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 4ème partie : les réseaux citoyens de vie

 1ère oeuvre : La culture humaniste

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Nous avons abordé à plusieurs reprises l'analyse des cultures qui animent la vie de l'humanité. Dès 2003, nous avons mis en ligne la page sur les Moso et leur culture matriarcale que nous venions de découvrir à travers l'équipe de Bruxelles qui avait réalisé ce film documentaire en 2000 en s'installant près de six mois au bord du lac Lugu dans le Yunnan au pied des hauts plateaux tibétains. De suite nous avions rédigé la page sur le livre de Malinowski : la vie sexuelle des sauvages des îles Trobriands, dont la lecture nous avait marqué à l'époque où nous commencions nos études de Droit. Cette défense également du matriarcat dans les années 1920, alors qu'Alexandra David Néel en 1924 après avoir cherché vainement les villages Moso, avait abandonné cette recherche pour profiter d'une opportunité pour se rendre enfin à Lhassa, la première étude donc sur des bases ethnologiques, avait convaincu Sigmund Freud que le matriarcat était bien plus bénéfique à l'humanité que la culture fondée sur les valeurs patriarcales... et machistes. Nous avons également posé la question d'une culture politique de l'évolution face aux cultures anciennes ou actuelles de la révolution.

Nous venons de montrer dans la page précédente, introductive aux oeuvres politiques, économiques et sociales, culturelles, que le système de pouvoir capitaliste libéral dirigé dorénavant par l'oligarchie financière anglo-saxonne, est l'exacte direction opposée par rapport à l'organisation des réseaux de vie, un virage à 180 degrés. Notre priorité porte donc sur la mise en place des valeurs économiques de la culture humaniste pour remettre en pratique ce qui n'aurait jamais du être inversé : le travail précède le capital et non pas comme dans le capitalisme, le capital précède le travail. Il est très facile, odieusement simple et tout simplement criminel de voler l'argent et l'or, principalement dès 1307-1314 et la destruction de l'ordre du Temple qui a importé en Europe l'argent de la plus grande mine du monde au Mexique (soit bien avant 1492). Il est devenu encore plus facile d'accumuler du capital avant de financer des productions et des distributions de biens et services dans l'économie réelle, une fois que vous avez subtilisé aux dirigeants politiques le droit de créer vous même de la monnaie à partir de rien.

Nous utilisons pour démontrer cette imposture économique, le livre d'Erik Reinert : " Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres. " Aujourd'hui après avoir suivi au jour le jour les évènements qui constituent la crise financière de 2007 née à partir de la crise des subprimes aux USA, nous mettons en avant pour les éliminer non seulement les théories, les pratiques économiques mais aussi le cœur du système de pouvoir financier : la création monétaire à partir de rien par les banques commerciales et surtout centrales privées, principalement par la plus puissantes d'entres elles, propriété des 8 grandes familles de banquiers internationaux, la Réserve Fédérale Américaine des USA. Dans le système de pouvoir financier libéral, les financiers se sont emparés du droit de créer eux-même de la monnaie sans en rendre compte à quiconque, surtout pas au pouvoir politique élu par les citoyens qui est soumis et financé par la finance mondiale. A l'opposé, dans les réseaux de vie, les citoyens ont reconquis leur pouvoir inaliénable sur la création monétaire et ils participent à la gestion de la Monnaie pleine. Travail, Capital, création de la Monnaie, sont intimement liés. Les valeurs, les normes et les modes qui les concernent sont donc les piliers de la culture humaniste économique pour produire, répartir et consommer les richesses produites par le travail réalisé dans le cadre de l'activité humaine sur ses trois niveaux à nouveau in dissociés dans les réseaux de vie.

 

1ère Partie : les valeurs de la culture humaniste dans les réseaux de vie

 

Introduction : l'évolution des valeurs depuis 1789.

 

Les valeurs utilisées par les systèmes de pouvoir sont essentiellement des idéaux et des utopies que l'on atteindra jamais, justement pour maintenir le plus longtemps possible la domination sur les peuples et exercer un niveau d'anxiété suffisant dans cette quête d'un idéal ou la poursuite d'une utopie. Le niveau d'anxiété permet de maintenir en état agentique les citoyens, c'est à dire en passivité et en soumission, si possible librement consentie, ou encore dans le conformisme le plus indolore. Ainsi les citoyens français aujourd'hui encore font preuve d'un conformisme affligeant en croyant qu'un jour eux ou leurs enfants connaîtront la liberté, l'égalité et la fraternité. Alors qu'une analyse rationnelle simple permet de confronter ces valeurs aux normes qui les contredisent : le choix exclusif de la propriété privée, le système électoral représentatif et le choix du régime politique parlementaire qui correspond à la volonté politique de favoriser les intérêts d'une élite sociale et riche. Comportement des dirigeants politiques qui fait que toutes les constitutions depuis 1789 sont fermées et qu'aucune disposition ne prévoit le passage à un autre régime politique bien plus en adéquation avec la situation et les volontés des citoyens. Nous avons vu que ce sont les modes de vie qui évoluent le plus vite et le plus souvent. 

Lorsque les dirigeants des systèmes de pouvoir refusent de faire évoluer les normes et les valeurs de leur pouvoir pour les mettre en adéquation avec les nouveaux modes de vie, les conflits sociaux, les émeutes, les révolutions se développent. Lorsque ce sont les évolutions technologiques qui font évoluer les modes de vie, la prétention des dirigeants des systèmes de pouvoir devient tyrannie. Sauf lorsque les évolutions technologiques sont contrôlées et financées directement par le pouvoir financier mais alors les dirigeants politiques sont soumis à ce pouvoir financier qui contrôle l'économie et l'ensemble de la société. 

Nous allons éliminer ces idéaux et ces utopies lorsque nous présenterons la seconde oeuvre, le développement d'un savoir global. En premier lieu, nous allons examiner cette question essentielle de la relation entre valeurs et normes selon que nous sommes en présence d'un système de pouvoir ou d'une organisation en réseaux de vie.

Les valeurs de la culture humaniste sont essentiellement l'amour et la paix, comme chez les Moso et d'autres peuples premiers. Les normes pour pratiquer ces deux valeurs sont principalement la propriété commune et le principe de subsidiarité pour obtenir les solutions optimales. La règle politique pour exercer le pouvoir de contrôle sur le fonctionnement des réseaux de vie est matriarcale : le groupes des mères ou encore plus largement le groupe des femmes possède le pouvoir de trancher les litiges en dernier ressort.

Le système de pouvoir capitaliste étend l'utilisation de la propriété privée à toute l'activité humaine dans le but d'exercer un gouvernement mondial. Dans une monumentale „Histoire du monde de nos temps”, de plus de 1300 pages, intitulée „Tragédie et espoir”, parue en 1966 – Carroll Quigley, professeur de l’Université de Georgetown, analyse la façon et les moyens par lesquels „la confrérie financière internationale” a proposé à partir de 1914 „ni plus, ni moins que de créer un système mondial de contrôle dans des mains privées, capable de dominer le système politique de chaque pays et toute l’économie mondiale”.Voici quelques-unes de ses affirmations : „Le pouvoir du capitalisme financier aura un rôle transcendantal, qui est ni plus, ni moins, que la création d’un système de contrôle financier mondial de la propriété privée, capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie du monde, comme un seul élément”. Les grandes familles de banquiers américains et européens, comme Rothschild, Morgan, Warburg, jouent aussi un rôle important dans le plan du Nouvel Ordre Mondial. D’après Carroll Quigley ceux-ci ont créé „un seul système financier à l’échelle mondiale qui manipule une telle quantité de flux de capital de manière à ce qu’ils soient capables d’influencer, ou même de contrôler les gouvernements, d’un côté, et les industries, d’autre côté.”

Pour éliminer cette vaste entreprise criminelle dirigée par l'oligarchie financière anglo-saxonne et développer les réseaux de vie, nous devons montrer quelles sont les valeurs et les normes que nous éliminons dans le capitalisme et quelles sont les valeurs et normes qui sont utilisées dans les réseaux de vie. Afin d'éliminer le système de pouvoir économique capitaliste libéral, nous devons donc commencer par présenter les valeurs économiques de base : valeur d'échange, valeur d'usage puis ensuite la valeur travail, la nouvelle valeur humaniste du travail qui permet de retrouver la valeur d'abondance. Puis nous présenterons les normes politiques et économiques de base : la Monnaie pleine, la propriété commune et la réalisation des biens communs, la propriété collective au niveau des savoirs.

La force du système de pouvoir capitaliste repose dans sa capacité de production des richesses. Valeurs et normes capitalistes ou libérales ont pour but la légitimité de la maximisation des profits pour chaque propriétaire privé.  La science économique dans le système de pouvoir capitaliste ne s'intéresse qu'à la production des richesses. Sa doctrine est simpliste pour conforter les intérêts des propriétaires privés des moyens de production : sur le marché en libre concurrence, la rencontre entre l'offre et la demande détermine le prix d'équilibre capable de maximiser les échanges et de satisfaire au mieux offreurs et demandeurs. Dès lors la redistribution des richesses et leur consommation après l'échange devient secondaire voir superfétatoire, inutile. A l'inverse, dans les réseaux de vie, les trois fonctions économiques restent complémentaires et la fonction la plus importante est celle de la redistribution des richesses de manière à garantir la paix.

La principale mission du pouvoir politique est de sélectionner les valeurs et les normes qui correspondent aux intérêts qu'il veut défendre. En principe, ce devrait être l'intérêt général de l'ensemble des citoyens. Nous disons que ce n'est pas le cas dans les systèmes de pouvoir politique, économique, théocratique, militaire et policier. Mais au delà de la structure du pouvoir, système ou réseau, le choix des valeurs évolue selon les modifications de l'environnement et les opportunités ou menaces qui apparaissent pour s'enrichir, accroître les richesses et les répartir équitablement ou en creusant les inégalités sociales. Ces modifications de l'environnement reposent essentiellement sur l'évolution des technologies, elles-mêmes issues des progrès des sciences. 

Ainsi, le choix en 1789 de privilégier la propriété individuelle privée au point d'exclure la propriété commune et de minimiser la propriété collective à sa seule utilisation par l'état dans des cas limités, est d'abord un choix politique pour permettre aux citoyens d'échapper aux classes sociales de la Monarchie, aristocratie et clergé parce que les enfants de l'aristocratie ont été également placés à la tête des abbayes, des évêchés qui procurent des rentes foncières substantielles héritées de l'organisation médiévale en réseau  avant 1307 et qui sont également des soutiens et des relais d'opinion pour l'absolutisme royal. Sauf que très vite ce choix politique qui adopte les positions philosophiques de Rousseau et du siècle des Lumières a été confronté au développement de l'industrie et des progrès technologiques. Nous allons donc montrer comment cette évolution historique et cette confrontation entre politique et technologies ont abouti aux valeurs du capitalisme industriel qui sont le contraire des valeurs humanistes que les réseaux de vie utilisent. Nous suivons une analyse en partant des faits pour déterminer leurs causes et leurs conséquences

 

LES FAITS CAUSES CONSÉQUENCES

1789 les valeurs républicaines : Liberté Égalité Fraternité sont des idéaux qui comme tout idéal, ne seront jamais atteints.

La bourgeoisie d'affaires prend le pouvoir à la place de l'aristocratie et de ses revenus fonciers.

Les caisses du royaume sont vides, le roi a l'obligation de réunir les États Généraux. Le retard industriel du pays.

Imposer la propriété privée individuelle et éliminer celle du Roi, supprimer les privilèges de l'aristocratie et du clergé., permettre à la nouvelle bourgeoisie d'affaires de prendre le pouvoir économique et politique.

1790 La loi sur la liberté du commerce et de l'industrie. L'entrepreneur à travers son droit de propriété individuel exerce tous les pouvoirs de gestion dans le but de maximiser ses profits.

Interdiction de tout groupe social entre les citoyens et l'état : suppression des corporations et des organisations sociales.

1830 développement de l'industrie textile et révolte des canuts à Lyon : vivre libre en travaillant ou mourir en combattant.

C'est la première confrontation directe entre la logique des entrepreneurs et la logique des ouvriers. Ce conflit sanglant n'est toujours pas solutionné en 2017. 

Valeur : liberté du commerce et de l'industrie.

Norme : la propriété privée.

Technologie : la machine à vapeur.

L'employeur garde pour lui les gains de productivité et les bénéfices, sous prétexte qu'il doit pouvoir acheter de suite les nouvelles technologies, les nouvelles machines qui arrivent sur le marché. Les machines imposent des cadences de plus en plus fortes aux ouvriers et des conditions de travail de plus en plus dures.

Le droit de propriété individuelle est étendu de fait à la propriété des moyens de production. Le pouvoir monarchique utilise l'armée pour mater cette révolution sociale capable de chasser la monarchie pour revenir à la république.

Les canuts se réorganisent en corporations pour défendre leurs intérêts d'ouvriers contre la logique du capitalisme. Ils seront massacrés par l'armée royale et bon nombre de prisonniers, déportés en Nouvelle Calédonie.

La fracture sociale se développe d'une manière irréconciliable entre entrepreneurs et ouvriers. Essentiellement dans les régions catholiques. Dans les régions protestantes, l'utilisation de la propriété commune pour organiser la vie sociale ouvrière fait que les ouvriers sont un peu plus associés au développement de leurs entreprise. Voir le cas de la société industrielle de Mulhouse au 19ème siècle.

1840 les nouvelles industries et leurs productions de masse ont besoin de matières premières en grande quantité. 

Valeur : liberté du commerce et de l'industrie.

Norme : la propriété privée, le pouvoir colonial.

Technologie : technologies de transport maritime.

Le développement des transports, les découvertes maritimes et le développement des pays européens et américains, multiplient les marchés et les besoins en consommation.

Les conquêtes coloniales vont satisfaire ces besoins en approvisionnement. Utilisation à nouveau de l'esclavage par les entrepreneurs des colonies pour maximiser leurs profits.

Misère sociale pour les ouvriers et développement chaotique des villes et de leurs banlieues dans les pays industrialisés.

1850-1880 début de l'organisation du développement industriel à travers le système de pouvoir capitaliste.

Valeur : valeurs républicaines

Norme : le pacte républicain, droit du travail, protectionnisme.

Technologie : multiplication des nouvelles technologies, utilisation de l'électricité, chemin de fer.

Le seul droit de propriété individuel ne permet plus d'organiser le développement de la société, au contraire il exaspère les luttes sociales, les émeutes et les révolutions populaires.

Besoin de standardiser et d'uniformiser le commerce mondial pour défendre les intérêts des entrepreneurs internationaux et contourner les contradictions du capitalisme.

 Définition des valeurs et des normes du capitalisme mais aussi définition des valeurs et des normes anti capitalistes et sociales.

Premières lois sur le droit de grève (1864) et le droit syndical (1884). Lois de 1864 sur les sociétés par capitaux. Mise en place de pactes républicains pour éviter l'explosion sociale à cause des excès du capitalisme.

Les pays industriels produisent pour saturer leur marché intérieur à l'abri du protectionnisme.

Vers 1900-1914, la saturation des marchés intérieurs provoque le développement des exportations et l'accroissement des échanges commerciaux.

Valeur : le libre échange

Norme : le capitalisme, organisation scientifique du travail, échanges entre la métropole et les colonies.

Technologie : téléphone, presse, début du cinéma, développement des Bourses. 

 

L'utilisation du téléphone puis de la radio permettent de gérer les affaires sur des espaces de plus en plus vastes.

Développement du pouvoir de la finance à partir de 1914 et la mise en place aux USA de la Réserve Fédérale, banque centrale privée autorisée par le gouvernement américain.

Création de la monnaie à partir de rien (ex nihilo) par les banques commerciales qui ne se contentent plus d'être de simples intermédiaires dans la gestion des fortunes de leurs clients.

Le pouvoir financier est plus efficace pour contrôler le système économique et défendre les intérêts des familles de banquiers qui ne prêtent plus guère à des monarques mais bien plus à des entrepreneurs ou des actionnaires au point d'arriver à les endetter et à racheter leurs actifs. Domination de l'industrie par les financiers.

Développement d'une science économique pour rationaliser les échanges et parvenir à des équilibres macro économiques.

1914 -fin des années 1950. L'oligarchie financière anglo-saxonne étend son contrôle de l'économie réelle au moyens des guerres et des crises financières.

Valeur : le libre échange, idéologies fascistes et raciales.

Norme : la guerre de conquête économique, la discrimination raciale.

Technologie : aviation, automobile, radio, début des ordinateurs, manipulation des peuples, contrôle mental, armements et bombe atomique. 

