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 4ème partie : les réseaux citoyens de vie

Le réseau initiatique, caractéristiques, activités, fonctionnement  

"Il y a un autre monde et il est dans celui-ci" Paul Eluard

"Tout le monde voudrait changer le monde, 

mais personne ne pense à se changer soi-même" Léon Tolstoï

«Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu» Alfred de Musset

 

 

mise à jour : 26/01/2012

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après la présentation générale des réseaux sur les 3 niveaux de travail, nous abordons dans cette seconde sous partie, la présentation de chacun des réseaux.

 

I) caractéristiques :

Premier niveau de travail : indispensable à la survie

But : assurer le développement de la mission d’autorité, c'est à dire développer la confiance en soi et dans les autres, et minimiser la violence afin de vivre en paix en partageant nos amours humains pour trouver nos raisons de vivre.

Finalités 

Période de la vie : tous âges, y compris enfance depuis 4 ou 5 ans.

Axe de développement : expertise, élévation du niveau de compétences (première source de gain de productivité), optimisation de la structure et de l'organisation de vie (deuxième source de gains de productivité)

.

Objectifs :

Pédagogiques et éducatifs :

Matériels :

Repérer, préserver, créer des lieux de vie propices à la démarche initiatiques :

Scientifiques :

Politiques :

Dimension économique : non marchande

Forme de propriété utilisée : individuelle au niveau de la démarche et des enseignements tirés de la rencontre avec les mystères de la vie ; commune au niveau des bien matériels utilisés ; collective au niveau des connaissances et des savoirs élaborés à partir du recueil des expériences individuelles pour en dégager leur dimension universelle et intemporelle. Un initié sait également utiliser correctement la complémentarité entre les 3 formes de propriété, ce qui est source de paix, de non violence par rapport aux biens matériels et immatériels.

Financement : par capitalisation des droits sociaux essentiellement.

 

Résultats attendus :

Positionnement :

Les activités du réseau initiatique se déroulent dans le cadre de l'éducation et de la formation tout au long de la vie. Elles se déroulent parmi les programmes d'enseignement ou tout au moins ceux-ci en font référence ou préparent à certaines de ces activités. Elles ne s'arrêtent pas à la fin du cursus d'éducation et de formation suivi durant la jeunesse.

L'organisation des réseaux citoyens de vie assure la satisfaction des besoins matériels des individus mais elle a une toute autre prise en considération des désirs humains. Nous avons vu que les capacités de production de masse pour satisfaire les besoins matériels ont été atteints dès les années 1925 lorsque les usines qui ont fourni l'effort de guerre ont été reconverti pour la production de biens de consommation et de biens d'équipements. Au lieu d'entrer dans une civilisation de l'abondance sur le plan matériel et d'instaurer un droit au travail pour tous à raison de 20 heures par semaine pour cette production de masse des biens matériels comme Keynes, Duboin et d'autres l'ont préconisé, nous savons que sur les idées de Bernays, Rockfeller et les dirigeants de l'oligarchie financière anglo-saxonne ont préféré avancer la théorie de la satisfaction des désirs humains pour produire toujours plus de biens pour la plupart superficiels, inutiles, avec une obsolessence programmée dans le cadre d'une société de consommation et de gaspillage. Les désirs ne sont pas l'occasion de personnaliser à outrance des produits dans des modes ou des univers de consomnation plus ou moins fantasmagoriques ou puérils pour satisfaire des rêves chimériques. Pour satisfaire les désirs illimités de 20% de l'humanité, 80% des ressources mondiales sont utilisées. Les inégalités de développement et de conditions de vie ne cessent alors de se creuser. Bernays vers l'âge de 60 ans, a demandé d'abandonner cette conception malheureuse de la propagande pour vendre la satisfaction des désirs illimités qui légitiment si bien la rareté économique et donc des prix élevés et la poursuite du système capitaliste et financier libéral. Nous savons qu'il n'a pas été entendu.

Notre positionnement est clair : oui, à côté des besoins matériels, il y a bien des désirs et nous devons les satisfaire mais ces désirs n'ont rien de matériels, il ne viennent pas s'ajouter aux besoins matériels pour produire toujours plus avec l'outil industriel et le système économique capitaliste. Ces désirs sont l'expression de nos interrogations face à la première source de savoir, la source spirituelle : quelles sont nos raisons de vivre ? Pourquoi, comme l'a écrit Camus, nos raisons de vivre sont les mêmes que nos raisons de mourir ? Que puis-je gagner en suivant une démarche initiatique ? Comment franchir les limites de la mort de notre enveloppe humaine charnelle ? Que se passe-t-il à la naissance, lors de la fusion amoureuse de deux corps, lorsque notre corps charnel est menacé de mort ou va mourir ? Quel est le mécanisme d'une décorporation, d'une rencontre surnaturelle ? Comment devenir un voyant ? C'est quoi le dialogue de l'âme pour l'âme et c'est quoi la surréalité ? Quels sont les pouvoirs du monde supérieur et les pouvoirs du monde double ? Que se passe-t-il lors de notre transfiguration entre notre corps charnel, notre présence humaine et notre présence d'après la vie humaine ? Comment vivre sur terre en partageant notre évolution humaine après la rencontre avec les mystères de la vie ? Répondre à ces questions de vie tranforme une existence humaine, lui donne un sens, une confiance, une vision apaisée de notre séjour sur la planète Terre, une relation intime avec la source de vie d'où nous provenons et y retournerons. A ce stade, ce n'est plus une question de foi, il n'y a plus de foi dans des dogmes religieux ou des connaissances mystiques et hermétiques. Il y a partage d'un vécu, d'une expérience de vie sur laquelle peut se construire avec un haut niveau de confiance des relations humaines solidaires, fidèles, humbles mais porteuses d'énergie de vie considérable. Il n'y a plus de rêve ni d'espoir, encore moins de recherche d'un quelconque idéal, il y a des certitudes qui se transmettent dans des étreintes, des caresses, des baisers de paix, dans des gestes d'amour et d'entraide pour s'inviter les uns les autres à aller toujours plus en avant sur ce chemin de vie sans frontières, sans limites lorsque la mort de notre corps charnel n'est plus qu'un passage entre deux manières de vivre la même vie.

Pour trouver nos raisons de vivre et traverser une démarche initiatique, pour satisfaire ces désirs de vivre mieux, en paix, en partageant nos amours, nos confiances et nos solidarités dans un niveau de vie bien supérieur à celui qui existe dans nos systèmes de pouvoirs actuels, ces activités du réseau initiatique se déroulent dans le temps disponible une fois les besoins matériels satisfait avec abondance. Lorsque 20 heures de travail par semaine suffisent pour produire les biens matériels nécessaires, une partie des 15 à 20 heures restantes vont servir à cette éduquation spirituelle et à ces formations pour suivre une démarche initiatique dans le cadre de l'utilisation de notre première source de savoir. Actuellement, après l'interdiction de la voie initiatique  par les papes de l'église catholique comme par la plupart des dirigeants des systèmes de pouvoir théocratique, les dirigeants du système de pouvoir économique industriel et du capitalisme (et souvent les dirigeants catholiques ont été les plus autocratiques), ont pris le relais de cette interdiction en instaurant des conditions de vie absurdes et détestables pour les populations : la soumission à des rythmes de travail et à des rythmes de vie oppressants empêchent les salariés d'avoir du temps pour s'investir dans une démarche initiatique et spirituelle, sans parler des tabous imposés sur ces connaissances. L'horreur économique décrite par Hannah Arendt avec l'utilisation permanente de l'anxiété et du stress pour maintenir les populations dans un état agentique (selon Milgram) est bien destinée à développer toujours plus le conformisme de la pensée, l'ignorance sur la manière de vivre autrement et nettement mieux, avec plus de liberté, de sécurité, de paix et un niveau de bonheur bien supérieur. Bref, les dirigeants de nos systèmes de pouvoir, en particulier ceux du système capitaliste et de son oligarchie financière, maintiennent dans la soumission et le conformisme les salariés de leurs entreprises en les faisant travailler avec des horaires qui empêchent les autres d'avoir accès au travail. Ils préfèrent exploiter le travail des uns et condamner les autres au chômage, à la précarité ou à l'exclusion du marché du travail sous des prétextes divers : trop jeune, trop vieux, trop ceci ou cela. Dans la misère, les populations passent tout leur temps pour trouver de quoi survivre, elles ne peuvent plus ni s'instruire ni trouver le temps pour entreprendre une démarche initiatique et spirituelle. Elles ne savent même plus quels sont les chemins de leur libération pour briser les chaînes de ces systèmes de pouvoir qui les écrasent.

