussi pour sauvegarder le niveau culinaire défendu par nos grands-parents. Un profond respect pour cette préservation des goûts et senteurs de nos jeunesses typiquement alsaciennes.

 

Grand-mère avait raison, tous avaient participé à ce kirsch comme au reste du schnaps. Le premier travail d’un adolescent aux vacances d’été est de faucher sous les cerisiers puis d’aller cueillir les cerises si possible jusqu’à la plus haute branche, lorsqu’il reste encore des cerises que le merle moqueur n’a pas prises. Puis c'est le tour des mirabelles, des différentes quetsches jusqu'aux plus tardives en septembre-octobre. Les hommes emplissent les tonneaux puis l’hiver, chez le membre de la famille qui a l’alambic fixe dans la grange, les hommes avec les anciens qui viennent traller aux quoirolles et surveiller l’opération, tous distillent heure après heure les tonneaux en utilisant les ruses rituelles pour distiller plus que déclaré à la perception des droits et taxes sur les alcools chez la buraliste du village. 

Dans la distillation, il n'y a aucune ruse mais une recette logique : après une première distillation, le litrin est complété par quelques seaux de fruits du tonneau pour donner plus de goût lors de la seconde distillation. Le schnaps s'écoule jusqu'à ce qu'il ne s'enflamme plus avec une allumette lorsqu'il est répandu sur le chapeau de l'alambic. Il faut alors bien mélanger les seaux de schnaps dans les bonbonnes en verre. Combien faut-il garder de la première coulée à 25 ou 24 degré allemand (75 degré en degré français) ? En garder trop fait diminuer le nombre de litres au final. Faut-il tout mélanger puis ajouter de l'eau pour arriver à 21 degré ? Faut-il prendre à ce moment là l'eau de robinet ou une eau de source moins ferrugineuse sortie d'un tonneau qui traîne par là ? Vaste question dont les solutions peuvent changer d'année en année selon la qualité des fruits et les chaleurs de l'été.  

La ruse pour distiller plus dans les 24 heures permises selon le coût de la taxe payée pour un jour, deux jours ou plus, est de s'associer entre plusieurs familles pour distiller les uns à la suite des autres et profiter ainsi que l'alambic soit à la bonne température pour distiller très vite à partir de la première heure de la journée, dès minuit passé, voir à la suite de la famille précédente si l'on est certain que le garde communal ne viendra pas faire sa tournée... avant minuit.

 

Puis de famille en famille, les anciens allaient goûter religieusement le schnaps pour conclure si l’année avait été bonne ou non pour le village. Certaines bonbonnes sont encore dans le foin de quelques maisons alors que le privilège de bouilleurs de crus s’est éteint avec la disparition des grands parents. Plus personne n’est prêt à payer les taxes exorbitantes et dissuasives prises pour interdire la distillation dans les familles. Les alcools industriels et l’intérêt commercial sont passés par là pour enlever dans nos campagnes un rite séculaire qui procurait une eau de vie capable aussi bien de soigner que d’achever un repas de famille sur une note exceptionnelle. Avant d’être eau de vie, elle avait été travail de l’ensemble de la famille, de l’ensemble d’un quartier, elle était la fierté d’un village. Les bouteilles circulaient parfois comme cadeau précieux mais l’utilisation des bouteilles dans une famille représentait un véritable contrôle politique domestique et rares étaient les anciens qui mourraient de cirrhose du foie, exception faite de quelques uns, veufs, délaissés par leurs familles ou brisés par d’autres malheurs qui trouvaient toujours une bouteille de schnaps pas fameux pour se consoler et finir leurs vieux jours. 

Un député d'Alsace du Nord, durant sa longue présence à Paris, tous les ans dans la loi de finance complémentaire du 31 décembre, déposait un amendement pour restaurer en Alsace Moselle le privilège de bouilleurs de crus, qui on se sait pourquoi, n’avait pas été mis dans le droit local hors de portée de Berlin comme de Paris. A chaque fois, un vote contraire écartait cet amendement et plusieurs fois, les députés ont failli oublier d’écarter cet amendement. Il avait de la suite dans les idées, tout à ses électeurs au point qu’après les courses de vélo dans la région de Niederbonn, Reichshoffen, Mertzwiller, nous n’étions pas certains qu’il arrive à l’heure pour la remise des trophées et la photo dans le journal. Une fois nous l’avons attendu plus d’une heure, il avait eu du mal à quitter un tournoi de football. J"avais du l'attendre pour recevoir un trophée  car j'avais fini sur le podium. Plus tard, lors de nos rencontres professionnelles, il avait d’abord voulu que je sois à côté de lui lors d’un repas pour me tester comme à son habitude avant de décider de s'intéresser à quelqu'un et à le prendre dans son équipe politique. Peu après, lors de la remise des médailles du travail dans l’entreprise, il voulut m’apprendre « le métier » et devant l’assistance amusée, me pria d’accélérer pour lui passer les médailles et le nom des salariés récompensés. Plusieurs ouvriers goguenards sont venus ensuite pour confirmer que je devais m’intéresser à ce métier, non pas au mien mais au sien. Le fait qu'ils me voient en homme politique à leurs convenances m'amusa sur le coup, mais je ne leur ai pas dévoilé mes projets de poète sur ce sujet.

