les templiers

VIII L’ordre chevalier du Temple

   (Partie 3 : l'histoire des conflits entre les organisations en réseau et les systèmes de pouvoir)

 

La papauté, surtout les papes non issus du mouvement bénédictin, avaient une raison différente de s’associer à cette entreprise : s’ils parvenaient à diriger la reconquête des lieux saints et celle de Jérusalem, alors le pape de Rome non seulement viendrait au secours de l’église de Constantinople mais aurait l’argument décisif pour asseoir la primauté de Rome dans l’ensemble de la chrétienté vis à vis de Constantinople certes mais aussi vis à vis des rois et empereurs d’Europe, principalement vis à vis de l’empereur du Saint empire romain germanique. En 1125, Hugues de Champagne abandonne sa famille et ses biens pour retourner à Jérusalem comme moine sous la direction de Bernard de Clairvaux. Bernard de Clairvaux depuis son abbaye, organisa une société dirigée par les nouveaux maîtres du savoir que servait une milice des meilleurs chevaliers d'Europe. Sollicité par le pape de prêcher une nouvelle croisade, il se désintéressa de la question pour privilégier le développement social et économique de son organisation européenne. Le savoir tant cherché avait été comme ramené de Terre Sainte et il suffisait à éclairer d'un jour nouveau l'Europe. Les guerres pour la possession de Jérusalem n'avaient plus d'intérêts pour l'ordre bénédictin sauf l'intérêt d'y envoyer les rois et seigneurs féodaux qui s'y ruinaient, ce qui accélérait le développement de l'organisation en réseau des templiers en Europe. Sa raison de vivre et de mourir était de garder à nouveau l'épée sous la garde du sacré, de ce sacré complété par des éléments de connaissances revenant de Jérusalem et trouvant leurs sources dans le savoir sacré de l'Égypte.

Le choix de la croix pattée comme enseigne de chevalerie par les Templiers retrace la mission fondatrice de ce mouvement : au moins à partir des quatre points cardinaux et des peuples qui y vivent, marier les cultures à travers la complémentarité des deux sources de savoir spirituel et intellectuel. Ce travail avait commencé à Cluny avec le mariage des traditions passées : du rameau hébraïque avec Moïse, David, Salomon; du rameau grec avec le savoir pythagoricien, platonicien ;  rameau musulman aussi, rameaux qu'au mont Cassin travailla Benoît de Nurcie et son ordre ; du rameau celte ensuite apporté par les druides chrétiens avec Pelage, Patrick, Colomban puis plus tard Malachie. Ces 4 branches marquent l'interconnexion des quatre cercles, des quatre cultures à partir desquelles la nouvelle culture européenne médiévale fut élaborée. Le choix des chiffres arabes pour les calculs de géométrie et d'architecture est le point le plus connu de ce mariage des cultures travaillé à Cluny mais il est loin d'être le seul.

document : La Croix des Templiers était venue à l’origine de la « Marque de Caïn. » Ce symbole avait été créé il y a plus de 5000 ans à l’ancienne époque sumérienne et avait été utilisé par les fidèles au Dieu Unique du « Seigneur » jusqu’à ce qu’ils arrivent, guidés par Moïse, en Palestine après être partis d’Égypte.La Marque de Caïn est symbolisée par une Croix Rouge entourée par un Cercle.

Dans la Sumer antique, ceux qui portaient la « Marque de Caïn » montraient qu’ils étaient protégés par le « Seigneur » de la « fureur » de « Jéhovah. » Cette croix symbolisait qu’ils avaient quitté la voie spirituelle dans la vie consistant à prendre aux autres et avaient embrassé la voie de donner aux autres.

Le symbole de la croix dans un cercle est très ancien et a joué un rôle important dans l’ Histoire de l’Humanité. Ce symbole peut être trouvé dans de nombreuses cultures et dans de multiples endroits de par le monde. De la Croix « Rose » des Rose-Croix au « Cerceau Sacré » des Amérindiens, de la Croix « Celte » au symbole de certaines tribus du Burkina Faso et du Ghana en Afrique de l’Ouest.