Ces activités du réseau initiatique ont bel et bien un positionnement destiné à donner les savoirs et les capacités pour briser le carcan de nos systèmes de pouvoir et ouvrir les chemins de la libération des peuples. C'est le prolongement de l'évolution humaine, la suite du partage de nos raisons de vivre et de mourir. Nous ne renaissons pas à la vie humaine en revenant de la vie d'après la vie humaine pour accepter, collaborer à un tel mépris de la vie, pour rester passif devant tant de crimes, de vol et de manipulations commis par celles et ceux qui n'ont pour seules raisons de vivre, que la soif chimérique de toujours plus de richesses matérielles, d'argent et de pouvoir de domination sur les autres. Freud et Keynes s'étaient également interrogés sur ce désir obsessionnel de toujours plus de richesses et de pouvoir. Freud avait proposé une réponse liée à la peur maladive de la mort. Le poète, l'initié n'a plus peur de la mort et donc n'a aucune soif de toujours plus de richesses. Il veut vivre dans l'abondance de biens matériels procuré par le travail de tous les autres et la satisfaction de ses désirs de vivre une vie heureuse en partageant ses amours et ses rencontres avec les mystères de la vie. Ce n'est pas compliqué pour qui veut vivre et mourir libre, sans être soumis aux dirigeants des systèmes de pouvoir !

 

II Les activités et le fonctionnement des institutions du réseau initiatique:

 

A ) Les activités s’organisent par rapport à chacune des 4 voies qui mènent à l’initiation et à la rencontre avec les mystères de la vie : le dépassement des limites de notre corps charnel, l’extase amoureuse, la voie mystique ou religieuse, la voie directe ou poétique.

1) Le dépassement des limites de notre corps : il y a deux situations : le dépassement lors de la pratique sportive, le dépassement lors d’utilisation de drogues ou d’alcool pour obtenir des états seconds en dehors de notre conscience habituelle.

1.1   le dépassement lors de la pratique sportive.

Ces moments sont bien connus des sportifs, particulièrement de celles et ceux qui font des compétitions. Aux Etats-Unis, ces moments de dépassement de soi et de conscience extraordinaire occupent une place essentielle dans la psychologie du sport. «  Etre dans la zone », reproduire méthodiquement les conditions qui nous font entrer dans « la zone » peut devenir une obsession quotidienne tant les résultats sont améliorés par cette sensation et cette perception différente de l’effort fourni par notre corps humain. Dans ces moments, le corps semble disparaître et seule la volonté l’emporte. Exemple en vélo : placer un démarrage pour s’échapper ou accélérer dans un col pour distancer les autres ; en tennis : avoir une habilité stupéfiante pour vouloir que la balle aille exactement à cet endroit et elle y va. Ces moments procurent une sensation de bien-être, de légèreté, de facilité, de détachement. Par la suite, nous comprenons que dans ces moments, nous sommes quasi invincibles, non pas du fait d’une supériorité manifeste mais tout simplement parce que les autres n’ont pas été à ce moment là eux aussi dans « la zone ». Dans un premier temps, il s’agit de ne rien dire pour ne pas éveiller l’attention et que les autres se mettent également à rechercher cette zone. Puis, entre champions, le sujet peut se partager : nous savons qu’il est difficile de commander à notre corps et à notre esprit de rentrer dans la zone. C’est un moment magique mais qui semble revenir plus fréquemment une fois que nous l’avons connu et que nous recherchons ardemment à le revivre : notre corps fournit des efforts violents insoupçonnables alors que notre esprit se trouve dans une atmosphère de totale tranquillité.

Parmi les différentes recettes retenues pour favoriser cet état de zone, il y en a une qui s’inscrit typiquement dans une démarche spirituelle : il faut vouloir faire cet effort mais pour de bonnes raisons et non pas pour l’argent, la gloire ou épater les autres. L’expression la plus conventionnelle utilisée par les compétiteurs est de se faire avant tout plaisir. Parmi ces plaisirs, le plus courant est de réaliser un rêve, accomplir un but auquel nous avons beaucoup réfléchi, pensé, imaginé. Un exemple personnel parmi d’autres : coureur cycliste amateur, j’étais un grimpeur avec ma taille et mon poids, lors de mon premier séjour dans les Alpes de Haute-Savoie, durant un week-end de mai, à partir d’Annecy je fais une randonnée par le col des Aravis puis au retour par le col de la Colombière depuis Sallanches. J’étais fébrile à l’idée de grimper enfin de véritables cols dans des paysages que j’aimais. Mis à part le tracé sur la carte Michelin, je n’ai que les remarques de mes camarades : le dernier kilomètre de la Colombière est terrible. C’est la première fois que j’entreprends une randonnée aussi longue avec des cols aussi élevés. Pourtant, après m’être quelque peu réservé dans mes efforts et sentant bien que j’étais en très bonne forme, lorsqu’au sortir d’un virage, je vois la route traverser le pierrier et au bout, le col, je sais que je suis enfin dans cet endroit tant imaginé et ce col m’attire comme un aimant. Je décide d’y aller et en produisant mon effort, je roule de plus en plus vite et rapidement, je ne sens plus rien, je suis heureux d’être dans un paysage aussi grandiose, c’est la première fois. Les mois d’hiver et le printemps passés en haute montagne durant cette année dans les chasseurs alpins m’ont habitué à l’altitude et ce col n’a rien à voir avec les sommets déjà escaladés. C’est facile et je passe le col dans une certaine déception : c’est trop court, j’aurais du monter tout le col dans ce même effort et j’y serais parvenu. La descente sur le Grand Bornand n’y change rien : je suis déçu car ces instants ont disparu. J’en avais connu d’autres sur mon vélo mais pas un aussi puissant et c’est certainement du à cette escalade en haute montagne. J’étais seul, seul à mon plaisir mais si d’autres avaient été là, probablement que cela n’aurait rien changé : j’étais très concentré dans mes efforts et ils ne m’auraient pas dérangé. Par la suite, je n’aurai plus l’occasion de faire des randonnées en vélo ou des courses dans les Alpes, j’y reviendrai pour des randonnées à ski ou à pied. Cette ligne droite et ce col tout au bout ont un effet captivant : c’est rare d’avoir un dernier kilomètre comme cela dans un grand col. La télémétrie qui s’installe entre la route, le col, l’esprit, les deux cerveaux et les muscles est très particulière et aspire la volonté dans une anesthésie très agréable. Je pensais souffrir et haleter sur mon guidon comme la plupart du temps dans ce genre de situation et je m’étais préparé à serrer les dents et à appuyer sur les pédales. Je n’ai même pas senti que j’avais des pédales, j’avançais sans souffle, sans battement de cœur et le col s’approchait de plus en plus. La pente, l’altitude, le ravin sur la gauche n’existaient pas. Ce n’était pas « le second souffle » bien connu des sportifs, c’était beaucoup plus puissant.

Par la suite, j’ai rangé ce souvenir parmi mes expériences de poète et mes deux décorporations (la troisième allait arriver quelques semaines plus tard au cours d’un accident d’escalade). J’ai classé ces expériences de dépassement de soi dans l’effort physique, parmi les voies qui mènent à l’illumination, à l’extase et la rencontre avec les mystères de la vie. C’est une voie facilement praticable avec un entraînement régulier. Je n’ai pas eu l’obsession de revivre ces instants en poursuivant le cyclisme de compétition ou les compétitions de ski de fond. J’ai poursuivi la voie poétique utilisée depuis mon enfance ainsi que par moment la voie mystique et une à deux années plus tard, je découvrirai la voie de l’extase amoureuse qui remplacera ces moments de dépassement de soi dans l’effort physique quoiqu’il y ait une certaine relation entre les deux.

Aujourd’hui, la médecine analyse ces moments dans « la zone » à travers les substances chimiques que produit notre corps durant ces instants d’euphorie. Le rôle de la bêta-endorphine est mis en évidence avec son pouvoir analgésique cinquante fois supérieur à celui de la morphine. Mais la question reste entière : comment déclencher ce processus chimique exceptionnel au bon moment et pourquoi il ne se déclenche pas et surtout pas sur un ordre de notre volonté ? Il n’en reste pas moins que la pratique du sport et les sacrifices consentis durant les entraînements sont largement compensés par cette récompense suprême, ce plaisir extrême qui nous transporte dans un autre monde, une autre dimension qui touche à l’éternité et qui se confirme car jamais ces moments ne s’oublient pour rester au contraire toujours présents comme si nous y étions toujours et toujours avec le même plaisir qui ne s’affadira pas. Ces moments nous rendent plus fort et c’est bien également un résultat donné par la démarche spirituelle réussie quelque soit la voie empruntée.

 

1.2   le dépassement lors d’utilisation de drogues ou d’alcool pour obtenir des états seconds en dehors de notre conscience habituelle.

