2) le fonctionnement de la démocratie locale : les règles et les normes

fileane.com

Partie 1 : les réseaux

 

 Le groupe social organisé en réseau doit renforcer son fonctionnement soit parce qu'il devient plus important en nombre soit parce qu'il affronte des difficultés techniques qui induisent l'utilisation de moyens nouveaux ou plus importants. Nous venons de voir qu'une fois la délimitation des objectifs et des connaissances réalisées dans le cadre de l'alliance des contraires, il se pose dans une deuxième étape le positionnement des solutions ou des alternatives, la mesure des risques. Pour définir cette solution optimale, le groupe utilise alors le principe de subsidiarité.

2.1 le principe de subsidiarité

 le principe de subsidiarité concerne le processus de prise de décision et la manière de résoudre les problèmes de but et de causes. Lorsqu’un groupe connaît des difficultés ou une insatisfaction et qu’il n’arrive pas lui-même à dégager la solution optimale, à mesurer les risques, il cherche d’autres groupes qui connaissent les mêmes difficultés. Chaque groupe va déléguer quelques membres pour former un groupe commun d’études. Ses membres vont devenir des experts de la question traitée. Lorsqu’ils auront dégagé la solution optimale et qu’une décision unanime sera prise sur ce caractère optimal en l’état des connaissances les meilleures, ce groupe d’experts va se séparer. Les membres reviennent dans leurs groupes locaux et avec cette solution optimale, chacun des groupes va adapter cette solution à ses particularités locales. Ce processus de résolution de problèmes repose sur une logique évidente. Au fil du temps et des projets, chaque membre du groupe en fonction de ses aptitudes et de ses centres d’intérêts va participer plusieurs fois à ces groupes d’expertises. Il y rencontrera des formations, des études, des confrontations d’idées et des négociations qui vont élever son niveau de compétences jusqu’à devenir un expert local, régional, national ou mondial sur une question précise. Un membre peut également choisir l'autre possibilité, après avoir participé à un groupe d'expertises sur une question, il peut choisir une autre question est ainsi devenir davantage polyvalent. Il peut donc développer une compétence horizontale ou une compétence verticale en fonction de sa volonté ou en fonction des besoins du groupe. La pratique du travail de groupe, les voyages pour se rendre sur le lieu de la réunion de travail, la rencontre avec d’autres participants venant d’autres cultures et parlant d’autres langues, l’utilisation des nouvelles technologies informatiques et l’usage des plates-formes de travail collaboratif vont également permettre aux membres de ces groupes d’expertises d’acquérir une compétence horizontale dans l'utilisation des techniques de travail de groupe et de communication. Les relations humaines tissées au cours de ces groupes d’expertises et de ces voyages vont également enrichir le réseau, consolider les liens et mettre en place de nouvelles opportunités d’échange pour des projets qui seront le prolongement des précédents. La pratique du principe de subsidiarité est ainsi une des meilleures écoles de formation et de développement des compétences. Le compagnonnage reste un vestige de cette pratique capable d’assurer le développement d’un important savoir au bénéfice du groupe social et de l’humanité mais il se limite à une institution éducative et formatrice car l’organisation en réseau sur le plan politique, économique et social a été détruite pour permettre la suprématie du système de pouvoir royal puis bourgeois et républicain.

