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Partie 1 :

Réseaux de vie

Les Réseaux de Vie. 

La Monnaie Pleine. 

Les institutions

économiques

La création monétaire développe les échanges entre les réseaux de vie et rémunère le travail.

 

 

 

 

Oublions le dédale du système bancaire et de la création monétaire ex nihilo à partir des crédits accordés par les banques commerciales sous le contrôle des banques centrales privées, cette fausse monnaie et ces faux-monnayeurs selon la qualification de Maurice ALLAIS, prix Nobel d'Economie en 1988. Nous sommes dans le fonctionnement des Réseaux de Vie et la monnaie ne sert pas de moyen central pour contrôler l'économie mondiale au profit de l'oligarchie financière anglo-saxonne. Nous avons quitté les systèmes de pouvoir et fait le choix d'une civilisation bien plus florissante, humaine et juste, pacifiée. Nous travaillons en Qualité Totale avec des solutions optimales et un management participatif.

 

Pourquoi une Monnaie Pleine ? Quelles sont ses récentes utilisations dans le système capitaliste libéral ?

 

Nous venons de le préciser au niveau de la démarche Qualité Totale qui conduit le travail sur l'ensemble de l'activité humaine : le coût d'obtention de la Qualité Totale évalue les investissements et le travail, les formations pour minimiser et éliminer les risques en l'état de nos connaissances actuelles et selon les solutions optimales obtenues par la pratique de la subsidiarité. Cette évaluation représente un besoin de financement exprimé en monnaie et évidemment, les Réseaux de Vie n'utilisent pas la monnaie comme dans le système de pouvoir capitaliste libéral. La monnaie a pour fonction de faciliter les échanges, d'être un instrument de mesure au niveau de la valeur accordée à un bien ou un service et c'est tout. L'épargne n'est pas une fonction de la monnaie dans les réseaux de vie. Pour se prémunir face à l'avenir, c'est la propriété commune et la gestion des biens communs qui sont utilisées.

La monnaie trouve son origine, son objet et sa cause dans le développement des réseaux de vie et non plus à travers l'affirmation d'un pouvoir exercé dans le cadre d'un système par un roi, un chef, un état, les propriétaires des banques centrales....qui veulent contrôler les échanges commerciaux pour prélever une part des richesses afin d'établir un pouvoir toujours plus puissant et devenir les maîtres du monde. La cause, l'origine de la monnaie dans les Réseaux de Vie se trouve au niveau des citoyens dans leur volonté de réaliser leurs objectifs définis dans leur démarche Qualité Totale afin d'éliminer les dysfonctionnements et minimiser les risques et menaces. La monnaie pleine va faciliter les échanges économiques et l'utilisation des compétences pour y parvenir et développer les richesses, économiser les ressources, préserver l'environnement, respecter la nature, bref mieux vivre dans une civilisation à nouveau florissante, humaniste, juste, pacifiée où les citoyens apprennent un nouvel art de vivre et trouvent leurs raisons de vivre.

La manière dont la monnaie est utilisée dans le système de pouvoir capitaliste libéral, l'argent-dettes instrument de soumission des populations, est décrit en Partie 2 dans le cadre du fonctionnement des systèmes de pouvoir et en Partie 5 avec les pages qui décrivent l'initiative suisse Monnaie Pleine (2014-votation en juin 2018) qui n'a pas été acceptée par les électeurs. Nous ferons mentions ici de ces connaissances chaque fois que cette comparaison pourra clarifier nos propos. Mais nous allons essentiellement utiliser les exemples à travers l'histoire où une Monnaie Pleine fut utilisée et notamment celle qui est encore utilisée actuellement en Suisse pour les entreprises qui y adhèrent.

Nous allons également utiliser l'exemple du redressement de l'économie allemande entre 1933 et 1937, essentiellement le développement industriel et celui des infrastructures publiques, menés selon les règles définies par Hjalmar SCHACHT avec l'utilisation d'effets de commerce adaptés aux circonstances de cette période. Fin des années 1970, en Droit des Affaires, le programme français de Droit Commercial portait sur l'étude pendant un semestre des effets de commerce. La technique juridique était intéressante mais la plupart des étudiants se demandaient à quoi cela pouvait servir et si un paiement cash comme dans les pays anglo-saxons n'était pas préférable. Or nos professeurs ne sortaient pas de leurs programmes pour nous expliquer le fin mot de cette histoire. Ce qu'il convient pourtant de reprendre ici brièvement.

Le modèle économique et commercial anglo-saxon adopte le paiement cash en utilisant l'argent dettes créés à partir d'un crédit accordé par une banque commerciale. Ce système de crédit est piloté par la banque centrale privée et sert à travers l'histoire contemporaine, les intérêts des familles de banquiers internationaux propriétaires des banques privées. Le lecteur, au besoin peut se référer sur notre site aux développements qui présentent ces familles, la manière de gérer leur pouvoir sur la création monétaire et leur manière de financer et d'organiser les guerres.Ces connaissances représentent des pré-requis puisque l'utilisation d'une Monnaie Pleine, sans dettes, permet de faire exactement l'inverse et spécialement de vivre en Paix et de nous enrichir de nos Amours.

