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Partie 3 : l'histoire des conflits entre les organisations en réseau et les systèmes de pouvoir

Arrivé à ce stade dans nos propos, nous pouvons indiquer à notre lecteur, que la suite de cette histoire a été racontée dans notre roman mis en ligne « D’Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite ». Il s'agit des textes concernant la conférence de Nancy lorsque Pierre explique les origines du mouvement qu'il veut mettre en place. Nous en faisons ici un résumé et nous mettons en place des liens hypertextes avec ce document pour avoir des approfondissements.

 

VII Les organisations monastiques en réseau et les ordres chevaliers au temps des cathédrales

 À travers les grandes invasions et la chute de l'empire romain, la religion chrétienne poursuit son développement grâce à la force de son message spirituel qui émancipe les populations des anciennes craintes et superstitions envers les dieux et les demi-dieux. La communauté des juifs réfugiés dans la région de Narbonne participe aux événements en tentant de récupérer à Rome les fruits du pillage que les légions ont fait en Palestine et lors de la destruction du temple de Jérusalem. Cette communauté a certainement gardé intact le niveau de savoir qu'avait atteint le groupe des initiés de Jérusalem à l'époque de Jean-Baptiste, de Jésus et de la communauté des esséniens des bords de la Mer Morte. Comme les premières communautés chrétiennes, cette communauté a cherché l'alliance du pouvoir avec les nouveaux chefs mérovingiens. L'objectif lointain était d'utiliser ce pouvoir dans la perspective de revenir un jour en Palestine pour instaurer un nouveau royaume de Judée et également, dans un premier temps, retrouver ce qui avait pu subsister de la destruction de Jérusalem : des trésors enfuis avec des parchemins et des connaissances secrètes. Il est probable que cette quête ait poussé les papes à Rome à se saisir des parchemins et des écrits conservés à l'abbaye du mont Cassin qui, de toutes manières contredisaient les dogmes qu’ils avaient mis en place et l’histoire de Jésus.

 L’époque mérovingienne ( vers 480 à 750 ) se caractérise par des rois francs qui copient le fonctionnement de l’empire romain tout en gardant leurs traditions germaniques dans la gestion du pouvoir : leur pays appartient à la famille royale et il est scindé en autant de fils héritiers que le roi en a eus. Ils aiment le luxe comme du temps de Rome, utilise abondamment l’esclavage pour le fonctionnement de l’économie et le commerce avec les pays étrangers. Pour administrer leur royaume, ils doivent utiliser les compétences des évêques et de l’église chrétienne et peu à peu, il y a une christianisation du royaume. Les descendants de la famille royale sont incapables de remettre en cause le morcellement du royaume à chaque héritage qui perd ainsi de sa puissance. Cette règle typiquement germanique et lié à la gestion des tribus et des communautés, rend vaines et inefficaces les victoires militaires acquises lors de la conquête d’autres territoires. Le modèle familial d'organisation en réseau devient très insuffisant pour diriger des étendues géographiques de plus en plus vastes. Pour préserver ces conquêtes, une autre manière de gouverner est nécessaire, surtout si les dirigeants veulent retrouver une dimension comparable à l’ancien empire romain. L’influence chrétienne pèse également pour organiser les peuples dans la paix et la solidarité, ou tout au moins dans la soumission au pouvoir du pape de Rome et de l’église.

 Lorsque les Carolingiens s'emparèrent du pouvoir ( vers 750 à 1 000 ), ils cherchèrent eux aussi à s'accommoder les faveurs de la papauté. Les rois Carolingiens et leur administration ont été formés par les moines et ils avaient compris que le développement de leur royaume passait par de nouvelles abbayes capables de développer les richesses agricoles et immobilières tout en apportant éducation, services de santé et gestion des territoires. Les dirigeants du mouvement bénédictin ont alors pu utiliser cette exemple de réussite politique, économique et social pour l’appliquer à la papauté. Plutôt que de laisser les papes et leur administration dans leur seule occupation de rédiger des dogmes pour les imposer aux rois européens, il était préférable de les occuper dans la gestion territoriale d’un domaine. C’est ainsi que les roi francs furent à l'initiative de la création de l'État pontifical autour de Rome et Charlemagne se fit couronner empereur à Rome par le pape en l'an 800. L’époque carolingienne comme la précédente, l’époque mérovingienne et l’empire romain sont en réalité des systèmes de pouvoir militaire. Le royaume carolingien finira d’ailleurs dans un émiettement important tant chaque seigneur de guerre recevra ou prendra un territoire local en sa possession : ce sera la féodalité.

