LE CAMP DE CONCENTRATION NAZI DU STRUTHOF

le mémorial de la déportation

Bertrand Monnet, architecte

Lucien Fenaux, sculpteur

l'entrée du camp

la baraque du musée ( elle fut détruite par une incendie puis reconstruite à l'identique)

le cimetière et le monument

en face, le massif du Donon

une mer de brouillard recouvre la vallée

"beaucoup dorment encore, vous savez badauds

ces croix blanches qu'on trouve près des barbelés..."

l'ensemble du camp : en bas, le restaurant du Struthof, juste au-dessus, le local de la chambre à gaz, l'ancienne route vers le camp, à droite la saignée de la nouvelle route construite juste après la guerre, en arrière plan : le camp. ( la photo date du début des années 1950)

le camp après 1945

il y a 52 ans, le 29 mars 1954, le préfet Paul Demange, à la tête d'une délégation officielle, mit le feu aux baraques. La raison officielle de cette "purification par le feu", expression de la presse de l'époque ? Le mauvais état des baraques.

le poème Nacht und Nebel        l'attaque du camp par les chevaliers dans le roman

les camps en Bosnie en 1992 et l'attaque de l'un d'eux par les chevaliers dans le roman

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témoignage :

page web rédigée aussi en mémoire d'un parent alsacien incorporé de force en 1942 dans les Waffen-SS, division Das Reich, qui a participé aux combats de Koursk en Russie en 1943, a cherché à rejoindre les lignes russes et fut repris par les allemands. Il participa ensuite aux combats de Normandie en 1944, put déserter avec l'aide de la résistance et échapper ainsi au camp de prisonnier ou à la fusillade. Travaillant de fermes en fermes, il gagna son village de la vallée de la Bruche en novembre 1944. Réquisitionné par la gendarmerie française, il passa l'hiver 1944-1945 au camp du Struthof comme gardien. Le camp servait alors de lieu de détention pour les miliciens français qui avaient été arrêtés dans l'attente de leurs jugements. Ironie de la guerre propre au sort tragique des "Malgrés-nous" alsaciens et lorrains : un ancien Waffen-SS gardait les miliciens français pour le compte de la gendarmerie française sur la montagne au-dessus de son village... Une de ses cousines était soeur au couvent du Mont Saint-Odile, de l'autre côté de la montagne. Un de ses camarades d'enfance passée dans la même rue du village, lieutenant dans les FFI, avait été fusillé lors de la libération de Paris.

remarque : ce parent comme la plupart des alsaciens incorporés de force dans les Waffen-SS, n'a pas combattu en première ligne mais servit d'auxiliaire dans ces divisions nazies. Avec un camarade de son village, ils avaient été affectés à la compagnie chargée du ravitaillement en vivres et munitions : excellent chasseur depuis sa jeunesse, il allait seul dans les bois pour tirer du gibier qui servait ensuite à nourrir autant les soldats allemands que les gens chez qui ils étaient car il ramenait toujours du gibier. Il était très apprécié pour ce service qu'il rendait aux autres en leur procurant du gibier alors qu'ils n'avaient rien à manger. Lors de ses rares permissions, il allait chasser en forêt pour ramener de la viande pour sa famille et ses voisins. C'était interdit mais il le faisait tout de même et personne ne l'a dénoncé. En Normandie, ce fut pareil et ce fut pour lui l'occasion d'entrer plus facilement en contact avec les gens des villages qui le mirent en liaison avec des résistants qu'il renseignait. A l'occasion d'un bombardement allié, il déserta et fut protégé par ces résistants. Il refusa de rejoindre les alsaciens de la 2ème DB du général Leclerc qui passait par là : tôt ou tard son tatouage SS aurait été découvert et c'était un risque à ne plus courir et des combats, il en avait eu plus que sa dose. Son passage comme gardien au Struthof acheva de le briser mentalement et de le dégoûter de l'humanité. .. Le four crématoire était encore tiède et tout avait été conservé sur place... Sollicité puis pressé de rejoindre les troupes françaises en Indochine, il refusa tout net alors que des camarades du village qui avaient suivi le même parcours chez les allemands puis dans l'armée de de Lattre, obéirent et partirent en Indochine pour finir en Algérie ! Un de nos voisins revenus de toutes ces guerres n'était plus qu'une loque humaine soûl du matin au soir jusqu'à sa mort peu de temps après.