Le cours de Droit Commercial sur les Effets de Commerce et notamment la Lettre de Change représente l'aspect juridique de l'utilisation d'une monnaie pleine pour reconstruire la France après 1945 jusqu'en 1973 et l'interdiction faite à la Banque de France, pourtant nationalisée depuis 1945 et aujourd'hui encore, de financer sans dettes les politiques économiques et sociales, militaires, énergétiques... du gouvernement. En réalité ce ne fut qu'une quasi monnaie pleine car réservée aux investissements publics et non pas disponible pour les crédits à la consommation des ménages. Un évènement marquant qui caractérise bien cette politique de reconstruction du pays avec une quasi monnaie pleine date de l'hiver 1954 avec l'intervention de l'abbé Pierre. Pour illustrer cette colère, nous pouvons prendre l'exemple de la région de Rouen où l'abbé Pierre installera ses premières communautés Emmaüs. En 1954, les politiciens de la région s'occupent du projet du pont de Tancarville tout comme le gouvernement mène les grands projets d'infrastructures et d'industrialisation du pays. Mais des millions de français ont froid et nombreux sont les morts de froid. La monnaie pleine sans dettes est uniquement utilisée par le gouvernement et le patronat pour des grands projets et les bénéfices de leurs grandes entreprises. Nous savons depuis que la question du logement social est restée en souffrance et que les promesses politiciennes dans ce domaine n'ont pas été tenues. Nous y reviendrons lorsque nous aborderons les Biens Communs.

Durant cette période de reconstruction du pays, la monnaie pleine et l'utilisation pratique des effets de commerce vont développer une gestion des filières de production et une stratégie de concentration des entreprises derrière de grands groupes industriels nationalisés dont la CGE qui regoupe dans les années 1970, Alsthom et Alcatel, sociétés issues de la SACM et de la Société industrielle de Mulhouse dont nous avons vu la démarche de banque-assurance. Les besoins en investissements, le financement des programmes d'équipements ou de recherche-développement de nouvelles technologies sont présentés à l'administration du Trésor (la tournée du Trésor) et avec le Commissariat Général du Plan, la politique économique du gouvernement est définie. Le Gouvernement demande alors à la Banque de France le financement de ce programme d'investissements pour la part qui ne peut être couverte par la fiscalité. Charge à elle de gérer la monnaie légale et le stock de devises au mieux des intérêts du pays. Pour créer de la monnaie, le Trésor émet des Bons du Trésor qui sont achetés par les investisseurs institutionnels qui ont besoin de faire fructifier l'épargne dont ils disposent. Pour limiter l'augmentation de la masse monétaire, la ciculation des lettres de change et des effets de commerce entre clients et fournisseurs intervient. L'escompte auprès de la Banque de France, à la fin du processus de production, crée alors de la monnaie légale en contrepartie des richesses produites mais ce n'est alors qu'un jeu d'écritures comptables au niveau de la Banque centrale sans mettre en circulation de la monnaie fiduciaire ou scripturale. Au contraire, les effets de commerce, une fois escomptés sont détruits. Seul le bilan de la Banque centrale évolue pour correspondre au niveau qui a augmenté avec ces nouvelles richesses produites.

Cette utilisation d'une monnaie pleine est classique et est identique au système financier mis en place par Schacht en Allemagne entre 1933 et 1937. Tous les belligérants de la seconde guerre mondiale avaient compris comment l'économie allemande avait pu se redresser si rapidement. Pour l'Union soviétique, le rôle de la plannification et l'utilisation d'une monnaie sans dettes, avaient eu le même résultat : dès 1935, les objectifs du Plan étaient dépassés et la puissance industrielle de ce pays ne cessait de se développer. Et nous pouvons remonter à Abraham Lincoln qui se joua lui aussi des banquiers européens en faisant imprimer les fameux “Lincoln Greenbacks” pour payer les factures de l’armée du Nord. En 1862, par le vote du Legal Tender Act, Abraham Lincoln reviendra à l’art.1 de la Constitution et créera le dollar « Greenback ». C’est ainsi qu’il pu, sans augmenter la dette de l’état, payer les troupes de l’Union.

L'initiative suisse Monnaie Pleine de 2014 avec la votation en juin 2018, comme toute initiative citoyenne ne peut modifier qu'un seul point de la législation. Son but est limité à renforcer la sécurité des comptes bancaires des citoyens pour les protéger contre les crises financières. L'initiative porte principalement sur la différence entre “bilan” de la banque, et “actifs gérés et administrés” en dehors du bilan de la banque. Un simple regard sur le Baromètre bancaire 2014 de Swissbanking montrera que le bilan des banques représente environ 3000 milliards, quand les banques gèrent plus de 6000 milliards de dépôts en clients en dehors de leur bilan. L’Initiative Monnaie Pleine propose de faire passer  environ 370 milliards de comptes de paiement hors du bilan, soit 6% de plus : et on veut nous faire peur parce que le monde de la banque ne saurait pas faire cela ? Cette petite différence pour les banques fera une grande différence pour les clients : on a bien vu dans la faillite de la Banque Hottinger, que les actifs gérés hors du bilan n’ont subi aucune perte. Pourquoi réserver cet avantage concurrentiel aux seuls “fortunés” ?

Il s'agissait d'un premier pas, d'ouvrir une porte pour qu'après une votation réussie, tout devienne possible ! Les partis politiques et le patronat ont vite compris que le succès de cette initiative et la remise en place de la souverainté citoyenne sur la création monétaire allait changer le fonctionnement politique, économique, social du pays pour un retour aux valeurs fondatrices des cantons libres et de la Confédération helvétique : une démocratie directe locale participative qu'il s'agissait alors d'actualiser. Mais durant cette Initiative, cette description de la " société d'après ", cette vision complète et précise de l'utilisation d'une Monnaie Pleine et de tout ce qui va avec, n'a pas pu se dévoiler. Nous avons tous appris à mieux connaître le système bancaire, monétaire mais une proposition globale pour mettre en place une société capable d'utiliser une Monnaie Pleine n'a pas vu le jour. Notre page interface Monnaie Pleine sur ce site web archive la plupart des débats qui ont eu lieu et les textes, les livres qui ont servis de support à nos discussions à Lausanne ou Genève.

