Évolution culturelle ou culture de la révolution

 

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«Le plus excellent symbole du peuple c'est le pavé: on lui marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête !» Victor Hugo, Choses vues.

La mondialisation du système économique capitaliste et libéral génère des situations politiques économiques et sociales nouvelles et incongrues : par exemple dernièrement, sous prétexte que les prix immobiliers de Paris sont loin d’atteindre le niveau de ceux de New-York, il est intéressant pour des sociétés d’investissements de New-York de spéculer sur la hausse de l’immobilier parisien et d’acheter pour revendre rapidement plus cher à des parisiens qui peuvent payer ou à des étrangers qui placent leur argent dans des appartements qu’ils n’occupent pas pour pouvoir plus facilement les revendre lorsque la perspective d’une plus-value intéressante sera possible et ceci sans payer l’impôt sur les plus values en France. Cette spéculation bouleverse ainsi la vie sociale dans la plupart des quartiers, rejetant ceux qui pourtant travaillent en centre ville dans des banlieues de plus en plus éloignées jusqu’à aboutir à un nouveau paradoxe : les anciens milieux ouvriers arrivent à rester en proche banlieue, là où ils ont acquis leur logement depuis des années alors que les classes moyennes qui louaient en centre ville doivent s’installer bien plus loin avec des temps de trajet inconsidérés. La liberté des marchés s’arrête pourtant dans bien des cas à la porte des intérêts des pays industrialisés et riches : les subventions aux agricultures des pays riches sont en contradiction avec cette logique du système économique et sont un frein au développement des agricultures des pays en voie de développement. Convenir que dans 10 ans ces subventions nationales cesseront peut s’expliquer si ce délai est mis à profit pour investir directement à l’étranger dans l’agriculture et développer ses filiales agricoles dans ces pays : après l’industrie, le même processus de domination économique peut forcément s’étendre à l’agriculture : il suffit d’une concentration verticale mondiale dans la filière agroalimentaire. Ce n’est plus du colonialisme même vertueux, mais tout simplement de l’impérialisme économique et social qui aura fait disparaître les petits agriculteurs sur la plupart des continents et ruiner les sols. Force est de constater que les valeurs de ce système économique libéral reposent toujours bel et bien sur la propriété individuelle et le pouvoir des propriétaires individuels les plus puissants. Tout devient productible et source d’une maximisation du profit : l’argent lui-même n’est plus un résultat, encore moins un intermédiaire dans une transaction mais bel et bien une source directe de production de plus d’argent, ce qui confine au profit pur c’est à dire à une production sans aucun investissement pour payer des coûts fixes.

 Loin de concourir à l’intérêt général et de se laisser guider par la main invisible de l’utopie capitaliste, ces intérêts particuliers ne servent que leurs causes sans considération des intérêts généraux locaux. Les licenciements boursiers et les délocalisations pour maximiser les profits des actionnaires et des fonds de pension anglo-saxons délocalisent bien les créations de valeurs ajoutées en Europe, par exemple, alors que ces licenciements, le fort niveau de chômage, l’accroissement des pauvres sans emploi et des nouveaux pauvres travailleurs plongent nos systèmes de protection sociale dans des gouffres financiers énormes et exigent des états pour préserver la paix publique des dépenses sociales ou des allégements de cotisations toujours plus fortes creusant les déficits publics sans apercevoir une période de forte croissance économique qui comblerait toutes ces dettes. Dans les années 1930, John Maynard Keynes et Al Capone se retrouvaient dans le même constat sur le système de pouvoir capitaliste en déclarant pour le premier «  le capitalisme, c’est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires hommes vont faire les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde » et pour le second : « le capitalisme est le racket légitime organisé par la classe dominante »

 Nous vivons à cœur ouvert chaque jour les contradictions du système capitaliste que Marx avait en son temps décrites. Pour nous, cette contradiction entre les idéaux placés dans les valeurs de la culture capitaliste et les normes économiques et les modes de vie, provient des abus de la propriété individuelle permis à la suite de l’interdiction et de la suppression en 1790 de la propriété commune qui est le fondement des organisations en réseaux. Le capitalisme est un système de pouvoir qui s’est développé à la suite de la destruction de l’organisation en réseau du temps des cathédrales en Europe et en réaction des guerres civiles puis religieuses qui se succédèrent depuis cette destruction. Le choix vers 1850 de miser sur l’ère industrielle et la production de biens matériels a bien été fait pour éliminer le risque de conflits religieux entretenus par la question du pouvoir monarchique en France et en Europe. La possibilité donnée à chacun de consommer des biens matériels devait sceller la paix publique et la fin des désordres sociaux. Vers 1860, le choix de privilégier la production de biens matériels et de créer la société anonyme pour rendre possible la création de grandes sociétés industrielles utilisant l’épargne pour investir dans le machinisme, a été la manière de traiter les conséquences de la suppression de l’organisation en réseau et de l’instauration du système de pouvoir d’abord monarchique à travers l’absolutisme royal puis républicain à travers la centralisation jacobine de l’état. L’état a justifié ensuite son intervention en déterminant le pacte républicain : celui qui travaille et rend possible le profit des propriétaires a le droit à une protection sociale organisée par l’état. Celui qui ne travaille pas est exclu de ce pacte républicain : pour lui n’existe qu’une seule solution : revenir dans le salariat en suivant des formations ou des mesures d’insertion. Sinon, il est exclu et doit vivre dans la marginalité : c’est un mauvais citoyen qui ne contribue pas au développement de la république et encore moins au succès du système de pouvoir économique. Ce n’est pas l’innovation, la croissance, la domination de la classe ouvrière ou du salariat ou que sais-je encore qui élimineront les inégalités et les contradictions de ce système de pouvoir, c’est bien la suppression de ce système de pouvoir et son remplacement par une nouvelle organisation en réseaux de nos sociétés qui viendront à bout de ce système de pouvoir. Aujourd’hui nous ne sommes plus au stade du traitement des conséquences puisque ce traitement n’a fait qu’accroître les inégalités sociales, nous sommes au stade du traitement des causes : devant la perspective d’un changement tout entier de culture aussi bien au niveau des valeurs, des normes sociales et des modes de vie de nos cultures. 

Ajoutées aux bouleversements climatiques, aux menaces sur la transmission biologique des gènes humains sains aux générations futures, c’est toute la vie sur terre qui voit sa fin se rapprocher inéluctablement. Alors suffit-il de se rebeller contre cette marche du monde à l’envers, cette horreur économique ? La coutume de la révolution depuis 1789 en France n’a pas apporté une issue constructive. Mis à part les deux coups d’état de la famille Bonaparte qui eurent lieu sans trop de sang versé au départ, les émeutes et combats de rue n’ont pas réussi à changer la donne. Ce ne furent que des querelles de régimes politiques pour gouverner toujours un même système de pouvoir depuis Colbert jusqu’à aujourd’hui. Sur notre site fileane.com, nous avons montré les erreurs commises en 1789, notre obligation de les corriger en abandonnant les utopies tirées de Rousseau et utilisées par Adam Smith. A côté de l’entreprise consistant à mondialiser le système économique capitaliste, la mondialisation des échanges et des savoirs nous offre les exemples de peuples ayant préservé d’autres cultures et qui se sont organisés depuis des millénaires pour ne pas connaître la faim, la misère, le chômage, les violences. Sur notre site nous présentons plusieurs de ces peuples : les Moso, les indigènes des îles Trobriands en Mélanésie, le peuple haudenosaunee qui construit autour de la grande loi qui lie. Il y en a d’autres. Nous avons montré qu’entre les civilisations qui apportèrent un progrès dans l’art de vivre en paix sur terre, il y a une filiation, un savoir particulier transmis par des individus qui ont suivi une démarche spirituelle les ayant rendu capable de voir le monde et l’humanité autrement qu’avec les peurs de la mort, du voisin, la cupidité de s’enrichir de biens matériels et la perversité de capturer d’autres êtres humains pour s’en faire des esclaves et les posséder avec sur eux un droit de vie et de mort. Nous avons présenté deux grands centres de vie reliés entre eux : les Andes de Tiahuanaco et les temples d’Égypte. Nous avons montré comment le savoir d’Égypte s’est transmis en Europe à travers les ordres monastiques puis comment se savoir a franchi l’Atlantique vers les Amériques.

Nous avons dégagé de tout l’armada de nos modèles de management, les principes de base de toute organisation humaine capable de servir la dignité de l’humanité et un développement durable :

- le principe de subsidiarité qui organise la résolution de problème et développe une gestion des compétences,

- la complémentarité entre les trois formes de la propriété : individuelle, commune, collective pour limiter les abus des propriétés individuelles ou collectives

- l’alliance des contraires qui permet de s’enrichir de la différence des autres et développe notre écoute humble du monde environnant depuis le vent dans les grands arbres, le murmure de l’eau de la rivière, le chant des oiseaux, le balbutiement de nos enfants, les cris de plaisir de nos partenaires amoureux et les plaintes de nos malades ou mourants jusqu’à nos théories scientifiques les plus expertes, nos discussions intellectuelles les plus avisées, nos chants poétiques les plus envoûtants, nos observations les plus complètes de nos concurrents ou partenaires.

