Du jamais vu ! Le prix du baril de pétrole WTI, qui fait office de référence à la bourse de New York, a dévissé de plus de 100% lundi. Le contrat du West Texas Intermediate - pompé dans le sous-sol de l'État du Texas et stocké dans l’Oklahoma - pour livraison en mai a ainsi terminé dans le négatif à environ - 40 dollars. Certains spéculateurs étaient donc prêts à payer pour s’en débarrasser !

Mais l’ampleur de la baisse s’explique aussi par la financiarisation du marché de l’or noir, comme l’explique ici l’économiste Maxime Combes, par ailleurs porte-parole de l’association Attac : "Avant d'être un baril physique, le pétrole est aujourd'hui un produit financier comme un autre, donc soumis aux spéculations à la baisse ". Concrètement, "un baril de pétrole est échangé des milliers de fois sous forme de contrats avant même d'être extrait et livré physiquement", explique l'économiste. Pour les spéculateurs en cols blancs confortablement installés derrière leur ordinateur, stocker du "vrai" pétrole coûterait beaucoup trop cher. Ainsi, actuellement, les "traders se débarrassent de leur ‘pétrole papier’, ces fameux contrats de livraison pour mai", mais "personne ne veut leur acheter", résume Maxime Combes.