Dans le système économique actuel et son management, parmi les quatre sources de productivité : économies d’échelle, nouvelles technologies et innovations, changement de structure, il y a l’augmentation des compétences. Dans le cas où aucune des trois premières n’est possible, il reste toujours la possibilité de créer des richesses supplémentaires en augmentant le niveau de compétence des acteurs économiques. Ainsi lors d’une crise et d’une récession, la seule possibilité pour préparer l’avenir est de poursuivre les efforts en matière de formation afin d’élever le niveau de compétence du facteur travail. Souvent dans le système économique actuel, peu d’efforts sont faits pour élever le niveau de compétence car les dirigeants qui utilisent le style de direction autocratique ou paternaliste privilégient l’écart de savoir qui doit exister entre eux et leurs subordonnés. Leur pouvoir d’une manière archaïque repose encore sur un monopole du savoir et l’interdiction pour leurs subordonnés de venir empiéter sur ce savoir. En France, c’est une des principales raisons pour écarter les seniors : si l’argument avancé est qu’ils coûtent cher, cet argument de façade cache en réalité un motif plus profond : ces salariés expérimentés ont les moyens de contester le management de leur direction surtout si cette dernière cherche à tout prix à maintenir un conservatisme séculaire pour défendre ses prérogatives de minorité dirigeante à travers un style de direction autocratique et surtout paternaliste. Nous aurons l’occasion d’y revenir lorsque nous étudierons le fonctionnement de notre système économique actuel. L’organisation en réseau et le fonctionnement du principe de subsidiarité garantissent donc bien mieux que dans un système de pouvoir, l’élévation générale du niveau de compétence parmi les membres du groupe. Ce processus est bien entendu indissociable du style de direction participatif et du management du troisième type selon l’expression de Blake et Mouton, management du troisième type dont la finalité est de créer une culture commune au groupe dont le symbole est le comportement orienté 9/9 : tout pour les hommes et tout pour les objectifs et les tâches. En clair, nous retrouvons ici le comportement d’une équipe sportive championne de France, du monde, le comportement d’un commando militaire qui réussit sa mission, d’une équipe de chercheurs qui innovent et mettent en place des innovations majeures. Cette culture commune est évidemment à l’opposé de la fracture sociale qui se creuse entre les salariés et leurs dirigeants soumis aux ordres des actionnaires, principalement des fonds d’investissement anglo-saxons.

 Le fonctionnement de la subsidiarité repose d’une part sur la délégation de pouvoir entre le groupe et ses futurs experts qui reçoivent le mandat de rapporter devant le groupe la solution optimale, et d’autre part il repose sur une démarche de projet élaboré au niveau local. Pour régler les dysfonctionnements quotidiens dans un outil de production et de distribution, les groupes de résolution de problème, les cercles de qualité, les groupes d’amélioration de la qualité sont opérationnels. Ils ont fait leurs preuves dans l’industrie depuis les années 1950 d’abord au Japon avec les méthodes de l’ingénieur Deming puis aux États-Unis et en Europe. Ces groupes utilisent les méthodes de résolution de problèmes pour définir les objectifs, pour rassembler et sélectionner les données, mesurer les risques à travers différents calculs de rentabilité, de ratios financiers et suivre la décision à l’aide de tableaux de bord informatisés et automatisés. Ces groupes sont autonomes : ils définissent leurs objectifs, établissent les budgets, ils décident et ils mettent en place des moyens pour contrôler leurs décisions et suivre la réalisation de leurs projets. Ils gèrent leur communication interne et externe. Nous l’avons déjà dit, ce processus a été largement maîtrisé dans l’industrie française dans les années 1980 et il a permis une économie de 200 milliards par an en coût de non qualité éliminé par rapport à un montant initial estimé à 300 milliards de francs par an, soit environ 5% du PIB de ces années-là ( PIB 1985 : 3 969 Milliards de Francs et taux de croissance en 1985 : environ 2% pour la France ). Le principe de subsidiarité ne se limite pas à des méthodes de résolution de problèmes. C’est une manière d’organiser et de faire fonctionner le pouvoir. Principalement lorsqu’il s’agit pour un groupe de définir de nouveaux objectifs, d’entreprendre de nouveaux projets pour progresser. Dans le fonctionnement du pouvoir, la subsidiarité s’oppose à un groupe permanent de dirigeants qui vient constituer une classe politique. La subsidiarité est le mécanisme d’une démocratie directe locale. Aujourd’hui la subsidiarité est inscrite comme un des piliers de la constitution européenne, d’ailleurs refusée par la France pour des raisons d'indépendance nationale. Mais il s’agit d’une subsidiarité en faveur des institutions européennes d’un rang hiérarchique supérieur au niveau des sources de droit : lorsqu’un État rencontre des difficultés qui peuvent se retrouver dans les autres pays membres, cet état doit déléguer aux institutions européennes le soin de trouver des solutions communes aux pays membres. Le mécanisme de la subsidiarité, pilier de la démocratie participative directe, est contraire au centralisme du pouvoir mis en place par l’absolutisme royal et utilisé ensuite pour des raisons d’efficacité par les révolutionnaires de 1789 jusqu’aujourd’hui.

