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Le tarif ou la mort.

Partie 1 :

Documents

Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant....en 2020 !

 

 

 

 

 

 

 

Cas pratique :

Vers 1825, un industriel propriétaire d'une filature possède des métiers à filer du modèle A qui fabriquent 100 broches à l'heure. Admettons, le salarié qui s'occupe de cette machine est payé 10 F de l'heure, soit 10 centimes par broche. 

Deux ans plus tard, l'évolution technologique met sur le marché des métiers à filer qui produisent 200 broches à l'heure. Les gains de productivité du capital technique sont importants et les industriels qui ne possèderont pas ces nouveaux métiers seront inévitablement battus par ceux qui les utiliseront. L'industriel, pour se développer, doit donc être parmi les premiers à pouvoir acheter ces nouvelles machines s'il n'est pas capable de fabriquer lui-même des machines innovantes. De manière à conserver cette capacité à investir et à suivre le progrès technologique, il va imposer le calcul suivant : 

La machine va produire 200 broches mais le salarié n'a rien à voir dans ce progrès technologique, il va continuer à être payé 10 F de l'heure mais rien ne pourra l'empêcher de calculer son nouveau tarif aux pièces : celui-ci sera divisé ici par deux, il passera à 5 centimes par broches. Ce nouveau tarif sera injustement apprécié au regard des manipulations qui vont doubler et fatiguer d'autant le salarié.  Les canuts vont se révolter en lançant ce slogan qui sera repris tout au long du XIXème siècle : " le tarif ou la mort ". " Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ". 

 

Les canuts ont rapidement compris la logique du système capitaliste industriel et la refusent.

 

Les canuts sont des artisans de la soie ayant une grande qualification professionnelle et dont le métier est reconnu par l'aristocratie qui porte les résultats de leurs travaux. Ruinés par les nouveaux ateliers industriels installés dans la banlieue de Lyon qui produisent plus et à moindre coût et la crise économique de 1830, ces artisans n'ont plus comme choix que de s'embaucher comme ouvrier dans ces nouvelles usines ou rester chez eux à travailler 18 heures par jour. Devenir salarié et ne plus être son propre patron passerait encore s'ils étaient associés au développement de leurs usines mais l'application de ces règles du calcul du salaire au pièce ou du tarif horaire va leur faire comprendre la nature exacte des règles de ce nouveau système industriel. Suffisamment instruits en calcul de gestion, ils vont refuser ce système et se révolter comme cela se passait quelques décennies plus tôt sous la Révolution.  Le tarif sinon il vaut mieux préférer mourir que d'accepter cette spoliation du travail : la revendication ne pouvait pas être plus légitime, justifiée qu'elle était par l'augmentation des cadences. La monarchie va réprimer cruellement cette révolte. Les frères de Louis XVI et les nobles ont là une occasion de prendre leur revanche. Ils vont appliquer le droit de propriété individuel de 1789 et en cela ils vont respecter ce droit fondamental obtenu par le peuple français mais ce droit va servir maintenant à fonder leur monopole sur la propriété des moyens de production et les profits tirés des gains de productivité. Une armée royale de 26 000 hommes mettra fin à la première révolte de 1831. En 1834, lors de la seconde révolte, l'armée devra tirer au canon pour réduire les insurgés. 

Le capitalisme viendra systématiser ce mode de calcul : la fixation du salaire doit être libre en fonction du marché afin de respecter le droit de propriété individuel des entrepreneurs. Alors que l'exode rural s'installe au profit des usines et des villes, ceux qui refusent la diminution du tarif doivent s'en aller et laisser place aux paysans qui se présentent aux portes des usines et qui eux seront bien obligés d'accepter le nouveau tarif, surtout s'ils ne connaissent rien au monde de l'usine. 

