L’OREILLE CASSÉE

 

Cet après-midi d’automne, vers 16 heures, je taillais une haie de sapins. La hauteur de la haie est assez haute car elle est en bas d’une pente par rapport à la maison et le long de la route. Donc pour cacher le jardin et la maison, il faut que les arbres soient hauts. Pour couper les jeunes pousses qui s’élancent vers le ciel, un échenilloir au bout d’une perche de plus de 3 mètres de long est l’outil indiqué. J’avais utilisé plusieurs fois ce matériel et son maniement ne me posait plus de problème et je travaillais avec une certaine rapidité dans cette taille en hauteur.

 Cet après-midi là, j’avais commencé par travailler sur mon micro ordinateur pour rédiger un texte. Mais le beau temps m’avait incité à ne plus remettre davantage ces travaux de taille des haies et à les finir avant les premières neiges. Vers la fin de ce travail, une pointe plus grosse ne se coupa pas aussi facilement que les autres. Le tronc était plus gros que l’épaisseur admise pour ce genre d’échenilloir et je savais que j’aurais du monter sur la perche la scie qui est plus indiquée pour ces épaisseurs.

l'échenilloir ou une cisaille pour les arbres la perche et l'échenilloir

Changer d’outil allait me prendre dix à quinze minutes et j’étais pressé d’achever ce travail. J’ai décidé de forcer la coupe avec l’échenilloir. Une fois que les deux lames de la cisaille furent bien dans le bois du tronc, j’ai lâché la perche pour tirer sur la corde avec mes deux mains et forcer la cisaille à couper le tronc. Mais sous la pression, la cisaille glissa sur le bois et la perche avec l’échenilloir retombèrent vers moi, directement vers mon crâne. Le bras de la cisaille supérieure actionnée par la corde et le système de poulie, comme la lame d’une épée ou d’un gros coutelas, se présentait pour tomber au milieu de mon crâne et certainement le fracasser. Tout de suite, je me suis rendu compte que j’étais en danger de mort, une fois de plus stupidement en danger de mort.

 Pourtant je ne suis pas mort et mon crâne n’a pas été fracassé. Seul le lobe de mon oreille gauche reçut le coup et l’échenilloir glissa le long de ma tête sans me blesser autrement. Lorsque je mis ma main sur cette oreille, j’ai constaté que le lobe était coupé en deux, que je saignais mais pas beaucoup et que je n’avais pas mal. Je devais cependant me rendre aux urgences pour qu’un chirurgien me recouse le lobe de l’oreille, ce qui fut fait dans l’heure suivante. Pour tous, j’ai eu beaucoup de chance et tous m’ont recommandé de ne plus commettre ce genre d’imprudence. Aujourd’hui, après deux années, à la suite de mes précédents accidents tous aussi consignés sur le registre d’un hôpital et tous aussi vécus à travers une rencontre avec notre dimension de vie qui entoure notre condition humaine et charnelle, le temps est à nouveau venu de parler non plus de cette chance qui me fait traverser les périls les plus mortels mais de cette nouvelle intervention de celui qui vit en nous et qui de plus en plus prend un tout autre visage que cet ange gardien bienveillant des traditions religieuses qui nous délivrerait des tourments et nous garderait des périls et des accidents.

 Mon esprit a tout de suite compris le danger, ma vue était claire : l’engin ne pouvait que tomber sur ma tête, en plein milieu. Hasard ou pas, le danger était bien réel et le coup allait tomber dans les deux secondes qui allaient suivre et probablement plus rapidement encore. Mon esprit avait compris : j’étais pris dans un piège mortel car lors de mon dernier accident mortel et lors de ma troisième décorporation qui m’avait entraîné bien au delà de la traversé du puits de lumière, j’avais déjà reçu un choc violent sur mon crâne par une chute de pierres lors d’une escalade sur de petits rochers au fond d’une vallée dans le massif du Mont-Blanc. Un nouveau choc violent pouvait briser la cicatrisation précédente de la boîte crânienne sans compter que le coup qui se présentait, arrivait alors que je n’avais pas cette fois-ci de casque sur la tête et que le bout de métal était capable de briser directement la boîte crânienne. La conscience du danger mortel fut une évidence. Je me suis dit que c’était vraiment idiot de mourir ainsi mais que j’avais commis une grave faute d’imprudence et de légèreté sur le plan de la sécurité. Depuis tout jeune, comme poète, je savais que j’étais étourdi et qu’à force de penser à autre chose, j’oublie des règles élémentaires dans la plupart des domaines de la vie quotidienne. Une fois de plus, je m’étais fait avoir et je ne voyais pas comme cette fois-ci j’allais pouvoir m’en sortir. Je ne pouvais plus rien faire sinon attendre que ce coup arrive sur ma tête pour savoir ensuite si j’allais être à nouveau décorporer, voir mon corps gisant par terre. A ce moment là, je pourrais à nouveau intervenir et demander toujours à la même personne qui vit en moi, le pouvoir de revenir dans mon corps charnel. Mais si j’avais cet espoir fondé sur mes expériences précédentes, je n’avais aucune assurance sur les dégâts qu’allait causer la chute de cet échenilloir sur mon crâne. Il n’était pas du tout évident que j’allais me retrouver après le choc, en état de décorporation à côté de mon corps charnel pourtant c’était la seule solution que mes expériences m’indiquaient et je m’étais préparé mentalement à subir le choc, le trou noir, le clash fatal. J’étais déjà très heureux que mes expériences antérieures m’aient permis de suspendre le temps une seconde ou deux pour bien me préparer à cette nouvelle rencontre avec la mort de mon corps charnel.