Au début du XIIe siècle, les premiers Templiers redécouvrirent les Vérités de Jésus avec l’Arche d’Alliance. Là, ils trouvèrent une abondance d’informations et de techniques spirituelles loin d’être limitées aux Activations du Corps de Lumière et à la « Vrai Croix du Christianisme ». C’est par conséquent sans surprise que les Templiers reçurent du Papa Eugène III en 1146 la « Marque de Caïn » comme symbole de leur chevalerie. Dans le symbole de la Croix Rouge des Templiers, le cercle a été abandonné et la représentation stylisée pour montrer la « croix pattée » qui contient nombre de propriétés géométriques et de secrets ésotériques.

source : http://fr.chartressecrets.org/templiers/croix_rouge.htm

 

La filiation directe entre le savoir des temples des bords du Nil, particulièrement celui de Dendérah, et l'entreprise politique et culturelle de Moïse puis celle de Jésus est aujourd’hui admise. Albert Slosman comme d'autres égyptologues montreront les emprunts directs entre les rites des grands prêtres d'Égypte et ceux repris par les dirigeants du mouvement chrétien à la suite des enseignements de Jésus. Le Moïse traduit des hiéroglyphes par Slosman est bien un fidèle des suivants d'Horus qui conservent les vestiges du savoir ancien sauvé du dernier grand cataclysme lorsque l'Atlantide disparut sous l'océan. Alors que les suivants d'Amon accèdent au pouvoir et imposent leurs dogmes erronés centrés sur le Soleil , Moïse rassemble divers peuples installés au bord du Nil pour fonder une nouvelle organisation en réseau de 12 tribus pour sauver le savoir sacré des survivants du dernier grand cataclysme. Ce savoir à travers l'enseignement aux plus hauts initiés du mystère de l'Apocalypse, c'est à dire pourquoi la planète Terre détruit régulièrement une bonne partie de la vie qui s'y est développée, permettait aux initiés de comprendre cette fureur de la vie terrestre et de ne plus en avoir peur à travers l'établissement des contacts avec les présences du monde supérieur, de celui qui vit en nous, le Seigneur de notre existence humaine qui vit en chacun de nous comme il a vécu en chacun de nos prédécesseurs et vivra en chacun de nos enfants. Jésus déclara être venu pour accomplir l'oeuvre de Moïse, établir un nouveau contrat avec le Seigneur. Le savoir de Dendérah qui porte sur les mystères de la vie terrestre, les lois divines et les mathématiques célestes fut sauvé par Jean, Antoine, Pacôme, les premiers moines du désert puis transmis au Mont Cassin en l'an 500 lors de la fondation de l'ordre bénédictin. Ce savoir a pour mission d'assurer la sauvegarde du témoignage des suivants d'Horus, les survivants menés par Isis sur une nouvelle terre. La sauvegarde des connaissances liées au dernier grand cataclysme impliquait nécessairement l'alliance des survivants avec les peuples qui n'avaient pas vu leurs terres englouties mais qui, comme pour les survivants, durent survivre plusieurs millénaires sous le déluge, les pluies incessantes qui suivirent le choc entre le magma et l'eau des océans, les retombées des nuages de cendres volcaniques, les émanations de gaz, etc. Cette alliance était logique pour que les peuples vivant sur Terre n'oublient rien et se préparent le moment venu à l'Apocalypse, un nouveau basculement du centre de gravité de la planète sur son axe. Si la civilisation égyptienne jusqu'à sa domination par l'empire romain ne fut qu'un long déclin après la reprise du pouvoir par les suivants d'Amon, les fils de Seth, l'entreprise civilisatrice menée par Moïse pouvait servir de point de départ plus proche et plus clair pour une poursuite de cette civilisation fondée sur le mariage des cultures humaines. Encore fallait-il ne jamais oublier en cours de route Moïse l'Égyptien suivant d'Horus. Il est évident que les moines de Cluny ne disposaient que d'archives , de papyrus sauvés d'Alexandrie et du Moyen Orient. Cela ne pouvait pas suffire à tout retrouver et bien comprendre ces mystères de la vie sur Terre.

