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LA MONNAIE PLEINE EST A NOUS 

reprendre le pouvoir sur la création de la monnaie dont notre économie réelle a besoin pour se développer durablement.

à partir de l'initiative suisse sur la monnaie pleine, Vollgeld.

 

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23 mars 2014, texte réécrit en août 2014.

En 2014, après 7 ans de crise financière, les états européens sont soumis à des politiques d’austérité pour essayer de diminuer leurs dettes publiques. Les peuples comprennent que la soumission aux dirigeants du système économique neo libéral évolue vers une réelle tyrannie financière et que la pauvreté augmente puisque les états doivent réduire leurs dépenses publiques et augmenter les impôts afin de réduire leurs déficits budgétaires alourdis par le poids des intérêts financiers. En avril 2014, le nouveau premier ministre français déclare une fois de plus que les français ont vécu au dessus de leurs moyens, que les finances publiques sont en déficits importants, que la dette publique approche les 100% du PIB et qu'il faut donc rembourser nos créances pour diminuer l'endettement et retrouver des marges de manoeuvres pour la croissance. Bref, ce responsable politique comme les dirigeants de l'idéologie libérale soumis au pouvoir de l'oligarchie financière anglo-saxonne, ne veulent pas admettre la réalité de la crise économique, qui l'a organisée, qui l'a dirigée, qui s'est enrichi démesurément grâce à la crise, comment les financiers ont organisé le plus grand hold-up de l'histoire à travers la permutation des dettes bancaires privées en dettes publiques des états, comment le système bancaire s'est sauvé lui-même lorsque les banques centrales privées et en premier la FED ont utilisé la planche à billets pour éliminer dans les bilans de leurs banques commerciales clientes les masses de titres toxiques accumulées depuis la crise des subprimes aux USA. C'est bien cette création énorme de monnaie par les banques centrales privées et essentiellement par la Réserve fédérale américaine (FED) qui a pour conséquence que les banques sont sorties de la crise de 2007. Par contre les états n'ont pas été aidés par les banques centrales privées pour éliminer leurs dettes publiques qui ont fortement augmentées à cause de la crise financière actuelle. Ce premier ministre sait-il que ses banquiers veulent réduire les pouvoirs des états pour développer leur gouvernement mondial et que les dettes sont la fortune des banques, principalement les dettes publiques qui théoriquement ne craignent pas un risque de non remboursement ? En août 2014, le gouvernement français est bien obligé de constater que la croissance espérée se traduit plutôt par une menace réelle de déflation qui rend encore plus difficile le remboursement de la dette publique. Les citoyens qui suivent l'évolution de l'économie et de la crise financière savent que l'économie américaine a été préservée par les dirigeants de la FED qui sont aussi les propriétaires des firmes multinationales alors qu'en Europe, la Banque centrale européenne a refusé d'appliquer la même politique monétaire vis à vis des états et des entreprises européennes. Les dirigeants politiques français sont obligés de reprendre à leur compte ces arguments partagés par de plus en plus de citoyens dans tous les pays même s'ils ont acceptés dans le passé l'indépendance de la BCE et l'abandon de la politique monétaire au service des politiques publiques décidées par les états. Le fossé n'a jamais été si profond entre les citoyens qui ont compris et qui veulent mettre fin à ce système financier et libéral et les dirigeants politiques qui n'osent pas mettre en oeuvre ce changement radical et durable au niveau du régime politique alors que ceci figure dans leurs attributions. Parmi les pays européens, la Suisse à travers sa démocratie directe fondée en 1307 se distingue avec son droit de votation populaire et l'initiative Vollgeld (la monnaie pleine) propose une modification de la Constitution de la Confédération pour restaurer le pouvoir des citoyens sur la création monétaire, spécialement sur la création de la monnaie scripturale alors que la Confédération dispose déjà de ce pouvoir sur la création de la monnaie fiduciaire ( pièces métalliques et billets). 

Pour comprendre l'ardente obligation de restaurer le pouvoir des citoyens sur la création monétaire et enfin mettre fin au système financier libéral qui domine l'économie capitaliste à travers le monde, nous devons commencer par préciser le rôle accordé à la monnaie dans chacune des deux cultures qui s'affrontent depuis des millénaires, la culture humaniste d'une part qui accorde la priorité au travail sur le capital et qui dans les sociétés florissantes a utilisé les mécanismes des organisations en réseaux de vie, et d'autre part la culture capitaliste qui donne la priorité aux marchés et légitime la maximisation des profits sans limites pour les entreprises qui arrivent à dominer ces marchés à travers la puissance de leurs capitaux et de leurs patrimoines. Dans cette première partie, nous verrons également les conflits qui se sont produits depuis le développement de la société industrielle pour la maîtrise de cette création monétaire. Ces conflits sont très instructifs pour montrer comment la création de monnaie sans coût par un gouvernement permet à un pays de sortir rapidement d'une guerre ou d'une crise économique et aussi comment les dirigeants de la finance mondiale ont détruit ces utilisations de la monnaie pleine et ont assassiné les dirigeants politiques qui les ont mises en oeuvre. Ensuite, dans une deuxième partie, nous préciserons comment mettre en place et gérer la monnaie pleine, c'est à dire le pouvoir des citoyens sur la création de la monnaie de manière à ce que le travail soit prioritaire par rapport au capital. Il s'agit d'un mécanisme simple mais dont la portée développe un régime politique et une civilisation différente et antinomique par rapport aux systèmes de pouvoir actuels responsables des crises et des guerres organisées par l'oligarchie financière anglo-saxonne qui veut diriger un gouvernement mondial à travers la domination de tous les marchés économiques.

Les dirigeants du système financier, notamment en Suisse à cause de l'initiative Monnaie pleine, savent que les excès de la crise de 2007 et les mesures prises par les banques centrales privées pour sauver leur système bancaire ont été suivies jour après jour par les citoyens sur les réseaux sociaux, par les journalistes et les économistes. Grâce à la révolution technologique de l'informatique et des télécommunications, les financiers spéculent sans arrêt en temps réel à travers le monde et ceci développe des bulles financières répétitives qui sont autant de menaces systémiques pour les gouvernements et les citoyens. Dans le même temps, les citoyens partagent leurs connaissances et leur compréhension des entreprises menées par les banquiers et les financiers. Internet permet de réduire considérablement l'ignorance des citoyens sur ce que font leurs nouveaux maîtres du monde. C'est probablement la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'une telle communication planétaire existe et grâce à ces nouvelles technologies de communication, c'est certainement aussi la première fois que ce combat va renverser la domination des plus riches et des plus puissants. Ces dirigeants scandent toujours leur incantation immuable : il n'y a pas d'autre alternative au système capitaliste libéral. Ils imposent dans les programmes scolaires et universitaires les dogmes de leur culture libérale et ils veulent réduire l'enseignement de l'histoire pour que les citoyens ignorent tant que faire se peut comment ils ont pris le pouvoir, comment ils s'enrichissent avec l'argent dette et quelles sont les conséquences pour les peuples de leur gouvernement mondial. Il s'agit de poursuivre un combat millénaire en posant sur la table des débats peut-être pour la première fois depuis des siècles, la bonne question et la meilleure des solutions : la monnaie est à nous ! Après tout redevient possible pour développer une nouvelle civilisation florissante dans l'humanité, au moins aussi florissante que les précédentes dont ils détruisent avec acharnement le souvenir et les vestiges.

Première partie : La conception de la monnaie dans les deux cultures qui s'affrontent depuis le développement industriel.

Le lecteur de fileane.com connaît l'histoire des conflits ininterrompus entre les organisations en réseaux de vie qui ont développé les civilisations les plus florissantes et les systèmes de pouvoir qui ont commencé par venir piller les richesses des organisations en réseaux puis ont organisé la domination des peuples à travers des systèmes de pouvoir militaires, policiers, théocratiques et leurs organisations centralisées et despotiques, tyranniques du pouvoir. Il s'agit ici de mettre en avant le rôle de la monnaie dans chacune de ces cultures. Quant aux conflits menés par les banquiers internationaux pour prendre le pouvoir sur les monarchies et les peuples gouvernés par ces monarchies, nous les avons présentés sur fileane.com dans les documents sur nos riches ennemis, les maîtres du monde. Il s'agit ici de mettre en avant les pratiques utilisées par les dirigeants politiques ou les banquiers dans ces conflits.

I le rôle accordé au travail et à la monnaie dans les deux cultures qui s'affrontent aujourd'hui encore.

Reprenons rapidement dans un premier temps chacune de ces deux cultures économiques fondées sur des valeurs et une conception de la monnaie très différentes et qui s’affrontent depuis plusieurs siècles, puis à partir d’une leçon sur la monnaie de l’économiste John Kenneth Galbraith nous en viendrons à l’analyse des obstacles à éliminer pour clarifier ce combat contre les maîtres actuels de la finance et reprendre le pouvoir sur la création de la monnaie.

Pour présenter ces deux cultures ou théories qui sont en conflit dans le système économique actuel, nous utilisons la description faite par Erik S. Reinert dans son livre  « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres. », traduction française aux Éditions du Rocher, mars 2012 et nous la complétons avec nos propos.

1) Première culture : la culture qui place l’être humain au cœur du fonctionnement des organisations.

la culture humaniste a notamment été défendue par Abraham Lincoln en 1860 lors de son élection à la Présidence des USA lorsqu’il combat la théorie libérale fondée sur la théorie d’ Adam Smith. Cet évènement historique peut être pris comme repère pour marquer le point de départ d’un changement de comportement des banquiers internationaux dans le but d’ interdire jusqu’à aujourd’hui, à un gouvernement de créer lui-même sa monnaie dont il a besoin pour le développement durable de son pays et forcer ce gouvernement à emprunter de la monnaie à des banques privées moyennant intérêts et soumission politique. La culture humaniste est pourtant présente dans l’histoire de l’humanité depuis la plus lointaine antiquité et elle a permis le développement des civilisations les plus florissantes. Elle est certes écartée, voire interdite par les dirigeants de la seconde culture, la culture capitaliste et libérale, pour ne pas ici aborder également la question religieuse et l’interdiction de la source de savoir spirituelle par l’église catholique de Rome depuis le Concile de Nicée en l’an 320 . 

La culture humaniste, sur la question de la monnaie, se caractérise par les valeurs, les normes et modes de vie suivants :

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au commencement il y a les relations sociales ; le travail précède le capital ; ce qui fait le propre des êtres humains, c’est la créativité qui permet les inventions et les découvertes ; il y a également les valeurs de paix et d’amour qui concrétisent des relations sociales optimales et une affirmation claire et nette : " il n'y a richesse, ni force que d'hommes ". Jean Bodin

Normes :

Tout travail mérite une rémunération selon les compétences fournies.

La monnaie nationale accompagne les politiques économiques et industrielles décidées par les pouvoirs publics. Les dirigeants politiques présentent des projets ou des plans de développement qui sont autant de travail, de découvertes et d’inventions à réaliser. L’objectif poursuivi est bien la croissance à court terme et le développement durable à moyen et long terme, le plein emploi. Le travail et les productions de richesses réalisés sont payés à travers la monnaie. La monnaie vient après le travail et facilite les échanges entre les richesses produites par les uns et les autres.

L’histoire économique montre que les pays industrialisés se sont développés d’abord en utilisant le protectionnisme puis lorsque leur marché intérieur a été saturé, ces pays se sont ouverts au libre-échange avec l’avantage que leur outil de production avait atteint la taille critique, qu’ils avaient développés de nombreuses compétences et que leurs entreprises avaient dépassé leur seuil de rentabilité. C’est une des explications de la manière dont les pays riches sont devenus riches et les pays pauvres restent pauvres. Le libre échange n'est donc pour les pays riches que le moyen de dominer les pays pauvres en leur interdisant de se développer en utilisant d'abord les règles du protectionnisme.

Une fois un niveau de développement économique durable atteint, le niveau de production des richesses matérielles devient suffisant et ce sont les richesses immatérielles (qui n’ont pas de prix) qui continuent de se développer dans une démarche de qualité totale de la vie sur Terre. Le but est connu : la concrétisation des valeurs de paix et d’amour. Il s’agit alors plus que d’un travail mais d’une manière de vivre qui utilise également des compétences provenant non plus de la source intellectuelle de savoir mais de la source spirituelle. Cette norme se retrouve chez les peuples premiers et les civilisations florissantes, elle est interdite par le système de pouvoir économique libéral et capitaliste. La source de savoir spirituelle est interdite par l’église catholique romaine et la religion chrétienne dans son ensemble. Le travail s'organise ainsi sur 3 niveaux : le travail indispensable à la vie et à la survie, la réalisation d'oeuvres transmises aux générations futures et qui élèvent le niveau de vie, l'action politique exercée par chaque être humain dans le cadre de son réseau de vie ou d'une démocratie locale participative.

Pour accompagner le développement économique, les dirigeants doivent apporter de l’or et de l’argent pour battre monnaie ou stocker des réserve d’or et d’argent pour garantir la monnaie à partir de l’étalon or. L’abandon de l’étalon or puis la démonétisation de l’or après 1971 correspondent au développement phénoménal du pouvoir financier et à l’endettement des états ainsi que des citoyens avec l’utilisation massive de l’argent crédit dette pour soutenir la croissance économique au départ et l’enrichissement au final de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

Mettre à disposition d’un groupe social énormément de monnaie n’a aucun sens constructif car la limite de cette organisation réside dans la quantité de travail capable d’être utilisée pour produire les biens et les services utiles. Le développement durable repose ainsi sur le plein emploi et l’élévation du niveau des compétences de manière à produire non seulement les biens et services indispensables à la vie et à la survie mais aussi les œuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises au générations suivantes en tant qu’ éléments de progrès. L’action politique des membres du groupe social détermine les projets et les plans de développement et vote les budgets nécessaires à leur réalisation. Ensuite, sur le plan technique bancaire, il s’agit de calculer si les mesures fiscales prises sur les richesses déjà produites permettent d’obtenir la quantité de monnaie nécessaire au financement des nouveaux projets ou s’il faut créer de la monnaie supplémentaire pour payer cet accroissement de production de richesses. Les priorités accordées au plein emploi et à l’élévation des compétences, source de gain de productivité, éliminent les risques d’inflation liés à une trop importante mise à disposition de monnaie pour les agents économiques. Keynes a développé cette conception de l’économie et dès les années 1925, il affirma qu’en l’an 2000 pour garantir le plein emploi, il suffirait de travailler chacun 20 heures par semaines pour obtenir les ressources financières suffisantes pour vivre chacun de nous dignement avec suffisamment de biens et de services. Cette logique n’a pas été mise en oeuvre par les dirigeants du système financier, tous les citoyens du monde peuvent le constater et le regretter.

Modes de vie

Les dirigeants ont cherché un instrument de paiement universel pour commercer entre pays ; l’or puis l’argent ont été utilisés comme instrument de mesure des richesses à travers la monnaie métallique puis pour garantir la monnaie papier. Avec le développement industriel et la production de masse, la monnaie papier s’est développée et s’est dématérialisée pour être plus pratique lors des échanges. Le développement de l’informatique et des télécommunications a généralisé l’utilisation de la monnaie scripturale (90% de la monnaie d’un pays) par rapport à la monnaie fiduciaire ( pièces et billets).

La confiance commence lorsque les citoyens savent que lorsqu’ils se mettent au travail, il y a les moyens d’être payé. Le niveau de confiance facilite la vitesse de circulation de la monnaie dans le circuit économique entre production et consommation et grâce à cette de vitesse de circulation de la monnaie entre les agents économique, il n’est pas nécessaire de mettre en circulation une masse monétaire supplémentaire. En cas de crise, les monnaies locales ont permis aux citoyens de surmonter les difficultés à vivre. Le niveau de confiance rend également possible les monnaies locales en dehors des crises pour soutenir le développement de circuit court de distribution et favoriser l’emploi local, pour modifier les comportements de consommation ou l’utilisation des services à la personne afin de favoriser de meilleurs modes de vie (santé, intégration sociale, sortie de la drogue, du surendettement, etc.)

La monnaie est un moyen de paiement qui s’adapte aux échanges et accompagne l’évolution des modes de vie.

Le métier de banquier a pour responsabilités directes la mise en circulation de la monnaie, la gestion de la vitesse de sa circulation entre les agents économiques, les opérations de crédit à partir de l’épargne déposée.

Les finances publiques utilisent la fiscalité pour réduire les inégalités ponctuelles et surtout pour financer les plans de développement ou la protection sociale (éducation, santé, services publics à la personne) en fonction des décisions prises par l’action politique exercée à travers la démocratie locale participative ou son synonyme : l’organisation en réseaux citoyens de vie. Le cas échéant, le Trésor public crée directement le surplus de monnaie nécessaire à ces productions de nouvelles richesses et la Banque nationale gère la mise en circulation de la monnaie. Cette monnaie sans coût pour les finances publiques prend le nom de monnaie pleine, Vollgeld en Allemand. Les compétences financières les plus élevées se trouvent dans les emplois des finances publiques et moins dans les emplois de la banque commerciale.

Conclusion : si la monnaie reste un moyen de paiement incontournable, la logique de cette culture qui repose sur la monnaie moyen de paiement n’est plus utilisée actuellement car la culture libérale a pris le pouvoir dans le fonctionnement du système politique, économique, social, culturel.

2) Seconde culture : la culture libérale.

Sur la question de la monnaie, la culture libérale dont le point de départ est la théorie d’Adam Smith, se caractérise par les valeurs, les normes et modes de vie suivants (présentation à partir du livre d’Erik Reinert). Cette culture est née avec le développement du commerce entre les continents et surtout elle a été organisée au début de l’ère industrielle. Les bases juridiques de la liberté du commerce et de l’industrie ainsi que la sacralisation de la propriété privée et l’élimination et l’interdiction de la propriété commune datent en France de la Révolution de 1789 : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 sacralise la propriété privée, le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier de 1790 suppriment les organisations intermédiaires entre les citoyens et les dirigeants au pouvoir au nom de la liberté du commerce et de l’industrie, ce qui légitime la prise du pouvoir par la nouvelle bourgeoisie d’affaires au détriment de l’ensemble des citoyens et légitime la liberté de fonctionnement des marchés sans intervention des états, la main invisible arrivant à satisfaire les offreurs et les demandeurs à travers un juste prix.

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Au commencement, il y avait les marchés, la division du travail résulte d’une tendance de la nature humaine à…charger, troquer et échanger une chose pour une autre….

Le marché est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande, c’est la liberté contractuelle qui pousse un agent économique à venir sur un marché participer à l’échange.

La concurrence permet à chaque agent économique d’intervenir sur un marché pour améliorer les termes de l’échange entre offre et demande. L’état n’a pas à intervenir dans le fonctionnement d’un marché, par contre le gouvernement mondial exercée par les banquiers internationaux qui possèdent les plus importantes firmes multinationales est nécessaire pour que l'ensemble des marchés deviennent les plus compétitifs possibles, c'est à dire créent le plus de valeur financière pour les actionnaires.

normes

document :

A la suite d’Adam Smith, quatre des concepts importants pour comprendre le développement économique ont été écartés du modèle dominant (humaniste et fondé sur la priorité accordée au travail et au paiement du travail productif de richesses):

  • Le concept d’innovation, qui avait joué un rôle important dans les sciences sociales anglaises pendant plus de cent cinquante ans.

  • L’idée que le développement économique est le résultat d’une synergie et que les personne partageant le même marché du travail composé d’industries innovantes, auront des salaires plus élevés que d’autres, idée présente dans la pensée économique européenne depuis le XVe siècle.

  • La prise de conscience que différentes activités économiques peuvent être autrement porteuses de développement économique.

  • La réduction par Adam Smith de la production et du commerce à des heures de travail a ouvert la voie à la théorie ricardienne du commerce, encore dominante aujourd’hui, par laquelle l’économie mondiale est conçue et comprise comme l’exemple du troc d’ Adam Smith, lorsque des chiens échangent des heures de travail sans aucune qualité.

fin de l’extrait du livre de Erik Reinert.

Le travail n’est plus prioritaire et source de relations sociales, il devient dans cette doctrine, une quantité qui a un prix et qui s’échange librement sur le marché du travail. Mieux, le travail est aussi un coût qui intervient dans la fixation du prix de vente d’un bien ou d’un service. Lorsque les économies d’échelle positives ne sont plus possibles à cause de la saturation d’un marché, les économies d’échelle négatives restent utilisables : pour un même volume de quantité produite, il s’agit de réduire la quantité de facteurs de production utilisée, le plus souvent le capital technique est conservé (il est déjà amorti) et la réduction des frais de personnel à travers le licenciement économique apporte alors des économies et un nouveau gain de productivité à très court terme (jusqu’à ce que l’entreprise ne décline et disparaisse à moyen terme à la suite de plusieurs années de ces saignées au niveau des compétences). Le pouvoir évolue du système d’autorité au système d’efficacité. Le principe des économies d’échelle négatives appliquées aux entreprises se transpose au niveau des finances publiques à travers les mesures d’austérité prises par les gouvernements pour réduire les déficits eux-mêmes provoqués par des dépenses considérables pour rembourser les intérêts de la dette publique tout en réduisant ces énormes déficits publics. Tant que les déficits et les dettes publiques ne sont pas fortement réduites et que donc les financiers n’ont pas récupéré leur capital et surtout les intérêts composés des financements accordés, tout espoir de croissance forte pour sortir un pays de l’austérité, est vain et inconsidéré du point de vue de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

En clair, les financiers interdisent à un pays de remettre au travail les citoyens qui en sont privés parce qu’ils refusent de financer le projet qui organise le travail. En somme, ils refusent le paiement de ce travail au motif le plus souvent que ce pays n’est pas compétitif parce qu’il ne rembourse pas assez vite ses dettes. L’utilisation excessive de l’argent dette est la seule explication à ce constat qui révolte de plus en plus de citoyens qui se demandent s’ils sont encore libres ou devenus soumis à un tel pouvoir mais telle est la règle du système tant qu’elle n’est pas éliminée. L’utilisation quasi exclusive du crédit pour financer les investissements et les projets de développement correspond à donner aux banques privées le pouvoir de décision dans la conduite non seulement de l’économie réelle mais de l’humanité toute entière. Les dirigeants de la finance mondiale décident de la localisation de la production mondiale, ils choisissent les pays qu’ils faut utiliser pour leur faible coût de main d’oeuvre, les pays qu’il faut affaiblir car leur niveau de dépenses sociales sont un frein à l’enrichissement des actionnaires et des financiers, les pays où ils veulent fermer les industries et laisser les citoyens au chômage. Depuis les années 2010 et face au risque manifeste de voir les citoyens refuser les hausses d’impôts pour rembourser les dettes publiques, les dirigeants de la finance mondiale s’activent pour imposer une règle nouvelle et exorbitante : si un état a du mal à rembourser, le FMI et les banques centrales privées pourront obliger cet état à prélever directement ces remboursement sur l’épargne des citoyens : assurance-vie, comptes d’épargne, placements immobiliers, etc.

La propriété privé comprend également la propriété privée des moyens de production, ce qui permet à l’entrepreneur d’être seul propriétaire des richesses créées par les salariés qui mis à part leur salaire, n’ont droit à rien d’autre. Cette logique sera combattue dès les années 1830 par les canuts de Lyon qui mèneront les combats avec le mot d’ordre : “vivre libre en travaillant ou mourir en combattant”. Certes ils n’avaient pas réclamer le pouvoir citoyen de créer la monnaie qui caractérise un citoyen libre, une femme, un homme, un canton, une ville ou un pays libre mais cette leçon a été apprise en les citoyens qui veulent retrouver leur liberté pleine et entière, réclament dorénavant ce droit fondamental…. Il semble que Marx a également oublié d’inscrire ce droit fondamental dans sa vision d’une société.