 Je n’ai pas pu poursuivre mes pensées. Mon esprit a été déconnecté de mon corps et tout de suite d’autres sensations prirent le relais et une autre présence prit la direction des opérations. Alors que j’attendais le choc, j’ai reçu l’assurance de celui qui vit en chacun de nous, qu’il n’y aurait pas de choc. Il était à nouveau présent en moi pour tout diriger. Le temps n’avançait toujours pas et la perche avec l’échenilloir était toujours à plus d’un mètre au dessus de mon crâne. J’ai regardé dans cette direction et j’ai constaté que mon corps se trouvait comme à l’intérieur d’une boîte protectrice dont je mesurais exactement les dimensions. Celui qui vit en nous avait déployé cette enveloppe protectrice et nous étions tous les deux à l’abri du danger. C’était très rassurant et je commençais à sentir en moi cet état de quiétude et de bonheur si caractéristique des états de décorporation que j’avais déjà connus. Pourtant une question restait toujours en suspens : comment se débarrasser de cette menace mortelle, comment éviter le coup asséné par l’échenilloir. J’avais à peine achevé cette pensée dans mon esprit que tout se remit en mouvement. J’étais toujours au centre de ce mouvement, je savais que le coup allait maintenant venir mais je ne regardais plus en direction de la perche qui tombait : j’assistais en direct à l’entreprise de mon sauvetage menée non plus uniquement par celui qui vit en nous mais par deux présences qui travaillent ensemble en parfaite synchronisation et harmonie. Celui qui vit en nous et nous aide à franchir le puits de lumière est resté en moi. Comme j’étais maintenant expérimenté pour franchir les arêtes de la mort, il laissa mon esprit tout enregistrer sans venir le débrancher ou l’assommer d’une décharge puissante afin de provoquer lui-même une décorporation pour être ensuite plus à l’aise dans le travail de me reconduire dans mon corps. Il me fit comprendre que tous les deux n’avaient pas de temps à perdre avec moi et qu’il n’y aurait pas de décorporation : c’est à dire une période pendant laquelle je ne saurais plus rien, je ne comprendrais plus rien. Je les connaissais, je savais comment ils travaillaient là-haut après le puits de lumière et je n’avais plus à avoir de crainte ou de peur face à eux. Nous formions une équipe de trois personnes pour éviter les conséquences mortelles de cet accident stupide. 

Celui qui vit en nous se tenait à mes côté, en fait nous étions deux dans mon corps comme si mes yeux étaient divisés en deux, chacun utilisant la moitié des yeux pour suivre ce qui allait arriver. Ce n’est pas que le toit de notre enveloppe protectrice fut fragile, non, mais la perche devait poursuivre son chemin jusqu’à tomber au sol. Celui qui vit en nous savait ce qui allait se passer, moi pas et la peur se mit à envahir mon esprit. J’ai voulu lui parler mais avant qu’une première parole sortit de mon esprit, l’action se mit en route. Une force extrêmement puissante s’empara de mon corps pour le figer comme une statue de pierre et au même moment cette force qui agissait dans mon corps charnel se manifesta à la hauteur de ma tête pour la pousser légèrement vers la droite. J’étais totalement conscient dans mon esprit et totalement à la merci de cette présence qui écarta ma tête. Je ne sentis aucun coup, aucun mal ni sur ma tête, ni sur mon épaule gauche, ni le long du corps. Il n’y eut aucune déchirure dans mon esprit, comme si une fois l’échenilloir passé à côté de mon crâne, ces deux présences s’étaient dépêchées de disparaître pour des tâches bien plus importantes pour elles. Avec ma main, j’ai senti que le lobe de mon oreille gauche était coupé, qu’il y avait un peu de sang.