 Une minorité possédant un savoir qui reste encore inconnu pour l’ensemble du groupe peut utiliser ce principe de subsidiarité pour diffuser ce savoir et permettre des réalisations matérielles qui vont faire progresser le niveau de vie des populations. La subsidiarité fonctionne donc d’une manière descendante comme d’une manière ascendante. Tout dépend de qui possède le savoir capable d’apporter les solutions attendues.

 Le fonctionnement ascendant de la subsidiarité représente le processus de base dans le fonctionnement des réseaux. Des groupes produisent les richesses dont ils ont besoin et les répartissent entre eux. Ceci suppose qu’il n’y ait pas un groupe de dirigeants au-dessus d’eux qui cherchent à imposer le fonctionnement d’un système de pouvoir pour capter à son seul profit tout ou partie de ces richesses. "Ne dites jamais aux gens ce qu'ils doivent faire. Demandez-leur plutôt ce qu'il faudrait faire. Leur ingénuité vous surprendra." Général George Smith Patton (1885-1945), qui stoppa la contre-attaque de la Wehrmacht dans les Ardennes en décembre 1944. La stratégie militaire la plus efficiente utilise aussi cette constante humaine : l'appel à l'intelligence et à l'imagination. Nous sommes ici face au modèle de décision IMC d'Herbert Simon, face au management participatif, au principe de subsidiarité et à tous ces fondamentaux qui permettent le développement des organisations en réseaux.

Le fonctionnement descendant de la subsidiarité suppose qu’il y ait un savoir antérieur et supérieur, capable d’apporter des solutions et des progrès pour le temps présent. Nous sommes ici en présence des origines des civilisations. Les découvertes archéologiques, nous y reviendrons plus loin dans cette première partie, montrent que des peuples ont connu des savoirs que nous sommes toujours encore incapables de comprendre et d'imiter. Dans l’histoire de nos civilisations, les vestiges des civilisations antérieures expliquent largement l’orientation donnée à nos cultures actuelles. Pour le moment, nous ne prenons qu’un seul exemple toujours actuel même si cette organisation n'existe plus qu'en tant que vestiges, celui du temps des cathédrales ( entre 900 et 1 400, ou 1307 et la destruction de l’ordre du Temple ). Nous savons que Bernard de Nurcie vers l’an 500 au Mont Cassin, entreprit de sauver les manuscrits antiques, principalement les manuscrits de l’Égypte, et de ce qui restait de la bibliothèque d’Alexandrie saccagée en dernier par des évêques chrétiens fanatiques. Pour constituer son mouvement spirituel, Bernard de Nurcie a utilisé le savoir sauvé du plus vieux temple des bords du Nil, le temple de Dendérah. Devant la menace des papes de Rome, après l’an 800, les moines décidèrent de transporter ces archives en France et après avoir créé Cluny à partir de l’abbaye de Baume les Messieurs, les moines travaillèrent dans cette abbaye au mariage des traditions passées : du rameau hébraïque avec Moïse, David, Salomon; du rameau grec avec le savoir pythagoricien, platonicien, rameau musulman aussi, rameaux qu'au mont Cassin travailla Benoît de Nurcie et son ordre ; du rameau celte ensuite apporté par les druides chrétiens avec Pelage, Patrick, Colomban puis plus tard Malachie.