Les moines décidèrent de favoriser leur retour sur place en Palestine et probablement sur les bords du Nil. Avec leurs alliés, les marins vikings, ils préparent cette expédition pour reprendre le pouvoir en Palestine mais très vite les évènements n'ont pas tourné comme prévus. Une première explication trouve son origine dans la prise de Jérusalem en 1099. Le massacre de la population par les seigneurs de guerre européen n'était pas du tout prévu par les dirigeants du mouvement bénédictin qui pensait au contraire faire de Jérusalem une vie libre sur le plan spirituel afin de réunir officiellement les différentes religions, travail qui avait débuté depuis près d’un siècle à Cluny. Les seigneurs de guerre francs s'emparèrent des richesses et voulurent mettre en place un État féodal comme en Europe avec un roi semblable aux rois d'Europe. Les fondateurs du futur ordre templier, une fois trouvée ce qu'ils cherchaient dans les souterrains des ruines du temple, s'empressèrent de retourner en France. Les dirigeants bénédictins décidèrent alors de mettre en place leur propre force militaire sous la forme d'un ordre chevalier de moines soldats. Le symbole du temple peut effectivement se rattacher à l'origine historique du temple de Jérusalem mais il peut également signifier le temple égyptien avec son saint des saints dans lequel les initiés se dédoublaient à travers une décorporation. Le temple est alors l'endroit par excellence où se réalise publiquement l'initiation. L'armée des chevaliers templiers n'a pas pu prendre la suprématie par rapport à la royauté féodale mise en place par les seigneurs de guerre européen à cause du pacte passé avec la papauté : en échange des libertés et des franchises accordées par la papauté, les templiers ne porteront jamais les armes contre d’autres armées chrétiennes, dont bien entendu celles des rois d’Europe. C’est ce qui explique que les templiers se laisseront capturer facilement par les mercenaires du roi de France Philippe le Bel le 14 septembre 1307, date de l'ordre donné par Philippe le Bel d'arrêter tous les templiers. Mais entre temps, le mariage des cultures développé depuis Cluny, Citeaux puis Clairvaux donna naissance à l'Europe du temps des cathédrales, des villes libres, des ligues, des confédérations, bref, à une Europe des peuples organisés en réseaux locaux de vie. Jamais les Templiers ne participèrent aux différentes croisades, c'étaient aux rois et seigneurs francs d'y aller, eux restaient en Europe pour s'occuper de la vie des populations, leur apprendre à vivre ensemble en paix et dans la prospérité.

 La deuxième explication est moins connue : la révélation la plus importante du savoir égyptien, nous l'avons vu, concerne les liens commerciaux et culturels que la civilisation égyptienne a entretenu avec la Chine d'une part mais surtout avec les Andes de Tiahuanaco d'autre part. Bien entendu la connaissance des liens originels avec les Andes porte sur l'intervention des êtres venus d'une autre planète. Le groupe social qui possède cette connaissance ne peut que se donner la mission de refaire le voyage vers les Andes pour retrouver Tiahuanaco. Les relations étroites que les bénédictins ont entretenues avec les Normands et les vikings ne se limitèrent pas à la conquête de la Sicile et de la Grande-Bretagne. Les découvertes archéologiques montrent la présence d'une colonie templière à Tiahuanaco et dans cette région des Andes ainsi qu’une présence également dans la région des grands lacs en Amérique du Nord. La flotte des chevaliers templiers commença par utiliser la route maritime des vikings passant par l’Islande puis la région des grands lacs et de New York pour passer par le Mexique. Une route reliant des comptoirs vikings a été également utilisée par les templiers à travers l’Amérique du Sud et les Andes.

 

Les liens entre les civilisations européennes et amérindiennes : 

les 3 vagues d'établissements européens dans les Amériques

 

1) du 4ème au 12ème siècle : la première arrivée des moines irlandais appartenant à l'ordre columbite des culdees. Ces moines développaient le savoir chrétien apporté par des moines syriens et coptes et ils n'acceptaient pas la tutelle de l'église de Rome. Pour échapper au gouvernement de l'église de Rome, ils se réfugiaient toujours plus au nord et en Islande car ils préféraient fuir le monde. Les moines portaient le nom de "papa". En l'an 877, pour fuire la présence des vikings en Islande, une cinquantaine de moines et d'oblats prirent la mer et on en entendit plus jamais parler.

En 963, le viking Ari Marsson fut jeté par la tempête sur une côte inconnue, celle du "Huitramannaland" ou "terre des hommes blancs", à l'ouest du Vinland. Ari fut retenu là-bas et baptisé. En 1007, Thorsfinn Karlsefni fit prisonnier, au Vinland, deux indiens qui, plus tard, au Groenland, après avoir appris le norrois, lui racontèrent qu'au nord de leur pays, vivaient des hommes vêtus de blanc qui, certains jours, avec de grands morceaux d'étoffe attachés à des perches, sortaient en procession "en parlant très fort". En 1029, au cours d'un voyage de Dublin en Islande, le viking Gudhleif Gudlangsson fut déporté vers le sud-ouest par une violente tempête et drossé sur une côte inconnue où il fut fait prisonnier par des hommes qui parlaient irlandais. Il eut la vie sauve grâce à l'intervention d'un vieillard qui arriva à cheval et lui adressa la parole en norrois. C'était Bjorn Asbrandsson, le héros de Breidavik, exilé en l'an 999, après une aventure amoureuse qui avait mal fini. Cette région du Huitramannaland correspond à l'Acadie, à la Gaspésie et à la Nouvelle Écosse dans le Canada actuel.