 Oh je n’étais ni content ni en colère mais bien un peu triste et confus car ma maladresse avait été la cause de leur intervention si rapide et si efficace. Je les avais dérangés, ils étaient certes venus faire leur travail pour me sauver de cette menace mortelle. Je n’avais pas à leur dire merci ni à m’excuser mais c’était bien une rencontre inachevée et au goût amer. Les fois précédentes, il y avait eu un échange, ils m’avaient testé et j’avais pu découvrir des choses nouvelles inconnues sur terre. Là, c’était comme si justement ils avaient tout fait pour que ce choc ne m’entraîne pas à nouveau au pied du puits de lumière. Ils avaient évité de devoir m’aider à traverser ce puits de lumière. Ils ne voulaient pas que je me retrouve une seconde fois au delà du puits de lumière à me promener un cours instant parmi eux avant que je sois rapidement renvoyé sur terre. Là fois dernière j’avais été renvoyé sur terre et cela avait posé quelque problème car jamais il n’avait été prévu que j’arrive là-haut parmi eux. Cette fois-ci, ils avaient tout fait pour m’éviter un nouveau voyage. Bref, ils m’avaient interdit une nouvelle décorporation et une nouvelle possibilité de me retrouver là où j’étais allé. C’était clair : depuis ce dernier voyage parmi eux, ils se méfiaient, ils me surveillaient étroitement et intervenaient directement pour m’éviter ce genre d’accident. C’est pourquoi j’ai été profondément triste quelques jours après cet accident. Ils décidaient tout et faisaient ce qu’ils voulaient de moi, même pour me sauver des périls de la vie terrestre. En plus ils étaient deux et non plus uniquement celui qui vit normalement en chacun de nous. 

Puis un peu plus tard, j’ai abandonné cette tristesse pour mieux comprendre ce qui s’était passé. Par expérience je sais depuis pas mal de temps que chaque étape, chaque rencontre apporte de nouvelles connaissances qui me permettent d’aller toujours plus loin dans ma vision des mystères de la vie. Quelle leçon pouvait être tirée de ce sauvetage imprévu ?

La deuxième présence qui était là, je pense la connaître : elle fut chargée expressément de mon retour sur terre lorsque j’étais au delà du puits de lumière. Cela l’avait surpris et elle avait demandé devant moi une confirmation de cet ordre. Elle ne pouvait qu’obéir et c’était elle visiblement qui avait poussé ma tête sur le côté pour éviter le choc. Mais pourquoi avec cette force incommensurable ne m’avait-elle pas poussé un tout petit peu plus afin de protéger également mon oreille ? Oh ! ce n’était pas une vengeance sournoise pour l’avoir fait quitter le monde supérieur et l’avoir obligé à venir sur terre s’occuper plus spécialement de moi. D’ailleurs, elle a le pouvoir de rester en communion, en fusion avec le monde supérieur et il se peut qu’une fois la protection déployée par celui qui vit en nous, elle ait eu le temps de revenir se joindre à nous deux. C’est possible. Cette oreille cassée a un sens, un sens humain : j’aurais pu très bien dire et écrire que j’ai été sauvé de ce péril et que je n’ai subi aucun dommage corporel mais est-ce crédible ? Lorsque mes proches et le chirurgien ont vu l’oreille cassée, tous se sont exclamés que j’avais eu beaucoup de chance et que je m’en tirais à très bon compte. L’accident est consigné dans le registre des urgences d’un hôpital, il y a des témoins qui ont vu mon oreille cassée. C’est beaucoup plus facile à raconter que dans le cas où je n’aurais subi aucun dommage corporel. C’est la première leçon que je tire de ce sauvetage : ces présences ont pensé à la suite, au fait que j’allais devoir parler de leur intervention. Et cette blessure légère sans aucune gravité, reste une marque indélébile de ce que nous avons vécu elles et moi à cet instant là.

