2.2 l'alliance des contraires

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Partie 1 :les réseaux
 

Le principe de subsidiarité a pour finalité de mettre en évidence la solution optimale capable de recueillir une décision à l'unanimité dans le groupe. Il concerne la gestion du pouvoir et il participe à l'élévation du niveau de compétences des membres du groupe. Mais il reste la question de l'autorité et du commandement. L'alliance des contraires intervient pour améliorer la gestion de l'autorité et du commandement.  Il s'agit de vérifier l'adhésion à la solution optimale et d'examiner les particularités locales qui vont nécessiter des interprétations de cette solution optimale pour des ajustements ponctuels et locaux. Bien entendu un bon fonctionnement du principe de subsidiarité élimine la plupart des difficultés au niveau du commandement et de l'application de la décision : une décision prise à l'unanimité sera moins sujette à des polémiques et à des querelles par la suite, surtout si au niveau du comité des experts chargé de la définir, il y a des délégués venant de groupes locaux qui au départ n'ont pas forcément les mêmes intérêts. Il n'en reste pas moins qu'une décision optimale prise tel jour ne sera certainement plus optimale quelques temps plus tard et il faudra décider du moment toujours optimal pour faire évoluer les décisions prises antérieurement. De même, au niveau de la gestion de la mission d'autorité, tous les membres du groupe ne vont pas avoir le même niveau de besoin et d'intérêt pour le projet mené ensemble et certains, inévitablement, dans des groupes différents auront probablement des intérêts en contradiction avec ceux du groupe. Pour minimiser les violences autour de nous et de notre groupe de projet, il est nécessaire de prendre en compte l'intérêt des autres pour voir comment ensemble un intérêt général peut se dégager. Nous n'en sommes plus au niveau de la main invisible qui transforme les intérêts égoïstes et cyniques individuels en intérêt général et au niveau d'un mythe et d'une fiction. L'alliance des contraires repose au contraire sur des capacités de négociation, sur la recherche de consensus. Elle est contraire à la pratique actuelle du lobbying auprès des décideurs politiques ou des institutions publiques. A travers le fameux rapport espace-temps, pour un groupe de projet, il y aura inévitablement d'autres groupes qui seront soit lésés par cette solution optimale soit convaincus par d'autres solutions meilleurs pour eux en fonction de leurs particularités locales ou en fonction de leur culture. A moins de considérer que nous sommes les nombrils du monde et que tous les autres nous perçoivent ainsi, le principe de subsidiarité ne suffit pas, il faut compléter cette démarche de projet avec le principe de l'alliance des contraires.

Le groupe de projet, en même temps qu'il cherche à mettre en place un groupe d'experts avec les autres groupes qui ont le même problème ou le même projet, doit également chercher à identifier les groupes qui pour le moment ne seront pas d'accord avec la solution optimale envisagée et ce, pour différentes raisons : ils utilisent une autre solution plus ancienne, leurs intérêts seront menacés, ils font partie d'un système de pouvoir qui refuse le développement de ce réseau, etc. Les groupes qui peuvent avoir des intérêts différents et contraires sont connus : les hommes et les femmes, les générations : enfants, parents, grands parents, les différentes nationalités, cultures, religions, les métiers, etc. Nous y reviendrons dans notre quatrième partie.

L'alliance des contraires s'intéresse bien entendu à ce que la solution optimale ne soit pas viciée par des erreurs tout comme le principe de subsidiarité mais sa finalité réside dans l'acceptation de la solution optimale dans l'environnement du groupe. Cette acceptation se travaille évidemment dès la conception du projet. L'alliance des contraires intervient à toutes les étapes de la prise de décision : dans la définition et la délimitation du projet ou du problème afin de prendre en compte les besoins et les intérêts d'autres groupes, ceci pour mieux définir l'intérêt général aux populations qui vivent ensemble ou en bon voisinage. Elle intervient également lors du suivi de la prise de décision dans le contrôle du tableau de bord qui mesure les écarts entre la prévision et la réalité : les groupes qui ont des intérêts "contraires" font partie de l'équipe de suivi et de contrôle. L'alliance des contraires cherche à mettre en place des procédures de conciliation et d'arbitrage dans le but de solutionner les litiges qui peuvent survenir dans le déroulement du projet comme dans l'environnement externe de l'organisation qui mène ce projet.