La monnaie est une valeur qui s’achète et se vend sur le marché monétaire. Elle doit s’ajuster au niveau du commerce international et au niveau du cours des changes sur le marché monétaire, ceci en fonction des exportations et des importations du pays. Le solde de la balance commerciale dicte le niveau du cours de la monnaie, la dévaluation de la monnaie permet de donner certaines facilités aux exportations mais ce n’est qu’une théorie démentie par le cas des USA, première puissance économique mondiale et siège du pouvoir financier mondial dont le déficit de la balance commercial n’a plus aucune autre signification que celle de prouver que pour la première puissance économique mondiale, l’essentiel est d’importer toutes les richesses conquises sur les marchés mondiaux avec les investissements financiers réalisés. Lors de la crise asiatique de 1997, les USA ont continué d’acheter la production des pays du Sud-Est asiatique et ceci a permis une sortie de crise rapide pour ces pays tout en rentabilisant les usines construites là-bas et les actifs matériels qu’il n’est pas possible de changer de pays, sachant que rapidement les investisseurs vont se tourner après 2000 vers la production en Chine.

Les dirigeants d’un pays ne doivent plus intervenir dans les échanges économiques et l’organisation des marchés, notamment pour satisfaire des intérêts politiciens personnel afin de se faire élire ou réélire, ce qui est un obstacle rédhibitoire pour les dirigeants du système économique et financier. Les banques centrales doivent devenir indépendantes par rapport aux états et donc les gouvernements n’ont plus à disposition les moyens d’une politique monétaire. Ils n’ont plus à disposition que les politiques budgétaires qui sont soumises aux contraintes des banques centrales et des financiers pour la stabilité de la monnaie utilisée dans les échanges mondiaux.

Les plus riches disposent de moyens légaux pour échapper aux impôts des états et pour créer de la valeur financière sans relation directe avec l’économie réelle. L’argent privé est géré prioritairement à la monnaie d’un état et la défense de la rente est prioritaire sur le plan fiscal et financier par rapport aux revenus du travail, c’est la conséquence de la nécessaire dérégulation des marchés et principalement des marchés financiers.

Depuis la prise du pouvoir par les familles des banquiers internationaux au cours du 19ème siècle, la multiplication du crédit permet aux banques de s’enrichir inconsidérément : l’argent dette fait la fortune de la finance surtout lorsque les réserves fractionnaires des banques deviennent de plus en plus faible et l’effet de levier du crédit de plus en plus important, d’où la crise de 2007.

Modes de vie

Une succession interminable de crises économiques, de guerres de conquêtes coloniales et aujourd’hui neo coloniale menées par les firmes transnationales. La spéculation à haute fréquence crée des bulles spéculatives à répétition en jouant sur l’effet de levier du crédit-emprunt pour obtenir des gains rapides et énormes. C’est la finance casino qui prend le dessus sur le financement de l’économie réelle. Il est plus aisé d’obtenir des profits en bourse à très court terme que d’investir dans des usines ou des centres de recherche en créant de l’emploi à moyen ou long terme.

L’inflation cachée, le creusement des inégalités à un niveau encore jamais atteint dans l’humanité : les 1% qui s’enrichissent sans limites et les 99% qui ont de plus en plus de mal à vivre pour enrichir avec leur travail les 1%. L’évasion fiscale devenue légale, l’évolution du cadre juridique qui permet à des fonds spéculatifs et à des multinationales de faire condamner des états dont les actions ont été contraires à leurs intérêts particuliers.

La société de consommation fondée sur le crédit mène à d’énormes gaspillages de ressources qui compromettent le développement durable de l’humanité. La perte de toute légitimité de la classe politique qui pour se maintenir au pouvoir ne sait plus que suivre la doctrine libérale et se soumettre au pouvoir des financiers.

Le métier de banquier d’affaires au services des investisseurs devient prioritaire avec le trading sur les places financières mondiales. La démocratie doit devenir conforme aux exigences des marchés, particulièrement aux exigences des marchés financiers : protéger la rente contre l’inflation, déréguler les marchés pour laisser se développer la spéculation à la hausse sur tous les biens de consommation, y compris alimentaires, etc.

 

3) Le passage de la culture humaniste à la culture libérale.

s’explique par les difficultés des dirigeants industriels.

Le problème fondamental d’un système de production est d’éviter l’obstacle de la sur capacité de production pour ne pas produire des biens et des services qui ne seront pas vendus parce que les marchés sont saturés. Cette situation a été réalisée dans les années 1920. Les usines qui avaient fonctionné durant la première guerre mondiale pour produire des armes et des munitions, souvent avec un personnel féminin nouveau dans les usines, avec le même fonctionnement après la guerre, allaient dorénavant produire en masse des biens de consommation qui en quelques années allaient saturer tous les marchés. Cette situation fut relevée par Jacques Duboin qui proposa la solution de l’économie distributive : il s’agissait d’utiliser les économies d’échelle positives pour faire fonctionner les usines des pays industrialisés à leur rendement optimal et donc au coût de revient de la production le plus bas. Le surplus non vendu dans les pays riches devaient être échangé avec les pays pauvres pour développer leur niveau de vie ce qui allait apporter des économies au niveau mondial en évitant les questions d’immigration involontaire depuis les pays pauvres, les principales sources de la délinquance, les guerres et les révoltes de la misère, le colonialisme et les guerres de libération contre les pays coloniaux, etc. Cette proposition allait dans le sens d’un gouvernement mondial par une société des nations responsable et efficiente. Bien entendu de telles perspectives étaient contraires aux intérêts des familles de la banque internationale. Nous connaissons la solution adoptée par les dirigeants capitalistes : la propagande mise au point par Bernays, conseiller en relations publiques de Rockefeller à ses débuts. Bernays va démontrer que si les besoins individuels sont satisfaits par la production de masse, la production peut continuer à augmenter dès lors qu’elle vient satisfaire non plus les besoins mais les désirs individuels qui sont illimités tant que le marketing arrivera à les créer pour des consommateurs qui n’en ont pas la moindre idée. La première réussite de Bernays fut de relancer la production de cigarettes en arrivant à faire fumer les jeunes femmes. Nous sommes ici à la naissance du pouvoir du Marketing dans les entreprises de production de bien et de services.

Après la seconde guerre mondiale organisée depuis Wall Street, une fois la reconstruction de l’Europe bien avancée, la satisfaction des désirs reprit de plus bel avec les effets de mode et la société de consommation. Cette surconsommation poussée par les futilités de la mode destinée à créer de nouveaux désirs, fut facilité par le développement du crédit. L’endettement des ménages poussa la croissance économique et la fortune des banques. Nous connaissons la suite de cette stratégie financière qui nous mène aux bulles spéculatives et au dérèglement des marchés financiers pour doper les profits à court terme.

Le pouvoir de l’oligarchie financière anglo-saxonne a eu dès lors entre ses mains tous les atouts pour mener à son terme son but : la domination du monde dans un gouvernement mondial exercé par les plus riches, c’est à dire les familles des banquiers internationaux. Cette domination put se développer plus rapidement et mondialement à travers l’utilisation de l’informatique et des télécommunications, la révolution de l’Internet. Ce sont les scandales de la finance pure rendus possibles par l’utilisation du trading haute fréquence, de la spéculation à la baisse avec des effets de levier énorme à partir de fonds spéculatifs empruntés en grande partie qui ont briser le voile qui a longtemps caché aux citoyens les mécanismes véritables et prédateurs des dirigeants du système libéral. L’argent dette rend soumis et esclave les populations. Nous l’avons vérifié nous même : lors d’une grève, les services du préfet ont communiqué de suite à la direction de l’entreprise les informations provenant de la Banque de France : tous les délégués syndicaux et représentants du personnel au Comité d’entreprise n’avaient pas fini de rembourser les prêts de leur domicile, donc ils ne pouvaient pas faire grève plus de deux semaines sans voir une menace exercée par leur banque sur leur maison. Effectivement, la grève fut même bien plus courte. Notons qu’en Allemagne, les grévistes sont payés les jours de grève par leur syndicat mais c’est un autre débat. Le gouvernement mondial correspond à la volonté des maîtres du monde d’utiliser les dogmes de la doctrine libérale et ils ne s’en cachent pas.

II Les conflits entre monnaie pleine et argent dette.

En économie, l'explication est claire depuis quelques années ; il s'agit bien des conséquences de la volonté des nouveaux maîtres du monde, l'oligarchie financière anglo-saxonne, de gouverner le monde selon ses intérêts exclusifs. La méthode utilisée par un banquier pour dominer les monarchies, les princes et leurs peuples est connue depuis des siècles, particulièrement après 1307, nous y reviendrons. Certes il y a un choix opportuniste mené par les maîtres du monde : faut-il commencer par une crise économique et financière puis utiliser ensuite les guerres et leurs besoins en financements énormes pour la production de l'armement, la solde des combattants, pour la reconstruction des pays ravagés par les guerres ? Faut-il commencer plutôt par des guerres régionales qui vont déclencher des crises économiques mondiales, faut-il utiliser ces deux moyens en même temps pour aller plus vite vars la maximisation des profits ? Faut-il développer de nouvelles armes pour protéger les riches et rendre impossible toute nouvelle invasion des barbares, pour réduire la population mondiale selon les thèses malthusiennes ? Les maîtres de nos systèmes de pouvoir politiques, économiques, théocratiques et militaires n'ont pas d'autre solutions pour défendre leurs intérêts. Et pour dominer les peuples, pour financer leurs entreprises d'influences sociales fondées sur la soumission librement consentie si possible sinon sur le conformisme habituel, ces dirigeants ont besoin d'une arme fondamentale au coeur de leur système de domination : le pouvoir de créer la monnaie.

En économie, le cours sur la monnaie porte sur les 3 fonctions de la monnaie : instrument d'échange, de mesure des richesses produites par le travail et moyen d'épargne ou de thésaurisation. La fonction d'épargne a toujours posé problème car elle retire du circuit économique de la monnaie qui ne sert plus à la consommation immédiate et donc à l'activité économique. Certes l'épargne avant d'être utilisée pour une consommation différée va chercher à produire des intérêts à travers le prêt de monnaie à d'autres agents économiques. La difficulté survient rapidement lorsque l'épargne et les richesses accumulées par des agents ont un niveau important tel que cette monnaie ne servira plus à de la consommation de biens et services produits dans l'économie réelle parce que ces épargnants sont suffisamment riches pour satisfaire tous leurs besoins matériels. Freud et Keynes se sont longuement questionnés dans les années 1930 sur ce qui poussait ces riches à vouloir toujours plus de monnaie et carrément à vouloir posséder seuls le pouvoir de créer la monnaie pour dominer le monde d'une manière obsessionnelle et folle en organisant crises économiques et financières, guerres mondiales pour asseoir leur gouvernement mondial des 1% les plus riches sur les 99% restant de l'humanité. Cette domination à travers le pouvoir de la création monétaire s'est surtout accélérée avec l'ère industrielle et la production de masse, lorsque pour assurer les échanges économiques des richesses produites, il a fallu ajouter à la forme de monnaie fiduciaire (les pièces et les billets de monnaie), la forme de monnaie scripturale et la création de monnaie à partir des crédits émis par les banques. Dès les années 1770, les luttes furent ardentes entre partisans d'une banque publique ayant seule le pouvoir de créer l'ensemble de la monnaie et partisans d'une banque centrale privée dirigée par de puissantes familles de banquiers internationaux. Ce conflit a vu au XXème siècle la victoire des familles de banquiers sur les citoyens et leurs représentants même si les résistances à cette imposture politique et économique, sociale, n'ont jamais cessé de dénoncer cette absurdité d'utiliser la monnaie non plus comme un moyen au service de l'économie réelle mais comme une fin en soi pour permettre à quelques familles de banquiers de dominer le monde.

1) les conflits aux États-Unis d'Amérique pour utiliser la monnaie pleine et ne pas dépendre du pouvoir des financiers internationaux.

a) Thomas Jefferson et Andrew Jackson

Au début du 19ème siècle, le débat sur la constitution des États-Unis d’Amérique du Nord fit rage autour de cette question. Parmi les pères fondateurs, Thomas Jefferson refusa avec énergie la domination d’une banque centrale privée aux mains des financiers de Londres et d’Europe. Nous reprenons brièvement deux extraits de notre page web sur cette question :

 "J'ai pour conviction que les institutions bancaires sont plus dangereuses que les armées permanentes....Si un jour le peuple américain laisse les banques privées contrôler l'émission de monnaie, les banques et les sociétés qui s'érigeront autour de lui, le priveront de ses propriétés jusqu'à ce que ses enfants se réveillent sans abri sur le continent que leurs pères conquirent. "   Thomas Jefferson

Il est certain que Jefferson connaissait la volonté de son adversaire :

 « Laissez moi décider et contrôler la régulation de la masse monétaire d'une nation, et je me fiche de ce qui fait les lois. » Mayer Amschel Rothschild, fondateur de la dynastie de banquiers du même nom.(1744 – 1812)

 

Nos dirigeants politiques ont été mis en garde depuis des siècles, notamment par des prix Nobel d'économie. Maurice Allais - prix Nobel d'économie - propose : " Toute création monétaire doit relever de l'État et de l'État seul : Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les " faux droits " résultant actuellement de la création de monnaie bancaire. " et il ajoute " Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n'hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents " . Nous précisons que cette création monétaire "ex nihilo" par les banques commerciales dont parle Maurice Allais représente 93% de la masse monétaire M3 (la monnaie fiduciaire + l'épargne des ménage + l'épargne des entreprises, c'est à dire les sommes dont elles disposent pour leurs transactions courantes selon leur niveau d'activité) en circulation dans la zone euro à ce jour, mais évidemment que le "ex nihilo" ne signifie pas "sans règles" ou "sans garanties" ... en ce qui concerne les banques il s'agit bien d'une "monétisation" de créances ou d'actifs. Il y a d'autres citations célèbres sur cette question fondamentale du pouvoir de créer la monnaie. Nous en citons une récente.

«Imprimer de faux billets est illégal, mais la création d'argent par le privé ne l'est pas. L'interdépendance entre l'État et les banques qui peuvent créer de l'argent est à l'origine de beaucoup d'instabilité dans nos économies. Cela pourrait - et devrait - être interdit.» En démarrant ainsi son éditorial dans le Financial Times, jeudi dernier (ndrl : 24 avril 2014 ), Martin Wolf ne pouvait pas rendre un meilleur service à l'association Modernisation Monétaire «MoMo», qui veut confier le monopole de la création monétaire à la BNS (Banque nationale suisse).

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_HijvHPND7o

Pourtant la volonté de Jefferson n'a pas été suivie d'effet car Washington élu à la Présidence céda à la pression d'Hamilton pour qu'une banque centrale privée soit instituée. Hamilton présenta son projet pour favoriser un crédit public au service du développement de la nation mais dans ce projet, les crédits publics furent bien accordés par des banquiers privés non américains et résidant à Londres qui certes avaient d'énormes intérêts financiers à voir prospérer le développement des USA. La "seconde banque des États-Unis" a été autorisée durant une période de 20 ans pendant le mandat de James Madison en 1816. Un fois président, Jackson a travaillé dur pour abroger cette loi afin de créer une véritable banque fédérale, qui dans l'intérêt du peuple, serait sous le contrôle de l'État. Le 10 juillet 1832, Jackson met son veto à la création d’une banque centrale. Il met alors, dès son arrivée à la présidence, son veto à la reconduction de la banque centrale créée par Hamilton afin de pouvoir mettre un terme à la dette nationale et renforcer le pouvoir fédéral. Il s’entoure de conseillers en qui il a confiance et avec qui il prend ses décisions. La même année, Jackson paya le montant final de la dette nationale.  Il fût le premier et le seul président à l’avoir accompli. La crise est résolue en 1833 par une forte baisse des droits de douane et marque la victoire de l’intérêt individuel des États sur le gouvernement fédéral. Sa résistance aux puissances d’argent qu'il considérait comme très dangereuses était si cruciale à ses yeux qu’il fit graver comme épitaphe : « I killed the Bank » sur sa pierre tombale. Andrew Jackson était surnommé Old Hickory (vieux noyer) en référence à la solidité du bois de noyer.

b) Abraham Lincoln

« le travail précède le capital. Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le monde du travail n’avait tout d’abord existé. Le travail est supérieur au capital et mérite donc une plus grande considération (…). Dans la situation actuelle, c’est le capital qui détient tout le pouvoir et il faut renverser ce déséquilibre ». Abraham Lincoln a bien compris l'imposture de la finance et des économistes libéraux qui privilégient le capital, la rente issue du travail sur le travail lui-même de manière à légitimer le vol des richesses produites par les travailleurs au profit des capitalistes, propriétaires privés des moyens de production qui détournent la propriété commune des biens de production à leurs seuls profits.

Otto Von Bismark, Chancelier de Prusse, suite à l’assassinat de Lincoln en 1865 : « Je crains que les banquiers étrangers ne dominent entièrement l’abondante richesse de l’ Amérique […]ils n’hésiteront pas à précipiter les États chrétiens dans les guerres et le chaos, afin de devenir les héritiers de la terre entière »

"Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin". HENRY FORD, ce qui ne l'a pas empêché de poursuivre ses idées racistes et son soutien à la sélection des élites notamment aryennes ainsi que sa coopération économique avec les nazis.

Avant de chercher à savoir si la révolution pour reprendre au niveau du citoyen et de ses représentants le pouvoir de créer la monnaie dont a besoin l'économie réelle pour assurer un développement durable de l'humanité, est pour "avant demain matin", il y a un évènement dans l'histoire du 19ème siècle aux USA qui marque le point de départ de la prise du pouvoir par les familles de banquiers internationaux sur la création monétaire dans les pays occidentaux puis au niveau mondial ; il s'agit de la guerre de Sécessions aux USA dans les années 1861 à 1865 lorsque les sudistes pour défendre leur système de pouvoir esclavagiste refusèrent l'élection d'Abraham Lincoln et sa volonté de supprimer l'esclavage au sein de l'Union.

Le développement industriel américain dans les années 1830 à 1860 se fit dans une période où il n'y avait pas de banque centrale privée mais la banque publique de l'Union des États-Unis. Ajoutons que cet essor industriel se réalisa également dans le cadre du protectionnisme économique, l'énorme marché intérieur suffisait alors pour réaliser les économies d'échelle source de gains de productivité considérables. En 1861, au moment de la guerre de Sécession, pourtant les États-Unis furent de nouveau endettés de 100 millions de dollars. Le nouveau président Abraham Lincoln se joua lui aussi des banquiers européens en faisant imprimer les fameux “Lincoln Greenbacks” pour payer les factures de l’armée du Nord. En 1862, par le vote du Legal Tender Act, Abraham Lincoln reviendra à l’art.1 de la Constitution et créera le dollar « Greenback ». C’est ainsi qu’il pu, sans augmenter la dette de l’état, payer les troupes de l’Union.

 Le journal des Rothschild “Times of London” écrivit en 1865 : “Si cette politique malicieuse qui a son origine dans la république d’ Amérique du nord, devait devenir à la longue une réalité fixe, alors ce gouvernement pourra fournir sa propre monnaie sans coût. Il paiera ses dettes et sera sans dette. Il aura tout l’argent nécessaire pour subvenir à son commerce. Il deviendra prospère au-delà de tout ce qui a été vu jusqu’ici dans l’histoire des gouvernements civilisés du monde. Le savoir-faire et la richesse de tous les pays ira en Amérique du Nord. Ce gouvernement doit être détruit ou il va détruire toutes les monarchies de la planète.”

 

 La loi sur la banque nationale de 1863 ré instaura la banque privée centrale américaine et des bons de guerre de Chase furent émis. Lincoln fut ré-élu l’année suivante, jurant de répudier cette loi après avoir pris ses fonctions en 1865. Avant qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, Lincoln fut assassiné au théâtre Ford par John Wilkes Booth. Booth avait des connexions importantes avec les banquiers internationaux. Sa petite fille écrivit un livre “Cet acte fou” qui décrit dans le détail les relations de Booth et ses contacts avec “de mystérieux européens” juste avant l’assassinat de Lincoln. La suite de cette histoire est sur notre site comme sur d’autres sites web. Retenons la leçon de la famille Rothschild de Londres : la création monétaire sans coût par un gouvernement est la méthode pour devenir prospère au-delà de tout ce qui a été vu jusqu’ici dans l’histoire des gouvernements civilisés du monde. Cette question et cette solution sont donc essentielles pour garantir un développement durable dans une civilisation florissante et humaniste.

Cette méthode pour devenir prospère que les banquiers de l'oligarchie financière mondiale interdisent aux citoyens et à leurs représentants repose sur une évidence : lorsque les citoyens et leurs gouvernements décident de créer des richesses en développant le travail et le niveau des compétences de l'ensemble d'un peuple, la monnaie est l'instrument de paiement de ce travail et à travers ce travail, chaque citoyen dispose d'un revenu suffisant pour vivre et participer au commerce des biens et services produits. La monnaie et le capital, l'accumulation de richesses sont secondaires par rapport au travail. L'affirmation que la valeur travail précède la valeur capital est fondamentale dans la culture humaniste qui place l'être humain au coeur de l'organisation politique, économique, sociale, culturelle. Pour s'enrichir sans limites, les dirigeants du système économique et financier utilisent la culture libérale qui donne la priorité au marché et à son libre fonctionnement au profit des plus riches et des plus puissants ou selon le vocabulaire actuel, au profit des plus compétitifs c'est à dire au profit de ceux qui ont gagné plus d'argent, beaucoup plus que les autres moins compétitifs... et plus humanistes. 

c) J F Kennedy

A la liste des dirigeants politiques qui ont mis en place la création monétaire sans coût par un gouvernement, il faut encore ajouter le cas du Président J F Kennedy qui a donné l'ordre de ne plus emprunter à la FED mais d'émettre la monnaie par le Trésor américain. 

document : 

Le 4 juin 1963, Kennedy a signé l’ordre exécutif 11110 qui demandait l’émission de 4.292.893.815 (4,3 milliards) de dollars Américains par le Trésor plutôt que par le système traditionnel de la Réserve Fédérale. Le même jour, il a signé une loi proclamant que les billets d’un et de deux dollars devaient être convertibles en l’or et non en l’argent, ce qui a permis de renforcer la devise Américaine affaiblie’ [1].

Kennedy avait parfaitement conscience du degré auquel le système de Réserve Fédérale avait usurpé le droit Constitutionnel de sa nation d’imprimer de la monnaie et sa capacité de réguler sa devise. Il savait également que c’était là le plus gros challenge qui se présentait à son administration.

Comme Abraham Lincoln et Andrew Jackson, il était conscient des conséquences qu’auraient ses tentatives de remettre le contrôle monétaire à sa place de droit, c’est-à-dire entre les mains du Trésor. Bien qu’il dispose de l’autorité statutaire qui lui permettait d’agir, Kennedy comprenait que ses batailles ne seraient pas sans victimes, et qu’il aurait de grandes chances d’en sortir perdant au vu du pouvoir intouchable et de l’influence omniprésente de ses formidables adversaires de la Fed. 

" Lorsque le président John Fitzgerald Kennedy … a signé cet ordre exécutif, ce pouvoir a été retourné au gouvernement fédéral, plus précisément au Département du Trésor, qui a le pouvoir Constitutionnel de créer et d’émettre de la monnaie – sans passer la Banque de réserve Fédérale. L’ordre exécutif 11110 du président Kennedy a donné au Département du Trésor le droit ‘d’émettre des certificats sur l’argent contre des lingots d’argent, de l’argent ou des dollars argent’. Cela veut dire que pour chaque once d’argent qui se trouvait dans les coffres du Trésor des États-Unis, le gouvernement pouvait introduire de la nouvelle monnaie dans l’économie. En conséquence, plus de quatre milliards de dollars de billets Américains sont entrés en circulation en dénominations de 2 et 5 dollars. Les billets de 10 et 20 dollars n’ont jamais circulé mais étaient en train d’être imprimés par le Département du Trésor quand Kennedy a été assassiné. Il paraît évident que Kennedy savait que les billets de la Banque Fédérale qui étaient utilisés en tant que change légal étaient contraires à la Constitution des États-Unis d’ Amérique .