 La deuxième leçon porte sur les déductions qu’il est possible de tirer de cet accident : ce sauvetage parfaitement imprévu peut-il être reproduit devant la menace mortelle d’une arme , d’une flèche, d’une balle de fusil, d’éclats de bombes ? La réponse est évidemment affirmative. Les conditions pour bénéficier de cette intervention protectrice surnaturelle , pour bénéficier des pouvoirs du monde supérieur, est connue : dans mon cas, la condition est d’avoir été une fois au delà du puits de lumière à la découverte des puissances du monde supérieur et d’avoir été ensuite renvoyé sur terre. Cette condition pose cependant interrogation : faut-il pour ce genre de sauvetage l’intervention de deux présences ou celui qui vit en nous suffit-il pour organiser ce sauvetage ? Je connais depuis l’âge de douze ans la fusion des âmes, principalement entre celui qui vit en nous et notre esprit. Lors de ce sauvetage, cette fusion fut manifestement un trio. Alors, celui qui vit en nous s’est-il dédoublé en deux présences ? La transfiguration explique ce mécanisme de la fusion dans une seule présence qui conduit le voyage au delà du puits de lumière dans un sens comme dans l’autre puis, à l’arrivée la transfiguration explique ce mécanisme que les présences reprennent leurs identités séparées. Par exemple un être humain peut se montrer dans son corps humain et dans son corps céleste grâce à la transfiguration. La question essentielle consiste à savoir si celui qui vit en nous est dimensionné au niveau de ses pouvoirs surnaturels uniquement pour nous aider à franchir le puits de lumière à l’instant de notre mort ou lorsqu’un risque mortel survient. C’est ce que j’ai constaté dans mes accidents précédents.

 Mais lorsqu’il s’agit justement de ne plus franchir le puits de lumière et d’éviter l’accident sans aucune décorporation et sans que celui qui vit en nous ne se sépare de notre corps humain, il semblerait qu’il ait besoin d’une aide complémentaire venant du monde supérieur. Ce n’est pas une question de force ou de faiblesse, de capacité ou d’incapacité. Il faut une autorisation pour utiliser des pouvoirs supplémentaires venant du monde supérieur. C’est uniquement une question d’autorisation. Celui qui est venu nous aider à assurer ce sauvetage a eu cette autorisation et j’en ai été témoin la fois précédente, lorsqu’il a demandé une confirmation de l’ordre de m’accompagner dans mon retour sur terre. Cette autorisation porte sur le fait de révéler une partie du fonctionnement des puissances du monde supérieur et cette autorisation est donnée dans le cas où l’être humain ne subira pas un choc cognitif et émotionnel devant cette démonstration inexplicable selon le savoir humain, bref qu’il ne sombrera pas ensuite dans le désespoir et la folie. Cela fait maintenant deux fois que j’ai eu droit de voir et d’observer même furtivement l’action des présences qui s’occupent de ma démarche spirituelle et de mon travail poétique. En effet j’ai acquis cette capacité à vivre avec eux, à ne plus les craindre et modestement à ne plus les embêter par des demandes puériles et désobligeantes. Celui qui vit en nous a posé la question à l’autre présence avant de débuter le sauvetage. Toutes les deux ont admis de suite que j’étais capable d’assister en direct à ce qui allait suivre, ce qui leur simplifia grandement mon sauvetage. Aujourd’hui, je retiens ce fait que ces deux présences m’ont fait confiance, m’ont admis à partager leur manière d’agir envers moi. Je n’étais pas un pantin entre leurs mains. Il n’y a jamais eu ces deux dernières fois le moindre niveau hiérarchique entre elles et moi, le moindre signe de supériorité ou d’autocratie, le moindre ordre pour me contraindre à l’obéissance. Ces présences prennent un risque pour agir aussi ouvertement mais il semble que tout au long de nos rencontres, en tant que poète, j’ai trouvé des mots plutôt justes pour parler de ce dialogue de l’âme pour l’âme qui s’est instauré entre nous, que ma voyance n’a rien de farfelue ou de loufoque. C’est très réconfortant.

 Cette deuxième leçon que je peux en tirer donne une toute nouvelle perspective à la démarche initiatique que j’essaie de comprendre et de décrire dans mon travail de poète. Tout de suite, je me suis souvenu de ce rite que devait accomplir le jeune initié aux pouvoirs de pharaon dans l’Égypte antique : il devait chercher dans le désert la rencontre avec un lion et il devait lui faire peur et le mettre en fuite grâce à ses nouveaux pouvoirs d’initiés. C’était la preuve qu’il disposait des pouvoirs du monde supérieur, en plus clair et d’une manière plus précise, c’était la preuve qu’il avait avec lui cette présence complémentaire à celui qui vit en nous pour nous aider à franchir la mort et qu’il savait utiliser cette nouvelle présence pour vaincre les dangers de la vie terrestre. Nous sommes alors en présence d’une nouvelle trinité inscrite dans notre condition humaine et l’obtenir représente bien le but ultime de l’initiation. Non seulement nous sommes revenus à la vie mais en plus nous disposons d’une protection exceptionnelle.