Pourtant, nous avions devant nous l'exemple de la monnaie utilisée par les entreprises suisses pour favoriser leurs échanges et simplifier en quelque sorte l'utilisation des lettres de change et des effets de commerce.

document : extraits.

La monnaie WIR existe en Suisse depuis 1934. Née dans un contexte de crise économique et monétaire, elle est parvenue à résister aux changements économiques et sociaux et à se développer. Utilisée aujourd’hui par plus de 60 000 entreprises en Suisse, son succès renvoie à un modèle économique et social cohérent que véhicule cette monnaie particulière.

.../...

Zimmermann et Enz ont alors l’idée de créer une coopérative nommée WIR-Cercle économique société coopérative (nom qu’elle a gardé jusqu’en 1998). Il s’agit plus précisément d’une organisation d’entraide pour les entreprises de différents secteurs, permettant à ses membres de renforcer leur coopération tout en stimulant leurs échanges. Le but étant, pour chacun, de mettre son pouvoir d’achat au service des autres afin d’accroître la performance d’ensemble du système. D’où l’idée d’instituer une monnaie permettant de faciliter l’accès au crédit et les échanges, à une époque où l’on estime que 20 % des billets en circulation sont thésaurisés en Suisse (Wüthrich, 2008). Ce programme devient effectif en 1936, avec l’obtention d’une licence officielle de banque. Très critiques à l’égard de la thésaurisation et plus largement du développement du capitalisme financier, Zimmermann et Enz s’inspirent à cet égard des idées de Silvio Gesell, lequel militait pour l’instauration d’une « monnaie franche ». .../... Conformément aux idées de Zimmermann et Enz, le système WIR fonctionne donc avec sa propre monnaie, et ce toujours en l’absence d’intérêts sur les avoirs et les crédits WIR au niveau du taux d’intérêt « pur » cité plus haut. Compte tenu de cette suppression, la banque WIR demande entre 1 et 3 % du montant de chaque transaction afin de couvrir ses frais de fonctionnement et le risque encouru. ( fin du document)

En fait, la coopérative des origines, pour se développer dans le système économique libéral, a du prendre les caractéristiques des banques commerciales et notamment utiliser les crédits pour avoir de nouveaux clients et grandir. Elle aide les entreprises petites et grandes mais n'a pas pour finalité de changer le système libéral. Bien au contraire, elle le renforce tout en restant protégée dans son espace privé. Il s'agit bien d'une monnaie qui fonctionne avec des taux d'intérêts faibles et donc avantageux pour les clients mais la portée de ce mouvement s'est limitée aux seuls intérêts des chefs d'entreprise. Nous sommes loin de la Banque -Assurance de la Mutuelle de la Société industrielle de Mulhouse au 19ème siècle et de la dimension sociale de son développement industriel. Ce qui explique que l'exemple de la Société industrielle de Mulhouse est aujourd'hui interdit par les dirigeants du système libéral et en particulier par le patronat français essentiellement catholique et que cet exemple de la monnaie WIR utilisée par le patronat suisse a pu se développer et est politiquement " correct " aujourd'hui dans le système libéral. Mulhouse associait chefs d'entreprises, cadres, ouvriers, municipalités, régions, dans un développement économique et social selon la culture protestante et qui n'avait pas changé depuis la République de Mulhouse dissoute en 1798 lors de son rattachement volontaire à la République française. Il y avait comme une sorte de Plan auquel tous participaient. En Suisse, cette participation des salariés et des citoyens n'est pas prévue. Il n'y a pas de plan d'ensemble à la base de la monnaie WIR... tout comme il n'y en a pas eu un de prêt lors de la votation de l'initiative Monnaie Pleine en 2018.

 

La participation de l'ensemble des citoyens a besoin d'un Plan pour se définir et s'exprimer.

 

Document :

La fonction du Plan est de développer ce système économique et financier de production des richesses organisé par le gouvernement. " Les instructions adressées le 10 janvier 1946 à M. Jean Monnet par le général de Gaulle, président du Gouvernement, s'exprimaient en effet en ces termes : « Puisque l'exécution du Plan exigera la collaboration de tous, il est indispensable que tous les éléments vitaux de la Nation participent à son élaboration. » Un second élément de succès est la cohérence du Plan, le fait qu'il préfigure, si tout le monde joue le jeu, une situation dans laquelle les facteurs et les produits des différentes branches s'échangeront sur des marchés en équilibre."  (fin du document).

L'utilisation de la monnaie pleine par les institutions politiques des Réseaux de Vie n'est donc pas une solution nouvelle et peu connue. Ce qui est radicalement nouveau, c'est la portée de son utilisation et sa généralisation à l'ensemble de l'activité humaine. Dans l'histoire contemporaine, cette généralisation de son utilisation n'a jamais eu lieu jusqu'ici. L'explication est simple et notre lecteur l'a compris : dans un système de pouvoir qui contrôle l'activité humaine avec de l'argent dettes et avec la généralisation de la soumission des citoyens à l'obligation de s'endetter pour vivre, l'utilisation d'une monnaie pleine ne peut être que partielle et ponctuelle lorsqu'il est nécessaire de remonter rapidement une économie en crise... pourqu'elle puisse faire la guerre tel que les plans des maîtres du monde la prévoient. Ce fut le cas du plan Schacht pour sortir l'Allemagne de la crise de 1929 et de ses problèmes liés au Traité de Versailles et à sa défaite de novembre 1918. Des dirigeants politiques qui ne comprenaient pas ces questions financières et ce pouvoir sur la création de la monnaie, comme Churchill au Royaume-Uni, se sont opposés dès 1936 sur cette utilisation d'une monnaie pleine en Allemagne pour redresser l'économie du pays. D'où leur volonté au cours et après la seconde guerre mondiale d'anéantir totalement l'économie allemande.