 La tradition chrétienne est formée à Cluny et un savoir matérialiste se répand pour traduire au quotidien les principes tirés des connaissances divines et spirituelles disponibles pour l'époque. C’est à Cluny que les moines décidèrent d’utiliser pour les calculs, les chiffres arabes bien plus pratiques que les chiffres romains. Les règles bénédictines s'appuient sur les prescriptions de Benoît de Nurcie qui lui-même adhéra aux règles cénobites transcrites par Pacôme qui vécut en ermite en face du temple de Dendérah et qui, à la suite de Jean et d’Antoine, tenta de sauver les enseignements des prêtres de ce plus vieux temple égyptien dont l’une des clés initiatrices était la compréhension de l’Apocalypse. C’est à dire le grand cataclysme qui cycliquement correspond au basculement de la terre sur son axe pour trouver un nouveau centre de gravité, une fois évacuée les forces emmagasinées à cause de la rétrocession de la planète dans sa navigation astrale. Le mouvement bénédictin avec le rayonnement de ses abbayes constitue une organisation en réseau et il est également la plus ancienne entreprise européenne sinon mondiale puisque depuis l’an 500, chacune des abbayes produit des biens matériels, diffuse un savoir qui profite à l’ensemble de la population pour la sortir de la misère et de l'ignorance : comment conserver le vin, les fromages, comment travailler les métaux, les pierres, assurer la diffusion des savoirs, des livres, etc.. Cette production est rentable et les profits qui ne sont pas, bien entendu, maximisés, assurent la pérennité au cours des siècles de l’entreprise. L'organisation monastique est aussi sociale : pour éviter le morcellement des terres agricoles, les familles utilisent la règle du droit d'aînesse. Mais que faire des autres enfants surtout si la famille n'a pas les moyens de les nourrir et de les instruire ? La solution de placer les enfants dans les abbayes devient alors évidente : ils seront nourris et formés à des métiers ou à des arts qui serviront la communauté des moines mais aussi l'ensemble de la population. Le développement des villes autour des abbayes va offrir d'autres possibilités pour trouver sa place dans la société. L’histoire de l’ordre bénédictin qui, après la première croisade, a créé l’ordre des chevaliers du Temple, est à l’origine du développement européen et des villes actuelles.

 Ce savoir ancien transmis depuis le mont Cassin présente deux caractéristiques : sur le plan scientifique et technique, il représente les vestiges d’un savoir supérieur détenu par des civilisations détruites par le dernier grand cataclysme dont la date est conservée à Dendérah à travers le zodiaque de ce temple. Sur le plan politique et économique, ce savoir se caractérise par le rejet des dogmes et des systèmes de pouvoir et par le développement des organisations en réseau : le réseau des villes le long du Nil et à travers l'empire. Ce modèle d’organisation a été transposé en Grèce avec le réseau des villes et des républiques grecques. Ces réseaux ont développé des échanges commerciaux sur l’ensemble de la Terre. Pour preuve et nous y reviendrons plus loin, la présence de coca dans les momies égyptiennes vers 3 000 avant J-c. Les échanges existaient donc entre les Andes et l’Égypte en passant par la Chine car la soie se retrouve aussi sur les momies ou dans les vestiges des temples. Détruites en partie par le système militaire de l’empire romain ( mais l'empereur Auguste fit restaurer le temple de Dendérah selon les plans originels ), ces organisations en réseau furent également éliminées par la volonté des papes pour dominer l’empire romain et l’Europe en imposant un système religieux et une théocratie afin de supplanter le système militaire de l’empire. La théocratie voulue par les papes de Rome transforma la vie de Jésus dans une légende d'un fils de Dieu capable d'apporter à la nouvelle religion chrétienne la dimension universelle qui était nécessaire pour que les papes puissent diriger les rois et les empereurs d'Europe alors que l'empire d'Orient de Constantinople s'était séparé de Rome. Nous reviendrons sur cette histoire dans notre troisième partie.  Le mouvement créé par Bernard de Nurcie au mont Cassin représente ainsi un mouvement contestataire par rapport à l’organisation théocratique de la papauté de Rome. Le travail sur les fragments disponibles du savoir ancien s’opposent ainsi aux nouveaux dogmes qui interprètent la Bible et les évangiles afin de défendre les intérêts des papes qui veulent assurer leur pouvoir temporel au dessus des rois et des empires. L’utilisation de la subsidiarité par ces mouvements monastiques a souvent été qualifiée « d’église sociale ou militante» par rapport à l’église hiérarchisée autour des dogmes de la papauté. Cette contestation du système de pouvoir religieux de l’église catholique romaine va se développer après la fin du temps des cathédrales et l’élimination de l’ordre du temple à travers les mouvements protestants qui vont se séparer de Rome puis à travers la volonté de la République française d’écarter toute influence de la religion dans la vie publique. Nous reviendrons sur ces conflits dans la troisième partie.

 Pour illustrer le fonctionnement de la subsidiarité au Moyen Âge, nous utilisons deux exemples précis : la création de la ville de Colmar en Alsace et la diffusion de la construction des cathédrales en Europe.