Kennedy savait que si les billets soutenus par de l’argent commençaient à circuler en de grandes quantités, ils auraient fini par éliminer la demande en billets de la Réserve Fédérale. C’est une règle simple de l’économie. Les billets du Trésor étaient convertibles en  l’argent physique, et les billets de la Réserve Fédérale n’étaient soutenus par rien qui ait une valeur intrinsèque. L’ordre exécutif 11110 aurait pu empêcher la dette des États-Unis d’atteindre son niveau actuel (la quasi-intégralité des neuf trillions de dollars de dette fédérale des États-Unis ont été générés depuis 1963) si Lyndon B. Johnson ou les présidents qui lui ont succédé avaient décidé de le faire entrer en vigueur. Il aurait permis au gouvernement des États-Unis de rembourser sa dette sans passer par les Banques de Réserve Fédérale privées et avoir à payer des intérêts sur la ‘nouvelle monnaie’. L’ordre exécutif 11110 offrait aux États-Unis la capacité de créer une nouvelle fois leur propre monnaie soutenue par l’argent et une devise qui valait réellement quelque chose.

Selon mes propres recherches, cinq mois seulement après l’assassinat de Kennedy, plus aucun certificat sur l’argent de 1958 n’était émis, et les autres ont été retirés de la circulation. Peut-être l’assassinat de Kennedy était-il une mise en garde destinée aux présidents futurs qui étaient susceptibles de se trouver tentés d’interférer avec le contrôle privé de la Réserve Fédérale sur la création monétaire. Il semble assez évident que Kennedy a dérangé les pouvoirs qui se cachent derrière les finances des États-Unis et du monde’. –  JFK Vs The Federal Reserve par John P. Curran (4-19-7) 

source : https://resistanceauthentique.wordpress.com/tag/en-argent-metal/

2) le miracle allemand entre 1933 et 1938

Pourtant cette méthode de la création monétaire sans coût par un gouvernement est capable de sortir un pays de la ruine économique en 3 ou 4 ans lorsque ses citoyens sont compétents et savent travailler ensemble. La démonstration de l'efficacité de cette méthode fut éclatante lors du " miracle allemand " entre 1933 et 1938.

http://www.solidariteetprogres.org/documents-de-fond-7/histoire/article/comment-londres-et-wall-street-ont-mis-hitler-au.html

document :

Le livre de Francis Delaisi, La Révolution Européenne, est paru en pleine guerre, en 1942, en éloge du système économique allemand fondé – non sur l’étalon-or ou le dollar – mais sur le CAPITAL-TRAVAIL – en opposition radicale avec le système spéculatif boursier des Anglo-Américains de Londres et de Wall-Street qui se voyaient ôter d’un coup toute possibilité de spéculation et d’emprise financière sur l’économie allemande. A la suite de quoi la presse juive s’empressait de déclarer le boycott des productions en provenance du Reich, et les gouvernements alliés brandissaient l’ultimatum à l’Allemagne : retour à l’étalon-or, ou la guerre..../…

Hitler remplaça le commerce extérieur basé sur la monnaie par un commerce de troc : marchandises contre marchandises, de sorte que les devises tombaient en désuétude. Associées aux nécessaires investissements publics ces mesures eurent pour conséquences une fulgurante diminution du chômage et une forte augmentation du commerce avec les pays concernés..../…

Cela amena plus de stabilité et d'aisance dans le Reich, ce qui fut très désagréablement ressenti par les puissances de l'Ouest, d'autant plus qu'elles redoutaient que le nouveau système économique allemand basé sur la "Valeur-Travail" puisse un jour avoir un très grand succès dans le monde et supplanter l'empire du dollar couplé à l'étalon-or. Les puissances de l' Ouest ne le voulaient à aucun prix et elles commencèrent à préparer la guerre contre l' Allemagne.

lien : http://allianceanom.forumgratuit.org/t8-les-veritables-raisons-de-la-seconde-guerre-mondiale

 

document : Comment Hitler défia les banquiers, extraits

Hjalmar Schacht, a Rothschild agent who was temporarily head of the German central bank, summed it up thus: An American banker had commented, “Dr. Schacht, you should come to America. We’ve lots of money and that’s real banking.” Schacht replied, “You should come to Berlin. We don’t have money. That’s real banking..../...

Makow quotes from the 1938 interrogation of C. G. Rakovsky, one of the founders of Soviet Bolshevism and a Trotsky intimate. Rakovsky was tried in show trials in the USSR under Stalin. According to Rakovsky, Hitler was at first funded by the international bankers, through the bankers’ agent Hjalmar Schacht. The bankers financed Hitler in order to control Stalin, who had usurped power from their agent Trotsky. Then Hitler became an even bigger threat than Stalin when Hitler started printing his own money.

(Stalin came to power in 1922, which was eleven years before Hitler came to power.) .../...

Rakovsky said:

“Hitler took over the privilege of manufacturing money, and not only physical moneys, but also financial ones. He took over the machinery of falsification and put it to work for the benefit of the people. Can you possibly imagine what would have come if this had infected a number of other states? (Henry Makow, “Hitler Did Not Want War,”  March 21, 2004).

document : 

La politique monétaire Allemande a fait paniquer Wall Street et la City of London. extraits.

" Le crime impardonnable de l'Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale a été sa tentative de retirer sa puissance économique du système commercial mondial et de créer son propre mécanisme d'échange qui nierait les avantages financiers mondiaux. " (Churchill, «La deuxième guerre mondiale" Berne 1960).

" Les deux principales causes de la Seconde Guerre mondiale étaient: d'abord, le succès du système allemand de troc. Deuxièmement, la décision de Hitler de ne pas accepter des prêts étrangers. Sa déclaration que l'entreprise allemande serait effectuée de la même manière qu'un commerçant honnête a provoqué une véritable panique dans les milieux financiers. (Francis Neilson: "Le Churchill Legend», p 296.).

Marriner Eccles de la Réserve fédérale, et Montague Norman, président de la Banque d'Angleterre, ont conclu un accord en 1935 sur la stratégie à utiliser pour écraser, par tous les moyens, y compris la guerre, si nécessaire, les expériences financières d'Hitler. ("La Parole" de Glasgow, 08/03/1949).

Les grands banquiers sont alarmés par les succès de la politique financière de l'Allemagne hitlérienne, de la même manière qu'il y a plusieurs générations leurs familles ont été terrifiées par les succès de l'économie naturelle de Lincoln et de Napoléon. Ce qui aurait été un progrès louable pour l'Allemagne et d'autres pays était en fait la principale cause de la Seconde Guerre mondiale. La lutte entre la politique monétaire rival était inévitable. (Carnelius Carl Veith, "Citadelle du Chaos").

Source: *Google translate* de http://www.burbuja.info/.../461130-hitler-posando-book...

fin du document

Nous retenons ici le mécanisme, la logique imparable qui donne la priorité au travail et la banque s'occupe ensuite de rémunérer ce travail puis elle gère les échanges commerciaux rendus possibles par ces revenus du travail. Il est connu que ce miracle économique allemand fut trahi et dévoyé par l'idéologie nazie et ses crimes de guerre, les génocides et crimes contre l'humanité commis par les dirigeants nazis.

3) la volonté d'un gouvernement mondial dirigé par l'oligarchie financière anglo-saxonne

Une illustration de cette entreprise dominatrice se trouve dans le livre "Mémoires" qui a David Rockefeller pour auteur officiel. Page 405 dans la version anglaise, est écrit :

“Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être.” David Rockefeller, MEMOIRES, page 405.

autre illustration : Waren Buffet a dit que la guerre de classe existe toujours. Que c'est sa classe (les riches.. Buffet est le 2ème plus riche du monde...) qui est en train de la gagner !

En conclusion, la nature juridique de la monnaie pleine correspond à un choix de culture pour abandonner la culture et le système capitaliste libéral et restaurer la culture humaniste et les organisations en réseaux de vie ou appelées aussi démocratie directe locale participative. Ce choix a donné lieu à des conflits militaires importants qui jusqu'à présent se sont soldés par la victoire des dirigeants du système financier pour la principale raison que ce sont ces dirigeants qui ont organisées les crises économiques et les guerres dans le but d'étendre et de renforcer leur domination du monde. Un autre conflit majeur que nous ne faisons que mentionner ici et qui est présenté sur notre page " les guerres dirigées par les maîtres du monde " porte sur la volonté des dirigeants de la finance anglo-saxonne de s'emparer du pouvoir en Russie alors que le tzar est le dernier empereur et monarque " libre ", non soumis à la domination des familles de banquiers internationaux comme le sont les monarchies et républiques européennes ou les États-Unis. De même, parmi les causes directes de la Première guerre mondiale, nous trouvons la volonté du Kaiser allemand de réaliser une ligne de chemin de fer pour amener directement en Allemagne le pétrole de Bakou et renforcer ainsi la puissance économique allemande, ce que l'Angleterre refusa de crainte de perdre rapidement sa propre puissance économique en Europe. Cette volonté de dominer le monde au profit des plus riches a pour conséquence et portée, à causes des crises, des guerres et du creusement phénoménal des inégalités de revenus et de patrimoine, l'obligation de restaurer le pouvoir citoyen sur la création monétaire et le retour des valeurs de la culture humaniste.

Deuxième partie : restaurer le pouvoir citoyen sur la création de la monnaie

Ces faits historiques à travers la férocité des actes et des assassinats commis contre les dirigeants qui ont refusé la domination des banquiers de l'oligarchie financière anglo-saxonne, démontrent la nature juridique et politique ainsi que la portée de la création monétaire. La monnaie et surtout le pouvoir de créer la monnaie sont le point central à partir duquel se présente un choix de culture et de civilisation. Ce choix a une portée bien plus considérable qu'une stratégie politique pour utiliser d'une manière ou d'une autre les moyens des politiques monétaire et budgétaire. A partir de ce choix, une cohérence différence se met en place. Vouloir abandonner l'argent dette pour restaurer le pouvoir citoyen sur la création monétaire et utiliser la monnaie pleine, constitue la solution optimale actuelle pour éliminer l'oligarchie financière et son entreprise de domination mondiale au profit des plus riches. 

Le paradoxe est que la création monétaire est une question simple sur le plan technique, surtout lorsque la monnaie n'est qu'un instrument de paiement des richesses produites par le travail des êtres humains. C'est ce que nous allons examiner dans un premier temps. Par contre la portée et les conséquences politiques, économiques, sociales et culturelles de l'utilisation de la monnaie pleine, nous mènent directement à un régime politique radicalement différent et antinomique avec le système actuel de la démocratie représentative dominé par les dirigeants de la finance mondiale, les nouveaux maîtres du monde. Cette question n'est pas complexe mais comme cette manière d'organiser une société est interdite au moins depuis deux mille ans en Occident, cette question est ignorée, inconnue de la plupart des citoyens et surtout, elle n'est pas enseignée dans les programmes académiques.  

Nous avons montré dans le cours sur l'Autorité - Pouvoir - Commandement, que la première mission du groupe qui accède au pouvoir est de sélectionner les éléments de savoir qui servent à maintenir ce groupe au pouvoir et à déclarer tabou et interdit, les autres éléments de savoir capables de menacer l'exercice du pouvoir par ce groupe de dirigeant. Sur fileane.com, nous avons montré la complémentarité entre les deux sources de savoir, spirituelle et intellectuelle et nous avons montré la supériorité des organisations en réseaux par rapport aux systèmes de pouvoir pour développer des civilisations florissantes partageant des cultures humanistes. Sur fileane.com, depuis 12 ans, les internautes peuvent se familiariser avec l'alternative des organisations en réseaux et pour nous, il n'est pas complexe ni difficile de préciser le régime politique qui accompagne l'utilisation d'une monnaie pleine. Toutefois et auparavant nous devons éliminer les obstacles posés sur le chemin de la restauration de la monnaie pleine par les dirigeants du système financier libéral. Nous devons déblayer le chemin. 

Les adversaires de la monnaie pleine ne raisonnent qu'à partir de leurs dogmes libéraux et bien entendu, ils ne peuvent pas accepter la moindre cohabitation avec la culture humaniste et la logique de la monnaie pleine. Leurs arguments sont manipulateurs et utilisent les comportements de dévalorisation, de culpabilisation et d'exagération pour minimiser ou ridiculiser toute initiative de remise en place de la monnaie pleine et tout abandon de l'argent dette. D'autre part, la monnaie pleine ne peut pas servir de remède pour améliorer ou sauver le système financier et l'oligarchie financière anglo-saxonne. Évidemment la gestion d'une monnaie implique le fonctionnement d'une banque et d'une banque prospère comme l'ensemble de l'économie réelle est prospère avec la monnaie pleine (c'est le fondateur de la banque Rothschild qui l'affirme en 1863, nous l'avons vu) mais le métier de banquier change, les finalités de la banque ne sont pas les mêmes. Restaurer la monnaie pleine implique l'abandon de l'argent dette. Sur un plan purement de technique bancaire, il y a de nombreuses expériences réussies où à minuit, un pays, plusieurs pays ont changé de monnaie. Tous les pays de la zone euro ont réussi ce changement de monnaie. La difficulté n'est donc pas tant d'ordre technique que politique. Changer de monnaie pour suivre une même politique a été réalisé. Abandonner l'argent dette pour la monnaie pleine représente un changement radical de politique, de culture. Ce qui est nouveau, c'est la remise en cause de deux mille ans de domination des systèmes de pouvoir, domination mise en place par l'empire romain et son système de pouvoir militaire et domination acceptée par l'église romaine au Concile de Nicée lorsqu'elle a interdit les premières communautés spirituelles chrétiennes organisées en réseaux de vie sur le modèle de l'Égypte et de la Grèce antique. Malgré l'interdiction d'aller en pèlerinage aux cérémonies d'Éleusis après 320, le savoir sacré de Dendérah sera sauvé par Pacôme, Antoine, Jean puis rassemblé au Mont Cassin en l'an 500 par Bernard de Nurcie, le fondateur de l'ordre bénédictin, ordre monastique plus tard protégé militairement par l'ordre du Temple.  

L'oligarchie financière anglo-saxonne, la tyrannie des actionnaires et des rentiers représente aujourd'hui la suite de cette domination des systèmes de pouvoir. Remettre en cause deux mille ans d'histoire de domination des systèmes de pouvoir, les lecteurs de fileane.com le savent, n'est donc pas une tâche insurmontable et chimérique et nous allons revenir sur la date de 1307 qui marque un nouveau départ dans la domination des peuples lors de la destruction de l'ordre du Temple alors que quelques cantons de femmes et d'hommes libres en Suisse seront les seuls à refuser cette domination et s'uniront dans la Confédération helvétique. Les braises de ce feu éclairant l'humanité ont été conservées et à chaque génération, les gardiens du feu ont veillé et il suffit de souffler sur ces braises pour rallumer le feu. Le souffle des poètes n'a pas été le dernier pour faire rougeoyer la braise sous la cendre.

 I La création monétaire est simple sur le plan technique, 

Mettre en place une monnaie pleine pour abandonner l'argent dette ne représente pas des difficultés insurmontables.

Au départ, c'est à dire dans la culture humaniste, la monnaie est un moyen de paiement d'un travail réalisé et la création monétaire est simple mais rapidement, à travers la fonction de thésaurisation de la monnaie et de l'épargne qui en résulte, les banquiers acquièrent un pouvoir qui complique la situation et modifie la nature de la monnaie qui passe d'un instrument de paiement à un instrument de crédit, en d'autre terme qui passe de monnaie pleine à de l'argent dette pour les citoyens qui sont obligés rapidement d'utiliser le crédit pour acquérir les biens et services indispensables à leur vie, principalement leur logement.

A) le mécanisme de la création monétaire et sa finalité principale : un instrument de paiement

1) la leçon sur la monnaie

En quoi consiste le mécanisme de la création de monnaie, comment il aboutit rapidement à l’argent dette à travers la diffusion des crédits aux agents économiques pour que les banques puissent s’enrichir considérablement, enfin comment la monnaie pleine élimine ces abus et ces excès de pouvoir financier pour consolider les économies réelles des pays ? Nous commencerons par présenter la leçon sur la monnaie de l’économiste Galbraith 

la leçon sur la monnaie proposée par John Kenneth Galbraith et tirée de l’ extrait du livre "L'argent"

« La plupart des discussions sur la monnaie s’enferment dans une épaisse gangue d’incantation et de prêchi-prêcha. Souvent de propos délibéré. Ceux qui parlent d’argent ou en font le sujet de leur enseignement et donc leur gagne-pain tirent prestige, estime et avantages pécuniaires, comme les médecins ou les sorciers, de la croyance soigneusement cultivée qu’ils entretiennent une association privilégiée avec l’occulte — qu’ils ont des perspectives sur un domaine totalement inaccessible aux gens ordinaires.

Source de satisfaction professionnelle et, à l’occasion, de profit personnel, cette attitude n’en constitue pas moins elle aussi une escroquerie bien connue. Il n’est rien, s’agissant de l’argent, qu’une personne dotée d’une curiosité, d’un zèle et d’une intelligence raisonnable ne puisse comprendre. Et quelles que soient les erreurs d’interprétation ou de fait que la présente histoire puisse contenir, il n’en est aucune, le lecteur peut s’en persuader, qui procède d’une simplification outrancière.

L’ÉTUDE DE LA MONNAIE EST, PAR EXCELLENCE, LE DOMAINE DE L’ÉCONOMIE DANS LEQUEL LA COMPLEXITÉ EST UTILISÉE POUR DÉGUISER LA VÉRITÉ ET NON POUR LA RÉVÉLER. La plupart des choses de la vie — automobiles, maîtresses, cancer — comptent surtout pour ceux qui les ont. L’argent au contraire est aussi important pour ceux qui en ont que pour ceux qui n’en ont pas. C’est pourquoi les uns comme les autres ont intérêt à le comprendre. Et les uns comme les autres devraient savoir que cette compréhension est parfaitement à leur portée

À cet égard, on ne manquera pas de demander si un ouvrage consacré à l’histoire de l’argent ne devrait pas commencer par une quelconque DÉFINITION de ce qu’est en réalité l’argent. Cette bande de papier de valeur intrinsèque nulle, qu’est-ce donc qui la rend utile à l’échange tout en laissant telle autre bande de dimension et de couleur semblables parfaitement sans valeur ? Les précédents de ce genre de tentative ne sont guère encourageants. À la télévision, les journalistes réputés pour leur sagacité ouvrent immanquablement les interviews d’économistes par cette question : « Bon, eh bien, dites-moi — c’est quoi au juste, l’argent ? » Immanquablement, les réponses sont incohérentes. Quant aux professeurs chargés d’enseigner les premiers rudiments d’Économie, qu’il s’agisse de la monnaie ou de la banque, ils commencent par donner des définitions d’une remarquable subtilité. Lesquelles sont soigneusement transcrites, apprises à grand-peine et heureusement oubliées.

Le lecteur devrait s’attaquer aux pages qui vont suivre en sachant bien que L’ARGENT N’EST RIEN DE PLUS OU DE MOINS QUE CE QU’IL A TOUJOURS CRU — CE QUE L’ON OFFRE OU REÇOIT POUR L’ACHAT OU LA VENTE DE BIENS, SERVICES ET AUTRES.

Les différentes formes de monnaie, comme ce qui détermine ce qu’elles achètent, voilà qui est encore autre chose. Mais c’est précisément ce que les pages suivantes se proposent de révéler. »

(...)

« LE PROCESSUS PAR LEQUEL LES BANQUES CRÉENT DE L’ARGENT EST SI SIMPLE QUE L’ESPRIT EN DEMEURE CONFONDU. Quand il s’agit de choses aussi importantes, on est en droit de s’attendre à un mystère plus profond. Les dépôts de la Banque d’ Amsterdam dont on vient de parler pouvaient, sur instruction de leur propriétaire, être transférés à d’autres pour régler des comptes. (Un service qui avait longtemps été rendu par les précurseurs privés de la banque.) Les pièces déposées ne servaient pas moins d’argent par le simple fait d’être enfermées dans une banque et susceptibles de transfert sous le seul effet d’un trait de plume.

Il était inévitable que l’on découvre — comme le firent les échevins conservateurs d’ Amsterdam en se penchant avec un intérêt coupable sur leurs propres besoins en tant que directeurs de la Compagnie des Indes orientales — qu’un autre trait de plume permettrait à un débiteur de la banque, et non plus à un créditeur du titulaire du dépôt, de recevoir un prêt sur ce dépôt inemployé. Et bien sûr, c’était la banque qui percevrait des intérêts sur le prêt ainsi consenti !

On pouvait prévenir les auteurs de dépôts que ces derniers étaient susceptibles d’une telle utilisation — peut-être même les payer pour cela. Le dépôt original restait au crédit de son auteur. Mais il existait désormais un nouveau dépôt constitué par le prêt. Les deux dépôts pouvaient être utilisés pour effectuer des paiements, comme de l’argent. De l’argent avait donc bien été créé. LA DÉCOUVERTE DE CETTE CAPACITÉ DES BANQUES À AINSI CRÉER DE L’ ARGENT SE PRODUISIT TRÈS TÔT DANS L’ HISTOIRE DE LA BANQUE. C’ EST QU’ IL EXISTAIT CET INTÉRÊT À GAGNER SUR LES PRÊTS. AVEC CE GENRE DE STIMULANT, LES HOMMES ONT UN NATUREL INSTINCT DE NOVATEUR. »

Source : John Kenneth Galbraith, « L’argent », Folio, p. 18-19, puis 40-41

Liens : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/monnaie.php

http://www.fichier-pdf.fr/2014/04/20/livre-galbraith-l-argent-1975/

Liens sur Galbraith :

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/john-kenneth-galbraith-cet-9318

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/les-verites-de-john-kenneth-9310

 

2) supprimer la priorité accordée à l'argent dette dans le système libéral par les dirigeants de l'oligarchie financière mondiale

L'intérêt qu'il y a à gagner sur un prêt représente l'enjeu crucial dans le fonctionnement du système de pouvoir économique et qui explique que la monnaie, pour un banquier, est avant tout une source d'enrichissement considérable dès lors qu'il peut multiplier les crédits auprès de ses clients. Cette priorité et cette réussite phénoménale pour les financiers s'expliquent par la mise en place d'interdictions, de suppressions des éléments qui permettent le fonctionnement correct de la monnaie pleine. Nous sommes arrivés au point qu'un banquier va sérieusement vous expliquer que le crédit n'est pas un moyen de paiement et que si l'état peut s'occuper de la monnaie fiduciaire car elle est bien un moyen de paiement, le crédit n'a rien à voir avec les politiques publiques. Il s'agit donc de combattre ce genre d'imposture et ces manières d'arranger à sa guise la création monétaire pour satisfaire des intérêts privés très lucratifs. Si la mise en place d'une monnaie pleine à l'usage exclusif de moyen de paiement, est simple sur le plan technique, la difficulté réside donc dans la suppression de tout l'arsenal politique, économique, social, culturel, mis en place pour légitimer et développer le pouvoir des banquiers et financiers en les laissant s'enrichir sans limites grâce à l'argent dette. Ensuite, il s'agit d'écarter les arguments qu'opposent les dirigeants du système libéral à la remise en place de la monnaie pleine.

a) éliminer l'interdiction des éléments constitutifs du mécanisme de la monnaie pleine, 

Le lecteur de fileane.com connaît la liste des tabous et des interdits mis en place par les dirigeants des systèmes de pouvoir depuis deux mille ans, il s'agit d'éliminer ces obstacles à la monnaie pleine :

Nous arrêtons là cette liste non exhaustive. Ces mesures prises par les dirigeants des systèmes de pouvoir démontrent qu'ils savent exactement ce qu'il faut faire pour éliminer le retour des organisations en réseaux et des civilisations florissantes. Cette connaissance possédée par les élites dirigeantes doit dorénavant être également partagée par les citoyens qui veulent se libérer de cette domination des systèmes de pouvoir. Nous devons non seulement comprendre comment fonctionnent les systèmes de pouvoir avec leurs cortèges d'inégalités, de guerres, de crises qui assurent la puissance de la domination des élites, mais nous devons également connaître les règles et les mécanismes des organisations en réseaux. Pas seulement les règles qui ont fait que dans notre système de pouvoir économique, les pays riches sont devenus riches et que les pays pauvres restent pauvres bien que pour devenir riches, les groupes sociaux ont utilisé sciemment ou partiellement certaines règles des organisations en réseaux de vie, non, les citoyens doivent savoir décrire et mettre en oeuvre les deux manières d'organiser une société. Dans la rédaction de la déclaration des droits à la vie sociale sur Terre, nous avons préciser que cette capacité intellectuelle est le fondement du choix qui se nomme liberté. Restaurer le pouvoir citoyen sur la création monétaire est le moyen financier qui accompagne cette liberté qui s'exerce dans les organisations en réseaux de vie. Pour y arriver, et le lecteur l'a compris, il s'agit dans un premier temps d'éliminer les interdictions et les tabous pris par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir. La monnaie pleine ne peut pas se développer dans le cadre d'un ajustement du système capitaliste. L'initiative monnaie pleine est bien de nature constitutionnelle car elle porte en elle un changement radical de régime politique.

b) rejeter la distinction entre la monnaie moyen de paiement et l'argent dette qui ne serait pas un moyen de paiement.