Bien entendu, pour poursuive quelques anecdotes, je ne buvais pas ni me droguais durant ces dix années de compétions sportives et après encore moins. En tant que jeune poète, une fois la source trouvée, je n’ai pas eu besoin de drogues, d’absinthe ou d’opium pour stimuler ma créativité. En vélo, ce n’est pas un aveu, j’ai eu l’occasion une fois d’être dopé avec un médicament : le rinutan qui a pour effet de couper toutes les sécrétions nasales, toux, rhumes etc. C’était au courant d’avril et j’avais pris froid à l’entraînement. Ne voulant pas pénaliser mon début de saison en manquant quelques courses de vélo, j’ai pris ce médicament et le dimanche, malgré la pluie froide, j’ai réussi à tenir le peloton jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais les souvenirs sont très contrastés : sur le vélo, je naviguais à vue dans les bordures en n’ayant pas une concentration et une conscience claire, c’était le brouillard dans ma tête et à plusieurs reprises j’ai failli chuter si des réflexes ne m’avaient pas permis de sauter à l’ultime seconde  à travers un nid de poule, une tranchée d’évacuation des eaux, une pierre ou un trou dans le bas côté de la route. A l’arrivée, j’étais épuisé nerveusement par toutes ces frayeurs provoquées par cet état mental inhabituel. Lorsque j’ai rejoint rapidement les vestiaires situés à côté du terrain de football de ce village, j’ai constaté que j’étais dans un état euphorique inconnu jusqu’alors : les joueurs de foot étaient en train de se doucher et devant les cabines fermées, plusieurs jeunes filles attendaient avec la serviette à la main. Il n’était pas possible d’attendre car à ce rythme le peloton n’arriverait pas à se doucher avant une ou deux heures. Nous avions d’autres habitudes et préférions les douches collectives mais jusque là, ma pudeur m’avait poussé à me laver rapidement à côté de la voiture et je n’étais jamais allé aux douches avec les copains. Là, comme j’étais malade, il me fallait une bonne douche chaude et avec la pluie, j’avais du sable partout sur le corps. Je ne pouvais salir de la sorte notre voiture. Devant ces portes fermées, je n’hésite pas une seconde, une fois déshabillé avec la serviette à la main, j’écarte la demoiselle, ouvre la porte et fait signe au garçon de se pousser car il y a de la place pour 2 ou 3 personnes. Il y a un affolement général, le garçon sort en vitesse de la douche car il avait fini. Je ressors de la cabine et je constate que les copains cyclistes ont suivi le mouvement, toutes les portes restent ouvertes et les joueurs de foot quittent le vestiaire. Nous sommes deux ou trois à nous laver dans notre cabine et rapidement je peux m’habiller, rejoindre la voiture et rentrer à la maison. J’étais bien dans un état euphorique et en lisant la notice de ce médicament, je constate que c’est bien un effet secondaire prévu. C’est de ce dimanche et de cette course de vélo que je me plais à dater ma conversion au naturisme et à la pratique du sauna puis quelques années plus tard je découvrirai le tantrisme, les massages  provenant d’Asie et je finirai par convaincre une charmante jeune fille de partager tous ces plaisirs ensemble (quelques unes refuseront toutefois auparavant).

J’utilise cette anecdote ici pour deux raisons : d’une part les états d’euphorie servent à vaincre des barrières dans nos attitudes et comportements et les conséquences de ce "franchissement des frontières" peuvent être salutaires. D’autre part, cette anecdote sert aussi de transition avec la deuxième voie qui mène à la rencontre, celle de l’extase amoureuse qui requiert au départ une certaine acceptation de notre nudité et une certaine vision de notre corps. Il va de soi que les drogues, l’alcool rendent dépendant et que leurs abus mènent à la déchéance, à la misère et à la mort. Dans la démarche initiatique, leur utilisation sous la conduite de personnes expérimentées est possible pour vaincre au préalable certaines barrières liées à notre éducation ou à une culture dont il est utile de se débarrasser.  Mais ce dépassement du corps en état d’euphorie n’atteint pas la puissance bénéfique de la « zone » obtenue à travers l’effort physique. Ce n’est qu’une première approche très limitée du chemin qui mène à la rencontre avec les mystères de la vie.

 

2) L’extase amoureuse

La démarche initiatique et spirituelle, la première source de savoir est utilisée principalement pour canaliser et éliminer la cause principale des violences individuelles : l’ignorance et les excès dans l’utilisation de la dimension sexuelle des êtres humains. Cette prise en considération de la sexualité, nous l’avons vu, est une des caractéristiques majeures des organisations en réseaux de vie alors que tous les systèmes de pouvoirs l’interdisent pour justement commencer à dominer les peuples à travers leurs interdits et tabous sur la sexualité. Les systèmes de pouvoir civils et économiques en font une marchandise pour un commerce très profitable. L’utilisation de la sexualité avec la violence ou avec la profusion d’images pornographiques enlève toute dimension initiatique pour banaliser l’acte sexuel et le séparer de toute dimension affective et amoureuse afin de le ranger dans la vitrine des performances individuelles et égocentriques. La recherche d’un couple solide et durable avec des amants capables d’aller à l’extase initiatique est ainsi écartée et oubliée au profit de relations sexuelles cataloguées et mesurées selon les performances prescrites par les dirigeants. L’idéal sexuel sert alors à fonder de nouveaux conformismes pour dominer l’intimité de celles et ceux qui se soumettent à ces dirigeants des systèmes de pouvoir civils et économiques. Et encore, l'obsession des performances économiques imposées par les dirigeants du système modifie l'ordre des valeurs de nos cultures. Il n'y a pas qu'au Japon ou aux Etats-Unis que le sjeunes diplômés font de plus en plus le choix de sacrifier leur vie privée et leurs amours à la réusssite sociale et à leur carrière professionnelle. Chacun va sa vie selon une liberté factice sans jamais trouver ni l’amour ni un partage heureux de sa sexualité et la société sans couples d’amants solides devient plus faible et ne sait plus résister et se libérer de ce conformisme et de cette dictature sur les esprits et la sexualité. Ce constat amer et révoltant sur l’utilisation de la misère sexuelle pour dominer les peuples ne date pas d’aujourd’hui.

Illustration : Diderot écrivit le " Supplément au voyage de Bougainville" pour montrer à ses contemporains à quel point les Tahitiens leur étaient supérieurs par rapport à la morale sexuelle. Bacon considérait que les questions sexuelles constituent la moitié de la connaissance. Freud  a lancé l'étude de l'instinct sexuel et de ses manifestations à travers les rites et les coutumes. Longtemps Freud estima que la répression de la sexualité dans la société patriarcale constitue le fondement de l'ordre social. Il fallut que Malinowski lui démontre que dans des sociétés primitives et matriarcales, la sexualité servait de fondement à l'organisation des communautés pour que quelques années avant sa mort, Freud, à Londres où Malinowski l'avait accueilli, revienne sur ses idées de répression sexuelle, sur le rôle de Thanatos et s'en tienne à une vision plus positive de notre existence humaine. (voir notre page sur Malinowski et son livre : la vie sexuelle des sauvages des îles Trobriands)

A travers le réseau initiatique et la voie de l'extase amoureuse, il s’agit d’utiliser le langage des corps pour atteindre la fusion des êtres. Les techniques sont connues. En Europe, elles ont été interdites par l’église chrétienne romaine dans son entreprise de domination des peuples à travers ses dogmes théocratiques et sa répression de la sexualité afin de mieux combattre le mal. Ces techniques ont été maintenues sur les autres continents, en Asie, Océanie, Afrique, Amériques lorsqu’elles n’ont pas été éliminées par les missionnaires chrétiens ou les autorités musulmanes qui ont eu en ce domaine des objectifs similaires pour nier l’égalité homme femme et faire de la femme la pécheresse par qui le mal arrive. Parmi ces techniques, nous retenons principalement le tantrisme sans parti pris pour les autres techniques similaires.

Le cheminement vers l’extase amoureuse requiert une connaissance suffisante de notre corps, des énergies qui l’animent. Ce travail sur soi peut passer par l’exercice du dépassement de soi à travers la pratique sportive et la découverte de la « zone ». Ensuite, il s’agit d’aller vers l’autre pour un partage de moments qui nous dépassent. Le propre de la fusion des êtres est d’être très proche d’un état de décorporation, le but ultime de l’initiation. Nous connaissons les expressions usitées à travers le monde et qui traduisent une connaissance humaine universelle : l’orgasme nous plonge dans une petite mort, se perdre dans la vallée de l’orgasme, chevaucher la vague de Béatitude. A ce stade, il se s’agit plus de collectionner des moments d’euphorie qui ont ici une autre forme que ceux que nous pouvons trouver par d’autres moyens. Ces moments de relaxation intense et de fusion des corps sont des moments d’extase amoureuse justement parce que nous découvrons une communion insoupçonnée avec notre partenaire. Nous arrivons à ce que les poètes nomment le dialogue de l’âme pour l’âme : il y a un partage d’éternité dans une autre dimension temporelle, au delà des réalités mortelles de notre condition humaine. L’extase amoureuse prouve aux deux amants non seulement qu’ils sont bien ensemble mais qu’ils peuvent s’accomplir chacun en s’aimant. Il suffit de s’aimer et de se donner du temps pour s’aimer pour perfectionner cette fusion des corps qui ouvre la voie de l’extase. L'extase n'est pas la contemplation d'un vide ; c'est aussi un moment d'attente et d'ouverture pour une rencontre supplémentaire : la rencontre avec celui qui vit en nous et qui est le même que celui qui vit dans l'autre, dans tous les autres. Nous sommes alors au stade de la communion avec ce que les asiatiques nomment le "Tout", le Tao. C'est le samadhi.