Pour la première fois, après avoir quitté les systèmes de pouvoir, l'utilisation d'une monnaie pleine sert à rémunérer le travail à travers l'ensemble de l'activité humaine. La condition de cette rémunération, nous venons de la voir, tient dans la pratique de la démarche Qualité Totale à travers l'ensemble de l'activité humaine. Cette démarche Qualité Totale représente alors la pratique quotidienne et sans fin de la subsidiarité, de l'alliance des contraires, le passage de l'assurance à la solidarité.

La tournée du Trésor utilisée pour faire remonter les projets d'investissements et les besoins en financement dans le système de pouvoir entre 1945 et 1973 n'existe plus et est remplacée par l'action politique au niveau des institutions politiques locales puis au niveau de la Confédération des Réseaux de Vie. Préparées par les Centres de Gestion des Réseaux de Vie, les assemblées des institutions politiques décident du financement des Coûts d'obtention de la Qualité pour éliminer ou réduire les risques et les dysfonctionnements. Il n'y a plus de référence à des marchés en équilibre, dogme du système capitaliste et libéral qui n'a jamais été vérifié au niveau de cet idéal trompeur. Le risque mortel et destructeur de surproduction qui existe dans le capitalisme n'existe plus. L'action politique à travers sa gestion de l'ensemble de l'activité humaine, organise la répartition des ressources et des compétences en fonction du niveau de satisfaction des besoins sur les deux niveaux de production des richesses : le travail indispensable à la vie et à la survie d'une part et d'autre part la réalisation des oeuvres capables d'élever le niveau de vie et qui sont transmises aux générations futures. Le plein emploi est réalisé à travers cet ajustement décidé par l'action politique des institutions des Réseaux de Vie.

Au niveau du fonctionnement de ce processus de production des richesses et de la rémunération du travail nécessaire à cette production, il y a une difficulté bien répertoriée et classique en économie : autant il est assez facile d'évaluer et de planifier les besoins pour la production de biens matériels ou d'équipements, d'infrastructures, autant il devient très difficile de planifier des services, des richesses immatérielles. Les spécialistes de la plannification française après 1945 l'avaient fort bien compris : " Le domaine des objets courants est beaucoup plus fluide. Il est à peu près impossible de savoir quatre années à l'avance quel nouveau gadget aura la faveur du public. Mais ici la régulation s'opère par l'adaptation des fabrications au moyen de transformations faciles et d'investissements rapides. "  D'où le besoin de développer le Marketing. Et encore, nous sommes ici toujours au niveau des biens matériels. Au niveau des services, par exemple le logement social, nous avons vu qu'en 1954, il y avait un manque total de planification de ces équipements immobiliers. Et aujourd'hui la seule planification qui vaille pour les services publics est celle de la haute finance qui réduit leurs financements à coup de mesures d'austérité avant de pouvoir les privatiser puisqu'ils ne sont plus alors en capacité de rendre un service public de qualité.

Cette difficulté réelle dans le système capitaliste et libéral repose, nous l'avons montrée, sur l'utilisation exclusive de la propriété privée y compris celle des moyens de production. Les services les plus importants (santé, éducation, sécurité, justice, transports) font l'objet d'une prise en charge par les administrations et les services publics financés par des transferts de revenus depuis la propriété privée vers la propriété collective gérée par le gouvernement. Les Banques centrales qui dirigent le système économique capitaliste à travers l'oligarchie financière anglo-saxonne utilisent une seule monnaie, la leur : l'argent dettes pour soumettre les populations à l'obligation de s'endetter pour vivre selon les normes sociales imposées à travers la seule propriété privée. D'où à travers ce conflit d'intérêts, la paupérisation inévitable des peuples dans le système capitaliste qui interdit la propriété commune et réduit au maximum la propriété collective.

 

La Monnaie Pleine et le paiement des échanges économiques dans les Réseaux de Vie.

 

Dans les Réseaux de Vie, cette difficulté bien réelle est gérée autrement à travers l'utilisation complémentaire des trois formes de propriété et notamment la propriété commune qui permet le développement des Biens Communs. Comme il n'y a pas de place pour un pouvoir centralisé qui a pour unique but le contrôle des populations par une minorité, il est possible d'utiliser d'autres moyens de paiement à côté d'une monnaie légale. Acheter pour consommer un bien qui sera détruit ou transformé au cours de sa consommation et acheter un service à la personne, sont deux échanges qui n'utilisent pas les mêmes moyens matériels ni les mêmes compétences. Nous sommes bien ici au niveau de la séparation entre les deux niveaux de travail.

Pour vivre et survivre, les productions concernent l'alimentation, le logement, les soins, l'éducation, etc. mais ces productions ne vont pas donner du travail à tous. La généralisation du secteur tertiaire, l'économie quaternaire n'y parviennent pas et dans le système de pouvoir libéral, l'explication est connue et la réponse également : le creusement des inégalités de revenus et de patrimoine. Nous l'avons expliquée : l'interdiction de la propriété commune gérée directement par le groupe social est la cause de la destruction des biens communs et de leur interdiction depuis le développement de l'absolutisme royal et le pillage des richesses de l'époque médiévale par la noblesse qui soutient la monarchie. La démarche Qualité Totale appliquée à la production des services se traduit par des investissements et des niveaux de compétences qui n'ont jamais été recherchés par les dirigeants du système capitaliste. Ces efforts ont parfois été réalisés par ceux du mouvement protestant dans les pays où ils ont pu trouver refuge mais ils sont loin d'être la norme générale.