 Malgré son mutisme permanent et une expression générale de démotivation voire de dépression, ce parent resta cependant un excellent chasseur, tantôt chasseur lorsque le propriétaire de la chasse lui payait une carte, tantôt braconnier lorsqu'il n'avait pas de carte. Je garde un excellent souvenir des plats de gibier cuisinés par sa femme, tout comme des truites qu'il braconnait ou pêchait dans la rivière. Je pense à ces gens en Russie ou en Normandie qui mangèrent aussi de ce gibier qu'il allait chasser seul dans les bois alors qu'il aurait pu y être tué maintes et maintes fois avec son uniforme allemand au milieu de tous ces combats. Comme les bêtes sauvages qu'il connaissait si bien, il a su probablement  se cacher de la vue des hommes et échapper à leurs fusils. Mais il n'a pas pu ne pas voir ce que les hommes font avec leurs fusils à d'autres hommes alors qu'aucune bête sauvage ne tue aussi horriblement sa proie...

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l'arrivée au camp de Natzweiler de Bob Sheppard, 

extrait de " Bob Sheppard, missions secrètes et déportation 1939-1945" éditions Heimdal, 1998 :

pages 392 à 394 : "... Nous passons Molsheim, le Molsheim de mon cher vieux "Wladimir", le Molsheim des Bugatti... Nous longeons un paysage de rêve pourtant : la vallée de la Bruche, la forêt des Vosges, épaisse, vert foncé.

Une gare. Le nom, sur le bâtiment, est camouflé. Pourtant, une camionnette de livraison porte en adresse : Schirmeck. C'est sans doute le pays. Le nom ne nous dit rien. A près un bref arrêt, on repart... pour s'arrêter quelques kilomètres plus loin. Sur le quai, des SS alignés en armes nous attendent, uniforme vert, patte d'épaule et patte de col noires... Il n'y a pas de doute, c'est bien ça.

... Une toute petite gare. Nous passons sur le côté, sans entrer dans le bâtiment. Je peux lire, sur une plaque contre une barrière, celle de la gare étant, comme la précédente, cachée par une bâche kaki : Rothau.

...Nous traversons le village par une petite rue qui grimpe. Volets clos, quelques visages derrière des devantures de boutique. Personne dehors. L'ordre a du être donné, le temps de notre passage.

... Ce qu'on regarde est beau, très beau. Sur la droite, une scierie. Ca sent bon le bois frais coupé. Puis, la forêt, épaisse, mystérieuse. Une forêt de drame wagnérien peut-être mais aussi de belles vacances. Des fleurs, en cette fin de printemps ; partout des jonquilles. Nous en avons perdu l'habitude. Nous longeons une petite rivière.

Un grand virage à gauche. La route monte beaucoup. Le camion change difficilement ses vitesses. De somptueux arbres partout et un petit lapin qui s'enfuit.

Une première barrière coupe la route, que soulève une sentinelle. Zone militaire interdite. Sur la droite, une route et, sur le panneau : Natzweiler.

Virages après virages, nous atteignons une nouvelle barrière plus importante. Sur la gauche, quelques petits bâtiments cachés par des arbres et comme une sorte de café auberge de montagne. Tout cela dans l'odeur très caractéristique des sapins de juin.

Virage à droite ; la route mal empierrée se fait plus étroite. Sur notre gauche, le paysage soudain se dégage. Mon Dieu, que c'est beau, cette énorme vallée avec, au fond, le moutonnement successif des Vosges. Mais c'est devant qu'il faut regarder. Devant... c'est tout d'un coup devenu sauvage, vide. Au bout de la route, des baraques. Sur la droite, les SS. Sur la gauche, un joli pavillon, celui du chef du camp, le "Lagerführer". Et devant... devant, sur une pente énorme, des baraques, des baraques comme un escalier géant, des baraques que nous connaissons bien, comme celles que nous avions à Mauthausen.