Cette simplicité dans la démarche amoureuse est aussi la raison pour laquelle les dirigeants des systèmes de pouvoir, particulièrement les théocraties, interdisent cette voie initiatique qui contredit le pouvoir des prêtres et la soif de richesses matérielles que ces dirigeants manifestent. Les peuples premiers et les civilisations florissantes du passé témoignent d’un niveau de vie supérieur au nôtre justement parce que ces peuples se sont beaucoup aimés en se contentant de biens matériels et de nourriture juste nécessaire à la survie, au confort.  Leurs richesses sur le plan spirituel complétaient à satiété et avec abondance une vie qui nous paraît aujourd’hui, nous les champions du matérialisme scientifique, comme une frugalité suspecte ou un manque d’ambition coupable pour ne pas avoir cherché à construire tous ces biens matériels supposés nous apporter le bonheur et qui, scientifiquement, ont conduit la société industrielle aux dérèglements climatiques et à l'épuisement des ressources naturelles.

Utiliser la voie de l’extase amoureuse dans une démarche initiatique a des conséquences sociales, économiques et politiques. Le dépassement de soi à travers l’effort physique, vivre des moments de « zone » reste le plus souvent enfoui dans l’intimité individuelle et les règles de la compétition sportive impliquent qu’il ne faut pas mettre les autres concurrents sur cette voie source d’exploits et de victoires. L’extase amoureuse ne peut pas rester secrète : les amants qui la recherchent vont devoir passer un certain temps dans la pratique d’exercice qui la prépare. Ils vont devoir s’investir dans notre dimension sexuelle et franchir les limites des tabous culturels et sociaux. Le langage des corps s’épanouit dans des contextes biens connus : au soleil, au bord de l’eau, dans des paysages naturels enchanteurs et qui procurent un calme, un isolement capable de nous signifier que nous sommes seuls au monde pendant le moment de notre partage amoureux. Mais c’est surtout après les premières extases que la situation évolue : ce partage pour devenir réel a besoin d’autres partages. Nous sommes ici déjà dans la traduction de la démarche initiatique : ce qui nous est arrivé est finalement simple à obtenir, il suffit de vouloir le demander. Pour poursuivre ces rencontres, ces moments de « zones extatiques amoureuses », les amants vont se heurter aux contraintes de leurs vies personnelles : les éléments innés de leur caractère et de leur personnalité, les éléments acquis dans leur éducation, leur histoire qui fonde leur identité avant leur rencontre amoureuse. Bref, ils doivent prendre en compte tout ce qui va au delà d’une simple pulsion sexuelle fondé sur le seul besoin de reproduction. Ils doivent transcender la dimension animale propre à l’être humain pour s’aventurer vers les mystères de la vie.

Cette aventure humaine fortement irrationnelle et aux résultats incertains n’a pas de place dans les systèmes de pouvoir qui ont besoin d’imposer un ordre rationnel afin de constamment soumettre les peuples à leurs intérêts. L’exemple le plus connu est le mariage arrangé par les parents dans le but de défendre une propriété privée, un patrimoine foncier, des intérêts de classe sociale. L’héroïne la plus connue est également cette jeune fille qui refuse ce mariage arrangé et qui s’ingénie à gagner l’amour du prince ou du roi pour transformer un pouvoir despotique et le rendre plus humain au service de l’ensemble du peuple… et le peuple remerciera cette nouvelle princesse qui aura changé le pouvoir. C’est un rêve permis qui s’est peut-être réalisé une fois ou deux. Dans les sociétés organisées en réseaux de vie, nous connaissons également depuis plus de cinquante ans, comment ces peuples ont développé une culture fondée sur les valeurs de paix et d’amour. Dans notre première partie, nous avons décrit l’organisation du peuple Moso, celle des indigènes des îles Trobriands décrite par Malinowski et transmise à Freud. L’organisation matriarcale n’est pas simplement un rapport de force qui a tourné en faveur des femmes ; ce n’est pas un résultat historique car sinon les hommes  se seraient révoltés contre le despotisme des femmes. Nous avons montré que le matriarcat repose sur la liberté sexuelle. Les enfants et adolescents partagent des jeux sexuels pour apprendre le langage de leurs corps puis une initiation leur permet de partager la vie des adultes. Le but est d’arriver à des couples d’amants heureux et durables qui sur le plan social seront capables d’assurer l’éducation de leurs enfants, la minimisation des violences conjugales, familiales, sociales. Et ces peuples réussissent à vivre en paix à travers des amours sans pères ni maris. Nous n’allons pas reprendre en détail la culture du peuple Moso par exemple. Mais nous retenons qu’un peuple, que des réseaux de vie s’organisent pour favoriser la survenance et le vécu d’extases amoureuses. Les femmes, les mères sont gardiennes de ces cultures dans lesquelles les adolescents qui ont été capables d’aller dans leur démarche initiatique et spirituelle jusqu’à l’extase amoureuse deviennent des adultes. C’est la principale responsabilité parentale : transmettre cette connaissance et cette capacité à connaître l’extase amoureuse qui transforme le couple d’amants pour fonder une société de paix et d’amour. Il y a une grande différence entre les pratiques sexuelles pour approfondir le langage de notre corps qui ont lieu dans les écoles d’amour ou la maison commune des îles Trobriands et les pratiques initiatiques qui mènent au partage de l’extase amoureuse qui ont lieu dans la maison des amants ou la case réservée aux amoureux dans le village d’Océanie. C’est une marche qui se poursuit avec des gradations de plus en plus élevées et les dernières marches nécessitent une plus grande maîtrise de nos ressources intimes et de nos énergies vitales. La liberté sexuelle permet justement cette recherche de l’âme sœur tout au long d’une vie humaine, en tenant compte inévitablement des hasards de nos rencontres sur Terre. Cette liberté bénéficie aux femmes comme aux hommes puisque le but est de favoriser la multiplication des amants vivant l’extase amoureuse. La vie ne se limite pas à l’extase amoureuse, il est possible d’aller plus loin dans la démarche spirituelle.

 

3) La voie mystique

Le but est ici essentiellement spirituel : il s'agit de prendre contact avec le monde supérieur. Nous appelons « monde supérieur », tout ce que les religions véhiculent comme connaissance sur le ciel, les présences qui s'y trouvent, etc. La caractéristique de la voie mystique concerne l'utilisation de rites religieux, des prières, des paroles et des écrits laissés par nos anciens. En utilisant ces paroles, nous devrions entrer plus facilement en contact avec les mystères de la vie. La plupart des religions utilisent essentiellement la voie mystique pour inciter leurs membres à pratiquer leurs enseignements. Mais cette voie mystique existe en dehors d'une religion car un être humain est capable à travers son expérience initiatique de créer lui-même de rites ou des paroles qui le mèneront plus facilement vers d'autres rencontres, une fois qu'il a trouvé le chemin. Nous pouvons partir des mots de Musset : " Dieu parle, il faut qu'on lui réponde ".

Le fonctionnement du mysticisme repose sur la prière : il s’agit d’une demande pour que des présences du monde supérieur intercèdent en notre faveur. Comme pour la « zone » dans l’effort physique, l’effort intellectuel qui est ici utilisé doit servir une cause valable et non pas un petit profit personnel et égoïste. Résultat de nombreuses expériences mystiques rassemblées par les diverses religions qui parcourent l’humanité depuis son origine, la démarche mystique suit une progression logique.

Dans un premier temps, il s'agit d'arriver un certain degré d'automatismes intellectuels qui permet une déconnexion entre les paroles prononcées et l'esprit. Il ne s'agit pas d'arriver à une extase intellectuelle mais à un dédoublement de l'activité intellectuelle. La récitation automatique de textes et de prières maintient un certain niveau d'activité dans le cerveau à partir duquel il est possible d'enclencher une seconde activité bien plus créatrice et intuitive pour superposer un deuxième langage intime. Les prières servent de base pour prouver notre démarche, c'est la manifestation que nous demandons une prise de contact (en langage html, nous dirions que les prières servent de balises pour mieux véhiculer le message) mais la demande personnelle que nous pouvons formuler est une demande bien plus intime. Cet exercice peut se dérouler seul et en silence à travers la pratique d'une méditation. La méditation est d'ailleurs la forme la plus simple et la plus discrète pour commencer un cheminement spirituel mystique. Mais il faut une certaine volonté et un cadre propice pour favoriser la méditation. Il est beaucoup plus facile de jouer sur un effet d'entraînement à travers une prière de groupe ou de chants religieux. C'est la base de la pratique religieuse et la raison d’être des édifices religieux avec une acoustique ou une atmosphère propice.

Dans un second temps, il devient possible de s'adresser à une présence du monde supérieur pour lui demander d'intercéder en faveur d'un proche qui est dans le besoin. Le cas le plus simple est de demander de l'aide pour que quelqu'un guérisse ou ne souffre plus. Pareillement, il est possible de demander que quelqu'un change radicalement de comportement pour améliorer sa vie, aider sa famille, abandonne une attitude destructrice et suicidaire. C'est pourquoi la plupart des maîtres spirituels qui ont fondé des religions, conseil de se tourner vers nos proches qui sont dans le besoin, sont malades, en prison, sous la domination de maladies ou d'addictions perverses et malfaisantes. En les connaissant bien, nous sommes alors capables de prier pour eux et de vivre l'expérience de la prière réussie.Sans entrer dans notre expérience intime, vers l'âge de 12 13 ans nous avons expérimenté cette prière réussie avec succès.