 

Les guerres et les crises sont les moyens habituels utilisés depuis 1350 par la finance pour étendre son pouvoir sur les monarchies et les citoyens.

Ces moyens permettent d'endetter les pays à cause des dépenses de guerre et d'endetter les citoyens, les entreprises qui pour éviter la ruine à cause de la crise financière doivent être sélectionnés par les banques pour obtenir un nouveau crédit.

Les empereurs et monarques qui refusent de coopérer avec la finance internationale en autorisant principalement chez eux une banque centrale privée, sont chassés de leurs trônes, en Allemagne, en Russie.

Les financiers mettent en place les conditions d'une guerre supplémentaire. En Europe, ils financent le nazisme et l'Union soviétique pour en faire des puissances industrielles vouées à s'affronter à nouveau. D'où de nouveaux profits énormes pour les financiers de Wall Street.

1960 1990. Développement de la société de consommation dans les pays industrialisés.

Valeur : identité sociale à travers son mode de consommation et de loisirs.

Norme : le crédit bancaire, l'accumulation de biens matériels, les modes de consommation

Technologie : les transports sont plus rapides et plus sûrs, l'informatique et les télécommunications, l'industrie pollue et détruit de plus en plus l'environnement.

 

L'utilisation des média, journaux, radio, cinéma permet la propagande mise au point par E. Bernays, conseiller en communication de Rockefeller. Le phénomène de mode conduit le développement de la production de masse.

Les financiers s'enrichissent à travers les dépenses d'armement de la guerre froide mais aussi dorénavant à travers les crédits à la consommation.

L'utilisation des ordinateurs facilitent la gestion de la monnaie scripturale et des crédits aux consommateurs.

Le pouvoir des banques commerciales sur la création monétaire prend une importance considérable : 90% de la masse monétaire est constituée de monnaie scripturale.

La société de consommation ne satisfait plus uniquement les besoins en biens matériels ou en services qui sont vite saturés mais de plus en plus les désirs individuels qui sont illimités.

Les citoyens travaillent, gagnent plus mais se rendent compte que l'inflation et la dilution de la monnaie les empêchent de s'enrichir au niveau de leur patrimoine.

Après 1990. Mondialisation de l'économie. 

Valeur : l'individualisme, la réussite sociale, le développement durable

Norme : le pouvoir des actionnaires et des financiers, la rentabilité, la compétitivité, la régionalisation de l'économie en grands ensembles

Technologie : l'informatique, Internet, le transport maritime des marchandises par conteneurs. 

 

 

Les technologies informatiques de communication, les télécommunications  permettent la gestion en temps réel des affaires partout sur la planète.

Les actionnaires prennent le pouvoir dans le partage de la valeur ajoutée des entreprises. Ils recherchent avant tout la compétitivité des pays à faible coûts de main d'œuvre.

Le transport maritime par conteneurs permet de produire en masse dans une région du globe et la distribution des marchandises sur les autres continents.

 

Localisation de la production de masse dans les pays à faible coût de main d'oeuvre. Chômage, précarité et travailleurs pauvres dans les pays développés.

Crises financières en Asie : les financiers investissent dans les pays émergents mais leur niveau de corruption et le manque de rentabilité des investissements dans certains pays provoquent des retraits brutaux des capitaux. En 1998, l'ouverture de la Chine au commerciale international change la donne.

A partir de 2004, Wal Mart, leader mondial de la distribution en grandes surfaces impose à ses fournisseurs de produire en Chine. Ses marges commerciales deviennent phénoménales. La grande distribution prend le pouvoir économique réel sur l'industrie.

2000 -2010 La forte croissance des années 2000 s'achève brutalement dans la crise financière de 2006 -2007.

Valeur : l'enrichissement sans limites, 

Norme : la dérégulation des marchés, la spéculation sur les titres financiers qui vendent de la dette, la fin de l'État Providence, le dumping social, fiscal, l'endettement des états.

Technologie : la numérisation des données, Internet, le travail collaboratif sur les réseaux informatiques.

 

Les banques ne se contentent plus de s'enrichir à partir des dettes de leurs clients liées au remboursement des crédits. 

Pour s'enrichir toujours plus, grâce aux calculs statistiques sur leurs puissants ordinateurs, elles produisent industriellement des titres financiers pour vendre les dettes de leurs clients. Ce sont les titres toxiques puisque dès le départ, ces banques savent que les risques de non remboursement des crédits sont importants.

Comme pour la crise de 1929, les banquiers les plus puissants éliminent des banques concurrentes. Ils arrivent à réaliser le plus grand hold up de l'humanité : transférer leurs créances insolvables sur leurs clients ruinés aux états obligés de venir re financer le système bancaire avec de l'argent public pour éviter que l'économie réelle ne s'écroule.

Les états sont de plus en plus endettés et soumis aux décisions des banques centrales privées. Les gouvernement sont obligés d'adopter des politiques de rigueur pour réduire leurs déficits et surtout leurs dettes publiques.

Après 2010, contestation plus forte du système économique libéral. Instabilité politique. 

Les financiers cherchent à imposer des gouvernements forts pour faire passer les politiques d'austérité et le remboursement de leurs créances sur les états. 

Les citoyens cherchent à utiliser des politiques populistes pour se protéger, sans savoir qu'ils doivent combattre le pouvoir financier et sa volonté d'un gouvernement mondial de l'économie planétaire.

Valeur : le développement durable, sauver la planète, la justice sociale, l'économie participative.

Norme : l'économie responsable, la taxe carbone, le commerce équitable, la permaculture, les réseaux de vie

Technologie : Les réseaux sociaux, le Web interactif, l'imprimante 3D.

 

Internet permet le développement des affaires mais aussi et c'est nouveau, le développement de l'information et de la formation des citoyens aux questions de management, d'économie et de politique en général.

L'accroissement des inégalités est mesuré avec précision et les citoyens ne les supportent plus.

Les conséquences du réchauffement climatique et les pollutions de l'environnement alertent l'opinion publique mondiale.

Prise de conscience qu'il faut abandonner le système de pouvoir économique libéral, en premier lieu le système monétaire et l'utilisation de l'argent dette. 

Remise en place des valeurs et normes interdites par les dirigeants libéraux mais qui permettent le retour d'un développement durable pour l'ensemble de l'humanité et de la vie sur Terre financé avec de la monnaie pleine.

Développement des réseaux de vie à travers l'économie participative, la démocratie locale directe participative, les monnaies locales, les initiatives pour redonner le pouvoir aux citoyens sur la création de la monnaie. et en finir avec la domination des financiers dans l'économie.

 

CONCLUSION : Les progrès technologiques dans les transports ont permis aux dirigeants des systèmes de pouvoir d'étendre considérablement leur influence sur de vastes territoires à travers les conquêtes coloniales. Puis le développement des technologies de communication a permis la prise du pouvoir par les banquiers et financiers. Ils ont pu diriger et contrôler l'économie mondiale à partir de leur conquête du pouvoir de création monétaire à partir de rien, conquête qui est restée secrète à l'abri de leurs banques centrales privées. L'utilisation de l'informatique et des télécommunications a permis la gestion des affaires en temps réel partout dans le monde. En cherchant à optimiser leurs profits, le financiers ont creusé fortement les inégalités par le fait qu'ils se sont enrichis d'une manière phénoménale en mettant en concurrence les pays à travers leur niveau de salaires et de prix puis à l'occasion de la crise financière de 2007, en réussissant à endetter les états à travers le plus grand hold up de l'humanité. Mais Internet et les réseaux sociaux ont permis le développement de contre-pouvoir et l'éducation, la formation des citoyens sur les excès du capitalisme et sur les solutions pour abandonner les systèmes de pouvoir.

 

A côté de l'influence des progrès technologiques dans la manière d'organiser l'économie, l'influence sociale exercée par les dirigeants politiques et économiques intervient également dans la détermination des valeurs que se donnent une société humaine.

 Document :

 Facteurs sociétaux dans la détermination de la valeur

 André Orléan constate que les valeurs d'usage, la valeur marchande et la valorisation boursière sont fonction respectivement de la rareté, de la monnaie et des conventions financières. Les deux dernières sont des concepts construits par la société, la rareté pouvant l'être dans certains cas. Les forces sociales qui se trouvent à l'origine de ces concepts ne peuvent être ni fabriquées, ni contrôlées car elles échappent à l'intentionnalité individuelle. Il en déduit que, dans ces cas, la valeur "est une production collective qui permet la vie en commun. Elle a la nature d'une institution".

 André Orléan remarque que la valeur économique n'est pas seulement due à l'utilité ou au travail incorporé mais peut résulter d'un sentiment collectif. Les investisseurs professionnels déterminent leurs positions non pas en fonction de leur propre calcul de la valeur fondamentale du titre mais en fonction de l'évaluation de cette valeur par le marché à l'instar du concours de beauté de Keynes. De même le mimétisme joue dans la détermination de la valeur d'un bien lorsque ce bien est représentatif de prestige et de statut social. Thorstein Veblen, le premier, a mis en évidence l'importance de l'opinion des autres dans la valeur accordée à un bien. L'utilité n'est alors pas forcément absente pour l'acquisition du bien, mais son importance est secondaire par rapport au prestige. Reprenant cette thèse Orléan cite les phénomènes de mode. L'utilité est alors fonction du comportement des autres. Les pratiques du marketing et de la publicité témoignent également de l'importance de la motivation mimétique. Citant Akerlof, Robert Boyer rappelle que "les jugements de valeurs rétroagissent sur la possibilité d'obtention d'équilibres économiques efficients".

 Document : Christian Chavagneux, Alternatives Économiques n° 306 - octobre 2011

 André Orléan propose une autre approche qui pose, après René Girard, que les individus ne savent pas ce qu'ils désirent et que, pour déterminer ce qui mérite d'être acquis, ils regardent ce qu'achètent les autres, avant de suivre par désir mimétique. Ils vont alors décider d'obtenir les objets de prestige qui leur permettront de se différencier socialement. Et le premier d'entre eux est la monnaie, car sa liquidité, sa capacité à être acceptée par les autres comme pouvoir d'achat, est première. Ainsi, "la fascination pour l'argent est au fondement de toutes les économies marchandes. Elle en est l'énergie primordiale."

Orléan propose alors une refonte complète de la théorie économique où les économies marchandes sont coordonnées par la monnaie et non par les prix, où les relations entre participants aux marchés jouent un rôle essentiel, et où la puissance collective de la société guide les désirs des individus qui ne sont plus libres, etc.

La sociologie, la psychologie ou l'analyse des relations de pouvoir sont alors essentielles à la compréhension des économies de marché. André Orléan ne s'y trompe pas, niant toute singularité à l'approche économique pour promouvoir une approche unidisciplinaire du monde. C'est puissant et fascinant. Le premier livre majeur de l' après-crise.

fin du document.

Le système de pouvoir libéral privilégie la norme de propriété individuelle, y compris des moyens de production, pour accumuler toujours plus de patrimoine depuis près de 7 siècles en Europe. Pour diriger ses manœuvres avec la performance qui sied à sa volonté de gouverner le monde, l'élaboration et le contrôle des prix n'est possible finalement qu'en situation de monopole, interdite par la loi des états. Les accords sur la fixation des prix existent en secret parce qu'ils viennent contredire la norme de concurrence qui rend la logique capitaliste plus acceptable par l'opinion publique. Le contrôle de la monnaie est une norme, une arme bien plus simple, pratique et puissante pour contrôler toute l'économie, surtout lorsque les banquiers se sont arrogés le pouvoir de créer de la monnaie à partir de rien. Actuellement nous assistons dans le capitalisme à l'utilisation de deux normes pour diriger l'économie mondiale : la norme ancienne : la propriété privée, et la norme moderne : la création monétaire ex nihilo, à partir de rien. Les maîtres de la finance poursuivent leur accumulation séculaire de richesses au niveau de leurs patrimoines mais à travers le contrôle total de la monnaie, ils gèrent les richesses créées par le travail, ils contrôlent les revenus selon leurs intérêts en maximisant leurs profits dans l'économie casino, en bourse ou dans le back office des banques (les hedges funds ont réalisés 39% de dividendes en 2016) tout en réussissant imposer aux salariés des modérations salariales, des réductions de masse salariale à travers des destructions d'emplois pour obtenir des économies d'échelle négatives.

Avant d'aborder l'analyse des valeurs du système capitaliste et celles de la culture humaniste des réseaux de vie, il était indispensable de préciser que l'essentiel se situe non pas tant au niveau des valeurs mais au niveau des normes, des règles utilisées pour faire fonctionner le système capitaliste et financier ou les réseaux de vie. Nous approfondirons bien évidemment ces deux normes essentielles une fois que nous en aurons fini avec les valeurs de la culture humaniste.

 

I Les valeurs d'échange et d'usage dans la culture humaniste

« je connais le prix de tout et la valeur de rien » Arthur Schopenhauer

« tout ce qui a un prix n'a pas de valeur » Friedrich Nietzsche

Documents : 

Mais qu'est-ce que la richesse ? Voici l'une des questions les plus dangereuses pour un économiste. Rassurez-vous, il ne se la pose jamais, tellement elle est gênante, malsaine. Ou plutôt, il est trop évident pour un économiste que la richesse d'un homme est la quantité d'objets qu'il possède, objets évalués au prix du marché, qu'il n'est pas la peine de s'interroger au-delà. Pour un économiste la « richesse » d'un pays est son PIB, c'est-à-dire la somme des valeurs ajoutées chaque année par ses citoyens. La richesse d'un individu isolé est aussi sa valeur ajoutée : son salaire, plus ce qu'il a capté du travail d'autrui, c'est-à-dire les loyers de ses appartements, de ses actions, les rentes de ses obligations, bref, ses profits.

ANTIMANUEL D’ ECONOMIE 1 les fourmis, Bernard Maris, Editions Bréal 2003, Le PIB est-il la richesse ? ( page 277)

 

" Dans le langage courant, et même dans les livres d’économie, « valeur » et « prix » sont souvent employés l’un pour l’autre. Cependant Smith, Ricardo et Marx distinguent valeur d’usage et valeur d’échange. Seule la valeur d’échange a un prix. La valeur d’usage n’est pas susceptible d’être mesurée. Elle s’interprète subjectivement et ne peut être quantifiée par un prix. Pour les néoclassiques valeur d’échange et valeur d’usage ne font qu’un. L’utilité d’un produit est mesurée par le prix que lui fixe le marché. Valeur et prix sont synonymes. Sont écartées ce qui ne passe pas par le marché, les productions domestiques et le bénévolat. Concernant les éléments naturels (lumière solaire, air, ressources, etc.) les néoclassiques considèrent qu’ils ont une valeur économique qui se révèle lorsqu’ils sont mis sur le marché. Les tenants de l’écologie profonde se référant à la distinction déjà faite entre valeur d’usage et valeur d’échange estiment que les biens naturels ont une valeur qui relève de l’éthique ou du politique. Autrement dit les ressources naturelles sont des richesses et elles n’acquièrent de valeur économique que par l’intervention et la valorisation du travail humain (une ressource gisant au fond des océans n’a aucune valeur économique si elle est inaccessible)".

 Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Valeur_%28%C3%A9conomie%29

 

La valeur d'échange a été retenue dans le capitalisme pour justifier les mécanismes théoriques du marché et la détermination du prix d'équilibre. Elle a été retenue par Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx pour des raisons différentes. Smith l'utilise pour justifier de droit de propriété privée de l'entrepreneur qui ne peut se développer qu'à travers le droit de maximiser ses profits pour vaincre la concurrence. Ricardo l'utilise pour légitimer le développement des échanges coloniaux et écarter la valeur du travail. Il n'est pas question d'évaluer et de reconnaître les écarts considérables de salaires qui interviennent dans la production et la distribution des biens et services marchands, d'une part dans une entreprise européenne et surtout d'autre part entre un salarié européen et un travailleur soumis au régime colonial voire à l'esclavage. Seul le prix de vente, la valeur d'échange est prise en compte et ils sont déterminés par l'entrepreneur. Marx retiendra la valeur d'échange car il croit lui aussi aux bienfaits évidents du développement des échanges commerciaux mais il défend une autre approche. La valeur d'échange est fixée dans l'intérêt de la classe ouvrière par le parti communiste qui la dirige. Pour ces trois auteurs, pas question de laisser libre cours à la valeur d'usage qui défend des intérêts contraires au système de pouvoir capitaliste ou communiste.