L’utilisation de nos deux sources de savoir initiatique et intellectuel pour travailler au développement d’un savoir global capable de répondre à nos raisons de vivre qui sont les mêmes que nos raisons de mourir 

Alors n’avons-nous rien de mieux pour conduire l’action, que de fomenter de nouvelles révoltes pour tout casser et tenter dans ce système de nous emparer du pouvoir en assurant les uns les autres que depuis ce lieu de pouvoir, nous gouvernerons autrement et mieux ? Dans une sixième république plus parlementaire et représentative puisque la cinquième république s’est perdue dans des élites détenant trop de pouvoir et qui s’est coupée du peuple, accroissant la fracture sociale au lieu de la combler et de la supprimer ? Dans un régime politique délibérément libéral puisque jamais le libéralisme n’a pu s’exprimer pleinement chez nous à cause d’un état trop centralisé et cherchant toujours au centre des majorités électorales pour durer ? Dans un régime politique résolument à gauche car mis à part quelques années de crise, jamais la gauche n’a pu appliquer ces principes : l’année 1983 et ses réalités économiques désastreuses mettant fin prématurément et pour longtemps aux illusions de 1981 ? Peut-on gouverner en faisant fi des contraintes du système économique libéral ? Gouverner n’est-il plus qu’une entreprise vaine mais indispensable pour limiter la casse sociale et économique de ce système de pouvoir fondé sur l’économie libérale ? L’alternative de l’organisation en réseau se résume-t-elle aux propos disparates et souvent superficiels des mouvements alter mondialistes ? Si leurs analyses sont l’œuvre d’experts reconnus, que valent leurs propositions qui oscillent invariablement entre culture de la révolution et production de nouvelles utopies au service d’énièmes systèmes de pouvoir plus ou moins démocratiques ? Sur fileane.com, notre mouvement montre l’incompatibilité entre ces deux grandes formes d’organisation des groupes humains : ce sont deux visions différentes de la société et à travers l’histoire de la propriété nous avons indiqué les périodes florissantes des civilisations établies sur une organisation en réseau et les périodes plus sombres et meurtrières quand des systèmes de pouvoirs militaires, religieux ou tyranniques ont organisé le pillage des richesses accumulées par les civilisations en réseau ou le génocide des peuples qui ne se soumettaient pas à leurs idéologies criminelles. L’alternative de l’organisation en réseau repose sur les trois contrats sociaux et depuis le contrat interpersonnel et sacré qui lie deux êtres humains qui s’aiment, la production de liens sociaux plus vastes jusqu’au mariage des cultures participe bel et bien de l’élaboration de nouvelles cultures, générations après générations. Ces cultures sont différentes mais elles reposent sur le socle de mêmes valeurs humanistes. Avant de montrer en quoi consiste une culture d’une organisation en réseau, nous allons nous servir de la comparaison entre les cultures présentées sur ce site et nos cultures actuelles pour expliquer comment s’organise une culture entre valeurs, normes sociales et modes de vie de manière à expliquer comment la production des cultures en réseau peut se développer.

 

La comparaison entre quelques cultures actuelles :

 

Les valeurs représentent les croyances, les idéaux, les manières de concevoir une situation que se donne un groupe. Par exemple, les valeurs de la république française sont la liberté, l’égalité, la fraternité. Reste à savoir si ces valeurs ont beaucoup ou peu de part d’utopie, c’est à dire de part qui ne sera jamais réalisée au risque de décourager les membres du groupe. Les systèmes de pouvoir fonctionnent à travers le recours à des utopies. L’organisation en réseau rejette ces utopies et utilise la définition d’objectifs, les méthodes de résolution de problèmes et le principe de subsidiarité pour avancer d’une réalisation à l’autre. L’exemple de la construction des cathédrales entre l’an 1 000 et 1 300 illustre ce point : les progrès réalisés sur un chantier furent appliqués sur les suivants, chaque chantier développant de nouvelles prouesses techniques, pareil pour la construction des villes autour d’une abbaye. 

Les normes sociales sont les règles qui organisent le groupe. Elles sont la traduction des valeurs. Ces normes sont établies par le pouvoir à travers les institutions qu’il a mises en place. Par l’utilisation d’utopies, un pouvoir peut prononcer des normes contraires aux valeurs en expliquant qu’il s’agit d’une période transitoire rendue nécessaire par la survivance des valeurs de l’ancien régime politique tant que celles-ci n’ont pas été supplantées par les nouvelles valeurs. C’est ainsi que des révolutionnaires aux idées humanistes se sont retrouvées rapidement au ban des criminels de l’histoire parce qu’ils voulurent imposer par la force leur idéologie pour développer leur système de pouvoir. Cette dissonance cognitive, cette contradiction, n’existe pas dans une organisation en réseau.

 Les modes de vie sont l’application des règles, la manière de les vivre au quotidien. Sous une tyrannie, ces modes de vie sont l’application stricte des comportements voulus par le pouvoir à travers ses règles et ses ordres. Dans une démocratie, un espace de liberté existe entre les règles et les modes de vie. Cet écart se justifie par l’application du principe d’équité qui vient tempérer l’application du principe d’égalité : la loi par son caractère égalitaire s’impose à tous de la même manière et ainsi nie les cas particuliers présentés par les circonstances de la vie. Le principe d’équité prend justement en compte ces cas particuliers et permet une application des règles plus judicieuse et humaine. La jurisprudence est chargée de cette adaptation équitable de la loi en fonction des cas particuliers. Le plus souvent les solutions jurisprudentielles importantes sont ensuite reprises par des lois ou des décrets.

 Les cycles d’innovation technologique, le contact avec de nouvelles cultures, les progrès de la médecine, la réduction du temps de travail salarié amènent de nouvelles façons de vivre au regard de valeurs hier inconnues ou interdites et qui tentent de s’imposer au point de bouleverser toute la culture du groupe. Ces libéralisations des mœurs et des échanges sociaux peuvent être maintenues dans la marginalité par les dirigeants d’un système de pouvoir. Elles peuvent être combattues par des partis extrémistes ou finalement être transcrites dans les normes sociales et la loi. L’exemple de l’avortement, de l’euthanasie, de la liberté sexuelle comme d’autres sujets, illustrent ces modifications des normes sociales sous la pression de nouveaux modes de vie. Les partis conservateurs attachés aux valeurs des anciens régimes politiques condamnent bien entendu cette possibilité de voir les modes de vie changer les normes sociales alors que les partis démocrates soutiennent ces initiatives populaires pour changer les vieilles règles et quitter le carcan des anciennes idéologies et de leurs interdits.

 Dans l’organisation en réseau, il y a une relation étroite entre valeurs et modes de vie, les normes sociales n’ont qu’un rôle secondaire. Mis à part quelques règles de base qui ne changent pas à travers les siècles, toutes les règles d’organisation quotidienne varient d’un lieu à un autre pour s’adapter au mieux aux particularités locales et à chaque époque. C’est le groupe de base qui définit ses propres règles et les membres du groupe vont être d’autant plus motivés à suivre ces normes de vie de groupe qu’ils en sont les auteurs. Cet agencement explique notamment la longévité de la plus vieille entreprise d’Europe et ses 1 500 ans de profits suffisants pour sa survie et son rayonnement. La souplesse de son organisation et le respect de la créativité de chacun de ses membres, sa capacité d’écoute et son intelligence à s’enrichir de la différence des autres sont un exemple probant du développement d’une entreprise dans le cadre d’une organisation en réseau et de sa survie à travers différents systèmes de pouvoir. Les cercles de qualité et le mouvement qualité totale ont introduit une modification du style de management pour permettre aux équipes d’établir elles-mêmes leurs normes de travail. L’ensemble de ces normes de vie au travail constitue alors la culture de l’entreprise. Sauf que les salariés ont compris rapidement que leurs normes de vie ne sont qu’une source de gains de productivité par le facteur travail et que ces gains sont d’abord redistribués aux actionnaires. Le petit espace de travail organisé en réseau dans l’entreprise est vite étouffé par les dictats du système de pouvoir économique libéral ou ultra libéral.

 

Pour comparer quelques cultures actuelles, nous pouvons utiliser le tableau suivant en retenant quelques points essentiels et non exhaustifs de ces cultures:

 

France

Japon

Peuple Moso

Peuple iroquois

 ( avant la colonisation )

valeurs

L’individualisme

La nation

liberté, égalité, fraternité

laïcité, rationalisme scientifique

 

Primauté du groupe

valeur du travail

importance du développement personnel pour tenir sa place dans le groupe

 

La paix

L’amour

 

La paix entre les nations du peuple iroquois

Mythes fondateurs aux symboles universels : le peuple est un élément de la création et n’a pas de volonté de dominer les autres

C’est la nature qui décide

Valeurs interdites, tabous

La propriété commune qui échappe au contrôle de l’état

Le communautarisme : un groupe replié sur ses modes de vie ancestraux qu’il érige en normes et valeurs au point de se couper de la république

Le développement spirituel,

Le Fédéralisme entre peuples et régions

Ne pas croire aux utopies républicaines

Le temps des cathédrales et l’organisation en réseau  du pays avant la destruction de l’ordre du Temple en 1307 et ne se souvenir que des rois maudits pour montrer la supériorité de la république

 

Se mettre en avant dans un groupe

Ne pas obéir

Ne pas achever son travail dans les délais

 

La possession, matérielle

Le mariage tue l’amour

La jalousie

Les armes

Le conjoint survivant ne doit pas assister aux funérailles de son amant(e), pour que ce souvenir ne vienne pas ternir le souvenir des moments les plus heureux de leurs amours

 

Un chef qui abuse de son pouvoir moral et se comporte sans loyauté et sans dignité

Pas de succession héréditaire entre chefs

Le système de pouvoir religieux n’a pas de place dans la société, seul est admis la démarche spirituelle transmise par les parents dans l’éducation des enfants

 

Normes sociales

Primauté de la propriété individuelle

Système politique représentatif sans ouverture sur la démocratie directe

état centralisé, décentralisation inachevée

paternalisme et bureaucratie

importance du service public, monopole des administrations sur l’économie non marchande, interdiction d’enrichissement commun pour les SEL

Rôle des diplômes pour acquérir un statut social

rôle des élites et de leur sélection dans le système éducatif

 

Respect scrupuleux de la hiérarchie fondée sur l’expérience et la sagesse

Pas de remise en cause des décisions

Respect des normes du groupe

Importance du temps à respecter

La vie privée est secondaire ainsi que l’amour

 

Le matriarcat : l’une des mères est le chef de la famille.