 Le système féodal impose aux populations une domination particulièrement servile. L'éclatement de l'empire de Charlemagne à la suite des querelles de succession a affaibli le pouvoir central et permis aux seigneurs locaux d'utiliser leurs propriétés foncières selon leur bon vouloir et surtout selon leur cupidité, leurs ambitions pour éliminer les seigneurs voisins à prendre la place de leurs supérieurs hiérarchiques. Les populations sont particulièrement exposées à ces abus et la misère règne dans les campagnes. Les moines qui diffusent un savoir fondée sur la liberté, le développement spirituel et le respect de la dignité humaine, obtiennent le droit de fonder des abbayes qui vont devenir des centres de prospérité. la ville de Colmar se développe autour de son abbaye qui est devenue aujourd'hui le musée des Unterlinden. Mais rapidement cette organisation va remettre en cause l’organisation du pouvoir et chasser au fur et à mesure les seigneurs de leurs châteaux forts. Autour de l’abbaye, se rassemblent des populations qui ont quitté leurs conditions de servage. Une ville se développe et après une année d’ancienneté, le nouvel habitant est déclaré libre, c’est-à-dire que le seigneur n’a plus aucun droit de servage sur lui et que si ce seigneur venait à vouloir récupérer cette personne, les citoyens de la ville s’opposeraient à ce seigneur, par les armes le cas échéant. Il est évident que ce mouvement va rapidement s’amplifier et faire prospérer les nouvelles villes qui ont tout intérêt à s’allier entre elles pour défendre ces nouveaux espaces de liberté citoyenne. Peu à peu les châteaux forts sont délaissés sur le contrefort des Vosges car les remparts des villes offrent une bien meilleure sécurité et liberté aux populations. En Alsace, 10 villes vont s’unir dans une Décapole qui va négocier avec l’empereur du saint empire romain germanique. En Alsace du Nord l'ancienne ville d'empire de Haguenau devra composer avec Colmar, la ville la plus importante d'Alsace du Sud. Strasbourg, ville épiscopale, fera bande à part tout en cherchant à ne pas se faire dépasser par cette Décapole. Moyennant l’entretien d’une armée protégeant la frontière, ces villes libres vont être affranchies d’impôts par l’empire, ce qui permet à la richesse produite de rester sur place pour accélérer le développement local d’autant que cette Décapole va chercher à maintenir la paix dans la région en élargissant ses alliances le long du Rhin, ce qui évite l’entretien ruineux d’une armée imposante. Ces alliances entre villes vont développer les foires et les marchés, permettre l'exportation des produits locaux et assurer à ces villes richesse et prospérité. Ces villes libres devront constamment s'opposer à la prétention des princes électeurs germaniques qui chercheront à reprendre ces foyers de liberté. La fin de ces villes libres interviendra en 1648 avec le traité de Westphalie. Elles devront alors se ranger sous l’absolutisme royal français. 

Sur le plan économique, le développement rapide des villes pose le problème de la répartition du travail. Les moines forment les nouveaux arrivants aux métiers indispensables mais ceci ne suffit pas pour donner du travail à tout le monde. Les moines instruits par l’exemple de l’Égypte antique, savent que lorsque la terre est inondée par les crues du Nil, tous vont travailler à la construction des pyramides et des temples. La raison d’être de l’édification des cathédrales consiste à donner du travail aux personnes qui viennent rejoindre la ville. La construction des cathédrales est une illustration de l’application du principe de subsidiarité. Les premiers essais se font en région parisienne, à Saint-Denis puis à Notre-Dame de Paris, ville la plus peuplée alors. Les experts ont réussi à mettre au point les plans et la manière de bâtir ce premier édifice aux dimensions modestes. Ensuite chaque région en fonction des particularités des pierres que l’on y trouve, va adapter ces plans à ses particularités locales et son développement démographique. L’expérience retirée de chaque chantier va servir à pousser toujours plus loin les prouesses techniques des nouveaux chantiers surtout lorsque la pierre est plus dure que le calcaire. Nous savons aujourd’hui que pour financer ces travaux et le développement des villes, l’ordre des chevaliers templiers a utilisé sa flotte pour aller chercher l’argent des mines du Mexique et des Andes. De même, l’ordre du temple a développé le commerce en mettant sur pied un réseau bancaire qui a supprimé le déplacement physique des richesses utilisées comme moyen de paiement. Cette organisation en réseau dirigée par les moines et les chevaliers est rapidement devenue le centre principal de la gestion des richesses. Environ 90 % de la propriété foncière fut gérée par ces organisations en réseau. La personne qui faisait don de ses propriétés était assurée d’être prise en charge par une organisation qui mettait ses connaissances au service du progrès social avec ses centres de formation, ses hôpitaux, ses moyens de production matérielle et sa politique de redistribution des richesses qui garantissaient l’élimination des famines et de la misère.