Le prix d'échange est le résultat d'une confrontation entre deux volontés individuelles qui se choisissent en parfaite concurrence. L'offreur, le propriétaire de l'entreprise, élabore son prix à partir de la valeur ajoutée par son entreprise, la richesse créée par son entreprise et qui comprend le niveau de profit qu'il a pu gagner. La structure de son offre de prix repose sur le coût de revient, la marge bénéficiaire minimale pour pérenniser l'entreprise et préparer l'avenir, la marge commerciale rendue possible par son avantage concurrentiel et une marge supplémentaire qui rémunère les éléments immatériels qu'il a su apporter au produit ou au service : la notoriété, la qualité, l'image de marque. L'ensemble doit correspondre à la valeur perçue par le client. La valeur d'échange est donc fixée par la volonté d'un propriétaire individuel, elle est en relation directe avec le droit de la propriété privée de celui qui possède les moyens de production. Un seul offreur, le propriétaire de l'entreprise, fixe un prix de vente pour des milliers, des millions de clients à travers un contrat d'adhésion que le client ne peut pas remettre en cause. Au départ la présence de multiples concurrents limite les possibilités de profit pour les entrepreneurs. Aujourd'hui alors que quelques multinationales dominent les marchés mondiaux et appartiennent à quelques familles de banquiers regroupées autour de Réserve Fédérale américaine, banque centrale privée, les dirigeants du gouvernement mondial jouent sur les prix à travers la spéculation sur les bourses des marchés de manière à multiplier leurs profits et accroître leur pouvoir de domination à travers le monde.

La valeur d'usage existait avant le capitalisme et le développement industriel. La valeur d'usage se caractérise par son utilisation en dehors des marchés de l'économie capitaliste. Avant le capitalisme, il n'y avait pas, nous l'avons vu, de distinction entre valeur d'usage et valeur d'échange. Malinowski et le voyage des Argonautes démontre la fonction de l'échange des cadeaux pour entretenir les relations sociales dans les îles de Mélanésie. Le commerce avait ses règles contractuelles pour déterminer le prix d'une transaction. La banque d'affaire servait de garanties pour les commerçants mais ces garanties étaient minimes. Le banquier avait pour principal métier la gestion des tontines, la mise en commun d'apports qui représentent le capital nécessaire pour financer l'expédition commerciale : bateaux, cargaisons, équipages, etc. Si le bateau sombrait ou ne revenait pas à bon port, tous étaient ruinés sauf s'il restait un capital, des biens, de l'argent des expéditions précédentes. Le banquier était essentiellement un gestionnaire de patrimoine le temps que l'expédition commerciale revienne à bon port. La valeur d'usage qui dans le capitalisme est limitée volontairement par les dirigeants du système de pouvoir, au seul travail domestique et au bénévolat, a une toute autre dimension. Elle concerne tout le domaine contractuel du contrat interpersonnel au contrat communautaire et elle exprime la volonté des parties, des citoyens, des membres d'un groupe social.

Dans le capitalisme et la rareté, la fascination de la monnaie peut donner à un bien un prix très élevé justement pour que seuls les plus fortunés puissent l'acheter et s'acheter un statut social. C'est le prix psychologique de ceux qui veulent montrer leur argent et s'acheter ainsi un statut social. En management, c'est la stratégie de différenciation, en marketing : l'écrémage du marché. La valeur d'usage ne correspond pas à ces objectifs mais elle est déterminée en interne par les membres du groupe qui partagent d'autres valeurs. Par exemple à Marinaleda, village auto géré d'Andalousie que nous examinerons plus loin, le groupe peut répartir les gains de productivité et les profits de son économie marchande (huile d'olive et conserves de légumes) directement dans le prix d'utilisation des biens communs réalisés grâce à cette activité marchande : 15€ de loyer, le prix d'entrée à la piscine. Dans le paternalisme industriel, les salariés "profitaient" également de prix subventionnés par leur entreprise : crèche, épicerie, etc. Des salariés mieux nourris dont les enfants en bas âge sont bien gardés participent à la qualité du travail et à la motivation du personnel. Cette pratique est utilisée aujourd'hui dans les grandes sociétés qui ont compris que leur personnel hautement qualifié doit être motivé par d'excellents conditions de travail qui favorisent sa disponibilité et sa concentration au travail. Mais la valeur d'usage est beaucoup plus large pour comprendre le troc, les monnaies locales, la comptabilité en partie double sans monnaie imposée par le chef. Aujourd'hui le retour de la valeur d'usage se fait à travers l'économie collaborative : je revend à un prix modeste que j'estime ainsi un bien dont je n'ai plus l'utilité, j'accepte de prendre à ce prix quelqu'un en covoiturage, etc. Nous y viendrons.

Bref, la valeur d'usage échappe au marché et correspond à une valeur que se donne des parties prenantes dans un contrat, dans un choix de vivre ensemble sans se soumettre aux lois du marché. La valeur d'usage permet la propriété commune et collective, l'usage des biens communs. La valeur d'échange dans le capitalisme est obligatoirement régie par le droit de propriété individuelle. Lorsqu'il n'y avait pas de monnaie faussée par le pouvoir politique aujourd'hui financier, tout était valeur d'usage, de gré à gré de manière à ce que si je suis perdant aujourd'hui, demain c'est mon tour d'être gagnant et à la fin tous sont gagnants et pas toujours les mêmes perdants au nom d'un prix fixé sur un marché sur lequel ils n'ont aucun pouvoir. La monnaie pleine au service de l'économie réelle s'écarte des marchés financiers et de la spéculation boursière et en ceci, elle est plus sûre parce que peu exposée aux crises financières. Elle utilise donc à nouveau une valeur d'usage déterminée par les citoyens qui définissent les projets de vie à réaliser à travers leur action politique dans le cadre des réseaux de vie, des réseaux de démocraties locales participatives.

La valeur d'usage correspond au prix que décident les parties et ce calcul ne se limite pas au seul stade de la production comme c'est le cas dans la doctrine libérale pour la valeurs d'échange. L'économie capitaliste commence et s'arrête au stade de la production. Tour se joue dans l'usine, dans l'entreprise et les consommateurs n'ont pas d'autre choix que de prendre ce qui leur est présenté, il est vrai dans un contexte où règne la rareté, valeur que nous analyserons plus loin. Cette théorie est conçue pour une situation économique qui n'atteint pas la saturation des marchés et le risque mortel pour ce système capitaliste, de la sur capacité de production. Nous y reviendrons lorsque nous aborderons la situation d'abondance dans le capitalisme. Dès que les consommateurs n'ont plus besoin d'acheter des biens pour les accumuler inutilement, dès qu'ils peuvent louer ces biens ou les revendre s'ils n'en ont plus l'usage, les consommateurs utilisent la valeur d'usage pour régler les question de distribution et de consommation en dehors des marchés de production et donc sans faire référence au prix d'échange des marchés. C'est le développement phénoménal de l'économie collaborative que nous aborderons ici.

La valeur d'échange n'a donc pas la souplesse et l'étendue  d'utilisation de la valeur d'usage. Pour des raisons de maximisation des profits, il y a un intérêt crucial à modifier la valeur d'échange objective pour la rendre plus subjective et faire en sorte que le prix de vente ne puisse plus être relié à une quelconque structure de prix dans l'économie réelle. En clair les consommateurs privés de la valeur d'usage et obligés de se soumettre à la valeur subjective d'échange des biens et services, n'ont aucun pouvoir de contrôle et d'action sur le niveaux des prix. Les conflits actuels entre agriculteurs et grande distribution sont un exemple de cette carence néfaste et destructrice d'emplois, de vie humaine.

Le secret de la structure du prix qui cache la confiscation des gains de productivité par le propriétaire individuel de l'entreprise et les actionnaires, est une question importante mais visible à travers la concentration de l'outil de production pour obtenir des économies d'échelle. Il reste un problème bien plus fondamental à résoudre par les dirigeants capitalistes qui veulent exercer leur liberté individuelle pour maximiser leurs profits. Attendre que la main invisible de la doctrine libérale depuis Adam Smith se manifeste pour garantir la satisfaction des intérêts de tous les acteurs présents sur le marché et donc leurs intérêts d'offreur de biens et de services ? Nous reviendrons plus loin, au niveau de l' oeuvre culturelle sur cette main invisible probablement douée de raison. Pour agir sur le marché et l'ensemble des acteurs présents, il y a une méthode bien plus simple et redoutable : prendre le pouvoir pour créer soi-même dans sa banque privée, la monnaie, ce que nous nommons l'argent dette créée à partir de rien pour servir les intérêts des familles de banquiers qui ainsi sont arrivés à dominer l'ensemble des économies mondiales.

 

Conclusion et Synthèse : 

Dans les systèmes de pouvoir, l'utilisation de la seule propriété privée à l'exclusion des propriétés commune et collective, est légitimée par la valeur d'échange et la mise à l'écart de la valeur d'usage. Tout doit avoir un prix pour être échangé sur un marché. Sauf que les marchés n'ont jamais fonctionné pour trouver un équilibre entre offre et demande. Pour plusieurs prix Nobel d'Économie, cette théorie de l'équilibre des marchés et du prix d'équilibre, la notion même de marché, ne devraient plus être enseignées car ce sont des fictions contraires à la réalité. Ce qui est logique puisque l'utilisation de la propriété privée explique à elle seule le creusement des inégalités entre agents économiques. Le propriétaire privé légitimé dans sa volonté de maximiser ses profits en commençant par garder pour lui le bénéfice des gains de productivité obtenu par le travail, fausse à lui seul le marché et toute balance destinée à déterminer un équilibre quelconque. Les valeurs retenues dans le système libéral sont des leurres pour cacher l'imposture juridique de la sacralisation du seul droit de propriété privé individuel.

Dans les réseaux de vie, c'est exactement l'inverse. Parce qu'ils utilisent la complémentarité entre les 3 formes de propriété, la valeur d'usage devient à nouveau prioritaire chaque fois que des projets de vie sont mis en place, essentiellement au niveau local pour adapter aux particularités locales les solutions optimales obtenues par la pratique de la subsidiarité. Nous sommes ici au coeur du véritable contrat social, celui que Rousseau a si mal défini en ne sachant que recourir à un droit naturel et en ignorant absolument les conséquences politiques économiques et sociales, culturelles de la sacralisation du droit de propriété individuel, sous prétexte que l'homme est naturellement bon.

Tableau récapitulatif de la valeur d'usage et de la valeur d'échange

La valeur d'échange dans le capitalisme

La valeur d'usage dans les réseaux citoyens de vie

Elle ne représente pas seulement la structure du prix de vente mais la volonté de l'entrepreneur d'optimiser ses profits, à commencer par la confiscation des gains de productivité obtenus par le travail des salariés.

Le prix dépend de la volonté des parties à l'échange. Il peut être modeste lorsque les gains de productivité sont directement déduits. Le prix peut ne pas utiliser de monnaie mais des droits sociaux pour utiliser des biens communs réalisés par les membres du groupe social.

Elle repose juridiquement sur la seule propriété privée, y compris celle des moyens de production. Elle est individualiste et elle ne sert pas à développer les liens sociaux, sinon à travers des inégalités sociales et de patrimoine.

Elle est utilisée pour tous les échanges dans le cycle économique, production, distribution, consommation. Elle utilise la complémentarité entre les trois formes de propriété : individuelle, commune, collective.

Limitée au départ à la seule production industrielle, cette notion de production appelée aujourd'hui création de valeurs pour les parties prenantes d'une organisation, se généralise à l'ensemble de l'activité humaine. C'est la marchandisation de toute la société.

Aujourd'hui l'économie collaborative permet à des citoyens de se regrouper pour minimiser les coûts d'un achat. La valeur d'usage développe fortement les liens sociaux au niveau local tout comme au niveau du village planétaire grâce à Internet. 

Elle repose sur la dérégulation des marchés de manière à ce que toutes les opportunités de maximiser les profits puissent être utilisées immédiatement. Pour agir, les dirigeants libéraux doivent prendre le pouvoir de la création monétaire de manière à endetter les États et les citoyens et les rendre soumis à leur gouvernement mondial capable de protéger les énormes profits obtenus.

Elle repose sur la régulation des échanges par les citoyens eux-mêmes à travers des projets de vie, l'utilisation de la subsidiarité et de l'alliance des contraires. Elle dépend de la solution optimale en l'état des connaissances actuelles.

La source maximale de profits est aujourd'hui la spéculation, l'anticipation des cours en bourse sur les marchés financiers. D'où la prise du pouvoir de la finance dans le capitalisme et l'utilisation du « capital fictif » qui fait prévaloir les intérêts financiers sur les intérêts de l’économie réelle, et nous dépossède de notre avenir politique.

L'optimisation de la valeur d'usage se trouve dans l'utilisation des biens communs et l'utilisation de la complémentarité entre rendements croissants et décroissants, l'obtention des synergies. La valeur d'usage permet alors de réaliser l'abondance dont le niveau est déterminé par l'action politique des citoyens dans le cadre de leur mission d'autorité

 

II la valeur Travail

 

Le travail a forcément une valeur d'échange. Lorsqu'il a une valeur d'usage et le plus souvent gratuite, c'est que nous sommes  en présence d'un esclave : le maître se sert du travail de son esclave sur qui il a droit de vie et de mort. La valeur d'échange du travail correspond au droit au travail pour tous et au droit d'obtenir une rémunération juste en fonction de la définition du poste occupé, c'est à dire selon les responsabilités assumées, les compétences fournies et les initiatives créatrices développées (méthode Hay). Il ne doit pas y avoir de discrimination selon le sexe, l'âge, la nationalité... C'est une question fondamentale de justice sociale et une condition essentielle pour développer la cohésion d'un groupe. Travail, rémunération, statut social, motivation sont étroitement liés pour obtenir la paix à l'intérieur d'un groupe social. Pourtant les fondateurs de la doctrine libérale rejettent le travail domestique, le travail gratuit, le bénévolat dans la valeur d'usage, marquant ainsi le point d'origine des inégalités de revenus.

Dans les réseaux de vie, l'utilisation de nos deux sources de savoir, des trois formes de propriété et des trois niveaux d'activité humaine permet une large gamme de possibilités de travail et donc de rémunération tout au long de la vie. Dans le système de pouvoir économique libéral et la généralisation du salariat à travers l'extension du lien du subordination entre employeurs et offreurs de travail, la rémunération se limite à la feuille de paie, à l'ordonnance de 1958 sur l'obligation dans les entreprises de plus de 50 salariés, à faire participer les salariés aux résultats de l'entreprise, comme les actionnaires en quelque sorte. Justement le partage de la valeur ajoutée alimente un conflit entre actionnaires et salariés et la prise du pouvoir des actionnaires après 1990 a fait baisser de 10% la part des salariés au profit des actionnaires. Des études en France ont chiffré cette perte pour les salariés et ce gain pour les actionnaires à 160 milliards d'euros par an. Ce qui explique une grande partie des difficultés sociales actuelles, y compris le financement de la protection sociale, des retraites et le creusement des inégalités au profit des dirigeants du système libéral. Ce conflit n'est qu'une illustration d'un conflit plus fondamentale entre deux conceptions de l'être humain.

 

1) les deux conceptions de l'être humain qui s'affrontent depuis le début de l'ère industrielle

Dans notre texte : le poète face à l’imposture économique, nous avons présenté le livre d’ Erik Reinert « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres », nous avons pris en considération les deux conceptions de l’être humaine à la base des sciences économiques, deux visions de l’humanité qui se résument dans les déclarations d’ Adam Smith et celles d’ Abraham Lincoln. Nous revenons sur le point essentiel qui concerne ici la conception de la valeur et de la création de valeur.

 Document : page 182 et 183, extraits recomposés.

 Le point de vue de Smith, dans la tradition anglaise mène à une économie de troc hédoniste et à un système de valeur et d’incitation. La croissance économique tend à être considérée comme une addition mécanique du capital au travail. Dans la tradition continentale, l’essence de l’être humain est un esprit potentiellement noble, avec un cerveau actif qui constamment enregistre et classe le monde autour de lui, selon les schémas définis. L’économie est alors centrée sur la production plutôt que sur le troc, et sur la production, l’assimilation et la diffusion des connaissances et des innovations. La force motrice de cette économie n’est pas le capital en soi mais l’esprit humain et la volonté. La première vue de l’humanité rend possible une théorie économique statique, simple, calculable et quantifiable. Le second point de vue, beaucoup plus complexe, a également besoin d’une théorie bien plus complexe et dynamique, dont le noyau ne peut se réduire à des chiffres et à des symboles. Il est important de noter que la « sagesse orthodoxe », dans une théorie peut être considérée sous un jour entièrement différent dans l’autre théorie. Pour Jeremy Bentham, la « curiosité » était une mauvaise habitude ; pour Thorstein Veblen en 1898, la « curiosité libre » devenait le mécanisme par lequel la société humaine accumule des connaissances.