Les moines columbites étaient des marins autant que des religieux. Très vite à partir de leur nouveaux monastères, ils naviguèrent vers le sud et le Mexique. Nous savons par les traditions indigènes que la première arrivée des Blancs en Amérique moyenne fut celle de religieux vêtus de longues robes blanches, que l'on appelait "papa". Leur influence fut extraordinaire, puisqu'ils parvinrent, non seulement à prêcher un christianisme dont le souvenir ne s'était toujours pas effacé cinq cent ans plus tard, mais encore à transformer les moeurs des indiens. Pourtant leur présence dut être brève car ils ne fondèrent pas de familles.

 2) en l'an 967, le viking Ullman Jarl toucha terre à Panuco, dans le golfe du Mexique. C'est la seconde arrivée, la "dernière arrivée" des hommes blancs pour les Mayas. Ullman débarque de 7 navires, avec quelques 700 Vikings, hommes et femmes, originaires du Schleswig et faisant partie des possessions danoises de Grande-Bretagne, il gagna l'Anahuac où il devint le cinquième roi des Toltèques, le Quetzalcoatl guerrier. Au bout de vingt ans, il laissa une colonie au Mexique, débarqua sur les côtes de l'actuel Venezuela, traversa l'Amérique du Sud jusqu'au Pacifique. Les vikings fondèrent le royaume de Quito puis montèrent sur le haut-plateau. De leur capitale, Tiahuanaco, aux abords du lac Titicaca, ils se lancèrent à la conquête du sous-continent à partir des années 1000. Leur empire s'étendit bientôt de Bogota, dans l'actuelle Colombie, à Valparaiso, au Chili, avec deux sorties sur l'Atlantique : l'Amazone, au nord, et le Peaviru, au sud, le "chemin moelleux" qui, par la sierra de l'Argent, gagnait le Paraguay et l'océan. Ils étaient quelques quarante mille lorsque, vers 1290, les Araucans, venus du Chili, s'emparèrent de Tiahuanaco. Certains des survivants du massacre qui s'ensuivit remontèrent la côte jusqu'en Equateur où ils s'embarquèrent vers la Polynésie sur des radeaux de balsa. D'autres se réfugièrent dans la forêt amazonienne et paraguayenne, où nous avons retrouvé leurs descendants. D'autres encore refirent leurs forces dans l'Apurimac, au Pérou proprement dit, et, quelque dix ans plus tard, vers 1300, descendirent sur Cuzco où ils fondèrent le nouvel empire, celui des Incas, c'est à dire, en norrois, des Descendants.

3) puis vinrent les templiers vers 1250, 1294 et en 1307 arriva un dernier groupe. Ils aidèrent les descendants des vikings à fonder l'empire inca puis participèrent à son développement. En 40 ans, de 1272 à 1307, ils avaient fait du commerce avec les vikings, principalement pour ramener l'argent au port de la Rochelle et avec ce métal précieux devenu une nouvelle monnaie, financer les constructions de leur mouvement : abbayes, maisons templières et surtout les cathédrales une fois que leur trésor saisit au moyen orient et qui provenait de l'utilisation de l'or depuis la civilisation de la haute Égypte, avait été consommé dans les chantiers immobiliers et l'acquisition de terres et domaines. Les templiers apportèrent l'art de la construction de la pierre aux vikings.

 Par exemple, l'ouverture de la porte monolithique connue sous le nom de Porte du Soleil, que l'on trouva, couchée et brisée, dans l'enceinte du Kalasasaya, église chrétienne et principale édifice de Tiahuanaco et qui n'était pas achevée en 1290 lors de la prise de la ville par les Araucans de Kari. Cette Porte du Soleil constituait une des entrées de l'enceinte de l'église. Elle est ornée d'une frise qui reproduit, toujours dans le style de Tiahuanaco, l'Adoration de l'Agneau, telle qu'on la voit au tympan de la cathédrale d'Amiens. Le motif central répond dans ses moindres détails à la description apocalyptique de l'Agneau. Les quarante-huit figures des trois rangées supérieures représentent, avec leurs attributs respectifs, les douze apôtres, les douze prophètes mineurs et les vingt-quatre vieillards porteurs de cithares et de coupe d'or, tels que les décrit Saint Jean. Sur la rangée inférieure, on voit deux anges en train de jouer de la trompette, instrument inconnu dans l'Amérique précolombienne. Amiens est situé en Picardie, à la frontière de la Normandie et Dieppe est son port et débouché sur la mer à quelque 100 km. La cathédrale d'Amiens fut construite entre 1220 et 1288 et son portail entre 1225 et 1236. Les chroniques indigènes nous parlent d'un moine catholique qui vers 1250, était apparu sur le haut-plateau après avoir débarqué dans le golfe de Santos et traversé le Paraguay, il se nommait le père Gnupa. Il apportait les plans d'une église romane, plus facile à construire à l'aide des maçons indigènes hautement qualifiés qui antérieurement avaient construits les nombreux édifices en ruine ou qui ont disparus.