L'épreuve de force de 1831 menée par les industriels ne réussit que par la peur de la Monarchie de revoir les révoltes populaires instaurées une nouvelle république capable de protéger la propriété du travail des citoyens et remettre en place une propriété collective organisée par la communauté des ouvriers. L'armée devint ainsi, mieux que la religion catholique, le véritable défenseur du système de pouvoir. En préférant se reposer sur les soldats plutôt que sur les salariés, le pouvoir s'engagea aussi dans une voie criminelle qui allait lui permettre de sacrifier de plus en plus de soldats pour conforter son système.  La révolution de 1848 instaurera les Ateliers Nationaux, véritable retour à une propriété collective pour les ouvriers mais les lois économiques et la concurrence du système capitaliste, le manque d'esprit d'entreprise parmi la population depuis le départ des protestants, ne permettront pas à cette révolution d'aboutir à un réel progrès. Plutôt que de voir le retour de la Monarchie, le peuple et l'armée préféreront le retour à un pouvoir napoléonien. La république bourgeoise de 1871 poursuivra cette voie et sans scrupule massacrera la Commune de Paris et toute discussion sur son système de pouvoir au service des capitalistes. Le paroxysme de ce système fut atteint dans les années 1916-1917 avec le massacre de centaines de milliers de soldats en quelques semaines lors de la guerre des tranchées durant la Première guerre mondiale. Ce ne sont pas les romantiques, écrivains, peintres et musiciens, qui, en célébrant le temps des cathédrales et les chevaliers, les peuples celtes, égyptiens et autres, purent réintroduire des réseaux de résistance et de solidarité protégés par de nouveaux chevaliers en armes. 

Les gains ainsi dégagés au profit des propriétaires des moyens de production servent à toujours pouvoir acheter les machines les plus modernes, les plus productives. Force est de constater que depuis 1831, la France a su devenir le pays industrialisé pour lequel les gains de productivité sont essentiellement dus au capital technique, le pays où l'automatisation à été la plus vaste alors que la formation des personnels est restée très en deçà des besoins provoqués par cette évolution technologique. La prédominance de l'image de l'ingénieur dans l'imagerie populaire fut bien le vecteur de cette culture élitiste qui mit la technologie au service des capitalistes. Et la technologie, plus sûrement encore que le rationalisme scientifique quelque peu fumeux, étouffa davantage la spiritualité source de l'alternative organisée en réseau. Viendra ensuite le temps des catastrophes technologiques : industrielles, nucléaire, les marées noires. Les citoyens comme les dirigeants de ces industries devront avouer leur stupéfaction et leur effroi devant des conséquences que leur esprit scientifique n'avait pu imaginer. La menace terroriste, en s'emparant des technologies pour détruire les centres de la société industrielle et financière, achèvera cette remise en cause du système de l'économie libérale.

Un autre mode de propriété de ces richesses et de ces moyens de production doit être restauré. Cette évolution passe par une actualisation du droit de propriété et comme à la période médiévale grâce à l'enseignement par les bénédictins, des principes utilisées dans les civilisations égyptiennes puis grecques, les villes libres et les organisations en réseaux, cette évolution va remettre en place la complémentarité entre les trois formes de propriété : individuelle, commune et gérée directement par les groupes sociaux, collective et gérée par les représentants des citoyens.

Histoire de la révolte des canuts à Lyon : 

22 novembre 1831, à Lyon. Les ouvriers prennent possession de la caserne du Bon Pasteur, pillent les armureries. Plusieurs corps de garde de l'armée ou de la garde nationale sont attaqués et incendiés. Les ouvriers se rendent maître de la ville, qui est évacuée par les autorités. La bataille est rude. Environ 600 victimes dont environ 100 morts et 263 blessés côté militaire, et 69 morts et 140 blessés côté civil. 

23 novembre 1831, à Lyon. Les ouvriers occupent l'Hôtel de Ville. Une tentative de gouvernement insurrectionnel voit le jour. Mais, soit par manque de projet politique, soit par la ruse des autorités, ces dernières reprendront le contrôle de la ville à partir du 2 décembre 1831. Une armée de 26 000 hommes, 150 canons commandée par le fils du roi et le maréchal Soult, mate la rébellion. Il y a 600 morts et 10 000 personnes sont expulsées de la ville. 