 Fin du document.

 Dans le développement du capitalisme à partir de la tradition anglaise suivie par Adam Smith, l’apport de l’intelligence humaine, de la créativité, des compétences et des niveaux de responsabilités, de la « curiosité libre » est nié, écarté, mis à l’oubli. Cette volonté correspond à des intérêts politiques qui pas à pas vont faire passer l’économie et les cultures politiques, économiques et sociales dans une domination plus vaste et intense de la doctrine libérale. Les valeurs humanistes qui existaient avant le capitalisme vont ainsi être de plus en plus écartées et niées. Actuellement pour sortir du système capitaliste qui gouverne le monde et étouffe les peuples, les épuise à travers ses guerres et ses crises incessantes destinées à renforcer la domination de la finance internationale qui les organisent, nous devons d’une part comprendre le changement de valeur qu’ils ont mis en place et d’autre part montrer comment nous allons éliminer ce changement de valeur pour revenir aux seules valeurs humanistes capables de restaurer de nouvelles périodes florissantes dans notre humanité.

 Abraham Lincoln s’était donné cette mission et il a été élu deux fois Président des États-Unis d’ Amérique, son combat se poursuit aujourd’hui :

« le travail précède le capital. Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le monde du travail n’avait tout d’abord existé. Le travail est supérieur au capital et mérite donc une plus grande considération (…). Dans la situation actuelle, c’est le capital qui détient tout le pouvoir et il faut renverser ce déséquilibre ». Abraham Lincoln

 

La valeur objective de la richesse repose sur le travail et sa mesure vérifiable par tous. Pour favoriser l’enrichissement illimité de la minorité au pouvoir dans le système économique, cet instrument de mesure du travail va être modifié, réduit, tronqué puis les dirigeants capitalistes vont développer une valeur subjective capable de supplanter la valeur objective du travail en utilisant la monnaie dont ils ont conquis le pouvoir de création monétaire. Le combat se situe donc entre la valeur originelle objective du travail et la valeur capitaliste subjective de la monnaie qui sert à rémunérer le travail et qui transforme ainsi la valeur objective du travail en valeur subjective selon l'intérêt des dirigeants du système politique et économique. Lorsque le travail précède le capital, il possède une valeur objective, naturelle pourrions-nous dire. Lorsque le capital précède le travail, il a une valeur subjective, tronquée, incomplète, réduite par la seule volonté des propriétaires privés des moyens de production.

 

2) l'utilisation de la valeur subjective et tronquée du travail dans le capitalisme.

 

Dans la conception objective de la valeur, le travail représente un critère mesurable pour valoriser un bien. Cette évidence est admise au départ également chez Adam Smith qui identifie le travail comme étant la source de la richesse des nations. Pour lui, le travail est une composante du prix mais aussi à l’origine du profit et de la rente. Mais Adam Smith fonde son analyse économique sur le troc. Le prix retenu est le prix d’échange d’un bien.

 La mesure objective du travail pour valoriser un bien va subir une première attaque avec la logique colonialiste anglaise. David Ricardo va se focaliser sur l’économie de troc pour justifier le commerce de l’ Angleterre avec ses colonies. Sa logique est limpide : pas question de prendre en considération la valeur du travail d’un colon par rapport à celle d’un anglais car, très vite, il va falloir expliquer pourquoi le travail du colon est payé très chichement par rapport à un travailleur anglais. De même, au niveau des employés et ouvriers, toutes les heures de travail se valent parce que tous doivent suivre les ordres du propriétaire et des actionnaires de l'entreprise. Seul le travail de l'entrepreneur comprend compétences, initiatives créatrices, responsabilité, curiosité, intelligence et il va rémunérer son travail à travers son profit. Plus il obtient de profit, plus il est compétent, le personnel de son entreprise est exclu du profit puisqu'il ne fait pas partie des propriétaires. Le raisonnement de Ricardo est simpliste et correspond bien à une culture élitiste au service de la classe dirigeante des plus riches qui méprise le reste de la population.

La solution est simple sur le plan du cynisme et désastreuse sur le plan économique : dans la structure du prix, toutes les heures de travail se valent dès lors que les échanges commerciaux sont libres et permettent à chacun d’être gagnant dans l’échange de produits dans lesquels il est spécialisé. Reinert p 245 : « Rien, dans la construction théorique de David Ricardo, ne distingue une heure de travail de l’âge de pierre d’une heure de travail de la Silicon Valley. ». Ricardo dénature le travail comme instrument de mesure des richesses. Sa théorie a de suite été critiquée par ses amis qui l’ont trouvée ridicule, pourtant elle est toujours enseignée pour légitimer les intérêts des dirigeants capitalistes. C’est Ricardo qui fait entrer directement au cœur de la science économique les éléments subjectifs de l’idéologie au profit de la minorité dirigeante.

 Nous avons vu que l’application de la conception de l’être humain d’ Adam Smith poursuivie par David Ricardo supprime les apports de l’innovation, les synergies, la distinction entre rendements croissants et rendements décroissants. Le résultat est la prise en compte d’heures de travail uniquement sur le plan quantitatif tout en écartant la qualité du travail. Conséquence : la liberté du commerce profite aux pays riches et appauvrit davantage les plus pauvres et dans les pays riches, la valeur objective du travail est niée pour ne prendre en compte qu’un prix du travail tronqué et sans aucune qualité, sans initiative créatrice, sans compétences et sans niveau de responsabilités. Cette valeur d’un sous-travail permet de légitimer elle aussi la prédominance du capital sur le travail et de renverser ainsi la logique des choses qui veut que tout capital ait été d’abord du travail. Ce renversement de la logique au niveau de la valeur travail possède une portée phénoménale. Cette imposture utilisée par les dirigeants libéraux les obligent à développer une influence sociale fondée sur le conformisme , la soumission à des idées fausses, mensongères et criminelles, racistes.

 Exemple cité par Reinert (p.249) : « les économistes qui envisagent un monde où les rendements croissants constituent la caractéristique essentielle, vont arriver à des conclusions opposées en ce qui concerne la population, par rapport à ceux qui envisagent un monde où ce sont les rendements décroissants qui constituent la caractéristique essentielle. Vers 1750, presque tous les économistes considéraient que la croissance découle des rendements croissants et des synergies trouvées dans l'industrie manufacturière. Par conséquents tous voyaient la nécessité d'avoir une grande population pour stimuler les marchés nationaux. Comme nous l'avons vu, lorsque Thomas Malthus et son ami David Ricardo ont plus tard reconstruit l'économie avec comme caractéristique principale des rendements décroissants, leur science a été surnommée, à juste titre, la « science triste ». Plus récemment, quand la surpopulation constituait le « faux fuyant » favori pour expliquer la pauvreté, la confusion régnant autour de cette question aboutit à des conclusions que les pays pauvres ou jugés racistes, à juste titre. »

 Il ne s’agit pas ici de faire un procès contre Ricardo, Malthus, peut-être étaient-ils alors sincères et probablement bons. Justement n’oublions pas de nous mettre en garde contre les bons qui se trompent et nous trompent, justement parce qu’ils n’utilisent que la source intellectuelle de savoir et ignorent la source spirituelle, nous y reviendrons, c’est promis. N’oublions pas :

 " Croyez moi, ne craignez pas les fripons ni les méchants, tôt ou tard ils se démasquent. Craignez l'honnête homme qui se trompe ; il est de bonne foi avec lui-même, il veut le bien et tout le monde s'y fie ; mais, malheureusement, il se trompe sur les moyens de le procurer aux hommes." Fernandino Galiani, économiste italien, 1770.

 " Et quel que soit le mal que puissent faire les méchants : le mal que font les bons est le plus nuisible des maux." Friedrich Nietzsche, 1885.

 

3) Le travail objectif et créatif reste incontournable pour utiliser les nouvelles technologies qui vont être des gisements de productivité.

 

Durant les années 1980, la révolution technologique de l’informatique industriel et ses automates programmables a bouleversé les usines. Pour réussir l’utilisation de ces nouveaux équipements, l’augmentation du niveau de compétences est indispensable. Avec l’arrivée également des premiers micro-ordinateur, il devient possible d’utiliser leur puissance de calcul pour solutionner des problèmes jusqu’à laissés de côté. La rentabilité des investissements pousse à mesurer d’une manière plus rigoureuse l’obtention des gains de productivité. L’obtention des normes de qualité (ISO) conduit à la maîtrise des processus de fabrication et au calcul du coût d’obtention de la qualité ainsi que du calcul du coût de non qualité irréductible en l’état des connaissances actuelles. Le management participatif avec les cercles de qualité permet rapidement la réussite de cette révolution technologique et l’obtention des gains de productivité. Le mouvement qualité total qui utilise les nouveaux équipements informatiques permet en France de réduire des 2/3 le coût de la non qualité. Estimée aux début des années 1980 à 300 Milliards de francs par an, fin des années 1980, cette non qualité n’est plus que de 100 Milliards par an. Ces résultats mesurés grâce aux nouveaux ordinateurs sont objectifs et redonnent à la valeur objective du travail un essor nouveau et considérable.

 Le pouvoir dans l’usine et l’entreprise est aux mains du personnel, de l’ingénieur ou cadre jusqu’à l’ouvrier, tous habitués alors à travailler ensemble dans des groupes de résolution de problèmes. La direction ne sert plus qu’à signer les dossiers élaborés par les cercles de qualité. Le résultat financier est probant : le calcul de la participation financière des salariés aux bénéfices de leur entreprise (ordonnance de 1958) dans cette filiale française d’un groupe américain de la chimie se traduit par un versement de 2,3 mois de salaire brut à chaque salarié du fait de l’automatisation réussie des 5 unités de production de l’usine située le long du Rhin. L’année suivante les financiers du groupe décideront de rapatrier des provisions de la filiale française vers la maison mère à Philadelphie et la participation ne sera plus que d’1/2 mois de salaire brut, comme dans les autres groupes français qui aménagent leur comptabilité pour arriver à ce montant régulier d’année en années.

 Cette reprise du pouvoir de fait par les salariés inquiète les directions et les sociétés de conseils sont chargées de réfléchir à une reprise en main de la situation. La reprise du pouvoir par les actionnaires et propriétaires des entreprises va occuper les années 1990. D’abord avec le Knowledge Management : il s’agit d’utiliser les mémoires des ordinateurs, les banques de données pour y stocker les connaissances des salariés qui ainsi ne seront plus indispensables à la bonne marche des entreprises. L’utilisation de l’informatique permet aussi à certaines directions de trafiquer les comptes et de détourner des sommes importantes au détriment notamment des actionnaires. Ces derniers réagissent après le scandale Enron aux USA en Californie et mettent en place le Risk Management : une charte regroupant toutes les procédures  de travail avec obligation pour les salariés de les suivre fidèlement. C’est le retour du neo taylorisme, la fin des initiatives, des responsabilités. Le travail devient davantage un sous-travail sans qualification comme David Ricardo l’avait retenu. Les salariés ne sont plus que des exécutants aux ordres des actionnaires.

 Ensuite, les dirigeants libéraux vont chercher à marginaliser le pouvoir de fait des salariés. Les innovations, la créativité qui ont fait merveille durant les années 1980 vont retourner au placard de l’histoire capitaliste. Un autre concept est mis en avant : la valeur et la création de valeurs. Tous doivent travailler pour créer de la valeur, les salariés mais aussi les actionnaires avec leurs apports en capitaux financiers. La productivité est indispensable et elle est logique mais la rentabilité financière a ses propres règles, ses propres calculs qui peuvent sacrifier toute ou partie du travail des salariés. Dans le droit fil de la théorie de David Ricardo, seule la source de gains de productivité liée intrinsèquement à l’outil de production est valorisée : les économies d’échelle positives ou négatives. Les trois autres sont écartées : l’élévation du niveau des compétences, la modernisation de l’outil de production, les changements de structure de l’organisation. Sans oublier la mise à l'écart qui se poursuit depuis Smith et Ricardo, des rendements croissants. La mondialisation de l’économie va être une opportunité pour ne pas construire en Europe et dans les pays industrialisés, les usines entièrement automatisées hyper productive mais dont le péché capital est de donner le pouvoir de fait aux salariés experts qui font tourner ces usines. De même pour les services informatiques qui concentrent les salariés qui font tourner l’activité de l’entreprise, il faut les externaliser, cela coûte moins cher peut-être mais surtout cela permet d’exercer sur ces salariés très compétents et qui ont le pouvoir de fait grâce à leur travail objectif, une relation de clients à fournisseurs comme dans le commerce traditionnel avec juste un prix d’échange entre l’entreprise et la société de services, ce qui gomme de suite l'évaluation, la reconnaissance de la créativité et des compétences fondamentales de haut niveau. 

Nous sommes arrivés ici aux bullshit jobs de David Graeber et au constat probant : les emplois les plus indispensables sont ceux qui sont les plus malmenés et critiqués par les dirigeants du système et leurs médias alors que les emplois inutiles ou plus secondaires sont loués et montrés en exemple aux jeunes étudiants et aux citoyens consommateurs. Les insiders sont obligés d'accepter des horaires élevés ainsi qu'un niveau de stress important imposé par un management autocratique même si leur travail productif n'est que de 10 heures par semaine, justement pour rester dépendants et soumis à ce système de pouvoir libéral qui leur fait croire qu'avec ce travail inintéressant, ils pourront se payer avec de la monnaie subjective la satisfaction de leurs désirs et briller ainsi dans la société d'hyper consommation, celle qui commence à gaspiller leur propre travail créatif, compétent, responsable et productif d'intérêt général, de raisons de vivre constructives.

 Ces pratiques permettent d’obtenir un résultat conséquent pour les dirigeants libéraux mais elles ne font qu’écarter le danger. La solution définitive et imparable devient alors une évidence : à côté de chaque salarié, de chaque travailleur objectif, il y a forcément un consommateur qui paie avec de la monnaie, qui utilise le prix d’échange fixé sur les marchés et qui ne peut pas agir autrement s’il est bel et bien prisonnier et soumis dans le système capitaliste, s'il reste insiders ou rêve de le devenir après des années en tant qu'outsiders et salariés précaires. La société de consommation va dès lors dicter sa loi à la production et à la répartition des richesses. Il suffit de rendre les citoyens dépendants des modes de consommation. Ce n’est pas difficile, nous allons le voir à travers la généralisation de l'utilisation de l'argent dette, de la fausse monnaie.

 

4) les conditions pour restaurer dans les réseaux de vie le travail objectif, créatif et la valorisation des compétences.

 

Première condition : les inégalités de revenus ont atteint un niveau tel que ce scandale n'est plus ignoré et nourrit les contestations contre le système libéral.

Le rapport d'Oxfam de janvier 2016 précise davantage le creusement des inégalités de patrimoine dans le monde et ces inégalités sont devenues la ligne rouge à ne pas dépasser sous peine de voir le capitalisme se détruire lui-même, tout simplement parce qu'il ne sera plus accepté que par moins de 100 personnes qui à travers le monde en profite vraiment et admirablement bien. Les autres auront fini de croire dans ses mythes, ses fables manipulatrices qui rendent plus pauvre, moins riche la plus grande partie de l'humanité.

source : Marianne du 22 au 28/01/2016

En 2010, 388 personnes possédaient les mêmes richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité, en 2015 ils ne sont plus que 62. A quand la situation farfelue mais criminelle où seuls 3 ou 4 personnes posséderont autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité ? L'économiste indien Amartya Sen dès les années 1990 dénonçait cette menace de la montée des inégalités. Les économistes libéraux ont cherché à étouffer ses propos en développant la thèse que les inégalités sont un puissant moteur de croissance. Les plus riches sont les seuls capables de faire progresser davantage les richesses, d'accroître la taille du gâteau que tous pourront ensuite se partager. Cette thèse du ruissellement de la richesse du haut vers le bas a fait long feu et " les chiffres qui dérangent " apportent un démenti cinglant à ce genre de niaiserie libérale.

En 2016, le FMI, la Banque Mondiale, l'OCDE et quelques commissaires européens se sont ralliés au consensus anti-inégalités défendu par Joseph Stiglitz et Thomas Piketty et ceci au nom de l'efficacité. Tous admettent enfin que la marchandisation de l'ensemble des activités humaines mène au désastre politique, économique et sociale, à l'explosion sociale. Cette volonté de fixer un prix d'échange déterminé par les lois du marché lamine les salaires et dope les revenus des personnes physiques et morales qui s'enrichissent sur les marchés financiers. Les inégalités sont dorénavant devenues les meilleures ennemis de la croissance.