Nous entrons dans les arguments des dirigeants du système financier libéral pour rejeter l'initiative Monnaie pleine. Pour tenter de nier le choix de culture qu'ils connaissent fort bien, ils cherchent à démontrer à l'opinion publique qu'une cohabitation est possible. D'ailleurs, dans le cas de la Suisse, cette cohabitation existe depuis plus d'un siècle : la Confédération exerce sa souveraineté sur la monnaie fiduciaire et les banques comme ailleurs dans les autres pays gèrent la monnaie scripturale selon le fonctionnement du système financier. Tant que la monnaie pleine reste cantonnée à la monnaie fiduciaire, cela ne dérange pas les financiers. Ils avancent donc l'argument que le crédit n'est pas une monnaie instrument de paiement. Le crédit résulte de la liberté contractuelle et supprimer cette liberté contractuelle en instaurant la monnaie pleine revient, selon les dirigeants du système financier libéral, à mettre en place une économie dirigée par l'état avec tous les risques de bureaucratisation (soviétisation, ils ont le mot à la bouche sans oser le prononcer) que ceci comporte. Bref, il y a un risque énorme de perte de liberté individuelle pour les entreprises et les citoyens, sans oublier bien entendu l'autre risque énorme qu'ils citent à chaque occasion : un risque d'inflation élevé.

Pour répondre à cette argumentation, nous utilisons l'approche juridique : distinguer la nature juridique de la mesure et ensuite sa portée.

Au niveau de la nature juridique, le crédit sert à payer une transaction pour acquérir un bien ou payer le travail de ceux qui vont réaliser ce bien. C'est un circuit court de paiement et la banque peut payer directement les artisans qui réalisent les travaux dans votre maison à partir du crédit accordé. Dans ce cas, le crédit n'a pas pour objet ni pour cause une circulation de monnaie entre plusieurs agents économiques comme un chèque ou un effet de commerce peuvent circuler entre plusieurs créanciers. Ce n'est pas un moyen de paiement comme la monnaie fiduciaire mais ce n'est pas une raison suffisante pour que l'émission de monnaie scripturale échappe à la souveraineté d'un pays. De plus, la création de monnaie scripturale n'est pas inflationniste car il y a destruction de monnaie lors du remboursement du crédit. Ce mécanisme n'est pas contestée mais ce qui est contestable et scandaleux, c'est le niveau d'endettement créé par l'action des banquiers dans le but de s'enrichir sans limites, en toute démesure, dans le but également de dominer et de gouverner le monde au profit des plus riches.

Au niveau de la portée des émissions de crédits par les banques et donc de dettes pour les autres agents économiques, la question qui fâche porte sur l'utilisation d'un pouvoir et d'un privilège accordé aux banques : créer de la monnaie à partir de rien, à partir d'aucune obligation originelle si possible en relation directe avec l'intérêt général des citoyens. C'est que l'économiste Maurice Allais nomme les faux-monnayeurs. Les conséquences de la création de la monnaie scripturale par les banques sont devenues catastrophiques pour les finances publiques et les citoyens et c'est cet abus de pouvoir de la part du système financier libéral qu'il s'agit d'éliminer.

La logique financière libérale est basique : les dettes des clients sont la source de profit des banquiers. Donc, pour multiplier les dettes, il s'agit d'avoir des clients qui ont un grand besoin de financement et si possible qui offrent toutes les garanties de remboursement. Jadis, ces clients furent les rois et les princes, les dirigeants des monarchies et nous savons comment les banquiers réussirent à soumettre les monarchies au pouvoir des banques. Ensuite, il a bien fallu que les républiques et les démocraties se soumettent aussi au pouvoir des banques. Nous avons vu précédemment les conflits entre quelques hommes politiques et les familles de banquiers internationaux. Les évènements qui ont conduit un pays à devoir se soumettre au pouvoir des banquiers sont connus et grâce aux réseaux sociaux sur le web, ce savoir n'est plus gardé au secret mais devient accessible aux citoyens. 

Pour le Royaume-Uni, ce fut en 1815 lorsque la banque Rothschild en spéculant sur une fausse nouvelle à propos de la bataille de Waterloo, réussit à faire main basse sur la Bourse de Londres. Pour les USA, ce fut en 1913 la création de la Réserve Fédérale américaine (FED). Cette création est le résultat d'une politique secrète du Trust financier qui après avoir organisé le krach de 1907, voulut obliger le gouvernement américain à se soumettre à son pouvoir . JP Morgan, qui sent le vent venir et qui craignait comme la peste que les États-Unis puissent abandonner le monétarisme en revenant à une politique de crédit productif public grâce à une véritable banque nationale dans la tradition d’Alexander Hamilton, décida alors de devancer les événements. 

En France, ce fut en 1973 avec la loi qui interdit au gouvernement d'utiliser la monnaie créée directement par la Banque de France et qui oblige les pouvoirs publics à emprunter sur les marchés financiers. L'économie française était déjà depuis 1818 sous le contrôle de la banque Rothschild de Paris après que l'économie anglaise l'avait été sous le contrôle de Rothschild Londres. La loi est surnommée « loi Pompidou-Giscard », ou « loi Rothschild », allusion au fait que Pompidou fut directeur général de la Banque Rothschild et le jeune inspecteur des Finances en grande partie à l'origine de l'idée de cette loi était Michel Pebereau, alors Conseiller Technique au cabinet de Giscard et devenu depuis Président du Conseil d'administration de BNP Paribas.

En Suisse, ce fut en 2004 que la Constitution fut modifiée en ce sens avec l'article 11, alinéa 2 de la loi fédérale sur la banque nationale suisse qui nous dit:  La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. Cet article a été rédigé par un groupe d'expert nommé par le chef du département des finances de l'époque Kaspar Villiger... Celui-ci, après sa carrière au conseil fédéral est devenu en 2009, le président du conseil d'administration de la plus grande banque du pays.. l'UBS. Les experts ont introduit la doctrine de l'époque dans le droit suisse. (avec pas mal d'années de retard sur nos voisins comme souvent !). Ce que l'on peut retenir de la doctrine, c'est une peur viscérale de l'inflation ! Cette peur est aussi le premier réflexe qui alimente les critiques des dirigeants suisses contre l'initiative de la monnaie pleine.

Nous sommes bien ici au coeur du débat politique sur la restauration de la monnaie pleine. Restaurer le pouvoir citoyen sur la création monétaire représente bel et bien la suppression des mesures que les financiers ont secrètement introduites dans les lois et les constitutions de nos pays pour développer leur gouvernement mondial et l'accroissement démesuré de leurs profits grâce à l'endettement massif des états. C'est parce qu'ils ont agit ainsi que les citoyens aujourd'hui doivent chercher à modifier les constitutions et les lois pour préserver l'intérêt général et éliminer les dettes publiques et leurs cortèges de politique d'austérité, de manque de croissance et d'avenir pour plusieurs générations de citoyens. Il ne s'agit pas d'une initiative folklorique menée par des illuminés jamais contents de ce qui se passe. Le combat actuel n'est pas une simple agitation de porteurs de loupiotes qui reprennent des idées certes généreuses mais qui n'ont jamais été adoptées et c'est dire que personne n'en veut... Tous ces efforts de manipulation de l'opinion publique pour minimiser, discréditer et mentir, dévaloriser, culpabiliser les citoyens par les dirigeants du système financier doivent être replacés face à leurs actes : nous savons quand, comment et par qui ces textes de lois ont été mis en place. Leur responsabilité est engagée et ils en assumeront les conséquences voulues par les citoyens qui exercent également leur pouvoir souverain.

Ces mesures ont été prises dans un vaste mouvement de libéralisation des marchés financiers organisée par l'oligarchie financière anglo-saxonne et qui conduit à la mondialisation actuelle de l'économie ainsi qu'aux crises financières de 1987, 1997, 2007... Le bilan de cette obligation de fait sinon de droit imposée aux gouvernements d'emprunter sur les marchés financiers est édifiant. Du côté positif, ces mesures ont été prises pour éviter l'inflation qui ruine l'épargne et la valeur des monnaies. L'argument est classique : il faut éviter que les gouvernements n'utilisent la planche à billets pour financer leurs programmes politiques, toujours suspects car destinés en priorité à se faire élire ou réélire pour rester au pouvoir politique. Effectivement, même depuis la crise de 2007, jamais l'inflation n'a été aussi basse avec des taux d'intérêts des banques centrales pourtant très faibles et les menaces de déflation si élevées. Conséquences : les riches sont bien protégés contre l'inflation par le système financier libéral et à cause de la déflation possible, le remboursement des dettes publiques devient encore plus difficile et la soumission exigée des citoyens plus terrible. 

Par contre, du côté négatif et pour les citoyens, les conséquences sont désastreuses et scandaleuses. Pour sortir de la crise financière, une solution logique et simple est d'effacer les dettes qui ne pourront pas être remboursées, surtout lorsque ces dettes représentent non pas tant le remboursement du capital mais celui des intérêts qui peuvent rapidement devenir énormes.

  En France, nous pouvons même connaître combien nous avons emprunté depuis 1973 et combien nous aurions pu économiser d'intérêts si nous avions continué à créer nous-même la monnaie dont notre économie avait besoin. 

 

extrait du document à lire avec ce lien :

"Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts", résume Mai68.org. Faisons la soustraction : sans les intérêts illégitimes encaissés par les banksters financiers privés, la dette publique française se serait élevée, fin 2008, à 21,4 milliards d'euros - au lieu de 1327,1 milliards ! Un escroc peut-il rêver pareil butin ? Et personne ne dénonce jamais ce scandale absolu ! 

 

 

 

Nous atteignons ici le comble de cette tragique imposture financière : en France en 2010, pour 1500 milliards de dettes publiques, 1350 milliards sont la conséquence des intérêts composés et seulement 150 milliards correspondent à des créances réelles. 

source : Conférence du 2 décembre 2010 par Patrick Viveret. "Fondement et propositions pour une économie soutenable",

Pour compléter cette analyse des dettes publiques qui soumettent les états au système de pouvoir financier libéral, il s'agit d'expliquer comment le poids de la dette publique peut rapidement devenir énorme avec l'application des intérêts composés.

nous sommes ici au niveau des causes des dettes publiques et privées

Dans l'hypothèse d'un crédit au taux d'intérêt de 10% sur 50 ans, la durée longue de 50 ans assure des mensualités faibles chaque années et le taux élevé de 10% correspond à un risque de non remboursement plus important sur une durée de 50 ans, au bout de 50 ans, l'ensemble des remboursement correspond à 117 fois la somme empruntée. 

Pour amadouer des dirigeants politiques qui ont peu de marge de manoeuvres et sont déjà endettés depuis 1973, les financiers proposent des crédits à long, très long terme, ce qui se traduit par des mensualités relativement faibles mais un coût des intérêts très élevé car le risque de non remboursement sur une très longue période est important. Si par hypothèse on avait pas changé de mode de création monétaire, si on continuait a y avoir de la création monétaire publique sans intérêts, la dette française serait aujourd'hui de 150 Milliards et non pas de 1500 Milliards d'euro, ce qui change tout. Autre élément d'information sur la dette française. La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros, déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1 327 milliards d’euros. Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1 088 milliards d'euros et nous avons payé 1 306 milliards d'euros d'intérêts. Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu'ont le droit de faire les banques privées — la dette publique serait quasiment inexistante aujourd'hui.

Lorsque ces dettes publiques sont devenues énormes, les financiers avec cynisme réduisent l'outil de production industriel et les centres de recherche dans les pays occidentaux (sauf USA) afin d'affaiblir ces états et les soumettre davantage à leur gouvernement mondial. Dans un document publié à la fin du mois de mai 2013, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires.

Ensuite nous pouvons montrer que cette domination du système financier permet grâce à la crise qu'il a organisée de racheter facilement énormément d'actifs dans l'économie réelle. En clair, les financiers peuvent acheter de nouvelles entreprises pour renforcer leur domination économique. C'est la suite logique de la crise : à la fin, les banquiers font leur marché des proies affaiblies et sans trésorerie. La FED après 2010 est le principale acteur sur les marchés financiers qui achète massivement des actifs.

 L'excédent brut d'exploitation (EBE) indique la rentabilité du système de production d'une entreprise. Connaître l'excédent brut d'exploitation est indispensable pour toute entreprise, car il permet de confronter le chiffre d'affaires hors taxes avec tous les frais engagés pour produire. Si l'EBE est positif, cela signifie que l'entreprise vend plus cher qu'elle ne produit. Si à l'inverse il est négatif, l'entreprise perd de l'argent.

nous sommes ici au niveau des conséquences de la crise financière :

nous savions depuis les crises financières et économiques précédentes et depuis la crise de 1929 que les financiers organisent ces crises pour faire chuter les valeurs financières des entreprises de l'économie réelle afin d'ensuite les racheter à bas prix, ce qui constitue des plus-values énormes lorsque la crise a disparu.

Ce graphique montre que les financiers américains propriétaires de la banque centrale privée et des multinationales tirent bien d'énormes profits surtout après 2012, une fois que la planche à billets de la FED a sauvé les banques commerciales. Ce ne sont pas les entreprises américaines de l'économie réelle qui ont réalisé cette hausse spectaculaire des EBE. Mais ces richesses produites sont bel et bien devenues la propriété des entreprises américaines, ce sont elles qui vendent plus car elles ont rachetés d'autres entreprises affaiblies par la crise ou parce que d'autres entreprises concurrentes ont disparu au cours de la crise. Un des principaux acheteurs est identifié, il s'agit de la FED qui rachète quantité d'actifs car, selon elle, il s'agit de placer les sommes elles aussi énormes reversées par les banques commerciales après leur sauvetage ou bien encore les sommes que la FED a créé avec la planche à billet et dont les banques commerciales "amies" n'ont pas eu besoin. La crise a permis une nouvelle fois d'énormes économies d'échelle pour les multinationales et une nouvelle et forte concentration de la richesse pour les plus riches, d'autant que les valeurs en Bourse augmentent fortement : 30% en 2013. Bref ce graphique illustre la réussite complète de la gestion de la crise au profit des financiers.

L'information sur le rachat possible du groupe Alstom par General Electric en avril 2014 illustre cette main-mise des multinationales américaines sur l'économie réelle. General Electrique est contrôlé par la famille Rockefeller, du moins en 1976 et cela n'a pas changé. Le groupe français est bien sorti affaibli de la crise et connaît un problème avec ses actionnaires dont les cours en bourse sont faibles depuis cette crise car sa stratégie plutôt indépendante et française lui fait connaître des risques face à des concurrents dont la concentration des activités n'a pas cessé depuis la crise. L'intervention de l'état français dans le capital d'Alstom sécurise l'indépendance relative du groupe industriel.

En 2014, nous en sommes là et la crise n'est toujours pas finie car les remboursements des dettes et surtout des dettes publiques dureront encore 30 ans pour les plus optimistes. La réussite de ces remboursements reste problématique et conditionnée par la soumission des citoyens aux politiques d'austérité que les gouvernements sont obligés de mener. JP Morgan réclame des régimes autoritaires en Europe : " Dans un document publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires..."

http://www.legrandsoir.info/jpmorgan-reclame-des-regimes-autoritaires-en-europe.html

La solution pour accélérer le remboursement des dettes et le sauvetage des banques est connue et elle a été appliquée lors de la crise de 1929 : la banque centrale privée après avoir laissé se multiplier les crédits, ferme subitement les vannes du refinancement auprès des banques commerciales et exigent de leur part le remboursement de leurs dettes ou rappèlent leurs marges. Bien entendu les banques les plus exposées au crédit ont des difficultés, elles commencent par vendre en masse leurs actions ce qui provoque un krach boursier, puis elles ne peuvent plus rembourser et sont déclarées en faillite, d'où des clients ruinés, etc. 

document : 

Maintenant qu'ils avaient réduit la société à la misère, les banquiers de la Réserve Fédérale prirent la décision de supprimer l'étalon-or. Pour ce faire, ils devaient acquérir le reste de l'or en circulation. Prétextant "d'aider à mettre fin à la crise", une saisie de l'or fut organisée en 1933. Sous peine d'emprisonnement de 10 ans il fut exigé à tout citoyen américain de remettre ses lingots d'or au Trésor Public, ils parvinrent ainsi à déposséder la population du peu de richesses qui leur restait. Et à la fin de l'année 1933 le standard de l'or fut aboli. Si l'on observe un billet de 1 dollar avant 1933 il est écrit valeur équivalente en or.

Prenons un dollar d'aujourd'hui, il est écrit qu'il a une valeur légale ce qui signifie qu'il n'est fondé sur absolument rien. Ça vaut un morceau de papier. L'unique chose qui donne de la valeur à notre monnaie c'est la quantité mise en circulation. Désormais, le pouvoir de réguler la masse monétaire est aussi celui de réguler sa valeur c'est aussi le pouvoir de mettre des économies et des sociétés entières à genoux. "Donnez-moi le contrôle de la masse monétaire, et je me fiche de qui fait les lois."  MAYER AMSCHEL ROTHSCHILD, fondateur des BANQUES ROTHSCHILD.

http://johnleemaverick.wordpress.com/2011/07/10/comment-les-banquiers-sont-parvenus-a-controler-les-etats-unis/

fin du document

La crise de 2007 va plus loin dans le cynisme coutumier d'une gestion de crise. L'effacement des dettes publiques reste au niveau des idées philanthropiques et vaines. La solution imposée par l'oligarchie financière anglo-saxonne reste le paiement coûte que coûte des dettes non pas lors d'une prochaine période de croissance économique forte mais immédiatement alors que les conséquences de la crise se font toujours sentir. En 2014, la sortie de la crise actuelle prend exactement le même chemin. Comme il ne reste plus d'or parmi les coffres des citoyens et que deux guerres mondiales ont permis de transférer aux USA les réserves d'or de la plupart des autres pays, la solution actuelle est de puiser directement dans l'épargne des citoyens. La banque centrale privée exige des banques commerciales qu'elles prélèvent un certain pourcentage sur l'épargne déposée par leurs clients.

document :  pour lire l'article de Challenges

En cas de crise, les banques pourront prélever les dépôts des épargnants

Après la ponction des épargnants chypriotes cette année et l'idée émise par le FMI d'une supertaxe de 10% sur le patrimoine, l'Europe vient d'entériner la participation des déposants au renflouement des banques en cas de crise grave. L'accord, scellé mercredi 11 décembre 2013, est passé relativement inaperçu, alors qu'il pourrait être d'une importance capitale pour les épargnants.

Les Européens se sont mis d'accord sur une loi prévoyant des règles de renflouement interne des banques, ou "bail-in", afin d'éviter de ne faire participer que les États au sauvetage des établissements financiers.

Si une banque est proche de la faillite, le renflouement interne ou "bail-in" s'appliquera, par opposition au "bail-out" privilégié pendant la crise et qui faisait appel à l'argent public, creusant ainsi les déficits.

Les premiers à payer seront les actionnaires puis les créditeurs (autrement dit, notamment les épargnants qui disposent de fonds sur leurs comptes), qui devront couvrir au minimum 8% des pertes de la banque avant que l'on puisse faire appel à des fonds nationaux de résolution, abondés par le secteur bancaire.

Les règles du "bail-in" entreront quant à elles en vigueur au 1er janvier 2016.

fin du document

En conclusion, pour rejeter cet argument qui distingue les crédits des moyens légaux de paiement, nous devons prendre en compte les conséquences désastreuses de la libéralisation des marchés financiers qui frappent les finances publiques et les citoyens. La monnaie moyen de paiement légal circule dans ce qui peut se présenter comme un circuit long à la durée indéterminée. Le billet sera retiré lorsqu'il sera abîmé et remplacé par un nouveau. Une pièce de monnaie circulera tant qu'une nouvelle monnaie avec de nouvelles pièces ne viendra pas la remplacer. A partir de ce genre d'évidences, venir soutenir que la monnaie créée par les banques lors de l'acceptation d'un crédit à un client ne concerne en rien la souveraineté d'un état est faux spécialement dans le cas où ces crédits sont la cause d'une crise financière et surtout la cause d'un paiement d'intérêts énormes par les contribuables à des banques privées. La monnaie scripturale entre bien dans le cadre de la souveraineté d'un état et lorsque le pouvoir appartient au peuple comme c'est le cas véritablement dans une démocratie directe, c'est bien le pouvoir du peuple qui organise la création monétaire. Les financiers ont modifié les lois et les constitutions pour disposer du pouvoir d'être les seuls à accorder des crédits et le financement des politiques publiques, il s'agit dorénavant de supprimer ces dispositions de nos constitutions pour rétablir le pouvoir des citoyens et de leurs représentants sur la création monétaire globale, monnaie scripturale y compris.

La monnaie pleine rembourse le capital mais sa logique veut que les intérêts se limitent à payer des frais de gestion et non pas des intérêts qui représentent le montant du capital ou deux fois, dix fois, 117 fois le capital. C'est une question de culture, de valeurs humanistes et non pas une liberté contractuelle accordée aux banques pour s'enrichir démesurément. Il n'y a pas de compromis possible entre ces deux cultures pour ménager certains intérêts privilégiés jusqu'ici.

Il y a cependant un cas où il faudrait distinguer deux sortes de monnaie : celui de la monnaie au service de l'économie réelle et la monnaie qui sert uniquement à des spéculations sur les marchés financiers, la monnaie casino. La monnaie pleine et la culture humaniste sont incompatible avec la monnaie casino.

c) l'inutilité de la séparation des activités bancaires.

Un second argument important est avancé par les dirigeants du système financier libéral : pour sécuriser le système bancaire et protéger les citoyens, il s'agit de séparer les banques en banques de dépôts et en banque d'affaires. Ce fut une solution mise en place après 1929 par le gouvernement Roosevelt . Glass-Steagall Act est le nom sous lequel est généralement connu le « Banking Act de 1933 » aux États-Unis par lequel sont instaurés :

  1. l'incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement ;

  2. le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires ;

  3. le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires (Règlementation Q).

Battu en brèche depuis le milieu des années 1970 et largement contourné par l'ensemble de la profession bancaire, il est finalement abrogé - sous l'administration Clinton, le 12 novembre 1999 par le Financial Services Modernization Act, dit Gramm-Leach-Bliley Act, juste à temps pour permettre la fusion constitutive de Citigroup

http://fr.wikipedia.org/wiki/Glass-Steagall_Act

Cet argument en 2014 n'est plus pertinent car les risques financiers sont liés à la vente des titres financiers élaborés à partir d'un assemblage de dettes plus ou moins risquées. La spéculation joue sur ces risques. La vente des titres financiers concernent toutes les banques et les banques de dépôts en ont acheté énormément avant le déclenchement de la crise de 2007. Aujourd'hui, les banquiers sont incapables de justifier si les prêts accordés proviennent des dépôts ou de la monnaie empruntée à la banque centrale et donc créée ex nihilo.

document :  Proposition de réponse au Professeur Rossi : Les non-dits de l’économie (7/4/2014) :

MONNAIE VIDE ET MONNAIE PLEINE par Christian GOMEZ

Le professeur Rossi, avec son ouverture d’esprit habituel, a complètement perçu l’importance du débat lancé par l’initiative « Monnaie Pleine » pour une réforme en profondeur du fonctionnement de notre système bancaire. Elle est en effet capitale pour fonder notre avenir économique sur des bases solides et pour rendre la Suisse encore plus compétitive sur le double plan économique et social.