9 avril 1834, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l'échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 9 avril, met le feu aux poudre. L'armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d'assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C'est le début de la "Sanglante semaine ".

10 avril 1834, De nouvelles fusillades ont lieu avec la troupe. Les insurgés s'emparent du télégramme, du quartier de la Guillotière, puis de Villeurbanne où les casernes sont prises. Le drapeau noir flotte sur Fourvière, St Mizier et l'Antiquaille.

11 avril 1834. Les combats se poursuivent. Le quartier de la Croix Rousse est bombardée par la troupe qui a reçu des renforts, massacre de tous les habitants de l'immeuble de la rue Transnonain. Tentatives d'insurrection à Saint Etienne et à Vienne. 

12 avril 1834. La troupe attaque et prend le quartier insurgé de la Guillotière, après avoir détruit de nombreuses maisons avec l'artillerie. 

14 avril 1834, l'armée reconquiert progressivement la ville et attaque pour la troisième fois le quartier de la Croix Rousse, massacrant de nombreux ouvriers. 

15 avril 1834, à Lyon. Fin de la " Sanglante semaine ". La deuxième grande insurrection des Canuts est matée dans le sang. Plus de 600 victimes sont à nouveau à déplorer. 10 000 insurgés faits prisonniers seront jugés dans un "procès monstre" à Paris en avril 1835, et condamnés à la déportation ou à de lourdes peines de prison.

Document :

Les grèves dans la vallée de la Bruche 1870 - 1914 

La vallée de la Bruche est une vallée d'Alsace située entre Strasbourg et Saint-Dié, chef-lieu d'arrondissement : Molsheim 

(sur ce site web, quelques photos de cette vallée vous sont présentées dans l'animation : " le pays interdit " par les fées aux hommes ) 

source du document : Saison d'Alsace, revue publiée par les Dernières Nouvelles d'Alsace, édition de la Nuée-Bleue. 

"...Une enquête de la Présidence de Basse-Alsace, effectuée en 1887, porte sur le temps de travail et donne des chiffres variables par entreprise, qui se situent entre 14 heures et 12h30 par jour. Ce dernier chiffre est le plus répandu. L'horaire de travail commun à la plupart des entreprises est celui appliqué à la Fabrique Scheidecker de Labroque : 5 heures à 8 heures30, 9 heures à 13 heures, 14 heures à 19 heures.

Les grèves chez Scheidecker-de Regel à Schirmeck et Labroque de 1886 vont se déclencher à propos de l'introduction d'un nouveau barème de salaire aux pièces qui en abaisse le taux. Il témoigne de la volonté du patronat de récupérer à son profit les gains de productivité entraînés par l'introduction de machines plus modernes et plus rapides. Cela se heurte tout naturellement au refus des ouvriers. En outre, la grève se situe à l'issue même du processus de modernisation, qui, et cela est typique de la branche textile, se fait progressivement, atelier par atelier, machine par machine, sans fermeture d'entreprise, pour continuer à exécuter les commandes, mais sans indemnité aucune pour les ouvriers dont les métiers sont arrêtés par les travaux..."

François INGERSHEIM 

Document :

Le règlement d'une usine de Tourcoing en 1880. 

1

Piété, propreté, et ponctualité font la force d'une bonne affaire.

8

Il est strictement interdit de parler durant les heures de bureau.

2

Notre firme ayant considérablement réduit les horaires de travail, les employés de bureau n'auront plus à être présents que de 7 heures du matin à 6 heures du soir, et ce, les jours de semaines uniquement.

9

La soif de tabac, de vin ou d'alcool est une faiblesse humaine, et comme telle est interdite à tous les membres du personnel.

3

Des prières seront dites chaque matin dans le grand bureau. Les employés de bureau y seront obligatoirement présents.

10

Maintenant que les heures de bureau ont été énergiquement réduites, la prise de nourriture est encore autorisée entre 11h30 et midi, mais, en aucun cas le travail ne devra cesser durant ce temps.

4

L'habillement doit être du type le plus sobre. Les employés de bureau ne se laisseront pas aller aux fantaisies des vêtements de couleurs vives, ils ne porteront pas de bas non plus, à moins que ceux-ci soient convenablement raccommodés.