 Nous pouvons déduire de ces évènements que vers 1150, les vikings maîtres de la région du Titicaca, une fois conquis leur empire et assurées, grâce à leur alliance avec les Guaranis, leurs voies de communication jusqu'à l'Atlantique, ont repris contact avec l'Europe, sans doute à Dieppe, à quelques kilomètres du port templier de Saint-Valéry-en-Caux. Ils s'allièrent aux templiers dans le secret et grâce aux artisans du Temple, de grands édifices surgirent, à Tiahuanaco et ailleurs, en remplacement des cabanes de torchis et de pierres sèches vikings. Les templiers donnèrent également un nouvel élan à la métallurgie locale : à l'orfèvrerie d'origine asiatique que les indigènes de la côte péruvienne connaissaient déjà vinrent s'ajouter des procédés plus complexes, comme le coulage à la cire perdue, et le travail du fer. Des mines furent ouvertes, notamment d'argent et les navires de l'Ordre du Temple partirent pour la Rochelle chargés de lingots d'argent. Vers 1250, des moines christianisèrent la région de Tiahuanaco. Après 1307, l'aventure prit fin, le Pérou en pleine anarchie ne constituait pas pour les frères templiers échappés d'Europe, un refuge satisfaisant, ils lui préférèrent le Mexique.

extraits du livre : les Templiers en Amérique de Jacques de Maheu, les énigmes de l'univers, Robert Laffont, 1981

 

La principale source de richesse pour financer le temps des cathédrales fut l’argent des mines d’Amérique du Sud que la flotte templière transporta jusqu’aux ports français de la Rochelle, de Dieppe, de Saint Valéry en Caux. Deux sites sont connus : la région du lac Titicaca et de la ville antique de Tiahuanaco qui a l'époque était à l'abandon et avait été le lieu d'une colonie viking. Au Pérou, l'argent provenait surtout de la zone de Porco, située dans une chaîne de montagnes de la cordillère, sur le flanc oriental du haut plateau aujourd'hui bolivien, au sud-est de Tiahuanaco. Les Espagnols appelèrent cette chaîne Sierra de la Plata, sierra de l'Argent. Une partie de l'or et de l'argent prenait le chemin de l'Atlantique en empruntant la branche nord du peaviru, celle qui, au Paraguay, passait par Cerro Cora où le métal était transformé en lingots. Du port de Santos, l'argent traversait l'Atlantique. L'ordre templier à ce moment là importait d'importantes quantité d'argent pour financer la construction des abbayes et des cathédrales. Ce trafic s'interrompit lors de la prise de Tiahuanaco par les Araucans vers 1290. Après la chute de l'ordre du Temple en France, une colonie templière venue de France aida les Guaranis à reprendre Tiahuanaco et une nouvelle restauration de l'antique citée eut lieu. Le deuxième site de production de l'argent est le Mexique. Il dépendait de l'empire Aztèque puis de l'empire Inca. Les templiers s'allièrent avec la civilisation du Mexique et de cet échange est né l'empire Inca. Le Mexique travaillait essentiellement l'or, l'argent et le cuivre. L'argent n'était qu'une production secondaire et l'extraction des minerais restait rudimentaire. Les vikings puis les templiers préférèrent développer leurs technologies minières et de fonderie en toute autonomie politique et militaire et plutôt que de les livrer aux peuples du Mexique, il firent le choix de s'installer au Pérou pour développer une véritable industrie minière. Aujourd'hui, la situation s'est inversée, le Mexique est le premier producteur d'argent du monde ( 2,8 millions de tonnes ).

 L'entreprise de l'ordre du Temple est surtout connue à travers ces faits historiques. L'organisation de la société française et européenne est probablement moins connue car elle a été détruite par l'absolutisme royal et surtout, son mode de fonctionnement et les mécanismes économiques que les ordres monastiques et chevaliers ont utilisés sont en totale contradiction avec le système de pouvoir économique capitaliste actuel. Les moines bénédictins en conservant le savoir de l'Égypte et de la Grèce antiques, possédaient également le cercle vertueux de la création des richesses pour le bien commun. Les chevaliers du Temple ont rapidement compris que la conquête de la Terre sainte avait été compromise par les chefs de guerres féodaux européens et qu'une nouvelle organisation sociale et politique entre peuples et religions différentes étaient devenue impossible. Nous savons qu'ils se sont concentrés sur l'aménagement de la France et de l'Europe, en refusant de participer aux nouvelles croisades décidées par les papes mais en poursuivant seulement leur mission originelle : protéger les pèlerins qui se rendaient à Jérusalem. L'organisation en réseau du temps des cathédrales a été détruite et perdue en France. 