Pas d’exclusion et de séparation : la mère garde ses enfants auprès d’elle toute la vie

La liberté sexuelle.

Les relations amoureuses servent à établir des liens pacifiques entre les villages.

Plus une femme a eu d’amants, plus elle est considérée car elle est capable de créer des liens sociaux profonds autour d’elle qui profiteront à tous

La propriété commune : Absence d’héritage et de partage des biens.

Pas de monnaie, troc et travail en commun

La grande loi qui lie : société sans état

Pouvoir détenu par le conseil fédéral

La confédération entre 6 peuples : référendum, vote des femmes, redistribution des richesses, union militaire, liberté des cultes

Tous sont égaux et libres

Prise de décision à l’unanimité selon le principe de subsidiarité

Les mères ont le droit de veto

Système clanique matrilinéaire

 

Modes de vie

Dérives présidentielles du pouvoir

Montée des inégalités et des peurs, des violences, fracture sociale, désintérêt envers les politiciens

Contestation des hiérarchies et des décisions des élites

Conflits sociaux répétitifs et improductifs, très mauvaises relations sociales

Solidarité et importance des associations pour faire face aux inégalités, développement de l'économie souterraine dans les quartiers difficiles

Consommation de médicaments, d’alcool

Loisirs et 35 heures au travail, RTT

Nombre élevé des divorces mais aussi des naissances

Bricolage et débrouille, maison individuelle pour quitter la ville et les banlieues

Longues journées de travail au bureau puis au restaurant avec les collègues de travail.

karochi : mort par l’excès de travail

peu de temps pour la vie de couple, l'amour à l'hôtel à cause de l'habitation trop petite et du prix élevé des logements

Séances de développement personnel, soins du corps et de l’esprit notamment dans les sources d’eau chaudes d’origine volcanique.

L’art de la maison et de l’influence de l’aménagement de l’espace

 

Les hommes ne travaillent pas

Les visites des hommes chez les femmes la nuit

L’absence d’une recherche de plus de biens matériels que ceux indispensables à la survie

Les questions matérielles et d’éducation des enfants ne viennent pas détruire l’amour dans un couple

Il n’y a pas d’exclus, de pauvres ou de chômeurs

Pas de monastère pour accueillir certains enfants que les familles ne peuvent plus éduquer et nourrir

Pas d’alcool ou de drogue, uniquement la quête amoureuse

 

Système économique communautaire

Les maisons longues

Tradition du discours, la culture du verbe 

Le feu du conseil et les gardiens du feu, conseil formé de 3 groupes : 2 débattent, le 3ème arbitre

Le chef n’a pas de pouvoir de coercition

Pas de misère, d’exclus, de violences

La nationalité haudenosaunee admise à l’ONU

 

Les conséquences de la primauté des valeurs de paix et d’amour sur les normes sociales et les modes de vie d’une culture en réseau

 

Nous remarquons que les sociétés qui ont connu ou connaissent le plus de paix, l’absence de misère, de chômage et de violences quotidiennes sont celles qui vivent une stricte égalité entre hommes et femmes et utilisent le pouvoir des femmes et principalement des mères pour trancher les litiges qui portent sur l’exercice du pouvoir suprême : déclarer la guerre comme c’était le cas chez les Celtes et les Gaulois, révoquer un chef incapable ou tyrannique comme chez les iroquois, décider du devenir de la famille et du village comme chez les Moso, décider de la répartition des récoltes agricoles comme chez les indigènes des îles Trobriands. L’utilisation des règles sociales du matriarcat permet d’assurer la paix et l’amour dans le groupe. Les valeurs d’amour et de paix génèrent donc un ensemble de règles sociales qui se regroupent dans deux thèmes : la liberté sexuelle et la gestion des relations sociales pacifiées ; le rejet des systèmes de pouvoirs religieux et du communautarisme qu’ils engendrent :

 

1) le pouvoir garanti aux femmes de gérer la sexualité dans le but de préserver la vie, de procurer une source de plaisir à tous dont le partage assure le renforcement des liens sociaux dans le groupe et la paix entre les villages. Les femmes gèrent les rites sociaux, les fêtes qui donneront lieu à ces comportements sexuels libres. Les mères s’accordent le droit momentanément de mettre entre parenthèse le tabou de l’inceste. Si le sort veut que leurs garçons les rencontrent au cours de la fête, alors elles se comporteront en femmes comme les autres et abandonneront leur statut social de mère. Si le fils veut assouvir un désir sexuel avec sa mère ou une mère veut participer à l’éducation sexuelle de son enfant sans trahir les liens familiaux quotidiens, il leur suffit de s’arranger pour que cela soit possible lors de la fête, au cours de la nuit. Cet examen sert au parent comme à l'enfant de preuve que son éducation est achevée et que l'autre n'a aucune crainte à avoir sur la manière bénéfique avec laquelle il va conduire sa vie et ses relations amoureuses puis sociales et politiques. Vu sous cet angle, ce moment de partage de l'intimité amoureuse et sexuelle sert à la cohésion future du groupe : le parent peut se rendre compte que l'adolescent n'est pas prêt, à une personnalité et des comportements troubles et porteurs de violence, est corrompu par un vice. Le groupe peut ainsi reprendre cette éducation pour la corriger. Dans cette façon de vivre, il n'est pas question pour un parent de laisser son enfant sombrer dans la violence, la dépravation, les crimes sexuels, les crimes de sang, la pédophilie et toutes ces misères sexuelles qui se terminent chez nous par la froide statistique qui indique que plus du tiers, près de la moitié des personnes en prison le sont pour des questions sexuelles. La liberté sexuelle lors de ces fêtes sert de moyen de vérification et de prévention afin d'assurer la paix et la prospérité des amours dans la société.

  Aux îles Trobriands, il suffisait au garçon de choisir l’autre camp par rapport à celui de sa mère ou de la femme qu’il convoitait et de faire en sorte que son camp soit vainqueur du simulacre de combats. Chez les peuples de l’Himalaya, au cours du rite gcod que décrit Alexandra David Neel, lorsque toutes les femmes mettent dans un sac leur foulard, il suffit au fils de reconnaître celui de sa mère et de pouvoir le tirer pour qu’elle soit à lui s’il la préfère à une autre femme du groupe. Ces moments de totale liberté sexuelle n’ont rien à voir avec un goût prononcé pour le vice, la débauche et la luxure : ils correspondent à la satisfaction d’un besoin social plus fondamental : évacuer les tensions, les craintes, les frustrations sources de violence. Les femmes Moso par leurs comportements éliminent la jalousie chez les hommes : ils n’ont aucune raison valable de devenir jaloux. Il leur suffit de se débrouiller pour plaire momentanément à une femme et dans la journée, s’ils ne savent pas quoi faire, mis à part se reposer avant la nuit prochaine, ils ont intérêt à bricoler pour réaliser un cadeau à celles qu’ils veulent visiter. Chez les Moso, le tabou de l’inceste ne vise que les frères et sœurs. Le père n’est pas présent en permanence auprès des enfants et les oncles ou les filles avec leurs oncles comme les garçons avec leurs tantes avec qui ils vivent tout le temps sous le même toit, peuvent être des initiateurs ou initiatrices sur le plan sexuel, les uns transmettant leur expérience de vie aux plus jeunes. L’éducation sexuelle semble être aussi importante chez eux que passer son bac chez nous et au moins elle sert à préparer une vie d’amour, de plaisir de vivre et de paix alors que nos diplômes…. semblent dans un milieu urbain conduire au divorce dans un mariage sur deux et à un divorce sur trois mariages en milieu rural ! Aux îles Trobriands hommes et femmes passent beaucoup de temps pour se confectionner des cadeaux qui entreront dans la propriété individuelle de chacun des époux. A la fin du rite, au petit matin après la fête, ces objectifs relationnels et sociaux auront du être atteints pour garantir une nouvelle période paisible et heureuse dans le groupe.