11

Les employés de bureau fourniront leur propre plume, un nouveau taille-plume est disponible sur demande chez Monsieur le Directeur.

5

Dans les bureaux, on ne portera ni manteau, ni pardessus. Toutefois, lorsque le temps sera particulièrement rigoureux, les écharpes, cache-nez et calottes seront autorisés.

12

Un senior, désigné par Monsieur le Directeur, sera responsable du nettoyage et de la propreté de la grande salle, ainsi que du bureau directorial. Les juniors et les jeunes se présenteront à Monsieur le Directeur 40 minutes avant les prières, et resteront après l'heure de la fermeture pour procéder au nettoyage. Brosses balais serpillières et savons seront fournis par la Direction.

6

Notre firme met un poêle à la disposition des employés de bureau. Le charbon et le bois devront être enfermés dans le coffre à cet effet. Afin qu'ils puissent se chauffer, il est recommandé à chaque membre du personnel d'apporter chaque jour, 4 livres de charbon durant la saison froide.

13

Augmentés dernièrement, les nouveaux salaires hebdomadaires seront désormais les suivants :

cadets jusqu'à 11 ans :                 0 F 50

juniors jusqu'à 14 ans :                  1 F 45

jeunes :                                      3 F 25

employés :                                  7 F 50

seniors ( après 15 ans de maison ) 14 F 50

Les propriétaires reconnaissent et acceptent la générosité des nouvelles lois du travail, mais attendent du personnel un accroissement considérable du rendement en compensation de ces conditions utopiques.

La Direction.

7

Aucun employé de bureau ne sera autorisé à quitter la pièce sans la permission de Monsieur le Directeur. Les appels de la nature sont cependant permis et, pour y céder, les membres du personnel pourront utiliser le jardin au-dessous de la seconde grille. Bien entendu, cet espace devra être tenu dans un ordre parfait.

source : Les Échos 1990, dans un article d'Alfred SAUVY.

Ce règlement intérieur utilise la culture catholique et décline ses instructions en suivant une volonté de combattre les péchés. Le travail sert ici à remettre sur le bon chemin des êtres humains qui, selon la doctrine inspirée de Rousseau, sont corrompus par la société, notamment les nouvelles lois du travail et les utopies socialistes ou communistes. La direction offre plus la charité, une voie de rachat pour les pauvres pêcheurs qu'un travail qui contribue au développement politique, économique et social d'un pays. La loi de 1905 qui instaure la séparation de l'Église et de l'État va tenter de mettre fin à cette emprise catholique intégriste dans le domaine public et social. Pourtant cette culture catholique et monarchiste va se développer contre les conditions utopiques imposées par le droit du travail et les mouvements sociaux. La droite catholique et conservatrice va se radicaliser contre le développement du communisme et de son idéologie soutenue par l'oligarchie financière anglo-saxonne afin de diviser le monde ouvrier et de favoriser les troubles sociaux sinon les guerres.

En 1880, l'arrogance de cette direction qui affiche ce règlement intérieur, caractérise le retard pris par le paternalisme français dans le développement des relations sociales en Europe. Nous avons présenté le mouvement protestant et notamment le dévelopepment de la société industrielle de Mulhouse depuis 1820. Dans ce Manchester alsacien, la mutualisation de l'assurance incendie va permettre le développement d'une banque assurance pour financer le développement industriel et social sans recourir à des emprunts auprès des banques commerciales. Dans les années 1880, Bismarck en Allemagne fera voter 3 lois pour instaurer une sécurité sociale pour les ouvriers et paysans, les classes moyennes et plus riches pouvant se protéger elles mêmes avec leurs revenus.