Non, il n’est pas « normal » que des agents privés, en l’occurrence les banques, puissent « battre monnaie » et créer ex nihilo un pouvoir d’achat sur la production ; Non, il n’est pas « normal » que ces dernières puissent retirer une rente d’un privilège qui fut de tout temps détenu par la Collectivité à travers son État ; Non, il n’est pas « normal » que la variation de monnaie en circulation dépendent d’acteurs qui peuvent être soumis à des crises d’euphorie absurde ou de pessimisme outrancier ; Non, il n’est pas normal que les bêtises d’une banque, pourvu que sa taille soit significative, puissent entrainer un effondrement du système de paiement et ainsi mettre à mal toute l’économie ; Non, il n’est pas normal que tout ce système ne puisse tenir qu’au prix d’un gaspillage éhonté de capital ( augmentation des ratios de capital)  et , in fine, parce que tous les acteurs Banques, déposants, épargnants savent que l’état est le garant en dernier ressort et que les citoyens paieront tous les pots cassés si c’est vraiment grave…..

En proposant de distinguer entre les crédits qui ajoutent au revenu monétaire d’une collectivité et les crédits qui sont fondés sur la production courante (en clair financés par l’épargne), Le professeur Rossi perçoit le problème et le juge capital. Mais, en refusant la solution, jugée par lui radicale, de la transformation du système, il s’enferme dans une impasse. Aucune banque, aucun banquier ne pourra jamais dire si le prêt qu’il fait est financé par « un jeu d’écriture » ou par « une épargne vraie ». La plupart des banquiers ne savent pas ce qu’ils font et ils n’en ont pas besoin pour être de « bons » banquiers.  C’est au niveau des règles de fonctionnement de l’ensemble du système bancaire qu’il faut se situer, comme l’ont bien vu la plupart des grands économistes, qu’ils soient libéraux (par exemple : Simons, Stiegler (Nobel 1982), Marshak, Machlup, Fisher, Friedman (Nobel 1976), Allais (Nobel 1988)….) ou de tendance keynésienne (comme Tobin ou même Minsky), qui ont tous été d’ardents partisans de la Réforme portée aujourd’hui par la nouvelle initiative.

Les partisans de cette réforme ne sont pas partis sans de solides arguments et ils attendent leurs adversaires sans agressivité mais sans complexes, avec la certitude de défendre une cause qui dépasse la seule Suisse par son enjeu.

 mercredi 04 juin 2014

fin du document.

d) l'amélioration de la sécurité bancaire grâce à l'élévation de la part des fonds propres, un argument politique dont les financiers ne veulent pas.

C'est la solution avancée par les dirigeants du système financier libéral pour clore le débat sur la monnaie pleine. Il ne faut pas prendre le risque de changer le système en profondeur (ils refusent de considérer l'alternative de la culture humaniste et la possibilité d'un abandon de leur système financier). Il suffit d'augmenter le niveau des réserves obligatoires, des fonds propres pour sécuriser le fonctionnement du système bancaire et d'ailleurs, c'est prévu par les règles du système financier. C'est un petit pas qui est prévu au programme des prochaines années et il faut refuser ce grand bon téméraire en avant qu'est la monnaie pleine et qui est source de graves dangers.

Le problème avec cet argument, c'est qu'il nie la situation réelle du système financier avec d'un côté, comme nous venons de le voir, un endettement des états qui ruine les citoyens à petit feu et compromet pour longtemps le retour de la croissance économique et d'autre part, le fait que la machine spéculative continue de fonctionner comme avant la crise sur les marchés boursiers. Sans compter sur la possibilité réelle que les citoyens refusent de continuer à se soumettre à ce système financier libéral. Examinons pourtant cet argument.

document : 

" Malgré le fait que l'Histoire regorge d'exemples de défauts souverains (dans les 20 dernières années, déjà 15 pays comme la Russie, l'Argentine et le Brésil ont fait défaut), la plupart des banques continuent tout de même à croire que les obligations souveraines entassées dans leurs bilans sont sans risque...

Concentrons-nous sur les banques européennes. Vous ignorez peut-être le droit bancaire, mais les banques européennes doivent se conformer à Bâle II qui est une série d'exigences en capital et d'autres spécifications destinées à limiter le risque systémique (faillite généralisée).

C'est le Code de la Route des banques. Cette règle était censée limiter aux banques leur capacité de production de prêts à 16 € pour 1 € en caisse: c'est ce que l'on appelle l'effet de levier bancaire. Oui mais... Les banques européennes semblent prêter bien au delà des exigences fixées par Bâle II ! En effet, elles utilisent en moyenne un effet de levier de 26 pour 1 sur le continent européen. Et certaines (dont de célèbres françaises) "violent" ouvertement ce droit en dépassant largement la limite autorisée ! Cherchez la vôtre (pour l'année 2012) :"

source : http://www.wikistrike.com/article-pourquoi-les-banques-europeennes-francaises-sont-des-dangers-publics-108624655.html

fin du document. 

Ce graphique montre que les banques américaines respectent Bâle II et III alors que les banques européennes, suisses y comprises, sont largement au dessus du seuil de sécurité prévu. L'explication est connue et cohérente depuis 2012 : les banques américaines qui ont provoqué la crise de 2007 en produisant d'une manière industrielle des titres toxiques ont vendu ces titres principalement en Europe et si la FED a utilisé la planche à billet à partir de 2010 pour sauver les banques américaines en rachetant leurs titres toxiques qui leur restaient et en leur permettant d'emprunter à un taux de 0,01% pour reconstituer quasi gratuitement leurs fonds propres, les banques européennes n'ont pas été sauvées de la même manière et pour se sauver elles mêmes, elles sont condamnées à s'enrichir en faisant toujours autant sinon plus de crédit pour améliorer leurs bilans, éponger leurs pertes et reconstituer leurs fonds propres. Bref, les banques européennes présentent toujours des risques importants de défaillances financières. S'ajoute la situation des états européens particulièrement endettés et au final, l'Europe est bien sous domination de l'oligarchie financière anglo-saxonne et toute révolte européenne est compromise sur le plan financier, sauf si justement les états européens se libèrent de cette dictature financière en adoptant leur monnaie pleine et en présentant des défauts souverains pour les intérêts composés de leurs crédits. Il est facile de minimiser une situation calamiteuse que l’on cherche à occulter lorsque l’on défend le système libéral et sa culture fondée sur la liberté des marchés et la liberté contractuelle qui favorise naturellement les plus riches et les puissants de ce monde. Il est facile également de promettre une solution simple alors qu'aucun pays actuellement ne peut obliger les dirigeants de l'oligarchie financière anglo-saxonne à se soumettre à leurs lois. Au contraire, avec le traité transatlantique, les gouvernements de l'Europe risquent de se voir imposer des arbitrages privés lorsque leurs lois provoquent des conflits et des dommages pour les affaires des firmes transnationales et multinationales. La domination d'un pays n'est plus seulement financière, elle est entièrement économique.

Pour conclure sur cet argument majeur des opposants à la monnaie pleine, nous pouvons montrer que les banquiers eux mêmes n'en veulent pas car cette mesure ferait augmenter les taux d'intérêt, ce qui réduirait les prêts et les crédits, donc la  source de fortune des banques et accessoirement réduirait l'activité économique. 

 document : 

Cette femme pense avoir la solution contre les crises bancaires... Et Wall Street tremble.

par Audrey Duperron · 12 août 2014

http://www.express.be/business/fr/economy/cette-femme-pense-avoir-la-solution-contre-les-crises-bancaires-et-wall-street-tremble/207047.htm

 Comme les banques n’utilisent pas leurs propres capitaux, mais qu’elles opèrent la plupart du temps avec de l'argent emprunté, elles prennent plus de risques et, par conséquent, elles vulnérabilisent l'économie et provoquent des crises économiques récurrentes, affirme Anat Admati, une économiste de Stanford dans son nouveau livre sur l'avenir de la banque, « The Banker's New Clothes: What's Wrong With Banking and What to Do About It ».

Sa solution ?

Elle propose de contraindre les banques à adopter un comportement plus proche de celui des entreprises en les forçant à réduire leur recours à l'argent emprunté. Elle pense qu’il faudrait obliger  « les grandes banques à augmenter d’au moins 30% leurs financements sous forme de fonds propres », ce qui est « six fois plus que la moyenne actuelle pour les plus grandes banques américaines ». Cette solution serait susceptible de rendre le secteur financier « plus rigide et moins rentable ».

Les propositions d’Admati ont été accueillies avec peu d'enthousiasme dans le secteur financier. Bien que le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, ait affirmé trouver ses idées intéressantes, il a objecté qu’elles étaient impossibles à mettre en œuvre, parce que le gouvernement américain demande déjà aux banques de réduire leur recours à de l’argent emprunté en augmentant leurs normes en matière de détention de capital. « Les officiels s’inquiètent que des changements plus importants puissent paralyser les banques, menant les entreprises à passer par d’autres types de sociétés financières domestiques et par des banques concurrentes étrangères », a-t-il indiqué.

Les banques sont d'accord: elles affirment que si on les contraint à augmenter leurs fonds propres, cela aura pour conséquence d’augmenter les taux d'intérêt, de réduire les prêts octroyés, et donc d’affaiblir la croissance économique.

Toutefois, le président américain, Barack Obama, a déjà manifesté son intérêt pour le travail d’Admati. Récemment, elle a été invitée à un déjeuner à la Maison Blanche avec 5 autres grands économistes, au cours duquel tous ont pu exposer leurs idées.

fin du document. 

Les dirigeants du système financier n'ont que faire d'arguments techniques alors qu'ils utilisent principalement les arguments politiques en plaçant aux postes stratégiques leurs représentants et ceci dans la plupart des pays importants. Nous avons vu, en France, en Suisse,  que les rédacteurs des textes de lois qui empêchent les états d'utiliser la création de monnaie directement à partir de leur Trésor, ont été promus Président d'une grande banque dans leur pays. Cette stratégie est mondiale et porte ses fruits dans le processus de gouvernement mondial de l'oligarchie financière anglo-saxonne.

document , extraits :   Goldman Sachs continue de manipuler l’économie européenne.  Publié le 27/11/2012

document originel : http://www.infowars.com/goldman-sachs-completes-economic-takeover-of-europe/print/

traduction française :  http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2012/11/27/goldman-sachs-continue-de-manipuler-l-economie-europeenne.html

L’annonce “surprise” que le Canadien Mark Carney va être nommé gouverneur de la Banque d’Angleterre veut dire que celui qui participa à la réunion du groupe Bilderberg cette année, complète la domination virtuelle de Goldman Sachs sur toutes les économies principales d’Europe. .../... 

Zero Hedge, qui avait aussi prédit que Carney défierait les chances et sécuriserait le poste de gouverneur de la BA, note aujourd’hui que “tout ce que nous devons comprendre et nous rappeler pour savoir comment les évènements mondiaux se déroulent est cette chose très simple: GOLDMAN SACHS EST EN CHARGE. Tout le reste est complètement secondaire.”

Comme le graphique ci-dessous le montre (voir l’article original), les économies de la France, de l’Irlande, de l’Allemagne et de la Belgique sont aussi contrôlées par des individus qui ont une relation directe avec Goldman Sachs. Le banquier international géant, notoire pour sa tradition de corruption et de délits d’initiés, possède maintenant une influence énorme sur virtuellement toute économie majeure occidentale sur la planète.

fin du document.

En conclusion, les arguments des dirigeants financiers pour sauver leur système bancaire et rejeter la monnaie pleine ne sont pas à la hauteur des enjeux politiques, économiques et sociaux aggravés par les crises financières récentes et l'amélioration du système par des petits pas ne modifie en rien l'accroissement des inégalités de revenus et de patrimoine au profit d'une infime minorité de riches. La position des dirigeants financiers ne change pas : ils doivent maximiser leurs profits en endettant le plus possible leurs clients qui n'ont pas d'autre solution car s'ils n'ont pas assez de capitaux pour se développer, ils seront évincés par les concurrents qui eux auront su trouver ces capitaux. Les dirigeants politiques relaient ce dogme : les plus riches doivent devenir en premier plus riches car ce sont eux qui font augmenter la taille du gâteau et les richesses, ensuite ces richesses une fois produites, il devient concevable de les distribuer sans que cette distribution ne nuise à l'augmentation de la capitalisation des plus riches. En France, cette doctrine avait été énoncée froidement par le Président Sarkozy, bien après Mme Tatcher et M. Reagan.

Leurs objections et propositions ne résolvent en rien le caractère inacceptable et scandaleux du niveau d'endettement des finances publiques de la plupart des états et ces objections ne modifient en rien la volonté de mettre en place un gouvernement mondial au profit des plus riches. Leur proposition se limite à la récitation des dogmes du libéralisme le plus dérégulé et à la sempiternelle incantation stupide : il n'y a pas d'autre alternative au système capitaliste libéral. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! Il s'agit maintenant de préciser justement le rôle de la monnaie pleine dans des organisations en réseaux de vie, une démocratie directe locale participative.

B) la finalité principale de la monnaie : assurer le paiement des richesses produites par le travail

Cette mission essentielle est capable de s'adapter à toutes les formes de sociétés, mieux même, certaines sociétés pour concrétiser les valeurs de paix et d'amour refusent d'utiliser la monnaie pour éliminer tous les risques de querelles et de disputes au sein du groupe social. En cas de crise économique et de perte de confiance dans la monnaie nationale, les monnaies locales prennent le relais pour éliminer chômage, misère et troubles civils même si rapidement les pouvoirs publics vont les interdire ou les tolérer et les encadrer comme ces dernières années.

1) les échanges économiques qui n'utilisent pas la monnaie, conséquences sur les relations entre le travail et la gestion des richesses et du patrimoine. 

Les lecteurs de fileane.com connaissent les 3 peuples premiers présentés sur notre site : le peuple Moso (Mosuo) au pied du Tibet, les indigènes des îles Trobriands décrits par Malinowski, la Confédération des nations iroquoises qui servit de modèle pour la rédaction de la Constitution des États-Unis d'Amérique. Le refus d'une monnaie s'accompagne alors du refus d'accepter le fonctionnement d'un pouvoir central et d'un système social fortement hiérarchisé à partir de la valeur des richesses et des patrimoines accumulés justement grâce à l'argent, à une monnaie. Les lecteurs de fileane.com connaissent ces 3 exemples d'organisations sociales en réseaux de vie. Ils 'agit ici de revenir seulement sur leurs aspects qui touchent à la propriété, au travail et à la répartition des richesses produites.

L'institution fondamentale repose sur la priorité accordée à la propriété commune. C'est la solution optimale retenue parmi les organisations en réseaux de vie. Cette solution est ensuite adaptée à chaque particularité locale. Chez les Moso, les conditions de vie ont été choisies pour vivre à l'écart des autres populations qui sont une menace pour la paix de la communauté. L'exploratrice Alexandra David Néel dans les années 1920 cherchera à les rencontrer en vain depuis Chengdu et la possibilité d'aller enfin à Lhassa mettra fin à cette recherche. En 2000, les villages au bord du lac Lugu sont encore protégés de l'afflux de visiteurs mais la construction d'une route par l'armée chinoise mettra fin à cet isolement et à cette culture remarquable qui a su pendant au moins deux millénaires concrétiser chaque jour la pratique (la praxis) des valeurs de paix et d'amour. Le pouvoir matriarcal assure la transmission de la propriété commune au sein de la famille : les filles restent dans la famille et leurs amants leurs rendent visite pour la nuit avant de repartir le matin. Le point particulier chez les Moso est l'interdiction faite aux hommes de travailler pour subvenir aux besoins quotidiens. Ils vont réaliser les oeuvres : les maisons essentiellement, les barques pour aller sur le lac et c'est tout. Les femmes cultivent les champs, élèvent le bétail. L'interdiction faite aux hommes repose sur une règle simple : après l'obtention de ce qui suffit pour vivre, il n'y pas de recherche d'autres richesses matérielles. La richesse est d'ordre spirituelle et foncièrement humaine : les Moso ne sont riches que de leurs amours et la liberté sexuelle organisée par les femmes est une règle qui favorise cette finalité. La propriété individuelle est mise à l'écart et interdite pour ceux qui voudraient l'utiliser et se démarquer du groupe par un statut social différent. L'économie repose sur l'abondance qui est le niveau de satisfaction des besoins individuels acceptés par tous. Par contre la liberté d'accumuler les rencontres amoureuses interdit la jalousie : un homme, une femme ne peut pas vouloir s'approprier un partenaire comme dans une propriété individuelle. Cette liberté amoureuse a pourtant deux finalités humaines fondamentales : minimiser les risques de consanguinité lors de la naissance des enfants et mélanger la famille avec du sang neuf et ensuite les rencontres amoureuses tissent des liens sociaux fondés sur un haut niveau de confiance obtenu à travers la démarche spirituelle individuelle de l'extase amoureuse. En cas de mauvaises récoltes, de catastrophes naturelles, un village et les femmes du village savant qu'elles peuvent compter sur les hommes des villages environnants pour venir les aider. Il n'y a pas circulation de monnaie mais pratique de l'économie du don, de la solidarité humaine la plus naturelle entre gens qui s'aiment et sont riches de leurs amours.

En Mélanésie, chez les indigènes des îles Trobriands, les conditions de vie sont moins rudes et les règles plus souples entre homme et femme. La finalité de la liberté sexuelle est la constitution de couples solides ainsi que la minimisation des violences à travers des rites exceptionnels de bon sens et d'efficacité. La propriété commune gère les récoltes avec une prise en compte cependant de la propriété privée. Les hommes sont interdits de travail dans les champs, ils s'occupent de l'éducation des enfants. Les femmes travaillent ensemble tous les champs du village et la récolte est répartie en proportion des surfaces. Cette différence dans la répartition des récoltes est également pleine de bon sens car elle récompense les familles qui ont le plus défriché la forêt, travail des hommes. Une autre occupation des hommes est la confection des cadeaux pour séduire les femmes et plus particulièrement pour servir de monnaie d'échange lors des voyages dans les autres îles. Dans la Grande loi qui lie les nations iroquoises, l'organisation est surtout politique avec en dernier lieu, le pouvoir des mères qui nomment les hommes, leurs fils aux fonctions publiques et les destituent s'ils exercent mal leurs responsabilités. Le droit de propriété combine la propriété individuelle, commune et collective, ce qui contribue à l'harmonie de la vie en groupe et à la minimisation des violences. Les échanges sont basés sur le troc sans avoir besoin d'une monnaie. Cette confédération iroquoise sera étudiée et prise comme modèle par les pères fondateurs de la Confédération des États-Unis d'Amérique du nord et Marx et Engels, lorsqu'ils découvriront cette Confédération des nations iroquoises, seront émerveillés par une telle organisation qui surpasse celle de l'empire romain. Depuis, nous savons qu'un moine venu d'Europe (de France certainement) leur a appris cette manière de vivre ensemble. La grande loi qui lie les nations iroquoises est ainsi le dernier vestige vivant de l'organisation en réseaux du temps des cathédrales en Europe : elle utilise les deux grand principes des réseaux : la subsidiarité descendante et ascendante ainsi que l'alliance des contraires et elle réalise une complémentarité entre les trois formes de propriété. 

Ces trois exemples de peuples qui ont vécu dans l'abondance au niveau de leur moyen de subsistance, qui ont réussi à minimiser les violences individuelles et de groupe, à utiliser la démarche spirituelle pour vivre des relations sociales fondées sur un haut niveau de confiance et partager des amours intenses et durables, montrent que la richesse n'est pas matérielle mais qu'elle réside dans ce qui n'a pas de prix et donc n'a pas besoin d'une monnaie pour s'échanger : les amours, le savoir faire, les connaissances sur les mystères de la vie que les occidentaux incultes ont souvent limitées à de la magie ou à des cultes d'idoles idiots. Le travail se déroule dans le cadre de la propriété commune qui est la seule des trois formes de propriété à garantir la répartition équitable de la production et la finalité du travail des hommes est plus particulièrement la réalisation d'œuvres transmises aux générations futures, essentiellement les maisons, les moyens de transport. Ces exemples de peuples qui ont eu un plus haut niveau de vie et de bonheur que tous les peuples d'Europe durant la même période, restent des sources de connaissances toujours actuels à partir desquelles nous pouvons développer nos nouvelles organisations en réseaux de vie.

Face à ces exemples, les militants qui soutiennent les dogmes de la culture libérale, avancent l'argument imparable selon eux que si effectivement ces organisations fonctionnement nettement mieux que les nôtres, c'est parce qu'elle sont très petites. Yes, small is beautiful... mais jamais ce fonctionnement ne peut concerner de grands organisations comme des états, des marchés économiques, l'économie mondiale. L'argument de Keynes lui même n'est pas recevable selon eux, pourtant il va dans le même sens... du bon sens.

document :

C’est, une fois de plus, Keynes qui nous donne la piste à explorer : « J’ai de la sympathie pour ceux qui veulent minimiser plutôt que maximiser l’imbrication économique entre les nations. Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages : autant de choses qui sont, par nature, internationales. Mais que les marchandises soient de fabrication nationale chaque fois que c’est possible et commode. Et, surtout, que la finance soit avant tout nationale ».

 Cité par Herman E. Daly, ancien économiste en chef au département de l’environnement de la Banque mondiale, dans un article lumineux sur les méfaits du libre- échange : « The perils of free trade », Scientific American, novembre 1993.

voir aussi : Que reste-t-il de Keynes pour comprendre la mondialisation ? http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=LECO_031_0059

fin du document

Le bons sens, du moins dans la culture humaniste qu'il s'agit de remettre en place, veut que la priorité soit le travail et l'élimination du chômage et que la monnaie soit nationale, c'est à dire que c'est au gouvernement d'un pays de gérer la monnaie dont son économie a besoin pour produire et répartir les richesses. L'alternative de l'organisation en réseaux de vie, nous nous répétons et nous allons le développer, repose sur le principe de subsidiarité qui a pour mission d'obtenir les solutions optimales au regard des connaissances disponibles en l'état des sciences. Ces solutions optimales ont un caractère universel pour les êtres humains et elles sont gérées selon la propriété collective au niveau de l'humanité. Là nous sommes au niveau mondial. Par contre, ces solutions optimales s'appliquent au niveau local en prenant en compte les particularités locales. Les Moso, Trobriandais, Iroquois utilisent des solutions optimales universelles : la propriété commune pour gérer les biens matériels, la démarche initiatique spirituelle pour minimiser les violences et développer la réalisation de la valeur Paix, le rôle politique des femmes et la liberté sexuelle pour favoriser le développement des concrétisations de la valeur Amour. Forcément les règles et les modes de vie seront différents en fonction des contextes de vie, de la géographie, du climat, etc. Ce fonctionnement des organisations en réseaux de vie est bien plus productif de développement durable et de bonheur que la standardisation des produits, le libre-échange organisé par les plus riches, et les comportements uniformes, la pensée unique,  requis par la soumission des peuples à la doctrine capitaliste et libérale.

2) les monnaies locales au service de l'emploi local ou national

Nous n'allons pas ici faire un exposé complet sur les monnaies locales mais seulement tirer quelques conclusions sur leur utilisation. Le lecteur peut étudier ce sujet à partir d'autres pages web , nous en citons deux :

La Monnaie locale : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_locale

"Le miracle de Wörgl au Tyrol", document :

http://www.silesfemmescomptaient.com/fr/bibliographie/silence_worgl_8-9.htm

extraits : 

C'est ainsi que 3500 personnes se trouvaient à l'assistance publique dont 1500 chômeurs enregistrés. Les finances publiques étaient dans une situation catastrophique car les fabriques étaient abandonnées et le commerce stagnait. La misère la plus noire régnait, ainsi qu'une grande détresse humaine. Les arriérés d'impôts locaux s'élevaient, de 1926 à 1931, à environ 118 000 schillings et les recettes fiscales diminuaient constamment.