Pourtant nous pouvons comprendre ce cercle vertueux de la croissance économique et du progrès social. Nous utilisons ici un extrait du livre paru début mars 2012, de l’économiste Erik S. Reinert : « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres », publiée aux éditions du Rocher.

Extraits du livre :

Depuis un temps immémorial, la majorité des habitants de la Terre vivent simplement, dans une pauvreté relative, et dans un équilibre souvent fragile entre la taille de la population et des ressources disponibles. Comme l'exprimait Alfred Marshall, un des fondateurs de l'économie néoclassique, toutes les migrations dans l'histoire ont été créées par une diminution des rendements : une densité de population croissante contrebalancée par une disponibilité des ressources naturelles et une technologie inchangée. Ce mécanisme est décrit dans la Bible à propos des tribus d'Israël qui ont dû se séparer puisque la terre ne pouvait les porter pour demeurer ensemble. Dans un tel monde, la richesse et la pauvreté s'apparentaient à un jeu à somme nulle ; la richesse était essentiellement acquise par l'intermédiaire de biens déjà existants qui changent de propriétaire. Cette vision du monde a été codifiée par Aristote. A la fin de la Renaissance se produit un changement de mentalité : de nombreux facteurs se combinèrent pour causer la disparition progressive du jeu à somme nulle en tant que vision du monde dominante pour dans le même temps introduire un élément de progrès en sus de la nature cyclique de l'histoire. (page 206).

La vision du monde d’Aristote, comme un jeu à somme nulle, a lentement fait place à la compréhension croissante que la nouvelle richesse pouvait être créée – et pas seulement conquise – grâce à l’innovation et à la créativité. (page 208).

« Vers le XIIIe siècle, les Florentins, les Pisans., les Amalfitains, les Vénitiens et les Génois ont commencé à adopter une politique différente afin d'accroître leur richesse et leur puissance, ayant remarqué que les sciences, la culture de la terre, l'application des arts et de l'industrie, ainsi que l'introduction du commerce extensif, pouvaient leur permettre d'engendrer une population importante, subvenir à leurs innombrables besoins, maintenir un haut niveau de luxe et acquérir d'immenses richesses, sans avoir à conquérir de nouveaux territoires. » Sebastiano Franci, réformateur des Lumières milanaises, 1764. (page 205)

Très tôt, il a été clair, pour les gens, que la plupart des richesses se trouvaient dans les villes, et plus particulièrement dans certaines villes. Les villes abritaient des citoyens libres ; à la campagne, les gens étaient généralement des serfs qui appartenaient à la terre et au seigneur local. À partir de ces observations, des investigations ont été menées pour parvenir à comprendre quels facteurs rendaient les villes à ce point plus riche que la campagne. Peu à peu, la richesse des villes a été perçue comme le résultat de synergies : des gens venant de nombreux et divers commerces et professions et formant une communauté. L'érudit Florentin et hommes d'État, Brunetto Latini (1220 - 1294) a décrit cette synergie comme étant « il ben commune », c'est-à-dire ouvrir " le bien commun ". La plupart des premiers économistes, les mercantilistes et leurs homologues allemands - les caméralistes - ont utilisé ces synergies comme élément fondamental pour comprendre la richesse et la pauvreté. C'est le bien commun qui rend les villes grandes, répète Nicolas Machiavel (1469 - 1527), presque 300 ans après Brunetto Latini. (page 207)

Par le biais de cette compréhension sociale de la richesse qui ne peut être comprise que comme un phénomène collectif, la renaissance a redécouvert et souligné l'importance et la créativité de l'individu. Si on ne tient pas compte de ces deux perspectives - le bien commun et le rôle de l'individu - on ne peut comprendre ni la vision de la société à la Renaissance ni le phénomène de croissance économique. (page 207).

Fin des extraits du livre de Reinert.