Le rapport d'Oxfam de janvier 2017 précise que 8 milliardaires possèdent autant que les 3,6 milliards d'êtres humains les plus pauvres. L'écart entre les riches et les pauvres est beaucoup plus important qu’on ne le craignait. Il illustre en détail comment les grandes entreprises et les plus fortunés alimentent la crise des inégalités en éludant l’impôt, en réduisant les salaires et en utilisant leur pouvoir pour influencer la politique. Il préconise donc des changements fondamentaux dans la façon dont nous gérons nos économies afin que celles-ci servent l’ensemble de la population, et non une poignée de privilégiés seulement.

https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2017-01-16/huit-hommes-possedent-autant-que-la-moitie-de-la-population

 

La rentabilité financière imposée par les actionnaires, du simple épargnant aux fonds de pension anglo-saxon et aux fonds d'investissements, à travers l'exigence intraitable d'un niveau supérieur à 10%, détruit petit à petit non seulement les niveaux de salaires mais aussi la sécurité de l'emploi des salariés les plus compétents. La multiplication des stratégies d'externalisation pour concentrer les compétences dans des sociétés de service afin d'obtenir des économies d'échelles négatives dans l'entreprise de production et positives dans la société prestataire de services détruit le travail d'équipe capable d'ajuster le niveau de production à son coeur de métier. Il s'agit ici de ne plus utiliser le développement des compétences en tant que source de gains de productivité mais de concentrer les compétences existantes dans des sociétés vouées à la standardisation et banalisation des services proposées à de multiples clients en l'absence de toute possibilité de synergies. Seules les économies de charges financières sont retenues pour doper les bénéfices à très court terme.

2ème condition : mettre fin à ces pratiques financières et valoriser à nouveau le travail et les compétences est bien entendu possible à deux conditions :

L'augmentation des salaires, notamment dans la fonction publique est devenue quasi impossible au vu du niveau de l'endettement des états suite au plus formidable hold up de l'histoire, à savoir suite à la crise de 2007, la permutation des dettes privées des banques en dettes publiques des états. Même sans les effets de la crise, le financement par l'impôts sur l'économie marchande reste guère possible pour augmenter les salaires et valoriser à nouveau le travail objectif des citoyens. Seul la réforme monétaire et la mise en place de la monnaie pleine, la restauration du pouvoir citoyen sur la création monétaire rend possible une telle valorisation du travail objectif.

 

3ème condition : la restauration de la monnaie pleine au niveau des pays pour valoriser le travail objectif, à savoir la primauté de la production nationale et la fin des abus de la concurrence sur le marché mondialisé du travail. Nous retrouvons sur ce point la position de Keynes : produire au niveau local autant que possible pour assurer le plein emploi et garder au niveau nationale la gestion de la monnaie. Cependant en 2016 et face à cette dérive fatale du capitalisme, les conseils de Keynes ne sont plus de mise pour tenter de sauver ce système de pouvoir économique criminel qui ne se développe qu'en volant la richesse des autres à commencer par le travail.

L'utilisation de la création monétaire au service des citoyens et de l'intérêt général n'est même plus capable de sauver ce système libéral. Prenons l'exemple de ce témoignage : 

" Un patron de bistrot m’a expliqué qu’en 1978, le SMIC était de 2700 Francs net par mois, et que le demi de bière était à 2,70 Francs. C’est-à-dire qu’avec un SMIC, on pouvait se payer 1000 demis de bière pression.

Alors qu’aujourd’hui, en 2013, le SMIC est environ à 1130 Euros net et le demi de bière pression à 2,50 Euros. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, avec un SMIC, on ne peut plus se payer qu’environ 450 demis !

Pour avoir le même niveau de vie aujourd’hui qu’en 1978, il faudrait un SMIC net mensuel de 2500 Euros.  Et le patron du bistrot m’a rajouté qu’en plus, à l’époque, il était plus riche qu’aujourd’hui ! "

 

Cet exemple correspond à l'inflation cachée, et à la dilution de la monnaie. En clair, en janvier 2016, il faudrait de suite doubler le SMIC en France pour retrouver le niveau de pouvoir d'achat de 1978 sans compter qu'il ne s'agit alors que de revaloriser le travail non qualifié ou peu qualifié. La revalorisation du travail qualifié nous amène à des niveaux de création monétaire supplémentaire bien plus considérable. Bien entendu l'augmentation des charges de personnel, la revalorisation des retraites feront chuter les bénéfices en rendant impossible les dividendes mais il faudrait en parallèle la chute des cours sur les marchés boursiers pour que commencent la diminution de la valeur du patrimoine des plus riches et ce, sur au moins une génération. Le délire ne fait qu'augmenter. C'est pourquoi la solution de l'abandon pur et simple du système de pouvoir libéral et la remise en place des organisations en réseaux de vie représente la solution optimale pour vivre mieux tous en société en éliminant le risque de guerre militaire et surtout civile que présente cette dérive fatale du capitalisme à travers sa folle et chimérique ambition d'un gouvernement mondial au profit des plus riches. Ne l'oublions pas, dans les années 1950, l' idée folle du mathématicien anglais Bertrand Russel voulait utiliser la nouvelle bombe atomique pour qu'enfin dans l'histoire de l'humanité, les barbares soient exterminés avant qu'ils ne viennent une fois de plus piller les richesses de la minorité dirigeante du système de pouvoir. Pour le moment, ces dirigeants utilisent d'autres moyens tout aussi efficaces et redoutables et le creusement effarent des inégalités prouve que cette entreprise de domination des peuples fonctionne encore magnifiquement oserions-nous dire.

 

Conclusion et Synthèse

La restauration de la valeur objective du travail pour que le travail précède à nouveau le capital exige déjà à elle seule, non seulement la restauration du pouvoir citoyen sur la création monétaire (norme moderne de domination de l'économie) mais aussi et de suite l'abandon des système de pouvoir pour développer à nouveau nos réseaux citoyens de vie.

éléments de synthèse : le changement de la valeur du travail

Faits

Le niveau injustifiable des inégalités de patrimoine démontre que le fonctionnement du système capitaliste doit être abandonné car il menace l'humanité. Les revenus tirés du travail sont de plus en plus faibles et ne permettront jamais une réduction des inégalités dans ce système de pouvoir économique qui a pris la première place devant le pouvoir politique.

causes

Les théoriciens de la doctrine capitaliste, Smith, Ricardo, Marx ont écarté la valeur d'usage pour ne retenir que la valeur d'échange mesurable à travers le prix qui résulte de la rencontre entre l'offre et la demande sur le marché. La valeur d'échange objective du travail n'a cependant pas été conservée par les dirigeants du système pour maximiser leurs profits et pour des raisons politiques liées au colonialisme ainsi qu'à leur conception plus générale de l'être humain.

La valeur d'échange subjective du travail définie par la doctrine capitaliste ne retient que les quantités de travail sans aucune caractéristique de qualité, d'innovation, de créativité, de responsabilité... Ces caractéristiques étant l'apanage des propriétaires des moyens de production qui se rémunèrent en confisquant les bénéfices tirés des gains de productivité réalisés par le travail de tous. La rémunération du travail est dès le départ sous évaluée.

Le prix d'échange du travail est aujourd'hui encore plus laminé à travers la mondialisation du marché du travail et la concurrence des pays à faibles coûts de main d' oeuvre qui tirent les prix de production vers le bas.

L'utilisation de la création monétaire par les banquiers pour maximiser leurs profits, se traduit par la perte de pouvoir d'achat des revenus du travail à cause de l'inflation cachée, de la dilution de la monnaie papier par rapport à l'or et des crises financières qu'ils organisent pour s'enrichir toujours plus.

conséquences

La valeur Travail est étroitement liée et soumise à l'utilisation de la norme de la monnaie.

Dans le système libéral, tout en travaillant, les salariés ne peuvent pas s'enrichir, au contraire ils ne peuvent constater que la montée des inégalités de revenus et surtout de patrimoine.

Pour conserver leur pouvoir d'achat laminé par les pratiques des banquiers à travers leur utilisation de la création monétaire, de l'argent dettes, il faudrait doubler le salaire actuel des salariés non qualifiés et revaloriser fortement tous les autres salaires afin de retrouver le niveau de pouvoir d'achat de 1978.

Dans les réseaux citoyens de vie, la valeur du travail est une valeur objective d'échange qui comprend les caractéristiques de qualité, d'innovation, de créativité, de responsabilité... Le travail est rémunéré par la Monnaie Pleine créée par la Banque centrale du pays propriété des citoyens, ce qui garantit le pouvoir d'achat, l'absence de crise financière pour l'ensemble des citoyens, entrepreneurs et salariés, actifs et inactifs.

 

III le retour fracassant de la valeur d'usage dans les échanges de l'économie participative.

 

1) l'économie collaborative ou participative

Les citoyens consommateurs n'attendent pas la fin de la crise financière ou l'inévitable banqueroute universelle qui doit y mettre un terme. Ils ont compris et se mettent à organiser leurs réseaux de vie au niveau local. Dans le cadre de la liberté contractuelle, ils ont la possibilité de se réunir en coopérative, en société civile immobilière pour décider de leurs modes de vie et de la gestion de leurs intérêts qui passent par la réduction des coûts et charges de leurs ménages tout en améliorant leur art de vivre. En évitant l'argent dette et les valeurs d'échanges aux prix exagérés, ils vont naturellement utiliser à nouveau la valeur d'usage.

document : 

La consommation collaborative désigne un modèle économique où l'usage prédomine sur la propriété : l'usage d'un bien, service, privilège, peut être augmenté par le partage, l'échange, le troc, la vente ou la location de celui-ci.

Cette optimisation de l'usage est une réaction à la sous-utilisation classique supposée des biens, des services, des privilèges, principalement permise par l'échange d'information via Internet et à l'essor, dans un cadre légal, sécurisé, dans la transparence, de cette tendance depuis les années 2000 est donc fortement lié à l'essor des échanges en ligne ; des immenses places de marché, publiques, telles qu' eBay, aux secteurs émergeant de la location entre particuliers ;le prêt entre particuliers, les service d'hébergement, l'autopartage, l'échanges de savoirs entre particuliers.

La consommation collaborative bouscule les anciens modèles économiques en changeant non pas ce que les gens consomment mais la manière dont ils le consomment.

Rachel Botsman propose de distinguer trois systèmes de consommation collaborative :

L'économiste Anne-Sophie Novel et son collaborateur Stéphane Riot ont choisi d’adopter une démarche encore différente. Dans leur livre Vive la co-révolution! Pour une société collaborative, ils ont identifié quatre grands cas de figure dont la grille de lecture se fonde sur la notion de propriété. La co-utilisation, la coélaboration, le troc et la cohabitation constituent selon eux les variantes de la consommation collaborative.

fin du document.

autre document :

L’économie collaborative est une activité humaine qui vise à produire de la valeur en commun et qui repose sur de nouvelles formes d'organisation du travail. Elle s'appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils (l'usage plutôt que la possession), l'organisation des citoyens en "réseau" ou en communautés et généralement l'intermédiation par des plateformes internet (à l'exception de modèles comme les réseaux d'échanges réciproques de savoirs).

L’économie collaborative est entendue dans un sens large, qui inclut la consommation collaborative (AMAP, couchsurfing, covoiturage etc.) mais également les modes de vie collaboratifs (coworking, colocation, habitat collectif), la finance collaborative (crowdfunding, prêt d'argent de pair à pair, monnaies alternatives), la production contributive (fabrication numérique, DIY, Fablabs, imprimantes 3D, maker spaces) et la culture libre.

Elle prend différents types de formes (économie du partage, économie de fonctionnalité dont l’économie circulaire, économie des solutions, économie en pair à pair) selon les types de biens et services concernés ou de la finalité (empowerment du consommateur, éco-efficacité).

Ce type d'économie s'inscrit dans un contexte de défiance des acteurs institutionnels du système capitaliste traditionnel, de crise économique mais aussi d'éthique environnementale.

Son essor est dû à l'utilisation des nouvelles technologies permettant d'améliorer la créativité collective et la productivité. Il répond également au désir de pratiques écologiques et de relations sociales plus conviviales.

fin du document

L'économie collaborative entre dans le développement de l'économie sociale et solidaire (ESS) qui a pour mission d'utiliser les possibilités laissées "libres" par le système de pouvoir libéral afin d'échapper à la pauvreté et à l'exclusion sociale. Toutefois les conflits entre taxi et chauffeurs UBER, entre propriétaires qui louent leurs biens immobiliers et les hôtels se multiplient et l'état s'invite pour tenter de réglementer ces nouvelles manières de consommer ou de produire de la valeur ajoutée. Cette nouvelle déclinaison de la révolution Internet (que nous utilisons aussi avec fileane.com) est également de taille à changer notre culture et nous permettre d'abandonner le capitalisme pour un art de vivre à notre portée parmi les réseaux citoyens de vie.

L'économie sociale et solidaire se développe dans le cadre légal pour le moment et cette contrainte au niveau des normes empêche le développement des nouveaux modes de vie collaboratifs ainsi que la validation de ces valeurs dans les lois, la constitution et l'équilibre des pouvoirs au sein d'une nouvelle république. L'ESS ne peut pas se mettre à développer des biens communs et à travers le développement de la propriété commune, se mettre à échapper au système fiscal actuel pour mieux financer son développement local. Quelques exemples marginaux peuvent être tolérés ici ou là mais les pouvoirs publics et le système capitaliste les cantonnent dans leur marginalité et une image d'utopistes folkloriques. Or les réseaux citoyens de vie à travers leur culture humaniste change les valeurs du système capitaliste mais aussi les normes et modes de vie. Les bien communs sont une normes essentielles dans le fonctionnement des réseaux de vie. Revenons à l'exemple de Marinaleda.

 

 2) Exemple : les valeurs d'usage et d'échange, la valeur Travail à Marinaleda

 

 A ce stade de nos propos, nous pouvons prendre un exemple concret pour mesurer l’écart gigantesque qui sépare une économie fondée sur l’objectivité du travail et de la monnaie par rapport à l’économie capitaliste actuelle fondée sur la seule valeur subjective de la monnaie. Avant d’aller à Dendérah, partons pour Marinaleda en Andalousie et retrouvons la valeur d'usage des biens et services produits par le travail objectif lorsqu'il précède le capital.

L’exemple de ce village autogéré est mieux connu en France depuis le reportage diffusé sur France 2 le samedi 23 mars 2013 à 13:15 - Durée : 39 min. Un document signé Michel Mompontet, Antoine Morel et Mathilde Rougeron et présenté par Laurent Delahousse.

 Ce deuxième volet de la série "Carnet d'utopies" nous emmène en Espagne, à Marinaleda, petit village d'Andalousie qui développe depuis des années un système social et politique à contre-courant du modèle prédominant.

Alors que l'Espagne bat des records de chômage et d'expulsions, à Marinaleda, le chômage est à moins de 5% et tous les habitants sont propriétaires de leur logement contre un remboursement de quinze euros par mois. A la tête de ce village d'irréductibles, un maire qui est en train de devenir un exemple de rébellion pour des milliers d'Espagnols.

Lien pour le reportage TV : https://www.youtube.com/watch?v=UkLbnLpHl-8

Document :

Source : http://www.consoglobe.com/espagne-marinaleda-autogestion-cg

 Au coeur de l’Andalousie, le village de Marinaleda fait figure d’exemple pour sa gestion et son administration basées sur l’économie sociale et solidaire. Ce village, fondé à l’issue de la dictature franquiste, n’a jamais cessé d’ oeuvrer pour le bien-être de ses habitants.

Depuis la fin de l’ère franquiste, Marinaleda fonctionne en démocratie directe. En effet, en 1979 les villageois décident de s’attaquer à la mairie. Estimant que le pouvoir politique ne les représente pas et ne répond pas à leurs attentes, ils décident de se présenter aux premières élections municipales libres depuis la fin de la dictature. Ils créent alors le Collectif Unitaire des Travailleurs (CUT), encore au pouvoir 35 ans après. Ainsi, Juan Manuel Sánchez Gordillo, maire de Marinaleda depuis plus de 30 ans, instaure une démocratie participative. Lors des assemblées participatives, les villageois ont adopté la proposition des maisons auto- construites. Cela afin de lutter contre les problèmes de logement et contre la spéculation immobilière.

Ainsi, la Junta de Andalucía* finance le matériel, la mairie fournit le terrain et l’architecte, et les futurs propriétaires travaillent sur la construction ou embauchent eux-mêmes un professionnel pour le faire.