Dans un troisième temps, la question de savoir qui est la présence du monde supérieur qui intercède à nos prières devient lancinante et il s'agit alors de pénétrer dans les arcanes du mysticisme le plus profond. À ce stade il y a deux possibilités : soit un être humain peut disposer des enseignements spirituels les plus profonds pour les utiliser et se laisser conduire dans ces rencontres surnaturelles, soit il élabore ses propres rites spirituels pour favoriser le déclenchement de ces rencontres. Pour la première possibilité, les systèmes théocratiques n'offrent pas cet enseignement car l'initiation individuelle est interdite, l'individu doit suivre les préceptes religieux et seule sa soumission la plus fidèle peut autoriser à obtenir l'intercession du prêtre sinon celle de Dieu lui-même. Il en va de même pour les religieux qui la plupart du temps ne reçoivent aucune éducation spirituelle digne de ce nom. Pour la deuxième possibilité, les écueils sont nombreux et l'individu devra avancer avec prudence. Il devra tout d'abord commencer par faire le tri parmi ces présences qui viennent à lui. Pour revenir à une anecdote personnelle, j’ai écrit que vers l'âge de cinq ans, alors que la plupart des enfants traversent une crise de rêves et d'agitation nocturne, j'ai été confronté à de sérieuses crises de somnambulisme qui me laissaient au petit matin complètement épuisé. J'ai pris conscience que je ne rêvais pas mais que des présences s'occupaient de moi car elles savaient que j'étais déjà poète. Je découvrais à ce moment-là qu'il y avait une voix en moi mais ces présences nocturnes apportaient une confusion totale dans ma vie. Instinctivement, j'ai utilisé le dialogue de la prière pour demander à ma voix de m'aider. Elle m'a fait comprendre la nature de ces présences : il s'agissait de personnes défuntes qui n'avaient pas trouvé le repos ni l'accès au monde supérieur. Je devais prier pour elles et demander d'une manière générale à ce que ces personnes errantes ne viennent plus me déranger. Sur-le-champ, la prière a été exaucée et je n'ai plus jamais été embêté par ces présences errantes. Il y a quelques années, lors d'une conférence animée par le cercle Alan Kardec de Nancy, en guise de conclusion au débat, le président dans une sorte d'aveu, déclara que le spiritisme finalement n'était pas si bien que cela car la plupart du temps, les contacts étaient ces esprits errants qui n'avaient pas trouvé la paix et il s'agissait au cours de ces séances spirites, de prier pour eux afin qu'ils puissent traverser le puits de lumière et quitter notre condition humaine. A la longue, il trouvait de toutes ces prières étaient fatiguantes. En effet, des êtres humains initiés aux mystères de la vie sont capables de verifier si leur proche défunt a bien ou non franchi le puits de lumière et s'il n'erre pas dans le monde double ou s'il n'a pas été pris par l'envoyé des ténèbres. Cependant devant l'ignorance imposée par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir, il n'y a plus que les poètes, les initiés et le président d'un cercle spirite pour s'occuper des âmes errantes et des défunts mals aimés par leurs proches.

Il s'agit là, parmi d'autres, d'une limite à la démarche mystique. Après avoir écarté les dogmes et les rites religieux des théocraties qui interdisent les démarches spirituelles individuelles, nous pouvons nous tourner vers les mouvements spirituels, principalement d'Asie, vers les communautés spirituelles des abbayes et les ordres monastiques. Pour le grand public, une approche mystique célèbre reste le champ grégorien qui permet avec une facilité étonnante de laisser libre cours à ses émotions dans la manière de chanter. Dans notre roman nous avons raconté notre expérience lorsque notre chorale a chanté le Miserere d'Allegri dans la version à 9 chœurs. Mais très vite, nous devons constater la perte et le manque de connaissances spirituelles disponibles pour cheminer dans cette voie mystique emplie le plus souvent de légendes les unes plus fausses que les autres et créées par les dirigeants des systèmes de pouvoir religieux. Comme j'ai pu le suivre en tant que jeune poète, il reste le chemin direct vers la rencontre illuminatrice : le dialogue de l'âme pour l'âme.

 

4) La voie directe : le dialogue de l’âme pour l’âme ou la voie de la poésie

À travers notre site fileane.com, nous avons longuement présenté la démarche politique et la manière avec laquelle elle nous a permis, en franchissant trois décorporations, de réaliser notre involution, de vivre plusieurs illuminations avant d'entreprendre notre évolution humaine. La démarche poétique est directe parce qu'au départ il n'y a pas d'autres intermédiaires. Le jeune poète très jeune découvre qu'il y a une voix, une source en lui et durant toute son existence humaine, il cherchera à mieux identifier cette source, à s'y abreuver à satiété, à communier avec elle jusqu'à faire le voyage de son âme vers son origine d'éternité.

Cette source qui parle et transmet ses vibrations à travers tout son corps charnel, présente au départ un caractère excessivement mystérieux car de suite le jeune poète sent qu'il est en présence d'une énergie considérable à la puissance phénoménale. Sa première approche consiste à canaliser cette source, à se rendre à cette source dès qu'il en éprouve le besoin pour pouvoir chercher à comprendre cette source de vie infinie. Dans la lettre que nous avons rédigée à un jeune poète, en réponse à celle de Maria Rilke bien trop superficielle et incomplète à notre goût, nous avons décrit les étapes de ce travail poétique. Dans un premier temps il s'agit de mettre des mots pour réussir à identifier et à nommer cette présence qui vit en nous. Le jeune poète comprend que les vibrations de cette source sont au départ une mélodie qu'il ne peut pas ignorer et donc, son écriture sera d'abord celle d'un chant qui réunit une association entre une mélodie et des mots. Il y a plusieurs manières de faire et le jeune poète après avoir écrit ses premières rimes et ses premiers poèmes, va chercher chez les autres poètes des exemples et des conseils pour parfaire son écriture. Peu à peu, il va avancer dans sa démarche poétique et rencontrer une première difficulté. Devenu maître dans la transposition mélodique de la musicalité de sa source, il peut se laisser aller au piège de la versification et écrire, par exemple, une centaine d’alexandrins en une heure. En abusant de la technique de versification, il peut délaisser sa source pour se consacrer à des jeux avec les mots, jouer sur des associations d'idées, jouer sur les effets de styles littéraires, bref devenir un poète de salon et se complaire dans la poésie descriptive. Comme nous l'avons fait, nous conseillons au jeune poète de rester fidèle à sa poésie intuitive et à sa source. Au fur et à mesure de sa démarche, il va pouvoir capter un débit beaucoup plus puissant et se mettre à interroger sa source, chercher à comprendre d'où elle provient. Sans trop souvent bien le comprendre, le jeune poète de 10 - 12 ans s'aventure sur le chemin de la spiritualité et il se confronte directement aux mystères de la vie. À travers notre première décorporation vers l'âge de 12 ans, au cours de la rédaction d'un poème, le soir dans la salle d'étude de l'internat, nous avons cherché à identifier cette source et comme réponse, nous avons eu la sensation atroce de déchirer un voile pour faire pénétrer dans notre cerveau cette puissance si captivante. Nous avons décrit le résultat : nous nous sommes retrouvés à une dizaine de mètres de notre banc, au fond de l'étude, en voyant et en écoutant tout ce qui se passe jusqu'à nous demander avec effroi comment nous allions regagner notre corps qui était bien à sa place là-bas. Dès que nous avons eu cette peur effroyable, comme par l'entremise d'un pilotage automatique, la voix a donné l'ordre de regagner mon corps tout doucement et ainsi en état du décorporation j'ai pu refaire le chemin entre le fond de la salle d'étude et mon banc. La démarche poétique prend alors un tout autre sens : il devient la traduction des mystères de la vie pour assurer une utilisation de cette puissance phénoménale afin de changer notre condition humaine pour la rendre moins mortelle et davantage riche de moments vécus dans la vie après la vie humaine. Pour mieux comprendre ce qu'il vient de vivre, le jeune poète se plonge assidûment dans la lecture de ses aînés pour retrouver la trace de tels événements incroyables. Et les recueils de poésie ne sont pas avares de tels détails. Il va se familiariser avec l'écriture symbolique, il va admettre que l'art est d'abord une traduction du sacré. Le jeune poète va se constituer sa collection privée et la plupart du temps, il trouvera une source mélodique non pas pour réciter mais pour chanter les poèmes de ses aînés qu'il prend comme cadre de référence. Dans les textes spirituels, il trouvera notamment les conseils les plus utiles : se préparer à couper tous les liens qui peuvent encore l'unir à sa condition humaine mortelle. Il lira attentivement le rite du Kâlaschakra en rapport avec la légende de Shambhala. Il méditera également sur l'histoire du pont de l'épée que Lancelot franchira dans le roman " le chevalier à la charette " de Chrétien de Troyes. Devenu un voyant, il peut commencer son évolution en composant une poésie capable de changer la vie. C'est alors qu'il va rencontrer une deuxième difficulté : comment faire passer sa poésie dans un monde sourd et hostile, aveuglé par l'argent et par le pouvoir temporel. Écartant d'un revers de main les tentations de la poésie descriptive qui plaît tellement aux intellectuels en manque d'idées, le poète devenu mature va devoir se coltiner le langage des hommes pour y remettre de l'ordre et faire de la place à la traduction des mystères de la vie.