 Le mouvement bénédictin créé à partir de l'abbaye du mont Cassin en l’an 500 s’était développé. Un exemple : à Baume-les-Dames, l'abbaye bénédictine a été fondée au IVe siècle, grâce à saint Germain, évêque de Besançon. Vers l’an 700 la fille du duc d'Alsace Odile avait fait son éducation spirituelle dans cette abbaye avant de revenir à Obernai et devenir abbesse du monastère de Hohenbourg fondé par son père. Odile parle du Christ mais lorsqu’elle évoque un personnage humain, c’est en premier Jean-Baptiste. Elle fonda d’autres monastères et abbayes dans la plaine d’Alsace comme sur le versant lorrain des Vosges. Dans les années 800, les moines bénédictins bâtirent l’abbaye de Baume les Messieurs dans le sud du Jura d’où partirent en 909 l’Abbé Bernon et quelques moines pour fonder Cluny. C’est à Cluny que les moines bénédictins décidèrent de transporter les manuscrits anciens du Mont Cassin pour les éloigner de la menace des papes qui cherchaient à les détruire afin de protéger les dogmes qu’ils avaient instaurés. Les moines entreprirent sous ces voûtes de Cluny hautes de 30 mètres, le mariage des traditions passées : du rameau hébraïque avec Moïse, David, Salomon; du rameau grec avec le savoir pythagoricien, platonicien, rameau musulman aussi, rameaux qu'au mont Cassin travailla Benoît de Nurcie et son ordre ; du rameau celte ensuite apporté par les druides chrétiens avec Pelage, Patrick, Colomban puis plus tard Malachie. La tradition chrétienne est formée à Cluny et un savoir matérialiste se répand pour traduire au quotidien les principes tirés des connaissances divines et spirituelles disponibles pour l'époque. Les règles bénédictines s'appuient sur les prescriptions de Benoît de Nurcie qui lui-même adhéra aux règles cénobites transcrites par Pacôme qui vécut en ermite en face du temple de Dendérah et qui, à la suite de Jean et d’Antoine, tenta de sauver les enseignements des prêtres de ce plus vieux temple égyptien.

 Parmi ces moines, beaucoup connaissaient l'histoire de Nout et de Horus, l'histoire de Devaki et de Krishna. Ils connaissaient la liste des dieux nés d'une vierge : Krishna, Gautama Bouddha, Indra pour l'Asie ; pour le Moyen-Orient : Zoroastre, Adonis, Attis, Mithra né d'une vierge dans une étable le 25 décembre vers 600 avant notre ère et dont la résurrection était célébrée à Pâques. Même l'empire romain a eu un de ses sauveurs primitifs, Quirinus, né d'une vierge. Bon nombre de moines durent sourire en comparant l'instauration de cette légende dans le christianisme vers 150 et 180 et les textes anciens des auteurs romains, juifs, esséniens, grecs, araméens racontant l'histoire de Juda de Gamala, l'homme de Galilée, héros de Dieu qui appela Israël à l'insurrection, fit frapper des monnaies portant le mot de République, organisa son territoire d'Israël sur cette organisation et élabora une doctrine dans laquelle Dieu seul était le roi du peuple élu comme au temps de Moïse. Ce Juda de Gamala eut avec Marie des fils qui s'appelèrent par ordre de naissance : Jésus et Thomas les jumeaux, Simon-Pierre et Jacques, enfants qu'éleva Zébédée à la mort de Juda de Gamala tué par les romains et au remariage de Marie avec lui afin de sauvegarder la lignée royale de David. Ils savaient que Jésus n'était pas le premier à instaurer le rite de la cène et à faire vivre le mystère de la transsubstantiation du pain et du vin en corps du Christ, que Moïse et les grands prêtres égyptiens célébraient le même rite. Ils connaissaient l'histoire humaine de Jésus et avaient lu les chroniqueurs romains comme Flavius Joseph avant qu'à Rome d'autres ecclésiastiques n'expurgent de ces manuscrits tous ces détails compromettant pour l'histoire sainte, histoire sainte qui devait servir de légitimité à l'expansion du pouvoir papal. Ces moines avaient entre leurs mains les textes anciens sauvés par Benoît de Nurcie, ils avaient pu lire les manuscrits sauvés par d'autres des autodafés. Ils savaient qu’Irénée, évêque de Lyon vers l’an 200 réclamait déjà l’interdiction des initiations individuelles, des célébrations comme celles d’Éleusis car ces pratiques empêchaient le développement d’un système de pouvoir religieux à partir des évêques et capable de contrôler le savoir spirituel de chaque communauté chrétienne. Jamais les prêtres de Dendérah n’avaient demandé de telles mesures dans leur organisation en réseaux. Ces moines, eux aussi, cherchaient à remonter le rameau hébraïque jusqu'à la Loi des Nombres, le Cercle d'Or de la Haute-Égypte construit à Dendérah, le plus ancien temple égyptien restauré une première fois par Kheops en face duquel Pacôme avait fondé leurs règles cénobites et ils s'accrochaient à l'un des derniers représentants chez les juifs de cette royauté pharaonique : Salomon. Comme les prêtres antiques, ils cherchaient à redécouvrir le savoir perdu lors de l'assassinat par les Hyksos d'un roi de Thèbes gardien des rites initiatiques pour l'intromission des pharaons, le roi Sekenenrê Taâ II assassiné par celui qui avait le nom égyptien d'Apophis. Thèbes est la ville la plus proche de Dendérah et de fait, la puissance militaire gardienne de ce lieu sacré originel. Dans ce savoir perdu, il était question de faire ressusciter à la vie divine celui qui allait ensuite avoir la charge humaine de pharaon, c'est à dire de représentant de dieu pour servir de lien entre le Créateur et l'humanité.