M. Unterguggenberger, maire de Wörgl, avait connaissance des expériences de monnaie franche selon Silvio Gesell. Il organisa un Comité d'urgence municipal, afin de créer des emplois. Très intelligemment, il comprit qu'il fallait expliquer aux membres du Comité comment on pouvait sortir de la crise et encore effectuer beaucoup de travaux publics nécessaires. Mais, puisque malheureusement la commune ne disposait pas d'argent, tout en ne pouvant en fabriquer elle-même, il proposa que la commune de Wörgl fasse imprimer des attestations de travail d'une valeur de 1, 5 et 10 schillings. Et qu'elle paye ainsi les employés et les ouvriers de la municipalité. Ces attestations seraient dénommées exactement "bons de premiers secours de Wörgl, certificat de travail en valeur".

Quel fut le résultat de l'introduction de ce moyen d'échange (les bons de travail qui se trouvait ainsi mis en circulation forcée ? Premièrement, les chômeurs obtinrent presque tous du travail et retrouvèrent par la même occasion un pouvoir d'achat. L'usine de cellulose embaucha 350 ouvriers. La fabrique de ciment 400. Une plage à aménager requit 200 ouvriers. On construisit des routes et des canaux. Les travailleurs reçurent des salaires. Dans les magasins, on acheta de nouveau. Partout l'on commença à s'enrichir, puisque le nouvel argent remplissait son devoir naturel, en circulant sans arrêt dans la population. En 1932, les recettes fiscales passèrent de 93 000 à 121 000 schillings sans augmentation d'impôt. Les lourds arriérés furent en grande partie réglés. Des paiements anticipés d'impôts pour 1933 furent même effectués ! La municipalité put créer des emplois de fonctionnaires, toujours sans emprunts ni augmentation d'impôts, alors que seule-ment 9000 schillings avaient été émis sous forme de bons de travail, mais avec une dynamique intrinsèque. C'est ainsi que "l'argent générateur de prospérité", comme l'appelait le professeur américain d'économie politique Irving Fisher, fit son effet.

Aujourd'hui à Wörgl, un pont porte l'inscription "construit en 1933 avec l'argent libre", une rue porte le nom de Silvio Gesell.

Un modèle qui dérange : Cet exemple pratique concernant le système monétaire nous offre des leçons très importantes. Il faut admettre qu'un moyen d'échange pur qui a perdu tout attrait de thésaurisation grâce à une taxe d'immobilisation, ne peut avoir qu'une influence bénéfique tout à fait étonnante sur le circuit économique. Mais il y a nécessité absolue et évidente que cet argent - pur moyen d'échanges - ne soit émis que par l'État et soit indexé. Seule une gestion indexée de la monnaie peut garantir le pouvoir d'achat de celle-ci. Si un État règle son système monétaire de cette manière, il apporte à son peuple "l'argent qui fait la prospérité" (selon l'expression du professeur I. Fisher) sans déflation ni inflation, avec des conséquences favorables à peine imaginables du point de vue économique et social. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que, dans relativement peu de temps, d'autres États suivent un tel modèle.

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autre source à consulter pour avoir la liste des travaux entrepris par la mairie afin de donner du travail aux citoyens: http://www.unterguggenberger.org/getfile.php?id=1090

La principale conclusion sur l'utilisation de la monnaie locale est que ce moyen de paiement "pur" supprime la fonction de thésaurisation qui, nous l'avons vu abondamment, pose problème car elle permet à un banquier les prêts qui feront sa fortune et introduiront les risques de crises financières par l'abus dans la multiplication des crédits pour endetter les clients et les états. C'est une solution ponctuelle surtout en cas de crise pour maintenir l'activité économique et le paiement des salaires, éviter le chômage. En dehors des périodes de crise, les monnaies locales permettent de réinsérer les citoyens, de favoriser les circuits directs de production et de distribution, de modifier les comportements des consommateurs ou des usagers dans le cadre de mesure de prévention des risques de santé, etc. Par contre, elle n'a pas de relation avec le développement de la propriété commune et les moyens utilisés pour développer de réelles organisations en réseaux de vie. Elle soigne les causes d'une crise économique mais elle ne remet pas en cause le fonctionnement du système de pouvoir qui amène ces crises à répétition dans la course à la maximisation des profits des financiers. Le système financier est juste mis à l'écart un moment mais il va mettre fin rapidement à cette expérience contraire à ses intérêts essentiels. Pour éliminer le système financier, il faut être plus complet et voir plus loin, retrouver le chemin des civilisations florissantes organisées en réseaux. L'initiative monnaie pleine, en voulant placer la création de monnaie scripturale (Giralgeld) sous le pouvoir des citoyens et de leurs représentants permet de limiter sérieusement le pouvoir financier dans un premier temps avant d'envisager logiquement son élimination lors de la remise en place de la culture humaniste.

II Le régime politique et l'organisation du travail dans une culture humaniste qui confie la création monétaire au pouvoir des citoyens.

Il s'agit de poser maintenant l'ensemble du processus, du mécanisme qui garantit la mise en pratique de la culture humaniste à travers le développement des organisations des réseaux de vie. La description du fonctionnement des différents réseaux de vie et de leur gestion au niveau du travail indispensable à la vie et à la survie est disponible sur fileane.com dans la quatrième partie du site web. Cette page sur la monnaie pleine vient compléter cette partie. A partir du droit au travail pour tous, reconnu d'ailleurs dans nos constitutions, nous verrons comment la mise en application de ce droit (jamais faite véritablement dans le régime politique actuel d'une démocratie représentative) requiert une organisation du travail et comment ce travail est rémunéré. Ce qui pose problème, ce n'est pas tant la rémunération du travail réalisé par un citoyen que la rémunération que ce citoyen va obtenir lorsqu'il ne travaille pas ou ne travaille plus, notamment à sa retraite ou lorsqu'il a est malade et à besoin de soins médicaux. Bref, il s'agit du financement de la protection sociale. Nous savons qu'en France, au moins depuis 1945 et l'instauration de la Sécurité Sociale par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 promulguées par le gouvernement du Général de Gaulle avec la participation du parti communiste, le patronat et les partis politiques de droite ne cessent de réclamer la privatisation de ce service public et la baisse des cotisations sociales qui en assurent le financement. D'ores et déjà, le lecteur peut comprendre que dans les organisations en réseaux de vie, avec la monnaie pleine, la propriété commune et sa répartition équitable des richesses produites, la capitalisation des droits sociaux, ce n'est pas l'évolution démographique et l'allongement de la durée de vie qui seront des obstacles au financement de la protection sociale. La monnaie pleine qui appartient aux citoyens ne peut pas être détournée par des intérêts particuliers, notamment ceux des dirigeants d'un système de pouvoir. Elle impose une transparence qui n'existe pas dans le système financier où les décisions sont prises dans le plus grand secret afin de mettre les citoyens et leurs représentants devant le fait accompli. Cette transparence est acquise en utilisant le régime politique de la démocratie directe locale participative, les réseaux de vie les plus capables d'assurer le droit au travail pour tous, point de départ du circuit économique en réseaux de vie.

A) le droit au travail et sa relation avec la création monétaire

Le point d'achoppement porte sur la mise en application du droit au travail pour tous dans l'économie réelle organisée selon les valeurs de la culture humaniste.

1) la responsabilité politique exercée pour définir le niveau de travail et donc le niveau de monnaie utilisé pour rémunérer ce travail.

a) les leçons du passé.

Restons un moment encore avec Galbraith, l’un des économistes américains les plus humains :  « Il n’y a pas que l’argent qui compte dans l’analyse de l’économie, rappelait Galbraith dans une entrevue accordée à Harry Kreisler en 1986 (Conversation with John Kenneth Galbraith). Trop souvent on oublie le rôle du pouvoir dans les choix économiques. N’en déplaise aux orthodoxes du marché comme grand ajusteur de l’économie, au moins la moitié de toute l’économie est planifiée par les grandes corporations qui dominent le marché ».

Ce constat honnête et lucide vaut pour le système capitaliste libéral dont le but n'est pas seulement économique mais bien politique à travers, nous l'avons vu, la volonté ouvertement affichée de gouverner le monde à partir de l'oligarchie financière anglo-saxonne. La manière dont les grandes corporations qui dominent le marché planifient l'économie est connue et enseignée : parmi les quatre sources de gains de productivité et depuis les débuts de l'ère industrielle, les dirigeants libéraux n'ont utilisé que les économies d'échelle, au départ les économies d'échelles positives à travers la concentration des entreprises en grandes corporations mondiales puis lorsque les marchés ont été saturés de biens matériels et de services tertiaires, ce sont les économies d'échelle négatives qui assurent les gains de productivité avec comme principales mesures, les licenciements économiques et les délocalisation pour réduire les frais de personnel. La planification de l'économie mondiale mise sur des usines géantes et automatisées dans les pays à faible coût de main d'oeuvre et la désindustrialisation des anciens pays industriels, particulièrement en Europe. Cette planification crée ainsi de vastes zones de chômage structurel élevé, de travail précarisé et de travailleurs pauvres. Comme d'habitude, c'est à l'état de prendre en charge les conséquences négatives du capitalisme et encore, faut-il que cela ne coûte pas trop cher à l'économie. Nous avons vu que JP Morgan réclame des gouvernements forts en Europe pour faire passer les programmes d'austérité. Cette politique est désastreuse pour les citoyens et détruit les capacités de croissance ainsi que les bases du développement de l'Europe avant que le capitalisme ne vienne les détruire.

Cette politique libérale commet deux crimes économiques pour satisfaire les intérêts personnels de ses dirigeants :

Lorsque nous passons au niveau quantitatif du travail, le constat historique montre que la dernière période de plein emploi remonte aux " trente glorieuses ", lorsqu'il a fallu reconstruire l'Europe suite à la seconde guerre mondiale. Ce constat peut inciter les plus irréfléchis à souhaiter une nouvelle guerre de manière à retrouver le plein emploi par la suite. Pourtant, nous l'avons vu, cette seconde guerre mondiale et la destruction de l'économie allemande ont été organisées parce que dans les années 1933 et suivantes, l'Allemagne sur le plan économique et financier, avait rejeté le système financier de l'oligarchie financière anglo-saxonne. Pour la création monétaire, les évènements de 1933 sont bien plus intéressants à étudier et ils sont les exemples les plus récents de l'utilisation de ce mécanisme de base dans lequel le travail précède le capital et la monnaie reste au niveau d'un moyen de paiement " pur ". Sans revenir sur ces évènements que nous avons exposés plus haut, nous devons tout de même retenir sur les relations entre Roosevelt et Keynes. Keynes n'aura de cesse de relancer le Président Roosevelt pour qu'il ouvre davantage de grands projets car le New Deal n'est pas suffisant. Dès 1937, les effets du New Deal disparaissent let l'économie américaine retourne dans la stagflation et la croissance faible. Il faut faire plus de grands travaux, sauf que Roosevelt n'ira pas jusqu'à créer la monnaie par le Trésor comme Jackson, Lincoln pour financer ces grands travaux. Nous savons que c'est la préparation de la guerre et le développement de la production d'armements qui remettront les citoyens américains au travail et qui sortira le pays définitivement de la crise de 1929. Cet effort de guerre prendra sa réelle dimension lorsque le français Jean Monnet, conseiller du Président Roosevelt, arrivera à persuader le Président américain qu'il doit doubler le volume d'armements prévu dans son plan, ce qui plus tard fut reconnu comme une contribution majeure qui permit de raccourcir la guerre d'au moins deux années. Nous avons vu qu'en 1933, Schacht mit en oeuvre le mécanisme économique humaniste et le peuple allemand, soudé par les conséquences de la première guerre mondiale et la politique des vainqueurs à son encontre, sut utilisé ses compétences industrielles élevées pour accomplir le miracle allemand, bâtir de nouveaux ensembles d'habitation, des usines, des autoroutes et des automobiles, des avions, etc. 

Les politiques budgétaires sont actuellement insuffisantes pour vaincre le chômage et elles sont bloquées par le poids du remboursement des dettes publiques pour de longues années. Il faut donc quitter le système et utiliser les mécanismes des organisations en réseaux. Lorsqu'un projet de vie est adopté par le conseil de l'action politique au niveau local ou la Confédération des réseaux de vie, ce projet se décline en autant de travail et de postes de travail à pourvoir en main d'oeuvre qualifiée et à rémunérer avec la monnaie pleine. Les intérêts financiers des dirigeants d'un système de pouvoir n'ont pas de place dans cette organisation pour venir sélectionner ou pire, interdire des projets de vie.

b) la création et la répartition des richesses dans les organisations en réseaux de vie

Il s'agit ici de synthétiser cette partie 4 de notre site web pour mettre en avant ce mécanisme économique.

le réseau de production et de distribution des richesses (partie 1)

le réseau de production et de distribution des richesses (partie 2)

le réseau de production et de distribution des richesses (partie 3)

L'activité des réseaux de vie organisée sur les trois niveaux de travail permet de répartir les niveaux de formation pour optimiser la source de gain de productivité majeure dans la culture humaniste : l'élévation du niveau de compétences. Cette source est associée avec l'amélioration de la structure représentée par le développement des réseaux de manière à ce que l'action politique dans le régime de la démocratie directe participative produise tous ses effets bénéfiques : forte motivation et adhésion aux normes édictées par le groupe, forte créativité et réactivité, minimisation des violences, etc. Les formations se planifient entre réseaux initiatiques et réseaux de production de biens et services indispensables à la vie. Les citoyens participent aux centres de gestion de l'autorité, de la production et de l'action politique qui assurent les missions de logistique et de gestion des ressources utilisées. Ensuite, en fonction des compétences acquises et des projets personnels de chacun, les citoyens s'engagent dans un groupe de projet pour réaliser une oeuvre durable et capable d'élever le niveau de vie du groupe social. Ces projets de vie, dès que leur utilité est admise par les réseaux de vie, sont financés à travers la rémunération du travail réalisé. Les centres de gestion qui gèrent les ressources allouent les moyens matériels, machines, etc. qui ont été utilisés dans des projets précédents ou répartissent ces moyens entre plusieurs projets en cours ou mettent en place des équipes de recherche et de développement pour améliorer des technologies afin de répondre aux besoins. L'activité économique se décline en poste de travail regroupé en groupe de projets qui utilisent ainsi la troisième source de gains de productivité : la modernisation de l'outil de production à travers les technologies les plus avancées. Le management actuel n'a aucune difficulté pour gérer de cette manière l'activité humaine, s'il le veut bien... La rémunération du travail utilise la monnaie pleine en tant qu'instrument de paiement ' pur ", sans fonction de thésaurisation.

Nous avons montré que la source de productivité qui repose sur l'obtention d'économies d'échelle n'est pas interprétée de la même manière que dans le système capitaliste libéral. Il ne s'agit pas d'augmenter le volume de production avec la même quantité de facteur de production, ce qui conduit, lorsque les marchés sont saturés et que l'outil industriel est en surcapacité de production (depuis 1920 environ), à fermer des usines pour rassembler le volume de production dans une autre qui sera automatisée avec les dernières technologies ou qui sera délocalisée dans des pays à faible coût de main d'oeuvre. Il s'agit de calculer d'une manière plus cohérente et juste le niveau de production de richesses, le produit intérieur brut et donc le coût d'obtention de la qualité de vie. Par exemple, le coût de revient d'une production est comparé au coût d'indemnisation du chômage versé dans la région où se trouve ce moyen de production, l'objectif est bien d'obtenir un coût global qui minimise l'utilisation de la monnaie car pour indemniser le chômage, il faut bien prendre des impôts aux uns pour le reverser à d'autres sous forme de prestations sociales, sinon le groupe social risque d'exploser à travers un conflit social ou une guerre civile.... qui eux aussi ont des coûts non négligeables. Il n'est pas question de mettre tout le monde à l'usine ou sur un même chantier et il faut abandonner cette vision propre au fonctionnement d'un système de pouvoir économique (capitaliste, communiste, soviétique, l'expérience des Ateliers nationaux en 1848 qui fut un échec retentissant, etc.). Lorsque l'effectif est suffisant dans une unité de production, les autres membres du réseau vont dans une autre unité de production ou dans un groupe qui réalise une oeuvre. Plus le niveau de compétences sera élevé, plus le réseau de vie local ou national pourra développer des oeuvres et élever son niveau de vie. Sur les bords du Nil, lorsque les champs étaient inondés, tous travaillaient dans les temples et les villes et savaient bâtir, peindre, sculpter la pierre et lorsque les champs étaient cultivables, tous allaient travailler la terre pour obtenir 2 ou 3 récoltes de manière à vivre toute l'année.

Cette approche global est favorisée dans les réseaux de vie par l'utilisation de la première source de savoir, celle qui n'a pas besoin de savoir lire et écrire : la source initiatique et spirituelle. C'est elle qui favorise le haut niveau de confiance dont ont besoin les citoyens pour vivre ensemble, c'est elle qui ouvre l'esprit à la prise en compte d'une vision globale de nos échanges économiques pour arriver à retenir la qualité d'un niveau de vie et d'une réponse à nos raisons de vivre. C'est elle aussi qui en minimisant les peurs et les violences, favorise l'alliance des contraires et l'obtention de la solidarité. De cette manière, la monnaie pleine n'a pas besoin d'être aussi et en même temps un moyen de thésaurisation pour mettre de l'épargne de côté en fonction du niveau de peur et de crainte de l'avenir exprimées par chacun lorsqu'il n'a pas confiance dans le système de pouvoir qui exige de lui soumission et passivité. C'est elle qui permet le développement des biens communs qui vont répondre à ce besoin de sécurité individuelle pour le présent et l'avenir. Pour l'utiliser à nouveau, nous devons quitter nos systèmes de pouvoir économique et théocratique.

 2) la minimisation du besoin de création monétaire à travers la gestion du patrimoine transmis aux générations futures

L'utilisation de la monnaie locale sans thésaurisation comme moyen de paiement pur rencontre une limite lorsqu'il s'agit d'acquérir un bien immobilier ou mobilier dont le prix représente de nombreux mois de salaires. La monnaie pleine n'exclut pas le crédit bancaire mais le réduit à l'utilisation à 100% des dépôts dans cette banque pour obtenir une couverture à 100% des crédits accordés. La sécurité monétaire ainsi obtenue sert d'abord à rassurer les rentiers qui ont de l'épargne. Certes les citoyens ne vont pas chaque année forcément demander des crédits pour la totalité de l'épargne déposée dans les banques. Mais le financement des investissements publics assurément va utiliser des crédits importants sauf si l'état les planifie sur de longues années ou décide de créer de la monnaie supplémentaire dans une quantité qui ne présente pas un risque d'inflation (2 à 5 % du PIB) . D'autre part cette limite de la monnaie pleine utilisée seule va rendre encore plus improbable la réduction des inégalités de patrimoine les plus criantes et choquantes.

a) les inégalités de patrimoine, résultats inacceptables du fonctionnement du système libéral et risques majeurs d'explosion sociale

L'accumulation du capital, la constitution des grandes fortunes remontent à plusieurs siècles. Nous retenons sur fileane.com la date de départ de l'an 1307 et la destruction de l'ordre du Temple, organisateur et protecteur de l'organisation en réseau du temps des cathédrales. La prise du pouvoir par la bourgeoisie après 1789 dans la République est une seconde date significative.

Les études se multiplient depuis la crise financière de 2007 pour connaître cette concentration du patrimoine aux mains des plus riches.

document :

Les "1% des plus riches"... encore plus riches que ce que la Fed et la BCE croyaient?

lien pour accéder à cet article de la Tribune du 08/08/2014, 8:00

La fortune des personnes les plus riches de la planète serait largement sous-évaluée selon le rapport d'un économiste belge travaillant pour la BCE, publié en juillet.

Les "1%" les plus riches de la planète sont plus riches que ce que la plupart des études affirment. En grande partie parce qu'ils auraient tendance à taire une portion de leur fortune. C'est ce que Philip Vermeulen, économiste belge qui travaille pour la Banque centrale européenne, tente de démontrer dans un rapport publié en juillet mais passé relativement inaperçu.

Des riches... "moins fiables"

Ayant observé que la "fiabilité" des réponses des "ménages les plus riches" était généralement moins élevée que celles des moins fortunés, il a pris en compte ce biais pour établir une nouvelle méthode de calcul. Il l'a ensuite appliquée aux données du Rapport sur les finances des ménages américains de la Réserve fédérale, celles du Rapport sur les finances et la consommation de la BCE et celles du classement Forbes sur les milliardaires.

Écart important en Allemagne

Résultat: l'écart entre la fortune "officielle" et celle ainsi recalculée atteint 13 points de pourcentage en Autriche, 9 en Allemagne, 3 aux États-Unis. Autrement dit, outre-Rhin, la fraction de la population rassemblant 1% des ménages les plus riches ne concentrerait pas 24% de la fortune privée totale du pays, mais 33%!

En France, l'écart semble relativement faible - de 1 point: 19% de la richesse serait donc concentrée entre les mains de 1% de la population.

"Paradis fiscaux"

Un autre économiste, Gabriel Zucman, professeur à la London School of Economics  - qui a collaboré avec le français Thomas Piketty, l'auteur du désormais célèbre Capital au XXIe siècle sur les inégalités de revenu - a étudié une portion encore plus congrue de ces fortunes.

Il estime quant à lui que les 0,1% les plus riches américains possédaient en 2012 quelque 23,5% des richesses. Une précédente estimation tablait plutôt sur 21,5%, et l'écart entre les deux serait dû aux sommes "cachées dans des paradis fiscaux", note l'agence Bloomberg.

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 Pour la France, la première publication qui provoqua des réactions animées date de 1991 lorsque le CERC a montré qu'entre 1981 et 1991, soit après 10 ans de socialisme, la part des 10% les plus riches est passée de 45 à 55% de la valeur du patrimoine. Puis d'autres informations vinrent préciser le degré de concentration du patrimoine : 5% des plus riches possèdent 45% du patrimoine et en 2014, ces études indiquent que 1% de la population possède 19% du patrimoine.

Le Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz prévoit, dans une interview à La Tribune, un affaiblissement de la croissance aux États-Unis, conséquence de la montée des inégalités qui bride la consommation de la plupart des ménages : " Les conséquences seront dévastatrices. C'en en est fini du rêve américain, de l'idée que les enfants vivront mieux que leurs parents, que c'est un pays de justice, aux nombreuses opportunités. Les étudiants sont étouffés par les dettes qu'ils ont contractées pour payer leur scolarité. Et tous les jeunes ont de plus en plus de mal à s'installer. J'en veux pour preuve la faiblesse du secteur du bâtiment: les mises en chantiers sont beaucoup plus faibles que prévu, faute d'achats de la part des jeunes ménages.  Plus généralement, la classe moyenne va souffrir de plus en plus ".

Ces inégalités de patrimoine ont également un caractère inquiétant : le capital hérité depuis des années sinon des siècles, la rente financière, ont un rythme de croissance supérieur à l'évolution des revenus. L'argent gagne plus d'intérêts que le travail ne rapporte de revenus. Le pouvoir des rentiers ne cesse d'augmenter alors que les salariés deviennent de plus en plus les perdants dans le fonctionnement du système capitaliste libéral. Donc, pour les salariés il n'y a pas d'espoir dans ce système de pouvoir financier libéral. Seul, l'abandon de ce système de pouvoir pour développer à nouveau des organisations en réseaux de vie assure une réponse efficiente à notre désir d'avenir. Cette situation actuelle sur les inégalités de patrimoine est décrite notamment par Piketty et Marie-Anne Kraft : " ce constat que l'excès de rémunération du capital sur la croissance du PIB ne pouvait être tenable ni durable. J'avais d'ailleurs failli intituler mon livre "l'humain d'abord ". L'appel pour revenir aux valeurs de la culture humaniste est très clair et net.

document: extrait de l'article de Marie-Anne Kraft à propos du livre de Piketty, le Capital au XXIème siècle.