 Le constat historique est connu : vers 1300, cette organisation en réseau avait ruiné les rois de France. Le royaume était privé de ses ressources et les terres gérées par les rois qui alimentaient les finances royales étaient peu nombreuses, environ 10% de la surface du pays. Les organisations monastiques et chevalières avaient été dispensées de l’impôt royal par la papauté et donc les 90% des terres du pays alimentaient la richesse des ordres monastiques et chevaliers. Après la destruction de l’ordre du temple par Philippe le Bel, l’organisation en réseau subsista en Europe du Nord à travers la Hanse autour de la Baltique. Nous trouvons également ici le développement des républiques en Italie du Nord : Venise, Florence, Gênes, etc. Nous y reviendrons dans notre troisième partie en présentant également le cas de la confédération des nations iroquoises dont l’organisation en réseau remonte au passage de moines en route vers l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud dans les années 1300. Nous pouvons constater à partir de ces exemples que l’organisation en réseau à travers l’utilisation du principe de subsidiarité arrive à satisfaire les besoins élémentaires des populations en éliminant la misère et les famines et qu’elle arrive également à donner du travail à chacun en lui permettant de participer à la réalisation d’œuvre et à la participation de la vie politique à travers une démocratie participative locale et directe. Lorsque le travail individuel devient supérieur aux besoins élémentaires de la survie, ce travail est utilisé pour la réalisation d’œuvres, c’est-à-dire principalement de bâtiments, d’équipements qui vont servir à la sécurité, au confort du groupe social et qui vont pouvoir se transmettre aux générations suivantes à travers une capitalisation des richesses foncières et artistiques. Toutes les cathédrales ne furent pas achevées et nous savons qu’après 1307, les compagnons firent le serment en guise de protestation contre la destruction de l’organisation en réseaux des chevaliers du Temple, de ne construire qu’une seule flèche aux nouvelles cathédrales tant que l’absolutisme royal subsistera. Aujourd’hui encore, les touristes viennent dans ces villes d’Alsace visiter les vestiges de cette époque du temps des cathédrales lorsque les villes étaient libres et réunies entre elles dans une puissante confédération. Lorsque le touriste ou le chercheur de spiritualité, depuis la plate-forme du Mont Sainte Odile aperçoit la flèche de la cathédrale de Strasbourg et quelques autres villes libres du temps de la Décapole dont à ses pieds, la ville d’Obernai, ce touriste peut mesurer les réalisations concrètes de la subsidiarité descendante depuis le savoir ancien ramené par la fille du duc d’Alsace depuis l’abbaye de Baume les Dames jusque sur cette montagne aux vestiges celtes et à la culture des mégalithes. De cette montagne, le savoir ancien des civilisations florissantes en réseau s’est répandu dans la plaine jusqu’à cette cathédrale de gré rose, cathédrale couleur du jour ( selon le poète Louis Aragon ). Nous reviendrons dans notre quatrième partie sur cette complémentarité entre propriété individuelle et propriété commune et propriété collective que nous allons remettre en place.