Cette radicalisation dans l'hostilité du patronat catholique français vis à vis des " utopies sociales " n'a pas disparu et le paternalisme français est bien la cause de nos plus mauvaises relations sociales parmi les pays industrialisés. Depuis la libération du pays en 1945, aucune épuration n'a eu lieu dans le milieu patronal français qui a collaboré avec le nazisme dans le but de lutter contre le communisme et il n'a eu de cesse de vouloir entraver et réduire la sécurité sociale mise en place selon le programme du Conseil National de la Résistance par des ministres communistes et le gouvernement du général de Gaulle. En 2020, le gouvernement actuel peut bien stigmatiser les injustices du système actuel de retraite mais il omet sciemment de préciser que ces injustices ont bien été voulues et arrangées par le patronat sous couvert des partis de la droite conservatrice. Au départ la solidarité du système de sécurité sociale devait reposer sur les impôts directs. Le patronat et la droite ont exigé une gestion paritaire et corporatiste de la Sécurité Sociale de manière à limiter ce financement aux cotisations sociales basées sur le seul travail des salariés ainsi que sur les dépenses, les charges, de l'entreprise. L'administration des retaites est truffée de calculs injustes pour minorer les retraites. Les responsables seront-ils un jour condamnés en justice ? Au contraire, les financiers et les fonds d'investissements, les véritables maîtres du système économique libéral sont prévus pour prendre le relais de ce patronat surrané et mettre en place un système avec des calculs certes plus justes mais dont les retraites moyennes vont baisser pour développer les profits des rentiers et des financiers.

En 1990, lorsqu' Alfred Sauvy dans sa chronique du journal économique Les Échos, ressort des archives ce Règlement intérieur de 1880 d'une usine textile du Nord de la France, avec sa sagacité coutumière, il met le doigt sur ce mal français qui ronge le pays depuis plusieurs siècles. Pensait-il que pour se débarasser de ces vieilles lunes conservatrices et intégristes de droite, il suffisait de livrer le pays au management néo libéral anglo-saxon et nous soumettre, comme les autres pays européens déjà soumis, à ces maîtres du monde qui en réalité ne sont que des tyrans au sommet de la hiérarchie de leur système de pouvoir financier ? Pouvait-il publier dans sa chronique le compte-rendu d'une assemblée d'une ville ou commune libre d'avant le vendredi 13 octobre 1307 ? Pour bien montrer la différence de culture et de méthodes de gestion dans nos institutions chargées d'organiser la vie politique, économique, sociale et culturelle ? Connaissait-il la solution ou ce rappel des causes du mal français, en 1990, peu avant son décès, fait-il partie en quelque sorte de son testament politique, économique, social et culturel ?

 

De la révolte des canuts à l'imposture économique et à l'idéologie politique pour soumettre les peuples.

 

La révolte des canuts est le premièr conflit sanglant de la société industrielle qui se met en place. La logique du système capitalisme est dénoncée par des anciens artisans, chefs d'entreprise hautement qualifiés que le progrès technologique condamne à s'engager comme ouvriers dans les nouvelles usines textiles. Toute personne qui réfléchit comprend que cette logique est insupportable et profondément injuste et invivable. Un compromis, une solution doit être mise en place. Mais cette logique est au coeur du nouveau pouvoir des industriels et des capitalistes. La solution d'une gestion commune des entreprises est possible pour satisfaire les intérêts de toutes les parties prenantes mais elle supprime alors la propriété privée des moyens de production pour utiliser à nouveau la propriété commune et la gestion des biens communs comme à l'époque médiévale, avant le 13 octobre 1307 et la mise en place de l'absolutisme royal. Les révolutionnaires jacobins de 1789, par ignorance une fois de plus, n'ont pas cherché à utiliser ces règles de fonctionnement d'une organisation en réseaux de vie, en démocratie directe locale participative. Les frères de Louis XVI en 1830, probablement moins ignorants sur cette question fondamentale quant à leur pouvoir monarchique, ne veulent absolument pas d'un retour à la Révolution de 1789. Écraser les révoltes avec les canons de l'armée, massacrer, déporter est leur seule réponse politique.

Pourtant, il n'est pas possible de poursuivre le développement industriel sur la base d'une telle situation sociale catastrophique et criminelle, de réprimer dans le sang tout mouvement ouvrier qui refuse de se soumettre à cette logique de la propriété privée des moyens de production. Le pouvoir politique et les banquiers d'affaires anglo-saxons doivent soumettre les populations à cette logique du système capitaliste. Les moyens sont connus à travers l'histoire de l'humanité.