 Mais les moines n'avaient pas entre leurs mains tous les documents et, ils durent se résoudre à monter une expédition armée pour envoyer quelques-uns uns des leurs à Jérusalem et en Terre Sainte retrouver sous le Saint des Saints du Temple, le chaînon manquant à leur savoir.

 Après Cluny et le mariage des cultures dans une nouvelle culture européenne, après l’adoption des chiffres arabes à la place des chiffres romains pour développer les travaux de géométrie et d’architecture, c’est à l’abbaye de Cîteaux que le voyage vers le savoir ancien, acheva sa préparation. Les moines de Cîteaux établirent des liens entre les chefs normands qui conquirent en éclaireur les bases de départ du voyage vers la source : la Sicile, Malte, et entre ces navigateurs normands qui cherchèrent en Amérique du Sud l'argent pour financer le voyage. Avec l’argent ramené des mines du Mexique, mines exploitées alors par les colons vikings, les moines purent développer la construction des cathédrales qui attestèrent pour la chrétienté de la redécouverte de la Loi des Nombres issue des lois divines et des mathématiques célestes des temples égyptiens, savoir détenu à l'origine dans le temple de Dendérah. Les papes bénédictins , Sylvestre II, le pape de l'an mille, puis Urbain II se donnèrent comme objectif de reconquérir Jérusalem et la Terre Sainte pour retrouver un savoir encore caché là-bas. Urbain II, ancien prieur de Cluny, une fois l'Angleterre conquise par les Normands en 1066 et ce d'après les plans du moine bénédictin Lanfranc, professeur à l'abbaye du Bec-Hellouin, ordonna la première croisade en 1096. En 1104, le comte Hugues de Champagne fait un séjour à Jérusalem et à son retour en 1108, il se confie à Etienne Harding, abbé de Cîteaux. En 1114 Hugues de Champagne retourne à Jérusalem et l'année suivante, à son retour, il offre à l'abbé de Cîteaux un terrain à Clairvaux. En 1115 Bernard quitte Cîteaux pour fonder l'abbaye de Clairvaux et en 1118, neuf chevaliers instruits par Bernard de Clairvaux viennent à Jérusalem pour fouiller les fondations du temple de Salomon et retrouvés les documents cachés sous le Saint des Saints par les nazôréens et l'église de Jérusalem dont Jacques, frère de Jésus fut le premier évêque. Cette communauté participa à la direction de l’insurrection contre les romains et ses documents furent donc cachés avec le trésor du Temple par les dirigeants de l’insurrection à la veille de la destruction de la ville. Les survivants de cette destruction qui s’installèrent en Europe et principalement dans la région de Narbonne, léguèrent à leurs descendants le secret de ce trésor caché et ces familles vers l’an mille sont à l’origine de cette politique du retour à Jérusalem.

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Plan de la Partie 3 : l'histoire des conflits entre les organisations en réseau et les systèmes de pouvoir

l'antagonisme entre les deux logiques

après le dernier grand cataclysme, les premiers empires et systèmes de pouvoir

le monothéisme, le mouvement chrétien, le système de pouvoir théocratique de la papauté de Rome

le mouvement musulman

le mouvement cénobite et les ordres monastiques

les templiers

les malheurs qui ont suivi la destruction de l'ordre du Temple

la guerre de cent ans, l'intervention de Jeanne d'Arc

la renaissance et la conquête des Amériques, Christophe Colomb

le mouvement protestant

 le système de pouvoir économique capitaliste

l'histoires des richesses, tableau récapitulatif

les ressources disponibles pour approfondir l'histoire des conflits

l'histoire du droit de propriété et des richesses

les flibustiers

le traité de Tordesillas

lire les épisodes du roman "D'Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite" qui présente l'histoire de ces conflits entre les organisations en réseaux et les systèmes de pouvoir

la conférence de Nancy :    épisode 12       épisode 13

     

 

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