Reinert parle du XIIIème siècle à travers les villes libres d'Italie du nord, ces villes qui deviendront des cités états à la Renaissance avant d'être distancées par les nations états qui vont s'industrialiser comme en premier l'Angleterre. Il ne parle pas de la France au XIIIème siècle organisée par les ordres monastiques bénédictins et les chevaliers du Temple. Pourtant, les mêmes mécanismes économiques ont été utilisés pour créer des richesses, développer des villes libres, créer des échanges entre villes et campagnes, développer le bien commun géré à travers une démocratie locale participative fondée sur le principe de subsidiarité, l'alliance des contraires, la propriété commune.... Du développement de la France au cours de cette période, nous connaissons les résultats les plus spectaculaires et toujours visibles aujourd'hui. En un siècle, de 1170 vers 1320, 80 cathédrales et presque 500 abbayes furent construite dans la seule France. Ces constructions représentent plus de travaux de maçonnerie, de terrassements et de taille de pierre que tout ce que réalisa dans ce domaine l'Égypte ancienne en cinq mille ans, construction des pyramides y compris. Le succès de ces entreprises s'explique par l'organisation économique et sociale en réseau qui décupla les énergies et les initiatives sous la conduite des ordres monastiques et chevaliers. Nous l’avons dit, selon le chroniqueur de cette époque, Jean Froissart, vers 1300, la région de l’Ile de France était pleine comme un œuf et ce niveau démographique important à ce moment là ne sera atteint par la suite que vers 1850, soit cinq siècles plus tard. Ce développement économique, ce bien commun géré au plan local, a été défendu par les chevaliers du Temple qui ont ainsi géré environ 90% des propriétés foncières situées sur le sol de France.

 L’organisation en réseau de l’ordre du Temple est aussi remarquable par son rayonnement sur plusieurs continents grâce à une flotte et une alliance avec un peuple marin : les vikings. Les relations entre les vikings de Normandie et ceux des terres du nord ont servi de base aux liens qui se tissèrent entre ces navigateurs et la flotte puissante de l'ordre du Temple basée notamment au port de La Rochelle et à Saint-Valéry-en-Caux, à côté de Dieppe, pour surveiller étroitement tout le trafic commercial avec l'Angleterre, royaume conquis sur les plans du moine bénédictin Lanfranc. Les relations commerciales mises sur pied par les Templiers reposaient sur leurs importations d'argent d'Amérique du Sud, argent travaillé par les Vikings de Tiahuanaco. Cet argent servi notamment à la construction des cathédrales gothiques, cathédrales dont les mesures et les nombres employés attestent de la redécouverte d'une science provenant de la haute antiquité égyptienne. Lors de l’arrestation des templiers par les soldats de Philippe le Bel, plusieurs bateaux templiers de La Rochelle ne vinrent pas se réfugier au Portugal au port templier de Serra d'El Rei mais disparurent à jamais. Dans les dernières années du XIIIème siècle, pressentant les difficultés que leur ordre allait rencontrer au fur et à mesure que leur puissance allait se heurter aux rois établis avant de pouvoir instaurer un système politique économique et social nouveau, les templiers envoyèrent une expédition en Amérique du Sud pour préparer une base de retraite à proximité des colonies de vikings avec lesquelles ils avaient travaillé l'argent et qui, faute d'apport de nouvelles équipes européennes, s'étaient essoufflées au point de pouvoir devenir maintenant le socle d'une colonie nouvelle dirigée cette fois-ci par l'ordre des Templiers lui-même. Ils s'installèrent au Mexique, à Chalco et y reçurent leurs compagnons templiers qui fuyaient les arrestations de Philippe le Bel en 1307 lors de la dissolution de leur ordre. Ils amenaient le trésor entreposé à Paris.

 Sans prétendre vouloir faire le bilan de l'ordre du temple, nous pourrions le comparer dans ses grandes lignes à celui de Moïse : il y a bien mise en application de l'organisation en réseau avec tous les bénéfices économiques et sociaux pour les peuples qui sortent ainsi de la misère. C’est la réalisation de la solidarité, de la fraternité et de l’égalité dans une même démarche de projet à laquelle les êtres humains adhèrent librement (ou n’adhèrent pas). Par contre il subsiste des lacunes sur le plan des valeurs spirituelles qui seront la cause de la chute de ces organisations politiques face au système de pouvoir religieux, monarchique et militaires qui imposent par la force leurs mythes et les dogmes criminels. Le point le plus obscur de l’histoire des moines chevaliers templiers concerne leur démarche spirituelle et initiatique. Lors du procès des templiers, ils reconnurent certaines pratiques mais qui nous ont été décrits par leurs juges comme des pratiques de sorcellerie ou d’hérétiques. Nous mentionnons la thèse de Robert Ambelain dans son livre : « Jésus ou le mortel secret des Templiers » : les fondateurs de l’ordre ont retrouvés les textes anciens qui racontent la vie humaine de Jésus et son rôle pour restaurer la république de Gamala, en libérant son peuple de la domination romaine. Ce récit historique est cependant incomplet sur la démarche spirituelle qui était possible à ce moment là en allant chercher l’initiation à Dendérah, le seul temple d’Egypte d’où l’initié ressortait avec le titre de fils de Dieu et la compétence pour parler du mystère de l’Apocalypse. Il faut avouer que durant cette période, il n’était pas facile de démêler le vrai du faux dans les dogmes de l’église romaine, la part de légende empruntée à d’autres religions antiques et la part de faits historiques liés à la lutte du peuple juif contre l’empire romain et les rois de Judée mis en place par le pouvoir de Rome. Il est certain que les dirigeants du réseau templier ont été éduqués à la nouvelle doctrine chrétienne mise en place à Cluny. Ils étaient familiers du mariage des cultures entre l’occident et l’orient. Mais ils utilisaient un savoir rationnel certes en contradiction avec celui de l’église sans pour autant suivre une démarche initiatique personnelle comme cela se passait pour les dirigeants de l’organisation de l’Egypte antique. Les réalisations économiques, sociales, immobilières, maritimes, culturelles, financières sont exceptionnelles mais l’ordre du Temple n’a pas remis en place un savoir global et une pratique de la démarche spirituelle qui aurait brisé les dogmes de l’église romaine. Allié à un système de pouvoir théocratique, rivalisant avec le système de pouvoir monarchique des rois européens, cette compromission et ce manque d’indépendance n’étaient pas assurément viables à long terme. A un moment, il faut choisir : le développement des organisations en réseaux ruine les systèmes de pouvoir, il faut prendre en compte cette conséquence et prévoir la réaction hostile des dirigeants de ces systèmes de pouvoir pour la vaincre et éliminer ces systèmes de pouvoir.