  Nous pourrions aller jusqu’à écrire que ce commerce non marchand du sexe représente le moyen par excellence pour cimenter la cohésion du groupe, développer les motivations et garantir la fraternité, voire bien plus qu’un idéal fraternel, une réelle complicité affective, sentimentale ou amoureuse. Le groupe s’enrichit des amours de ses membres : le lien de causalité directe qui mène à la paix est clair et humainement évident : ce sont les amours des uns et des autres qui contribuent à la paix dans le groupe. Et non pas la soumission béate à un idéal vaporeux pour lequel un poète n’écrira jamais la moindre ode ! Comme chez les Moso, tout ce qui contribue à développer l’amour entre deux partenaires contribue aussi à la paix. Les mariages décidés par les parents, les mariages forcés ou tout simplement les seuls liens sociaux du mariage ne peuvent que nuire à l’élan amoureux d’un être humain, à l’amour que se portent deux êtres humains. Chacun être humain est libre de choisir ses amours pour aller vers l’amour le plus fort qu’il lui est possible de connaître : un premier amour codifié dans le statut social du mariage ne peut pas interdire à un être humain de poursuivre sa recherche d’un amour encore plus grand surtout si ce premier amour vient malheureusement à s’estomper parmi les aléas de la condition humaine. Permettre cette quête amoureuse tout au long d’une vie jusqu’à trouver un amour fort et durable qui survivra à la mort, c’est aussi se donner le moyen de renforcer la paix sans avoir à construire des armes et d’éduquer une partie de ses enfants aux servitudes de la condition militaire pour les préparer à mourir dans des guerres. Nous ne sommes plus ici au niveau des idéaux mais bien au niveau de pratiques politiques, économiques et sociales qui permettent à des milliers et des millions d’êtres humains de vivre plus dignement leur condition humaine et de transmettre la vie avec des valeurs humaines remplies de l’amour dont sont capables les êtres humains qui trouvent leurs raisons de vivre.

  La culture de la révolution sexuelle dans nos systèmes de pouvoir est toujours inexistante et une tentative comme celle de Wilhelm Reich nous paraît aujourd’hui bien naïve et folklorique, c’est à dire comme un essai pour recréer des rites et des comportements éducatifs pour libérer la sexualité de ses interdits dans nos sociétés. Mais Reich reste superficiel et incomplet : il croit possible de réaliser cette révolution sexuelle dans le cadre d’un régime soviétique qui accorde la primauté à la propriété collective et interdit la propriété individuelle et commune. La liberté sexuelle n’est pas une valeur de plus qui s’accommode de valeurs autres contraires. Nous l’avons vu chez les peuples que nous prenons en exemple : la liberté sexuelle n’a rien à voir avec des débauches effrénées et incontrôlées, des bacchantes en furie qui font tout et n’importe quoi au point de troubler la paix et de semer la discorde, notamment parmi les hommes. C’est un pilier de l’organisation sociale et si une femme ou un homme qui vit un amour durable, continue volontairement de participer à ces rites et à ces nuits, ce n’est pas pour connaître les joies de l’infidélité : ils n’ont pas besoin d’attendre ces moments particuliers de l’année pour être infidèles s’ils y tiennent. Mais c’est bien pour participer au partage des plaisirs que nous nous procurons par le contact de nos corps nus et par nos élans amoureux ou sensuels, lascifs. S’ils en sont rassasiés, d’autres dans le groupe ne le sont certainement pas au même stade qu’eux et laisser des voisins insatisfaits, jaloux, frustrés ne peut que venir menacer à plus ou moins long terme leur propre amour. Partager l’amour, communier par le langage des corps, ce langage des corps que les poètes décrivent comme le plus pur, le plus fidèle pour traduire nos émotions, nos pensées profondes, lire à travers des yeux remplis de plaisir et de vie le miroir de l’âme de l’autre, représente un exercice de communication interpersonnelle et de communication interne au groupe très avancé et d’un niveau de qualification correspondant à une réelle expertise dans les rapports humains. Nous disons sur notre site fileane.com que cette expertise s’acquière notamment en pratiquant une démarche initiatique dans l’un des 3 principaux chemins d’accès à la spiritualité : la voie poétique et artistique, le contact avec la vie d’après la vie humaine qui commence par le dépassement des limites de notre corps charnel principalement à l'occasion d'une extase amoureuse ou d'un exploit sportif dans la nature, la voie mystique empruntée à l’expérience transmise par nos aînés à travers leurs récits et écrits. En occident, nous adoptons de plus en plus la culture du tantrisme dans des écoles tantriques qui transposent ses valeurs parmi nos normes sociales et nos modes de vie occidentaux. La culture tantrique rassemble ces 3 chemins d’accès à la spiritualité pour arriver au partage d’extases amoureuses dans lesquelles le divin se mêle à l’humain à travers la communion avec les mystères de la vie. 

2) La primauté accordée dans les valeurs à l’amour humain, outre le fait que cet amour est la base de la paix sociale, conduit aussi à l’absence d’un système de pouvoir religieux fort. La liberté amoureuse d’ordre initiatique ( puisque aucun savoir académique ne peut expliquer le mystère de l’amour ) ne supporte pas des dogmes religieux qui font intervenir Dieu partout. L’amour est une porte d’entrée dans la spiritualité, nous l’avons dit, mais l’initié reste seul à même de traduire ou non le mystère de sa rencontre avec l’indicible qui vit en lui, le mystère de l’extase amoureuse qu’il partage entre amants. Sa parole transmise permet à d’autres une démarche mystique, c’est tout. L’organisation matérielle et temporelle des moyens propices à la démarche spirituelle se déroule dans le cadre d’une religion qui rassemble les témoignages spirituels, les vérifient et assure leur transmission aux générations futures. La religion dans le cadre d’une organisation en réseau ne peut pas se développer jusqu’à devenir un système de pouvoir contraire au développement des réseaux. Elle représente une partie, un domaine du savoir global qui traite de la traduction humaine des rencontres avec les mystères de la vie. C’est un travail purement intellectuel qui divulgue dans un langage le plus commun possible les traductions des mystères apportées par les initiés qui utilisent les chemins que nous avons identifiés : les expériences de mort immédiates ( EMI ou NDE, near dead experience ), le dialogue de l’âme pour l’âme instauré par le poète voyant ou l’artiste, les résultats de la voie mystique ( l’expérience de la prière réussie principalement ), l’extase amoureuse atteinte par les amants, le dépassement de soi lors d’un moment de crise ou d’un exploit sportif ou tout simplement humain. Ce travail intellectuel n’a donc strictement rien à voir avec la rédaction de dogmes, de lois, d’interdits qui occupe les dirigeants des systèmes de pouvoirs religieux plus ou moins fanatisés. La pratique de la démarche spirituelle fait partie de la vie des générations présentes à un moment donné sur la Terre, les traces de ce vécu et des expériences ayant eu lieu sont conservées dans le savoir religieux. L’une est vivante et toujours en quête, l’autre représente les leçons du passé. Spiritualité et religion appartiennent au même domaine de savoir, parlent de la même source de savoir non intellectuelle mais ce sont deux moments différents. Le travail religieux fait passer les traductions des mystères qui sont de l’ordre de l’indicible dans le domaine intellectuel. Ce travail est particulièrement délicat et cause de malentendu car il s’agit de transformer des messages tirés de la première source de savoir dans le savoir construit à partir de la seconde source de savoir : la source intellectuelle liée aux capacités de notre esprit humain forcément limité devant l'indicible et le mystère de la vie. La complémentarité entre spiritualité et religion fonctionne naturellement dans l’organisation en réseau. Au contraire, un système de pouvoir religieux pour se développer doit monopoliser la source initiatique du savoir ou, mieux encore, l’interdire purement et simplement pour qu’elle ne vienne pas menacer la construction laborieuse de ses dogmes sur lesquels repose son pouvoir. La religion catholique romaine a réussi à interdire la source initiatique depuis le Concile de Nicée et notamment l’interdiction des cérémonies d’Éleusis, la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie et des temples d’Égypte.