 

Non coupable de ne pas être resté chanteur et de m'être tu

À 14 ans, au certificat d'études, dans l'épreuve de chant, opposé au soliste de la manécanterie du séminaire épiscopal qui comme chaque année, venait de chanter la messe devant le pape à la basilique Saint-Pierre de Rome, il fut déclaré vainqueur à égalité de notes (10/10) mais à la faveur des applaudissements. Le soliste avait chanté un chant populaire avec une certaine Jeannette, son panier de fleurs et que sais-je encore. Par respect, la salle, les professeurs du jury et les élèves, s'était tue après sa brillante interprétation et sa voix magnifique. Le jeune poète n'avait plus le choix qu'entre deux chants patriotiques : la Marseillaise ou le Chant du Départ. Avec sa force de conviction pour inviter les autres à prendre également le départ, le départ sur le chemin du poète, le chemin initiatique vers la rencontre avec les mystères de la vie et de la mort, il vit le jury soudain baisser les yeux et de ses mains s'agripper au bureau. Les tyrans qu'il regardait droit dans les yeux, ici et maintenant, cela pouvait être eux leurs représentants. Après quelques secondes de silence, stupéfaite par tant d'audace, de puissance de conviction dans le chant, la salle éclata en tonnerre d'applaudissements et de félicitations, le jury y compris. Sans attendre la même réaction mais avec une force de conviction décuplée, centuplée aujourd'hui, et même s’il lui est facile d’accommoder les rimes, s’il est plus difficile aux autres engoncés dans leur conformisme et leur passivité, de reprendre ce chant, s’il est encore plus facile pour certains affairistes cyniques de venir piller les richesses des peuples du monde et voler le travail des gens, le poète reprend aujourd’hui mieux qu’hier, ces couplets du chant du départ puisqu’il faut bien prévenir nos ennemis, les mettre en garde :

Tremblez les ennemis de la France, vous ivres d'argent et d'orgueil…

 

Enfin et pour en rester là, Non coupable d’avoir été renvoyé sur terre.

 * Nous l’avons écrit sur notre site, ce n’est donc qu’un rappel : nous n’avons pas désobéi ou déplu, nous n’avons pas osé demander ou plutôt, nous ne savions pas que nous pouvions demander. Maintenant nous savons cela aussi. Inutile donc de nous renvoyer à votre tour là-bas en mettant fin à notre corps charnel. Le « nous » n’est pas de circonstance, il fait partie du mystère de la trinité que les initiés partagent entre eux et que les autres ne comprennent pas. Donc, en conclusion, jamais je ne serai tenté par le suicide, surtout lors des combats pour changer la vie. Inutile de me fouiller le corps à moi et aux autres poètes qui partagent leur évolution spirituelle : ne comptez-pas sur notre suicide, nous resterons habillés pour aller directement en cellule puisque tel est le sort que votre justice nous réserve. Si après notre exécution, des journalistes à la solde des dirigeants présentent notre cadavre comme celui d’un suicidé, sachez que c’est faux, qu’ils vous mentent et vous manipulent une fois de plus ! Si nous sommes fait prisonniers, nous resterons prisonnier sur parole et nous sommes capables de venir libre au procès, à l’heure dite, sans retard et sans fuir. N’ayez pas peur, nous ne fuyons pas mais nous avons l’habitude d’aller à la rencontre de nos contemporains même si nous n’ignorons pas que tous les partages ne sont pas possibles avec chacun de vous. L’emprisonnement, le lynchage médiatique, les humiliations des prisons sordides indignes du genre humain, vos asiles psychiatriques où les poètes n’ont pas leur place, seront vos moyens de destruction de notre identité d’être humain. En tant que poète, je résisterai jusqu’au bout des forces humaines que ma santé voudra bien me procurer mais mes forces spirituelles resteront intactes et pourront probablement m'aider à m'en sortir. Pour me raccrocher à un exemple, vous le savez, je tiens particulièrement à celui de ce jeune homme qui a vécu son enfance dans la chambre en face de la mienne, de l’autre côté de la rue et qui plus tard, lieutenant dans les FFI, dirigea un des groupes que les nazis massacrèrent le 17 août à la cascade du Bois de Boulogne. Il ne devait pas repartir alors qu’il venait avec succès d’effectuer un transport d’armes pour la résistance. Un autre décida d’éviter la mission suivante, par peur ou par raison peut importe ; malgré l’interdiction de son épouse, sa veuve, notre voisine, il repartit au combat pour la libération de Paris et ils furent trahis, torturés puis massacrés. Le reste est sur notre site web qui n’a pas fini son chemin… et si nous n’arrivons pas à l’achever, ce ne sera pas uniquement de notre faute, pour cela également : d’avance non coupable.

* Pour conclure, non coupable d’envisager ces évènements funestes alors que nous sommes capables de vaincre avec celles et ceux qui nous lisent et reprennent ou ont les mêmes idées, la même volonté de changer la vie. Non coupable de ne pas avoir tout dit : un écrivain ne dit jamais tout. Ce document peut cependant servir à mieux nous faire connaître de nos compagnons de luttes et de résistances et après 9 ans sur le web, c’est probablement aussi la moindre des choses que de mieux se présenter aux internautes qui passent de temps à autre sur notre site et qui ont compris que vouloir changer nos sociétés et nos manières de nous organiser et de communiquer ne rend pas coupable, bien au contraire, il s'agit de porter un espoir pour trouver ou retrouver enfin nos raisons de vivre.

 

Ps : les personnes intéressées peuvent vérifier si leurs dossiers correspondent à ce que nous écrivons ici, sinon, il y a des mises à jour à faire et nous devrions en rester là. Le poète ne se met pas en terre comme une étoile au fond d’un trou…quoiqu’ils disent ou nous chantent.

 

la déclaration des droits à la vie sur terre

le roman "D'Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite"

comment développer un contre-pouvoir ?

le discours du poète aux Glières

le cas Thomson   la fonderie d'aluminium

 

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