 Nous reviendrons dans notre quatrième partie sur le développement du mouvement spirituel et nous pourrons reprendre à ce moment-là les lacunes et les échecs des templiers. Le bilan à retenir porte donc sur la capacité à développer des puissantes organisations en réseau fondées sur la propriété commune et le développement d’un savoir global.

 Après la destruction de l'ordre du temple en 1307 par la trahison du roi de France Philippe le Bel, nous retrouvons des colonies de moines chevaliers templiers sur le continent américain, autant en Amérique du Nord qu'en Amérique centrale et en Amérique du Sud. La tradition des Indiens iroquois indique que des moines blancs sont venues leur enseigner l'art de la grande loi qui lie. La constitution de la fédération des cinq nations iroquoises a une date de fondation vers 1350. Cette confédération des nations iroquoises servira de modèle aux fondateurs de la déclaration d'indépendance et de la constitution des États-Unis d'Amérique vers 1780. En Amérique du Sud, le développement de l'empire inca né vers 1200 devient plus important après 1307. Il s’explique non pas par des guerres de conquête incessantes mais, une fois le peuple voisin organisé en système de pouvoir vaincu, par une confédération des peuples de la région qui acceptent de faire alliance après des siècles de guerre. Chaque peuple reste autonome dans l'empire inca mais le développement des routes et des communications permettent une centralisation de l'organisation au sein d'une confédération afin de garantir la paix, le développement des échanges qui conduit à l’élévation générale du niveau de vie. Ce développement porte également sur le savoir et les technologies qui vont atteindre un niveau élevé dans l’astronomie, le travail de la fonderie, l’administration des ressources naturelles, de la terre agricole à l’eau. Ce haut niveau de savoir surprendra les conquérants espagnols et portugais. Il semble donc que le prétendu trésor des templiers soit surtout immatériel : c'est un savoir pour développer des organisations en réseau à partir d'une propriété commune afin d'améliorer le niveau de vie des populations et d'éliminer les guerres. Cette pratique de la solidarité et de l'efficience dans l'utilisation des ressources naturelles est une première réponse concrète pour démontrer la validité des règles et des valeurs de la culture qu'apportent les utilisateurs du savoir global, peu importe l'époque de l'histoire dans laquelle se réalise cette utilisation du savoir global.

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Plan de la Partie 3 : l'histoire des conflits entre les organisations en réseau et les systèmes de pouvoir

l'antagonisme entre les deux logiques

après le dernier grand cataclysme, les premiers empires et systèmes de pouvoir

le monothéisme, le mouvement chrétien, le système de pouvoir théocratique de la papauté de Rome

le mouvement musulman

le mouvement cénobite et les ordres monastiques

les templiers

les malheurs qui ont suivi la destruction de l'ordre du Temple

la guerre de cent ans, l'intervention de Jeanne d'Arc

la renaissance et la conquête des Amériques, Christophe Colomb

le mouvement protestant

 le système de pouvoir économique capitaliste

l'histoires des richesses, tableau récapitulatif

les ressources disponibles pour approfondir l'histoire des conflits

l'histoire du droit de propriété et des richesses

les flibustiers

le traité de Tordesillas

lire les épisodes du roman "D'Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite" qui présente l'histoire de ces conflits entre les organisations en réseaux et les systèmes de pouvoir

la conférence de Nancy :    épisode 12       épisode 13

     

 

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