  L’organisation en réseau fondée sur les valeurs produites à travers les démarches spirituelles de ses membres ne cesse de produire des cultures de groupes qui s’entremêlent pour arriver à la constitution d’un savoir global et au mariage des cultures. Le cœur de ce travail réside bel et bien dans la pratique du principe de subsidiarité y compris dans le savoir travaillé dans le domaine religieux. La résolution des problèmes, des questions posées par le contact avec les mystères de la vie et les découvertes de la science sur la vie ne cessent jamais et ne peuvent donc se figer dans des structures de pouvoir fixes comme celles des systèmes de pouvoir. Les systèmes de pouvoir se développent à partir de l’exemple d’un grand maître spirituel, d’un prophète. Ce maître spirituel, dans tous les cas rapportés par l’histoire, fonde des communautés de croyants organisées en réseau, les premières communautés chrétiennes ne faisant pas exception à cette règle d’évidence. Mais quelques temps plus tard, soit disant pour préserver le souvenir exact des enseignements de ce maître spirituel, quelques dirigeants trouvent bon d’édifier un système de pouvoir religieux et transforment les enseignements originels en dogmes plus ou moins trafiqués. Souvent ces enseignements sont peu nombreux car les maîtres spirituels utilisent la communication orale, la parole sacrée et répugnent à se commettre dans des écrits qui peuvent être interprétés ensuite n’importe comment par des lecteurs ignorants et non initiés. Le récit d’une initiation ne sert qu’à un seul but : permettre à celui qui écoute de trouver plus facilement sa propre initiation et surtout pas d’accaparer cette parole pour rédiger un dogme et instaurer un système de pouvoir qui viendra interdire toute démarche initiatique ! Lorsque cet enseignement originel est peu fourni, les instigateurs du système de pouvoir religieux qui, évidemment, n’ont aucune connaissance sérieuse de la traduction des mystères de la vie, sont bien en peine pour mettre en place des valeurs hautement humanistes ou des idéaux généreux dans la culture de leur système de pouvoir. Nous connaissons parfaitement la recette qu’ils utilisent pour parvenir à leurs fins à imposer des normes sociales et des règles à leurs peuples : ils utilisent le cadre des modes de vie pour prononcer des autorisations et surtout des interdits. La comparaison entre le mouvement chrétien développé par les ordres monastiques ( qui est différent de celui imposé par le système de pouvoir du pape, d’où la destruction de l’ordre du Temple par l’Inquisition ) et le système de pouvoir de la religion musulmane édifié après l’avènement du mouvement spirituel du christianisme, permet de poser cette utilisation du savoir religieux à des fins totalement différentes. Le mouvement monastique va créer une doctrine chrétienne à partir des grandes cultures existantes : celtes, hébraïques, géco-romaine, musulmane. Les moines ne prononceront pas de règles à partir d'interdits jetés sur des modes de vie, notamment alimentaires. Ils produiront de nouveaux aliments ou boissons avec des procédés sains et sécurisés de conservation pour que les gens ne souffrent pas de faim : le fromage pour conserver le lait, le vin, le champagne qui se garde des dizaines d'années, la bière, etc. En Alsace, le pasteur Oberlin plus tard introduira la culture de la pomme de terre venue d'Amérique pour éliminer les famines parmi ses villageois. Il y a d'autres exemples. Cette pratique est à l'opposée de la religion musulmane qui n'a utilisé les modes de vie et les problèmes alimentaires qu'au regard des interdits et des obligations pour la purification nécessaire aux moments de prière. Le laxisme et l'absence de progrès sur le plan alimentaire et sanitaire se justifiaient sur le plan idéologique religieux et dispensaient ainsi les dirigeants de ce système de pouvoir religieux, des efforts considérables qu'ils avaient à faire pour assurer un niveau de vie matériel suffisant à leurs peuples. Il est évident que dans des pays désertiques et sous les tropiques, cette tâche est très difficile, bien plus que dans les régions tempérées où poussent facilement le blé et la vigne. Mais ce n'est pas une raison pour transformer ces problèmes de vie quotidienne en valeurs culturelles au service de l'idéologique d'un système de pouvoir religieux. Ces valeurs matérielles n'ont aucun intérêt sur le plan spirituel pour le devenir de l'humanité. Il y a lieu de replacer ces questions au niveau de l'amélioration des modes de vie, leur place habituelle chez les autres peuples. Défendre une culture dont les valeurs sont en réalité des règles prononcées sur des modes de vie ne peut que poser problème face à d'autres cultures aux valeurs fondamentales humanistes car cette culture peu humaniste pour survivre devra refuser d'assimiler justement les valeurs humanistes des autres cultures. Nous sommes bien en présence d'un conflit idéologique entre un système de pouvoir et d'autres cultures plus ou moins elles aussi soumises à des systèmes de pouvoir. Les communautarismes utilisent largement des modes de vie, des traditions, des coutumes ancestrales pour combler l'absence de valeurs hautement humanistes, en premier lieu la valeur de stricte égalité entre homme et femme dans la vie quotidienne et l'organisation du travail. C'est pourquoi les communautarismes doivent être éliminés. Cette contradiction et ces antagonismes disparaissent, sont éliminés dans l’organisation en réseau comme les autres systèmes de pouvoirs civils ou militaires. Le concordat permet aux réseaux citoyens de vie, de contrôler la production du savoir religieux pour interdire tout développement de systèmes de pouvoirs religieux. Les systèmes de pouvoirs religieux n’ont pas de place dans une organisation en réseau car leur but et leur fonctionnement sont contraires aux valeurs et objectifs des réseaux de vie, à leur utilisation de la spiritualité et du savoir religieux pour développer des sociétés pacifiées sans discrimination de sexe, d’âge, de religion et de culture. 

Nous avons montré sur fileane.com en quoi consiste la première révolution spirituelle et son rejet des massacres d’autres êtres humains qualifiés d’imparfaits ou de race impure. Lorsqu ’Abraham obéit à Dieu et sacrifie un animal à la place de son fils, il obéit à la nouvelle règle qui fonde le monothéisme : il ne faut plus tuer d’autres êtres humains surtout pour faire plaisir à ce Dieu unique qui est le créateur des anciens dieux qui ont façonné les races humaines lors de leur venue sur terre et ont connu des expériences diverses depuis la création de race de géants jusqu’à des races non pourvues de toutes les capacités pour vivre durablement sur la Terre, races condamnées de ce fait à l’extinction et qu’il fallut détruire pour préserver celles mieux adaptées aux conditions terrestres. Moïse confirmera ce commandement : tu ne tueras pas. Le christianisme apporte une continuité nouvelle dans le monothéisme en posant le fait que la présence divine vit en nous et nous aide à traverser la mort de notre corps charnel pour accéder à la vie d’après la vie humaine.   C’est enseignement existait bien avant Jésus mais il restait dans le secret de l’initiation, personne n’en avait fait le fondement d’une démarche politique destinée à changer radicalement les cultures pour instaurer des valeurs humanistes bien plus respectueuses de la vie humaine, pour apporter la bonne parole à tous les êtres humains. Nous savons que le prophète Mohamed rejette également le polythéisme et que son mouvement est bien aussi le prolongement d’Abraham. Le point de divergence entre chrétiens et musulmans trouve son origine dans le fait que Mohamed rejette la notion de la Trinité sous prétexte qu’elle est un reste de polythéisme. L’initié peut entrer en contact avec des esprits et même avec la présence divine qui vit en nous et à ce stade, il n’y a qu’une seule présence divine. L’initié ne reçoit aucun indice surnaturel qui peut le conduire à la traduction du mystère de la Trinité : une voix lui parle et elle est de nature divine ! Mohamed dans son enseignement en reste là et cela va avoir des conséquences non négligeables sur la place des êtres humains face à Dieu, à leur soumission à Dieu et au fait que la religion musulmane va tolérer les discriminations entre hommes et femmes, entre croyants et incroyants, etc. et qu’elle utilisera constamment la guerre et les conquêtes militaires pour s’étendre à travers le monde. Les initiés sortant des temples de l’Égypte antique s’appelaient fils de Dieu et pour témoigner de leur initiation, ils parlaient aux autres de la question de l’Apocalypse. Jésus va faire le ménage dans tous ce corps de savoir initiatique antique pour ne garder que l’essentiel : celui qui a reçu la plus haute initiation sur les bords du Nil comme ailleurs a traversé le puits de lumière, il a reçu l’autorisation de celui qui parle, le Verbe, d’entrer dans un monde différent de notre condition humaine et il a perçu des présences qui sont venus l’aider à progresser jusqu’à franchir ou non une dernière frontière pour accéder à la dimension d’éternité. L’enseignement que l’initié tire de ce vécu correspond exactement aux paroles transmises aujourd’hui par les personnes ayant vécu des expériences de mort immédiate ou NDE en anglais. C’est toujours le même processus quel que soit l’être humain. La traversée du puits de lumière, de départ hors de notre corps charnel n’est possible que si notre esprit se fonde dans la présence qui vit en nous et que nous appelons notre âme. Quoiqu’il advienne, en péril de mort, elle quitte notre corps et c’est à nous de nous fondre en elle. Sans elle nous n’avons pas le pouvoir de franchir le puits de lumière. Ce savoir initiatique pose la réalité de deux formes possibles pour la présence divine : celle qui est en nous et que nous appelons le Christ et qui n’est qu’une infime partie de la présence qui nous attend au sortir du puits de lumière. Une troisième forme réside dans cette parole qui nous autorise l’accès du monde supérieur et nous impose de suite le retour dans notre condition humaine. La trinité représente la description de ces trois formes de la présence divine, de ces trois facettes d’une même et unique présence divine. Dès lors la culture chrétienne pose la valeur fondamentale que cette présence divine sans exception vit dans chaque être humain ( pour les animaux nous n’en savons rien sauf que la vie est unique et que les lois de la génétique sur la planète Terre sont multiples …et ailleurs probablement aussi ! ). Le christianisme supprime toutes les discriminations entre êtres humains, la femme est la parfaite égale de l’homme devant Dieu même si les missions humaines dévolues à chaque sexe peuvent différer. Tuer d’autres êtres humains pour assurer une domination temporelle est un crime contre l’humanité. L’esclavage est également un crime contre l’humanité. 

Le christianisme n’accepte aucun compromis avec ces valeurs humanistes : ceux qui suivent cette voie arriveront à dialoguer avec le Christ qui vit en chacun de nous, les autres vont avoir des problèmes pour franchir le puits de lumière et s’ils n’y arrivent pas, ils devront vivre autre chose en attendant une aide externe pour tenter à nouveau cette traversée. Dès lors il est compréhensible que le développement du christianisme ne s’est pas fait par des conquêtes militaires : ce sont principalement les femmes qui convertirent leurs époux à cette foi nouvelle et qui mirent en place la libération des esclaves dans le monde romain. Ce sont les martyrs qui donnèrent l’exemple d’une nouvelle façon de vivre en groupe et d’avoir foi dans la vie d’après la vie humaine. Les premières communautés chrétiennes pratiquaient les cérémonies initiatiques comme celle d’Éleusis près d’Athènes. Pacôme a su préserver le savoir des prêtres du temple de Dendérah pour fonder le mouvement cénobite et les premiers monastères qui surent conserver et adapter le savoir ancien aux réalités de l’Europe d’après la chute de l’empire romain et des grandes invasions. Nous savons que ce mouvement d’abord protégé par le pouvoir du pape de Rome à été détruit en 1307 en France lors de l’arrestation des templiers. Le christianisme s’est transformé dans un système de pouvoir religieux dont la prérogative fut de nommer les rois et les empereurs jusqu’au moment où ces derniers se nommèrent eux-mêmes sans l’autorisation des papes. 