Pour illustrer l'alliance des contraires, nous allons utiliser l'exemple de la confédération des nations iroquoises, le cas de la Grande Loi qui Lie du peuple haudenosaunee qui vit dans la région des Grands Lacs en Amérique du Nord, depuis le fleuve Saint Laurent jusqu'à l'Atlantique dans la région actuelle de New York. Cette constitution qui organise la confédération des 5 puis 6 nations iroquoises datent des années 1350. La légende indique qu'un moine, à travers l'océan atlantique, est venu enseigner au peuple iroquois l'art de faire la paix entre les tribus. Nous reviendrons dans notre troisième partie sur cette intervention des moines, des vikings puis des templiers dans cette région bien avant le voyage de Christophe Colomb.

L'exemple de cette confédération iroquoise permet de montrer comment des tribus qui se font la guerre parviennent rapidement à s'entendre en mettant au point des outils de gestion pour résoudre leurs problèmes. Ce fonctionnement des réseaux respecte les différences et cherche avant tout la meilleure solution capable d'être partagée par tous de manière à élever le niveau de vie de chacun. Il est évident dans cette approche que la résolution des contraires passe par un arbitrage. L'arbitre ne va pas à imposer sa solution, sinon nous retombons dans un système de pouvoir. L'arbitre est chargé de préparer le terrain, d'offrir une logistique pour recevoir les camps qui s'opposent afin que ces derniers puissent débattre dans des conditions optimales. La nation qui détient le rôle d’arbitre est chargée de veiller au respect des règles et des procédures, elle possède le pouvoir de contrôle et doit signaler les dysfonctionnements, les anomalies. Ce n’est pas à elle de trancher et de décider. Il s'agit là de la première tâche à mettre au point dans l'organisation. Vient ensuite la question des conflits extérieurs avec les peuples voisins. L'objectif du réseau et de nouer une alliance avec eux. Mais avant, il faut associer deux autres contraires : la nature davantage belliqueuse des hommes et leur savoir-faire guerrier avec la nature plus respectueuse de la vie des femmes. Pour limiter le penchant des hommes à se quereller, le pouvoir de déclarer la guerre et de nommer des chefs de guerre est donné exclusivement aux femmes dans la Constitution des nations iroquoises. Nous savons par Jules César dans sa narration de la guerre des gaules, qu’il en était de même chez les gaulois : c'était l'assemblée des femmes qui officialisait la déclaration de guerre et décidait d'envoyer leurs hommes et leurs enfants au combat. Chez les germains, Jules César nous dit également que les femmes combattaient en première ligne, elles étaient nues de manière à être tuées plus rapidement si elles étaient vaincues afin de protéger leur honneur et de ne pas devenir esclaves. Jules César avoue que cette tenue singulière avait de quoi troubler plus d'un de ses légionnaires, troubles qui pouvaient également profiter à l'adversaire pour vaincre les légionnaires romains. Rapidement Jules César cherchera alliance avec les germains pour utiliser la cavalerie germanique dont les charges causeront la défaite des gaulois biens plus que l'infanterie romaine. Nous savons que les chefs romains étaient avant tout des guerriers qui ont voulu développer leur empire et leur système de pouvoir. Ils n'ont jamais cherché à adopter l'organisation en réseau des peuples qu'ils écrasaient justement parce que cette organisation était contraire au système de pouvoir qu'ils commandaient. L'intervention des femmes dans la constitution de la confédération iroquoise est capitale : en cas de conflits entre le groupe et un de ses chefs, en particulier avec celui qui a été nommé chef de guerre, c'est le groupes des mères qui en dernier ressort a le pouvoir de le destituer avant de nommer un autre membre à cette fonction de chef. L'alliance des contraires est alors utilisée pour donner le droit de veto, la décision finale au groupe social le plus concerné par la décision : ici, le sort des femmes et des mères qui sont les plus concernées par les guerres, les viols, l'esclavage, la perte de leurs fils aux combats. Plus logique et humain que cette règle de bon sens, même Marx et Engels ont renoncé à chercher.