Une fois la maison construite, les occupants s’acquittent de 15€ par mois pour rembourser l’investissement de l’Andalousie et du village. A noter que toute personne ayant vécu au minimum 1 an dans le village peut demander à la mairie une maison auto-construite. La crèche coûte 12€/mois pour un enfant, nourriture comprise.

Le salaire de tous les travailleurs, et cela quel que soit leur poste, est de 47 euros par jour. A raison de 6h30 de travail quotidien aux champs et 8h quand il s’agit d’un poste à l’usine. A noter que la moyenne du salaire dans le reste de l’Andalousie est de 30 à 35 euros par jour. La plupart des élus politiques, qui ne perçoivent pas de salaire, travaillent à l’usine de conditionnement, et touchent donc le même salaire que leurs camarades, entre 1 100 et 1 200 € par mois.

 Fin du document

 Prenons le prix payé par une famille avec un enfant pour le loyer et la crèche : 27 € par mois. Ce prix n’a rien à voir avec un prix de consommation payé avec de la monnaie subjective. Ce prix est bien objectif et correspond plus à un prix d’usage, un droit à utiliser un bien immobilier et un service d’éducation qui dépendent du travail objectif de l’ensemble des citoyens du village. Nous pouvons représenter à travers un schéma les différentes participation du travail des villageois dans la détermination du prix d’usage de la maison et de la crèche qui sont des biens communs réalisés par le travail des villageois. La vente d'huile et des conserves de légumes se réalise à la valeur d'échange sur le marché. Cette valeur n'a pas besoin d'utiliser la monnaie subjective et un prix surévalué par rapport au travail objectif. Au contraire, grâce aux biens communs et au travail objectif, la valeur objective de la production majorée d'une marge commerciale modeste peut suffire pour obtenir un excellent rapport qualité-prix sur le marché et garantir l'augmentation des ventes et donc des économies d'échelles positives. Les flux monétaires à l'intérieur du village se feront exclusivement en monnaie pleine ou objective. 

Le prix des échanges internes tiendra compte de tous les gains de productivité obtenus : 

 De ce fait, les valeurs d'échanges internes sont minimes à cause de cette utilisation des gains de productivité et des synergies locales. Elles correspondent à un droit d'utilisation de l'ensemble du réseau citoyen de vie et non pas à une consommation de biens et services évalués sur des marchés avec de la monnaie subjective et de l'argent dette. 

Le modèle de Marinaleda est viable et prospère. Ici, nous en sommes toujours chez Keynes : 

« J’ai de la sympathie pour ceux qui veulent minimiser plutôt que maximiser l’imbrication économique entre les nations. Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages : autant de choses qui sont, par nature, internationales. Mais que les marchandises soient de fabrication nationale chaque fois que c’est possible et commode. Et, surtout, que la finance soit avant tout nationale » John – Maynard Keynes. Cité par Herman E. Daly, ancien économiste en chef au département de l’environnement de la Banque mondiale, dans un article lumineux sur les méfaits du libre- échange : « The perils of free trade », Scientific American, novembre 1993.

Grâce aux biens communs, Marinaleda utilise des valeurs d'usage, des droits sociaux et elle n'entre pas dans le système de consommation de l'économie capitaliste libérale. La monnaie pleine permet de nous libérer de la consommation en argent dette avec des valeurs d'échanges rendues plus chères pour des désirs subjectifs inutiles et surtout pour la maximisation des profits des banquiers. Entre consommer et travailler sans s'enrichir d'une part et d'autre part utiliser les biens communs pour élever son niveau de vie, sortir de la misère, être assuré du plein emploi et participer aux décisions dans son travail comme dans sa vie citoyenne là où il vit, le choix pour un citoyen est limpide et logique, encore faut-il se réveiller, sortir du conformisme ambiant, résister et commencer à développer nos réseaux citoyens de vie. 

Dernière remarque : le reportage de France 2 le mentionne expressément, Marinaleda n'a rien inventé, elle s'est simplement souvenue que dans le village voisin, c'était déjà comme cela au XIVème siècle et les habitants de ce village s'en souviennent aujourd'hui encore en utilisant les maisons, l'église, les bâtiments communaux construits à cette époque. Toute l'Espagne était organisée ainsi, le temps des cathédrales n'avait pas été détruit en 1307 comme en France et de nombreux templiers s'étaient réfugiés en Espagne et surtout au Portugal avec une partie de la flotte templière.

La commune de Marinaleda n'a pas oublié cet exemple médiéval et l'a utilisé à nouveau pour sortir de la misère, du chômage, du système de pouvoir libéral et échapper au pouvoir des grands propriétaires terriens appartenant à la monarchie espagnole.

 Schéma récapitulatif : 

 

3) Schéma récapitulatif de synthèse sur les valeurs d'usage, d'échange, la valeur Travail 

 

 

IV De la rareté à l’abondance

La notion de rareté est l'objet économique par excellence qui débouche sur les théories de l'équilibre général dans une économie décentralisée  (un seul système de prix qui équilibre tous les marchés, ce point d'équilibre est unique et stable, c'est un  maximum de production, c'est même un équilibre parétien : impossible d'augmenter la satisfaction d'un individu sans diminuer celle d'un autre).... Ce qui n'enlève rien à l'action politique car, comme l'a montré Maurice Allais, il est toujours possible de modifier la répartition des revenus (sans toucher aux prix d'équilibre, en l'occurrence les salaires) et il y a autant d'équilibres possibles qu'il y a de répartition des revenus. L'économiste peut dire comment doit fonctionner une économie pour être efficace. Il ne peut pas dire quelle est la meilleure répartition des revenus (après redistribution). Marx indique que nous entrons dans le règne de la valeur d'usage lorsque la société est régie par le principe " de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", c'est à dire quand règne l'abondance socialiste et qu'il est mis fin à la rareté capitaliste.

 Ce bref aperçu de la question a le mérite de montrer que la rareté conditionne la production jusqu' à son maximum mais qu’ensuite au niveau de la répartition des revenus, l’économie s’efface devant le politique. Le politique ne pourrait donc pas intervenir au niveau de la rareté sauf lors d’un changement de système de pouvoir pour abandonner le capitalisme et retrouver ainsi la possibilité de mettre en place l’abondance.

Pour examiner cette notion où se mêlent la satisfaction des besoins d’un individu et les relations politiques et sociales, nous allons dans un premier temps examiner cette notion de rareté et ses inter relations avec la production, le travail, les relations sociales, la valeur d’échange puis dans un second temps nous verrons comment l’abondance peut se développer, certes une fois mis fin à la rareté capitaliste en abandonnant ce système de pouvoir.

 1) l’utilisation de la notion de rareté dans le système capitaliste et libéral.

 Pour développer nos propos et notre critique de la rareté, nous nous appuyons sur une présentation de la notion de rareté tirée d’une dissertation pour préparer l’agrégation de Sciences économiques et sociales : http://harribey.u-bordeaux4.fr/cours/rarete.pdf. Les textes utilisés sont en couleur bleu foncé.

 Définie comme un écart entre les besoins et des ressources limitées, il est difficile de savoir si cette rareté est une hypothèse ou bien reflète une réalité incontournable.

 1.1 la rareté et la satisfaction des besoins matériels

 La question des ressources limitées n'offre pas de difficultés. La question est bien connue et l'épuisement des ressources naturelles n'est pas contesté. Il faut cependant prendre en considération le travail et l'évolution des technologies qui réduisent les quantités de ressources naturelles à utiliser, qui permettent de les recycler, sans oublier l'utilisation des énergies renouvelables qui évitent d'utiliser les ressources naturelles et les énergies fossiles.

 L'amélioration de l'utilisation des ressources naturelles par le travail et les technologies sert avant tout à satisfaire les besoins physiologiques, principalement les besoins alimentaires. Mais très vite, à travers le cas de l'agriculture, nous entrons dans les besoins sociaux.

 Notre démarche ne commence pas à la prise en considération des idées du Siècle des Lumières, en l'occurrence ici, les idées des physiocrates. Le lecteur de fileane.com sait que le siècle des lumières a utilisé des connaissances incomplètes par rapport à celles dont nous disposons aujourd'hui. Particulièrement le fonctionnement de l'époque médiévale reste ignoré au siècle des lumières. Nous avions déjà fait remarquer que le livre « Comment les pays riches sont devenus riches et pourquoi les pays pauvres restent pauvres » d'Erik Reinert, ne commence qu'après 1307 et la destruction de l'ordre du temple. Pourtant dans sa présentation des villes républiques d'Italie du Nord au XIVe siècle, le fonctionnement de l’économie utilise les principes hérités notamment de l'Égypte antique.

 La terre est en quantité limitée. Au fur et à mesure de la mise en culture, les rendements décroissent. Cela sera à la base de la théorie de la surpopulation de Malthus et de celle de la rente différentielle de Ricardo. Lorsque les fondateurs de la doctrine libérale, Smith, Malthus, Ricardo, ne retiendront que les rendements décroissants de l'agriculture, ils ne sauront pas retrouver le principe de la complémentarité obligatoire entre rendements décroissants de l'agriculture et rendements croissants de l'artisanat, du commerce et plus tard de l'industrie. Les pays riches sont devenus riches en développant les rendements croissants notamment dans les villes de manière à ce que ces richesses servent en partie à développer l'agriculture environnante nécessaire à nourrir les populations des villes et de la campagne. La rareté ne peut donc pas se fonder uniquement sur les rendements décroissants de l'agriculture car lorsque la satisfaction des besoins sociaux utilise ces principes de vie qui ont permis de développer les civilisations florissantes, les rendements décroissants de l'agriculture sont éliminés grâce aux apports des rendements croissants de l'industrie et du commerce.

 

1.2 la rareté et les besoins sociaux

 La perpétuation de la rareté, voire son approfondissement, sont dus à l’hypothèse d’atomicité des agents économiques. Les individus sont isolés et prennent des décisions de manière autonome. Aucune coopération n’existe entre eux. Il n’y a jamais d’externalités positives qui rendraient possible une « croissance endogène ».

Sans externalités positives, les rendements d’échelle des facteurs utilisés par chaque individu isolé sont obligatoirement décroissants. S’il y en avait, l’accumulation du capital et la mise en œuvre des ressources de tout ordre réduiraient les coûts unitaires et conduiraient à produire toujours davantage jusqu’au point où une entreprise monopoliserait tout le marché.

Le progrès technique, considéré comme exogène, ne modifie pas la situation évoluant vers l’état stationnaire.

A la rareté naturelle des ressources (et pas seulement des ressources du même nom) s’ajoute la rareté ou l’inexistence des relations sociales hors marché et donc des interactions positives entre les agents.

Une mention particulière doit être faite toutefois pour Smith qui n’est pas loin de l’idée des conventions avec sa notion de sympathie, car l’individu a besoin des autres, le self love ne pouvant provenir que de la reconnaissance des autres.

 Il est clair que le contexte du XVIIIe siècle et la naissance de l'industrie au XIXe se caractérisent par la lutte contre l'absolutisme des monarchies et de la papauté. Échapper à ces despotismes passe certainement par l'affirmation d'un rôle majeur des citoyens qui doivent retrouver la liberté aussi bien politique, qu’économique et sociale. Les économistes ont voulu défendre l'idée que pour éviter les conflits politiques et religieux, tout devait passer par l'économie et la liberté des marchés. Par la production de masse poussée à son maximum, les individus vont travailler et s’acheter des biens matériels qui les sortiront de la misère. Occupés à devenir propriétaires de biens matériels, ils ne s’occuperont plus de questions politiques et religieuses et donc la paix sociale redeviendra possible. Ce raisonnement logique a servi de fondement au pacte républicain en France établi après 1860. Il explique pourquoi l’économique a pris la première place devant le politique et pourquoi les inégalités de la redistribution des richesses n’ont été qu’une préoccupation secondaire laissée au rôle de l’état.

 Les économistes fondateurs de la doctrine capitaliste n'ont pas songé à mettre un nouveau régime politique en place puisqu'ils n'avaient pas retrouvé les racines du temps des cathédrales ni les racines des civilisations antiques organisées en réseaux de vie, en cités États libres au sein de confédérations ou d'unions politiques. Les économistes libéraux classiques sont restés au niveau des individus ayant considéré que les besoins sociaux sont constamment évolutifs et donc potentiellement illimités, ce qui provoque une tension sur l'utilisation des ressources. Ce choix intellectuel de ne retenir que le niveau des individus, si dans le contexte historique pouvait faire prévaloir le point de vue des citoyens sur celui des rois et des empereurs, sur celui du pape et des chefs religieux, a présenté de sérieux inconvénients en mettant sur un même pied d'égalité philosophique, le citoyen qui ne peut que louer son travail et le citoyen dont la fortune permet d'être propriétaire des moyens de production. Tout comme le contrat social de Rousseau ignore le fonctionnement des civilisations florissantes et pourquoi et comment ont été bâtie nos cathédrales, les économistes libéraux n'ont eu comme seule solution que d'accorder le pouvoir réel aux seuls entrepreneurs capables de développer le capital. Le reste des citoyens étant gagnant en sortant de la misère.

 La théorie économique capitaliste est restée fidèle à sa priorité : éviter toute considération politicienne et ne s'en tenir qu'au niveau des individus. La recherche d’un accroissement de la richesse pour reculer les limites de la rareté est l’expression de la rationalité des individus. Aussi le couple rareté-rationalité permet-il de définir l’homo œconomicus qui va constituer l’idéal-type fondamental de l’économie politique classique et plus tard de la théorie néo-classique. L’homo œconomicus est un être maximisateur ou plutôt optimisateur compte tenu des contraintes qui s’imposent à lui (notamment les ressources naturelles, les revenus, ...). Chacune de ses décisions implique le calcul d’un coût d’opportunité car l’affectation d’une ressource rare à un emploi quelconque suppose de renoncer à un autre emploi.

 Il est clair que nous sommes ici dans la même démarche que les philosophes qui tentèrent de retrouver un dieu non religieux à travers la célébration du culte de la raison et de la raison scientifique. La théorie capitaliste veut se passer coûte que coûte de la dimension politique et spirituelle de l’être humain pour faire prévaloir le point de vue que les entrepreneurs capitalistes n’ont pas d’ordre à recevoir des dirigeants politiques. Bien entendu, nous savons que pour y parvenir, les dirigeants de l’oligarchie financière anglo-saxonne ont entrepris la mise en place d’un gouvernement mondial et qu’ils sont tout près d’y parvenir. La rareté devient ainsi indispensable à la théorie capitaliste pour éliminer les décisions politiques venant soit de la monarchie, soit de la république représentative. La rareté correspond alors à l'inverse de la propriété commune et des biens communs. L'occultation et l'interdiction du fonctionnement du temps des cathédrales au service de l'ensemble de la population, ne peut pas correspondre à un vide intellectuel ou politique, la rareté va occuper cette place centrale sous prétexte qu'elle dépend du choix optimisateur de l'individu alors qu'en réalité, cette place centrale revient à la propriété privée des moyens de production et à la volonté de maximiser ses profits à titre personnel dans le système économique capitaliste.

 Mettre exclusivement l’accent sur la rareté physique, indépendamment de la société sans laquelle cette rareté apparaît, est vécue, voire est secrétée, équivaut à évacuer de l’analyse économique les rapports sociaux. Montrer la relation entre la rareté et le travail équivaut à les réintroduire. Nul doute que les classiques anglais se reconnaîtraient davantage dans cette deuxième approche que dans la première.

La rareté est donc bien au coeur de l'imposture économique pour cantonner les citoyens à l'écart du fonctionnement du capitalisme et permettre aux dirigeants du système économique un enrichissement sans limites. Cette négation de l’importance des relations sociales dans la création des richesses est particulièrement présente dans la culture des dirigeants français. Dans son livre « Le capitalisme d'héritiers: la crise française du travail » Thomas Philippon a expliqué les raisons qui font que la France a les plus mauvaises relations sociales de tous les pays industrialisés. Nous reviendrons sur cette question sachant qu’il s’agit de la bourgeoisie d’affaires catholique, les protestants ayant été chassés bien avant 1789. Une explication religieuse viendra nous éclairer ici.

1.3 la sortie de la rareté matérielle

Le développement de l'industrie et du capitalisme va permettre d'éloigner la rareté. La rareté est réductible avec l’augmentation de la productivité qui résulte d’une meilleure division du travail : - soit interne (Smith) ; - soit internationale (Smith, Ricardo, Mill). Le recul des limites est-il lui-même sans limites ? C’est tout le débat autour de la tendance vers l’état stationnaire (Ricardo puis Mill).