Ces moyens de production des services à la personne ont pour particularité leur durée d'utilisation sur plusieurs générations, spécialement pour les bâtiments et leurs environnements. Ce sont des gisements d'emplois, des solutions pour éliminer les inégalités de patrimoine qui font l'objet d'équipes de projets de vie au niveau de la réalisation des oeuvres capables d'élever le niveau de vie et qui sont transmises aux générations futures. Ces biens communs gérés en propriété commune n'ont pas besoin d'utiliser une monnaie pleine comme dans le cadre d'une consommation habituelle de biens matériels. L'utilisation des services dépend étroitements des locaux et de leurs équipements mais aussi de leur localisation, de leurs environnements naturels, de leur situation dans des paysages remarquables, des milieux de vie adaptés à l'éducation, à la recherche, au rétablissement de sa santé, à la pratique des loisirs, au partage de ses amours, à la pratique de notre première source de savoir et à notre cheminement spirituel. L'utilisation de ces services et de leurs moyens est davantage un droit d'accès à ces équipements que le paiement d'un bien de consommation.

Ce droit d'accès dans le cadre d'un Bien Commun est plus un titre de propriété permettant l'usage d'une chose que le paiement d'un bien avec une monnaie qui permet l'ensemble des éléments d'une propriété : usage, droit d'en tirer des revenus, pouvoir de la détruire ou de la vendre. En clair, nous revenons à ce stade de l'analyse à la justification d'une monnaie selon le droit de propriété auquel elle se rattache. Cette évidence correspond à la fonction première d'une monnaie : favoriser les échanges. Sauf que pour favoriser les échanges, il y a d'autres moyens que la seule utilisation d'une monnaie légale gérée en propriété collective. La comptabilité en partie double pour établir la sincérité des mouvements et écritures comptables suffit à développer les échanges commerciaux dans le cadre d'une propriété individuelle ou commune. Nous y sommes lorsque nous utilisons des lettres de change et des effets de commerce. Certes une banque peut s'occuper de la gestion et conservation de ces comptabilités, un centre de gestion des réseaux de vie le peut tout autant et d'autant mieux que son activité est intégrée dans le fonctionnement de l'action politique des institutions des Réseaux de Vie. Les autres moyens d'échange sont le troc et le don. Nous y reviendrons.

Les écritures comptables dans le fonctionnement des Réseaux de Vie sont ainsi exprimées soit en Monnaie pleine soit en Droits sociaux qui sont des titres de propriété pour utiliser les biens ou services proposés par les Biens Communs.

La distinction juridique selon l'utilisation souhaitée du droit de propriété :

Droit de propriété complet :

usage, recevoir des fruits, vendre ou détruire

Monnaie Pleine

Biens de Consommation

Produits

uniquement droit d'usage

Droits Sociaux

Biens Communs

Services

La distinction entre le moment de la consommation :

Consommation immédiate de produits matériels pour vivre:

Monnaie Pleine

Consommation

Consommation différée et prévue pour plus tard ou quand c'est nécessaire le moment venu :

éducation, santé, justice, sécurité, voyages et loisirs, retraite, dépendance et fin de vie, etc.

Droits Sociaux

Épargne

Utilisation des moyens de paiement selon le droit de propriété et le niveau de gestion des échanges.

Forme de propriété :

Paiement des échanges et du travail

Niveau de gestion 

Propriété individuelle

comptabilité en partie double, troc, don,

Monnaie Pleine 

Personnes juridiques, citoyens 

Propriété Commune 

Droits sociaux

Institution locale

 qui gère le Bien commun 

Propriété collective

Monnaie Pleine,

Droits sociaux

Banque centrale

de la Confédération

 

Les utilisations de la Monnaie Pleine dans les Réseaux de Vie.

 

Au niveau de chaque institution politique, l'action politique de ses membres détermine la forme de propriété utilisée dans son fonctionnement et la nature des échanges qui sont réalisés. Par exemple, une ville libre ou une équipe de projets de vie peut décider d'acheter les véhicules dont elle a besoin pour réaliser ses objectifs. Elle aura le choix entre la propriété commune ou la propriété collective. Comme il s'agit de produits ou de biens matériels, il sera probablement plus simple d'utiliser la Monnaie Pleine et d'utiliser la propriété collective : la gestion des véhicules sera confiée à des représentants du groupe social, certainement un petit groupe de mécaniciens. Pour construire un bâtiment, la gestion sera confiée soit au groupe social soit à un groupe de spécialistes du bâtiment qui rendra compte devant l'assemblée de l'institution. Une fois que le bâtiment est construit, le personnel qui assure les services peut être géré selon un contrat de travail individuel ou selon la propriété collective en tant que représentants désignés par le groupe social selon les compétences nécessaires et la durée de la mission exercée dans l'institution. Il y a donc une grande souplesse dans le fonctionnement des Réseaux de Vie au niveau de l'utilisation des moyens de paiement et cette souplesse permet d'obtenir une transparence et surtout une bien meilleure sécurité dans les échanges.