 Il reste une question en suspens : lors de ce sauvetage, il n’y a eu aucune autre intervention humaine sinon ma maladresse, mon erreur. Personne d’autre que moi n’avait déclenché le risque mortel. La seule solution consistait à dévier ma tête de la trajectoire de l’objet, ce qui fut fait. Prenons maintenant le cas d’un combat entre deux êtres humains : ces présences peuvent-elles agir sur l’adversaire pour dévier ses coups, le perturber au point qu’il perde ses capacités guerrières et soit vaincu ? Lorsqu’il est vaincu, cet adversaire peut-il comprendre qu’il a été vaincu par une puissance supérieure qui s’est alliée au vainqueur ? Le lion peut-il comprendre que l’être humain qui vient à mains nues le défier, est accompagné par une puissance qui n’appartient pas à la condition humaine et qui est hors de ce monde terrestre ? Aucune objection ne s’oppose à cette possibilité. Au contraire, agir sur des êtres humains me paraît bien plus facile que d’être en face d’un objet dont la course fatale menace de vous tuer. D’ailleurs, ces présences n’ont pas pu dévier d’un millimètre la course de l’objet et la seule solution fut de pousser ma tête car elles ont le moyen d’agir sur notre corps humain comme notre esprit le fait d’ordinaire en relation avec nos récepteurs sensitifs.

 Il y a donc la possibilité de conduire une démarche initiatique vers l’obtention de ces pouvoirs du monde supérieur. Nous l’avons écrit et illustré dans notre roman : D’Éleusis à Dendérah, l’évolution interdite. Par contre, réaliser des tests pseudo scientifiques et reproduire maintenant ce genre de sauvetage n’est pas possible. La plupart des initiés qui ont été martyrisés par les dirigeants des systèmes de pouvoir civils, militaires ou religieux, ont été placés devant ce défi criminel : pour vérifier le pouvoir du dieu qu’ils invoquaient, ces initiés qui avaient la foi envers le monde supérieur et la vie d’après la vie humaine, ont été martyrisés. Certains ont su résister momentanément à leurs bourreaux grâce à l’aide d’une puissance du monde supérieur. Mais la question ne réside pas uniquement dans le sauvetage du corps humain sous les coups et les blessures. Le corps humain est peu de chose par rapport à l’accès à la vie d’après la vie humaine. La véritable victoire de l’initié n’est pas de survivre à son martyr mais bien de revenir voir ses bourreaux après sa mort pour leur faire comprendre qu’il est bien vivant et qu’il a le pouvoir maintenant de plonger ses bourreaux dans le remord, la folie. Il peut leur faire comprendre que les crimes qu’ils ont faits, vont leur interdire l’accès au monde supérieur et que personne ne viendra les aider s’ils se présentent en bas du puits de lumière. La mort n'est qu'un passage mais jamais la victoire d'un bourreau ou d'un assassin. Mieux, un initié peut aller jusqu’à revenir vivre parmi les siens pour achever son enseignement spirituel. C’est le mystère de la résurrection.

 Nous sommes donc en présence de plusieurs degrés d’achèvement de la démarche initiatique.