Aujourd’hui les systèmes de pouvoir religieux doivent se débarrasser des marques de leur pouvoir temporel pour revenir à leur finalité originelle : le travail sur la transformation des traductions du mystère de la vie dans un savoir religieux capable d’aider l’humanité générations après générations. Ce travail se fait selon la sensibilité et la culture des peuples, il y a donc forcément plusieurs traductions religieuses. L’essentiel consiste à partir de leurs racines spirituelles à développer un savoir global capable de répondre à nos raisons de vivre et de mourir quelles que soient notre place dans l’humanité. Le système de pouvoir chrétien qui a éclaté en plusieurs sous-systèmes n’a pas à chercher un syncrétisme quelconque pour unifier à nouveau ce système de pouvoir sous l’autorité d’un pape, d’un patriarche ou de la reine d’Angleterre ! Il doit changer les valeurs et les interdits qu’il a mis en place, autoriser à nouveau la voie initiatique et cesser de considérer qu’il n’y a eu que Jésus en tant que fils unique de Dieu pour connaître ces contacts avec les mystères de la vie. Tout être humain en a la capacité encore faut-il lui dire comment s’y prendre pour ne pas se perdre en cours de route. Venir l’aider avec des prières, demander à Dieu d’intercéder en sa faveur, c’est bien mais cela reste très incomplet et superficiel : il peut s’aider lui-même surtout si d’autres initiés lui ont parlé de ces expériences de vie pour franchir la mort, comme l'enseignaient les prêtres d'Égypte : l'être humain peut renaître à la vie d'après la vie durant son existence humaine et prendre alors le nom de fils de dieu. Il célèbre cette communion entre ces deux vie qui animent sa condition humaine à travers le rite de la transformation du pain et du vin et nourriture de vie céleste. Le système de pouvoir musulman doit également quitter les valeurs qui fondent son pouvoir. La remise en cause de cette culture semble plus accessible pour plusieurs raisons : d’abord le pouvoir religieux musulman n’a jamais interdit la voie initiatique et plusieurs écoles l’utilisent correctement ( notamment le soufisme, les derviches tourneurs utilisent la porte de l’extase à partir d’un travail sur le corps charnel, etc.. Ensuite les valeurs fondatrices n’ont pas à être reniées ou à être supprimées comme c’est le cas dans la religion catholique romaine : il suffit de les compléter à partir de nos pratiques actuelles initiatiques relatives à la traversée du puits de lumière et à nos périples dans le monde supérieur. Avouer que Mohamed a commis une erreur d'interprétation en confondant la Trinité avec des restes de polythéisme n’a rien de grave, sa révélation est tout à fait exacte sauf qu’elle est incomplète par rapport au savoir initiatique de l’Égypte antique  et des premières communautés chrétiennes tout comme par rapport au savoir spirituel des peuples de l’Asie aux cultures bouddhistes, hindouistes, taoïstes, etc.

  Changer des valeurs tirées de modes de vie n’a rien de compliqué si l’on veut le faire : abandonner l’interdit jeté sur la viande de porc, le voile pour les femmes, la mixité sociale, la ségrégation raciale, etc. … n’a rien d’une dimension profondément divine. Ces interdits pouvaient s’admettre dans le contexte historique de l’époque pour éviter des problèmes sanitaires ou sociaux. Plus tard l’Europe connaîtra la grande peste et la viande de porc sera mise en cause dans ce désastre. Mais vouloir imposer ces anciens modes de vie propres à la culture d’un peuple particulier, à d’autres peuples et plusieurs siècles après sous prétexte que ce sont des valeurs d’ordre divin issues d’un savoir initiatique, ne mène qu’au communautarisme, qu’au repli sur une culture traditionnelle qui ne correspond plus aux besoins d’une société contemporaine et qui empêche la progression des cultures vers la réalisation des valeurs fondatrices de l’humanité : l’amour, la paix, le mariage des cultures. La tradition et le respect des normes sociales traditionnelles ne sont en rien des valeurs fondatrices d’une culture et d’une civilisation. La règle est déduite des valeurs culturelles sinon elle devient tyrannique et conduit aux pires extrémismes et pires génocides. Les valeurs de l’humanité sont connues et lorsque les systèmes de pouvoirs civils et religieux viennent à mettre en place des cultures qui leur sont contraires, il reste toujours l’alternative de l’organisation en réseau et l’utilisation d’une autre évolution de nos cultures.

 

L’évolution culturelle

 

Notre culture de la révolution française depuis 1789, nous l’avons dit, ne remet pas en cause les fondements de l’état centralisé et d’un système de pouvoir. Il s’agit de chasser des dirigeants qui ont abusé de leurs pouvoirs par d’autres qui prétendent faire mieux en ne modifiant guère le régime politique tant ces nouveaux dirigeants se contentent d’utiliser ces instruments du pouvoir centralisé pour imposer plus rapidement leurs volontés alors que les citoyens se persuadent à travers la personnalisation du pouvoir qui n’a pas changé depuis la royauté, qu’en serrant la main du nouveau chef, celui-ci ne pourra que venir satisfaire leurs intérêts immédiats et matériels en prenant l’argent aux riches pour le redistribuer aux plus pauvres comme bon nombre de nos contemporains imaginent encore l’action politique aujourd’hui, tant les dirigeants précédents les ont maintenus dans l’ignorance ou tout au moins la non-éducation par la nation de l’art de vivre en société et de trouver ses raisons de vivre. Cette culture de la révolution attisée par des partis extrémistes de droite comme de gauche ne repose que sur l’image d’une norme sociale recluse dans l’exigence d’un pouvoir étatique fort capable d’imposer à tous l’intérêt général qui n’a jamais pris d’autres formes dans l’esprit des citoyens que celui d’un idéal plus ou moins vague… et certains politiciens français actuels s’imaginent toujours imposer cette volonté d’idéaux à nos partenaires européens ! Comme le poète qui s’exprime sur le site fileane.com, les poètes et artistes, architectes et compagnons bâtisseurs, les soldats aspirant au rang de chevaliers ont toujours la possibilité de montrer à leurs contemporains les façades, rosaces, flèches de nos cathédrales pour leur rappeler qu’avant l’instauration de l’absolutisme royal et bien après les invasions barbares qui mirent fin à l’empire romain, notre pays s’était organisé en réseaux de villes libres, d’ordres chevaliers et monastiques qui mirent en place un mariage des cultures provenant des différents peuples qui vivaient sur le sol de notre pays et du continent européen. Aller voir de près les pyramides et les temples d’Égypte, c’est bien mais cela reste qu’un souvenir touristique si nous ne comprenons pas la filiation, le lien étroit qui existe entre ces vestiges des bords du Nil et nos cathédrales au cœur de nos villes. A ce stade, il ne s’agit plus de culture de la révolution, mais bien de poursuivre une fois de plus cette évolution culturelle après quelques siècles plus sombres dominés par des pouvoirs religieux et civils ou militaires qui abusèrent de leurs systèmes de pouvoir politiques ou économiques pour plonger l’humanité dans des guerres devenues mondiales et des interdits sociaux notamment rejetant la sexualité qui condamnèrent les gens à vivre des existences humaines qu’ils n’avaient pas voulues, des mariages aux amours qu’ils n’avaient pas choisis, des enfants dont ils n’avaient que faire avant de les mettre au travail pour qu’ils rapportent de l’argent, des raisons de vivre qui n’étaient pas les leurs, une mort décidée et organisée par d’autres pour leurs intérêts de dirigeants des peuples.  

L’évolution culturelle que le mouvement fileane.com travaille à produire prend forme. Ses racines sont dégagées des sables de l’histoire. Ses valeurs sont connues et existent toujours sur notre planète même si les peuples qui les pratiquent sont menacés par la mondialisation de la culture matérialiste née de la société industrielle et de l’économie libérale. Pour comparer la culture d’une organisation en réseau avec la culture économique libérale qui se mondialise par la volonté de ses dirigeants notamment américains, nous pouvons procéder de la manière suivante :

 

1) le clivage des cultures selon le degré d’incertitude qu’elles admettent

l’exemple classique en Europe est celui de la culture latine ou méditerranéenne comparée à la culture anglo-saxonne

culture

latine Anglo-saxonne  

communication

Primauté de l’écrit  

 

Primauté de l’oral

Perception de la valeur de sécurité  

Tout doit être écrit, comme cela chacun sait ce qu’il doit faire et tout ira pour le mieux

 

L’essentiel est de se réunir autour d’une table pour discuter d’un problème et pour mettre en pratique des méthodes de résolution de problèmes afin d’éliminer un dysfonctionnement

 

Normes sociales  

Primauté à la loi

Respect scrupuleux du texte

Seul une minorité et une élite peuvent modifier le texte

Les autres doivent obéir

Primauté à la négociation

On avance cas par cas

Utilisation du principe de subsidiarité

Tous participent à la vie du groupe et se mettent d’accord sur les normes de vie du groupe  

Modes de vie

Soumission à l’autorité ou contestation récurrente des lois voire rejet du pouvoir

Modification du régime politique lors de crises civiles violentes

L’initiative individuelle est mal vue et peu récompensée

Groupes de discussion ou de pression pour défendre l’intérêt général

établissement de chartes et évolution du pouvoir plus régulière

L’initiative individuelle est valorisée et fortement récompensée  

 

Degré d’incertitude 

admis  

Très peu d’incertitude, tout est codifié par des dogmes, des idéaux, des utopies et des fictions juridiques  

Forte incertitude, part du rêve dans la culture pour stimuler les initiatives individuelles ou de groupe

L’incertitude est maîtrisée à travers les objectifs que se donnent chaque groupe social et la tolérance pour les cultures d’autres groupes  

 

L’affrontement entre ces deux cultures peut à lui seul résumer l’échec de la constitution européenne et le vote contraire des français en 2005. En effet, il était couru d’avance que si les Français restaient fidèles à leur culture, cette constitution dans son texte devait être irréprochable et tout prévoir sur tous les plans de l’action politique économique et sociale. Pour les Anglo-saxons et les européens du Nord, ce texte constitutionnel n’est qu’un cadre qui doit permettre le tenue de négociations et de séances de résolutions de problèmes dans le cadre du principe de subsidiarité : l’essentiel est de résoudre les problèmes et non pas de passer son temps à faire des lois plus ou moins applicables. Pour des politiciens français, utiliser ces réactions culturelles latines pour faire valoir des intérêts électoraux n’a rien d’habile, bien au contraire ces manœuvres outre qu’elles restent stériles sont d’un populisme des plus affligeants et révoltants. L’utilisation de tels arguments dans ce débat devrait être disqualifiant. Place doit être donné au mariage des cultures et à une pratique du compromis capable de faire éclore une nouvelle culture commune aux européens.  