Le système de pouvoir communiste n'utilise que la propriété collective gérée par le seul parti communiste ou soviétique et les propriétés individuelles et communes sont interdites, d'où la dérive totalitaire inéluctable. Le communisme décrit par Marx et Engels condamne bien le système de pouvoir capitaliste mais il reste à une analyse historique, philosophique et sociologique et aujourd'hui encore les militants communistes au premier abord, ne comprennent rien à ce droit de la propriété qui nous est interdit par les dirigeants politiques depuis l'absolutisme royal jusqu'à la Constitution de la Vème République. Obnubilés par la lutte des classes à l'intérieur d'un système de pouvoir, ils confondent béatement propriété collective et commune en croyant que collectif et communiste c'est la même chose que commun et la gestion des Biens Communs par le groupe lui-même dans une démocratie locale directe participative ou nommée aujourd'hui avec le village planétaire d'Internet : Réseaux de Vie politique, économique, sociale, culturelle... Comme dans le mythe de Platon (emprunté au fonctionnement de la double maison de vie enfouie sous les sables près du temple de Dendérah), ils ne savent pas qu'il est possible de quitter la caverne et de vivre bien mieux sans elle (une fois que les conséquences du Grand Cataclysme et l'impossibilité de vivre ailleurs que sur des montagnes de plus de 4 000 mètres d'altitude ou dans des réseaux souterrains à l'abri des gaz toxiques, ont disparu).

Par contre, le développement des Réseaux de Vie a pour objectif l'utilisation prioritaire des biens communs au niveau des oeuvres destinées à élever le niveau de vie et qui sont transmises aux générations futures. La propriété collective, nous le rappelons, a pour objectif prioritaire la gestion des biens ou services immatériels. Parmi les droits sociaux qui garantissent les échanges de savoirs ou de production immatérielle, à côté de l'usage d'un bien ou d'un service matériel ou interpersonnel, il y a également le don ou le troc qui complètent ici les possibilités de paiement d'un échange.

Cet objectif prioritaire qu'est le développement des Biens communs utilise les différents moyens de paiement et ceux-ci reposent sur la distinction entre consommation et épargne, consommation différée. S'il est plus facile de planifier la production des biens matériels ou les biens d'équipements (machines, etc.), si le système capitaliste n'a pas voulu planifier le développement des services publics pour espérer mieux les privatiser, les Réseaux de Vie vont planifier le développement des Biens Communs.

 

Le financement du développement des Biens Communs.

 

Oublions le dogme des échanges sur les marchés et la liberté des marchés du système capitaliste. La prise en considération des besoins matériels et immatériels d'un être humain remis au coeur du fonctionnement d'une civilisation humaniste fondée sur les valeurs d'amour et de paix peut aussi faire l'objet d'une planification depuis sa naissance jusqu'au décès de son enveloppe charnelle humaine. Cette approche n'est pas nouvelle et elle se traduit actuellement au niveau politique par des demandes de Revenus de base universel, des allocations de ressources financières évoluant en fonction des étapes de la vie. Depuis la prise de pouvoir des épargnants et des actionnaires durant les années 1990, les politiques gouvernementales ont évolué vers des politiques de l'offre pour aider les entreprises certes durement éprouvées par les ravages de la mondialisation et les délocalisations " compétitives ". Les politiques pour soutenir la demande se heurtent à la pression exercée par les besoins de financer l'allongement de la durée de vie, les retraites, la dépendance et la fin de vie. Comme rien n'avance dans cette direction avec les politiques d'austérité pour préserver la maximisation des profits des investisseurs et actionnaires, la paupérisation des classes moyennes et celles dites " populaires " s'accélère. Tel est l'enjeu, l'espérance de gains et d'une élévation du niveau de vie pour les citoyens à travers le développement des Biens communs.

Il existe des évaluations du coût d'un enfant pour les parents jusqu'à sa majorité ou son départ du foyer familial. De même pour le coût d'un élève aux différents stades de sa scolarité et de ses études supérieures. Pareil pour le coût d'un malade hospitalisé ou non, un retraité sans oublier le fameux coût d'un salarié dans la doctrine capitaliste alors que les compétences et le développement de leurs niveaux sont une des quatre sources de gains de productivité ! Nous rajoutons ici évidemment les coûts d'obtention de la Qualité Totale au niveau de la production des richesses dans l'ensemble de l'activité humaine. Bref les éléments chiffrés ne manquent pas pour mettre en place une planification des besoins en financement et une planification des gains de productivité et des économies prévus par l'élimination des dysfonctionnements et la minimisation des risques et menaces.

Dans le système capitaliste, tout passe par le contrôle de l'argent dettes. Donner des allocations financières représentent un crédit mais derrière ce crédit ou cette technique de création monétaire " Helicopter money ", il y a l'urgence de soutenir la demande et la consommation des ménages sans quoi la production doit baisser ou s'arrêter ou alors la production se trouve dans le risque mortel de la surproduction... non vendable. Nous avons mis en évidence ce conflit entre les deux cultures : capitaliste et humaniste. A la suite des théories de Ricardo pour légitimer les politiques coloniales anglaises, le travail n'est plus une valeur qui contribue au développement des richesses. Les compétences sont écartées, niées. Le travail n'est qu'un simple coût qui vient s'additionner aux autres dans le calcul du prix d'un bien sur un marché. Seule la personne idéalisée du chef d'entreprise propriétaire de ses moyens de production est prise en compte et mise au centre du système productif des richesses. Il n'y a que lui, les autres, les salariés n'étant pas propriétaires dans le capital de l'entreprise.