 L'exemple de la confédération iroquoise est aussi capital car il s'agit d'un vestige juridique qui nous est parvenu intact et qui a pu être conservé par quelques colons anglais particulièrement cultivés et curieux du monde qu'ils découvraient. En Europe et particulièrement en France, l'organisation en réseau du temps des cathédrales et des chevaliers du Temple a été détruite férocement par l'absolutisme royal et l'inquisition des papes. Les derniers vestiges ont été perdus à la fin de juillet 1789, lorsque les populations allèrent détruire les châteaux et les édifices de l'église qui soutenaient le pouvoir de l'aristocratie. Cette confédération des nations iroquoises représente donc aujourd'hui le dernier et le meilleur exemple du fonctionnement d'une organisation en réseau. Il est normal que certains de ses principes de base convenaient à merveille à la mise en place des États-Unis d'Amérique tout comme son fonctionnement convient à merveille aux développements politiques des États-Unis d'Europe. Sans développer le sujet ici, nous mettons simplement une réserve sur l'utilisation du mot « État ». La confédération iroquoise porte sur des nations c'est-à-dire des entités bien définies et typées. Il est vrai que ce mot nation fait peur dans nos systèmes de pouvoirs occidentaux car ces systèmes de pouvoir se sont faits la guerre au nom de la nation. C'est aussi la force de l'exemple de la confédération des nations iroquoises : nous montrer que des peuples dans le respect de leurs différences arrivent à se réunir dans une confédération pour établir la paix autour d’eux et développer un niveau de vie supérieure aux nations européennes qui se développent dans des systèmes de pouvoir et se condamnent à se faire la guerre les uns les autres.

 lire cette constitution de la confédération des nations iroquoises

L'alliance des contraires est également utilisé pour améliorer une prise de décision, c'est l'étape 5 du schéma de prise de décision de Peter Drucker en 7 étapes : l'étape de la mesure des risques que présentent les alternatives posées à l'étape 4. C'est également, en management, la modélisation des solutions possibles dans le processus de décision et le modèle IMC d'Herbert Simon. Pour optimiser une décision, le groupe qui a mis en évidence la solution optimale, tire au sort 3 sous-groupes : les arbitres, le sous-groupe qui défend la solution optimale, le sous-groupe qui attaque la solution optimale et se met à la place des principaux détracteurs possibles de manière à éprouver la solidité de l'argumentaire et les condition de mise en oeuvre de la solution optimale dans différents cas de figure ou contraintes locales. Cette démarche est bien celle de la démocratie locale participative, dans les systèmes de pouvoir, il s'agit au contraire d'imposer une règle depuis le sommet d'une pyramide hiérarchique et de laisser aux responsables subalternes le soin de trouver les aménagements pour rendre cette règle applicable quelles que soient les circonstances, ce qui ne permet pas la même adhésion à la règle ou à la norme de groupe que dans le cadre d'une organisation en réseau.

 

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Plan de la Partie 1 : le fonctionnement des organisations en réseaux

le fonctionnement d'une organisation en réseau

1) la maximisation de la confiance entre les membres du réseau dans leurs modes de vie :

1.1  la conception de la place de l’être humain résulte de l’utilisation des deux sources de savoir

1.2  la mission d’autorité gérée en réseau minimise les violences individuelles et collectives

2) le fonctionnement de la démocratie locale : les règles et des normes

2.1 le principe de subsidiarité

2.2 l'alliance des contraires

2.3 de l’assurance à la solidarité

2.4 la complémentarité entre les 3 formes de propriété et la priorité accordée à la propriété commune.

3) le mariage des cultures garantit la pratique des valeurs de paix et d’amour

3.1 la complémentarité entre spiritualité et religion

3.2 la liberté sexuelle garantit l’enrichissement amoureux 

3.3 La gestion des deux sources de savoir et l'élaboration d'un savoir global capable d'assurer le respect de la vie sur notre planète

4) les opportunités actuelles pour le développement des réseaux 

4.1 les technologies informatiques de communication et de gestion

4.2 les découvertes sur l’origine de l’humanité

4.3 les découvertes scientifiques sur l’organisation de l’univers

4.4 les menaces sur la vie sur terre

le plan du site

 

les ressources disponibles pour approfondir le fonctionnement des réseaux

la vie après la vie

le livre du Dr Moody

les deux sources de savoir

l'origine du savoir interdit

le cours sur Autorité-Pouvoir-Commandement

le cadre de cette analyse

le peuple Moso

la vie sexuelle des sauvages

TIAHUANACO

photos des Andes

les abbayes :  le Mont Cassin, Cluny

Clairvaux, le Mont Sainte Odile

Baumes les Messieurs

la constitution de la confédération des nations iroquoises

le temple de Dendérah : photos

l'animation flash sur Dendérah

l'Egypte antique

Osiris vert : le survivant

OVNIS et armes secrètes américaines

les armes de la guerre secrète

   

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