Tout d'abord laisser les populations dans la misère. Occupées à chercher à survivre au jour le jour, laissées dans l'ignorance et sans éducation, elles n'ont pas les moyens de s'organiser pour améliorer leur situation politique, économique et sociale et comme justement cette logique de la propriété privée des moyens de production condamne les salariés à la pauvreté sinon la misère, autant la conserver. Si vous n'êtes pas capable de vous enrichir tout seul et que vous devez finalement venir demander du travail à la porte des usines, ne venez pas contester en plus ! Obéissez et taisez-vous !

Lorsque le niveau de pauvreté et de misère pousse les gens à se révolter, les dirigeants du système de pouvoir capitaliste doivent surtout éviter que ces dissidents trouvent les " bonnes " solutions, en clair, l'organisation de l'époque médiévale et ses racines des cités grecques, égyptiennes et des civilisations florissantes et humanistes qui ont développé un réel art de vivre. Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre avec ses guerres, sa misère, ses injustices...

Les échecs des révolutions de 1830 et surtout de 1848 démontrent le peu de progrès sur ce plan par rapport à l'échec de 1789. Pourtant après 1850, des chrétiens sociaux comme Pierre Leroux, cherchent à tirer les leçons des émeutes des canuts de Lyon tout comme des échecs des révolutions de 1830 et de 1848. Ils acceptent le développement de la société industrielle et soutiennent les lois sur la création des sociétés par actions votées en 1864 mais Pierre Leroux demande au Parlement de voter en même temps une loi sur la capitalisation des droits sociaux : au bout d'un nombre d'années d'ancienneté à définir, les salariés obtiennent des actions de leurs entreprises pour participer aux décisions, ce sont les droits sociaux. Adolphe Thiers qui a eu besoin de ces députés chrétiens sociaux pour faire voter la loi sur les sociétés par actions, va cependant les trahir en refusant de présenter une loi sur les droits sociaux. Dès lors cette trahison de la droite catholique et conservatrice va déclencher la radicalisation de la gauche. Ce premier mouvement socialiste dont les positions sont claires et constructives pour vouloir instaurer des sociétés mutualistes, coopératives dirigées par les salariés et les directions, va rapidement être dépassé par le mouvement communiste et la doctrine marxiste. Les banquiers qui dominent les monarchies et les états, ont peur d'un socialisme chrétien qui est capable de remettre en place l'organisation en réseau de l'époque médiévale et du temps des cathédrales, sans banques privées et sans centralisation du pouvoir politique dans l'absolutisme royal ou des républiques démocratiques représentatives mais avec des assemblées locales pratiquant la subsidiarité et gérant les biens communs.

La conséquence de cette trahison de la droite conservatrice catholique va se retrouver dans l'insurrection de la Commune de Paris au printemps 1871. Suite à la défaite de 1870, la nouvelle assemblée élue est monarchiste catholique et elle choisit de s'installer à Versailles. Thiers décide de récupérer les canons installés dans Paris lors du siège de la ville et son gouvernement commet des erreurs vis à vis de la population et des 150 000 hommes de la garde nationale qui défendent Paris. Devant le vide du pouvoir dans Paris, des extrémistes de gauche prennent le pouvoir et suite à des élections peu représentatives, proclament la Commune de Paris, dans la confusion et sans programme de gouvernement autre que l'insurrection. Les erreurs de 1790 lors de l'instauration de la République suite aux maladresses de Louis XVI, se répètent. La rue jacobine s'empare du pouvoir dans l'ignorance des solutions politiques, économiques et sociales qui ont déjà permis sur le sol de France une longue période de paix et de prospérité lorsque les citoyens géraient eux mêmes leurs assemblées et les biens communs, bâtissaient villes libres, abbayes dans les campagnes, cathédrales, ports, forteresses...pour assurer leur sécurité. La fin tragique de la Commune quelles qu'en soient ses erreurs politiques, marquera la responsabilité politique de la droite monarchiste française et si elle s'estime sortir vainqueur de cette guerre civile, elle a créé une défiance terrible du peuple envers ses dirigeants et la grande bourgeoisie installée au pouvoir depuis 1789.