" Un rendement du capital de 4 ou 5 % par an, qui peut aller jusqu’à 8 % pour les plus hauts patrimoines, avec une économie qui, à long terme, croît d’environ 1 % par an, pose un vrai problème. Après trente ou quarante ans, on se retrouverait en effet avec des patrimoines qui augmentent indéfiniment, une divergence majeure entre les plus gros patrimoines et le reste de l’économie, qui n’est tout simplement pas soutenable d’un point de vue économique, politique ou même logique. " 

Dans mon livre, je faisais exactement le même constat, de cette incohérence sur le long terme entre le niveau nettement plus élevé de l'évolution de la capitalisation boursière (rendement du capital) et le niveau de croissance du PIB, au niveau mondial, avec un rapport de 3 hors inflation sur la période 1990-2007. Je faisais aussi remarquer que cet écart n'était pas durable économiquement et qu'il était le symptôme d'une rentabilité financière irréelle, basée sur l'illusion, au lieu d'être le reflet de la croissance de l'économie, démontrant que nous sommes dans une bulle générale qui devrait éclater un jour. Je l'expliquais notamment par le fait que la rémunération financière ne correspond plus à une anticipation réaliste de croissance de revenus qui devrait correspondre à la croissance de richesses, à la valeur ajoutée crée. Ceci car le cours de bourse raisonne en valeur actuelle nette des revenus futurs anticipés, il liquide par avance le futur, la gloutonnerie et sa cupidité exprimée en "marked-to-market" (fair value) correspond non seulement à des dividendes reçus proportionnellement au profit de l'année, mais aussi à la plus value potentielle représentée par une vente de l'actif, de l'entreprise, une réalisation par avance de tous ses bénéfices futurs. Tant que l'optimisme règne et que cette méthode d'évaluation gagne du terrain, la valeur du capital augmente, même si la réalité ne suit pas au même rythme, jusqu'au moment où cela ne peut plus durer et que l'on revient à la réalité économique.

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La manière dont le capital financier évolue par rapport aux investissements dans l'économie réelle est connue et nous retrouvons ici une fois de plus la dimension folle et inacceptable de cette prétention scandaleuse des maîtres du monde à vouloir s'enrichir rapidement sans limites au point de provoquer une nouvelle crise dans le fonctionnement de leurs système de pouvoir financier dont ils sauront à nouveau s'en sortir plus riches puisqu'ils possèdent une masse de capitaux capable de tels prodiges et crimes économiques. Rappelons simplement qu'en 1929, Rockefeller n'a pas perdu un seul dollar lors du krach boursier.

document : 

Coût du capital, la question qui change tout  par Laurent Cordonnier, juillet 2013

lien pour accéder à cet article du Monde diplomatique du 21/08/2014

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

une étude réalisée par des économistes du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé), à la demande de la Confédération générale du travail (CGT) et de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES).

Les auteurs de cette étude expliquent, après d’autres, que l’augmentation du coût du capital — ou plutôt, de son surcoût —, dans le sillage de la financiarisation de l’économie, rend largement compte des piteuses performances des économies anciennement développées depuis une trentaine d’années : le rythme poussif d’accumulation du capital qu’elles ont connu, le creusement des inégalités, l’explosion des revenus financiers, la persistance d’un sous-emploi massif… Ils donnent également à voir la montée en flèche de ce surcoût du capital, en proposant un indicateur moins lénifiant que le fameux « coût moyen pondéré des capitaux (3) » popularisé par la doctrine financière standard.

Et si l’âne se mettait à ruer ?

Pour comprendre de quoi il est question, il faut distinguer entre deux notions de coût du capital : le coût économique et le coût financier. Le coût économique est l’effort productif nécessaire pour fabriquer les outils et, plus largement, l’ensemble des moyens de production : machines, immeubles, usines, matériels de transport, infrastructures, brevets, logiciels… Cet effort productif représente en quelque sorte le « vrai » coût du capital, celui qu’il faut nécessairement dépenser en travail pour fabriquer ce capital , entendu ici dans le sens « capital productif ». La mesure de cet effort (sur une année, par exemple) représente ce qu’on appelle plus couramment les dépenses d’investissement, et que les comptables nationaux nomment la formation brute de capital fixe (FBCF). Ces dépenses représentent à peu près 20 % de la production annuelle des entreprises françaises.

Mais ce coût de production du capital productif, mesuré à son prix d’achat, n’est pas le seul à peser sur les entreprises. Lorsqu’elles veulent acheter et mettre en œuvre ces moyens de production, elles doivent de surcroît rémunérer les personnes ou les institutions qui leur ont procuré de l’argent (argent appelé aussi « capital », mais dans le sens financier cette fois). Ainsi, au « vrai » coût du capital s’ajoutent les intérêts versés aux prêteurs et les dividendes versés aux actionnaires (en rémunération des apports en liquide de ces derniers lors des augmentations de capital, ou lorsqu’ils laissent une partie de « leurs » profits en réserve dans l’entreprise).

Or une grande part de ce coût financier (les intérêts et les dividendes) ne correspond à aucun service économique rendu, que ce soit aux entreprises elles-mêmes ou à la société dans son entier. Il importe alors de savoir ce que représente cette partie du coût financier totalement improductive, résultant d’un phénomène de rente et dont on pourrait clairement se dispenser en s’organisant autrement pour financer l’entreprise ; par exemple en imaginant un système uniquement à base de crédit bancaire, facturé au plus bas coût possible.

Pour connaître le montant de cette rente indue, il suffit de retrancher des revenus financiers la part qui pourrait se justifier… par de bonnes raisons économiques. Certains de ces intérêts et dividendes couvrent en effet le risque encouru par les prêteurs et les actionnaires de ne jamais revoir leur argent, en raison de la possibilité de faillite inhérente à tout projet d’entreprise. C’est ce que l’on peut appeler le risque entrepreneurial. Une autre partie de ces revenus peut également se justifier par le coût d’administration de l’activité financière, laquelle consiste à transformer et aiguiller l’épargne liquide vers les entreprises.

Lorsqu’on retranche de l’ensemble des revenus financiers ces deux composantes qui peuvent se justifier (risque entrepreneurial et coût d’administration), on obtient une mesure de la rente indue. On peut la désigner comme un « surcoût du capital », du fait qu’il s’agit d’un coût supporté par les parties prenantes internes à l’entreprise qui vient surcharger inutilement le « vrai » coût du capital.

L’étude du Clersé montre que ce surcoût est considérable. A titre d’illustration, en 2011, il représentait en France, pour l’ensemble des sociétés non financières, 94,7 milliards d’euros. En le rapportant au « vrai » coût du capital, c’est-à-dire à l’investissement en capital productif de la même année (la FBCF), qui était de 202,3 milliards d’euros, on obtient un surcoût du capital de 50 %... Si l’on rapportait ce surcoût à la seule partie de l’investissement qui correspond à l’amortissement du capital — laquelle représenterait mieux, aux yeux de nombreux économistes, le « vrai » coût du capital —, on obtiendrait une évaluation encore plus étonnante : de l’ordre de 70 % !

Cela signifie que lorsque les travailleurs français sont capables de produire leurs machines, leurs usines, leurs immeubles, leurs infrastructures, etc., à un prix total de 100 euros par an (incluant la marge de profit), il en coûte en pratique entre 150 et 170 euros par an aux entreprises qui utilisent ce capital productif, du seul fait qu’elles doivent s’acquitter d’une rente, sans justification économique, aux apporteurs d’argent.

Un tel surcoût du capital n’a rien de nécessaire ni de fatal. Durant la période 1961-1981, qui a précédé le « big bang » financier mondial, il était en moyenne de 13,8 %. Il était même devenu négatif à la fin des « trente glorieuses » (1973-1974), du fait de la résurgence de l’inflation.

Ce sont les politiques restrictives issues de la révolution monétariste qui, dans un premier temps, ont fait grimper la rente financière, en propulsant les taux d’intérêt réels à des sommets. Lorsque s’est amorcée la décrue de ces taux, dans les années 1990, le versement accéléré des dividendes a pris le relais. Le pouvoir actionnarial, remis en selle par la montée en puissance des investisseurs institutionnels (fonds d’épargne mutuelle, fonds de pension, compagnies d’assurances…), s’est appuyé sur la discipline des marchés, l’activisme actionnarial et la nouvelle gouvernance d’entreprise pour ne pas laisser filer la rente dans d’autres mains.

Au total, on peut dire que l’explosion du surcoût du capital au cours des trente dernières années est la conséquence directe de l’élévation de la norme financière imposée aux entreprises avec l’aide de leurs dirigeants, dont les intérêts ont été correctement alignés sur ceux des actionnaires. Pour passer des exigences de retours sur fonds propres de l’ordre de 15 % par an au surcoût du capital, il suffit en quelque sorte de rectifier la mesure. De telles exigences correspondent en pratique à un surcoût imposé à tout projet d’investissement de l’ordre de 50 à 70 %.

Les effets de cette élévation de la norme financière, bien qu’imaginables, sont incalculables. Car en la matière, le plus important n’est peut-être pas le plus visible. Ces transferts de richesse vers les prêteurs et les actionnaires représentent certes une manne importante, qui n’a cessé d’augmenter (de 3 % de la valeur ajoutée française en 1980 à 9 % aujourd’hui) et qui ne va ni dans la poche des gens entreprenants (à moins qu’ils soient également propriétaires de leur entreprise), ni dans la poche des salariés.

On pourrait déjà déplorer que l’exploitation des travailleurs se soit clairement renforcée. Mais il y a plus : qui peut dire en effet l’énorme gaspillage de richesses jamais produites, d’emplois jamais créés, de projets collectifs, sociaux, environnementaux jamais entrepris du seul fait que le seuil d’éligibilité pour les mettre en œuvre est d’atteindre une rentabilité annuelle de 15 % ? Quand le fardeau qui pèse sur toute entreprise, publique comme privée, en vient à majorer son coût réel de 50 à 70 %, faut-il s’étonner du faible dynamisme de nos économies, soumises au joug de la finance ? Seul un âne peut supporter une charge équivalente à 70 % de son propre poids.

Le problème n’est pas tant que cette surcharge financière siphonne les fonds nécessaires à l’investissement. C’est plutôt l’inverse. L’argent distribué aux prêteurs et aux actionnaires est l’exacte contrepartie des profits dont les entreprises n’ont plus besoin, du fait qu’elles limitent de leur propre chef leurs projets d’investissement à la frange susceptible d’être la plus rentable. La bonne question est donc la suivante : dans un monde où ne sont mises en œuvre que les actions, individuelles ou collectives, qui rapportent entre 15 % et 30 % par an, quelle est la surface du cimetière des idées (bonnes ou mauvaises, il faut le déplorer) qui n’ont jamais vu le jour, parce qu’elles n’auraient rapporté qu’entre 0 et 15 % ?

A l’heure où il faudrait entamer la transition écologique et sociale de nos économies, on pourrait penser qu’un projet politique authentiquement social-démocrate devrait au moins se fixer cet objectif : libérer la puissance d’action des gens entreprenants, des salariés, et de tous ceux qui recherchent le progrès économique et social, du joug de la propriété et de la rente. Liquider la rente, plutôt que le travail et l’entreprise.

Une telle ambition est certes hors de portée d’un homme seul — fût-il « normal ». Mais c’est sûrement à la portée d’une ambition collective. « Cela ne veut pas dire, nous a déjà prévenus John Maynard Keynes, que l’usage des biens capitaux ne coûterait presque rien, mais seulement que le revenu qu’on en tirerait n’aurait guère à couvrir que la dépréciation due à l’usure et à la désuétude, augmentée d’une marge pour compenser les risques ainsi que l’exercice de l’habileté et du jugement. »

A ceux qui y verraient s’avancer la fin du monde, Keynes proposait une consolation : « Cet état de choses serait parfaitement compatible avec un certain degré d’individualisme. Mais il n’impliquerait pas moins l’euthanasie du rentier et, par suite, la disparition progressive du pouvoir oppressif additionnel qu’a le capitaliste d’exploiter la valeur conférée au capital par sa rareté (4). 

fin du document

La monnaie pleine met fin à ce surcoût financier dans l'utilisation du capital et l'économie réelle du pays qui adopte cette restauration du pouvoir citoyen sur la création monétaire se voit libérer d'un joug financier particulièrement destructeur d'emplois et de croissance économique réelle. Il ne s'agit pas seulement d'éliminer la création de monnaie ex nihilo comme le font les faux monnayeurs mais il s'agit également d'éliminer le poids de la rente financière sur le développement de l'économie réelle. Bref, la monnaie pleine permet d'éliminer la violences des riches.

document :

Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 5 NOVEMBRE 2013 / Basta! 

 

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel. 

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

 On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

 Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

 Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

 Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

 C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

 Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

 C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »...

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

 C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie...

 C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

 Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe.

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Nous sommes bien en face d'un changement de culture pour quitter ce système de domination politique, économique et social, culturel, théocratique, militaire et policier. La monnaie pleine en tant qu'instrument de paiement du travail réalisé, est capable de répondre aux exigences des valeurs humanistes pour le présent et l'avenir. Cependant, reste la question de la thésaurisation pour préparer l'avenir. Nous l'avons compris, le financement et la gestion de l'avenir doivent utiliser d'autres moyens, d'autres instruments que l'argent dette, cette monnaie censée remplir les 3 fonctions de la monnaie mais qui en réalité permet aux dirigeants du système économique libéral, comme hier sous les monarchies, d'utiliser l'épargne pour légitimer une création monétaire destinée à endetter les citoyens et assurer leur domination sur les citoyens et leurs gouvernements. Dans l'Égypte antique, en temps de disette, le pharaon participait à la distribution du bol de nourriture provenant des greniers publics ; à la fin de la distribution, il se servait le même bol de nourriture. Certes cette pratique s'est perdue mais elle est fait partie du développement des nouveaux réseaux de vie, personne ne manque de nourriture pour vivre dignement.

b) la solution passe par la gestion des biens communs par les réseaux citoyens de vie.

Première femme à obtenir un Prix Nobel d’économie (en 2009) pour ses développements sur la théorie des communs, Elinor Ostrom, a montré que les biens communs hérités du passé pouvaient utilement avoir une autre destinée que la privatisation pour des motifs de productivité ou la nationalisation pour éviter des querelles entre propriétaires. Ses travaux portent plus particulièrement sur les nouveaux biens communs que sont les développement de savoir liés à l'informatique, les logiciels libres, le savoir mis en commun. Le cas historique retenu comme sujet d'étude est la fin des des enclosures au Royaume-Uni, qui opposa très violemment les pauvres des campagnes aux propriétaires terriens entre le XIIIe et XVIIe siècle. Comme dans le livre d'Erik Reinert sur les mécanismes qui permettent de développer la richesse d'un pays, l'étude sur la guerre civile qui eu lieu au Royaume-Uni à propos de ces biens communs ne cherche pas à comprendre pourquoi et qui a mis ces biens communs en pratique. Comme quoi, ces auteurs ont bien des difficultés pour surmonter le tabou de 1307 et exposer clairement le mode de fonctionnement des organisations en réseaux de vie développées à partir de l'an 500 grâce à l'utilisation du savoir sauvegardé depuis les temples d'Égypte et en priorité celui de Dendérah. Elinor Ostrom répondra ultérieurement souvent à ceux qui lui demandent des « recettes » que « chaque commun est un cas particulier », qu’il faut analyser à la fois en lui-même (quelle est le type de ressource offerte en partage) et en regard de la communauté qui en a la charge. Elle a bien vu que la réussite des biens communs repose sur leur adaptation à leur environnement local. La règle de gestion est bien la propriété commune mais cette règle n'est utile et efficiente qu'à travers son adaptation réussie aux particularités locales. Nous retrouvons évidemment ici les principes de base des organisations en réseaux de vie : principe de subsidiarité et alliance des contraires.

Les biens communs ont été des ressources naturelles : rivière, lac, forêt, pâturage et ce sont ces ressources naturelles qui survécurent au Royaume-Uni jusqu'au XVIème siècle. Lorsque les citoyens en furent privés, pour ne pas mourir de faim, ils s'exilèrent dans les villes pour vivre de misère et beaucoup firent la traversée de l'Atlantique pour un nouveau monde. Mais avant 1307, les biens communs ont été les villes libres et reliées entre elles par le réseaux des abbayes et des chevaliers. Avant 1307, 90% du sol de la France était géré par ces réseaux de vie au point que le roi fut ruiné car les impôts et ressources des 10% restant ne lui permettaient pas de mener le train de vie d'un roi et surtout de payer une armée pour étendre son pouvoir. La particularité d'un bien commun provient du fait que les richesses produites restent sur place pour développer le groupe social et lorsque ces richesses dépassent les besoins locaux, alors le commerce prend la suite et vient augmenter d'autant les richesses locales et le niveau de vie transmis aux générations futures. 

La restauration des biens communs peut aisément commencer à partir de la propriété des savoirs développés grâce à l'informatique mais elle ne se limite pas à des productions qui échappent à des taxes diverses ou à des droits de propriété privée. Nous avons vu que chez les peuples premiers, les biens immobiliers ont représenté la part la plus importante des biens communs. Une maison fort bien construite et agréable à vivre va servir à plusieurs générations, de même une ville bien protégée contre les menaces externes. Dans ce cas, il n'y a pas un marché immobilier régit par la liberté contractuelle individuelle. Nous avons vu que cette absence de propriété individuelle n'est pas un handicap lorsque la ville a été construite à partir de plans retenus comme étant une solution optimale bien adaptée aux particularités locales. Les bénéfices individuels sont évidents : pas besoin de s'endetter pour acquérir un logement qui peut être gratuit tant que la famille participe à la production des richesses de la ville et à sa défense. Le logement est ainsi tour à tour foyer familial, lieux de travail principal ou occasionnel, caserne lorsqu'il faut défendre la ville... Les maisons sont différentes pas tant par leur superficie que par le travail qui a été réalisé pour la construire ou l'améliorer, surtout au niveau de la décoration extérieure et intérieure. Ces décorations qui existent toujours dans des villages ou villes préservés depuis le XIIème et XIIIème siècle, âge d'or du temps des cathédrales en Europe et toujours plus beaux villages de France.

Aujourd'hui les besoins matériels et immobiliers capables d'être gérés avantagement pour les citoyens en biens communs sont nombreux et représentent des travaux considérables mais qui ne seront certainement pas entrepris pour des raisons de rentabilité financière imposée par les dirigeants du système capitaliste libéral : reconstruire des quartiers sinon des villes de l'ère industrielle qui sont devenus invivables et ces nouvelles constructions doivent adopter les normes d'économies d'énergie ou d'élévation du niveau de vie, reconstruire les axes de circulation en particulier les autoroutes urbaines qui ne peuvent plus supporter à la fois la trafic urbain et le trafic inter cités qui doit faire l'objet d'autoroute de contournement des villes sans présence du trafic urbain, développer rapidement des moyens de transports non liés au pétrole... La liste est longue est cruciale : la transition énergétique, les lieux de vie adaptés aux âges de la vie depuis l'enfance jusqu'à la fin de vie, les lieux pour l'activité des réseaux initiatiques, des réseaux de production. Sur fileane.com, nous avons montré qu'à côté des lieux de vie pour le travail indispensable à la vie, la réalisation d'oeuvres intervient soit pour transformer ces lieux et élever le niveau de vie soit pour créer d'autres lieux qui correspondent à des oeuvres artistiques pour des moments de vie particuliers et plus enrichissants. Nous avons vu précédemment que le coût financier exigé par les dirigeants financier pour l'utilisation du capital à partir de l'argent dette correspond à un gaspillage de travail non réalisé. Pourtant ce gaspillage de travaux non réalisés parce que non rentables à plus de 10% correspond aux besoins des populations et la conclusion de ce scandale qui ruine l'idée même de démocratie représentative est connue dorénavant d'une majorité de citoyens : c'est la fin annoncée des classes moyennes qui vont s'appauvrir inéluctablement à cause du fonctionnement inexorable de ce système financier libéral.

Le fonctionnement des organisations en réseaux repose sur l'action politique exercée au niveau local. La décision de réaliser un projet de vie est validée dès lors qu'il utilise les principes de subsidiarité et d'alliance des contraires et ce contrôle s'exerce au niveau de la Confédération des réseaux de vie, ce qui n'est pas bien difficile et long à mener. Ensuite le travail démarre et est rémunéré par la monnaie pleine qui circule déjà ou qui est crée en plus si nécessaire. Les biens matériels et immobiliers sont affectés dès le début du projet à un type de propriété et la propriété commune est valable pour certains ensembles immobiliers. Prenons l'exemple actuel des maisons de retraite. Pour combler le retard pris, les pouvoirs publics acceptent les initiatives privées. Un groupe bien connu construit des maisons de retraite à partir des fonds d'investissements anglais ou des Pays-Bas, souvent des fonds de pension. La rentabilité pour les actionnaires est chaque année de 10% et cette rentabilité est bien entendu financée en partie par les prestations sociales françaises sinon par l'épargne des résidents. Un vrai cadeau pour les actionnaires étrangers ou les banquiers français. Mais pour garantir ce niveau de rentabilité de 10% et faire accepter les tarifs élevés payés par les résidents, il faut que l'offre reste suffisamment rare, ne soit pas abondante sinon les prix vont baisser et la rentabilité également. Pour obtenir ce niveau de rendement les frais de personnel sont minimisés par un effectif limite contraint à des efforts de productivité horaire, des salaires faibles associés à une part importante de travail précaire ainsi que des méthodes de travail issues du neo taylorisme. Cette maison de retraite peut être gérée en bien commun. Une fois construite et une fois amortie, le prix de la pension sert à couvrir les frais de fonctionnement et le travail du personnel, ce qui est déjà moindre mais la gestion peut ne pas s'arrêter là. Le conseil local de l'action politique peut décider d'améliorer chaque année cette maison ou de transformer cette maison en réalisant une œuvre capable d'élever significativement le niveau de vie dans cette maison de retraite. Les membres du réseau local savent qu'un jour, le cas échéant, ils devront aller dans cette maison de vie, donc autant s'y intéresser de suite et veiller chaque année à son développement durable. Est-ce que cette élévation du niveau de confort et de prestations ne vont pas avoir un caractère inflationniste qui va aboutir que certains membres vont en être exclus pour des raisons financières ? Pas du tout car cette maison de vie est un bien commun et si ce bien commun élève le niveau de vie, cette élévation du niveau de vie n'est pas un accroissement d'une propriété privée ayant une valeur financière sur le marché immobilier. La propriété commune repose sur le droit d'utiliser la chose et le droit de bénéficier des fruits de la chose. Un membre des réseaux de vie n'a pas seul le droit de disposer de cette chose à sa guise.

Il reste cependant un point à régler : dans le système économique libéral, lorsque le citoyen ne travaille plus, en France et dans les pays dotés d'une protection sociale suffisante, il bénéficie des prestations sociales pour lesquelles il a cotisé lorsqu'il travaillait. Ce n'est pas une épargne car la France n'utilise pas le système par capitalisation mais le système par répartition directement fondé sur le travail. C'est un transfert de revenus entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent plus et avec l'évolution démographique, le financement de cette protection sociale pose problème. Dans les organisations en réseaux qui utilisent la complémentarité entre les 3 formes de propriété, ce problème de financement ne se pose pas et l'épargne qui est nécessaire pour assurer l'avenir n'est pas de la monnaie confondue avec de l'argent dette.