Il est donc possible de préparer des chefs de guerre à la rencontre de ces pouvoirs du monde double pour qu'ils soient capables d'agir sans avoir peur de ces présences qui vont venir l'aider à surmonter les périls de la bataille. Cette formation a été confiée aux pharaons des époques les plus anciennes de la civilisation égyptienne et les druides celtes l'utilisaient également pour préparer les champions qui s'affrontaient devant leurs armées. Le vainqueur était celui qui avait été le plus aidé ou protégé par ces présences qu'il avait rencontrées au cours de son initiation. Avant même la révélation de l'action de ces présences, il y a le déploiement de l'enveloppe protectrice, du toit qui va exclure le danger au dehors. Sans ce toit, les présences ne peuvent pas agir. Ce toit porte dans la tradition ésotérique un nom bien connu : le temple. C'est sous la voûte de ce temple immatériel que le sauvetage s'est déroulé. Le chevalier sans peur et sans reproche a été initié à la découverte de ce temple protecteur et il sait que grâce à lui, il peut éviter les coups mortels de ses adversaires. Si après l'initiation, ce temple ne se met plus en place et que les présences n'agissent plus pour le protéger, alors le moment est venu pour lui d'affronter la mort et de poursuivre sa mission dans l'autre vie. Les chevaliers templiers ne se rendaient pas et préféraient mourir lorsque leur bravoure ne suffisait pas à vaincre leurs adversaires. Nous n'avons pas les traces  de leur initiation. Nous savons que les moines qui procédaient à leur initiation, étaient les gardiens des restes du savoir détenu par les plus vieux temples de l'Égypte antique dont celui de Dendérah. Pour nous, il y a un lien étroit entre l'initiation des pharaons et celle des chevaliers templiers, ce lien n'est pas perdu, il peut être restauré. Si le chef de guerre initié n'est plus digne de ses responsabilités, il est destitué par le groupe des mères comme ce fut le cas chez les indiens iroquois. Nous savons aujourd'hui que ces indiens iroquois vers 1 300 ont été formé par des moines templiers qui venant d'Europe, faisaient la route vers Tiahuanaco.

Nous avons jusqu’ici parlé des deux premiers niveaux. Pour le troisième niveau, je sais qu’il existe. Pendant l’écriture du roman : D’Éleusis à Dendérah, lorsque je travaillais sur les enseignements initiatiques pratiqués à Dendérah et que je confrontais le livre d’Albert Slosman qui parle de ces enseignements ésotériques avec mon expérience et mes rencontres, j’ai eu l’occasion d’être aidé par deux personnes. Ces dirigeants et savants ont été formés selon les rites initiatiques des pharaons. Je faisais une confusion entre ces deux dirigeants et je savais que je n’avais pas les documents et les archives qui pouvaient me donner une réponse précise. J’avais besoin d’avancer dans mon écriture sous peine de perdre mon inspiration. Alors j’ai senti leurs deux présences derrière mon épaule me souffler la réponse. Je l’ai écrite. Lorsque j’ai voulu les remercier, je me suis retourné. Ils n’étaient plus derrière moi mais à un mètre sur le côté. Ils s’étaient placés là pour me permettre de mieux les voir et ils me souriaient admirablement pour m’encourager à poursuivre mon travail. Comme j’allais insister pour engager la conversation et pour ne pas devoir m’opposer un refus, ils ont pris la porte et le couloir pour sortir de la maison et à travers le mur je les ai suivis du regard. Un de mes enfants est alors entré dans la maison puis il est venu me saluer. Je n’ai jamais osé lui demander s’il avait vu quelqu’un sortir. Plusieurs années après, dans notre nouvelle maison, cet enfant nous a dit qu’il préférait cette nouvelle maison parce que dans la précédente, il y avait des fantômes : une fois, en entrant dans le couloir, il avait vu deux fantômes sortir et il avait du se ranger sur le côté pour les laisser passer. Il s’agissait de ces deux dirigeants initiés à Dendérah qui sont venus m’aider. Ce n’étaient pas des fantômes au sens commun, c’est à dire des défunts qui n’ont pas trouvé le puits de lumière et qui errent sur terre à la recherche d’une aide pour quitter ce monde terrestre. Ces esprits plus ou moins fantomatiques sont très connus des pratiquants du spiritisme et sont particulièrement fatigants. Ces deux dirigeants avaient tous les pouvoirs du monde supérieur. Bien entendu, un peu plus tard j’ai pu vérifier la réponse qu’ils m’ont transmise. Elle était exacte et je ne la connaissais pas car justement Slosman n’a fait que poser la question sans en donner la réponse, ce qui m’avait interpellé. Ce sont de récentes découvertes archéologiques qui servent à donner une réponse à cette question sans être aussi complète et claire que celle que j’ai écrite.

Comme le chirurgien me l’avait dit, le cartilage de l’oreille s’est soudé à nouveau et la marque de cet accident est devenue très petite, sensible uniquement au toucher. Je souhaite poursuivre ma démarche aussi longtemps que possible dans cette condition humaine sans devenir ni sourd ni aveugle face à ces présences qui accompagnent ce cheminement terrestre.

 Cette page est restée longtemps sans être mise en ligne sur ce site web. A travers l’association IANDS-France, ce témoignage rejoint d’autres paroles qui racontent ces instants de vie et de mort et ces instants de la vie d’après la vie humaine. Au lecteur d’en faire bon usage pour nourrir sa propre démarche poétique, initiatique et spirituelle.

 

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