 Nous savons qu’après 1920, la production de masse a été capable de saturer rapidement les marchés de biens d'équipement et celui des biens de consommation matérielle. À partir de cette surproduction devenue une menace tangible, les dirigeants de l'économie capitaliste, principalement les banquiers et financiers ont utilisé la création monétaire pour concentrer davantage les moyens de production entre leurs mains, ce qui a eu pour conséquence le développement du chômage structurel, la précarisation du travail et le développement à nouveau de la pauvreté dans les pays riches.

 La concentration de la puissance économique aux mains de quelques banquiers ou de quelques entrepreneurs disposant de nouvelles technologies est devenue si forte qu’une entreprise comme Walmart, numéro un mondial de la grande distribution peut obliger au début des années 2000 l’ensemble de ses fournisseurs à délocaliser leurs productions en Chine et en Asie de manière à bénéficier à nouveau de marges commerciales importantes tout en affichant des prix bas pour les consommateurs. Au même moments, les banques multiplient les crédits immobiliers avec des taux variables. La fermeture des usines américaines face à la concurrence des pays à faible coûts de main d’œuvre va multiplier le nombre de ménages ne pouvant plus rembourser leurs crédits immobiliers. Nous savons que cette situation probablement imprévue au départ n’a pas gêné les banques qui ont titritisé ces créances douteuses voire insolvables pour les revendre à d’autres épargnants avec une sorte d’assurance contre les impayés, d’où la crise des subprimes depuis 2007 qui a suivi rapidement cette innovation financière : la permutation de l’impayé à travers les CDS, nous l’avons vu précédemment.

 La sortie de la rareté matérielle n’a donc pas eu lieu car le travail et le plein emploi qui en était la condition, ont été déplacés au gré des délocalisations imposées pour maximiser les profits. Il est évident que le maximum de production correspond à un maximum de ventes et de profits mais il est atteint aujourd’hui dans des conditions que les fondateurs de la doctrine libérale n’avaient pas imaginées. La stagnation des salaires et la précarisation de l’emploi sous prétexte de concurrence mondiale sur le marché du travail renforcent la rareté matérielle et ne la réduisent plus.

 1.4 la rareté et la satisfaction des besoins immatériels.

Le caractère potentiellement illimité des besoins sociaux ne tient-il pas au fait que ce que l’économie politique considère comme besoins correspond en réalité aux désirs ? Si cette hypothèse est crédible, le rôle de l’économie politique est de légitimer la transformation d’un être de désir en être de besoins, et ensuite de légitimer la recherche de l’accroissement des richesses chère à Adam Smith.

Nous avons montré comment après 1920, Bernays à appliquer les principes énoncés dans son livre Propaganda pour aider les industriels du tabac américains à sortir du déclin de leur marché : il suffisait de créer chez les jeunes femmes le désir de fumer. Ce fut son premier succès éclatant et la naissance du marketing qui sait utiliser la publicité. En clair, le neveu de Sigmund Freud avait compris le rôle du désir chez l’être humain et sur le plan économique, lorsqu’un marché est saturé par la production de masse, il reste possible de le développer plus loin en ne satisfaisant plus uniquement un besoin mais en satisfaisant les désirs des clients, par nature illimités. Après avoir pris sa retraite professionnelle, Bernays indiquera qu'il faut abandonner toutes ces méthodes qui conduisent à la surconsommation et au gaspillage. La satisfaction de désirs aussi futiles que les effets de mode ou que la volonté de personnaliser à l'extrême des produits aux seules fins de s'acheter un statut social représente un paroxysme dans l'égocentrisme et le culte du narcissisme au point d'en arriver à nier tous liens sociaux. Le téléphone mobile, le portable connecté à Internet est devenu l'objet narcissique par excellence aux ravages psychiques, mentaux, médicaux et sociaux, éducatifs colossaux. Pour contrer cette destruction de lien social à force d'hyper narcissisme, des cours d'empathie sont devenus indispensables et dans certains pays comme au Danemark, ils sont devenus obligatoires pour la jeunesse.

 

1.5 vers une certaine abondance dans le capitalisme

Les dirigeants capitalistes n'ont pas suivi les recommandations de Bernays et ont poussé notre société de consommation dans des gaspillages injustifiables. Les désirs illimités des consommateurs, grâce aux études mercatiques, se transforment en besoins illimités pour assurer la croissance des entreprises. À ce stade, pour ne pas sombrer dans le piège de la surcapacité de production, le capitalisme fait de la propagande pour une certaine abondance.

Le capitalisme nous promet une certaine abondance et nous pousse vers une rareté certaine. Mais il ne réussirait pas à embarquer l’humanité dans cette impasse sans le mirage de la marchandise. L’intériorisation des normes de compétition et de rentabilité, vertus auréolées des promesses de prospérité et donc de bonheur, procure au système des représentations collectives propres à le conforter et assurer sa reproduction ainsi légitimée. C’est ainsi que l’homme, être de désir, est transformé par le capitalisme en être de besoins. Ce coup de force philosophique – assimiler désirs, indéfiniment renouvelés, et besoins, tant physiologiques que sociaux et donc définissables objectivement – n’est possible qu’en transformant les besoins bornés en besoins illimités, c’est-à-dire en désirs insatiables. De ce fait, la rareté peut être à la fois ou tour à tour réelle ou supposée, fantasmée, et aussi vécue comme une contrainte subie ou au contraire sublimée. Donner au fantasme l’apparence du réel fut la tâche historique de l’économie politique afin que l’imaginaire du développement prenne corps.

De là vient le paradoxe suivant. Le capitalisme dans son ensemble a intérêt à l’expansion infinie de la production marchande. Mais chaque capitaliste pense tirer son épingle du jeu en gardant le maximum pour lui, quitte à développer les inégalités et, en fin de compte à ce qu’elles se retournent contre lui car le système est alors moins dynamique, voire se dirige vers la pénurie. Bien sûr, les capitalistes et leurs porte-parole se récrient contre cette accusation et invoquent alors la théorie libérale qui fait l’éloge du marché parfait garantissant la société optimale : la rationalité de l’intérêt personnel ne peut pas être antinomique avec le bonheur social.

Il est évident que vouloir manier en même temps rareté et abondance ne fait pas bon ménage et que cette contradiction du système se retourne tôt ou tard contre lui. Quant aux fables économiques, il est grand temps de trancher le nœud qui nous emprisonne à elles, à commencer aujourd’hui par la fable financière.

 

 1.6 la généralisation de la rareté au marché financier et à la monnaie

Le capitalisme a pris diverses formes et depuis une trentaine d'années, c'est le capitalisme financier qui a pris le pouvoir après avoir obtenu des dirigeants politiques la dérégulation du marché financier au niveau mondial. Nous avons vu précédemment comment les banquiers et financiers ont transformé la valeur objective de la monnaie en valeur éminemment subjective pour l'utiliser à la multiplication des crédits destinés à satisfaire les désirs illimités des consommateurs. Cette valeur subjective de la monnaie est bien entendue conditionnée par la rareté sur les marchés financiers.

 Le paradoxe de l’économie politique traduit une contradiction du capitalisme. Pour pouvoir justifier la recherche de l’abondance, c’est-à-dire le recul de la rareté, il faut recréer celle-ci en permanence ou bien nourrir constamment le sentiment de la rareté. La rareté est alors autant fantasme que réalité.

Chez qui peut-on trouver ce paradoxe, bien sûr dissimulé inconsciemment ? Ricardo redoute l’état stationnaire, mais il refuse toute création monétaire qui impulserait une dynamique économique. Il reste arc-bouté sur le currency principle. En d’autres termes, il raréfie la monnaie par souci de stabilité de la valeur de celle-ci.

Cette vision s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Toute une tradition ricardienne fait du taux d’intérêt le signe de la rareté de l’épargne préalable. Il faut renoncer à la consommation pour pouvoir investir. La satisfaction immédiate des besoins ne peut, selon cette tradition, qu’accélérer le rapprochement de la malédiction de la rareté.

Cette vision du taux d’intérêt sera systématisée par Irving Fisher : le taux d’intérêt traduit la rareté des ressources que l’on voudrait affecter pour préparer l’avenir.

C’est contre cette vision que Keynes mènera une bataille théorique en remettant en cause une hypothèse des classiques dénuée de fondement. Nous avons vu que cette hypothèse repose sur l’existence des liens sociaux indissociables au développement d’une société aussi bien politique, qu’économique et sociale. Keynes voudra renforcer les relations sociales et le travail à travers l’intervention de l’état pour relancer l’économie.

Nous retrouvons ici l’utilisation de la monnaie pleine. Destinée prioritairement à la rémunération du travail et à la valeur objective du travail dans l'économie réelle, la monnaie pleine suppose que pour préparer l'avenir, les relations sociales permettent aux citoyens de définir leurs projets de vie, c'est-à-dire les équipements et les biens matériels ainsi que les services qu'il faut construire, entretenir dans le cadre d'un travail indispensable à la vie ou dans le cadre de la réalisation des oeuvres ou dans le cadre de l'action politique. Toute cette dimension sociale a peut-être existé à l'aube de la théorie capitaliste mais elle n'a jamais été valorisée car elle s'oppose au droit de propriété privée des moyens de production.

 

 1.7 La rareté condition préalable de la valeur

Économie de production à l’origine des richesses (les seules qui en soient pas données à l’homme et qui résultent d’un travail) et économie d’échange sont les deux réalités liées entre elles que les classiques prennent en compte. Travail et échange sont les deux moments-lieux présidant à la formation et à la réalisation de la valeur dans un univers de rareté (réelle ou supposée-fantasmée, peu importe maintenant).

Pour Smith et Ricardo, la rareté est la condition nécessaire pour que l’homme se mette au travail. Dès lors, le travail implique la rareté (travail rareté). Et la loi de la valeur-travail :  la loi dite de la rareté selon laquelle plus un bien est rare, plus il est cher. Contrairement à ce qui est souvent affirmé à tort, il n’y a donc pas d’opposition entre ces deux lois : la première ci-dessus est inscrite dans la seconde. De même, utilité ne s’oppose pas à travail. Pour les classiques anglais, la valeur d’usage (VU) est une condition nécessaire de la valeur d’échange (VE) : VE VU. Il existe donc chez les économistes anglais un triptyque conceptuel tout à fait cohérent.

Ne faire dépendre le travail que de la rareté est logique lorsque l’on écarte les relations sociales et les projets de vivre en société. Nous sommes ici dans une culture X telle que définie dans les années 1960 par Mac Grégor : l’individu est d’abord paresseux, il ne se met pas au travail par lui-même, il faut lui commander de travailler sinon il préfère ne rien faire, mieux, il ne faut pas l’aider de manière à ce qu’il se décide enfin à travailler. Admettons que cette perception de la rareté soit fantasmée par les économistes. Dans une culture Y, c’est la créativité, l’inventivité, le besoin de connaître et d’expérimenter qui pousse naturellement un individu à agir. Nous retrouvons ici les deux conceptions de l’être humain en économie : celle de Smith et Ricardo contre celle de Lincoln, celle des individualistes qui écartent les relations sociales et celle de l’humaniste qui veut diriger les relations sociales.

Que la valeur d’usage soit préalable à la valeur d’échange est une question de bon sens mais écarter la valeur d’usage pour ne retenir que la valeur d’échange, nous l’avons vu, revient à écarter une fois de plus, les relations sociales et la propriété commune, les biens communs.

 

éléments de synthèse :  l’impact de la rareté dans la doctrine capitaliste

Faits

La rareté occupe une place centrale dans le fonctionnement de l’économie capitaliste. Elle correspond à l’écart entre les besoins et les ressources limitées.

causes

Les rendements décroissants de l’agriculture sont généralisés à l’ensemble de l’activité économique.

l’hypothèse d’atomicité des agents économiques. Les individus sont isolés et prennent des décisions de manière autonome. Aucune coopération n’existe entre eux. Il n’y a jamais d’externalités positives qui rendraient possible une « croissance endogène »

La rareté est la condition nécessaire pour que l’homme se mette au travail.

la théorie libérale fait l’éloge du marché parfait garantissant la société optimale : la rationalité de l’intérêt personnel ne peut pas être antinomique avec le bonheur social.

Ricardo redoute l’état stationnaire, mais il refuse toute création monétaire qui impulserait une dynamique économique. Il reste arc-bouté sur le currency principle. En d’autres termes, il raréfie la monnaie par souci de stabilité de la valeur de celle-ci.

conséquences

L’ignorance de la complémentarité entre rendements décroissants de l’agriculture et rendements croissants de l’industrie et du commerce ou plutôt, l’interdiction de cette complémentarité utilisée dans les société florissantes pour mieux confisquer les gains de productivité sources de profit au seul bénéfice des propriétaires privés des moyens de production.

Le rejet du rôle des relations sociales dans la création des richesses, toujours pour privilégier le seul rôle de l’entrepreneur capitaliste. Ce rejet est particulièrement présent en France à travers un patronat et une bourgeoisie d’affaires catholique très conservatrice et dogmatique.

La sortie de la rareté matérielle est devenue possible par la production de masse aujourd’hui automatisable mais cette abondance reste interdite. La satisfaction des désirs devenus par le marketing des besoins illimités légitime la poursuite du capitalisme sur le fondement de sa lutte contre la rareté. Ensuite les délocalisations de la production, la concentration de la production mondiale dans les mains de quelques firmes transnationales détruisent le travail et le plein emploi dans une majorité de pays, privant les citoyens de revenus suffisants pour subvenir à leurs besoins principaux. Cette contradiction du système le pousse vers la pénurie, pénurie confortée par les banquiers qui ont endetté les états et les poussent à des politiques de rigueur sur de longues périodes.

Ricardo redoute l’état stationnaire, mais il refuse toute création monétaire qui impulserait une dynamique économique. Le taux d’intérêt traduit la rareté des ressources que l’on voudrait affecter pour préparer l’avenir. La satisfaction immédiate des besoins ne peut, selon cette tradition, qu’accélérer le rapprochement de la malédiction de la rareté. Les banquiers s’inventent ainsi un rôle politique et social crucial : protéger les citoyens contre le développement insoutenable de la rareté, et donc le retour de la misère.

Les inégalités de revenus et surtout de patrimoine qui sont la conséquence du fait que chaque capitaliste arrive à tirer son épingle du jeu en gardant le maximum pour lui, montrent que ce système n’est plus viable et qu’il faut l’abandonner.

 

L’utilisation de la monnaie pleine et la restauration du pouvoir citoyen sur la création monétaire sont les seuls moyens aujourd’hui en mesure d’éliminer cette doctrine de la rareté capitaliste pour remettre de l’abondance dans le fonctionnement de nouvelles sociétés florissantes.

 

2) l’économie d’abondance, une fois abandonnés les systèmes de pouvoir.

 Rareté et abondance sont des figures inversées d’une même problématique. Mieux : entretien de la rareté et quête de l’abondance en sont également des figures inversées. Cette problématique est celle du progrès sous tous ses aspects (progrès des techniques, de la production, des connaissances, progrès moral et humain...). La conscience de la rareté ne peut vraiment apparaître que lorsque la perspective de l’abondance devient tangible.

La grandeur de l’économie politique est d’avoir saisi la portée des transformations introduites par le capitalisme naissant qui affichait une promesse d’abondance pour les temps à venir, effaçant la malédiction de l’homme chassé du paradis mais dont les portes restent ouvertes grâce à la Providence du marché. La faille de l’économie politique est de n’avoir pas poussé la logique du raisonnement jusqu’au bout : la réalité est là mais elle est au moins pour partie le résultat d’une construction sociale.

Laissons là notre professeur et les candidats à l’agrégation, la problématique que nous suivons est bien celle du progrès sous tous ses aspects, y compris et surtout ailleurs que dans le système de pouvoir capitaliste qui ne veut pas d'une construction sociale capable d'éliminer le marché. Nous n’avons plus à penser et raisonner à partir des auteurs du Siècle des Lumières et des fondateurs de la doctrine capitaliste et de la doctrine marxiste et communiste. Le progrès que nous utilisons nous permet d’utiliser à nouveau le savoir des civilisations florissantes de l’antiquité mais pas seulement, il nous permet également de connaître les peuples premiers qui n’ont pas connu ou voulu connaître nos sociétés industrielles, probablement un faux progrès au regard de leurs cultures si riches de leurs relations sociales, de leurs pratiques spirituelles et qui sont capables de concrétiser dans le fonctionnement quotidien de leurs institutions, les valeurs fondamentales de paix et d’amour, peace and love. 