Face aux dirigeants, le poète est d'abord un solitaire qui fait peu de poids. Il peut céder à la tentation de devenir l'éternel rebelle que les autres méprisent. Pourtant, en poursuivant sa démarche poétique, le poète ne sera plus solitaire. À travers son dialogue de l'âme pour l'âme, la présence qui vit en nous et qui gère la source, va se dévoiler peu à peu en prenant bien soin de ne plus effrayer le jeune poète. Il va rentrer alors dans un jeu de vie et de mort qui va parfaire son éducation spirituelle. C'est ce que nous avons décrit à travers notre deuxième et troisième décorporation. À chaque fois, notre corps charnel s'est trouvé sur le point de mourir. À chaque fois en état de décorporation, nous pouvions voir notre corps sans vie mais surtout nous étions entourés de la présence qui vit en nous et surtout d'autres présences. Sans revenir en détail sur chacune de ces expériences surnaturelles, le poète traverse les dernières épreuves de son initiation ultime pour arriver au-delà du puits de lumière, chez nous, là où se trouve l'âme originelle. En revenant sur terre et dans son enveloppe charnelle, le poète sait que dorénavant il fait partie d'une trinité. Dès lors, comme tout illuminé qui a franchi le seuil de son illumination, le poète peut poursuivre son évolution humaine en étant capable de proposer une autre vision de la manière d'organiser la vie sur Terre bien plus respectueuse des mystères de la vie. Il sait utiliser les pouvoirs du monde supérieur et il sait composer avec les puissances du monde double : il n’a plus peur de l’envoyé des ténèbres et il a vécu les relations entre ce dernier, sa source de vie, les présences rencontrées au delà du puits de lumière. Nous avons décrit ces pouvoirs et ces relations dans notre roman « D’Eleusis à Dendérah, l’évolution interdite » lorsque Pierre avec Laurie vont accompagner Maud lors de sa mort puis vont aller vivre la transfiguration de leur couple dans le monde supérieur. Plus tard Pierre emmènera Laurie affronter les présences et les puissances du monde double dans la double maison de vie du temple de Dendérah enfouie sous les sables du désert.

Bien entendu, le poète, le plus souvent, ne veut plus écrire de poèmes, il va utiliser sa source de vie pour briser les dogmes, les fables et les mensonges, les peurs que les dirigeants des systèmes de pouvoir utilisent pour soumettre les peuples. L'initiation transforme l'éternel rebelle en un contestataire capable de réellement changer la vie...parce qu'il est réellement d'outre-tombe ! Il va analyser objectivement les contributions de ses aînés pour relever leurs erreurs, leurs lacunes. Nous avons écrit que notre engagement en poésie a été conditionné par notre contexte local de notre enfance : sur notre rocher dominant la vallée, nous avions autour de nous cinq réalisations des hommes ou de la nature qui ont nourri notre interrogation de jeune poète : à gauche dans la plaine, la cathédrale de Strasbourg ; le long de la ligne des Vosges, le mont Sainte-Odile ; en face de nous, le camp de concentration et d'extermination nazi du Struthof ; de l'autre côté de la vallée, le temple romain du Donon ; derrière nous, la porte des pierres et le jardin des fées. Nous avons retrouvé le chemin qui mène du mont Sainte-Odile au mouvement monastique, à l'abbaye du mont Cassin puis au temple de Dendérah sur les bords du Nil. Nous avons retrouvé le temps des cathédrales, celui de l'ordre bénédictin et des ordres Chevaliers, le temps des chevaliers templiers puis celui de la Décapole et des villes libres d'Alsace qui ont refusé dès 1354 d’être soumises à la loi des banquiers et des financiers européens qui avaient pris le pouvoir sur les princes et les dirigeants politiques ; nous avons retrouvé la civilisation celte et compris que l'érosion de la porte des pierres provenait des pluies diluviennes qui ont suivi le dernier grand cataclysme dont la date et l'explication sont conservés dans le temple de Dendérah. Mais nous n’avons pas compris, au milieu de ce paysage porteur d’histoire, d’humanité et de spiritualité, la présence d'un camp de concentration et d'extermination nazi et pourquoi les hommes n'avaient pas tout fait pour éviter de telles horreurs. Le cap de notre évolution fut ainsi tracé : elle nous portait directement vers les organisations en réseau et vers l'abandon de nos systèmes de pouvoir. Ainsi nous pouvions prendre, avec davantage de recul, l'exemple de celui que nous avions choisi pour être notre maître en poésie, Paul Éluard. Nous pouvions conserver l'enseignement de sa poésie et rejeter tout aussi objectivement et sereinement son aveuglement politique face à Staline et l'Union soviétique, de même pour Aragon et tant d’autres. Nous sommes capables d'avancer vers l'alternative de l'organisation en réseau en garantissant le succès de nouveaux réseaux citoyens de vie. C'est notre participation au changement de la vie.

 

Il est souhaitable pour un être humain d’utiliser successivement ou en même temps ces 4 chemins vers la spiritualité. Ces chemins se complètent pour procurer une force incomparable en soi tout en gardant une modestie sereine qui provient de nos rencontres avec les mystères de la vie et la puissance incalculable de cette force de vie. Cette force peut être mise au service du groupe : nous l’avons montré en décrivant dans notre roman la plus haute initiation du pharaon et du grand prêtre qui avait lieu dans le saint des saints de Dendérah. L’un oeuvrait ensuite dans le monde double pour utiliser les puissances destructrices contre les ennemis, l’autre oeuvrait dans le monde supérieur pour rendre réelles les valeurs de paix et d’amour. Ensemble, ils formaient les deux piliers sur lesquels reposa une civilisation florissante rassemblant les survivants du dernier grand cataclysme.

Comme nous l’avons montré, un être humain va parcourir un ou plusieurs chemins initiatiques, voire l’ensemble et ceci durant quelques années de sa vie, en principe durant sa jeunesse et son adolescence. Ces expériences sont liées entre elles : lors de notre accident de montagne qui correspond à notre troisième décorporation, nous étions particulièrement en forme et quelques semaines auparavant, nous venions de grimper plusieurs cols de Haute-Savoie dont la Colombière avec ce moment vécu dans la « zone ». Le cheminement du jeune poète va également de l’une à l’autre voie initiatique : principalement entre la voie mystique et la voie directe poétique. Nous lui conseillons d’utiliser aussi la voie de l’effort physique, le cas le plus simple est une randonnée en montagne pour atteindre un sommet propice à la méditation et au travail avec sa source de vie. Plus tard, il lui sera facile de cheminer vers l’extase amoureuse s’il rencontre un(e) partenaire qui a déjà fait un bout du chemin initiatique sur l’une ou l’autre voie. La démarche initiatique fait partie de la liberté d’organiser sa vie humaine, l’organisation en réseau permet l’information et la sensibilisation à la démarche initiatique et à l’utilisation de la première source de savoir pour un être humain. Aujourd’hui cette démarche se déroule sous le poids des interdits, des tabous et de l’ignorance du public. Il y a des pertes de temps, des égarements ou tout simplement des impossibilités qui perturbent ce cheminement spirituel et le rendent long et fastidieux. Le réseau initiatique élimine ces obstacles pour favoriser les rencontres et la progression sur le chemin. Mais le postulant, malgré l'aide d'un réseau initiatique, ne peut pas ignorer le principe évident formulé dans ce proverbe tantrique : " mieux vaut ne pas commencer. Une fois que l'on a débuté, mieux vaut en finir. Ne vous aventurez donc pas sur le sentier de la spiritualité si vous n'en ressentez pas la nécessité." Nécessité, désir, liberté, conscience, sensations de la surréalité, révélation de l'indicible, langages, connaissances, arts, doutes, certitude, raison, vérité... rien ne vous sera épargné et lorsque vous aurez achevé votre cheminement sur la voie poétique après avoir connu à votre tour l'illumination (c'est le nom utilisé et qui est appropié), vous regarderez à votre tour avec amusement les écrits et déclarations des philosophes mais, bon, les poètes n'ont pas à perdre leur temps dans des querelles purement intellectuelles avec les philosophes qui parfois approchent la lumière des poètes et des initiés pour de suite ne pas savoir la nommer et l'utiliser. Nous sommes tous capables de suivre cette voie directe : il faut le demander, écrire en utilisant la versification puis en la rejetant, puis il faut être patient car nous ne savons pas ni l'endroit ni l'heure de la rencontre mais il faut à chaque seconde être prêt. Il faut souhaiter que tout se déroule assez rapidement car le plus important est ensuite l'évolution, le temps du partage et le partage de l'amour absolu qui dépasse de si loin nos amours humains. A l'heure de la mort de notre corps charnel, le lecteur l'a bien compris, il n'y a que la voie directe pour franchir ou non le puits de lumière, autant s'y exercer durant notre condition humaine.