Pour masquer cette rupture de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants, plutôt que de soutenir les idées de Pierre Leroux, de son mouvement et de ses amis dont Victor Hugo, les banquiers anglo-saxons vont diffuser les idées de Karl Marx et les arranger dans une idéologie de lutte des classes. La lutte des classes est parfaite pour diviser les peuple en classes qui vont chercher à développer entre eux des conflits sociaux, des guerres civiles, bref se quereller entre classes sociales sans se retourner contre les élites dirigeantes du système de pouvoir capitaliste.

Forcément les banquiers et leurs milices sont alors légitimés par cette lutte des classes pour défendre eux aussi leurs inétrêts et ils peuvent manipuler et financer les mouvements communistes, spécialement pour mener des révolutions dans des empires dont le Kaiser, le Tzar refusent l'instauration d'une banque centrale privée et la soumission au pouvoir de cette oligarchie financière anglo-saxonne dirigée depuis Londres. Cette oligarchie financière réussira à étendre son pouvoir sur les États-Unis d'Amériques du Nord, et bien plus une fois la Réserve Fédérale mise en place après 1911 puis elle s'en prendra aux empires qui refuseront de se soumettre à son pouvoir financier.

Le peuple est ainsi discrédité puisqu'il n'a pas les moyens intellectuels et financiers pour gagner cette lutte des classes. Plutôt que de le laisser ignorant et à la merci d'une minorité qui connaît l'histoire de France et est capable de retrouver le fonctionnement du temps des cathédrales, comme Victor Hugo va retrouver l'histoire de Notre-Dame de Paris, les banquiers vont lui faire apprendre l'idéologie communiste contre laquelle il va être facile de braquer les partis de droite catholique ainsi que la gauche républicaine modérée. Les banquiers d'affaires savent que pour s'enrichir rapidement et fortement, rien ne vaut l'organisation de guerres qu'ils financent puis ils captent les richesses des vaincus comme des gagnants puisque les bélligérants se seront énormément endettés. Pour soumettre une population, une fois le contrôle pris sur le pouvoir politique d'une monarchie ou d'une république, il faut donc également créer une opposition et la contrôler, la manipuler de manière à occuper les citoyens avec ces querrelles politiciennes et idéologiques. Ainsi l'élite dirigeante est protégée et son enrichissement assuré. Ce sont les fonctions des démocraties représentatives : mener le jeu électoral entre partis politiques qui ne cessent de se quereller sur des idéologies tout en laissant dans l'ombre les véritables maîtres du monde mener la maximisation de leurs profits.

L'idéologie communiste va être ciblée sur la conquête d'un pouvoir centralisé avec l'imposition de mesures collectivistes et dictatoriales, sous prétexte d'arriver plus rapidement à une société communiste. La haute finance anglo-saxonne peut alors plus aisément mettre en place, contrôler et manipuler cette minorité de dirigeants communistes pour lui faire commettre les mesures politiques les plus criminelles afin de soumettre les citoyens. Sur le plan économique, ces dirigeants communistes n'auront pas d'autres choix que de se soumettre aux manipulations décidées par ces banquiers anglo-saxons pour diviser les citoyens, leur faire peur et les pousser à réclamer des gouvernements de droite autocratiques.

La réalité historique montre que cette manipulation des communistes par les banquiers et industriels anglo-saxon a permis la conquête de l'empire russe, la mise en place des soviets et d'une politique économique favorable aux investissements américains puis le développement du nazisme grâce également aux investissements économiques américains, afin de déclencher une seconde guerre mondiale entre Allemagne et Union soviétique pour détruire l'Union soviétique et assurer la domination de l'Europe à travers le nazisme et le fascisme aux ordres de la haute finance mondiale. Cela a failli réussir...