Pas de murs, pas de portes monumentales. Des barbelés, une simple porte double de terre, de bois et de barbelés, des miradors de bois rustiques, solides. On a, ici, utilisé la nature toute proche. Chaque mirador abrite son SS et sa mitrailleuse sur pivot. Sur la double rangée de barbelés, la tête de mort, les tibias, "ligne électrifiée". Fini le rêve, nous retrouvons la réalité que nous connaissons trop bien.

"Alles raus ! Eintreten zu fünf ! Achtung ! Im gleich Schritt marsch !"

Oui, on connaît. Rassemblement par cinq. Garde-à-vous. En avant du même pas, marche ! et nous retrouvons notre pas raide et cadencé pour passer la porte du camp et entrer au " K.L. Natzweiler".

page 397 : " Chacun pourrait s'étonner de trouver un camp dans ce beau site forestier de Natzweiler. La raison en est simple : sur sa commune, il y avait une carrière et, tout à côté, une sablière. Restait à choisir l'emplacement du camp lui-même. Les recherches, entamées dès 1940, s'arrêtèrent sur cette immense pente qui, avant la guerre, était recommandée, l'été, pour les vacances ; l'hiver, pour le ski.

Il y a quelque chose d'étonnant, d'artistique presque dans ce choix. Songer à installer ainsi des baraques sur un terrain aussi difficile, alors qu'il y en a bien d'autres, plus plats et plus faciles... Une réussite sur le plan de l'esthétique architecturale.

Imaginons un instant ces baraques transformées en salles d'infirmeries propres et soignées ; chaque terrasse recouverte d'un alignement de confortables chaises longues, oreillers blancs, couverture... Quel idéal pour un centre de convalescence, de repos, de cure antituberculeuse ! L'altitude, la forêt... tout y est

Pourtant, cette terre couverte de sang, de cendres, ne permettra plus jamais qu'un tel rêve se réalise. "

 pour lire ce livre : 

 

Bob Sheppard fut lieutenant du SOE (Special Operation Executive ), parachuté de nuit en juin 1942 à Anse près de Lyon. Il fut arrêté en mars 1943 à la frontière espagnole à la suite d'une trahison du passeur et il a été déporté dans les camps de Neue Bremm, Mauthausen, Natzweiler-Struthof, Dachau. Il a été libéré le 29 avril 1945 lors de l'arrivée des troupes américaines à Dachau ( Munich ). Après la guerre, il s'est occupé de ses camarades déportés. Il a été Président de l'amicale nationale de Natzweiler-Struthof. En 1998, il est Vice-Président de l'Amicale Française de Mauthausen, Président d'Honneur du Comité international de Mauthausen.

le livre : l'épuration en Alsace, retrace les évènements liés à la détention au Struthof des miliciens et collaborateurs de Vichy durant l'hiver 1944-1945 et les mois qui suivirent :

 

 

témoignages sur les atrocités qui se sont produites au camp du Struthof :

http://www.struthof.fr/

 

http://ourworld.compuserve.com/homepages/mbilik/strut2.htm

http://struweb.free.fr/html/struthof.htm

http://www.laboucherie.com/texte/struthof2.htm

les évasions du camp :

http://struweb.free.fr/html/struthof5.htm

liens avec d'autres sites :

http://www.grostenquin.org/misc/gtmisc-17.html

 

http://www.guerre-mondiale.org/Deportation/struthof.htm

http://home.nordnet.fr/~fghesquier/Camp1000.htm

 

http://crdp.ac-reims.fr/memoire/enseigner/Natzweiler_Struthof/menu.htm

http://perso.wanadoo.fr/moulinjc/Camps/Textes/natzwiler.htm

 

 

lire l'épisode 32 du roman qui parle du Struthof

la veuve du lieutenant FFI

la déclaration des droits à la vie sociale pour les êtres humains

le mont Sainte-Odile       Strasbourg       Noël à Strasbourg  

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