 

B) le fonctionnement des institutions

 

Liberté ne signifie pas laisser faire et par rapport aux buts et enjeux indispensables à l’amélioration des conditions de vie et de survie, principalement dans l’éradication des violences, les institutions chargées du développement de la démarche initiatique à travers les réseaux vont se répartir trois rôles ou missions :

1)      Les institutions chargées du suivi de la démarche initiatique pour les volontaires

2)      Les institutions chargées de l’éducation et de la réinsertion des auteurs de violences

3)      Les institutions chargées du contrôle et de la valorisation de l’utilisation de la première source de savoir et les institutions pour lutter contre les dogmes et les systèmes de pouvoir théocratique

Comme nous l’avons montré dans notre première partie, ces institutions fonctionnent selon les principes de subsidiarité, de l’alliance des contraires, d’assurance puis de solidarité et elles reposent sur la complémentarité des propriétés individuelle, commune et collective ainsi que sur la capitalisation des droits sociaux pour rémunérer le travail fourni dans l’obtention des résultats.

 

1) Les institutions chargées du suivi de la démarche initiatique pour les volontaires

Les institutions sont : les temples, les instituts chargés de l’administration des connaissances spirituelles, des rites religieux,

 

1.1 les temples : ce nom générique caractérise un bâtiment destiné à la pratique de la démarche initiatrice ; nous trouvons l’école d’amour, la maison des amants, le temple avec les locaux propres à l’initiation selon la voie directe et la pratique de la décorporation comme ce fut le cas dans les temples d’Egypte et à Dendérah. Dans ce temple, il y a notamment le saint des saints qui abrite le corps charnel abandonné en état de décorporation. Comme pour les développements qui vont suivre, le lecteur trouve dans notre roman "D'Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite" des illustrations au fonctionnement de l'école d'amour, aux clubs pour couples et amants, au temple initiatique.

1.2 Ces temples gèrent également les lieux naturels propices aux activités de méditation, travail sur soi, contemplation de la nature et de ses œuvres ou mystères. Ces sites naturels sont très variés et devraient exister au moins au plan régional sinon au plan local. Dans notre roman, il y a par exemples l'hiver, l'hospice du Grand Saint Bernard ; une rencontre a lieu au sommet du Tondu dans le massif du Mont-Blanc ; le rassemblement du mouvement a lieu dans une clue des Préalpes de Grasse, etc.

 

2) Les institutions chargées de l’éducation et de la réinsertion des auteurs de violences.

Ce sont des bâtiments, des lieux et des équipes qui ont pour mission de montrer et le cas échéant, d’imposer certains exercices ou certains cheminements de la démarche initiatique à des individus dont les agissements violents sont une menace pour la paix. Les personnes peuvent être des membres de l’organisation en réseau qui veulent s’améliorer pour éviter l’exclusion de leurs réseaux. Elles peuvent aussi concernées des individus qui quittent des systèmes de pouvoir et ont des difficultés pour éliminer des attitudes et comportements en contradiction avec la vie des réseaux. En dernier lieu, ces personnes peuvent être des prisonniers de guerre qui doivent se convertir aux règles des réseaux alors qu’elles ont été des despotes, des délinquants ou des criminels ou des dirigeants de dictatures qui menaçaient la confédération des réseaux et à qui il a fallu faire la guerre pour éliminer ces menaces contre la paix.

Dans un premier temps, ces institutions ont pour mission de préparer les individus à la pratique de la démarche initiatique dans les temples. Dans ce programme, se trouvent les activités liées à la restauration de sites naturels, à la dépollution, à la construction de nouveaux bâtiments pour les réseaux, à l’étude des conflits entre réseaux et systèmes de pouvoir, à la pratique de l’effort physique, à la canalisation des violences et au développement personnel, à l’étude des mouvements et des pratiques spirituels, à la redécouverte de la dimension sexuelle de l’être humain… Pour un criminel particulièrement dangereux, il peut se voir imposer le cheminement vers l'initiation la plus élevée, c'est à dire risquer sa vie au cours d'une décorporation provoquée selon la technique usuelle que nous avons décrite et vécue par hasard. Soit il réussit cette rencontre et il change sa vie, soit il est pris par l'envoyé des ténèbres et il ne revient plus, soit il revient à la vie complètement fou car il a été rejeté du monde supérieur pour se retrouver dans le monde double duquel il sera exclu à nouveau pour finir dans son corps charnel en ayant bien compris que personne ne veut de lui et en ne comprenant pas les conséquences physiques et mentales des chocs terrifiants reçus par son absence de maîtrise des puissances rencontrées dans les mondes supérieur et double. Il sera fou et en premier, fou de douleur d'avoir échoué face à celui qui vit en nous et qui se sera séparé de lui. Cette peine a existé dans l'Egypte antique et notamment dans les petites salles souterraines du temple de Dendérah comme dans d'autres temples qui servaient à préparer les postulants à la décorporation mais aussi les criminels qui avaient accepté cette peine. Il semble que quelques temples en Grèce ont eu également cette mission punitive ou rédemptrice. Pythagore a passé une vingtaine d'années d'études pour se préparer et réussir cette initiation la plus élevée. Certes les grands prêtes égyptiens distillaient avec parcimonie et d'une manière incomplète leur savoir aux postulants étrangers, principalement grecs et ils devaient d'abord apprendre les lois divines et les mathématiques célestes avec la géométrie du ciel, l'astronomie... cela prenait de nombreuses années alors que cette formation pouvait se dérouler plus rapidement pour un futur pharaon ou prêtre égyptien. Il ne faut pas également oublier qu'un être humain a besoin d'une longue période avant de pouvoir parler de l'indicible et de sa rencontre avec les mystères de la vie. Nous même, après 2 décorporations dont nous n'avions jamais parlé et notre cheminement de jeune poète, il nous a fallu dix ans après notre troisième décorporation et traversée du puits de lumière pour rédiger le recueil de poèmes "Illuminations". Il a fallu ensuite lire le livre du Dr Moody sur la vie après la vie pour commencer à en parler à quelques personnes autour de nous. Un criminel qui n'a que quelques mois pour tout apprendre et se préparer, peut cependant réussir s'il change tout de suite son attitude et ses croyances pour ouvrir son esprit et son coeur à cette rencontre initiatique, sinon, c'est l'échec mortel assuré mais ce sera lui qui se sera condamné à mort et à sa capture par l'envoyé des ténèbres, personne d'autres ne lui aura donné la mort.

Ces activités de réinsertion sociale existent plus ou moins sous la forme de travaux d’intérêt général mais dans nos systèmes de pouvoirs actuels aussi démocratiques soient-ils, l’interdiction du recours à la première source de savoir donne à ces activités une forme de punition plus ou moins infâmante qui apporte très peu de création de valeur et de perspective d’intégration sociale. Ensuite, ces personnes peuvent être intégrées dans la vie sociale des temples. Le constat qu’elles ont atteint un certain degré d’initiation peut être une condition pour leur libération pénale ou l’effacement ou la réduction de leurs peines décidées par la justice. A ce moment là, leur réintégration dans la vie sociale bénéficie de toutes les chances de réussite car ils sont devenus capable de partager eux-aussi les connaissances de vie obtenues et leurs raisons de vivre si semblables aux notres.

 

3) Les institutions chargées du contrôle et de la valorisation de l’utilisation de la première source de savoir et les institutions pour lutter contre les dogmes et les systèmes de pouvoir théocratique.

3.1 les institutions chargées du développement de la démarche initiatique

Les centres d’éducation et de formation à la démarche initiatrice regroupent les initiés qui apportent pour les postulants les conseils et les aides sur chacune des 4 voies qui mènent à la rencontre avec les mystères de la vie. La pédagogie repose sur une démarche de projet individuelle ou commune à un petit groupe ainsi que sur le tutorat. Ces centres d’éducation et de formation gèrent également les bibliothèques et les ressources documentaires liées à leurs activités. En principe ils se situent à proximité des temples. Ils utilisent également les lieux de prières existants. Une mission primordiale repose sur le recrutement des postulants, la constitution des groupes, le secrétariat et l’intendance. Cette mission utilise les moyens de communication liés à internet. Les relations pour la démarche directe poétique et pour la démarche de l’extase amoureuse sont interpersonnelles et protégées par un secret strict entre les deux partenaires. L’enseignement de ce corps de savoir religieux utilise les deux approches possibles : l’approche purement initiatique qui est la révélation et une traduction symbolique de l’indicible, l’approche de la divulgation des mystères de la vie à travers la personnalisation des connaissances, l’utilisation du nom de Dieu et le fait de nommer d’une manière humaine les présences des mondes supérieur et double. En principe, l’initié est capable de passer d’une approche à l’autre pour témoigner de ses rencontres avec les mystères de la vie.

3.2 les institutions chargées de la valorisation de la première source de savoir.