Le capitalisme en tant que système de pouvoir s’est bien entendu mieux accommodé de la culture anglo-saxonne que de la culture latine. Dans le débat sur la mondialisation, il faut prendre garde de ne pas confondre culture anglo-saxonne et culture de l’économie libérale capitaliste : la culture latine comme la culture anglo-saxonne existaient avant l’ère industrielle. Si la culture latine descend bien du système de pouvoir militaire romain, la culture anglaise du compromis et de la grande charte trouve ses origines dans la culture du temps des cathédrales et fut importée par les Normands de Guillaume le Conquérant instruits par les moines bénédictins. C’est le moine Lanfranc qui dressa les plans de l’invasion de l’Angleterre par les troupes normandes et c’est en Écosse que se réfugièrent bon nombre de templiers lors de la destruction de leur ordre chevalier après 1307. Nous avons montré aussi que l’organisation confédérale du peuple iroquois provient de la culture politique économique et sociale enseignée par les ordres monastiques et chevaliers européens. Éliminer le système de pouvoir économique capitaliste ou libéral n’entraîne pas automatiquement la destruction des cultures latines ou anglo-saxonnes, loin de là. Ces deux cultures sur le plan européen doivent cependant évoluer pour faire coïncider leur perception d’un même degré d’incertitude afin qu’elles admettent des valeurs communes sur le plan de la sécurité, de la place de l’initiative individuelle dans l’action politique économique et sociale, du rôle d’une charte ou d’une norme élaborée par tous par rapport à la loi établie par le pouvoir. La culture anglo-saxonne sert davantage une organisation en réseau qu’un système de pouvoir et c’est logique lorsque nous nous rappelons d’où elle trouve son origine. Nous en servir sur le sol de France n’est qu’un retour au point de départ ou plutôt au point de rupture dans notre histoire lorsque les rois de France, par trahison, détruisirent l’organisation en réseau du temps des cathédrales pour développer l’absolutisme royal. Il est évident que ces deux cultures ont été transformées par le système de pouvoir de l’économie capitaliste et certainement plus la culture anglo-saxonne que la culture latine. Il reste à établir la comparaison entre le système de pouvoir économique libéral et une organisation en réseau dans le contexte actuel.

 

2) l’antagonisme entre le système de pouvoir économique libéral et une organisation en réseaux

Système de pouvoir économique capitaliste libéral  

Organisation en réseaux  

valeurs

L’intérêt général assuré par la liberté des marchés

La sacralisation de la propriété individuelle et la maximisation du profit

La consommation des biens matériels détourne les gens des questions belliqueuses qui ont ensanglanté notre histoire  

 

La paix, l’amour

la tolérance des autres cultures

Le travail est le moyen par lequel l’humanité s’élève dans un développement durable

La sexualité comme moyen pour prévenir les violences

Le développement d’un savoir global à partir des deux sources de connaissances : spirituelle et intellectuelle, qui permet de trouver nos raisons de vivre et de mourir

 

Valeurs interdites, tabous

La domination d’intérêts particuliers qui vient fausser la liberté des marchés

L’intervention importante des états  

l'intervention des systèmes de pouvoirs religieux sauf si leurs idéologies justifient la maximisation des profits pour l'élite dirigeante

Le développement important de l’économie non marchande capable de ruiner les dirigeants de l’économie marchande

Les questions liées à la conscience humaine et qui sont une source de conflits contraire au bon fonctionnement du système de pouvoir et à ses dogmes ou utopies  

 

Un état fortement centralisé qui vit séparé du peuple

La division sociale entre secteur public et secteur privé, entre économie marchande et économie non marchande

L’utilisation d’armes, de drogues capables de tuer

L’envie et la jalousie envers les autres  

Normes sociales

Au niveau de la structure du pouvoir  

La loi de l’offre et de la demande

La liberté du commerce et de l’industrie : priorité aux entrepreneurs du secteur privé

La spécialisation des échanges

Le principe d’autorité

Le principe d’efficacité

Le pouvoir conféré à des élites

La mission des états d’assurer le développement des infrastructures pour favoriser les activités marchandes : santé, éducation, transports, logements

Le système éducatif est d’abord un instrument de sélection social pour détecter les futurs dirigeants du système de pouvoir

 

La complémentarité entre les trois contrats : interpersonnel dans un couple et une famille, commun dans un groupe, social au niveau d’un peuple et de la confédération entre peuples

L’élaboration de normes par les groupes eux-mêmes et l’absence de pouvoir hiérarchique

La répartition du pouvoir entre hommes et femmes, entre groupes de production de richesses et groupes militaires de défense et de lutte contre les violences extérieures

Le pouvoir absolu de décider en dernier recours accordé aux mères

La complémentarité entre les trois formes de propriété

Le système éducatif favorise l’épanouissement personnel et la constitution des couples d’amants à partir desquels l'éducation et l'exercice des responsabilités publiques s'organisent pour une nouvelle génération

Au niveau de l’organisation du travail  

Devenir actionnaire pour participer à la répartition des profits

La généralisation du salariat

Le chômage pour les personnes qui ne font pas l’effort d’être dans le salariat

Le contrat républicain entre citoyens qui s’engagent dans le salariat et l’état qui développe une protection sociale à partir des revenus du travail  

L’évolution de l’activité d’une personne entre travail, œuvre et action politique tout au long de l’existence humaine

Le principe de subsidiarité et le développement des expertises qui n’exclut personne

L’ancienneté au travail donne des droits de propriété dans les moyens de production utilisés par le groupe social : le salariat n’est qu’un point de départ pour les personnes qui ne peuvent hériter des droits acquis par leurs parents ou acquis par leur propre travail

La propriété commune assure la protection minimale garantie à tous citoyens  

la propriété commune est le cadre juridique dans lequel les oeuvres se réalisent pour être transmises aux générations futures dans le cadre du développement durable

l'action politique est une forme du travail pour contribuer au devenir du groupe social

Au niveau de l’organisation de la vie  

Liberté individuelle soumise aux contraintes du système de production de l’économie marchande

Gestion des congés et des absences au travail

Encadrement de la vie privée dans le statut social du mariage et de l’autorité parentale, intégration des couples marginaux dans de nouveaux statuts intermédiaires

Éducation uniquement intellectuelle dans le cadre du rationalisme scientifique

Apprentissage de la soumission aux règles du système de pouvoir

L’égalité entre hommes et femmes

La liberté sexuelle pour favoriser la constitution de couples d’amants tout au long de l’existence humaine

Les problèmes matériels ne doivent pas venir détruire une relation amoureuse

Le mariage tue l’amour

L’éducation mène à la possession d’un savoir global capable de répondre aux raisons de vivre d’un être humain quel que soit son lieu de naissance

Des lieux de vie faisant partie de la propriété commune au groupe social assurent matériellement le respect de la dignité à chaque étape de l’évolution humaine : naissance, éducation, amours, réalisation d’œuvres, action politique, maladie, décès…

 

Au niveau de l’organisation de la sécurité matérielle et militaire  

Le commerce des armes est un outil pour régner et semer le désordre dans des pays que l’on cherche ensuite à contrôler

La guerre préventive contre les cultures qui refusent la domination du système de pouvoir de l’économie libérale

 

La garde des armes est placée sous la puissance des forces de l’esprit, d’un groupe expérimenté dans cette responsabilité politique la plus importante

l’élimination des armes dans les mains des criminels de guerre

le soldat est initié pour devenir un chevalier sans peur et sans reproche capable d'utiliser toutes les forces disponibles pour un être humain initié

Modes de vie : Points significatifs que nous retenons 

Développement des pollutions et nuisances, réchauffement du climat

Accroissement des inégalités sociales et des exclusions

Panne de l’ascenseur social

Généralisation des peurs et du malaise social

Désaffection du politique, recours à des mouvements de lutte autonome, monté des extrémismes

Banalisation des divorces pour plus de la moitié des couples

Baisse de la fécondité et choc démographique, non-renouvellement des générations

Précarisation du monde du travail, augmentation des violences au travail : licenciements brutaux, harcèlement moral pour économiser des indemnités de licenciement, période d’essai à rallonge justifiée uniquement pour des raisons économiques et à cause du manque de confiance des employeurs dans la situation économique

 