Dans les Réseaux de Vie, c'est exactement l'inverse : les citoyens sont membres-propriétaires-associés des équipes de projets de vie dans lesquelles ils travaillent et développent leurs compétences. En réalité ils ne sont pas de simples salariés actionnaires ou associés dans une coopérative, une mutuelle, ils développent une propriété commune dans le cadre de leurs réseaux de vie. Ils n'obtiennent pas enfin le droit de décider dans leur entreprise mais ils participent à l'action politique dans les institutions politiques où ils sont membres, où ils se sont engagés : ville libre, garde nationale, équipes de projets de vie dans tel ou tel réseau de production de richesses matérielles ou immatérielles. Lorsqu'ils décident de mettre en place un bien commun : école, centre de soins, maison de vie, centre de loisirs ou de vacances, parc naturel, paysage, etc., ils ne recherchent pas leur éventuel profit et la compétitivité de leur travail mais ils recherchent une élévation de leur niveau de vie pour eux et leurs proches ainsi que pour les générations futures.

La planification des sommes consécutives à la naissance d'un bébé n'est pas seulement la somme des dépenses que les parents et la collectivité publique devront payer mais c'est surtout le travail qui devra être réalisé pour produire les biens et les services qui serviront à satisfaire les besoins du bébé et de ses parents. La planification estime d'abord les quantité de travail et le niveau des compétences nécessaires pour satisfaire ces besoins individuels et les besoins d'un groupe social aux différents âges de la vie. Ensuite cette planification évalue la réponse à ces besoins que le niveau local, régional, national ou confédéral peut apporter ou si une production doit être importée.

Reprenons notre document sur la Planification française après 1945 :

 « Les prévisions et programmes à long terme établis à l'échelle nationale dans les pays occidentaux ne sont fondamentalement rien d'autre qu'une transposition et une généralisation de la technique des conventions commerciales de droit privé. » (R. Marjolin et Duquesne de la Vinelle.) L'instrument de ces prévisions et de ces programmes est le tableau économique de François Quesnay, que Mirabeau considérait comme « la grande découverte qui fait la gloire de notre siècle et dont la postérité recueillera les fruits ». La postérité s'est fait longtemps attendre, mais elle est quand même venue, lorsque Leontief a donné au tableau économique sa forme moderne et que Gruson a créé et développé les Comptes de la Nation. Le tableau économique est, initialement, une description des flux matériels circulant entre les principaux secteurs. (fin de l'extrait du document).

Nous pouvons de mémoire citer une autre affirmation connue : si l'Union soviétique dès les années 1930 avait eu des ordinateurs, le communisme aurait réussi. Aujourd'hui nous avons tous des ordinateurs à notre disposition, seulement cette planification est interdite car radicalement opposée à la doctrine des marchés et au système capitaliste dominé par l'oligarchie financière anglo-saxonne. Pourtant la planification qui sert de base pour créer et gérer la Monnaie Pleine tout comme les Droits sociaux permet le développement des Biens communs et la réalisation des oeuvres qui élèvent le niveau de vie.

Cette planification valorise le travail à réaliser soit en Monnaie Pleine pour le travail immédiat, à court et moyen terme, soit en Droits sociaux pour le long terme.

Par exemple pour un être humain , à la naissance, sont évaluées en Monnaie Pleine les dépenses pour les besoins du bébé et des parents. Puis dès la naissance, sont planifiées en Droits sociaux à l'âge de 3 ans les dépenses en salaires et investissements de l'école maternelle, etc., jusqu'à la planification d'une maison de retraite et des dépenses de fin de vie en salaires et en investissements.

Les citoyens définissent durant leur avancée en âge, leurs projets de vie : suivre ou pas des études supérieurs, vivre en ville ou à la campagne, partir à l'étranger quelques années ou définitivement, se marier, avoir des enfants, etc. A chaque étape, ces données actualisent la planification qui avait été faite à la naissance et la gestion des droits sociaux se met à jour. Le moment venu, les citoyens utilisent directement ces droits sociaux dans les biens communs utilisés ou convertissent une quantité de Droits sociaux en Monnaie pleine pour payer des dépenses devenues immédiates. Bien entendu, le travail des citoyens est rémunéré en Monnaie Pleine et une partie dont la part est laissée au choix de chaque salarié.e, est rémunérée en droits sociaux (comme pour les cotisations sociales actuelles). Les droits sociaux acquis à partir du travail deviennent plus importants que ceux attribués dès la naissance à travers la planification. Cette gestion qui est centrale au niveau de l'action politique dans les institutions politiques des réseaux de vie sera développée dans le chapitre suivant lorsque nous développerons la gestion des Biens communs. Pour le moment nous présentons les moyens de paiement et la monnaie pleine qui favorisent le développement des échanges entre les réseaux de vie.

Cette planification qui garantit le développement des biens communs qui élèvent le niveau de vie s'ajuste ainsi avec souplesse années après années en fonction de l'évolution des modes de vie et de l'évolution démographique. Cet ajustement fait l'objet de décisions prises par l'action politique au niveau des institutions dans lesquelles évoluent les citoyens.

 

L'intervention du collège du Commerce de la Confédération des réseaux de Vie.