Ce sont les institutions religieuses chargées de recueillir les enseignements tirés des démarches spirituelles individuelles pour les conserver et les mettre à disposition du public. Parmi ces enseignements, il y a deux catégories principales :

3.3 les institutions pour lutter contre les dogmes et les systèmes de pouvoir théocratique.

Il y a tout d’abord les institutions militaires des chevaliers chargés de protéger les temples. Ces chevaliers ont également pour mission d’arrêter les fanatiques religieux et les dirigeants des systèmes de pouvoir théocratiques qui menacent la paix et la sécurité de la confédération des réseaux citoyens de vie. Nous reviendrons plus loin sur la formation qui transforme un soldat ou un guerrier en un chevalier capable d'arrêter en quelques jours un dictateur sans avoir eu besoin de l'aide de milliers de bombes déversées auparavant. Il y a ensuite les groupes d’initiés qui démontrent la nocivité des dogmes établis par les dirigeants des théocraties. Ces institutions luttent contre les sectes mais aussi contre les systèmes de pouvoir fondés sur les nouveaux dogmes du rationalisme scientifique ou sur les principes républicains de laïcité. La laïcité française reste une mesure républicaine pour écarter du pouvoir la religion catholique qui avait soutenu étroitement la monarchie absolue mais cette mesure ne règle en rien la question des théocraties qui peuvent subsister dans le domaine privé et déborder dans la vie publique. La séparation entre domaine public et privé n’a aucun effet sur l’existence des dogmes religieux, sur le fanatisme religieux ni sur le maintient de l’interdiction de la démarche spirituelle initiatique dont profitent également les dirigeants du système de pouvoir économique capitaliste. Le développement de la spiritualité est une condition nécessaire au développement de la mission d’autorité individuelle et collective, c’est un élément majeur de l’intérêt général pour minimiser les violences et par conséquent la laïcité n’a rien à voir avec le fonctionnement des réseaux citoyens. Développer la démarche spirituelle représente le moyen le meilleur pour lutter contre les théocraties et le fanatisme religieux. Comme il est peu probable que les organisations en réseaux vont de suite remplacer tous nos systèmes de pouvoir, ces institutions de lutte contre les dogmes religieux vont assurer également une veille stratégique pour détecter les nouvelles menaces apportées par les théocraties qui subsistent à travers le monde.

Concernant les réseaux plus ou moins occultes ou publics qui pratiquent actuellement une certaine initiation, en principe, ils ont tout intérêt à prendre une place plus officielle et active dans l’organisation des réseaux citoyens. Le plus souvent ces réseaux d’obédience maçonnique se réclament d’une origine templière ou plus ancienne voulant restaurer et préserver le savoir de l’Egypte antique, le savoir initiatique interdit par les papes de l’église catholique romaine. Ces réseaux aujourd’hui plutôt des réseaux de résistance face à l’ignorance imposée par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir, travaillent à établir des influences pour peser sur le fonctionnement de nos systèmes de pouvoir. Mais la démarche initiatique personnelle se limite le plus souvent à la transmission de quelques connaissances ésotériques plus ou moins fiables et complètes dont il faut garder le secret. Ces réseaux mis à part le mérite d’exister ne sont pas de nature à nous permettre de quitter nos systèmes de pouvoir pour développer nos réseaux citoyens de vie. Benjamin Franklin et les maçons américains n’ont pas pu s’opposer ni à l’instauration d’une banque centrale aux mains de l’oligarchie financière européenne puis américaine ni à la légalisation de l’esclavage dans la Constitution des Etats-Unis d’Amérique et il en va de même encore aujourd’hui sur d’autres questions politiques. Il ne suffit pas de garder la flamme, les braises du feu, nous voulons remettre en pratique les chemins de la démarche initiatique pour utiliser notre première source de savoir, la source spirituelle qui nous relie aux mystères de la vie et nous donne nos raisons de vivre et de mourir. En développant cette confiance en nous pour vivre des moments dans la « zone », des moments d’extase amoureuse ou d’extase mystique, des moments de dialogue direct de l’âme pour l’âme, nous maximisons nos connaissances pour assurer notre mission d’autorité et minimiser les violences, assurer un haut niveau de confiance dans nos échanges avec les autres, nos proches, nos enfants, nos partenaires, nos contemporains et les générations futures.

Ces richesses non pas de prix mais notre bonheur tient dans leur partage avec modestie mais pleine d’humanité et de solidarité car comme le dit Paul Eluard :. " Il y a un autre monde et il est dans celui-ci ". Ce monde n’est pas que celui du poète, c’est le monde de la vie après la vie humaine qu’il est possible de vivre déjà dans notre condition humaine. Chacun de nous dispose de sa liberté pour renaître à la vie d’après la vie humaine, accomplir son initiation pour évoluer le reste de sa condition humaine mortelle en parlant à sa source de vie et en portant la lumière d’au delà du puits de lumière. L’initiation ne présente aucun piège ni des difficultés insurmontables liées à un ailleurs insaisissable. Tout est en nous, dans notre monde qui n’est pas simple ni complexe mais seulement vivant, vivant de nos métamorphoses que nous oublions trop souvent en l’absence de notre source de vie.

 

Pour conclure, le réseau initiatique n’est pas difficile à développer, il est certes interdit dans la civilisation judéo-chrétienne depuis l’an 320 et le Concile de Nicée qui interdit les communautées spirituelles chrétiennes pour affirmer la suprématie de l'autorité des dogmes de la papauté mais notre première source de savoir a été utilisée par toutes les civilisations florissantes organisées en réseaux de vie qui ont trouvé la paix en vivant leurs amours humains avec un haut niveau de confiance dans leurs échanges sociaux ou commerciaux pour obtenir un haut niveau de vie pendant plusieurs siècles ou plusieurs millénaires. Les relations entre le réseau initiatique et les autres réseaux sont nombreuses car il est bien l’un des piliers de l’organisation en réseau qui assure un haut niveau de confiance et la minimisation des violences, bases indispensables au développement de nos réseaux citoyens de vie dans les domaines politiques, économiques, culturels, scientifiques, sociaux, religieux, militaires… L’initiation, la rencontre avec les mystères de la vie nous donne une vision du monde plus humaine, cette image, cette visualisation positive, comme en marketing, est la base de notre positionnement vis à vis de nous-mêmes, des autres, du monde, des univers qui véhiculent la vie.

 

Relations fonctionnelles client - fournisseur

de fournisseur à client :

de client à fournisseur

pour le centre de gestion des réseaux d'autorité : les demandes de ressources et de moyens techniques, d'équipements, la rémunération des participants

pour le conseil de l'action politique des réseaux d'autorité : les demandes de création de projets, de budgets, d'allocations de ressouces complémentaires, etc.

pour la confédération des réseaux citoyens de vie : demande d'expertise dans un domaine particulier, demande d'échanges entre experts ou managers, mise en oeuvre de mesures de solidarité dans le développement spirituel et initiatique.

 

Plan de la Partie 4 : les réseaux citoyens de vie

la déclaration des droits à la vie sociale pour les êtres humains

les réseaux citoyens : présentation générale

le premier domaine d'activités stratégiques : activités indispensables à la survie

les réseaux qui développent la mission d'autorité, le niveau de confiance  et la minimisation des violences en utilisant la première source de savoir : 

le réseau initiatique

le réseau de prévention et de lutte contre les violences

le réseau d'éducation à la citoyenneté et à la vie en groupe

le centre de gestion des réseaux d'autorité

le conseil de l'action politique des réseaux d'autorité

les réseaux de production et de distribution des richesses matérielles et intellectuelles en utilisant la seconde source de savoir

I) le cercle vertueux et les biens communs

II) la production des biens indispensables à la vie

III ) l'organisation d'un groupe de production de richesses

le centre de gestion des réseaux de production des richesses
le conseil de l'action politique des réseaux de production et de distribution

second domaine d'activités stratégiques : la réalisation d' oeuvres durables

la réalisation des oeuvres, présentation générale

1ère partie : l' oeuvre politique, économique et sociale 

l'analyse de la valeur du travail et de la monnaie

   
   

troisième domaine d'activités stratégiques : l'action politique

     
 

 

les ressources disponibles pour la mise en place de nos réseaux citoyens de vie

ressources en économie, société, droit, politique

de l'assurance à la solidarité

travail-oeuvre-action politique

Évolution culturelle ou culture de la révolution

L’éducation et la formation: pas dans un système de pouvoir mais dans un réseau de compétences

La perception du travail, depuis 1789

les biens communs

les ressources pour l'utilisation de la première source de savoir: la source personnelle et initiatique

la vie après la vie, le livre du Dr Moody

Les quatre situation pour connaître l'illumination et la rencontre surnaturelle

l'extase amoureuse

Colloque sur l'Expérience de Mort Imminente

DOSSIER France 3 sur le colloque du 17 juin 2006 à Martigues

La première rencontre et décorporation

SHAMBHALA, le rite de Kâlachakra

une technique de décorporation

la seconde décorporation

le développement spirituel

la troisième décorporation

TIAHUANACO, 10 000 ans d'énigmes incas, les dessins rupestres des Andes

Les traductions de la rencontre surnaturelle et des

 

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