Pour conclure cette relation entre monnaie et capital, la monnaie pleine instrument de paiement doit rester à l'écart du développement important de l'épargne pour préparer l'avenir car cet épargne permet de légitimer l'utilisation de l'argent dette au profit du système financier libéral. L'épargne doit rester à un niveau pratique quotidien mais pour des investissements plus conséquents, au lieu d'utiliser des capitaux créés à partir de l'argent dette et qui requièrent des rendements financiers délirants par rapport à l'économie réelle, les réseaux utilisent les biens communs gérés par la propriété commune et la propriété collective qui gèrent les savoirs et les solutions optimales mises au point par la créativité humaine. Il n'a pas d'obstacle financier pour éliminer la réalisation d'un projet de vie dès lors qu'il est rentable à 1% ou atteint au pire son seuil de rentabilité en payant les coûts fixes. Ainsi le plein emploi est possible dans les réseaux de vie, c'est un mode de vie et une norme. La seule limite au plein emploi est l'absence de compétences pour obtenir une solution optimale et un manque de compétences pour réaliser le travail prévu. Le travail n'est pas un coût que le capital doit supporter, le travail précède le capital, c'est la valeur fondamentale de la culture humaniste dans le domaine de l'économie. Monnaie pleine et propriété commune vont ainsi de pair pour répondre aux trois fonctions théoriques de la monnaie. La monnaie sert uniquement de moyen de paiement et l'avenir repose sur l'utilisation des biens communs.

B) la répartition des richesses et le financement de la protection sociale pour éliminer le rôle actuel de l'épargne et des fonds de pension 

La protection sociale représente les revenus accordés lorsque le citoyen ne perçoit pas directement un salaire tiré de son travail : retraite, assurances sociales, formations... Sur fileane.com, nous avons présenté les politiques sociales et leur histoire. Il s'agit ici de préciser comment le fonctionnement des réseaux de vie finance la protection sociale sans utiliser l'argent dette et l'épargne obtenue avec de l'argent dette. Nous venons de voir comment les réseaux de vie financent la réalisation des bien communs en rémunérant le travail réalisé pour atteindre l'objectif du projet de vie avec la monnaie pleine. Nous allons maintenant voir comment les membres des réseaux de vie financent leur droit individuel à utiliser les biens communs, surtout lorsqu'ils ne travaillent plus.

1) la substitution de la capitalisation des droits sociaux à l'argent dette utilisé dans le système financier.

La capitalisation des droits sociaux est un mécanisme proposé par Pierre Leroux vers 1850 pour éliminer l'exclusion des ouvriers dans le système industriel de manière à permettre à chaque salarié, avec de l'ancienneté et du mérite, de devenir également propriétaire actionnaire de son entreprise. La loi sur la capitalisation des droits sociaux devait être votée après celle en 1864 sur les sociétés commerciales par actions, les sociétés anonymes. A cause du refus de la droite dirigée par A. Thiers, le pacte initial de voter les deux lois complémentaires a été trahi et la question de la capitalisation des droits sociaux est devenu un tabou dans la vie politique républicaine. Ce mécanisme est pourtant complémentaire à l'utilisation de la monnaie moyen de paiement. C'est un droit de propriété qui peut porter sur le moyen de production dans lequel le citoyen travaille, son entreprise ou les entreprises dans lesquelles il a travaillé mais c'est aussi un droit de propriété qui peut porter, à partir de son travail, sur l'utilisation présente ou future d'un bien commun, par exemple une maison de retraite, un hôpital, des centres de vacances, des établissements de formation, bref sur l'utilisation de ce l'on nomme actuellement les services publics.

La notion de capitalisation indique que ce droit de propriété varie selon le montant capitalisé. La méthode la plus simple et pratiquée repose sur l'acquisition de droits ou de points en fonction d'une ancienneté mais il n'y a pas que l'ancienneté, il y a également le mérite. Dans la vie des organisations en réseaux, le mérite s'acquiert lors de la pratique du principe de subsidiarité pour obtenir les solutions optimales et du principe de l'alliance des contraires pour adapter cette solution optimale aux particularités locales dans le respect des intérêts des parties prenantes au projet de vie. Cette capitalisation des droits sociaux s'acquiert à travers un champ d'action vaste, depuis les activités des réseaux initiatiques et de minimisation des violences qui assurent la mission d'autorité jusqu'aux réseaux de production et à la réalisation des oeuvres. L'exercice de responsabilités sociales et politiques au sein des conseils de l'action politique ou de la Confédération entre également dans la capitalisation des droits sociaux. Il n'y a pas de conditions d'âge : un enfant de 5 ou 7 ans à travers ses actes, ses réalisations matérielles ou culturelles parmi un groupe d'enfants ou d'adultes peur obtenir une quantité de droits sociaux décidée par le conseil de l'action politique de son réseau de vie. Il ne s'agit pas d'accorder à la naissance une certaine quantité de droits sociaux, bien que cela soit possible, par contre cette capitalisation des droits sociaux va permettre à certains membres de droits d'usage des propriétés communes supérieurs à d'autres. Mais cette différence et supériorité n'amène pas des inégalités de patrimoine ou de revenus. Un citoyen ne peut être en même temps au four et au moulin, selon l'expression populaire. Il peut choisir d'utiliser ses droits pour passer des vacances dans un endroit plus luxueux en dépensant plus de droits sociaux et sans utiliser la monnaie pleine mais à la fin de sa vie, il sait que le solde de ses droits sociaux sera détruit. Pour éviter cette perte stupide, il sait qu'il devra donner toute ou partie de ses droits dont il ne peut pas avoir l'usage par manque de temps ou par l'absence d'offre de biens ou de services aux prix démesurés dont l'objectif est uniquement d'établir des frontières sociales entre riches et moins riches comme dans un système de pouvoir hiérarchisé.

La capitalisation des droits sociaux vers 1850 est une réponse légitime pour régler le conflit fondamental entre employeurs et salariés et venir effacer les conséquences néfastes sur le plan politique, économique et social du système capitaliste libéral à cause de la propriété individuelle accordée au propriétaire des moyens de production. La droite parlementaire dirigée par Thiers, avait évidemment compris que la proposition socialiste en moins d'une génération allait transformer toutes les entreprises privées en coopératives ou mutuelles, bref en propriété commune car les salariés allaient vite obtenir la majorité lors de l'assemblée générale des actionnaires. Pourtant nous y sommes dorénavant avec la monnaie pleine et le développement de la propriété commune.

La capitalisation des droits sociaux est ainsi une monnaie qui sert comme toute monnaie de moyen de paiement mais parce qu'elle est destinée, comme l'épargne dans le système financier, à payer des consommations futures, elle est distincte de la monnaie pleine ou des monnaies locales. Le citoyen reste libre de l'utiliser de suite à la place de la monnaie pleine s'il a déjà suffisamment capitaliser pour assurer son avenir. La préparation de l'avenir ne repose pas exclusivement sur la capitalisation des droits sociaux pour utiliser le moment venu les propriétés communes, il est possible de minimiser la quantité de droits sociaux à tirer pour préparer l'avenir à la condition que cet avenir ne présente pas de risques ou de difficultés qui entraînent des dépenses lourdes et imprévisibles. La solution optimale passe ici par une organisation qui sait faire évoluer sa démarche d'assurance contre les risques en démarche de solidarité.

2) le passage de l'assurance à la solidarité.

Pierre Laroque, parmi les fondateurs de la Sécurité Sociale en 1945 avait indiqué que la réussite de la Protection sociale en France serait conditionnée au développement de la solidarité entre les régimes de retraites, c'est à dire entre les classes sociales et que cette solidarité concernait également les impôts payés par les plus riches. Nous savons que depuis 1945, le patronat et les partis de droite ont refusé de développer cette solidarité au point que les seules cotisations sociales sont devenues insuffisantes. De ce fait, devant les problèmes récurrents du financement de la protection sociale en France, ces opposants réclament la privatisation de ce service public au profit des banques et assurances privées et pour mieux y parvenir, ils ne cessent de réclamer la baisse du coût du travail pour supprimer ces cotisations sociales, preuve s'il en faut qu'ils n'ont que faire de la solidarité au sein d'une république. Dans les réseaux de vie, la solidarité existe et permet d'élever le niveau de vie des citoyens.

a) la solidarité interne dans le cadre d'un réseau de vie

Sur fileane.com nous avons présenté cette logique qui part de la prévention des risques pour, une fois ces risques éliminés ou fortement minimisés, utiliser les gains de productivité et les économies réelles ainsi obtenues pour financer l'investissement et développer l'outil de production. L'exemple réel que nous avons pris comme référence est la Société industrielle de Mulhouse avec le développement de la bancassurance et le prêt à taux zéro pour développer des industries locales qui deviendront rapidement nationales et certaines d'entre elles mondiales. Cette logique de management est aujourd'hui interdite, l'état est hors circuit financier pour pouvoir y prélever des impôts et le MEDEF en France préfère réclamer sans fin la baisse du coût du travail et la fin du financement actuel de la Protection sociale plutôt que de réclamer le retour de ces pratiques de management inspirées certes par la culture protestante mais aussi par les valeurs humanistes qui reconnaissent la priorité du travail sur la capital.

La logique veut que la solution optimale obtenue à travers la pratique de la subsidiarité ascendante ou descendante minimise également les risques de dysfonctionnement, de gaspillages ou de querelles au niveau de la répartition des richesses. Ce coût d'obtention de la qualité totale est aussi une minimisation des risques qui peut être chiffrée à travers les économies obtenues par rapport à la situation précédente, ce qui ajoute de la valeur à la production dans l'économie réelle. De la sorte l'objectif de la Confédération des réseaux de vie porte sur la calcul du coût de l'obtention de la solidarité parmi les réseaux de vie. Ce coût représente les efforts consentis dans le travail. Il est antinomique et aux antipodes du surcoût financier exigé par les financiers et les rentiers lors de l'utilisation du capital pour investir afin de maximiser les profits à court terme de la rente par rapport au travail.

b) la solidarité entre les réseaux de vie et entre la Confédération des réseaux de vie et d'autres organisations en système de pouvoir.

Le développement de la solidarité entre les réseaux de vie, nous l'avons vu, repose sur l'échange des solutions optimales dans le cadre de la propriété collective. La propriété commune porte sur les biens immobiliers et mobiliers corporels, matériels alors que dans les réseaux de vie, les biens et services immatériels ou incorporels sont gérés par la propriété collective dans le cadre, bien entendu, d'un propriété non plus commune mais universelle, humaine ou humaniste.

Cette pratique (praxis) de la solution optimale transmise par la solidarité grâce à la propriété collective peut servir de base d'échanges politiques, économiques et sociaux et nous l'avons vu, l'utilisation du troc suffit à conclure ces échanges sans avoir besoin d'utiliser une monnaie pleine, une monnaie locale ou des droits sociaux. Dans le cadre d'échanges en dehors de la Confédération des réseaux de vie, l'échange pourra être compensé par un traité de paix, la remise de matières premières, l'accès à des énergies, des sites naturels, etc. Nous avons vu que ceci avait bien fonctionné dans le " miracle allemand " mis en place par Schacht après 1933.

Nous retrouvons ici la position défendue par l'économie distributive de Jacques Duboin. Une solution optimale à caractère universelle doit être remise aux autres groupes sociaux de manière à ce qu'ils l'utilisent pour se développer. Nous avons cité le livre d'Erik Reinert : " comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres ". Est une solution optimale le fait d'utiliser le protectionnisme pour développer une nouvelle activité économique puis, lorsque cette activité a atteint son seuil de rentabilité et lorsque son marché intérieur local ou national est saturé, est une solution optimale le fait de s'ouvrir alors à l'échange international, notamment avec des pays en systèmes de pouvoir. Dans le cadres d'organisations internationales et mondiales en réseaux, le partage d'une même culture et d'une même organisation en réseaux de vie élimine ce besoin de protection contre les conséquences négatives de l'ouverture des marchés puisque la culture humaniste n'utilise pas la notion de marchés et les valeurs du capitalisme libéral.

Cette solidarité permet d'obtenir des économies conséquentes qu'il est possible de chiffrer : éviter une guerre mondiale se chiffre en millions de morts épargnés, réussir le développement durable évite des catastrophes naturelles causées par le réchauffement climatique, évite des pollutions, des conflits à propos des énergies et des ressources naturelles, limite les risques de l'immigration non contrôlée, les risques de violence consécutives au chômage, à l'économie souterraine, mafieuse et fondée sur les trafics de drogue, d'armes et d'êtres vivants, élimine le risque actuel d'un gouvernement mondial par l'oligarchie financière anglo-saxonne. Éliminer ces risques et ces gaspillages, cette non production de richesses réparties équitablement participent étroitement à la prospérité d'un pays, justement cette prospérité que les dirigeants financiers interdisent aux citoyens en les obligeant à utiliser l'argent dette source d'enrichissement démesuré pour un banquier d'affaires.

Conclusion

Tout comme l'argent dette est au coeur du système financier pour servir de source d'enrichissement sans limites aux financiers ainsi que de source de légitimation pour développer l'épargne et la rente, la spéculation boursière à partir qu'ils empruntent à des banques centrales privées spécialisées dans la fausse monnaie, la restauration du pouvoir citoyen sur la création de la monnaie est au coeur de la culture humaniste dont la valeur fondamentale et de placer le travail bien avant le capital. La nature juridique de cette monnaie qui est à nous est bien un changement radical de culture et l'abandon du système financier libéral. Des conflits nationaux et mondiaux, des assassinats de Présidents républicains, celui du Tzar de Russie, la destruction de l'économie d'un pays qui refuse sa soumission au pouvoir des financiers internationaux viennent nous démontrer les enjeux fondamentaux pour l'humanité de la restauration de la monnaie sans coût pour les caisses publiques parce que créée directement par les gouvernements.

La portée de l'affirmation " la monnaie est à nous ! " nous pousse à abandonner le système capitaliste libéral et sa prétention à vouloir gouverner le monde à partir de l'oligarchie financière anglo-saxonne. Nous pouvons alors développer à nouveau une organisation de vie plus transparente dans la gestion du pouvoir parce que fondée sur le régime politique de la démocratie directe locale participative, les réseaux de vie. La production et la répartition des richesses sont optimisées à travers l'utilisation des deux sources de savoir pour minimiser les violences et éliminer les inégalités sociales grâce à l'utilisation des propriétés communes et collectives. La monnaie pleine assure la rémunération du travail du passé et du présent et elle est accompagnée de la capitalisation des droits sociaux pour préparer l'avenir en fonction du travail réalisé, notamment au niveau de la réalisation des oeuvres capables d'élever le niveau de vie. La création monétaire sans coût par un gouvernement est la méthode pour devenir prospère au-delà de tout ce qui a été vu jusqu’ici dans l’histoire des gouvernements civilisés du monde. Ce n'est pas un jeune Ministre des Finances qui a été un moment associé chez la Banque Rothschild de Paris qui préconise cette révolution financière si espérée des citoyens du XXIème siècle, c'est Lionel de Rothschild lui-même à Londres en 1863 qui l'affirma dans le Times.

Il y a une autre alternative. L'organisation en réseaux transmise depuis les temples du bord du Nil et dont les savoirs ont été rassemblés en l'an 500 au Mont Cassin puis ont été sauvegardés et travaillés à Cluny, Cîteaux, Clairvaux, souvent contre les directives de la papauté de Rome, a été détruite en 1307 lors de l'élimination de l'ordre des chevaliers templiers. En Europe, seul un pays, quelques femmes et hommes libres voulant rester libres se sont réunis en cantons libres et au sein de la Confédération Helvétique. En Alsace, de 1354 à 1679, à l'initiative des moines et des abbayes, dix villes obtiendront le droit de rester libres au sein de la Décapole avant que l'absolutisme royal français puis la Révolution républicaine ne viennent mettre fin à cette pratique politique, économique, culturelle et sociale fondée sur la solidarité et la coopération économique. En 2014, l'initiative monnaie pleine, Vollgeld propose à la votation des citoyens suisses que la création de la monnaie scripturale, l'argent dette revienne dans le cadre du pouvoir de la Confédération qui représente les citoyens suisses.

Dans le cadre électoral d'une votation, la proposition de changement d'une loi ou d'un article de la Constitution doit être brève, portée sur un point précis et elle doit être rédigée en langage savant et juridique. Une votation seule ne peut pas être de la dimension d'une assemblée constituante, elle ne peut proposer d'un premier pas forcément limité mais les citoyens suisses ont la possibilité constitutionnelle de faire ce premier pas pour rétablir les valeurs d'une culture humaniste et réduire dans un premier temps fortement le pouvoir de la finance libérale en sécurisant d'autant la monnaie suisse. Parce qu'ils sont les héritiers des femmes et hommes libres de 1307, date de la fondation de la Confédération Helvétique, ils sont les seul européens et certainement également les seuls au monde à pouvoir actuellement demander que leur constitution modifiée en 2004, nous l'avons vu, pour assurer le développement du pouvoir financier libéral, revienne à plus de conformité avec l'esprit fondateur de 1307 à travers la modernisation de la monnaie pour répondre aux exigences citoyennes actuelles malmenées par les crises du système financier mondial. Certes la Suisse doit au passage faire la part des choses entre l'esprit de 1307 et les contingences héritées de son statut international de 1815. Depuis 1815, la Suisse a été utilisée régulièrement par les dirigeants internationaux pour leurs tractations diplomatiques, leurs entreprises financières et la conduite des différentes guerres européennes et mondiales. La Suisse n'est probablement plus un pays aussi libre qu'en 1307. Restaurer la monnaie pleine, si sur le plan de la technique bancaire il n'y a pas de difficultés importantes, représente comme dans les autres pays européens un véritable défi politique accessible certes mais qui requiert courage, esprit de responsabilité pour faire ce petit pas en 2014 et 2015 alors que le grand bon téméraire et audacieux a été réalisé en 1307. 

Pour les autres pays européens, la restauration des valeurs de la culture humaniste qui ont existé avant 1307 ne peut pas utiliser une votation ou un référendum d'initiative populaire. Une monnaie pleine commune est capable de remplacer l'euro et de s'appeler elle aussi euro mais ceci suppose une union politique dans le cadre d'un nouveau régime politique partagé par les pays adhérents et une confédération européenne fondée sur les valeurs de la culture humaniste et les méthodes d'organisation et de management des réseaux de vie. L' organisation en réseaux de vie du temps des cathédrales était européenne avant 1307 et après 1307, les moines et templiers chassés de France, ont transmis cette organisation aux nations iroquoises en Amérique du Nord et en Amérique du Sud aux peuples des Andes qui s'unirent dans l'empire inca, sans revenir dans les Himalayas chez les Moso qui vivaient déjà heureux sur les bords du lacs Lugu.... La remise en place des réseaux de vie en Europe n'est donc pas une mission nouvelle et irréaliste, elle est seulement contraire à la volonté de gouvernement mondial des dirigeants du système financier qui fait en sorte que le marché européen soit strictement soumis à ses exigences.

Face à des constitutions bloquées et fermées, l'étudiant en droit constitutionnel, comme ce fut notre cas à Strasbourg, apprend dès la première heure de cours que si toutes les constitutions depuis 1789 ont été changées uniquement à la suite de guerres, de troubles civiles et la constitution de 1958 n'échappe pas à cette règle, la tradition républicaine française veut que ce sont quelques jours révolutionnaires qui mettent fin à une constitution pour ouvrir une assemblée constituante et un nouveau régime politique. Et notre professeur de droit dans son léger sourire entendu nous avait expliqué qu'un juriste, un vrai et un bon comme celui que nous devions devenir, sait rédiger les textes pour appeler les citoyens à mettre fin à un régime politique et aux abus d'un système de pouvoir puis il sait rédiger les textes d'une nouvelle constitution et aujourd'hui les textes d'une constitution nationale et européenne. Quant à l'organisation d'une journée révolutionnaire pour abandonner ce système financier libéral, nous pouvons reprendre à notre compte cette remarque connue car pertinente du grand industriel de l'automobile Henry FORD : " Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin ".  Ce document participe à diffuser cette compréhension de ce système bancaire et monétaire libéral inacceptable pour un citoyen qui comprend. Ford payait correctement ses ouvriers, du moins suffisamment pour qu'ils puissent acheter une T34, c'etait déjà ça même si le reste de ses convictions politiques et sociales est très contestable et que son attitude se caractérise par sa soumission aux dirigeants financiers américains, notamment à la famille Rockefeller et c'est bien cette soumission à des élites financières qui savent très bien ce qu'elles font qu'il s'agit de briser maintenant que nous avons compris. 

Pour le moment, la réalité politique, économique, culturelle et sociale nous pousse à participer au succès de l'initiative monnaie pleine, Vollgelg.

Le texte de l’initiative suisse Monnaie pleine qui modifie la Constitution fédérale helvétique.

pour lire le texte sur le site de l’initiative monnaie pleine

La Constitution est modifiée comme suit :

Art. 99  Ordre monétaire et marché financier

  1. La Confédération garantit l’approvisionnement de l’économie en argent et en services financiers. Pour ce faire, elle peut déroger au principe de la liberté économique.

  2. Elle seule émet de la monnaie, des billets de banque et de la monnaie scripturale comme moyens de paiement légaux.

  3. L’émission et l’utilisation d’autres moyens de paiement sont autorisées sous réserve de conformité au mandat légal de la Banque nationale suisse.

  4. La loi organise le marché financier dans l’intérêt général du pays. Elle règle notamment :

    1. les obligations fiduciaires des prestataires de services financiers ;

    2. la surveillance des conditions générales des prestataires de services financiers ;

    3. l’autorisation et la surveillance des produits financiers ;

    4. les exigences en matière de fonds propres ;

    5. la limitation des opérations pour compte propre.

  5. Les prestataires de services financiers gèrent les comptes pour le trafic des paiements des clients en dehors de leur bilan. Ces comptes ne tombent pas dans la masse en faillite.

 

Art. 99a  Banque nationale suisse

 

  1. En sa qualité de banque centrale indépendante, la Banque nationale suisse mène une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays ; elle gère la masse monétaire et garantit le fonctionnement du trafic des paiements ainsi que l’approvisionnement de l’économie en crédits par les prestataires de services financiers.

  2. Elle peut fixer des délais de conservation minimaux pour les placements financiers.

  3. Dans le cadre de son mandat légal, elle met en circulation, sans dette, l’argent nouvellement émis, et cela par le biais de la Confédération ou des cantons ou en l’attribuant directement aux citoyens. Elle peut octroyer aux banques des prêts limités dans le temps.

  4. Elle constitue, à partir de ses revenus, des réserves monétaires suffisantes, dont une part doit consister en or.

  5. Elle verse au moins deux tiers de son bénéfice net aux cantons.

  6.  Dans l’accomplissement de ses tâches, elle n’est tenue que par la loi.

Art. 197, ch. 12

 

12. Dispositions transitoires ad art. 99 (Ordre monétaire et marché financier) et 99a (Banque nationale suisse)

  1. Les dispositions d’exécution prévoiront que, le jour de leur entrée en vigueur, toute la monnaie scripturale figurant sur des comptes pour le trafic des paiements deviendra un moyen de paiement légal. Il en résultera des engagements correspondants des prestataires de services financiers vis-à-vis de la Banque nationale suisse. Cette dernière veillera à ce que les engagements résultant de la conversion de la monnaie scripturale soient honorés au cours d’une phase de transition raisonnable. Les contrats de crédit existants resteront inchangés.

  2. Pendant la phase de transition, notamment, la Banque nationale suisse veillera à ce qu’il n’y ait ni pénurie ni pléthore de monnaie. Pendant ce laps de temps, elle pourra octroyer aux prestataires de services financiers un accès facilité aux prêts.

  3. Si la législation fédérale correspondante n’entre pas en vigueur dans les deux ans qui suivent l’acceptation des art. 99 et 99a, le Conseil fédéral édicte dans un délai d’un an les dispositions d’exécution nécessaires par voie d’ordonnance.

Sans attendre, nous pouvons déjà nous convaincre en posant sur nos lèvres ces mots libérateurs :

 la monnaie est à nous !

Ensuite remettons en place ce partage et ce haut niveau de confiance dans les résultats de notre travail commun

 et ce désir de répondre à nos raisons de vivre qui n'ont pas de prix.

 

INITIATIVE MONNAIE PLEINE sans coûts pour les caisses publiques

la conception de la monnaie dans les deux cultures qui s'affrontent depuis l'ère industrielle.

L'analyse de la valeur du Travail et de la monnaie, la création de valeurs à Marinaleda.

nos chers ennemis, les maîtres du monde           la crise financière depuis 2007

la déclaration des droits à la vie sociale               les réseaux de vie

les biens communs          la circulation monétaire

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