 Ces exemples historiques montrent qu’il est relativement facile de faire le lien entre la subsidiarité descendante et ascendante. Le savoir détenu par les uns à travers les héritages du passé sert à améliorer les conditions de vie des populations car ce savoir ancien provenant d’anciennes civilisations florissantes organisées en réseau utilise la complémentarité entre les deux sources de savoir et porte en lui les valeurs de paix et d’amour, la culture de l’alliance des contraires, la pratique de la subsidiarité et de la démocratie directe participative, bref ce savoir place l’être humain au centre de l’organisation sociale. Ce qui intéresse forcément des peuples brimés par des systèmes de pouvoir despotiques et iniques. Ce savoir ancien sur l’alternative de l’organisation en réseau représente alors la voie de la libération des peuples. Le savoir et les technologies sont développés à travers des projets locaux dont les enseignements sont ensuite généralisés à travers d’autres projets adaptés à de nouvelles particularités locales. Chaque projet a pour vocation d’améliorer les précédents. Les connaissances ne sont pas figées, elles sont remises en cause au fur et à mesure de leur divulgation, de leur utilisation par des groupes sociaux de plus en plus nombreux. Cette manière de faire évite des échecs et le gaspillage des ressources. Notre propos n’est pas ici de nous étendre sur la signification symbolique de la cathédrale, sur son rôle social au cœur de la cité alors qu’elle était ouverte aux occupations commerçantes et profanes et pas uniquement religieuses. Sans nous étendre également sur les conséquences de l’élimination de l’ordre du Temple, nous rappellerons seulement qu’avec la disparition de la flotte de l’ordre du Temple, les flottes des républiques d’Italie, principalement de Venise et de Gênes, poursuivirent le commerce entre les continents, principalement l’Asie. La soif de richesse libérée de tout contrôle a permis aux familles des commerçants les plus riches de ces républiques italiennes de dominer la vie politique de l'Europe du sud, nous y viendrons dans notre troisième partie. 

Aujourd'hui dans la vie politique française, le terme de principe de subsidiarité est toujours tabou, surtout dans la bouche des hauts fonctionnaires et politiciens qui savent que le développement d'une démocratie directe locale fondée sur ce principe de subsidiarité supprime la raison d'être de leurs fonctions au service d'un État centralisé qui n'a pas bougé dans ses institutions quasiment depuis le roi Louis XIV et Colbert. Les candidats aux élections présidentielles, notamment les candidats de gauche, n'osent semble-t-il pas prononcer ce mot fatidique pour ébranler les bases de notre république et ouvrir la porte de nos désirs d'avenir. Faut-il s'étonner ensuite que ces candidats soient désavoués par l'opinion publique ?

 

 lire la suite

 

Plan de la Partie 1 : le fonctionnement des organisations en réseaux

le fonctionnement d'une organisation en réseau

1) la maximisation de la confiance entre les membres du réseau dans leurs modes de vie :

1.1  la conception de la place de l’être humain résulte de l’utilisation des deux sources de savoir

1.2  la mission d’autorité gérée en réseau minimise les violences individuelles et collectives

2) le fonctionnement de la démocratie locale : les règles et des normes

2.1 le principe de subsidiarité

2.2 l'alliance des contraires

2.3 de l’assurance à la solidarité

2.4 la complémentarité entre les 3 formes de propriété et la priorité accordée à la propriété commune.

3) le mariage des cultures garantit la pratique des valeurs de paix et d’amour

3.1 la complémentarité entre spiritualité et religion

3.2 la liberté sexuelle garantit l’enrichissement amoureux 

3.3 La gestion des deux sources de savoir et l'élaboration d'un savoir global capable d'assurer le respect de la vie sur notre planète

4) les opportunités actuelles pour le développement des réseaux 

4.1 les technologies informatiques de communication et de gestion

4.2 les découvertes sur l’origine de l’humanité

4.3 les découvertes scientifiques sur l’organisation de l’univers

4.4 les menaces sur la vie sur terre

le plan du site

 

les ressources disponibles pour approfondir le fonctionnement des réseaux

la vie après la vie

le livre du Dr Moody

les deux sources de savoir

l'origine du savoir interdit

le cours sur Autorité-Pouvoir-Commandement

le cadre de cette analyse

le peuple Moso

la vie sexuelle des sauvages

TIAHUANACO

photos des Andes

les abbayes :  le Mont Cassin, Cluny

Clairvaux, le Mont Sainte Odile

Baumes les Messieurs

la constitution de la confédération des nations iroquoises

le temple de Dendérah : photos

l'animation flash sur Dendérah

l'Egypte antique

Osiris vert : le survivant

OVNIS et armes secrètes américaines

les armes de la guerre secrète

   

le plan du site

 

accueil