 

Cette intervention se précise donc au niveau de la gestion de la Monnaie Pleine et des Droits Sociaux. La Confédération va travailler la planification pour dégager des synergies sinon des gains de productivité, spécialement en premier lieu des économies d'échelle positives dans l'outil de production. Nous le répétons, l'utilisation de la lettre de change et des effets de commerce favorise et requiert des stratégies de concentration par filière, le plus souvent verticale. La confédération va animer et contrôler le travail des différents centres de gestion des réseaux de vie chargés de cette recherche des synergies et des gains de productivité. L'exemple repris dans le document sur le Plan français après 1945 présente l'étude de marché du sidérurgiste :

document :

Aussi toute firme fait-elle des études de ce type avant d'établir ses programmes d'investissement et de fabrication. Le sidérurgiste assure ses approvisionnements de minerai et de coke, suppute ses débouchés dans les secteurs de l'énergie, de la mécanique et du bâtiment, s'informe des programmes de ses concurrents. Il ne prend ses décisions qu'après une exploration minutieuse de son environnement industriel. Mais, en se limitant à cet environnement, il peut négliger des domaines d'activité qui lui semblent éloignés du sien et qui sont, cependant, susceptibles de réagir sur sa situation. L'évolution des revenus agricoles ou de la recherche pétrolière, par exemple, a des effets qui se transmettent de proche en proche à travers l'économie, et qui, après avoir affecté la production des tracteurs ou des tubes, finissent par influencer les ventes d'acier. L'idée directrice de la planification indicative est d'intégrer tous ces effets d'interdépendance en étendant à l'échelle de la Nation le comportement du sidérurgiste à l'égard de ses approvisionnements et de ses débouchés. (fin de l'extrait du document)

La planification est restée indicative en France après 1945 parce que la doctrine libérale l'impose et que la jurisprudence reste établie sur la théorie du chef d'entreprise seul juge de sa gestion, sauf sur la question du licenciement d'une partie ou de l'ensemble du personnel lors de la fermeture partielle ou totale de son usine ou établissement. Cette planification dans les Réseaux de Vie est au minimum incitative sinon impérative de fait mais ceci ne doit pas poser de difficultés puisque les équipes de projets de vie et leurs institutions pratiquent la subsidiarité, la Qualité Totale et les autres méthodes de gestion dans un management participatif. Le résultat attendu est bien la solution optimale compte-tenu des connaissances disponibles, solution optimale qui rencontre en principe une unanimité.

La planification et ses mises à jour dans le tableau économique de ces Comptes de la Confédération permet également de gérer la masse de Monnaie Pleine en circulation avec les sommes échangées par les lettres de change et les effets de commerce ainsi que pour l'exercice comptable, le montant des conversions des Droits sociaux en Monnaie Pleine et pour finir, avec le stock de Droits sociaux qui serviront dans les années futures pour donner du travail aux citoyens. Les citoyens veulent connaître la charge de travail pour les mois et les années à venir dans une entreprise, après ils savent ce qui va arriver. Le Plan répond à cette attente humaine, ce besoin de sécurité. Le résultat final, nous l'avons dit, se lira dans le Bilan de la Banque de la Confédération et l'augmentation attendue de ses actifs représentants les richesses produites et disponibles pour les citoyens des Réseaux de Vie. Nous comprenons maintenant que la plupart de ces actifs correspondront aux patrimoines des Biens Communs.

Le lecteur comprendra aussi dès à présent que l'utilisation d'une Monnaie Pleine et des Droits sociaux avec toutes les règles et mesures, la planification, qui permettent leur gestion, est de nature à garantir sur le plan social non seulement l'élimination plus ou moins rapide des inégalités de revenus et de patrimoine provoquées par l'absolutisme royal puis le système économique capitaliste, mais aussi l'élimination de la lutte des classes puisque sur le plan social, dans les Réseaux de Vie, il n'y a pas de place pour des classes sociales. Nous verrons que dans la civilisation humaniste portée par les Réseaux de Vie, il n'y a pas de classes sociales, seulement une organisation fonctionnelle de l'activité humaine et qui, durant la période médiévale dans les villes libres où tous étaient bourgeois de la ville, impliquait la répartition des citoyens selon leurs compétences et métiers, en différents ordres ou corporations. Nous allons y venir et actualiser cette organisation au niveau des institutions sociales des Réseaux de Vie.

Pour conclure,

la Monnaie Pleine et les Droits sociaux sont bel et bien un Bien Commun établi sur un ensemble d'inter relations entre citoyens qui partagent une même vision du monde et une même recherche de leurs raisons de vivre. Ces échanges sont l'exercice du Pouvoir tel que nous l'avons défini en présentant au tout début, le choix de civilisation et la définition du Pouvoir de Hannah Arendt, définition reprise des exemples des civilisations antiques grecques et égyptiennes : un rassemblement d'hommes égaux décidés à l'action. Il correspond à " l'aptitude à agir de façon concertée " et " il jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble. " Cet exercice en commun du pouvoir, faut-il le rappeler maintenant, est aussi le socle de la confiance déposée dans la Monnaie Pleine.

La Monnaie Pleine appartient à tous parce que tous lui font confiance pour rémunérer leur travail et l'utilisation des biens de consommation et des services dont ils ont besoin pour mieux vivre, élever leur niveau de vie et développer ensemble un nouvel art de vivre dans une civilisation à nouveau florissante.

Dans la partie 5 qui présente la transition entre le système de pouvoir libéral et le développement des Réseaux de Vie nous aborderons les mesures pratiques pour mettre en place la Monnaie Pleine et les Droits sociaux. Nous reprendrons la mesure principale de l'initiative suisse Monnaie Pleine pour mieux sécuriser les comptes des clients des banques commerciales et nous irons plus loin pour mettre en place les principes exposés sur cette page et dans ce chapitre.

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Plan de la Partie 1 : le fonctionnement des organisations en réseaux

Sommaire de la partie 1 Les réseaux de vie sociale

Les institutions politiques:

Les institutions économiques

Les institutions sociales

La culture humaniste

la déclaration des droits à la vie sociale

la subsidiarité et la solution optimale

Pages en lien direct avec cette lecture

Monnaie Pleine

La démarche Qualité Totale

La Confédération des Réseaux de Vie

les sources du savoir

le peuple MOSO

TIAHUANACO

La vie sexuelle

des sauvages

 la grande loi qui lie

les nations iroquoises

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