 2.1 l’abondance chez les peuples premiers.

La première fois où nous avons été le spectateur d’une communauté qui vivait dans l’abondance, ce fut en 2002 lors de la projection du film documentaire tourné par une équipe de Bruxelles dans un village Moso au bord du lac Lugu durant l’année 2000.

Chez les Moso comme dans les îles Trobriands, les êtres humains s’enrichissent de leurs amours et Malinowski en Mélanésie avait été finalement chassé parce qu’il était incapable de faire convenablement l’amour à une femme trobriandaise, la position du missionnaire imposée par les religieux occidentaux étant ni plus ni moins qu’une grave offense et aux femmes mélanésiennes et à leurs hommes. Il avait cependant réussi à faire admettre à Sigmund Freud à Londres la valeur supérieure des sociétés matriarcales et Freud avait rejeté à la fin de sa vie ses écrits sur la supériorité des sociétés patriarcales. Bref, l’abondance dépasse largement le simple fait de disposer de biens matériels produits par la production de masse. Les peuples premiers, Moso, mélanésiens, savaient vivre concrètement les valeurs d’amour et de paix et ne connaissaient pas la misère ou le chômage, les sans-abri et nos injustices insupportables du développement capitaliste et libéral.

 Dans le texte « évolution culturelle ou culture de la révolution », nous avons décrit la culture Moso, ses valeurs, ses normes et modes de vie. La propriété commune contient sa propre limite : disposant du nécessaire, il n’est pas utile de chercher à posséder des biens matériels supplémentaires dont la principale conséquence serait de créer des sources de conflits entre familles du village et par là de nuire à la valeur fondatrice de paix en restaurant des conflits de propriété individuelle. Ne pas vouloir développer les richesses matérielles représente également une norme provenant du bouddhisme et d’une pratique spirituelle. Nous y reviendrons, ce n’est pas un renoncement à devenir plus riche, ce qui est ridicule pour un initié mais plutôt une nécessité justement pour s’enrichir sur le plan spirituel et être capable de vivres ses amours humaines dans le cadre de la liberté sexuelle car finalement, nous ne devenons riches que de nos amours. Ce qui est fondamental pour vivre après la vie humaine dès notre vie humaine. Nous y reviendrons, l’utilisation de la première source de savoir est essentielle pour développer l’abondance dont nous avons besoin dans notre condition humaine.

Des économistes, ethnologues, sociologues poursuivent cette voie et rejettent résolument le concept de rareté de l’économie libérale.

Document : Michel Aglietta et André Orléan

La rareté n'est pas une fatalité, et moins encore « une donnée naturelle ».

Il faut bien comprendre que la rareté n'est aucunement une donnée naturelle qu'on pourrait mesurer à l'aide d'indicateurs objectifs comme, par exemple, le niveau de vie moyen de la population considérée. De même, on commettrait une méprise totale en disant que plus une société est prospère, moins la rareté y est présente. Il en est tout autrement. La rareté désigne une forme d'organisation spécifique, instituée par le marché, qui fait dépendre, dans des proportions inconnues des autres sociétés, l'existence de chacun de sa seule capacité à acquérir des objets sans qu'il puisse attendre un secours d'autrui.

 Marshall Sahlins le décrit merveilleusement dans un ouvrage admirable. Étudiant les peuples de chasseurs-cueilleurs, c'est-à-dire l'une des sociétés les plus anciennes du globe puisqu'elle remonte au paléolithique, il montre que ces sociétés, paradoxalement, connaissent l'abondance. Certes, le niveau de vie est très modeste mais personne n'y meurt de faim, car la coutume du partage et de l'entraide y domine la vie sociale. Dans ces sociétés, « aucune relation entre l'accumulation de biens matériels et le statut social n'a été instituée ». On peut même dire que toute l'organisation communautaire vise à « limiter la propriété des biens matériels ». C'est dans nos sociétés que la rareté s'impose comme une puissance autonome, sans appel, qui règle la vie des individus, sans considération pour leur dignité sociale : « c'est nous et nous seul qui avons été condamnés aux travaux forcés à perpétuité. La rareté est la sentence portée par notre économie, et c'est aussi l'axiome de notre économie politique... L'homo oeconomicus est une invention bourgeoise ; il n'est « pas derrière nous, disait Mauss, mais devant nous comme l'homme moral ». Les chasseurs collecteurs n'ont pas brigué leurs instincts matérialistes ; ils n'en n'ont simplement pas fait une institution.

La monnaie, entre violence et confiance, Paris, Odile Jacob, 2002.

Texte cité dans Anti manuel d’économie, 1 les fourmis, page 342, Bernard Maris, Edition Bréal.

Fin du document.

Parmi les civilisations florissantes du passé, l’exemple le plus connu de l’abondance est celui de l’Égypte antique avant l’invasion des peuples de la mer, c’est à dire la culture égyptienne des survivants du dernier grand cataclysme lorsque les rites initiatiques les plus élevés n’avaient pas été perdus et détruits par les envahisseurs. Lors des disettes, lorsque les champs étaient inondées par le Nil, les greniers de céréales garantissaient la nourriture de la population, si les chats avaient fait également leur travail en éliminant les rongeurs et les reptiles et ils étaient honorés pour assurer cette responsabilité capitale. Lors de la distribution de la nourriture, les dirigeants, notamment le pharaon, servaient le bol d’aliments à chacun et le pharaon se servait en dernier le même bol de nourriture. Certes ce n’était pas l’abondance de la période sans inondation où tous travaillaient les champs et réalisaient deux ou trois récoltes mais durant cette période d’inondation, tous étaient nourris et tous travaillaient dans les bâtiments, les temples, les villes, les pyramides, les tombeaux.

Ce travail architecturale reconnu aujourd’hui encore comme une merveille au monde n’était pas uniquement un travail de la pierre et des ornements. Ce travail représentait la traduction, la représentation des mystères de la vie, de la naissance à la résurrection à la vie durant notre vie humaine de manière à se préparer à la mort de notre corps charnel et d’une manière générale à survivre à l’Apocalypse, lorsque notre planète bascule sur son axe pour éliminer la rétrocession emmagasinée lors de son parcours céleste autour du soleil ou pire, lorsque notre planète est bousculée et la vie détruite par des collisions ou l’influence d’autres corps célestes. C’est que nous lisons sur les murs des temples, des tombes : un message clair et précis, mathématique, astronomique transmis aux générations futures pour les aider à vivre et survivre sur notre planète particulièrement instable. Tout en travaillant à la transmission et la conservation de ce savoir sauvé du dernier grand cataclysme daté par le zodiaque de Dendérah, l’ouvrier comme le pharaon des bords du Nil parcourait son propre cheminement initiatique et lorsqu’il devait se contenter d’un bol de céréales, il savait et se souvenait que parfois le groupe des survivants peut être bienheureux s’il a réussi à sauver suffisamment de nourriture pour que tous durant ces jours d’Apocalypse terrestre, mangent rien qu’un bol. Laissons pour le moment l’Apocalypse céleste de côté, nous y reviendrons lorsque nous verrons l’utilisation de notre première source de savoir dans la culture des réseaux de vie.

Ce que nous disons est simple : la satisfaction abondante de nos besoins matériels n’a rien à voir avec ce que nous montre la société de consommation fondée sur la rareté et qui se traduit par de la pauvreté pour au moins la moitié de l’humanité sinon les inégalités de richesses qui font qu’en 2015, 62 personnes possèdent autant que 3,5 milliards d’êtres humains, chiffre qui sera corrigé en janvier 2017 : 8 hommes possèdent autant que les 3,7 milliards les plus pauvres. Chez les Égyptiens avec leur grand prêtre et leur pharaon, il n’y avait pas de pauvres et encore moins d’esclaves mais il y avait des gens instruits et un art de vivre sans commune mesure avec notre société industrielle et de consommation. Hannah Arendt à travers sa lecture de la vie des cités grecques au fonctionnement similaire à celui des bords du Nil, nous place face à notre horreur économique, un travail devenu indispensable à la vie sociale sous peine d’exclusion et de misère, l’élimination des œuvres parce que non rentables et contraires à la primauté de la propriété individuelles des moyens de production et surtout la confiscation de l’action politique réduite à des bulletins de vote épisodiques et sans grande importance face au gouvernement mondial de l’oligarchie financière anglo-saxonne. De plus cette horreur économique est également la pire destructrice de valeurs et d’emplois lors de ses crises récurrentes devenues parfaitement insupportables depuis que nous avons vécu au jour le jour ces crises financières en 1987, 1997, les années 2000 et depuis 2007.

 2.2 les relations sociales sont la condition du développement de l’abondance.

Ces relations sociales portent les valeurs de paix et d’amour et celles –ci se déclinent au niveau des normes principalement par la complémentarité entre les trois formes de propriété. La propriété commune gérée par le groupe social développe les biens matériels, l’immobilier, le mobilier, les biens de consommation et l’alimentation, tous indispensables à la vie et à la survie. La propriété collective gère et développe les bien intellectuels, les savoirs, les solutions optimales dégagées par le principe de subsidiarité et l’alliance des contraires. La réalisation principale tirée des propriétés commune et collective représente une œuvre fondamentale dans le développement des réseaux de vie : la création et le développement des biens communs.

Nous revenons ici au cœur de nos propos : il y a antinomie entre les biens communs et la rareté. Ces deux modes d'organisation appartiennent à des structures radicalement opposées. Lorsqu'il y a des biens communs il n'y a pas de rareté. Lorsqu'il y a de la rareté, les biens communs sont interdits. Le niveau de production des richesses ainsi que la nature de ces richesses sont différentes dans le système de pouvoir économique capitaliste et libéral ainsi que dans l’organisation en réseaux de vie. Il ne s’agit donc pas de vouloir faire rentrer de l’abondance dans le système libéral pour réduire la rareté ou la remplacer. Il s’agit de quitter ce système de pouvoir libéral et les autres systèmes de pouvoir théocratiques, militaires et policiers, présents sur notre planète.

Nous avons présenté dans le premier niveau d'activités stratégiques indispensables à la vie et à la survie, la manière de développer les relations sociales dans le but de minimiser les violences en nous et autour de nous afin d'optimiser notre mission d'autorité : le réseau initiatique, le réseau d'éducation à la citoyenneté et à la vie en groupe, le réseau de prévention des violences, le réseau de gestion de l'autorité qui pilote les 3 réseaux précédents. Cette minimisation des violences est bien un préalable indispensable pour développer des relations sociales capables de garantir la gestion de la propriété commune et les biens communs réalisés par les réseaux citoyens de vie. Il y a bien continuité, réel progrès en étant capable de passer une fois nos violences minimisées, à la gestion des biens communs qui élèvent notre niveau de vie et sont transmis aux générations futures.

Le développement des relations sociales a connu avec Internet un bond en avant phénoménale et chacun peut entrer en contact avec le village planétaire pour s'informer, échanger, apprendre, se divertir, voyager. Les sites web sont devenus interactifs notamment dans le cadre du marketing et de la gestion de la relation client. Les logiciels libres redonnent aux biens communs une place nouvelle et centrale dans cet univers de communication et d'échanges collaboratifs. L'automatisation des processus de traitements des données, la puissance de stockage des banques de données assurent une traçabilité des données inégalées, pas seulement pour les services secrets et la police mais aussi pour chaque citoyen qui veut vérifier par lui même l'information pour la critiquer, l'adopter ou l'écarter. De nouveaux progrès technologiques se mettent en place pour développer des relations sociales plus ouvertes, soudées, réfléchies et soucieuses d'intérêt général, par exemple la  technologie de la blockchain. De façon générale, la blockchain peut potentiellement remplacer tous les « tiers de confiance » centralisés (banques, notaires, cadastre…) par un système informatique décentralisé. Rien que ça. Quand on connaît les surcoûts engendrés par ces « tiers de confiance » dans les pays développés, les problèmes de confiance en ces « tiers » dans les pays en développement, et de façon générale l’enjeu de la place de la technologie dans les rapports humains, on comprend en quoi la blockchain peut bel et bien constituer une révolution.

Nous y reviendrons lorsque nous aborderons les modes de vie dans la culture humaniste à travers l'action politique.

 

Conclusion

 

Nous le redisons une fois de plus, le progrès qui mène à la culture humaniste repose sur l'élimination de trois interdictions, de trois tabous sur lesquels prospèrent les systèmes de pouvoir et particulièrement le système économique libéral capitaliste : l'interdiction de notre première source de savoir, l'interdiction de la propriété commune, l'interdiction de la réalisation des oeuvres et de l'action politique au niveau de la prise en compte de l'activité humaine.

Ces interdictions sont des normes, des règles imposées pour défendre la propriété privée, y compris celle des moyens de production. Le capitalisme, et c'est connu depuis ses origines, n'a pas de valeurs particulières. En ceci il est amoral. Il trafique des valeurs pour masquer l'origine de son pouvoir au niveau des normes. Comme il repose sur une norme essentielle, il devient indispensable que les dirigeants du système économique libéral contrôlent étroitement les citoyens qui assurent le pouvoir politique à travers le système électoral des démocraties. En conséquence, ces dirigeants libéraux et ces politiciens libéraux interdisent la pratique de la subsidiarité et de l'alliance des contraires et donc l'alternative des réseaux de vie.

Les valeurs de la culture humaniste se développent à partir des normes qui sont à l'opposée de celles du libéralisme économique. Dès lors, le travail précède le capital, le travail est valorisé par la créativité et les compétences, les échanges utilisent la valeur d'usage et la valeur d'échange pour développer les relations sociales. La conséquence de la complémentarité entre travail - échanges - relations sociales est alors la valeur de l'abondance.

Passons maintenant aux niveaux des normes de la culture humaniste.

 

pour lire la suite  : I Les normes de la culture humaniste.

La conception de la monnaie 

dans les deux cultures qui s'affrontent depuis le développement industriel.

Plan de la Partie 4 : les réseaux citoyens de vie

la déclaration des droits à la vie sociale pour les êtres humains

les réseaux citoyens : présentation générale

premier domaine d'activités stratégiques : le travail indispensable à la vie.

les réseaux qui développent la mission d'autorité, le niveau de confiance  et la minimisation des violences en utilisant la première source de savoir spirituelle : 

le réseau initiatique

le réseau de prévention et de lutte contre les violences

le réseau d'éducation à la citoyenneté et à la vie en groupe

le centre de gestion des réseaux d'autorité

les réseaux de production et de distribution des richesses matérielles et intellectuelles en utilisant la seconde source de savoir intellectuelle :

I) le cercle vertueux et les biens communs

II) la production des biens indispensables à la vie

III ) l'organisation d'un groupe de production de richesses

le centre de gestion des réseaux de production des richesses

le conseil de l'action politique des réseaux de production et de distribution

second domaine d'activités stratégiques : la réalisation d' oeuvres durables

la réalisation des oeuvres, présentation générale

1ère partie : l' oeuvre politique, économique et sociale.

Les 3 oeuvres développées par les réseaux de vie

1ère oeuvre : la culture humaniste

les valeurs 

1ère oeuvre : la culture humaniste, les normes 

I la complémentarité entre les 3 formes de propriété, les Biens communs

II la Monnaie pleine au service des réseaux de vie

1ère oeuvre : la culture humaniste

les modes de vie 

2ème oeuvre : le savoir global

à partir de nos deux sources de connaissance.

3ème oeuvre : la défense de la culture humaniste

les forces de l'esprit contrôlent la puissance des armes pour la transmission des oeuvres humanistes aux générations futures.

troisième domaine d'activités stratégiques : l'action politique

   
 
   
 

les ressources disponibles pour la mise en place de nos réseaux citoyens de vie

ressources en économie, société, droit, politique

de l'assurance à la solidarité

travail-oeuvre-action politique

Évolution culturelle ou culture de la révolution

L’éducation et la formation: pas dans un système de pouvoir mais dans un réseau de compétences

La perception du travail, depuis 1789

les biens communs

les ressources pour l'utilisation de la première source de savoir: la source personnelle et initiatique

la vie après la vie, le livre du Dr Moody

Les quatre situation pour connaître l'illumination et la rencontre surnaturelle

l'extase amoureuse

Colloque sur l'Expérience de Mort Imminente

DOSSIER France 3 sur le colloque du 17 juin 2006 à Martigues

La première rencontre et décorporation

SHAMBHALA, le rite de Kâlachakra

une technique de décorporation

la seconde décorporation

le développement spirituel

la troisième décorporation

TIAHUANACO, 10 000 ans d'énigmes incas, les dessins rupestres des Andes

Les traductions de la rencontre surnaturelle et des

 

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