Partage du temps de travail entre production matérielle nécessaire, œuvres pour le développement durable, action politique dans le cadre d’une démocratie directe pour assurer la survie à long terme sur la planète  

participation aux conseils dans le cadre de la subsidiarité pour résoudre les dysfonctionnements de la vie en groupe

Résolutions de problèmes selon son niveau d’expérience ; d’abord dans le cadre familial puis dans la gestion d’un groupe social, enfin au niveau des responsabilités de la conduite d’un peuple et de ses relations avec les autres peuples

Démarche spirituelle à partir des trois sources de spiritualité : le dépassement de soi, la relation amoureuse, la pratique intellectuelle soit de la créativité poétique, soit de la méditation mystique, soit de la prière directe

Apprentissage manuel et intellectuel pour résoudre les contraintes d’une condition humaine et participer à la vie sociale du groupe, à la réalisation d’une œuvre et à l’action politique quotidienne

Écoute de la nature et des manifestations de la vie sur terre et dans l’univers… et au-delà

Partage des expériences de vie entre générations et entre peuples et cultures : voyages et rencontres

 

 

Ce basculement d’une société qui quitte un système de pouvoir pour développer une organisation en réseau représente un choix de société. Nous avons dit que la progression de cette évolution se fait à partir des changements de modes de vie. Ces nouveaux modes de vie appliquent les valeurs qui ont été retenues par un groupe social. Tout dépend ensuite de la volonté de résistance ou de la capacité de changement des dirigeants du système de pouvoir. Au Moyen-age, le mouvement bénédictin se chargea d’instruire les dirigeants du pouvoir civil et ceux du pouvoir religieux. Des bénédictins devinrent pape et les seigneurs de guerre récalcitrants furent prier d’aller en croisade. Devant l’échec du changement culturel de ces seigneurs et les actes de barbarie commis lors de la première croisade, nous savons que le mouvement bénédictin chargea Bernard de Clairvaux de fonder l’ordre chevalier du Temple pour que des militaires viennent défendre le mariage des cultures européennes qu’ils avaient réalisé depuis Cluny, Cîteaux, Clairvaux. L’organisation en réseau d’abord protégée par l’Église romaine, nous nous répétons, fut détruite lorsque les rois de France constatèrent qu’elle les avait ruinés car les ressources du royaume avaient disparues puisque les gens avaient mis leurs propriétés sous la gouverne des abbayes et des ordres chevaliers, principalement celui du Temple. 

A travers notre comparaison, il apparaît clairement que le seul point commun entre le système de pouvoir économique libéral et l’organisation en réseau est la place toute secondaire accordée à l’état. Marx et Engels avaient été ébahis de constater la supériorité de l’organisation politique du peuple iroquois haudenosaunee qui ignorait la notion d’état. Nous savons qu’ils commirent une erreur fondamentale en croyant que nos sociétés n’étaient plus capables de se passer de cette organisation étatique. Les états ont été de formidables machines de guerre broyant les peuples à travers des génocides et des guerres mondiales et aucun n’a su renverser la montée des inégalités provoquées par le développement industriel. Acculés par les déficits économiques et sociaux, ils ne peuvent lutter contre les manœuvres des dirigeants de l’économie marchande. Mais demander simplement la réduction du rôle des états est aujourd’hui source d’une terrible confusion : comme les dirigeants de nos systèmes de pouvoir ont posé l’interdit sur l’alternative de l’organisation en réseau, très peu de gens connaissent la manière de la développer et la plupart partagent encore la peur inculquée par ces dirigeants devant l’idée de l’absence de l’état ou de la réduction de son rôle. Pour un politicien tant soit peu avisé, parler de la suppression de l’état en France aujourd’hui est tout simplement suicidaire et met fin à sa carrière politique. Mais pour un poète qui n’a que faire de devenir un politicien dans nos systèmes de pouvoirs civils, militaires ou religieux, cette remise en pratique de l’apprentissage du développement d’une organisation en réseau ne pose aucune difficulté politique, intellectuelle, sociale. Quant au coût économique de la mise en place de cet apprentissage, il reste supportable dans le cadre d’une petite entreprise planétaire utilisant Internet : il suffit que le poète se mette au clavier ( ce qu’il fait depuis très longtemps depuis l’époque de la machine à écrire mécanique ) et n’écrive plus sur un traitement de texte mais sur un éditeur de pages html.  

Notre mouvement ne va pas se perdre dans une culture de la révolution pour prendre la direction de nos systèmes de pouvoir. Nous n’avons pas la culture de la révolution et l’état d’esprit d’un parti attiré par les solutions extrémistes. Nous souhaitons que le débat politique s’imprègne de cette manière alternative de considérer notre situation actuelle : quelles valeurs voulons-nous privilégier pour fonder sur elles nos normes sociales, nos règles de vie ? Comment allons nous concilier l’évolution nécessaire de notre culture actuelle latine pour participer activement au développement du mariage des cultures européennes pour élaborer une nouvelle culture commune capable de participer au développement durable de la vie sur terre ? Comment nos modes de vie peuvent-ils transformer nos règles et nos lois ? Comment adapter de nouvelles structures politiques pour faire vivre nos valeurs ? Voulons nous clairement rester dans un système de pouvoir économique libéral et affronter tous ces dangers, payer tous ses dégâts ? Comment briser l’interdit jeté sur l’alternative de l’organisation en réseau ? Le choc démographique prévu à partir de 2006 peut-il à lui seul suffire au retour du plein emploi ? Comment 3 actifs vont-ils financer la protection sociale de 7 inactifs sans répartir autrement la valeur ajoutée produite par les seules entreprises de l’économie marchande ? En taxant plus durement encore tous les salaires du secteur privé et du secteur public sans oublier les retraités ? En faisant travailler chez nous des quotas d’immigrés qui cotiseront chez nous comme les autres français et seront interdits de transférer une partie de leurs salaires dans leurs pays d’origine et n’auront aucune retraite lorsqu’ils repartiront chez eux ? Va-t-on taxer au moins à 50% les montants transférés par les fonds de pension étrangers dans leurs pays pour financer la retraite de leurs adhérents, afin de payer en priorité la retraite des français avant les leurs puisque le travail générateur de valeur ajoutée a été réalisé chez nous ? De contradictions en contradictions comment allons nous sortir de ce système de pouvoir économique ? Il n’y a qu’une seule réponse valable à cette heure : par l’action politique du plus grand nombre de citoyens. Et cette action ne se limite pas, nous l’avons compris, à la seule sélection des candidats qui trépignent d’impatience pour occuper les places offertes dans notre système de pouvoir, tout comme à placer le SMIC à 1 500 euros au lendemain des élections de 2007. Ces détails ne changent rien à la question de fond. Action politique et évolution culturelle sont étroitement liées. Est-ce l’action qui précède la pensée ou la pensée qui précède l’action ? Ces discours de philosophes qui ont le don d’irriter les poètes ne nous intéressent pas. L’essentiel est d’être prêt à l’action … et de savoir où l’on va. Ce n’est pas ce qui manque dans notre mouvement et à la place d’une boussole, nous avons les flèches de nos cathédrales et plus loin, les quatre côtés des pyramides sur les bords du Nil qui indiquent elles aussi les quatre points cardinaux à partir desquels nous pouvons nous diriger sur la planète terre… sinon il y a la course du soleil et mieux encore la course des étoiles : les fixes et les errantes…Donc, il s’agit bien d’une question d’action.  

Nous poursuivons notre action pour à partir de ce choix d’évoluer culturellement, rédiger la déclaration des droits à la vie sur terre et la constitution des réseaux citoyens de vie.  Lorsque qu'il s'agit de décrire une culture capable de se transmettre et d'évoluer sur plusieurs générations comme nous y travaillons, selon l'expression d'Edgard Morin, nous sommes en présence d'une politique de civilisation. Remettre en place des organisations en réseau est au coeur de notre politique de civilisation sur fileane.com. Ensuite, il s’agira de déchirer les lois anciennes de nos systèmes de pouvoir pour afficher à la place celles de nos organisations en réseaux… encore une fois : de l’action ! Et déchirer des textes représente pour un poète une habitude tout enfantine : Victor Hugo déchira ses poèmes d’enfance, Arthur Rimbaud se fatigua à écrire à son éditeur puis à Paul Verlaine de ne surtout pas imprimer ses poèmes encore trop éloignés de sa voyance et qu'il avait eu l'imprudence de confier à d'autres, Charles Baudelaire usa la patience de ses éditeurs en conservant ses manuscrits pour les travailler sans relâche tant l’alchimie de ses mots restait à parfaire…. Cette page web a aussi pris un certain temps avant que l'internaute ne vienne la lire mais, c'est vrai, il n'y a pas sur internet un délai d'édition lorsque l'auteur publie directement sa page. Déchirer des textes qui renferment des lois obsolètes et surannées, des hypocrisies sournoises sur les valeurs de nos cultures pour les remplacer par de nouvelles façons de vivre en paix nos amours, pour un poète, c’est bien une de ses raisons de vivre… et de mourir !… Oh pas d’affolement ; l’initié sait que ses raisons de vivre sont exactement les mêmes que ses raisons de mourir… ceci appartient au champ cognitif du savoir initiatique et est bien d’ordre religieux, sauf que ceci ne va pas légitimer un quelconque système de pouvoir civil ou religieux : au contraire, ceci est de nature à détruire ces systèmes de pouvoir qui entravent le développement de l’humanité dans la paix de nos amours.

le peuple Moso     la Grande Loi qui lie les nations iroquoises

 la déclaration des droits à la vie sociale des êtres humains

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