Nous revenons sur fileane.com sur cette histoire que ces maîtres du monde tiennent à cacher pour que les peuples ignorent leurs complots contre la vie politique, économique et sociale de l'humanité. Elle est présentée en partie 5, nos chers ennemis.

En 2020, ainsi, le mot d'ordre des canuts de Lyon : " vivre libre en travaillant ou mourir en combattant " est plus que jamais d'actualité. Les salariés doivent toutefois se libérer d'abord des idéologies qui les manipulent et qui ont été sélectionnées par l'oligarchie financière pour diviser les mouvements sociaux, avec succès jusqu'à aujourd'hui en 2020. Ils doivent ensuite retrouver le droit interdit par ces maîtres du monde, ce droit interdit que Pierre Leroux avait entrevu à travers l'approche sociale du christianisme mais sans revenir au fonctionnement de la France et de l'Europe, d'avant le vendredi 13 octobre 1307. Leroux comme Jaurès restent au niveau des idées sans connaître le fonctionnement des organisations en réseaux de vie, sans connaître notre histoire. Marx parlera de la pratique, de la praxis d'où la connaissance viendra... sans connaître notre histoire. Et la haute finance anglo-saxonne se développera pour arriver à mettre en place un gouvernement mondial à travers la soumission des peuples à son idéologie libérale, soumission qui se traduira par la mise à mort de centaines de millions d'êtres humains au cours de deux guerres mondiales suivies de guerres froides, de conflits régionaux pour la domination des ressources minières et énergétiques, agricoles, climatiques...et la concentration des richesses mondiales entre les mains d'une minorité de plus en plus petite mais puissante.

Lors de la reconstitution du maquis des Gières et de ses combats de février-mars 1944 contre les miliciens et l'armée allemande, nous avions été invités par nos officiers et les anciens résistants présents parmi nous, à ne pas oublier ce serment " vivre libre ou mourir en combattant ". Pour ne plus avoir à subir la répression des milices et soldats, policiers affidés volontairement ou à l'insu de leur plein gré, à ces maîtres du système de pouvoir capitaliste et libéral, c'est à nous d'utiliser une fois de plus ce droit qu'ils nous interdisent pour remettre en place nos villes libres, régions, pays réunis dans de puissantes confédérations capables de mettre nos raisons de vivre au coeur de nos institutions.

Après bien trop de massacres d' ouvriers dans nos villes, d' ouvriers et de citoyens soldats sur les champs de batailles, que viennent nos victoires ! Nos victoires sur les maîtres du monde qui depuis des siècles nous poussent à mourir dans des guerres qui ne sont pas les nôtres, nous poussent aux émeutes face à tant d'injustices qu'ils nous imposent pour s'enrichir toujours plus. Nos victoires pour vivre libre, sans eux et leurs systèmes de pouvoir avec lesquels des minorités dominent et oppriment les peuples pour servir les intérêts de quelques uns au détriment de tous les autres.

Notre première victoire réside dans la remise en pratique de la subsidiarité dans nos assemblées citoyennes pour gérer nos villes libres et nos biens communs avec une monnaie pleine et les droits sociaux. Nous le pouvons et le valons bien, là où nous vivons.

Ni Leroux, ni Marx et l'idéologie communiste, ni Jaurès et tant d'autres auteurs, révolutionnaires, nous ont indiqué le chemin de ces victoires pour chasser les dirigeants des systèmes de pouvoir. Un juriste qui connaît le droit positif et le droit interdit, sans être philosophe, sociologue, politicien, économiste spécialiste de la liberté des marchés mais peut-être poète, initié à travers l'utilisation de notre première source de savoir et capable d'utiliser la complémentarité entre nos deux sources de savoir, lui sait comment quitter ces maîtres du monde et leurs systèmes de pouvoir, les inégalités de revenus et de patrimoine, les crises économiques et financières, les guerres qu'ils continuent d'organiser tant que les citoyens n'apprennent pas à pratiquer ce droit qu'ils nous interdisent... pour vivre libre en travaillant et partager équitablement les richesses produites par le travail de tous, tout au long d'une vie humaine.

 

  

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